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== Citations ==
 
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« En somme, '''la majorité des hommes “sans-religion” partagent encore des pseudo-religions et des mythologies dégradées'''. Ce qui n’a rien pour nous étonner, du moment que l’homme profane est le descendant de l’''homo religiosus'' et ne peut pas annuler sa propre histoire, c’est-à-dire les comportements de ses ancêtres religieux, qui l’ont constitué tel qu’il est aujourd’hui. D’autant plus qu’une grande partie de son existence est nourrie par des pulsions qui lui arrivent du tréfonds de son être, de cette zone qu’on a appelée l’inconscient. '''Un homme uniquement rationnel est une abstraction ; il ne se rencontre jamais dans la réalité'''. »
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« Mais ce n’est pas uniquement dans les “petites religions” ou dans les mystiques politiques que l’on retrouve des comportements religieux camouflés ou dégénérés : on les reconnaît également dans des mouvements qui se proclament franchement laïques, voire antireligieux. Ainsi, dans le nudisme ou dans les mouvements pour la liberté sexuelle absolue, idéologies où l’on peut déchiffrer les traces de la “nostalgie du Paradis”, le désir de réintégrer l’état édénique d’avant la chute, lorsque le péché n’existait pas et qu’il n’y avait pas rupture entre les béatitudes de la chair et la conscience. »
 
« Mais ce n’est pas uniquement dans les “petites religions” ou dans les mystiques politiques que l’on retrouve des comportements religieux camouflés ou dégénérés : on les reconnaît également dans des mouvements qui se proclament franchement laïques, voire antireligieux. Ainsi, dans le nudisme ou dans les mouvements pour la liberté sexuelle absolue, idéologies où l’on peut déchiffrer les traces de la “nostalgie du Paradis”, le désir de réintégrer l’état édénique d’avant la chute, lorsque le péché n’existait pas et qu’il n’y avait pas rupture entre les béatitudes de la chair et la conscience. »
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Version actuelle datée du 20 août 2026 à 22:53

Mircea Eliade.jpg

Citations

« En somme, la majorité des hommes “sans-religion” partagent encore des pseudo-religions et des mythologies dégradées. Ce qui n’a rien pour nous étonner, du moment que l’homme profane est le descendant de l’homo religiosus et ne peut pas annuler sa propre histoire, c’est-à-dire les comportements de ses ancêtres religieux, qui l’ont constitué tel qu’il est aujourd’hui. D’autant plus qu’une grande partie de son existence est nourrie par des pulsions qui lui arrivent du tréfonds de son être, de cette zone qu’on a appelée l’inconscient. Un homme uniquement rationnel est une abstraction ; il ne se rencontre jamais dans la réalité. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 177-178


« Mais ce n’est pas uniquement dans les “petites religions” ou dans les mystiques politiques que l’on retrouve des comportements religieux camouflés ou dégénérés : on les reconnaît également dans des mouvements qui se proclament franchement laïques, voire antireligieux. Ainsi, dans le nudisme ou dans les mouvements pour la liberté sexuelle absolue, idéologies où l’on peut déchiffrer les traces de la “nostalgie du Paradis”, le désir de réintégrer l’état édénique d’avant la chute, lorsque le péché n’existait pas et qu’il n’y avait pas rupture entre les béatitudes de la chair et la conscience. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 176


« Le processus de la désacralisation de l’existence humaine a abouti plus d’une fois à des formes hybrides de basse magie et de religion simiesque. Nous ne songeons pas aux innombrables “petites religions” qui pullulent dans toutes les villes modernes, aux églises, aux sectes et aux écoles pseudo-occultes, néo-spiritualistes ou soi-disant hermétiques, car tous ces phénomènes appartiennent encore à la sphère de la religiosité, même s’il s’agit presque toujours d’aspects aberrants de pseudomorphose. Nous ne faisons pas non plus allusion aux divers mouvements politiques et prophétismes sociaux, dont la structure mythologique et le fanatisme religieux sont facilement discernables. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 175


« Il est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d’être dans le monde de l’existence d’un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l’homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la “réalité”, et il lui arrive même de douter du sens de l’existence. Les autres grandes cultures du passé ont connu, elles aussi, des hommes areligieux, et il n’est pas impossible qu’il en ait existé même à des niveaux archaïques de culture, bien que les documents ne les aient pas encore attestés. Mais c’est seulement dans les sociétés occidentales modernes que l’homme areligieux s’est pleinement épanoui. L’homme moderne areligieux assume une nouvelle situation existentielle : il se reconnaît uniquement sujet et agent de l’Histoire, et il refuse tout appel à la transcendance. Autrement dit, il n’accepte aucun modèle d’humanité en dehors de la condition humaine, telle qu’elle se laisse déchiffrer dans les diverses situations historiques. L’homme se fait lui-même, et il n’arrive à se faire complètement que dans la mesure où il se désacralise et désacralise le monde. Le sacré est l’obstacle par excellence devant sa liberté. Il ne deviendra lui-même qu’au moment où il sera radicalement démystifié. Il ne sera vraiment libre qu’au moment où il aura tué le dernier dieu. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 172


« La hiérophanie de la pierre est une ontophanie par excellence : avant tout, la pierre est, elle reste toujours elle-même, elle ne change pas, et elle frappe l’homme par ce qu’elle a d’irréductible et d’absolu, et, ce faisant, lui dévoile, par analogie, l’irréductibilité et l’absolu de l’Être. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 134


« On ne devient homme véritable qu’en se conformant à l’enseignement des mythes, en imitant les dieux. »

— Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane (1965), éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 2025 (ISBN 9782070324545), p. 89