Différences entre les versions de « Emmanuel Kant »
| (9 versions intermédiaires par le même utilisateur non affichées) | |||
| Ligne 1 : | Ligne 1 : | ||
{{Image|Emmanuel Kant|}} | {{Image|Emmanuel Kant|}} | ||
== Citations == | == Citations == | ||
| + | |||
| + | « [...] il s’agit ici non de philanthropie, mais de ''droit'' ; aussi bien l’''hospitalité'' (''hospitalitas'') signifie le droit pour l’étranger, à son arrivée sur le territoire d’un autre, de ne pas être traité par lui en enemi. On peut le renvoyer, si cela n’importe n’implique pas sa perte, mais aussi longtemps qu’il se tient paisiblement à sa place, on peut pas l’aborder en ennemi. L’étranger ne peut pas prétendre à un ''droit de résidence'' (cela exigerait un traité particulier de bienfaisance qui ferait de lui, pour un certain temps, un habitant du foyer) mais à un ''droit de visite'' : ce droit, dû à tous les hommes, est celui de se proposer à la société, en vertu du droit de la commune possession de la surface de la terre, sur laquelle, puisqu’elle est sphérique, ils ne peuvent se disperser à l’infini, mais doivent finalement se supporter les uns à côté des autres et dont personne à l’origine n’a plus qu’un autre le droit d’occuper tel endroit. » | ||
| + | {{Réf Livre | ||
| + | |auteur=Emmanuel Kant | ||
| + | |titre=Vers la paix perpétuelle | ||
| + | |traducteur=Jean-François Poirier | ||
| + | |année d'origine=1795 | ||
| + | |éditeur=Flammarion | ||
| + | |collection=Garnier Flammarion | ||
| + | |année=2006 | ||
| + | |ISBN=9782070713776 | ||
| + | |page=93-94}} | ||
| + | |||
| + | « '''''Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable.''' L’état de tutelle'' est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est ''soi-même responsable'' de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. ''Sapere aude'' ! Aie le courage de te servir de ton ''propre'' entendement ! Voilà la devise des Lumières. » | ||
| + | {{Réf Livre | ||
| + | |auteur=Emmanuel Kant | ||
| + | |titre=Qu’est-ce que les Lumières ? | ||
| + | |année d'origine=1784 | ||
| + | |éditeur=Flammarion | ||
| + | |collection=Garnier Flammarion | ||
| + | |année=2006 | ||
| + | |ISBN=9782070713776 | ||
| + | |page=43}} | ||
| + | |||
| + | « ''Éclairer le peuple'', c’est lui enseigner publiquement ses devoirs et ses droits vis-à-vis de l’État auquel il appartient. Du fait qu’il s’agit ici seulement de droits naturels dérivant du sens commun des hommes, les annonciateurs et les commentateurs naturels en sont dans le peuple non pas des professeurs de droit officiellement établis par l’État, mais des professeurs de droit libres, c’est-à-dire des philosophes qui précisément, grâce à cette liberté qu’ils s’accordent, heurtent l’État qui toujours ne veut que régner, et sont décriés sous le nom de ''propagateurs des lumières'', comme des gens dangereux pour l’État ; bien que leur voix ne s’adresse pas ''confidentiellement'' au peuple (qui ne s’occupe guère ou même pas de cette question et de leurs écrits), mais ''respectueusement'' à l’État qu’ils implorent de prendre en considération ce besoin qui se fait sentir du droit. Il n’y a pas d’autre voie que celle de la publicité, s’il s’agit pour un peuple entier d’exposer ses doléances (''gravamen''). Ainsi, ''l’interdiction'' de la publicité empêche le progrès du peuple, même en ce qui concerne la moindre de ses exigences, à savoir son simple droit naturel. » | ||
| + | {{Réf Livre | ||
| + | |auteur=Emmanuel Kant | ||
| + | |titre=Opuscules sur l’histoire | ||
| + | |titre de la contribution=Le Conflit des facultés | ||
| + | |traducteur=Stéphane Piobetta | ||
| + | |année de la contribution=1798 | ||
| + | |éditeur=Flammarion | ||
| + | |collection=Garnier Flammarion | ||
| + | |année=2021 | ||
| + | |ISBN=9782080206640 | ||
| + | |page=216-217}} | ||
| + | |||
| + | « On ne doit pas séparer la classe des ''Blancs'', comme une espèces particulière du genre humain, de celle des ''Noirs'', et il n’y a pas du tout ''d’espèces diverses d’hommes''. Car on nierait par là l’unité de la souche d’où elles auraient pu sortir ; et l’on a montré par la transmission héréditaire infaillible des caractères de classe que rien ne justifie cela, mais que le contraire est plus vraisemblable. » | ||
| + | {{Réf Livre | ||
| + | |auteur=Emmanuel Kant | ||
| + | |titre=Opuscules sur l’histoire | ||
| + | |titre de la contribution=Définition du concept de race humaine | ||
| + | |traducteur=Stéphane Piobetta | ||
| + | |année de la contribution=1785 | ||
| + | |éditeur=Flammarion | ||
| + | |collection=Garnier Flammarion | ||
| + | |année=2021 | ||
| + | |ISBN=9782080206640 | ||
| + | |page=135}} | ||
« [...] '''ce qui est le dessein suprême de la nature, un État cosmopolitique universel arrivera un jour à s’établir''' : foyer où se développeront toutes les dispositions primitives de l’espèce humaine. » | « [...] '''ce qui est le dessein suprême de la nature, un État cosmopolitique universel arrivera un jour à s’établir''' : foyer où se développeront toutes les dispositions primitives de l’espèce humaine. » | ||
| Ligne 11 : | Ligne 60 : | ||
|éditeur=Flammarion | |éditeur=Flammarion | ||
|collection=Garnier Flammarion | |collection=Garnier Flammarion | ||
| − | |année= | + | |année=2021 |
| + | |ISBN=9782080206640 | ||
|page=86}} | |page=86}} | ||
Version actuelle datée du 7 septembre 2026 à 08:53
Citations
« [...] il s’agit ici non de philanthropie, mais de droit ; aussi bien l’hospitalité (hospitalitas) signifie le droit pour l’étranger, à son arrivée sur le territoire d’un autre, de ne pas être traité par lui en enemi. On peut le renvoyer, si cela n’importe n’implique pas sa perte, mais aussi longtemps qu’il se tient paisiblement à sa place, on peut pas l’aborder en ennemi. L’étranger ne peut pas prétendre à un droit de résidence (cela exigerait un traité particulier de bienfaisance qui ferait de lui, pour un certain temps, un habitant du foyer) mais à un droit de visite : ce droit, dû à tous les hommes, est celui de se proposer à la société, en vertu du droit de la commune possession de la surface de la terre, sur laquelle, puisqu’elle est sphérique, ils ne peuvent se disperser à l’infini, mais doivent finalement se supporter les uns à côté des autres et dont personne à l’origine n’a plus qu’un autre le droit d’occuper tel endroit. »
« Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières. »
« Éclairer le peuple, c’est lui enseigner publiquement ses devoirs et ses droits vis-à-vis de l’État auquel il appartient. Du fait qu’il s’agit ici seulement de droits naturels dérivant du sens commun des hommes, les annonciateurs et les commentateurs naturels en sont dans le peuple non pas des professeurs de droit officiellement établis par l’État, mais des professeurs de droit libres, c’est-à-dire des philosophes qui précisément, grâce à cette liberté qu’ils s’accordent, heurtent l’État qui toujours ne veut que régner, et sont décriés sous le nom de propagateurs des lumières, comme des gens dangereux pour l’État ; bien que leur voix ne s’adresse pas confidentiellement au peuple (qui ne s’occupe guère ou même pas de cette question et de leurs écrits), mais respectueusement à l’État qu’ils implorent de prendre en considération ce besoin qui se fait sentir du droit. Il n’y a pas d’autre voie que celle de la publicité, s’il s’agit pour un peuple entier d’exposer ses doléances (gravamen). Ainsi, l’interdiction de la publicité empêche le progrès du peuple, même en ce qui concerne la moindre de ses exigences, à savoir son simple droit naturel. »
« On ne doit pas séparer la classe des Blancs, comme une espèces particulière du genre humain, de celle des Noirs, et il n’y a pas du tout d’espèces diverses d’hommes. Car on nierait par là l’unité de la souche d’où elles auraient pu sortir ; et l’on a montré par la transmission héréditaire infaillible des caractères de classe que rien ne justifie cela, mais que le contraire est plus vraisemblable. »
« [...] ce qui est le dessein suprême de la nature, un État cosmopolitique universel arrivera un jour à s’établir : foyer où se développeront toutes les dispositions primitives de l’espèce humaine. »
Citations sur Emmanuel Kant
« Kant a ouvert la geôle de l’Aufklärung, mais il a laissé le prisonnier dans la cour de la prison. »