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	<title>Libertas | Citations - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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	<updated>2026-08-05T01:51:09Z</updated>
	<subtitle>Contributions de l’utilisateur</subtitle>
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		<id>https://libertas.co/index.php?title=Thomas_Molnar&amp;diff=46062</id>
		<title>Thomas Molnar</title>
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		<updated>2026-08-03T21:07:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Textus */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thomas Molnar|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’enfant américain est, à l’âge de huit à dix ans déjà, introduit dans les mécanismes du marché : achat, vente, consommation, rémunération pour un job. Ce conditionnement du début est répercuté plus tard dans tous les actes de la vie, le ''businessman'' étant considérée comme le type idéal. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=85}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la “société ouverte” de Karl Popper pour caractériser l’immunité contre la décadence. Popper ne fait que choisir la formule de sa préférence — la démocratie libérale telle qu’elle a été à l’honneur en 1945, l’année de la défaite des alternatives — lui coller une étiquette de valeur positive, et l’appeler ''norme''. Nous observons, cependant, que dans la société de type poppérien la décadence est un thème encore plus fréquent que dans les “société closes”, peut-être parce que, tout en étant ouvertes dans la dimension horizontale, elles sont bloquées dans la dimension verticale. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=76}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce qui est nouveau est la liquidation forcée, étatique mais déjà mondiale, des structure familiales, sociales, d’homme à homme, d’homme à femme. Familles de lesbiennes avec droit d’adopter des enfants ; cultes orgasmiques ; jeux sexuels à l’école primaire ; interdiction aux parents d’avoir leur mot à dire lorsque leur fille conçoit, puis se fait avorter ; sectes sataniques ; scènes de viol suivi de torture et de meurtre autorisées sur vidéo par la Cour Suprême, au nom de la liberté d’expression. Voilà ce que Maritain n’avait pas prévu. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=33}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le Concile était l’américanisation de Rome, le pendant historique de sa romanisation il y a deux mille ans. Mais Rome avait été simplement, je dirais humainement, païenne, l’Église arrivait dans un ''milieu déjà sacralisé'', meublé de ces Grands Objets sans lesquels une civilisation compte pour être mutilée. Voilà aussi la raison pour laquelle Symmaque pouvait se sauver du désespoir : le milieu changeait de dieux, mais le sacré restait. Par contre, l’Amérique dans la seconde moitié du XXe siècle n’est même pas païenne, elle est essentiellement antiromaine (dans les deux sens), une société civile plate et matérialiste, une puissance planétaire occupée uniquement par le business et la sécularisation que celui-ci existe et impose. Bref, un ''impérialisme sans empire''. Rien de plus naturel, mais en même temps de plus catastrophique, que la victoire de l’esprit américaniste au Concile, que la démocratisation de son discours, que son option dissimulant à peine le futur pluralisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=32}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''l’Église propose un monde laïcisé, marchand et social-démocrate, et vend la globalisation planétaire avec le même contenu et la même ferveur glacée que l’ONU, l’OTAN et les bureaucrates de Bruxelles.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=29}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Jacques Maritain qui faisait le pont (''pontifex maximus'' d’une religion nouvelle ?) entre le catholicisme “féodal” de l’Europe et le catholicisme “démocratique” des États-Unis [...]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le culte de Maritain, à l’opposé de celui de Bernanos, battait son plein, et que les catholiques américains avaient, vers 1960, une double raison de célébrer : l’élection du premier président de souche catholique et l’ouverture de Vatican II [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=26-31}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aussi, la France, coupable déjà d’avoir détruit, en 1920, l’équilibre de l’Europe de l’Est, se rend-elle coupable une nouvelle fois d’anéantir l’Europe et sa diversité. Cela s’appelle Maastricht. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=23}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On discute depuis longtemps de la “signification” de Mai 68 ; aujourd’hui, le diagnostic s’offre de lui-même : le début de l’américanisation de la France et de l’Europe : rupture des structures et des liens sociaux, failles apparues dans la famille et à l’école, banalisation des aspects de la vie, et un peu plus tard les effets néfastes dans l’architecture (Pyramide, Beaubourg, colonnes de Buren, Opéra-Bastille). »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=Moi, Symmaque&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=20}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Entre les bastions exclusivement économiques et l’internationalisme au nom du marché planétaire, la nation reste la seule entité authentiquement pluraliste, faisant obstacle à la fois à l’ancien égoïsme de classe et à l’unité informe, artificielle d’une société de consommation. Face à l’américanisme, il n’y a pas de place pour une “doctrine européenne”, par conséquent pour une autre idéologie. Il n’y a que des ''nations'' européennes, en bonne ou mauvaise entente, en prise aux vicissitudes de l’histoire et à la Providence. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=97}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le programme des partis de droite dans bon nombre de pays européens est une copie conforme de celui du conservatisme américain''', lequel, entre-temps, s’est transformé en un “néo-conservatisme”, c’est-à-dire en une idéologie du capitalisme pure et simple, avec quelques slogans “culturels” en supplément pour faire peau neuve et surtout pour des raisons de publicité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=82}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ces économistes libéraux et leurs partenaires philosophiques affirment que la nation est une idée vague, que l’homme n’appartient qu’à lui-même, que l’appartenance à une race, à un langage, à un pays est secondaire (Mises) et que les frontières sont périmées car seule la mobilité de la marchandise compte. Hayek voit le grand mérite du système du libre marché dans le fait que celui-ci ne reconnaît aucune ''finalité'' [...] autre que le bonheur personnel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Une fois établi que parler d’un ''modèle'' pour l’Europe équivaut à son asservissement — car l’Europe n’est pas ''une'' et elle n’a pas besoin de ''modèles'', autre terme pour désigner l’uniformité [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la ''nation'' doit l’emporter sur l’internationalisme [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=61}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Reste l’internationalisme américain dont nous avons dit qu’il allait installer des chevaux de Troie en Europe qui déverseront des légions d’agents, non pas en une seule nuit mais sans cesse, au nom de la paix, du libéralisme, des entreprises transnationales, de la pédagogie modernisée, de la liberté du commerce et autres cadeaux — que l’Europe n’osera même pas craindre à l’instar des Troyens plus prudents. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=60}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’internationalisme n’est jamais de bon aloi, il dissimule toujours les intérêts économiques ou idéologiques d’un peuple momentanément plus puissant que les autres. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=59}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La modernité aujourd’hui porte le visage de l’Amérique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=54}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dan les siècles passés, l’uniformisation se faisait par la pratique religieuse ; de nos jours, elle s’effectue par la consommation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=53}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous devrions appeler de nos vœux le jour où il y aura des “américanologues” au même titre qu’il y a eu des “soviétologues” pendant des décennies.''' La raison de ce vœu est que les années qui suivent connaîtront un accroissement très considérable de l’influence américaine qui n’aura sa marée basse que bien après le retrait militaire des troupes du continent européen. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=29}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y avait certainement l’intérêt d’une société essentiellement marchande à veiller sur la liberté des mers, des ports, des voies de communication — tous menacés en cas de victoire allemande. Car celle-ci aurait fait du continent européen un rival de l’Amérique, perspective inacceptable pour Washington — comme c’est d’ailleurs aussi l’organisation du Pacifique par le Japon en ce moment. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=28}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les deux tentations sont l’''utopisme libéral'' qui vise à une société civile pluraliste avec un État faible et une religion désinstitutionnalisée, marginalisée — voilà les idées incarnées aux États-Unis —, et la ''théocratie socialiste'', qui supprime la société civile comme lieu de mouvements incontrôlables, crée une poignée d’élus (le Parti, la nomenklatura), et imposte l’idéologie en tant que religion. C’est l’Union soviétique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=17}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Europe, le XXe siècle, les temps modernes sont devenus “américanomorphes”. On ne peut scruter la face ouverte ou cachée de l’Occident sans rencontrer à chaque moment une référence à l’Amérique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=14}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous avons dit ce que les États-Unis ne sont pas. Que sont-ils donc ? D’abord, un conglomérat d’individus immigrés, ayant coupé leurs racines dans le temps et dans l’espace, et par conséquent modelables, maniables. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les États-nations de l’Europe — et cette constatation est valable pour le reste du monde — ne se sentent pas investis d’une mission, ils ne songent pas, même en fouillant leur for intérieur, à améliorer l’état moral de l’humanité, et ils se cantonnent, idéologiquement, à l’intérieur de frontières qui ne ses déplacent que selon l’intérêt national, tenant forcément compte de l’intérêt national du voisin. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les États-Unis occupent de nos jours la totalité du concept “société occidentale” ou d’Occident tout court [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=12}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le terme de “société occidentale”, est par ailleurs, assez ambigu, et dans le temps et dans l’espace.''' Dans l’espace, parce que la société occidentale ne reconnaît pas de frontières ni de limites véritables, elle porte son impact, ses marchandises et ses techniques partout sur la planète ; elle plante, sinon son drapeau à la manière des anciens impérialismes, du moins son mode de vie et sa vision du monde. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Américanologie : Triomphe d’un modèle planétaire ?&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=11}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanité occidentale se débat dans le carcan d’un rationalisme écervelé si l’on peut dire, ce qui autorise les réactions extra-rationnelles, mythiques, occultes, passéistes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=L’Éclipse du sacré&lt;br /&gt;
|année d'origine=1986&lt;br /&gt;
|éditeur=La Nouvelle Librairie&lt;br /&gt;
|année=2021&lt;br /&gt;
|ISBN=9782491446796&lt;br /&gt;
|page=114}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Autrement dit, '''la position contre-révolutionnaire est restée une position de réaction, et non d’initiative. La littérature contre-révolutionnaire s’épuise à examiner scrupuleusement les raisons pour lesquelles une situation et une société données ne répondent pas au schéma rationnel des révolutionnaires.''' Autrement dit, elle se limite à des réfutations qui, si brillantes soient-elles, tombent à plat dans le climat actuel ''parce qu''’elles sont concrètes et peuvent être jour après jour plus exactement vérifiées. Ils n’ont pas la ''passion'' qui détermine les révolutionnaires à l’action et qui, selon les contre-révolutionnaires, est une détermination insuffisantes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=293-294}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La psychanalyse, le marxisme, l’existentialisme, le structuralisme, ou bien ''réduisent'' l’homme à des éléments dans lesquels il ne se reconnaît plus lui-même, vers lesquels le sens du moi, la conscience, ne peuvent jeter aucun pont ou bien ''diminuent'' l’homme jusqu’à le dissoudre dans une structure indépendante de lui et qui le dépasse. L’entreprise radicalement terroriste dont il s’agit a commencé avec le marquis de Sade qui, incapable de s’attaquer à Dieu, a tenté de détruire son image dans ses créatures ; les descendants modernes de Sade ne font plus à Dieu ce compliment de l’attaquer directement, mais, toujours incapables de détruire l’homme, ils se rabattent sur les propres créations de l’homme, celles de sa raison : la philosophie, l’histoire, l’art et la littérature. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=285-286}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''En deux cents ans, les révolutionnaires ont réussi à couvrir le monde d’un manteau d’idées fausses. Le monde vit, en conséquence, dans un état de conflit permanent entre ces idées et la réalité, qui les rejette sans cesse, se révolte contre elles et les défie.''' Selon la description de l’historien français Jean-Richard Bloch, “L’ère des guerres de religion est la nôtre, race contre race, continent contre continent, philosophie contre philosophie. Ces guerres sont plus cruelles et impitoyables que les guerres traditionnelles entre les nations. Nous sommes aujourd’hui les témoins d’une immense guerre civile à l’échelle du monde”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=275-276}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''N’oublions pas qu’en 1945 la propagande révolutionnaire n’a pas seulement célébré une victoire politique, elle a annoncé, dans un enthousiasme utopiste caractéristique, le nouvel âge d’une humanité refondue où seul leur monopole ne serait plus remis en question : le monopole politico-culturel allait se transformer en orthodoxie religieuse, avec droit d’inquisition sur les manifestations sporadiques de ce qui survivrait de la pensée contre-révolutionnaire.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=239}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''après 1945 le pouvoir est aux mains des agents de propagande qui détiennent les moyens communication''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=236}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les premières générations de contre-révolutionnaires avaient placé leurs espoirs dans la restauration de la monarchie. Derrière cette aspiration il y avait plus que de la loyauté envers la personne du monarque et la dynastie ; il y avait, au premier chef, l’option philosophique pour une société d’ordre, d’ordre parce qu’en un point — en la personne du monarque — elle communiquait avec une sphère plus élevé que celle de la politique, avec un principe d’ordre, et finalement avec l’ordre transcendantal. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La génération contre-révolutionnaire d’après 1945, tout en conservant une certaine couleur monarchique du fait de la piété familiale et de la loyauté de camaraderie, était néanmoins prête à accepter d’autres voies que la personne d’un roi pour la recherche du sacré. '''Même auprès des contre-révolutionnaires monarchistes, un roi remonté sur le trône de sa famille n’était guère plus considéré comme autre chose qu’une version renforcée — ou souhaitée telle — de l’“homme fort” qui, bien que sans doute davantage capable d’occuper le sommet de l’édifice national, était empêché au départ par son incapacité d’assurer la continuité, et donc la légitimité.''' Les contre-révolutionnaires français de 1958 virent dans le comte de Paris une sorte de de Gaulle de longue durée, et les contre-révolutionnaires espagnols voient en Don Juan, le prétendant, une possibilité de perpétuer le général Franco. '''Ceux d’entre les contre-révolutionnaires français et espagnols qui restèrent opposés à l’idée d’une telle succession, l’étaient non par hostilité à la monarchie en tant que telle, mais parce qu’ils comprenaient que ces prétendants, comme d’autres prétendants (leur nombre va s’amenuisant), pourraient bien se révéler ne pas être des “hommes providentiels”, mais au contraire se montrer moins contre-révolutionnaires que les “hommes forts” qui les ont précédés.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=230-232}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après 1945 les contre-révolutionnaires se retrouvent sensiblement dans la même position qu’auparavant. Tous les dangers qui menacent leurs idéaux — la nation, l’Occident, la religion, la culture — ont augmenté, ils ont en fait atteint un stade avancé et leur influence combinée est devenue capable de décomposer et de détruire ces idéaux. C’est aujourd’hui un lieu commun de la contre-révolution que le processus de décomposition a atteint le moment critique et qu’il s’accélère à mesure que s’approche la décadence finale. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=229}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Arrivé à ce point, l’État libéral-démocratique est en train d’adopter une nouvelle forme, que nombre de respectables observateurs politiques affirment n’être ni de “gauche” ni de “droite” : l’État du “management”, de la “production centralisée », la “société de consommation”, ou simplement l’“État industriel” de toute manière, neutre sur le plan idéologique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=226}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La restauration contre-révolutionnaire a régulièrement échoué, non en raison de quelque faiblesse intrinsèque dans la philosophie contre-révolutionnaire, mais parce que '''les contre-révolutionnaires étaient largement incapables d’utiliser des méthodes modernes, une organisation, des slogans, des partis politiques et la presse.''' Le processus publicitaire était abandonné aux révolutionnaires, si bien que les contre-révolutionnaires se sont toujours montrés sous une lumière défavorable, quand du moins ils parvenaient à se faire connaître. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=179}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Par conséquent, l’intention principale de la doctrine politique des contre-révolutionnaires étaient de prouver que la nature organique des sociétés s’oppose à la révolution comme une destruction brutale de la vie nationale, c’est-à-dire de l’harmonie qui relie la communauté au citoyen, le gouvernement à la nation, le passé au présent, l’histoire à l’avenir. Le centre de gravitation de cette thèse est la croyance que le rythme authentique des sociétés est contraire à la fièvre révolutionnaire ; que le gouvernement est le garant de ce rythme ; et que le progrès suppose la paix sociale, une légifération prudente et minimale, la protection contre le risque de révolte. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=165}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’inspiration collectiviste est inséparable de la discipline, et la discipline de la hiérarchie. Quiconque a essayé d’organiser les contre-révolutionnaires a dû constater que ces gens tendent à placer leurs intérêts personnels au-dessus de l’appartenance à une organisation. La plupart des association de contre-révolutionnaires font commencer leurs demandes de soutien par une excuse pour cette intrusion dans la vie privée du membre éventuel, et les terminent en l’assurant que ses services ne lui seront demandés qu’avec modération. Le son de trompette des activistes hégéliens n’est pas aussi vague. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=131-132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce qui est essentiel, les révolutionnaires ont rapidement compris que bien que 1789 ait ouvert la porte du pouvoir aux masses, celles-ci ne l’utiliseront jamais pour elles-mêmes, mais permettront seulement qu’il passe entre les mains de ces nouveaux privilégiés que sont les entraîneurs de foules, les faiseurs d’opinion et les idéologues. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=119}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La considération dans laquelle on tient la révolution à notre époque vient principalement de la pénétration progressive des idées d’extrême gauche dans les classes moyennes. Celles-ci les cultivent pour les répandre ensuite dans toutes les directions par tous les moyens de communication disponibles. L’intellectuel issu d’une classe moyenne représente, en tant que membre de la république des lettres, aussi bien individuellement que sur le plan corporatif, un banc d’essai et un champ de bataille pour ces idées ; il n’a pas même besoin de faire du prosélytisme : sa profession de professeur, d’écrivain, de politicien ou de journaliste conserve ces idées en vitrine, tandis que la considération dont il bénéficie, reflet de valeurs et d’une conduite plus traditionnelles, témoigne pour la justesse ou du moins la pertinence de ses propos. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=99-100}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut distinguer entre les intellectuels qui forment les concepts révolutionnaires et ceux qui viennent à leur appui en amplifiant leur voix, en allongeant leurs griffes, en élargissant leur public, en préparant ce dernier à recevoir des idées qu’il n’aurait autrement considérées qu’avec méfiance ou indifférence. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=68}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À mesure que les années passaient, les idées proposées par le parti révolutionnaire paraissaient de plus en plus attrayantes, non pas en raison de leurs mérites intrinsèques, mais parce qu’elles imprégnaient le climat intellectuel, acquéraient un monopole, isolaient les idées contraires en arguant de leur modération pour prouver leur impotence. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=59}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’édifice monarchique s’écroula sous les coups de canon des marchands de formules.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Reformulant la thèse de Hippolyte Taine à propos de la révolution française&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thomas Molnar&lt;br /&gt;
|titre=La Contre-révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1969&lt;br /&gt;
|traducteur=Olivier Postel-Vinay&lt;br /&gt;
|éditeur=Union générale d’éditions&lt;br /&gt;
|collection=10/18&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|page=59}}&lt;br /&gt;
{{Center|Alain de Benoist, Dominique Venner et Thomas Molnar|[[Alain de Benoist]], [[Dominique Venner]] et [[Thomas Molnar]]}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Textes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[La Contre-révolution - Thomas Molnar]]&lt;br /&gt;
*[[Le conservatisme culturel, idéologie du business - Thomas Molnar]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Molnar, Thomas}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Le_conservatisme_culturel,_id%C3%A9ologie_du_business_-_Thomas_Molnar&amp;diff=46061</id>
		<title>Le conservatisme culturel, idéologie du business - Thomas Molnar</title>
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		<updated>2026-08-03T20:30:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Text|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''[[Thomas Molnar]], « Le conservatisme culturel, idéologie du business », ''Contrepoint'', n° 29, printemps 1979, p. 123-124.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Center|Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, 17 novembre 1975, New York|Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, 17 novembre 1975, New York}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Il est plus utile, cependant, de jeter un regard du côté de ce phénomène à première vue marginal qui est le mouvement conservateur que l’on pourrait appeler la « façade culturelle » du capitalisme. Depuis une trentaine d’années le conservatisme, si peu ou point remarqué par la presse française, est pourtant la ''formule idéologique'' du business américain.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, le mouvement conservateur, incapable, même s’il en avait envie, de se détacher du capitalisme, est bien une idéologie, quoique et curieusement méconnu dans cette fonction. La raison principale de ce malentendu est qu’il ne s’agit ni d’un programme ni d’un corpus doctrinal, donc d’aucune formulation consciente, mais bien d’un '''ensemble d’attitudes et de production écrite de type culturel où prédomine l’effort de relier les fondements du capitalisme aux grands courants de la culture occidentale, à leurs racines classiques et chrétiennes.''' Le conservatisme se présente ainsi comme un phénomène détaché du business, un phénomène culturel et intellectuel auquel participent professeurs, journalistes, érudits et éditeurs — et où le businessman lui-même occupe un rôle plutôt modeste. Le conservatisme devient en quelque sorte un article de luxe que ce dernier traite avec un mélange de respect et de confusion, et dans lequel il ne reconnaît pas nécessaire une chose utile. Un soupçon surnage toujours. Il y apporte pourtant sa contribution, financière et organisatrice, persuadé par les intellectuels conservateurs qu’il renforce le capitalisme et illustre son éclat : par le biais de la culture, du savoir, du bon goût.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voilà au cœur du malentendu : '''le conservatisme qui se présente comme un mouvement intellectuel et culturel''', porteur de lettres de créance prestigieuse est, aux yeux de ceux qui y prêtent appui financier et moral, un instrument, d’ailleurs suspect, peut-être dangereux, '''pour la préservation du capitalisme.''' Par exemple, un journal édité en Californie — où non seulement les sectes, les réactionnaires aussi abondent — d’une organisation pour la défense « culturelle » du capitalisme, ''Ink'', confond systématiquement « civilisation occidentale », « système capitaliste », « liberté » et « économie du marché ». L’analyse marxiste y découvrirait une confusion voulue, l’opium savamment dosé pour endormir le prolétariat. Bien entendu, il ne s’agit pas de cela mais de l’idéologie américaine/puritaine qui mélange Dieu ou ses succédanés comme « culture » ou « religion judéo-chrétienne » avec le business, et la morale avec la ''American way of life''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tous les organes du conservatisme culturel''' ne sont pas de la même encre (qu’on veuille me pardonner : ''ink'' signifie, en effet, encre). Mais '''abondent quand même groupes, périodiques, mouvements de jeunesse et cénacles entièrement consacrés à la propagande (de l’espèce d’entreprise missionnaire) en faveur du ''free market economy''.''' Comme l’immense majorité du public conservateur ne s’intéresse qu’à cela, c’est par ce biais qu’il faut le contourner, en quelque sorte, et le sensibiliser pour d’autres problèmes : combat anti-communiste, pédagogie permissive, désintégration de la famille. Les hommes d’affaires qui financent ces mouvements et programmes sont pour la plupart les produits purs de la mentalité d’affaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Textus]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fichier:Ronald_Reagan,_Barry_Goldwater_et_William_F._Buckley_Jr,_17_novembre_1975,_New_York.jpg&amp;diff=46060</id>
		<title>Fichier:Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, 17 novembre 1975, New York.jpg</title>
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		<updated>2026-08-03T20:29:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : Europa7 a déplacé la page Fichier:Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, gala organisé pour fêter les 20 ans de la revue National Review, 17 novembre 1975, New York.jpg vers Fichier:Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, 17 novembre 1975, New York.jpg sans laisser de redirection&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<id>https://libertas.co/index.php?title=Le_conservatisme_culturel,_id%C3%A9ologie_du_business_-_Thomas_Molnar&amp;diff=46059</id>
		<title>Le conservatisme culturel, idéologie du business - Thomas Molnar</title>
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		<updated>2026-08-03T19:49:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Text|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''[[Thomas Molnar]], « Le conservatisme culturel, idéologie du business », ''Contrepoint'', n° 29, printemps 1979, p. 123-124.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Center|Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, gala organisé pour fêter les 20 ans de la revue National Review, 17 novembre 1975, New York|Ronald Reagan, Barry Goldwater et William F. Buckley Jr, gala organisé pour fêter les 20 ans de la revue ''National Review'', 17 novembre 1975, New York}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Il est plus utile, cependant, de jeter un regard du côté de ce phénomène à première vue marginal qui est le mouvement conservateur que l’on pourrait appeler la « façade culturelle » du capitalisme. Depuis une trentaine d’années le conservatisme, si peu ou point remarqué par la presse française, est pourtant la ''formule idéologique'' du business américain.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, le mouvement conservateur, incapable, même s’il en avait envie, de se détacher du capitalisme, est bien une idéologie, quoique et curieusement méconnu dans cette fonction. La raison principale de ce malentendu est qu’il ne s’agit ni d’un programme ni d’un corpus doctrinal, donc d’aucune formulation consciente, mais bien d’un '''ensemble d’attitudes et de production écrite de type culturel où prédomine l’effort de relier les fondements du capitalisme aux grands courants de la culture occidentale, à leurs racines classiques et chrétiennes.''' Le conservatisme se présente ainsi comme un phénomène détaché du business, un phénomène culturel et intellectuel auquel participent professeurs, journalistes, érudits et éditeurs — et où le businessman lui-même occupe un rôle plutôt modeste. Le conservatisme devient en quelque sorte un article de luxe que ce dernier traite avec un mélange de respect et de confusion, et dans lequel il ne reconnaît pas nécessaire une chose utile. Un soupçon surnage toujours. Il y apporte pourtant sa contribution, financière et organisatrice, persuadé par les intellectuels conservateurs qu’il renforce le capitalisme et illustre son éclat : par le biais de la culture, du savoir, du bon goût.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voilà au cœur du malentendu : '''le conservatisme qui se présente comme un mouvement intellectuel et culturel''', porteur de lettres de créance prestigieuse est, aux yeux de ceux qui y prêtent appui financier et moral, un instrument, d’ailleurs suspect, peut-être dangereux, '''pour la préservation du capitalisme.''' Par exemple, un journal édité en Californie — où non seulement les sectes, les réactionnaires aussi abondent — d’une organisation pour la défense « culturelle » du capitalisme, ''Ink'', confond systématiquement « civilisation occidentale », « système capitaliste », « liberté » et « économie du marché ». L’analyse marxiste y découvrirait une confusion voulue, l’opium savamment dosé pour endormir le prolétariat. Bien entendu, il ne s’agit pas de cela mais de l’idéologie américaine/puritaine qui mélange Dieu ou ses succédanés comme « culture » ou « religion judéo-chrétienne » avec le business, et la morale avec la ''American way of life''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Tous les organes du conservatisme culturel''' ne sont pas de la même encre (qu’on veuille me pardonner : ''ink'' signifie, en effet, encre). Mais '''abondent quand même groupes, périodiques, mouvements de jeunesse et cénacles entièrement consacrés à la propagande (de l’espèce d’entreprise missionnaire) en faveur du ''free market economy''.''' Comme l’immense majorité du public conservateur ne s’intéresse qu’à cela, c’est par ce biais qu’il faut le contourner, en quelque sorte, et le sensibiliser pour d’autres problèmes : combat anti-communiste, pédagogie permissive, désintégration de la famille. Les hommes d’affaires qui financent ces mouvements et programmes sont pour la plupart les produits purs de la mentalité d’affaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Textus]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Mircea_Eliade&amp;diff=46058</id>
		<title>Mircea Eliade</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Mircea_Eliade&amp;diff=46058"/>
		<updated>2026-08-03T16:39:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Mircea Eliade|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais ce n’est pas uniquement dans les “petites religions” ou dans les mystiques politiques que l’on retrouve des comportements religieux camouflés ou dégénérés : on les reconnaît également dans des mouvements qui se proclament franchement laïques, voire antireligieux. Ainsi, dans le nudisme ou dans les mouvements pour la liberté sexuelle absolue, idéologies où l’on peut déchiffrer les traces de la “nostalgie du Paradis”, le désir de réintégrer l’état édénique d’avant la chute, lorsque le péché n’existait pas et qu’il n’y avait pas rupture entre les béatitudes de la chair et la conscience. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
|titre=Le Sacré et le Profane&lt;br /&gt;
|année d'origine=1965&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio Essais&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070324545&lt;br /&gt;
|page=176}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le processus de la désacralisation de l’existence humaine a abouti plus d’une fois à des formes hybrides de basse magie et de religion simiesque. Nous ne songeons pas aux innombrables “petites religions” qui pullulent dans toutes les villes modernes, aux églises, aux sectes et aux écoles pseudo-occultes, néo-spiritualistes ou soi-disant hermétiques, car tous ces phénomènes appartiennent encore à la sphère de la religiosité, même s’il s’agit presque toujours d’aspects aberrants de pseudomorphose. Nous ne faisons pas non plus allusion aux divers mouvements politiques et prophétismes sociaux, dont la structure mythologique et le fanatisme religieux sont facilement discernables. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
|titre=Le Sacré et le Profane&lt;br /&gt;
|année d'origine=1965&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio Essais&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070324545&lt;br /&gt;
|page=175}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d’être dans le monde de l’existence d’un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l’homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la “réalité”, et il lui arrive même de douter du sens de l’existence. Les autres grandes cultures du passé ont connu, elles aussi, des hommes areligieux, et il n’est pas impossible qu’il en ait existé même à des niveaux archaïques de culture, bien que les documents ne les aient pas encore attestés. Mais c’est seulement dans les sociétés occidentales modernes que l’homme areligieux s’est pleinement épanoui. L’homme moderne areligieux assume une nouvelle situation existentielle : il se reconnaît uniquement sujet et agent de l’Histoire, et il refuse tout appel à la transcendance. Autrement dit, il n’accepte aucun modèle d’humanité en dehors de la condition humaine, telle qu’elle se laisse déchiffrer dans les diverses situations historiques. L’homme ''se fait'' lui-même, et il n’arrive à se faire complètement que dans la mesure où il se désacralise et désacralise le monde. Le sacré est l’obstacle par excellence devant sa liberté. Il ne deviendra lui-même qu’au moment où il sera radicalement démystifié. Il ne sera vraiment libre qu’au moment où il aura tué le dernier dieu. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
|titre=Le Sacré et le Profane&lt;br /&gt;
|année d'origine=1965&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio Essais&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070324545&lt;br /&gt;
|page=172}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Eliade, Mircea}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Mircea Eliade</title>
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		<updated>2026-08-03T16:37:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Mircea Eliade|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais ce n’est pas uniquement dans les “petites religions” ou dans les mystiques politiques que l’on retrouve des comportements religieux camouflés ou dégénérés : on les reconnaît également dans des mouvements qui se proclament franchement laïques, voire antireligieux. Ainsi, dans le nudisme ou dans les mouvements pour la liberté sexuelle absolue, idéologies où l’on peut déchiffrer les traces de la “nostalgie du Paradis”, le désir de réintégrer l’état édénique d’avant la chute, lorsque le péché n’existait pas et qu’il n’y avait pas rupture entre les béatitudes de la chair et la conscience. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
|titre=Le Sacré et le Profane&lt;br /&gt;
|année d'origine=1965&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio Essais&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070324545&lt;br /&gt;
|page=176}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le processus de la désacralisation de l’existence humaine a abouti plus d’une fois à des formes hybrides de basse magie et de religion simiesque. Nous ne songeons pas aux innombrables « petites religions » qui pullulent dans toutes les villes modernes, aux églises, aux sectes et aux écoles pseudo-occultes, néo-spiritualistes ou soi-disant hermétiques, car tous ces phénomènes appartiennent encore à la sphère de la religiosité, même s’il s’agit presque toujours d’aspects aberrants de pseudomorphose. Nous ne faisons pas non plus allusion aux divers mouvements politiques et prophétismes sociaux, dont la structure mythologique et le fanatisme religieux sont facilement discernables. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
|titre=Le Sacré et le Profane&lt;br /&gt;
|année d'origine=1965&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio Essais&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070324545&lt;br /&gt;
|page=175}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d’être dans le monde de l’existence d’un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l’homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la “réalité”, et il lui arrive même de douter du sens de l’existence. Les autres grandes cultures du passé ont connu, elles aussi, des hommes areligieux, et il n’est pas impossible qu’il en ait existé même à des niveaux archaïques de culture, bien que les documents ne les aient pas encore attestés. Mais c’est seulement dans les sociétés occidentales modernes que l’homme areligieux s’est pleinement épanoui. L’homme moderne areligieux assume une nouvelle situation existentielle : il se reconnaît uniquement sujet et agent de l’Histoire, et il refuse tout appel à la transcendance. Autrement dit, il n’accepte aucun modèle d’humanité en dehors de la condition humaine, telle qu’elle se laisse déchiffrer dans les diverses situations historiques. L’homme ''se fait'' lui-même, et il n’arrive à se faire complètement que dans la mesure où il se désacralise et désacralise le monde. Le sacré est l’obstacle par excellence devant sa liberté. Il ne deviendra lui-même qu’au moment où il sera radicalement démystifié. Il ne sera vraiment libre qu’au moment où il aura tué le dernier dieu. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mircea Eliade&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Eliade, Mircea}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : Page créée avec « {{Image|Mircea Eliade|}} == Citations ==  {{Réf Livre |auteur=Mircea Eliade |titre=Le Sacré et le Profane |année d'origine=1965 |éditeur=Gallimard |collection=Foli... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Mircea Eliade|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Eliade, Mircea}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Fiodor Dostoïevski</title>
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		<updated>2026-07-31T16:55:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Fiodor Dostoïevski 2|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Regardez tous ces gens qui se dressent au-dessus du peuple chrétien, n’ont-ils pas altéré l’image de Dieu et sa vérité ? Ils ont la science assujettie aux sens. Quant au monde spirituel, la moitié supérieure de l’être humain, on le repousse, on le bannit allègrement, même avec haine. Le monde a proclamé la liberté [...] ; mais que représente cette liberté ! Rien que l’esclavage et le suicide ! Car le monde dit : “Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands, et les riches. Ne crains pas donc pas de les assouvir, accrois-les même” ; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins ? Chez les riches, la ''solitude'' et le suicide ''spirituel'' ; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. '''On assure que le monde, en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s’unira toujours davantage, que la fraternité régnera. Hélas ! Ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l’accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d’habitudes et d’imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s’envier mutuellement, pour la sensualité et l’ostentation'''. [...] quant aux pauvres, l’inassouvissement des besoins et de l’envie sont pour le moment noyés dans l’ivresse. Mais bientôt, au lieu de vin, ils s’enivreront de sang, c’est le but vers lequel on les mène. Dites-moi si un tel homme est libre. Un “champion de l’idée” me racontait un jour qu’étant en prison on le priva de tabac et que cette privation lui fut si pénible qu’il faillit trahir son “idée” pour en obtenir. Or cet individu prétendait “lutter pour l’humanité”. De quoi peut-il être capable ? Tout au plus d’un effort momentané, qu’il ne soutiendra pas longtemps. Rien d’étonnant à ce que les hommes aient rencontré la servitude au lieu de la liberté, et qu’au lieu de servir la fraternité et l’union ils soient tombés dans la désunion et la solitude [...]. Aussi le dévouement à l’humanité, de la fraternité, de la solidarité disparaît-elle graduellement dans le monde ; en réalité, on l’accueille même avec dérision, car comment se défaire de ses habitudes, où ira ce prisonnier des besoins innombrables par lui inventés ? Dans la solitude, il se soucie fort peu de la collectivité. En fin de compte, les biens matériels se sont accrus et la joie a diminué. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=425-426}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des siècles passeront et l’humanité proclamera par la bouche de ses savants et de ses sages qu’il n’y a pas de crimes, et, par conséquent, pas de péché ; qu’il n’y a que des affamés. “Nourris-les, et alors exige d’eux qu’ils soient “vertueux” ! Voilà ce qu’on inscrira sur l’étendard de la révolte qui abattra ton temple. À sa place '''un nouvel édifice s’élèvera, une seconde tour de Babel, qui restera sans doute inachevée, comme la première ; mais tu aurais pu épargner aux hommes cette nouvelle tentative et mille ans de souffrance.''' Car ils viendront nous trouver, après avoir peiné mille ans à bâtir leur tour ! [...] Aucune science ne leur donnera du pain, tant qu’ils demeureront libres, mais ils finiront par la déposer à nos pieds, cette liberté, en disant : “Réduisez-nous plutôt en servitude, mais nourrissez-nous.” »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=352-353}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce n’est pas l’Église qui se convertit en État, notez-le bien, cela c’est Rome et son rêve, c’est la troisième tentation diabolique. Au contraire c’est l’État qui se convertit en Église, qui s’élève jusqu’à elle et devient une Église sur la terre entière''', ce qui est diamétralement opposé à Rome, à l’ultramontanisme, à votre interprétation, et n’est que la mission sublime réservée à l’orthodoxie dans le monde. C’est en Orient que cette étoile commencera à resplendir. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=114}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier, comme individus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=101-102}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a pas de péché sur la terre que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement. L’homme ne peut pas commettre de péché capable d’épuiser l’amour infini de Dieu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le socialisme, ce n’est pas seulement la question ouvrière ou celle du quatrième état, mais c’est surtout la question de l’athéisme, de son incarnation contemporaine, la question de la tour de Babel, qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux de la terre, mais pour abaisser les cieux jusqu’à la terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=61-62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le christianisme est l’unique refuge de la Terre Russe contre tous ses maux.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Lioubimov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 11 juin 1879&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''En Europe nous avons été des ramasse-miettes et des esclaves, en Asie nous serons des seigneurs. En Europe nous avons été des Tatars, en Asie nous serons à notre tour des Européens.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1462}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe « nous méprise secrètement et publiquement, elle nous regarde comme inférieurs  en tant qu’hommes, en tant que race, et parfois nous les dégoûtons littéralement, nous les dégoûtons absolument, surtout lorsque nous nous jetons à leur cou et les embrassons fraternellement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1460}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas dans le communisme, ce n’est pas dans des formes mécaniques que résite le socialisme du peuple russe : il croit fermement qu’il ne sera sauvé à la fin des fins que par ''l’union universelle au nom du Christ''. Voilà notre socialisme russe ! C’est bien de la présence dans le peuple russe de cette haute idée d’union dans une “Église” que vous vous moquez, messieurs nos Européens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1436-1437}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Oui, la destination de l’homme russe est sans conteste paneuropéenne et universelle.''' Être un vrai Russe, être pleinement russe, cela ne signifie peut-être pas autre chose [...] que d’être le frère de tous les hommes, d’être ''citoyen du monde'' si vous voulez. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|section=Discours sur Pouchkine prononcé à la séance solennelle de la Société des Amis de la littérature russe de l’Université impériale de Moscou, 8 juin 1880&lt;br /&gt;
|page=1372}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Question d’Orient, c’est essentiellement celle du destin de l’Orthodoxie. Le destin de l’Orthodoxie est indissolublement lié à la mission de la Russie. Qu’est-ce que le destin de l’Orthodoxie ? Le catholicisme romain, qui a depuis longtemps vendu le Christ pour le pouvoir temporel, qui a détourné de soi l’humanité et qui s’est fait ainsi le responsable principal du matérialisme et de l’athéisme en Europe, ce catholicisme romain a tout naturellement engendré en Europe le socialisme. Car le socialisme a pour objectif de décider du sort de l’humanité non selon le Christ, mais en dehors de Dieu et en dehors du Christ, et il devait tout naturellement naître en Europe, sur les ruines du principe chrétien, à mesure que celui-ci se dénaturait et s’abolissait dans l’Église catholique même. L’image du Christ ainsi perdue s’est conservée dans toute sa lumineuse pureté dans l’Orthodoxie. C’est d’Orient qu’à l’encontre du socialisme en marche sera lancée au monde la parole nouvelle qui peut-être apportera le salut à l’humanité européenne. Voilà la mission de l’Orient, voilà en quoi consiste pour la Russie la Question d’Orient. Je sais que que nombreux seront ceux qui qualifieront cette façon de voir d’illuminisme, mais N. Y. Danilevski, lui est plus qu’à même de comprendre ce que je dis. Mais pour accomplir cette mission la Russie a besoin de Constantinople en tant que centre du monde oriental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274-1275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie, régnant sur Constantinople, sera précisément comme la gardienne de la liberté de tous les Slaves et de ''toutes les nationalités orientales'' sans faire de distinction entre celles-ci et les Slaves. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les pères d’aujourd’hui n’ont rien qui leur soit commun, ai-je dit, rien qui les lie l’un à l’autre. Pas de grande pensée (elle s’est perdue), pas de grande foi dans leurs cœurs en une telle pensée. Or cette foi-là seule est de nature à mettre ''de la beauté'' dans les souvenirs des enfants [...]. Sans un rudiment de positif et de beau l’homme ne peut pas entrer dans la vie au sortir de l’enfance, sans un rudiment de positif et de beau on ne saurait lancer une génération sur sa route. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1092}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Allemagne «  a protesté durant deux millénaires entiers contre ce monde, et bien qu'il n'ait pas proposé (et ne propose toujours pas) “sa” Parole, son idéal strictement formulé pour supplanter l'Idée de la Rome antique, il a toujours été convaincu, semble-t-il, au fond de lui-même, qu’il est capable de proposer cette Parole Nouvelle et d’entraîner derrière lui l’humanité. Il s’est battu contre le monde romain dès le temps d’Arminius, puis, au temps du Saint-Empire, il a plus que quiconque disputé le pouvoir suprême à la nouvelle Rome. Enfin il a élevé la protestation la plus vigoureuse et la plus puissante, en tirant la formule nouvelle de sa protestation, cette fois, des fondements proprement spirituels, élémentaires du germanisme : il a proclamé la liberté d’examen et levé l’étendard de Luther. La rupture a été terrible et de portée mondiale, la formule de protestation était trouvée et réalisé, encore qu’elle restât négative et que la Parole nouvelle et ''positive'' ne fût toujours pas dite. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1051-1052}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mieux vaut tirer l’épée une fois que de souffrir sans fin.''' Et en quoi la paix actuelle entre les nations civilisées vaut-elle mieux que la guerre ? Au contraire, c’est plutôt la paix, une trop longue paix, qui rend l’homme féroce et dur, et non la guerre. Une longue paix engendre toujours la cruauté, la lâcheté, un égoïsme grossier, repu, et surtout la stagnation intellectuelle. Une longue paix n’engraisse que les exploiteurs des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=971}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est donc pas en vain tout de même que de toutes parts là-bas les Israélites règnent sur la Bourse, ce n’est pas en vain qu’ils sont les maîtres du crédit et ce n’est pas pour rien, je le répète, qu’ils dominent aussi toute la politique internationale, et ce que réserve l’avenir, les Israélites, eux, le savent : c’est leur règne qui approche, leur règne total ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=952}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] tout le monde en Europe se moque de nous, et [...] les meilleurs Russes, et incontestablement intelligents, sont regardés en Europe avec une hautaine condescendance. Cette hautaine condescendance, même l’émigration hors de Russie ne les en a pas sauvés, j’entends l’émigration politique et le plus complet reniement de la Russie. Les Européens ne veulent à aucun prix nous considérer comme des leurs, en aucun cas et quoi que nous sacrifiions : ''Grattez'', disent-ils, ''le Russe et vous verrez le Tartare'', et ils en sont toujours là : nous sommes passés chez eux en proverbe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cependant nous ne pouvons absolument pas renier l’Europe. L’Europe nous est une seconde patrie, et je suis le premier à le confesser passionnément et l’ai toujours confessé. ''À tous'' l’Europe nous est ''presque'' aussi chère que la Russie ; elle englobe toute la race de Japhet, or notre Idée c’est l’union de toutes les nations de cette race, et même au-delà, bien au-delà, jusqu’à Sem et Cham. Que faire donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun devienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesser de mépriser son propre peuple. Et dès que l’Européen verra que nous commençons à respecter notre peuple et notre nationalité, il commencera lui aussi tout de suite à nous respecter. Et de fait : plus serait vigoureux et autonome notre développement dans notre esprit national, plus serait fort et proche notre écho dans l’âme européenne, et, assortis à elle, nous lui deviendrions tout de suite plus compréhensibles. Alors ils ne se détourneraient plus hautainement de nous, et ils nous écouteraient. Nous aurons tout de suite aussi une autre allure. Devenus nous-mêmes, nous prendrons enfin figure d’hommes, et non de singes. Nous aurons l’aspect d’un être libre, et non d’un esclave, non d’un laquais, non d’un Potouguine ; on nous regardera alors comme des hommes, et non pas comme des touche-à-tout internationaux, non pas comme des “hurluberlus” de l’européisme, du libéralisme et du socialisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=862-864}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun vienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesse de mépriser son propre peuple. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=863}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] je déclare (et encore une fois, ''pour le moment'', sans preuves) que l’amour de l’humanité n’est même pas concevable, compréhensible ''ni possible sans foi concomitante en l’immortalité de l’âme humaine''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=814}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les Gavroches ne sont plus des Français, mais le plus remarquable est que ceux d’en haut, — oui, ceux qui naissent possédants, [...] eux aussi, en somme, ne sont pas des Français. Du moins est-ce que j’ose affirmer ; si bien que les deux extrêmes et les deux contraires se touchent. Et voilà un premier résultat : la France commence à cesser d’être la France. [...] Je sais, il se trouvera des gens pour dire tant mieux : plus de Français, il reste des hommes. Mais sont-ce bien des hommes ? Des hommes, admettons, mais de futurs sauvage, qui avaleront l’Europe. Cela nous prépare petit à petit, mais assurément et infailliblement, une future tourbe dépourvue de sentiment. Que cette génération dégénère physiquement, se débilite, se pourrit, cela ne fait plus, à mon sens, aucun doute. Or le physique traîne après lui le moral. Ce sont les fruits du règne de la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=655-656}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il me semble, qu’il doit exister une loi naturelle, dans les peuples et les nationalités, selon laquelle chaque homme doit de préférence rechercher et aimer les femmes de son peuple et de sa nationalité''' [...]. Si l’homme se met à placer les femmes des autres nations plus haut que les siennes et à se laisser séduire par elles, alors vient le temps de la désagrégation de ce peuple et de l’ébranlement de sa nationalité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=647}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus grande des plus grandes vocations dont les Russes ont pris conscience pour leur avenir, c’est leur vocation universellement humaine, c’est le service universel de l’humanité, non pas de la Russie seule, mais de toute l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous autres Russes avons deux patries : notre Russie et l’Europe, même lorsque nous nous qualifions de slavophiles. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=563-564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est presque avec certitude qu’on peut dire que dans l’avenir peut-être le plus proche la Russie se révélera la plus forte de tous en Europe. Cela résultera du fait qu’en Europe toutes les grandes puissances seront réduites à rien, et par une cause fort simple : elles seront toutes épuisées et minées par les aspirations démocratiques insatisfaites d’une énorme partie de leurs sujets des classes inférieures, de leurs prolétaires et indigents. En Russie, cela ne peut absolument pas se produire : notre ''dèmos'' est content, et plus ira plus ils sera satisfait, car tout va dans ce sens, par une disposition ou mieux un ''consensus'' général. Et c’est pourquoi '''il ne restera qu’un colosse sur le continent européen : la Russie. Cela surviendra peut-être même beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. L’avenir de l’Europe appartient à la Russie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=506-507}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est notoire que l’Europe ne nous aime pas et ne nous a jamais aimés ; jamais elle ne nous a considérés comme siens, comme Européens, et toujours comme d’indésirables intrus. Voilà pourquoi elle aime tant se conforter le cas échéant de l’idée que la Russie est “pour le moment impuissante”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=505}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est à notre porte [...] que viendra frapper l’Europe, et qu’elle nous criera de venir à son secours quand sonnera la dernière heure de son “ordre actuel de choses”. Et elle exigera notre secours comme un droit, elle l’exigera sur le ton du défi et du commandement, elle nous dira que nous sommes aussi l’Europe, que par conséquent nous avons exactement le même “ordre de chose” qu’elle, que ce ne doit pas être pour rien que depuis deux siècles nous l’avons imitée et nous nous sommes vantés d’être des Européens, et qu’en sauvant l’Europe nous nous sauvons donc nous-mêmes. Certes, nous ne serions peut-être pas très disposés à trancher l’affaire au profit d’une seule des parties, mais serons-nous de force pour une telle tâche, et n’avons-nous pas perdu depuis longtemps l’habitude de toute réflexion sur ce qui doit constituer notre véritable “particularisation” comme nation et notre véritable rôle en Europe ? Non seulement nous ne comprenons pas, à l’heure qu’il est, ce genre de problèmes, mais nous n’admettons même pas qu’on les pose, et nous considérons comme sottise et comme arriération de notre part d’y prêter l’oreille. Et si, effectivement, '''l’Europe vient à frapper à notre porte pour nous demander de nous lever pour la sauvegarde de son ''Ordre''''', alors peut-être comprendrons-nous pour la première fois enfin, tous et d’un seul coup, à quel point nous avons toujours été différents de l’Europe, en dépit de ce désir et de ce rêve deux fois séculaires — devenir une Europe — que nous avons nourris jusqu’à des transports si passionnés. Et peut-être bien, même alors, ne comprendrons-nous pas, car il sera trop tard. Mais dans ce cas nous ne comprendrons pas non plus, bien entendu, quel besoin l’Europe aura de nous, ce qu’elle nous demandera et en quoi nous pourrions réellement l’aider. Et n’irons-nous pas au contraire mettre à la raison l’ennemi de l’Europe et de son ordre, nous aussi, par le sang et par le fer, tout comme le prince de Bismarck ? Oh, alors, dans l’hypothèse d’un pareil exploit, nous pourrions sans crainte nous féliciter nous-mêmes d’être ''pleinement européens''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=460-461}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] le catholicisme romain a déjà pris de bien autres virages : une fois, quand il l’a fallu, il a sans hésiter vendu le Christ pour le pouvoir temporel. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant perdu l’alliance des monarques, le catholicisme va sans aucun doute se jeter vers le ''dèmos''. Il dispose de dizaines de milliers de séducteurs sages et adroits, psychologues et connaisseurs du cœur humain, dialecticiens et confesseurs, et le peuple est partout et toujours candide et bon. [...] Tous ces connaisseurs du cœurs et de l’âme vont se lancer dans le peuple et lui apporter un Christ nouveau, prêt à tout accepter, le Christ qu’a annoncé l’impie récent Concile du Vatican.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le catholicisme se lancera dans la démocratie, dans le peuple, et qu’il abandonnera les monarques de la terre pour la peine de l’avoir eux-mêmes abandonné. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=456-459}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''en nous qualifiant ''fièrement'' d’Européens, nous avons par là même renié notre essence russe.''' Honteux et effrayés d’avoir autant de retard sur l’Europe dans notre développement intellectuel et scientifique, nous avons oublié que dans les profondeurs et les tâches de l’esprit russe, nous recelions nous-même, en tant que Russes, la faculté, peut-être, d’apporter au monde une lumière nouvelle, à la condition de préserver l’originalité de notre développement. Dans l’enthousiasme que nous mettions à notre propre humiliation, nous avons oublié la plus intangible des lois historiques, à savoir que sans un pareil ''orgueil'' de notre propre valeur mondiale en tant que nation, jamais nous ne pourrions être une grande nation et laisser après nous un petit quelque chose d’original pour le bien de l’humanité tout entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Alexandre Romanov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 10 février 1873&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’homme a besoin non pas tant de son propre bonheur que de savoir et de croire à chaque instant qu’il existe déjà quelque part un bonheur absolu et une paix pour tous et pour tout... Toute la loi de l’existence humaine consiste en la possibilité pour l’homme de s’incliner devant quelque chose d’infiniment grand.''' Si l’on prive les hommes de cet infiniment grand, ils refuseront de vivre et mourront dans le désespoir. L’infini, l’absolu est aussi indispensable à l’homme que cette petite planète où il vit... Mes amis, tous, tous ! Vive la Grande Pensée ! La Pensée éternelle, infinie ! Il est indispensable à tout homme, quel qu’il soit, de s’incliner devant la Grande Pensée. L’homme le plus bête a besoin de quelque chose de grand. Pétroucha... Oh ! comme je voudrais les revoir tous ! Ils ne savent pas, ils ne savent pas qu’ils renferment en eux, eux aussi, cette Grande Pensée, cette Pensée éternelle ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=940-941}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Jusqu’ici l’homme n’a fait qu’inventer Dieu pour vivre sans se tuer ; voilà toute l’histoire du monde jusqu’à nos jours !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=880}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous vos efforts doivent tendre à ce que tout s’écroule, l’État et sa morale. Nous resterons seuls debout, nous qui nous sommes préparés depuis longtemps à prendre le pouvoir en main. Nous nous annexerons les gens intelligents, et pour ce qui est des imbéciles, nous monterons sur leur dos. Cela ne doit pas vous troubler. Il nous faudra rééduquer la génération actuelle pour la rendre digne de la liberté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=865-866}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Partant de la liberté illimitée, j’aboutis au despotisme illimité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=586}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple n’est un peuple que tant qu’il possède son propre Dieu, son Dieu à lui, et nie sans admettre nul compromis tous les autres Dieux, tant qu’il croit que grâce à son Dieu, il triomphera de tous les autres Dieux et les chassera. Telle était précisément la foi de tous les grands peuples, de tous les peuples du moins qui ont joué un certain rôle dans l’histoire et ont marché à la tête de l’humanité. Impossible de lutter contre les faits. Les juifs n’ont vécu que pour attendre le vrai Dieu, et on légué au monde le vrai Dieu. Les Grecs ont divisé la nature et on légué au monde leur religion, c’est-à-dire la philosophie et la science. Rome a divinisé le peule dans l’État et a légué aux peuples l’idée de l’État. La France, incarnation du Dieu romain, n’a fait, tout au long de son histoire, que développer l’idée de ce Dieu romain, et si elle a fini par le jeter à bas et s’est précipité elle-même dans l’athéisme, qui s’intitule là-bas provisoirement socialisme, c’est uniquement parce que l’athéisme est, malgré tout, plus sain encore que le catholicisme romain. '''Si un grand peuple cesse de croire qu’il est le seul capable, grâce à sa vérité, de rénover et de sauver les autres peuples, il cesse aussitôt d’être un grand peuple et devient une simple matière ethnographique. Un peuple vraiment grand ne se contentera jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité, ni même d’un rôle de premier plan : ce qu’il lui faut, c’est la toute première place, le rôle unique. Le peuple qui perd cette foi, n’est plus un peuple. Cependant la vérité est une, et, par conséquent, parmi tous les peuples il n’y en a qu’un qui détienne le vrai Dieu, si puissants que soient les Dieux des autres peuples. Le seul peuple  “théophore” est le peuple russe [...].''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=379-380}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Quand les peuples commencent à avoir des dieux communs, c’est signe de mort pour ces peuples. Quand les Dieux deviennent communs à plusieurs peuples, les Dieux meurent, ainsi que les peuples et leur foi.''' Plus un peuple est fort, plus son Dieu diffère des autres Dieux. Jamais encore, il n’y eut de peuple sans religion, c’est-à-dire sans notion du bien et du mal. Chaque peuple possède sa propre notion du bien et du mal, son propre bien et son propre mal. Quand plusieurs peule mettent en commun leurs notion du bien et du mal, alors ces peuples tombent en décadence, alors la distinction même entre le bien et le mal s’efface et disparaît. Jamais la raison n’a été et me sera capable de définir le bien et le mal ou même de séparer le mal du bien, ne fût-ce qu’approximativement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=378}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« — Celui qui enseignera aux hommes qu’ils sont tous bons, celui-là terminera l’histoire du monde.&lt;br /&gt;
— Celui qui l’enseigna, on l’a crucifié.&lt;br /&gt;
— Il viendra et son nom sera le Dieu-Homme.&lt;br /&gt;
— L’Homme-Dieu ?&lt;br /&gt;
— Le Dieu-Homme, c’est en cela qu’est la différence. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=360}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Notre libéral russe est, avant tout, un laquais, toujours en quête de bottes à cirer. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=221}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un homme nouveau viendra, heureux et fier. Celui auquel il sera indifférent de vivre ou de ne pas vivre, celui-là sera l’homme nouveau. Celui qui vaincra la souffrance et la terreur, celui-là sera lui-même Dieu. Quant à l’autre Dieu, il ne sera plus. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Celui qui vaincra la souffrance et la peur, sera lui-même Dieu. Alors commencera une vie nouvelle, alors paraîtra l’homme nouveau. Tout sera nouveau...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=189}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai observé, me glissa un jour Stépane Trophimovitch, que tous ces socialistes enragés et ces communistes sont en même temps des êtres avares, et ont des âmes d’acquéreurs, de propriétaires, si bien que plus ils sont socialistes, plus ils se montrent avides. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=136}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Non seulement vous ne connaissiez pas le peuple, mais vous n’aviez pour lui que le plus abominable mépris, parce que le peuple pour vous c’était uniquement le peuple français, et même les seuls Parisiens, et vous étiez honteux de ce que le peuple russe ne leur ressemblât pas. C’est la vérité pure. Or '''celui qui n’a point de peuple, n’a point de Dieu.''' Sachez que tous ceux qui cessent de comprendre leur peuple, et n’ont plus de contact avec lui, perdent dans la même mesure la foi de leurs pères, et deviennent des athées ou des indifférents. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=82}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''[...] l’Occident a perdu le Christ (par la faute du catholicisme), c’est pour cela qu’il chute, uniquement pour cela.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Strakhov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 18 (30) mai 1871&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Toute la mission de la Russie réside dans l’orthodoxie, dans ''la lumière venue d’Orient'' qui ruissellera sur l’humanité aveugle d’Occident, laquelle a perdu le Christ.''' Tout le malheur de l’Europe, tout, tout, sans exception aucune, vient de ce qu’avec l’Église de Rome, ils ont perdu le Christ, puis décidé qu’ils s’en passeraient. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 9 (21) octobre 1870&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le cercle de l’avenir russe s’élargit, la pensée est fondée non seulement d’un grand État mais de tout un monde nouveau, destiné à rénover le christianisme par l’idée orthodoxe panslave et à apporter à l’humanité une pensée nouvelle lorsque l’Occident commencera à pourrir''' ; or il pourrira quand le pape aura définitivement mutilé le Christ et par là même engendré l’athéisme dans l’humanité occidentale souillée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 15 (27) mai 1869&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ah ! soyez certains que '''ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir que Colomb a été heureux'''. Soyez persuadés que le moment culminant de son bonheur s’est peut-être placé trois jours avant la découverte du Nouveau Monde, lorsque l’équipage au désespoir s’est rebellé et a été sur le point de faire demi-tour pour revenir en Europe. Il ne s’agissait pas ici du Nouveau Monde, qui aurait pu s’effondrer. Colomb est mort l’ayant a peine vu et sans savoir, au fond, ce qu’il avait découvert. Ce qui compte, c’est la vie, la vie seule [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que la “beauté” sauverait le monde ? Messieurs, s’écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que '''la beauté sauvera le monde !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=464}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Elle est connue : le crime est une protestation contre une organisation sociale anormale ; voilà tout et rien de plus et ils n’admettent aucune autre raison, pas une...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— En voilà une erreur ! cria Porphyre Petrovitch. Il s’animait peu à peu et riait en regardant Rasoumikhine dont l’emballement ne faisait que croître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ils n’admettent pas une autre cause, l’interrompit Rasoumikhine avec feu. Je ne me trompe pas ; je te montrerai leurs livres ; je te montrerai qu’ils disent : “tel individu a été perdu par son milieu” et c’est tout ; c’est leur phrase favorite. D’où la conclusion que si la société était organisée de façon normale, il n’y aurait plus de crimes car on n’aurait plus à protester et tous les hommes deviendraient des “justes”. '''Ils ne prennent pas en considération la nature ; ils la suppriment ; elle n’existe pas pour eux. Ils ne voient pas une humanité qui se développe par une progression historique et vivante et produit enfin une société normale, mais un système social sorti d’une tête de mathématicien et qui doit organiser, en un clin d’oeil, la société, la rendre juste et parfaite avant tout processus historique ; d’où leur haine instinctive pour l’histoire.''' Ils disent : “C’est un ramassis d’horreurs et d’absurdités” et tout s’explique immanquablement par l’absurdité ; d’où également leur haine de ce processus vivant qu’est l’existence ; pas besoin d’âme vivante, car l’âme vivante a ses exigences, elle n’obéit pas aveuglément à la mécanique, une âme vivante est méfiante, elle est rétrograde et celle qu’ils veulent peut puer la charogne, être faite de caoutchouc, en revanche elle est morte, dénuée de volonté ; c’est un esclave qui n’ira jamais se révolter et il en résulte que tout leur système est établi sur une superposition de briques : par la manière de disposer les corridors et les pièces d’un phalanstère ! Ce phalanstère, il est prêt, mais c’est la nature humaine qui ne l’est point ; elle veut encore vivre, traverser tout le processus de la vie avant de s’en aller au cimetière. La logique ne suffit pas à permettre ce saut par-dessus la nature. La logique ne prévoit que trois cas quand il y en a un million. Ce million, le supprimer et ramener tout à l’unique question du confort ! Voilà la solution la plus facile du problème. Une solution d’une clarté séduisante et qui rend toute réflexion inutile, voilà l’essentiel. Tout le mystère de la vie tient dans deux feuilles d’impression... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|année d'origine=1866&lt;br /&gt;
|traducteur=Doussia Ergaz&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1950&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070392537&lt;br /&gt;
|page=272}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je n’admettrai pas que le couronnement de mes désirs puisse être une maison en briques avec logements à bon marché loués à bail pour mille ans et portant l’enseigne du dentiste Wagenheim. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=165}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souffrance ! mais c’est l’unique cause de la conscience ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=163}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il est indiscutable que l’homme aime beaucoup construire et tracer des routes ; mais comment se fait-il donc qu’il aime aussi passionnément la destruction et le chaos ?''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=160}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mais l’homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu’il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=146}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Envoie-moi le Coran. La ''Critique de raison pure'' de Kant et, si tu es en mesure de le faire de façon non officielle, envoie-moi sans faute ''Hegel'', notamment son ''Histoire de la philosophie''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je nourris aujourd’hui nombre de besoins et d’espoirs qui, jamais, ne m’avaient effleuré. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Frère, il est au monde beaucoup de nobles gens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''si quelqu’un me prouvait que le Christ est hors de la vérité, et que la vérité fût réellement hors du Christ, je voudrais plutôt rester avec le Christ qu’avec la vérité.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nathalie Fonvizine, trad. Anne Coldefy-Faucard, Fin janvier-20 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] on aurait dit que le temps pour moi était arrêté, qu’une seule sensation, un seul sentiment devait depuis ce moment demeurer en moi à perpétuité, qu’une seule minute devait se prolonger toute une éternité, bref que toute vie était suspendue pour moi... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=86}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais où sont donc tes rêves ? [...] Qu’as-tu donc fait de tes années? où as-tu enterré ton meilleur temps ? As-tu vécu, oui ou non ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=64-65}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vous sentez qu’à la fin elle se fatigue, s’épuise dans une perpétuelle tension, cette inépuisable fantaisie, parce que vous grandissez, vous dépassez votre idéal ancien : il s’effrite en poussière, il tombe en ruine, et s’il n’y a pas d’autre vie, il faut donc la construire avec ces mêmes ruines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je n’ai qu’une visée : être libre. J’y sacrifie tout. Mais souvent, souvent, je pense à ce que m’apportera la liberté... Que ferai-je, seul parmi la foule inconnue ?''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 16 août 1839&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations sur Fiodor Dostoïevski ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Seule la Russie, étant encore à l’époque du Moyen Âge, a pu produire plus facilement un homme doué de la puissance mystique et raisonnable du Moyen Âge : Dostoïevski. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Drieu la Rochelle&lt;br /&gt;
|titre=Notes pour comprendre le siècle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1941&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=2020&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, l’Europe occidentale, précipitée dans le rythme d’un processus catastrophique, se tourne vers Dostoïevski ; elle est plus capable de le comprendre. Par la volonté du destin, elle est sortie de cet état de consentement de soi, d’essence bourgeoise, où, jusqu’à la catastrophe de la guerre mondiale, elle espérait visiblement demeurer toujours. La société européenne s’est maintenue très longtemps aux lisières de l’être et s’est contentée d’une existence extérieure. Elle voulait s’établir jusqu’à la consommation des siècles à la surface de la terre. Mais, dans cette Europe ainsi bourgeoisement organisée, le sous-sol de la terre s’est révélé volcanique : les peuples européens se sont découvert une profondeur spirituelle. [...] Ainsi la valeur de Dostoïevski est si grande qu’il suffit au peuple russe de le nommer pour justifier son existence dans le monde. Dostoïevski témoignera pour lui au Jugement Dernier des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=286-287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanitarisme irresponsable nie le mal, parce qu’il nie la personnalité, et Dostoïevski a lutté contre l’humanitarisme au nom de l’homme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si la fondation de Pétersbourg a été le premier acte de l’Antéchrist, l’autodestruction de la société formée par Pétersbourg en est le second : tel doit être le sentiment intérieur de la paysannerie. [...] Le vrai Russe est un disciple de Dostoïewski, bien qu’il ne le lise pas, bien que ''et parce qu’il'' ne sait même pas lire. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Oswald Spengler]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Déclin de l’Occident&lt;br /&gt;
|année d'origine=1918-1922&lt;br /&gt;
|traducteur=Mohand Tazerout&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1948&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070260478&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=180}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il m’est arrivé avec Dostoïevski la même chose qu’autrefois avec Stendhal : le contact le plus accidentel, un livre que l’on feuillette dans une librairie, tout vous est inconnu jusqu’au nom — et soudain votre instinct vous dit que vous avez rencontré là un proche parent... ''La Maison des morts'' et un des livres les plus humains qui soit. Mais le libre que j’ai lu d’abord… c’est l’''Esprit souterrain'', il se compose de deux nouvelles : la première est une sorte de musique inconnue, la seconde — un véritable coup de génie psychologique — poursuit de ses sarcasmes impitoyables le γνῶθι, mais avec tant d’audace et de satisfaction désinvoltes révélant une force supérieure, que cette lecture m’atout à fait enivré de plaisir... Du reste je constate déjà que la jeune génération des romanciers parisiens est tyrannisée par son influence et la jalousie qu’elle éprouve à l’égard  Dostoïevski (par exemple Paul Bourget) [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— [[Friedrich Nietzsche]], Lettre à Peter Gast, 7 mars 1887&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe n’a aucun écrivain vivant, parmi les jeunes, à mettre en balance avec deux ou trois romanciers de génie qui périssent actuellement de misère, dans le cachot volontaire de leur probité d’artistes. '''La mort de Dostoïewsky a fait l’universel silence''' autour de Paris [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Léon Bloy]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Désespéré&lt;br /&gt;
|année d'origine=1887&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080712561&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Dostoievski, Fiodor}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fiodor_Dosto%C3%AFevski&amp;diff=46053</id>
		<title>Fiodor Dostoïevski</title>
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		<updated>2026-07-31T16:51:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Fiodor Dostoïevski 2|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Regardez tous ces gens qui se dressent au-dessus du peuple chrétien, n’ont-ils pas altéré l’image de Dieu et sa vérité ? Ils ont la science assujettie aux sens. Quant au monde spirituel, la moitié supérieure de l’être humain, on le repousse, on le bannit allègrement, même avec haine. Le monde a proclamé la liberté [...] ; mais que représente cette liberté ! Rien que l’esclavage et le suicide ! Car le monde dit : “Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands, et les riches. Ne crains pas donc pas de les assouvir, accrois-les même” ; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins ? Chez les riches, la ''solitude'' et le suicide ''spirituel'' ; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. '''On assure que le monde, en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s’unira toujours davantage, que la fraternité régnera. Hélas ! Ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l’accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d’habitudes et d’imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s’envier mutuellement, pour la sensualité et l’ostentation'''. [...] quant aux pauvres, l’inassouvissement des besoins et de l’envie sont pour le moment noyés dans l’ivresse. Mais bientôt, au lieu de vin, ils s’enivreront de sang, c’est le but vers lequel on les mène. Dites-moi si un tel homme est libre. Un “champion de l’idée” me racontait un jour qu’étant en prison on le priva de tabac et que cette privation lui fut si pénible qu’il faillit trahir son “idée” pour en obtenir. Or cet individu prétendait “lutter pour l’humanité”. De quoi peut-il être capable ? Tout au plus d’un effort momentané, qu’il ne soutiendra pas longtemps. Rien d’étonnant à ce que les hommes aient rencontré la servitude au lieu de la liberté, et qu’au lieu de servir la fraternité et l’union ils soient tombés dans la désunion et la solitude [...]. Aussi le dévouement à l’humanité, de la fraternité, de la solidarité disparaît-elle graduellement dans le monde ; en réalité, on l’accueille même avec dérision, car comment se défaire de ses habitudes, où ira ce prisonnier des besoins innombrables par lui inventés ? Dans la solitude, il se soucie fort peu de la collectivité. En fin de compte, les biens matériels se sont accrus et la joie a diminué. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=425-426}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des siècles passeront et l’humanité proclamera par la bouche de ses savants et de ses sages qu’il n’y a pas de crimes, et, par conséquent, pas de péché ; qu’il n’y a que des affamés. “Nourris-les, et alors exige d’eux qu’ils soient “vertueux” ! Voilà ce qu’on inscrira sur l’étendard de la révolte qui abattra ton temple. À sa place '''un nouvel édifice s’élèvera, une seconde tour de Babel, qui restera sans doute inachevée, comme la première ; mais tu aurais pu épargner aux hommes cette nouvelle tentative et mille ans de souffrance.''' Car ils viendront nous trouver, après avoir peiné mille ans à bâtir leur tour ! [...] Aucune science ne leur donnera du pain, tant qu’ils demeureront libres, mais ils finiront par la déposer à nos pieds, cette liberté, en disant : “Réduisez-nous plutôt en servitude, mais nourrissez-nous.” »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=352-353}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce n’est pas l’Église qui se convertit en État, notez-le bien, cela c’est Rome et son rêve, c’est la troisième tentation diabolique. Au contraire c’est l’État qui se convertit en Église, qui s’élève jusqu’à elle et devient une Église sur la terre entière''', ce qui est diamétralement opposé à Rome, à l’ultramontanisme, à votre interprétation, et n’est que la mission sublime réservée à l’orthodoxie dans le monde. C’est en Orient que cette étoile commencera à resplendir. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=114}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier, comme individus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=101-102}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a pas de péché sur la terre que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement. L’homme ne peut pas commettre de péché capable d’épuiser l’amour infini de Dieu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le socialisme, ce n’est pas seulement la question ouvrière ou celle du quatrième état, mais c’est surtout la question de l’athéisme, de son incarnation contemporaine, la question de la tour de Babel, qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux de la terre, mais pour abaisser les cieux jusqu’à la terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=61-62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le christianisme est l’unique refuge de la Terre Russe contre tous ses maux.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Lioubimov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 11 juin 1879&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''En Europe nous avons été des ramasse-miettes et des esclaves, en Asie nous serons des seigneurs. En Europe nous avons été des Tatars, en Asie nous serons à notre tour des Européens.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1462}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe « nous méprise secrètement et publiquement, elle nous regarde comme inférieurs  en tant qu’hommes, en tant que race, et parfois nous les dégoûtons littéralement, nous les dégoûtons absolument, surtout lorsque nous nous jetons à leur cou et les embrassons fraternellement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1460}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas dans le communisme, ce n’est pas dans des formes mécaniques que résite le socialisme du peuple russe : il croit fermement qu’il ne sera sauvé à la fin des fins que par ''l’union universelle au nom du Christ''. Voilà notre socialisme russe ! C’est bien de la présence dans le peuple russe de cette haute idée d’union dans une “Église” que vous vous moquez, messieurs nos Européens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1436-1437}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Oui, la destination de l’homme russe est sans conteste paneuropéenne et universelle.''' Être un vrai Russe, être pleinement russe, cela ne signifie peut-être pas autre chose [...] que d’être le frère de tous les hommes, d’être ''citoyen du monde'' si vous voulez. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|section=Discours sur Pouchkine prononcé à la séance solennelle de la Société des Amis de la littérature russe de l’Université impériale de Moscou, 8 juin 1880&lt;br /&gt;
|page=1372}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Question d’Orient, c’est essentiellement celle du destin de l’Orthodoxie. Le destin de l’Orthodoxie est indissolublement lié à la mission de la Russie. Qu’est-ce que le destin de l’Orthodoxie ? Le catholicisme romain, qui a depuis longtemps vendu le Christ pour le pouvoir temporel, qui a détourné de soi l’humanité et qui s’est fait ainsi le responsable principal du matérialisme et de l’athéisme en Europe, ce catholicisme romain a tout naturellement engendré en Europe le socialisme. Car le socialisme a pour objectif de décider du sort de l’humanité non selon le Christ, mais en dehors de Dieu et en dehors du Christ, et il devait tout naturellement naître en Europe, sur les ruines du principe chrétien, à mesure que celui-ci se dénaturait et s’abolissait dans l’Église catholique même. L’image du Christ ainsi perdue s’est conservée dans toute sa lumineuse pureté dans l’Orthodoxie. C’est d’Orient qu’à l’encontre du socialisme en marche sera lancée au monde la parole nouvelle qui peut-être apportera le salut à l’humanité européenne. Voilà la mission de l’Orient, voilà en quoi consiste pour la Russie la Question d’Orient. Je sais que que nombreux seront ceux qui qualifieront cette façon de voir d’illuminisme, mais N. Y. Danilevski, lui est plus qu’à même de comprendre ce que je dis. Mais pour accomplir cette mission la Russie a besoin de Constantinople en tant que centre du monde oriental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274-1275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie, régnant sur Constantinople, sera précisément comme la gardienne de la liberté de tous les Slaves et de ''toutes les nationalités orientales'' sans faire de distinction entre celles-ci et les Slaves. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les pères d’aujourd’hui n’ont rien qui leur soit commun, ai-je dit, rien qui les lie l’un à l’autre. Pas de grande pensée (elle s’est perdue), pas de grande foi dans leurs cœurs en une telle pensée. Or cette foi-là seule est de nature à mettre ''de la beauté'' dans les souvenirs des enfants [...]. Sans un rudiment de positif et de beau l’homme ne peut pas entrer dans la vie au sortir de l’enfance, sans un rudiment de positif et de beau on ne saurait lancer une génération sur sa route. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1092}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Allemagne «  a protesté durant deux millénaires entiers contre ce monde, et bien qu'il n'ait pas proposé (et ne propose toujours pas) “sa” Parole, son idéal strictement formulé pour supplanter l'Idée de la Rome antique, il a toujours été convaincu, semble-t-il, au fond de lui-même, qu’il est capable de proposer cette Parole Nouvelle et d’entraîner derrière lui l’humanité. Il s’est battu contre le monde romain dès le temps d’Arminius, puis, au temps du Saint-Empire, il a plus que quiconque disputé le pouvoir suprême à la nouvelle Rome. Enfin il a élevé la protestation la plus vigoureuse et la plus puissante, en tirant la formule nouvelle de sa protestation, cette fois, des fondements proprement spirituels, élémentaires du germanisme : il a proclamé la liberté d’examen et levé l’étendard de Luther. La rupture a été terrible et de portée mondiale, la formule de protestation était trouvée et réalisé, encore qu’elle restât négative et que la Parole nouvelle et ''positive'' ne fût toujours pas dite. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1051-1052}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mieux vaut tirer l’épée une fois que de souffrir sans fin.''' Et en quoi la paix actuelle entre les nations civilisées vaut-elle mieux que la guerre ? Au contraire, c’est plutôt la paix, une trop longue paix, qui rend l’homme féroce et dur, et non la guerre. Une longue paix engendre toujours la cruauté, la lâcheté, un égoïsme grossier, repu, et surtout la stagnation intellectuelle. Une longue paix n’engraisse que les exploiteurs des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=971}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est donc pas en vain tout de même que de toutes parts là-bas les Israélites règnent sur la Bourse, ce n’est pas en vain qu’ils sont les maîtres du crédit et ce n’est pas pour rien, je le répète, qu’ils dominent aussi toute la politique internationale, et ce que réserve l’avenir, les Israélites, eux, le savent : c’est leur règne qui approche, leur règne total ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=952}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] tout le monde en Europe se moque de nous, et [...] les meilleurs Russes, et incontestablement intelligents, sont regardés en Europe avec une hautaine condescendance. Cette hautaine condescendance, même l’émigration hors de Russie ne les en a pas sauvés, j’entends l’émigration politique et le plus complet reniement de la Russie. Les Européens ne veulent à aucun prix nous considérer comme des leurs, en aucun cas et quoi que nous sacrifiions : ''Grattez'', disent-ils, ''le Russe et vous verrez le Tartare'', et ils en sont toujours là : nous sommes passés chez eux en proverbe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cependant nous ne pouvons absolument pas renier l’Europe. L’Europe nous est une seconde patrie, et je suis le premier à le confesser passionnément et l’ai toujours confessé. ''À tous'' l’Europe nous est ''presque'' aussi chère que la Russie ; elle englobe toute la race de Japhet, or notre Idée c’est l’union de toutes les nations de cette race, et même au-delà, bien au-delà, jusqu’à Sem et Cham. Que faire donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun devienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesser de mépriser son propre peuple. Et dès que l’Européen verra que nous commençons à respecter notre peuple et notre nationalité, il commencera lui aussi tout de suite à nous respecter. Et de fait : plus serait vigoureux et autonome notre développement dans notre esprit national, plus serait fort et proche notre écho dans l’âme européenne, et, assortis à elle, nous lui deviendrions tout de suite plus compréhensibles. Alors ils ne se détourneraient plus hautainement de nous, et ils nous écouteraient. Nous aurons tout de suite aussi une autre allure. Devenus nous-mêmes, nous prendrons enfin figure d’hommes, et non de singes. Nous aurons l’aspect d’un être libre, et non d’un esclave, non d’un laquais, non d’un Potouguine ; on nous regardera alors comme des hommes, et non pas comme des touche-à-tout internationaux, non pas comme des “hurluberlus” de l’européisme, du libéralisme et du socialisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=862-864}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun vienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesse de mépriser son propre peuple. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=863}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] je déclare (et encore une fois, ''pour le moment'', sans preuves) que l’amour de l’humanité n’est même pas concevable, compréhensible ''ni possible sans foi concomitante en l’immortalité de l’âme humaine''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=814}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les Gavroches ne sont plus des Français, mais le plus remarquable est que ceux d’en haut, — oui, ceux qui naissent possédants, [...] eux aussi, en somme, ne sont pas des Français. Du moins est-ce que j’ose affirmer ; si bien que les deux extrêmes et les deux contraires se touchent. Et voilà un premier résultat : la France commence à cesser d’être la France. [...] Je sais, il se trouvera des gens pour dire tant mieux : plus de Français, il reste des hommes. Mais sont-ce bien des hommes ? Des hommes, admettons, mais de futurs sauvage, qui avaleront l’Europe. Cela nous prépare petit à petit, mais assurément et infailliblement, une future tourbe dépourvue de sentiment. Que cette génération dégénère physiquement, se débilite, se pourrit, cela ne fait plus, à mon sens, aucun doute. Or le physique traîne après lui le moral. Ce sont les fruits du règne de la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=655-656}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il me semble, qu’il doit exister une loi naturelle, dans les peuples et les nationalités, selon laquelle chaque homme doit de préférence rechercher et aimer les femmes de son peuple et de sa nationalité''' [...]. Si l’homme se met à placer les femmes des autres nations plus haut que les siennes et à se laisser séduire par elles, alors vient le temps de la désagrégation de ce peuple et de l’ébranlement de sa nationalité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=647}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus grande des plus grandes vocations dont les Russes ont pris conscience pour leur avenir, c’est leur vocation universellement humaine, c’est le service universel de l’humanité, non pas de la Russie seule, mais de toute l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous autres Russes avons deux patries : notre Russie et l’Europe, même lorsque nous nous qualifions de slavophiles. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=563-564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est presque avec certitude qu’on peut dire que dans l’avenir peut-être le plus proche la Russie se révélera la plus forte de tous en Europe. Cela résultera du fait qu’en Europe toutes les grandes puissances seront réduites à rien, et par une cause fort simple : elles seront toutes épuisées et minées par les aspirations démocratiques insatisfaites d’une énorme partie de leurs sujets des classes inférieures, de leurs prolétaires et indigents. En Russie, cela ne peut absolument pas se produire : notre ''dèmos'' est content, et plus ira plus ils sera satisfait, car tout va dans ce sens, par une disposition ou mieux un ''consensus'' général. Et c’est pourquoi '''il ne restera qu’un colosse sur le continent européen : la Russie. Cela surviendra peut-être même beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. L’avenir de l’Europe appartient à la Russie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=506-507}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est notoire que l’Europe ne nous aime pas et ne nous a jamais aimés ; jamais elle ne nous a considérés comme siens, comme Européens, et toujours comme d’indésirables intrus. Voilà pourquoi elle aime tant se conforter le cas échéant de l’idée que la Russie est “pour le moment impuissante”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=505}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est à notre porte [...] que viendra frapper l’Europe, et qu’elle nous criera de venir à son secours quand sonnera la dernière heure de son “ordre actuel de choses”. Et elle exigera notre secours comme un droit, elle l’exigera sur le ton du défi et du commandement, elle nous dira que nous sommes aussi l’Europe, que par conséquent nous avons exactement le même “ordre de chose” qu’elle, que ce ne doit pas être pour rien que depuis deux siècles nous l’avons imitée et nous nous sommes vantés d’être des Européens, et qu’en sauvant l’Europe nous nous sauvons donc nous-mêmes. Certes, nous ne serions peut-être pas très disposés à trancher l’affaire au profit d’une seule des parties, mais serons-nous de force pour une telle tâche, et n’avons-nous pas perdu depuis longtemps l’habitude de toute réflexion sur ce qui doit constituer notre véritable “particularisation” comme nation et notre véritable rôle en Europe ? Non seulement nous ne comprenons pas, à l’heure qu’il est, ce genre de problèmes, mais nous n’admettons même pas qu’on les pose, et nous considérons comme sottise et comme arriération de notre part d’y prêter l’oreille. Et si, effectivement, '''l’Europe vient à frapper à notre porte pour nous demander de nous lever pour la sauvegarde de son ''Ordre''''', alors peut-être comprendrons-nous pour la première fois enfin, tous et d’un seul coup, à quel point nous avons toujours été différents de l’Europe, en dépit de ce désir et de ce rêve deux fois séculaires — devenir une Europe — que nous avons nourris jusqu’à des transports si passionnés. Et peut-être bien, même alors, ne comprendrons-nous pas, car il sera trop tard. Mais dans ce cas nous ne comprendrons pas non plus, bien entendu, quel besoin l’Europe aura de nous, ce qu’elle nous demandera et en quoi nous pourrions réellement l’aider. Et n’irons-nous pas au contraire mettre à la raison l’ennemi de l’Europe et de son ordre, nous aussi, par le sang et par le fer, tout comme le prince de Bismarck ? Oh, alors, dans l’hypothèse d’un pareil exploit, nous pourrions sans crainte nous féliciter nous-mêmes d’être ''pleinement européens''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=460-461}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] le catholicisme romain a déjà pris de bien autres virages : une fois, quand il l’a fallu, il a sans hésiter vendu le Christ pour le pouvoir temporel. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant perdu l’alliance des monarques, le catholicisme va sans aucun doute se jeter vers le ''dèmos''. Il dispose de dizaines de milliers de séducteurs sages et adroits, psychologues et connaisseurs du cœur humain, dialecticiens et confesseurs, et le peuple est partout et toujours candide et bon. [...] Tous ces connaisseurs du cœurs et de l’âme vont se lancer dans le peuple et lui apporter un Christ nouveau, prêt à tout accepter, le Christ qu’a annoncé l’impie récent Concile du Vatican.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le catholicisme se lancera dans la démocratie, dans le peuple, et qu’il abandonnera les monarques de la terre pour la peine de l’avoir eux-mêmes abandonné. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=456-459}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''en nous qualifiant ''fièrement'' d’Européens, nous avons par là même renié notre essence russe.''' Honteux et effrayés d’avoir autant de retard sur l’Europe dans notre développement intellectuel et scientifique, nous avons oublié que dans les profondeurs et les tâches de l’esprit russe, nous recelions nous-même, en tant que Russes, la faculté, peut-être, d’apporter au monde une lumière nouvelle, à la condition de préserver l’originalité de notre développement. Dans l’enthousiasme que nous mettions à notre propre humiliation, nous avons oublié la plus intangible des lois historiques, à savoir que sans un pareil ''orgueil'' de notre propre valeur mondiale en tant que nation, jamais nous ne pourrions être une grande nation et laisser après nous un petit quelque chose d’original pour le bien de l’humanité tout entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Alexandre Romanov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 10 février 1873&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’homme a besoin non pas tant de son propre bonheur que de savoir et de croire à chaque instant qu’il existe déjà quelque part un bonheur absolu et une paix pour tous et pour tout... Toute la loi de l’existence humaine consiste en la possibilité pour l’homme de s’incliner devant quelque chose d’infiniment grand.''' Si l’on prive les hommes de cet infiniment grand, ils refuseront de vivre et mourront dans le désespoir. L’infini, l’absolu est aussi indispensable à l’homme que cette petite planète où il vit... Mes amis, tous, tous ! Vive la Grande Pensée ! La Pensée éternelle, infinie ! Il est indispensable à tout homme, quel qu’il soit, de s’incliner devant la Grande Pensée. L’homme le plus bête a besoin de quelque chose de grand. Pétroucha... Oh ! comme je voudrais les revoir tous ! Ils ne savent pas, ils ne savent pas qu’ils renferment en eux, eux aussi, cette Grande Pensée, cette Pensée éternelle ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=940-941}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Jusqu’ici l’homme n’a fait qu’inventer Dieu pour vivre sans se tuer ; voilà toute l’histoire du monde jusqu’à nos jours !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=880}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous vos efforts doivent tendre à ce que tout s’écroule, l’État et sa morale. Nous resterons seuls debout, nous qui nous sommes préparés depuis longtemps à prendre le pouvoir en main. Nous nous annexerons les gens intelligents, et pour ce qui est des imbéciles, nous monterons sur leur dos. Cela ne doit pas vous troubler. Il nous faudra rééduquer la génération actuelle pour la rendre digne de la liberté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=865-866}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Partant de la liberté illimitée, j’aboutis au despotisme illimité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=586}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple n’est un peuple que tant qu’il possède son propre Dieu, son Dieu à lui, et nie sans admettre nul compromis tous les autres Dieux, tant qu’il croit que grâce à son Dieu, il triomphera de tous les autres Dieux et les chassera. Telle était précisément la foi de tous les grands peuples, de tous les peuples du moins qui ont joué un certain rôle dans l’histoire et ont marché à la tête de l’humanité. Impossible de lutter contre les faits. Les juifs n’ont vécu que pour attendre le vrai Dieu, et on légué au monde le vrai Dieu. Les Grecs ont divisé la nature et on légué au monde leur religion, c’est-à-dire la philosophie et la science. Rome a divinisé le peule dans l’État et a légué aux peuples l’idée de l’État. La France, incarnation du Dieu romain, n’a fait, tout au long de son histoire, que développer l’idée de ce Dieu romain, et si elle a fini par le jeter à bas et s’est précipité elle-même dans l’athéisme, qui s’intitule là-bas provisoirement socialisme, c’est uniquement parce que l’athéisme est, malgré tout, plus sain encore que le catholicisme romain. '''Si un grand peuple cesse de croire qu’il est le seul capable, grâce à sa vérité, de rénover et de sauver les autres peuples, il cesse aussitôt d’être un grand peuple et devient une simple matière ethnographique. Un peuple vraiment grand ne se contentera jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité, ni même d’un rôle de premier plan : ce qu’il lui faut, c’est la toute première place, le rôle unique. Le peuple qui perd cette foi, n’est plus un peuple. Cependant la vérité est une, et, par conséquent, parmi tous les peuples il n’y en a qu’un qui détienne le vrai Dieu, si puissants que soient les Dieux des autres peuples. Le seul peuple  “théophore” est le peuple russe [...].''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=379-380}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Quand les peuples commencent à avoir des dieux communs, c’est signe de mort pour ces peuples. Quand les Dieux deviennent communs à plusieurs peuples, les Dieux meurent, ainsi que les peuples et leur foi.''' Plus un peuple est fort, plus son Dieu diffère des autres Dieux. Jamais encore, il n’y eut de peuple sans religion, c’est-à-dire sans notion du bien et du mal. Chaque peuple possède sa propre notion du bien et du mal, son propre bien et son propre mal. Quand plusieurs peule mettent en commun leurs notion du bien et du mal, alors ces peuples tombent en décadence, alors la distinction même entre le bien et le mal s’efface et disparaît. Jamais la raison n’a été et me sera capable de définir le bien et le mal ou même de séparer le mal du bien, ne fût-ce qu’approximativement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=378}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« — Celui qui enseignera aux hommes qu’ils sont tous bons, celui-là terminera l’histoire du monde.&lt;br /&gt;
— Celui qui l’enseigna, on l’a crucifié.&lt;br /&gt;
— Il viendra et son nom sera le Dieu-Homme.&lt;br /&gt;
— L’Homme-Dieu ?&lt;br /&gt;
— Le Dieu-Homme, c’est en cela qu’est la différence. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=360}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Notre libéral russe est, avant tout, un laquais, toujours en quête de bottes à cirer. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=221}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un homme nouveau viendra, heureux et fier. Celui auquel il sera indifférent de vivre ou de ne pas vivre, celui-là sera l’homme nouveau. Celui qui vaincra la souffrance et la terreur, celui-là sera lui-même Dieu. Quant à l’autre Dieu, il ne sera plus. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Celui qui vaincra la souffrance et la peur, sera lui-même Dieu. Alors commencera une vie nouvelle, alors paraîtra l’homme nouveau. Tout sera nouveau...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=189}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai observé, me glissa un jour Stépane Trophimovitch, que tous ces socialistes enragés et ces communistes sont en même temps des êtres avares, et ont des âmes d’acquéreurs, de propriétaires, si bien que plus ils sont socialistes, plus ils se montrent avides. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=136}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Non seulement vous ne connaissiez pas le peuple, mais vous n’aviez pour lui que le plus abominable mépris, parce que le peuple pour vous c’était uniquement le peuple français, et même les seuls Parisiens, et vous étiez honteux de ce que le peuple russe ne leur ressemblât pas. C’est la vérité pure. Or '''celui qui n’a point de peuple, n’a point de Dieu.''' Sachez que tous ceux qui cessent de comprendre leur peuple, et n’ont plus de contact avec lui, perdent dans la même mesure la foi de leurs pères, et deviennent des athées ou des indifférents. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=82}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''[...] l’Occident a perdu le Christ (par la faute du catholicisme), c’est pour cela qu’il chute, uniquement pour cela.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Strakhov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 18 (30) mai 1871&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Toute la mission de la Russie réside dans l’orthodoxie, dans ''la lumière venue d’Orient'' qui ruissellera sur l’humanité aveugle d’Occident, laquelle a perdu le Christ.''' Tout le malheur de l’Europe, tout, tout, sans exception aucune, vient de ce qu’avec l’Église de Rome, ils ont perdu le Christ, puis décidé qu’ils s’en passeraient. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 9 (21) octobre 1870&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le cercle de l’avenir russe s’élargit, la pensée est fondée non seulement d’un grand État mais de tout un monde nouveau, destiné à rénover le christianisme par l’idée orthodoxe panslave et à apporter à l’humanité une pensée nouvelle lorsque l’Occident commencera à pourrir''' ; or il pourrira quand le pape aura définitivement mutilé le Christ et par là même engendré l’athéisme dans l’humanité occidentale souillée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 15 (27) mai 1869&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ah ! soyez certains que '''ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir que Colomb a été heureux'''. Soyez persuadés que le moment culminant de son bonheur s’est peut-être placé trois jours avant la découverte du Nouveau Monde, lorsque l’équipage au désespoir s’est rebellé et a été sur le point de faire demi-tour pour revenir en Europe. Il ne s’agissait pas ici du Nouveau Monde, qui aurait pu s’effondrer. Colomb est mort l’ayant a peine vu et sans savoir, au fond, ce qu’il avait découvert. Ce qui compte, c’est la vie, la vie seule [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que la “beauté” sauverait le monde ? Messieurs, s’écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que '''la beauté sauvera le monde !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=464}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Elle est connue : le crime est une protestation contre une organisation sociale anormale ; voilà tout et rien de plus et ils n’admettent aucune autre raison, pas une...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— En voilà une erreur ! cria Porphyre Petrovitch. Il s’animait peu à peu et riait en regardant Rasoumikhine dont l’emballement ne faisait que croître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ils n’admettent pas une autre cause, l’interrompit Rasoumikhine avec feu. Je ne me trompe pas ; je te montrerai leurs livres ; je te montrerai qu’ils disent : “tel individu a été perdu par son milieu” et c’est tout ; c’est leur phrase favorite. D’où la conclusion que si la société était organisée de façon normale, il n’y aurait plus de crimes car on n’aurait plus à protester et tous les hommes deviendraient des “justes”. '''Ils ne prennent pas en considération la nature ; ils la suppriment ; elle n’existe pas pour eux. Ils ne voient pas une humanité qui se développe par une progression historique et vivante et produit enfin une société normale, mais un système social sorti d’une tête de mathématicien et qui doit organiser, en un clin d’oeil, la société, la rendre juste et parfaite avant tout processus historique ; d’où leur haine instinctive pour l’histoire.''' Ils disent : “C’est un ramassis d’horreurs et d’absurdités” et tout s’explique immanquablement par l’absurdité ; d’où également leur haine de ce processus vivant qu’est l’existence ; pas besoin d’âme vivante, car l’âme vivante a ses exigences, elle n’obéit pas aveuglément à la mécanique, une âme vivante est méfiante, elle est rétrograde et celle qu’ils veulent peut puer la charogne, être faite de caoutchouc, en revanche elle est morte, dénuée de volonté ; c’est un esclave qui n’ira jamais se révolter et il en résulte que tout leur système est établi sur une superposition de briques : par la manière de disposer les corridors et les pièces d’un phalanstère ! Ce phalanstère, il est prêt, mais c’est la nature humaine qui ne l’est point ; elle veut encore vivre, traverser tout le processus de la vie avant de s’en aller au cimetière. La logique ne suffit pas à permettre ce saut par-dessus la nature. La logique ne prévoit que trois cas quand il y en a un million. Ce million, le supprimer et ramener tout à l’unique question du confort ! Voilà la solution la plus facile du problème. Une solution d’une clarté séduisante et qui rend toute réflexion inutile, voilà l’essentiel. Tout le mystère de la vie tient dans deux feuilles d’impression... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|année d'origine=1866&lt;br /&gt;
|traducteur=Doussia Ergaz&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1950&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070392537&lt;br /&gt;
|page=272}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je n’admettrai pas que le couronnement de mes désirs puisse être une maison en briques avec logements à bon marché loués à bail pour mille ans et portant l’enseigne du dentiste Wagenheim. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=165}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souffrance ! mais c’est l’unique cause de la conscience ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=163}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il est indiscutable que l’homme aime beaucoup construire et tracer des routes ; mais comment se fait-il donc qu’il aime aussi passionnément la destruction et le chaos ?''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=160}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mais l’homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu’il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=146}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Envoie-moi le Coran. La ''Critique de raison pure'' de Kant et, si tu es en mesure de le faire de façon non officielle, envoie-moi sans faute ''Hegel'', notamment son ''Histoire de la philosophie''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je nourris aujourd’hui nombre de besoins et d’espoirs qui, jamais, ne m’avaient effleuré. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Frère, il est au monde beaucoup de nobles gens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''si quelqu’un me prouvait que le Christ est hors de la vérité, et que la vérité fût réellement hors du Christ, je voudrais plutôt rester avec le Christ qu’avec la vérité.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nathalie Fonvizine, trad. Anne Coldefy-Faucard, Fin janvier-20 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] on aurait dit que le temps pour moi était arrêté, qu’une seule sensation, un seul sentiment devait depuis ce moment demeurer en moi à perpétuité, qu’une seule minute devait se prolonger toute une éternité, bref que toute vie était suspendue pour moi... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=86}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais où sont donc tes rêves ? [...] Qu’as-tu donc fait de tes années? où as-tu enterré ton meilleur temps ? As-tu vécu, oui ou non ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=64-65}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vous sentez qu’à la fin elle se fatigue, s’épuise dans une perpétuelle tension, cette inépuisable fantaisie, parce que vous grandissez, vous dépassez votre idéal ancien : il s’effrite en poussière, il tombe en ruine, et s’il n’y a pas d’autre vie, il faut donc la construire avec ces mêmes ruines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits blanches&lt;br /&gt;
|année d'origine=1848&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je n’ai qu’une visée : être libre. J’y sacrifie tout. Mais souvent, souvent, je pense à ce que m’apportera la liberté... Que ferai-je, seul parmi la foule inconnue ?''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 16 août 1839&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations sur Fiodor Dostoïevski ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Seule la Russie, étant encore à l’époque du Moyen Âge, a pu produire plus facilement un homme doué de la puissance mystique et raisonnable du Moyen Âge : Dostoïevski. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Drieu la Rochelle&lt;br /&gt;
|titre=Notes pour comprendre le siècle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1941&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=2020&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, l’Europe occidentale, précipitée dans le rythme d’un processus catastrophique, se tourne vers Dostoïevski ; elle est plus capable de le comprendre. Par la volonté du destin, elle est sortie de cet état de consentement de soi, d’essence bourgeoise, où, jusqu’à la catastrophe de la guerre mondiale, elle espérait visiblement demeurer toujours. La société européenne s’est maintenue très longtemps aux lisières de l’être et s’est contentée d’une existence extérieure. Elle voulait s’établir jusqu’à la consommation des siècles à la surface de la terre. Mais, dans cette Europe ainsi bourgeoisement organisée, le sous-sol de la terre s’est révélé volcanique : les peuples européens se sont découvert une profondeur spirituelle. [...] Ainsi la valeur de Dostoïevski est si grande qu’il suffit au peuple russe de le nommer pour justifier son existence dans le monde. Dostoïevski témoignera pour lui au Jugement Dernier des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=286-287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanitarisme irresponsable nie le mal, parce qu’il nie la personnalité, et Dostoïevski a lutté contre l’humanitarisme au nom de l’homme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si la fondation de Pétersbourg a été le premier acte de l’Antéchrist, l’autodestruction de la société formée par Pétersbourg en est le second : tel doit être le sentiment intérieur de la paysannerie. [...] Le vrai Russe est un disciple de Dostoïewski, bien qu’il ne le lise pas, bien que ''et parce qu’il'' ne sait même pas lire. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Oswald Spengler]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Déclin de l’Occident&lt;br /&gt;
|année d'origine=1918-1922&lt;br /&gt;
|traducteur=Mohand Tazerout&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1948&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070260478&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=180}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il m’est arrivé avec Dostoïevski la même chose qu’autrefois avec Stendhal : le contact le plus accidentel, un livre que l’on feuillette dans une librairie, tout vous est inconnu jusqu’au nom — et soudain votre instinct vous dit que vous avez rencontré là un proche parent... ''La Maison des morts'' et un des livres les plus humains qui soit. Mais le libre que j’ai lu d’abord… c’est l’''Esprit souterrain'', il se compose de deux nouvelles : la première est une sorte de musique inconnue, la seconde — un véritable coup de génie psychologique — poursuit de ses sarcasmes impitoyables le γνῶθι, mais avec tant d’audace et de satisfaction désinvoltes révélant une force supérieure, que cette lecture m’atout à fait enivré de plaisir... Du reste je constate déjà que la jeune génération des romanciers parisiens est tyrannisée par son influence et la jalousie qu’elle éprouve à l’égard  Dostoïevski (par exemple Paul Bourget) [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— [[Friedrich Nietzsche]], Lettre à Peter Gast, 7 mars 1887&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe n’a aucun écrivain vivant, parmi les jeunes, à mettre en balance avec deux ou trois romanciers de génie qui périssent actuellement de misère, dans le cachot volontaire de leur probité d’artistes. '''La mort de Dostoïewsky a fait l’universel silence''' autour de Paris [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Léon Bloy]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Désespéré&lt;br /&gt;
|année d'origine=1887&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080712561&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Dostoievski, Fiodor}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46052</id>
		<title>Johann Gottfried von Herder</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46052"/>
		<updated>2026-07-31T16:16:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Johann Gottfried von Herder|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Qui peut, aussi peu ou tout autant qu’il en escompte, méconnaître tout à fait ''l’analogie'' qui se trouve au fondement des langues ? Puisqu’''un seul'' peuple humain habite la Terre, il n’existe qu’''une seule'' langue humaine ; et puisque cette grande espèces s’est nationalisée en autant de petits types régionaux, il n’en va pas autrement de son langage. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Traité sur l’origine des langues&lt;br /&gt;
|année d'origine=1772&lt;br /&gt;
|traducteur=Lionel Duvoy&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782844853639&lt;br /&gt;
|page=175}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ?''' Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Histoire et Culture&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=65-66}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Herder, Johann Gottfried von}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46051</id>
		<title>Johann Gottfried von Herder</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46051"/>
		<updated>2026-07-31T16:13:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Johann Gottfried von Herder|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Qui peut, aussi peu ou tout autant qu’il en escompte, méconnaître tout à fait ''l’analogie'' qui se trouve au fondement des langues ? Puisqu’''un seul'' peuple humain habite la Terre, il n’existe qu’''une seule'' langue humaine ; et puisque cette grande espèces s’est nationalisée en autant de petits types régionaux, il n’en va pas autrement de son langage. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Traité sur l’origine des langues&lt;br /&gt;
|année d'origine=1771&lt;br /&gt;
|traducteur=Lionel Duvoy&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782844853639&lt;br /&gt;
|page=175}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ?''' Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Histoire et Culture&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=65-66}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Herder, Johann Gottfried von}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fichier:Johann_Gottfried_von_Herder.jpg&amp;diff=46050</id>
		<title>Fichier:Johann Gottfried von Herder.jpg</title>
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		<updated>2026-07-31T16:13:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Citations&amp;diff=46049</id>
		<title>Citations</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Citations&amp;diff=46049"/>
		<updated>2026-07-31T16:12:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« Le contrôle des médias qui façonnent l’opinion est quasi monolithique. Tous les médias sous contrôle — télévision, radio, journaux, magazines, livres, films — parlent d’une seule et même voix, chacun renforçant l’autre. En dépit d’une variété apparente, il n’existe pas de réelle divergence de vues, pas de source alternative pour des faits ou des idées accessible à la grande masse des gens et qui pourrait leur permettre de se forger des opinions en conflit avec celles des maîtres des médias. On leur présente une seule et unique conception du monde — un monde dans lequel toutes les voix proclament l’égalité des races, la nature infaillible du récit juif de l’“Holocauste”, la méchanceté qu’il y a à essayer de contenir le flot d’étrangers non blancs qui se déverse à travers nos frontières, le danger qu’il y a à permettre aux citoyens de détenir et de porter des armes, l’équivalence morale de toutes les orientations sexuelles, et les attraits d’une société “pluraliste” et cosmopolite plutôt qu’une société homogène et blanche. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=William Luther Pierce&lt;br /&gt;
|titre=Fierté blanche&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=Akribeia&lt;br /&gt;
|année=&lt;br /&gt;
|section=Qui dirige l’amérique ?&lt;br /&gt;
|page=172-173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Anatole France, ''L’Humanité'', 18 juillet 1922&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous devenons les colonies de sa vie, de son mode de vie, les esclaves d’une idée qui nous est, à nous Européens, profondément étrangère : la mécanisation de l’existence. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=24}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''l’arôme délicat de ce que les cultures ont de singulier se volatilise de plus en plus, les couleurs s’estompent avec une rapidité sans précédent et, sous la couche de vernis craquelé, affleure le piston  couleur acier de l’activité mécanique, la machine du monde moderne.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=8-9}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] une impression tenace s’est imprimée dans mon esprit : une horreur silencieuse devant la monotonie du monde. Les modes de vie finissent par se ressembler, à tous se conformer à un schéma culturel homogène.  Les coutumes propres à chaque peuple disparaissent, les costumes s’uniformisent, les mœurs prennent un caractère de plus en plus  international. Les pays semblent, pour ainsi dire, ne plus se distinguer les uns des autres, les hommes s’activent et vivent selon un modèle unique, tandis que les villes paraissent toutes identiques. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=7-8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La race blanche est le cancer de l’Histoire humaine.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Susan Sontag, ''Partisan Review'', hiver 1967, p. 57&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il ne s’agit pas de dépasser l’Occident dans la direction que lui-même a indiquée, mais de proposer de nouvelles règles de jeu et de nouvelles priorités civilisationnelles. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses rapport avec l’Occident, la Russie doit mener une politique eurasiste, en soulignant par tous les moyens son originalité civilisationnelle et en se défendant à l’aide de formes spéciales de filtres socio-culturels, transparents pour l’information touchant aux moyens technique (au sens large, incluant l’ingénierie sociale), mais opaques ou semi-opaques pour l’informations capable d’influer directement sur la sphère axiologique, sur le système de morale et de valeurs. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexandre Panarine, ''La Russie dans le processus civilisationnel (entre l’atlantisme et l’eurasisme)'' (1994)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe est notre maison commune »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mikhaïl Gorbatchev&lt;br /&gt;
|titre=Perestroïka : vues neuves sur notre pays et le monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean Bonnefoy et William Desmond&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1987&lt;br /&gt;
|page=286}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les réformes de Pierre [le Grand] n’ont toujours pas atteint leur but. Nous sommes devenus des Européens, mais nous sommes restés nous-mêmes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Boris Eltsine&lt;br /&gt;
|titre=Sur le fil du rasoir : Mémoires&lt;br /&gt;
|année d'origine=1994&lt;br /&gt;
|traducteur=Bernadette du Crest&lt;br /&gt;
|éditeur=Albin Michel&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|page=243}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ''la Russie n’est ni en Europe ni en Asie (elle est en Russie)'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Malraux, ''Les Conquérants'' (1928, postface de 1948)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La civilisation européenne cause ainsi une inimaginable dévastation de l’âme des peuples européanisés ; elle les rend stériles du point de vue spirituel et indifférents et cyniques du point de vue moral. L’avidité démesuré pour les biens terrestres et l’arrogance pécheresse sont des attributs inévitables de cette civilisation. Elle avance inexorablement vers une nouvelle Tour de Babel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La tour de Babel et la confusion des langues&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=123-124}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’européanisation est donc un mal absolu pour tout peuple non romano-germanique [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la culture qui doit, selon les cosmopolites, dominer le monde et éliminer toutes les autres, est bien celle de la même entité ethnographico-anthropologique que celle dont la suprématie est le but du chauvin. Il n’y a ici aucune différence de principe. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans la panoplie des moyens tactiques utilisés par la réaction impérialiste, la propagande du cosmopolitisme bourgeois occupe une place de premier plan. Sous la bannière du cosmopolitisme, l’impérialisme américain s’efforce par tous les moyens d’établir sa domination mondiale. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cosmopolitisme a atteint son plus grand développement sous le capitalisme, en tant qu’enveloppe idéologique masquant la politique de la bourgeoisie dirigée vers la conquête de territoires étrangers, de nouvelles colonies et marchés. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gueorgui Frantsov, « Le cosmopolitisme est l’arme idéologique des réactionnaires américains », ''Pravda'', 7 avril 1949, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révolution « est nôtre, authentiquement russe, elle est tout entière dans notre psychologie, dans notre passé, et rien de comparable ne peut exister et n’existera en Occident, même s’il s’y produisait une révolution sociale, en apparence copiée sur la nôtre. Et même s’il se trouve mathématiquement prouvé que quatre vingt-dix pour cent des révolutionnaires sont des allogènes, principalement des Juifs, ce qu’on tente parfois de démontrer maintenant avec un succès relatif, cel ne dément nullement le caractère purement russe du mouvement. Si des mains “étrangères” s’y appliquent, son âme, ses “tripes” sont, qu’on le veuille ou non, foncièrement russes, elles sont celles de l’intelligentsia, réfractées à travers le psychisme du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce ne sont pas des allogènes révolutionnaires qui dirigent la révolution russe, mais c’est la révolution russe qui dirige les allogènes révolutionnaires qui communient extérieurement ou intérieurement avec “l’âme russe” dans son état actuel... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Oustrialov&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Patriotica&lt;br /&gt;
|titre=Changement de Jalons&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1921&lt;br /&gt;
|année d'origine=2005&lt;br /&gt;
|traducteur=Yves-Marie Cosson&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|page=70}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« De même que des vaccinations préventives protègent des épidémies (varioles, diphtérie, choléra) ou les atténuent, de même la Russie, qui était socialement le pays le plus sain des pays européens, accomplit en ce moment un exploit sacrificiel en prenant sur elle la maladie exemplaire de la révolution sociale afin, une fois guérie, de développer une immunité et de prévenir la crise mortelle de cette maladie en Europe. Cette crise, vraisemblablement, éclatera très vite en Europe, elle sera terrible, mais grâce à la Russie, la culture européenne réussira peut-être à la traverser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’est produit avec la Russie ce qui s’est produit avec les saints catholiques, qui vivaient la passion du Christ avec une telle plénitude de fois qu’ils étaient jugés dignes de recevoir les stigmates de la crucifixion sur leurs mains et leurs pieds. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vérité, toute la Russie est un Buisson ardent qui brûle sans se consumer à travers tous les siècles de son martyre historique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maximilian Volochine, ''La Russie crucifiée'' (17 mai 1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les travailleurs ont une patrie''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— ''Pravda'', 7 août 1934&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Que cela vous plaise ou non, l’histoire est de notre côté. '''Nous vous enterrerons.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Phrase prononcée devant des diplomates américains à l’ambassade de Pologne à Moscou&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikita Khrouchtchev, Moscou, 18 novembre 1956&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''Au fond de l’âme, nous méprisons l’Occident,'''&lt;br /&gt;
'''Mais en quête de dieux, nous lui chipons'''&lt;br /&gt;
'''Ses Hegel et ses Marx [...]'''&lt;br /&gt;
'''Pour décapiter nos propres dieux. [...]'''&lt;br /&gt;
Tout Russe recuit dans le chaudron&lt;br /&gt;
Du système russe, est un homme&lt;br /&gt;
À côté de n’importe quel Européen »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maximilian Volochine, « Russie », 6 février 1924, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tôt ou tard se produira un choc entre l’Europe et la révolution russe, non pas entre tel ou tel peuple européen, mais bien entre l’Europe entière et la révolution — ou l’anarchie russe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les événements de notre révolution sont connus en Europe jusqu’aux plus petits détails, mais leur sens intime échappe. L’Europe voit le corps, elle ne voit pas l’âme de la révolution russe. Cette âme, l’âme du peuple russe, demeure une éternelle énigme pour l’Europe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la littérature russe, surtout dans ses deux principales sommités, Tolstoï et Dostoiewsky, ce principe fondamental de l’âme russe, la volonté mystique, vous avait été en partie révélé, mais seulement en partie. Pour le comprendre entièrement c’est peu de nous lire, il faut nous vivre. Cela est difficile et redoutable, je le répète, plus redoutable que vous ne pensez. Nous sommes votre danger, votre plaie, l’aiguillon de Satan ou de Dieu enfoncé dans votre chair. Nous vous ferons souffrir ; mais en fin de compte pour votre plus grand bien, car nous nous sommes nécessaires l’un à l’autre comme la main gauche à la main droite. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révolution russe n’est pas seulement politique, elle est religieuse. Voilà ce que comprend très difficilement l’Europe, pour qui la religion est depuis longtemps chose politique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Dimitri Merejkovski, Zinaïda Hippius et Dimitri Philosophoff&lt;br /&gt;
|titre=Le Tsar et la Révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1907&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=Mercure de France&lt;br /&gt;
|année=1907&lt;br /&gt;
|page=10-11}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le coup porté au christianisme par la prise de Constantinople a eu apparemment pour conséquence que l’Occident a renié le christianisme, dans ses hautes couches et même dans sa pensée''', ce qui s’est manifesté par une modification du mode de vie, qui est devenue urbain par excellence ; chutant de plus en plus bas, l’Occident s’est mis à prêcher en guise de lumières un obscurantisme et un fatalisme absolus, car on ne saurait s’appeler lumières la reconnaissance ou la conscience de la nature comme matière aveugle, et soi-même comme partie de cette matière, son fruit involontaire, si cette conscience ne conduit pas a donner à cette force aveugle une direction en accord avec la raison et avec un sentiment de parenté filiale ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Fiodorov, ''De la fraternité, ou de la parenté et des causes de l’état non fraternel et non familial, c’est-à-dire non pacifique du monde, et des moyens de rétablir la parenté'' (1906), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe tient la Russie pour son ennemi ; mais dès que cet ennemi, ces Touraniens imaginaires (du reste, nous ne méprisons pas cette parenté) périront, l’Europe verra chez elle de véritables Touraniens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Fiodorov, ''De la fraternité, ou de la parenté et des causes de l’état non fraternel et non familial, c’est-à-dire non pacifique du monde, et des moyens de rétablir la parenté'' (1906), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous, Russes, nous avons deux âmes : l’une, du mongol nomade, rêveur, mystique, paresseux, qui est persuadé que “le Destin est le juge de toutes choses”, que “tu es sur la terre, mais que le Destin est au-dessus de toi”, que “ tu n’iras pas contre le Destin” ; et à côté de cette âme impuissante vit l’âme du Slave, qui peut lancer des flammes belles et claires, mais qui ne brûle pas longtemps, qui s’éteint vite, et a peu de force pour se défendre contre les poisons qui circulent en elle et qui paralysent ses forces. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maxime Gorki, « Deux âmes », ''Letopis'', décembre 1915, trad. André Pierre et Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''notre peuple, malgré son ignorance, est beaucoup plus près du socialisme que les peuples de l’Ouest, pourtant plus instruits que lui.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tkatchev, Lettre à [[Friedrich Engels]], 1874&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque dollar émis au-delà de la quantité d’or et d’argent de nos chambres fortes a une valeur nulle et représente une tromperie dont quelqu’un fait les frais.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=John Adams&lt;br /&gt;
|titre=Écrits politiques et philosophiques&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Goffinon&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses universitaires de Caen&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Tôt ou tard, que nous le voulions ou non, la lutte avec l’Europe (ou du moins avec sa majeure partie) est inévitable du fait de la question d’Orient, c’est-à-dire de la liberté et de l’indépendance des Slaves, de la possession de Constantinople''' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Danilevski, ''La Russie et l’Europe'' (1869), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À cette maladie, qui a infecté la Russie voilà déjà un siècle et demi en s’étendant et en s’enracinant de plus en plus et qui n’a que récemment montré quelques signes de rémission, conviendrait le mieux, me semble-t-il, le nom de ''prétention à l’européanisation'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Danilevski, ''La Russie et l’Europe'' (1869), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’influence de l’Europe nous détache constamment de notre sol. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Strakhov, ''La lutte contre l'occident dans notre littérature'' (1882)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous avons la campagne, qui a presque disparu en Occident, et que c’est dans notre campagne que se trouve le gage de notre force, le germe de notre développement organique original. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Ignorance des fondements de la vie russe par nos réformateurs », ''Den'', 13 mars 1865, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Oui, c’est à Moscou, à Moscou que toute la Russie appelle maintenant sont tsar... Il est temps de rentrer à la maison ! Il est temps d’en finir avec la période pétersbourgeoise de l’histoire russe, avec toutes ces traditions sanglantes de révolutions de palais, de trahisons, de sédition des XVIIIe et XIXe siècles ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Pétersbourg et Moscou », ''Den'', 29 septembre 1862, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il incombe à Moscou la haute tâche de reconquérir par la pensée et la conscience ce que la vie a perdu et de ranimer l’esprit national russe dans la société coupée du peuple. Il suffit de dire que Moscou et la Russie profonde sont une même chose, vivent d’une même vie, battent d’un même cœur, et cela suffit à définir la signification de Moscou et son rapport à Pétersbourg. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Pétersbourg et Moscou », ''Den'', 29 septembre 1862, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui l’Occident s’est donné la peine de nous avertir que, non-seulement il ne nous considérait pas comme des siens, malgré nos constants efforts pour nous assimiler à lui, mais qu’il nous tenait même pour ses ennemis, et qui plus est, pour ennemis de la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Viazemski, ''Lettre d’un vétéran russe de l’année 1812 sur la question d’Orient'' (1854-1855)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est devenu clair pour le peuple russe que qu’il n’y a de véritable liberté que là où souffle l’esprit de Dieu. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Aksakov, ''La révolution de Pierre le Grand'' (1850), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chaque Russe a le droit de dire, sans trop de présomption, qu’il appartient à la nation du monde qui a devant elle l’avenir le plus puissant et le plus prospère, que la partie du monde dont il est citoyen n’est ni l’Europe, ni l’Asie, mais la grande Russie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nicolas de Gerebtzoff, ''Essai sur l’histoire de la civilisation en Russie'' (1858), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Orient orthodoxe se réunira avec l’Occident régénéré par l’intermédiaire du vieux-catholicisme. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n’affirme pas que la société occidentale est condamnée à périr, mais si elle doit se sauver, elle ne le fera qu’en remplaçant ses idéaux par les nôtres, c’est-à-dire remplacera ses fondements juridiques par des fondement éthiques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexandre Kireïev, ''Résumé de la doctrine slavophile'' (1896), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] à l’Occident la cause de la religion est à jamais perdue. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Iouri Samarine, Lettre à François Mauguin, septembre 1840&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Comme il est évident que dans le mouvement actuel irrésistible de l’occident vers l’orient, la Russie seule — comme tenante en soi tant l’élément européen occidental que l’élément oriental — puisse faire l’intermède sans lequel le choc ne pourrait être que destructif — Il me semble que l’Église Russe a actuellement et relativement dans l’occident une mission semblable médiatrice à remplir contre la pétrification de ce Christianisme dans l’église romaine et sa dissolution dans les églises protestantes et il me semble que cette dernière mission soit plus liée à la première qu’on ne pense communément. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Franz Xaver von Baader, « Mission de l’Église russe relativement à la décadence du Christianisme dans l’Occident », Lettre à Sergueï Ouvarov, 22 mars 1841&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Vains efforts ! Non, vous ne leur ferez pas entendre raison !&lt;br /&gt;
Plus ils sont libéraux, plus ils sont vils !&lt;br /&gt;
La civilisation est pour eux un fétiche,&lt;br /&gt;
Mais son idée leur est inaccessible ;&lt;br /&gt;
Vous aurez beau vous courber devant elle, messieurs,&lt;br /&gt;
Vous n’obtiendrez pas la reconnaissance de l’Europe :&lt;br /&gt;
À ses yeux vous serez toujours&lt;br /&gt;
Non les serviteurs des lumières, mais des serfs. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Poésie de 1867 (1868), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« La Russie ne se comprend pas par l’intelligence&lt;br /&gt;
Ni ne se comprend à l’aune commune&lt;br /&gt;
Elle possède un statut propre&lt;br /&gt;
La Russie, on ne peut que croire en elle. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Poèmes, trad. Sophie Benech&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Occident s’en va, tout croule, tout s’abîme dans une conflagration générale, l’Europe de Charlemagne aussi bien que l’Europe des traités de 1815 ; la papauté de Rome et toutes les royautés de l’Occident ; le Catholicisme et le Protestantisme ; la fois depuis longtemps perdue et la raison réduite à l’absurde ; l’ordre désormais impossible, la liberté désormais impossible, et sur toutes ces ruines amoncelées par elle, la civilisation se suicidant de ses propres mains... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, ''La Russie et la Révolution'' (1848), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis longtemps il n’y a plus en Europe que deux puissances réelles : “la Révolution et la Russie”. — Ces deux puissances sont maintenant en présence, et demain peut-être elles seront aux prises. Entre l’une et l’autre il n’y a ni traité, ni transaction possibles. La vie de l’une est la mort de l’autre. De l’issue de la lutte engagée entre elles, la plus grande des luttes dont le monde ait été témoin, dépend pour des siècles tout l’avenir politique et religieux de l’humanité. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Russie est avant tout l’empire chrétien ; le peuple russe est chrétien non seulement par l’orthodoxie de ses croyances, mais encore par quelque chose de plus intime encore que la croyance. Il l’est par cette faculté de renoncement et de sacrifice qui fait comme le fond de sa nature morale. La Révolution est avant tout anti-chrétienne. L’esprit anti-chrétien est l’âme de la Révolution ; c’est là son caractère propre, essentiel. Les formes qu’elle a successivement revêtues, les mots d’ordre qu’elle a tour à tour adoptés, tout, jusqu’à ses violences et des crimes, n’a été qu’accessoire ou accidentel ; mais ce qui ne l’est pas, c’est le principe anti-chrétien qui l’anime [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, ''La Russie et la Révolution'' (1848), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si nous pouvions maintenant protéger notre esprit par une muraille de Chine, interdire tous les livres et revues sans exception, interrompre toutes nos relations avec l’Occident, nous pourrions écarter de nous cette infection pour de nombreux siècles encore... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ievdokia Rostoptchina, Lettre à Vladimir Odoïevski, 15 janvier 1848, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour nous faire remarquer, il nous a fallu nous étendre du détroit de Behring jusqu’à l’Oder. Une fois, un grand homme voulut nous civiliser et, pour nous donner l’avant-goût des lumières, il nous jeta le manteau de la civilisation : nous ramassâmes le manteau, mais nous ne touchâmes point à la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tchaadaïev, ''Lettres philosophiques adressées à une dame'' (1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est que nous n’avons jamais marché avec les autres peuples ; nous n’appartenons à aucune des grandes familles du genre humain ; nous ne sommes ni de l’Occident ni de l’Orient, et nous n’avons les traditions ni de l’un ni de l’autre. Placés comme en dehors des temps, l’éducation universelle du genre humain ne nous a pas atteints. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tchaadaïev, ''Lettres philosophiques adressées à une dame'' (1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est vraiment dans une situation bizarre. À gauche, l’Europe, Circé infatigable, murmure à ses oreilles des paroles séductrices ; à droite, l’Orient, vieillard taciturne, lui dicte son immuable loi. Qui écoutera-t-elle ? Vers qui se tournera-t-elle ? Quelle les écoute tous deux, qu’elle ne se tourne vers aucun, qu’elle marche en avant. Quelle écoute, car l’expérience d’autrui, les misères d’autrui, les leçons d’autrui, vous affermissent dans le vrai. Toute conviction est sainte en Orient ; en Occident il n’y en a plus. Le sentiment gouverne l’Orient ; l’Occident est dominé par l’idée. Que la Russie fonde ces deux principes comme les rayons du soleil se fondent dans l’azur. L’Orient méprise la vanité, les soucis de la vie ; l’Occident se perd dans leur tumulte perpétuel. Ne peut-on trouver le lerme moyen ? Le progrès peut s’allier à des règles certaines. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Vladimir Sollogoub, ''Tarantas'' (1845), trad. Eugène Moreau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai toujours aimé la Russie, mais après avoir visité l’Europe pourrie, j’adore ma patrie. L’Europe tremble devant nous comme une feuille ; j’espère que bientôt elle nous vénérera. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Lettre à Ivan Kireïevski, 22 décembre 1831, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La France et l’Allemagne ont été la scène de deux événements grandioses, auxquels conduit toute l’histoire de l’Occident moderne, ou plus justement, de deux maladies critiques équivalentes : la Réforme en Allemagne, la révolution en France ; même maladie, mais sous deux formes différentes. Toutes deux sont la conséquence inévitable du développement de l’Occident, qui a adopté la dualité des principes [politique et religieux] et qui érigé cette discorde en norme de vie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Philarète Chasles, « Revue de littérature anglaise », ''Revue des deux Mondes'', 1er novembre 1840&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À présent, il y a en Russie cent portes qui sont grand ouvertes sur l’Occident, et la civilisation européenne des différents siècles, des différents peuples y pénètre comme l’Atlantique. On a beau les fermer, ces vagues obstinées passeront par les fentes et l’éroderont. Pierre Premier a percé les premières portes, larges, énormes, Catherine II a percé les suivantes, mais à un moment malheureux, lorsque les vagues de la civilisation européenne étaient pleines du sang de la révolution et du dépôt putride de l’humanité croupissante, à un moment où il aurait fallu les fermer. Il est étrange que Pierre le Grand, qui avait prévu et prédit la révolution française, n’ait pas pensé à des écluses quand il a creusé des canaux de l’Europe vers la Russie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Journal, 1830, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Russes entrent les derniers sur la scène de l’Europe pour tout achever [...]. Maintenant, on pourrait ainsi tranformer en conte l’histoire de l’Europe : Europe avait cinq filles : l’Italie, l’Allemagne, la France, l’Angleterre et la Russie. L’Italie prit les arts, l’Allemagne la science, la France la politique dans le sens le plus élevé, l’Angleterre le commerce, les machines, bref, la vie pratique. La Russie, benjamine de son père Asie, au caractère souple, aux forces fraîches, rassemblera en un tout les dons de ses sœurs, les assimilera et les perfectionnera. La Russie cumulera tout l’être de l’humanité européenne. [...] Les Russes doivent réconcilier toutes ces oppositions : leur philosophie doit unir l’idéalisme des Allemands avec l’empirisme des Français et des Anglais. Dans la vie politique, les Russes authentiques doivent concilier le désir raisonnable, patient de liberté avec la soumission au pouvoir suprême. Dans l’art, ils doivent concilier le classique avec le romantique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Journal, 1830, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour accéder au plein développement harmonieux des principes universels fondamentaux, il a manqué à l’Occident, malgré toute sa grandeur, un second Pierre [le Grand], qui lui eût infusé la sève fraîche, puissante, de l’Orient slave ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vladimir Odoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|traducteur=Marion Graf&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Occident est moribond !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] ce n’est pas seulement le corps que nous devons sauver, c’est aussi l’âme de l’Europe !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes placés à la frontière de deux mondes : passé et future ; nous sommes neufs et frais ; nous sommes innocents des crimes de la vieille Europe ; sous nos yeux se déroule son drame singulier, mystérieux, dont le dénouement est peut-être celé dans les profondeurs de l’esprit russe ; nous n’en sommes que les témoins. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vladimir Odoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|traducteur=Marion Graf&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas sans une sorte de mélancolie que j’ai pris congé de cet Occident pourri et qui est si propre et si confortable, pour rentrer dans cette saleté pleine d’avenir de notre chère patrie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Lettre à Ernestina Pfeffel, 2/14 septembre 1853&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je ne crois pas à l’amour pour le peuple de celui qui n’a pas le sentiment de la famille, et celui qui est étranger à son peuple n’a point d’amour pour l’humanité. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[L’élément national] est le principe universel, revêtu des formes vivantes du peuple. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Servir l’élément national est au plus haut point servir la cause universelle. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexeï Khomiakov, « Conversation dans les environs de Moscou », 1856&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Oh, comme il m’est triste de voir une nuée sombre&lt;br /&gt;
Recouvrir le lointain Occident, pays des saintes merveilles :&lt;br /&gt;
Les astres d’antan s’éteignent en pâlissant,&lt;br /&gt;
Les meilleures étoiles tombent des cieux.&lt;br /&gt;
Mais comme était magnifique ce majestueux Occident !&lt;br /&gt;
Combien de temps le monde entier, agenouillé&lt;br /&gt;
Et merveilleusement illuminé de sa haute gloire&lt;br /&gt;
S’est tenu devant lui sans voix, humble et silencieux.&lt;br /&gt;
Là-bas, nos yeux rencontraient le soleil de la sagesse,&lt;br /&gt;
Les comètes d’impétueuses batailles erraient dans les cieux,&lt;br /&gt;
Et doucement, comme la lune, la reine des nuits d’été,&lt;br /&gt;
L’amour brillait là-bas dans sa beauté innocente.&lt;br /&gt;
Là-bas, les inspirations se mêlaient en vifs arcs-en-ciel&lt;br /&gt;
Et le feu vivant de la foi déversait des torrents de lumière !...&lt;br /&gt;
Oh ! Jamais depuis les premiers jours de la création,&lt;br /&gt;
La terre n’avait vu briller sur elle tant d’astres de feu !&lt;br /&gt;
Hélas ! le temps a passé et un linceul de mort&lt;br /&gt;
Recouvre tout l’Occident. Une profonde obscurité y règnera...&lt;br /&gt;
Entends la voix du destin, relève-toi et rayonne,&lt;br /&gt;
Réveille-toi, Orient somnolent ! »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexeï Khomiakov, « Un rêve [L’Occident et l’Orient] », 1835&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le christianisme a pénétré dans les esprits des peuples occidentaux par l’enseignement de la seule Église romaine ; en Russie, il s’est allumé aux lumières de l’Église orthodoxe tout entière. La théologie en Occident prit le caractère d’une abstraction ratiocinante ; dans le monde orthodoxe elle conserva l’intégrité intérieure de l’esprit. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Du caractère de la culture européenne et de ses rapports avec la culture russe », ''Collection de Moscou'', 1852, trad. François Rouleau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il reste dans la vie de l’Occident quelques vivantes vérités, plus ou moins épargnées par la destruction générale de toutes les convictions particulières, et bien ! ces vérités ne sont pas européennes, car elles se trouvent en contradiction avec tous les résultats de la civilisation de l’Europe ; — ce sont les restes conservés des principes chrétiens, qui, par conséquent, appartiennent moins à l’Occident qu’à nous-mêmes qui avons reçu le Christianisme dans sa forme la plus pure [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Aperçu sur l’état actuel de la littérature », ''Moscovite'', janvier-mars 1845, trad. François Rouleau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La couronne de la civilisation européenne a servi de berceau à notre culture, qui est née dans les autres pays terminaient déjà la course de leur déveolppement intellectuel, et nous commençons là où ils se sont arrêtés. Telle une sœur cadette dans une grande famille unie, la Russie est riche de l’expérience des plus âgés avant de faire son entrée dans le monde. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Revue de la littérature russe de l’année 1829 », janvier 1830&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’anarchie, faisant le tour du monde, vint frapper à la salle du festin des puissances ; elle amenait avec elle l’usurpation ou la république, et donnait à choisir aux vieilles monarchies [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, pour la première fois, l’Europe consentit à ouvrir les yeux, — la Russie lui apparut comme son seul soutien, son seul appui ; il n’y avait qu’elle pour rétablir son équilibre, pour étayer ses fondements, que la propagande révolutionnaire sapait chaque jour [...]. Aujourd’hui l’Europe prend ses passe-ports pour Pétersbourg et Moscou ; Rome et son sublime passé n’ont plus cours ; on va chercher l’avenir sur les bords de la Neva. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Paul de Julvécourt, ''La Balalayka. Chants populaires russes et autres morceaux de poésie'' (1837)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe elle-même sent profondément son impuissance ; ses meilleurs esprits attendent quelque immense bouleversement de tout le monde civilisé [...]. L’Occident n’aime pas le monde slave, il ne le connaît pas, ne le comprend pas ; sa langue, qui s’est formée de manière originale, lui est étrangère, de même que le système politique russe [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Kraïevski, « Pensée sur la Russie », ''L’Invalide russe'', 9 janvier 1837&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie doit se mettre à la tête de la propagande des idées divines, comme la France est le chef de la propagande des idées sataniques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Oui, la mission de la Russie est de ramener à la vraie civilisation cette Europe qui ne sait ce qu’elle doit penser du peuple russe. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il ne reste plus qu’un peuple, un peuple que sa force matérielle a rendu l’arbitre des destinées du monde politique ; un peuple que les nations d’Occident contemplent avec effroi, en lui demandant d’une voix troublée pourquoi il est là, ce qu’il veut de la vieille Europe ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Antique société européenne, tu l’apprendras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le peuple russe est plus fort encore de sa force morale que de sa force matérielle. En lui sont tous les germes de jeunesse et de longévité ; c’est une forêt primitive que la main de l’homme n’a point profanée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au milieu de tous ces troubles qui agitent l’Europe, et de toutes ces doctrines qui ébranlent l’édifice social, il n’y a que la Russie qui reste forte et intacte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Croyez-moi, Messieurs, c’est un vrai bonheur d’appartenir à ce pays et de jouir de sa protection. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nicolas Ier, Discours à Varsovie, 10 octobre 1835&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ce rapprochement [avec l’Europe] était nécessaire non pour elle [la Russie], contrairement à ce qu’on pense d’habitude, mais pour l’Europe elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Pour surpasser l’Europe, au lieu de s’en rapprocher, la Russie s’en est éloignée'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, « Le destin de la Russie », ''Raduga'', 1833&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La philosophie du Christ [...] ne s’afflige pas du fait que la période tatare ait éloigné la Russie de l’Europe. Elle ''s’en réjouit'', car elle voit que ''ses oppresseurs, les Tatars, l’ont sauvée de l’Europe''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le joug tatar et l’éloignement de l’Europe occidentale ont peut-être été de grands bienfaits pour la Russie, car ils ont conservé chez elle la pureté de la foi chrétienne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, « Le destin de la Russie », ''Raduga'', 1833&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ce même esprit, qui de nos jours, tenant en ses mains les traités philosophiques et les chartes constitutionnelles, a établi son trône en Occident et veut être l’égal du Seigneur. [...] À bas les trônes, à bas les autels, vive la mort et l’enfer ! vocifère-t-on déjà dans plusieurs pays de l’Europe. Le prince des ténèbres lui-même s’approche visiblement de nous ; le rideau qui le cache devient de plus en plus ténu, et bientôt, sans doute, tombera tout à fait. Cet assaut, le dernier peut-être qu’il mène contre nous, est le plus terrible, car c’est un assaut spirituel. [...] '''Heureuse serait la Russie si on pouvait la protéger de l’Europe''' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, Projet de censure, 1820, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous sommes devenus citoyens du monde en cessant d’être, sous bien des rapports, des citoyens russes. C’est la faute à Pierre [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Karamzine, ''Mémoire sur la Russie ancienne et moderne sous les rapports politique et social'' (1811), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;«Словно молоты громовые&lt;br /&gt;
Или воды гневных морей,&lt;br /&gt;
Золотое сердце России&lt;br /&gt;
Мерно бьется в груди моей.»&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Николай Гумилёв, «Наступление» (1914)&lt;br /&gt;
:&amp;lt;poem&amp;gt;« Comme les pilons du tonnerre&lt;br /&gt;
Ou les eaux des mers démontées,&lt;br /&gt;
Le cœur en or de la Russie &lt;br /&gt;
Bat lentement dans ma poitrine. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Nikolaï Goumilev, « Offensive » (1914)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Alors que la conquête des Amériques se fera contre les autochtones et souvent au prix de leur disparition, l’expansion russe ne cause pas les mêmes ravages démographiques. Les recherches contemporaines estiment le plus souvent qu’à l’aube du XVIIe siècle le nombre d’autochtones devait être proche de trois cent mille dans cette partie du monde. En 1900, ils sont huit cent mille à être recensés dans la Sibérie des tsars, alors que durant la même période le nombre d’Indiens d’Amérique du Nord est passé de trois millions à trois cent mille. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Éric Hoesli&lt;br /&gt;
|titre=L’épopée sibérienne&lt;br /&gt;
|année d'origine=2018&lt;br /&gt;
|éditeur=Les Éditions des Syrtes/Éditions Paulsen&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour l’Europe, cette sorte de communisme agraire est peut-être le trait le plus digne de remarque, comme le plus étrange, de la Russie contemporaine. Dans un siècle de théories et de systèmes, comme le nôtre, une telle étude offre aux peuples, inquiets de leur état social et tourmentés d’un vague malaise, d’intéressantes et inappréciables leçons. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anatole Leroy-Beaulieu&lt;br /&gt;
|titre=L’empire des tsars et les Russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1890&lt;br /&gt;
|éditeur=Robert Laffont&lt;br /&gt;
|collection=Bouquins&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie garde encore la grande ressource, la grande force des âges passés, l’unité des sentimens, l’unanimité des âmes et des volontés. Le peuple le plus nombreux de la chrétienté en est le moins divisé ; en ce sens on peut dire que le vaste empire russe possède encore aujourd’hui une force morale supérieure à sa force matérielle. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=La Russie et les Russes&lt;br /&gt;
|auteur=Anatole Leroy-Beaulieu&lt;br /&gt;
|publication=Revue des Deux Mondes&lt;br /&gt;
|date=mai 1877&lt;br /&gt;
|tome=21&lt;br /&gt;
|page=751}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus sûre caractérisation de la tradition philosophique européenne est qu’elle consiste en une série de notes au bas des pages de Platon. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alfred North Whitehead&lt;br /&gt;
|titre=Procès et réalité&lt;br /&gt;
|année d'origine=1929&lt;br /&gt;
|traducteur=Daniel Charles, Maurice Élie, Michel Fuchs, Jean-Luc Gautero, Dominique Janicaud, Robert Sasso, Arnaud Villani&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-ce que notre État, notre pays existe encore ? » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Marie-France Garaud, « Ce soir (ou jamais !) », ''France 2'', 20 mai 2016&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le sionisme est une tentative pour rompre l’encerclement des malheurs de la fatalité judaïque, mais cette tentative conduira inexorablement à la perte des Juifs en tant que peuple. Ce sera le résultat mathématique de l’anéantissement du mythe de Jérusalem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sionisme, consacrera-t-il le suicide d’Israël ? Il pourrait bien en être ainsi. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nae Ionescu&lt;br /&gt;
|titre=La Question juive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1934&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Bardonnet&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Roumaine Antitotalitaire&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|page=54}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« De même que l’Ancien Testament engageait Dieu par rapport à Israël, de même le Nouveau Testament l’engage envers tous les peuples de la Terre. Selon le Nouveau Testament, tous ceux qui acceptent la bonne nouvelle, qui obéissent à la nouvelle loi, deviennent, par cela même, élus. Le choix est entre salut et damnation. Ou bien les Juifs reconnaissent que le Messie est déjà venu par l’Incarnation christique et ils cessent, dès, d’être un peuple élu (sous peine du plus lourd péché — le péché d’orgueil), ou bien ils contestent l’authenticité du Christ-Messie et alors ils refusent leur fonction même de peuple élu, voire le fait d’être l’instrument de Dieu pour le salut du monde — auquel cas ils pêchent non seulement contre leur mission mais aussi contre Dieu lui-même. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nae Ionescu&lt;br /&gt;
|titre=La Question juive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1934&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Bardonnet&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Roumaine Antitotalitaire&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|page=45-46}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le marxisme meurt à l’Est parce qu’il s’est réalisé à l’Ouest. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Le marxisme meurt à l’Est parce qu’il s’est réalisé à l’Ouest&lt;br /&gt;
|auteur=Augusto Del Noce&lt;br /&gt;
|publication=Krisis&lt;br /&gt;
|date=octobre 1990&lt;br /&gt;
|numéro=6&lt;br /&gt;
|page=124}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, dans notre démocratie, on ne désire pas l’enfant : on redoute sa venue, on la retarde et on l’empêche par une série de pratiques sur lesquelles je n’ai pas besoin de m’étendre. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observez un peu nos modernes : moroses et débiles jouisseurs, ils ont une haine presque maladive pour les petits. Au restaurant, en wagon, il faut voir les airs crispés que prennent les voisins d’une famille normale. Les rires de l’enfant, ses cris, ses caprices, ses pleurs, sa turbulence naturelle horripilent nos contemporains en troublant leur repos et leur béate digestion. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Albert Vincent&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La famille chez Proudhon et dans la démocratie&lt;br /&gt;
|titre=Cahiers du Cercle Proudhon&lt;br /&gt;
|année de la contribution=&lt;br /&gt;
|éditeur=Avatar&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|section=Cahier III-IV&lt;br /&gt;
|page=216}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie n’est pas un pays qu’on peut réellement conquérir, c’est-à-dire  occuper ; du moins cela ne peut être fait ni par les forces des États européens modernes, ni par les 500 000 personnes que Bonaparte a amenées pour cela. Un tel pays ne peut être vaincu que par sa propre faiblesse et ses conflits internes. Atteindre ces points faibles de la vie politique n’est possible que par un choc qui pénétrerait jusqu’au cœur du pays. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Carl von Clausewitz, ''La Campagne de 1812 en Russie'' (2005)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous vivons dans les ruines du futur.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maurice G. Dantec, ''Le Théâtre des opérations'' (2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie voit dans l’Europe une proie qui lui sera livrée tôt ou tard par nos dissensions [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Empire de Russie est le pays de la terre où les hommes sont le plus malheureux, parce qu’ils y souffrent à la fois des inconvénients de la barbarie et de ceux de la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Russes sont chargés de traduire la civilisation européenne aux Asiatiques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] un nouvel empire romain couve en Russie sous les cendres de l’empire grec. La peur seule n’inspire pas tant de patience. Non, croyez-en mon instinct, il est une passion que les Russes comprennent comme aucun peuple ne l’a comprise depuis les Romains : c’est l’ambition. L’ambition leur fait sacrifier tout [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout ce que je puis vous dire, c’est que depuis que je suis en Russie, je vois en noir l’avenir de l’Europe. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Cet empire colossal que je vois se lever tout à coup devant moi à l’orient de l’Europe, de cette Europe où les sociétés souffrent de l’appauvrissement de toute autorité reconnue, me fait l’effet d’une résurrection.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’imagination a‑t‑elle déserté l’esprit des voyageurs modernes, n’ont-ils plus assez d’inspiration pour inventer des traverses à leurs chemins de vie ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Sylvain Tesson, ''Petit traité sur l’immensité du monde'' (2005)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est la profondeur, le socle de notre péninsule occidentale et européenne. [...]. L’idée de l’Eurasie semble évidente quand on regarde un atlas, et je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas trouvé sa traduction politique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=&lt;br /&gt;
|auteur=Sylvain Tesson&lt;br /&gt;
|publication=Éléments&lt;br /&gt;
|numéro=171&lt;br /&gt;
|date=avril 2018&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a un système de valeurs avec lesquelles on ne peut pas transiger, et ce sont les valeurs dont nous nous réclamons. Et si ces valeurs sont assez bonnes pour notre peuple, elles doivent aussi être assez bonnes pour les autres. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— ''Washington Post'', 19 novembre 2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous, Américains, sommes en quelque sorte le peuple élu, privilégié, l’Israël de notre temps. Nous portons l’Arche des libertés du monde […]. Dieu nous a accordé, en guise d’héritage futur, les vastes domaines des païens politiques [...]. Le reste du monde sera bientôt dans notre sillage. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Herman Melville&lt;br /&gt;
|titre=Vareuse-Blanche&lt;br /&gt;
|année d'origine=1850&lt;br /&gt;
|éditeur=Bentley&lt;br /&gt;
|année=1850&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous sommes en train de devenir rapidement une nation de croisés humanitaires. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Irving Babbitt&lt;br /&gt;
|titre=Democracy and Leadership&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin&lt;br /&gt;
|année=1924&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’Occident n’existe pas. Il n’est d’ailleurs qu’une création sémantique des États-Unis pour surévaluer la communauté d’intérêts transatlantique, justifier leur leadership en Europe''' et assimiler toute dissonance, au mieux à une compromission douteuse, au pire à une trahison. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=“L’Occident” n’est qu’une création des États-Unis pour justifier leur leadership en Europe&lt;br /&gt;
|auteur=Raphaël Chauvancy&lt;br /&gt;
|publication=Marianne&lt;br /&gt;
|date=30 juin 2022&lt;br /&gt;
|url=https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/loccident-nest-quune-creation-des-etats-unis-pour-justifier-leur-leadership-en-europe}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis huit ans, il y a eu des tentatives pour détruire ce qui existe dans le Donbass. Et dans le Donbass il y a le rejet, un rejet fondamental des prétendues valeurs qui sont aujourd’hui proposées par ceux qui revendiquent le pouvoir mondial. '''Aujourd’hui, il existe un test d’allégeance à ce pouvoir, une sorte de laissez-passer dans ce monde “heureux”, ce monde de la consommation excessive, ce monde d’apparente “liberté”. Et savez-vous quel est ce test ? C’est la ''Gay Pride''.''' Ces nombreuses exigences d’organisation de la ''Gay Pride'' sont un test d’allégeance envers ce monde très puissant. C’est pourquoi ce qu’il se passe aujourd’hui dans la sphère des relations internationales n’a pas seulement une importance politique. Il s’agit de quelque chose d’autre et de bien plus important que le politique. Il s’agit du Salut de l’Homme. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cyrille de Moscou, [http://www.patriarchia.ru/db/text/5906442.html Sermon à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou], 6 mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est sans doute une terre plus favorable que les pays d’Europe de l’Est. Elle a retrouvé, sous la direction de Vladimir Poutine, une véritable orientation politique claire, et, dans une optique racialiste, on peut affirmer qu’elle a pris la place que les États-Unis avaient occupée jusqu’en 1945 environ : elle est aujourd’hui le plus grand réservoir au monde d’hommes et de femmes de race blanche qui n’ont pas honte d’être ce qu’ils sont et qui ne sont pas rongés de l’intérieur par l’ethnomasochisme. '''La Russie peut et doit être soutenue par les Européens identitaires païens aussi bien que les chrétiens.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne fait aucun doute que les Russes, parce qu’ils sont entrés plus tard sur la scène de la grande histoire, sont les seuls Blancs à avoir conservé en eux suffisamment de “barbarie”, de “sauvagerie” native — non pas au sens des innombrables viols commis par l’Armée rouge en Allemagne en 1944-1945, mais au sens de la “grande santé” nietzschéenne — pour écrire demain l’histoire du monde. Ils sont, avec les Allemands, le peuple européen qui a enduré le plus d’épreuves au XXe siècle, mais avec une grosse différence : ils apparaissent beaucoup moins fatigués. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les peuples sains et sûrs d’eux-mêmes, ils préservent de façon naturelle et spontanée leur mode de vie et leurs coutumes, sans prosélytisme mais également sans se soucier le moins du monde de ce que l’étranger peut en penser. Sous la prétendue “dictature poutinienne”, les Russes sont en fait beaucoup moins normés et beaucoup plus imprévisibles que les “bisounours” occidentaux, qui se rapprochent dangereusement des systèmes non vivants en ce qu’ils sont toujours plus “sous contrôle”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes ces raisons font que, plus que jamais, “le soleil se lève à l’Est” pour les nationalistes européens. C’est désormais le mythe eurosibérien, le mythe de la Sibérie “nouvelle frontière” d’une race blanche régénérée, du “nouveau peuple blanc” (Greg Johnson), qui doit nourrir leur combat et leur rêve de demain ou d’après-demain. Dans un avenir totalement imprévisible, l’immense Russie sera peut-être la base arrière à partir de laquelle lancer la reconquête en vue de bâtir un empire qui s’étendrait de Dublin à Vladivostok et qui, par le détroit de Behring, serait tout proche du Pacific Northwest cher aux nationalistes blancs des États-Unis. Il y a là, malgré les exhalaisons putrides de l’hyperclasse mondialiste qui n’est que l’hyperpourriture, malgré les convulsionnaires d’Allah et tous ceux déjà mûrs pour la soumission, un mythe mobilisateur qui mérite qu’on lutte et, s’il le faut, qu’on meure pour lui ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Philippe Baillet&lt;br /&gt;
|titre=L’autre tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical&lt;br /&gt;
|année d'origine=2016&lt;br /&gt;
|éditeur=Akribeia&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782913612617&lt;br /&gt;
|page=450-453}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le bolchevisme est à l’ouest.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gandalf le Blanc, ''Démocratie Participative'', 1er mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce qui nous opprime, c’est le système occidental cosmopolite.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Hervé Ryssen, ''YouTube'', 27 février 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ceux qui aiment vraiment le peuple Ukrainien devraient se demander s’il sera mieux respecté et protégé durant ce siècle s’il :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- Entre dans l’UE et l’OTAN ?&lt;br /&gt;
2- Devient neutre (trait d’union entre Russie et Europe) ?&lt;br /&gt;
3- Intègre la Fédération de Russie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que l’option “réservoir à domestiques, putes et gros bras pour oligarques israéliens” c’est terminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Que souhaitez vous sincèrement à ce grand peuple ? Le même destin que le nôtre ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réfléchissez et vous saurez quoi penser de l’actualité. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Laurent Ozon, ''Telegram'', 1er mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après vous avoir persuadé qu’on ne pouvait naître sans assistance hôspitalière, vivre en bonne santé sans médicaments, faire pousser des plantes sans intrants chimiques, faire fonctionner une économie sans immigration massive, être libre sans journalisme, éduquer ses gosses sans éducation Nationale, vivre en sécurité sans flics et assurances, etc. On finira par nous persuader qu’on ne peut pas faire de gosses sans FIV, se déplacer sans pass, régler ses problèmes sans assistance psychologique, etc. La souveraineté profonde est l’enjeu de ce siècle. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Laurent Ozon, ''Telegram'', 11 septembre 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ils marchèrent longuement, sur une seule route, l’âme chevillée au corps. '''Ils marchèrent jusqu’au jour où ils rencontrèrent un Nègre. Ce jour-là, ils comprirent qu’ils étaient de retour chez eux.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Antoine Blondin&lt;br /&gt;
|titre=L’Europe buissonnière&lt;br /&gt;
|année d'origine=1949&lt;br /&gt;
|éditeur=Le Livre de Poche&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|page=435}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les USA ont un intérêt vital à ce que l’Europe abandonne le nucléaire car l’idée d’indépendance énergétique de l’Europe leur est insupportable.''' Dès lors, priver leurs concurrents de toute compétence nucléaire civile, est décisif puisque c’est simultanément leur interdire (et d’abord à la France) de pouvoir produire du combustible militaire, ce qui signifie leur retirer évidemment toute possibilité de dissuasion indépendante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 1994, Haroun Tazieff avait dénoncé la thèse officielle d’un ''trou légendaire'' dans la couche d’ozone. La menace climatique comme la menace islamiste n’ayant là pour attribution que d’unifier par l’angoisse les spectateurs aliénés derrière le gouvernement mondial de l’indistinction spectaculaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont les mêmes prédicateurs qui dans les années soixante-dix tenaient le discours d’un refroidissement global de la Terre qui aujourd’hui et avec le même aplomb, d’autant plus prétentieux qu’il est vide de tout raisonnement, plaident pour le dogme du réchauffement global en vue d’aboutir à la concentration des matières premières planétaires dans la dépendance des multinationales américaines, promotrices forcenées d’une ''gouvernance globale'' pour le développement durable de la marchandise. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Francis Cousin&lt;br /&gt;
|titre=Critique de la société de l’indistinction&lt;br /&gt;
|année d'origine=2007&lt;br /&gt;
|éditeur=Culture &amp;amp; Racines&lt;br /&gt;
|année=2021&lt;br /&gt;
|ISBN=9782491861247&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’inanité sanitaire, désormais démontrée, du confinement général contre le Covid confirme assez que la visée de ces interventions “non pharmaceutiques” est centralement politique.''' Si bien que leur intensité mesure moins le caractère désespéré de la situation épidémique que l’état de discrédit des institutions — quasi inexistantes en Suède, modérées en Allemagne, extrêmes en France ou en Italie. Le ministre belge de la Santé ne cachait pas, en novembre 2020, que la fermeture des commerces “non essentiels” ne visait qu’à “faire un électrochoc”. Le “pass sanitaire”, lui aussi, est tout sauf sanitaire. C’est un pass policier permettant de trier la population entre dociles et rebelles et d’assurer à terme son traçage volontaire. C’est un pass comportemental grâce auquel on peut forcer chacun à tout et n’importe quoi sous la menace de le lui retirer. C’est un pass financier visant à faire un grand pas dans le sens de l’identité numérique individuelle sans quoi toutes les données produites par les interactions électroniques, par tous les capteurs et objets connectés dont la 5G promet de saturer notre quotidien, sont presque sans valeur puisque sans support. Or le marché des objets connectés représente une manne estimée à 1 500 milliards à l’horizon 2025. En ce sens, le but de la vaccination est bien le pass, et non l’inverse. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anonyme&lt;br /&gt;
|titre=Manifeste conspirationniste&lt;br /&gt;
|année d'origine=2022&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|année=2022&lt;br /&gt;
|ISBN=9782021495669&lt;br /&gt;
|page=80-81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La communication a toujours été de guerre. Elle est née dans ce cadre-là, elle n’a jamais servi qu’à cela, particulièrement en “temps de paix”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anonyme&lt;br /&gt;
|titre=Manifeste conspirationniste&lt;br /&gt;
|année d'origine=2022&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|année=2022&lt;br /&gt;
|ISBN=9782021495669&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le véritable patriotisme n’est pas l’amour du sol, c’est l’amour du passé''', c’est le respect pour les générations qui nous ont précédés. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=De la manière d’écrire l’histoire en France et en Allemagne depuis cinquante ans&lt;br /&gt;
|auteur=Numa Denis Fustel de Coulanges&lt;br /&gt;
|publication=Revue des Deux Mondes&lt;br /&gt;
|date=1er septembre 1872&lt;br /&gt;
|numéro=101&lt;br /&gt;
|page=244}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Mein geheimster Gedanke ist, daß das alte Europa am Anfang seines Endes ist.''' Ich werde — entschlossen, mit ihm unterzugehen — meine Pflicht zu tun wissen. Das neue Europa ist andererseits noch im Werden; zwischen Anfang und Ende wird es ein Chaos geben.“&lt;br /&gt;
:— {{de}} Klemens Wenzel Lothar von Metternich, Brief an Karl Robert von Nesselrode, 1. September 1830&lt;br /&gt;
:« '''Ma pensée la plus secrète''', au reste, '''est celle que la vieille Europe est au commencement de la fin.''' Décidé à périr avec elle, je saurai faire mon devoir, et ce mot n’est pas seulement le mien ; c’est également celui de l’Empereur. La nouvelle Europe n’est, d’un autre côté, pas encore à son commencement ; entre la fin et le commencement se trouvera un chaos. »&lt;br /&gt;
:— {{fr}} Klemens Wenzel von Metternich, Lettre à Charles Robert de Nesselrode, 1er septembre 1830&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''C’est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Anouilh&lt;br /&gt;
|titre=Antigone&lt;br /&gt;
|année d'origine=1944&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de la Table ronde&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9782710300250&lt;br /&gt;
|page=29}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous sommes des révolutionnaires, socialistes qui avons rompu avec une social-démocratie enjuivée, nationalistes qui avons rompu avec un nationalisme trop étriqué.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Darnand&lt;br /&gt;
|publication=Devenir. Journal de combat de la communauté européenne&lt;br /&gt;
|date=Février 1944&lt;br /&gt;
|numéro=1&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous ne recherchons que l’homme. Nous n’avons pas besoin d’autres mondes. Nous avons besoin de miroirs.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme est parti à la découverte d’autres mondes, d’autres civilisations, sans avoir entièrement exploré ses propres abîmes, son labyrinthe de couloirs obscurs et de chambres secrètes, sans avoir percé le mystère des portes qu’il a lui-même condamnées. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stanisław Lem&lt;br /&gt;
|titre=Solaris&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Michel Jasienko&lt;br /&gt;
|année d'origine=1961&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio SF&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070422395&lt;br /&gt;
|page=116-248}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À peine sortis des massacres de la Commune, rappelons à ceux qui seraient tentés de l’oublier, que la gauche versaillaise, non moins que la droite, a commandé le massacre de Paris, et que l’armée des massacreurs a reçu les félicitations des uns comme celles des autres. '''Versaillais de droite et Versaillais de gauche doivent être égaux devant la haine du peuple''' : car contre lui toujours radicaux et jésuites sont d’accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne peut donc y avoir d’erreur, et tout compromis, toute alliance avec les radicaux doivent réputés trahison. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Le groupe ''La Commune révolutionnaire'' : Aberlen, Berton, Breuillé, Carné, Jean Clement, F. Cournet, Ch. Dacosta, Delles, A. Dérouilla, E. Eudes, H. Gausseron, E. Gois, A. Goullé, E. Granger, A. Huguenot, E. Jouanin, Lebrun, Léonce, Luillier, P. Mallet, Marguerittes, Constant-Martin, A. Moreau, H. Mortier, A. Oldrini, Pichon, A. Poirier, Rysto, B. Sachs, Solignac, Ed. Vaillant, Varlet. Viard, « Aux Communeux », Londres, juin 1874&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Sémites, c’est l’ombre dans le tableau de la civilisation, le mauvais génie de la terre. Tous leurs cadeaux sont des pestes. Combattre l’esprit et les idées sémitiques est la tâche de la race indo-aryenne. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gustave Tridon&lt;br /&gt;
|titre=Du Molochisme juif&lt;br /&gt;
|année d'origine=1884, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Édouard Maheu&lt;br /&gt;
|année=1884&lt;br /&gt;
|page=5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet esprit de la Franc-Maçonnerie, « c’est l’esprit du Judaïsme dans ses croyances les plus fondamentales ; ce sont ses idées ; c’est son langage ; c’est presque son organisation. Lorsque j’aborde le sanctuaire où s’accomplissent les travaux de l’ordre maçonnique, j’entends partout retentir les noms de Salomon et les souvenirs d’Israël. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=La Franc-Maçonnerie et le Judaïsme&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Cohen&lt;br /&gt;
|publication=La Vérité israélite&lt;br /&gt;
|date=1861&lt;br /&gt;
|tome=V&lt;br /&gt;
|page=74&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La société post-covid est une extension du secteur socio-professionnel tertiaire à toute l’existence''', avec ses emplois de bureau en espace climatisé, son télétravail largement répandu et ses faibles dépenses caloriques et énergétiques. C’est le monde morbide et dégénéré du bobo, du geek et du no-life, végane, anti-spéciste, cosmopolite, LGBT, masqué, confiné, vacciné et heureux de l’être. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Entretien avec Monika Berchvok&lt;br /&gt;
|auteur=Lucien Cerise&lt;br /&gt;
|publication=Rivarol&lt;br /&gt;
|date=27 janvier 2021&lt;br /&gt;
|url=https://rivarol.com/version-papier-1-an-d-archive/1327-rivarol-n3448-du-2122020-papier.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« ''Malo periculosam libertatem quam quietum servitium''. ['''Je préfère les dangers de la liberté au repos de la servitude.'''] »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Rafał Leszczyński cité par son fils Stanisław Leszczyński&lt;br /&gt;
|titre=La Voix libre du citoyen, ou Observations sur le gouvernement de Pologne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1749&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre-Joseph de Solignac&lt;br /&gt;
|éditeur=&lt;br /&gt;
|année=1749&lt;br /&gt;
|page=135}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les temps modernes ont eu pour tâche la réalisation et l’humanisation de Dieu — la transformation et la résolution de la théologie en anthropologie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ludwig Feuerbach&lt;br /&gt;
|titre=Manifestes philosophiques : Textes choisis&lt;br /&gt;
|année d'origine=1839-1845&lt;br /&gt;
|traducteur=Louis Althusser&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses universitaires de France&lt;br /&gt;
|année=1960&lt;br /&gt;
|page=128}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On aspirera sous une autre forme à éliminer l’âme, la vie de l’âme. Et le temps viendra, dans un avenir peut-être pas très lointain, où lors d’un Congrès comme celui qui s’est tenu en 1912, on verra se développer encore tout autre chose, où de tout autres tendances feront leur apparition, où l'on dira : parler d’esprit et d’âme, c’est pathologique ; seuls sont bien portants les gens qui ne parlent que du corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On considérera comme un symptôme pathologique le fait qu’un être humain se développe de façon telle qu’il en vienne à penser qu’il existe un esprit ou une âme. Ces gens seront des malades, et l’on trouvera, soyez-en sûrs, le remède qui agira sur ce mal. Dans le passé, on a éliminé l’esprit. On éliminera l’âme au moyen d’un médicament. En partant d’une “saine vue des choses”, '''on trouvera un vaccin grâce auquel l’organisme sera traité dès la prime jeunesse autant que possible''', si possible dès la naissance même, afin que ce corps n’en vienne pas à penser qu’il existe une âme et un esprit. — Les deux courants, les deux conceptions du monde s’opposeront radicalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’une réfléchira à la manière d’élaborer des concepts et des représentations qui soient à la mesure de la réalité véritable, de la réalité d’âme et d’esprit. Les autres, les successeurs des actuels matérialistes, chercheront le vaccin qui rendra les corps “sains”, c’est-à-dire constitués de telle façon qu’ils ne parleront plus de ces sottises que sont l’âme et l’esprit, mais, parce qu’ils seront “sains”, des forces mécaniques et chimiques qui, à partir de la nébuleuse cosmique, ont constitué les planètes et le soleil. On obtiendra ce résultat en manipulant les corps. '''On confiera aux médecins matérialistes le soin de débarrasser l’humanité des âmes.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Rudolf Steiner&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Cinquième conférence à Dornach&lt;br /&gt;
|année de la contribution=7 octobre 1917&lt;br /&gt;
|titre=La Chute des esprits des ténèbres&lt;br /&gt;
|traducteur=Henriette Bideau&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions Triades&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=104-105}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la Restauration a anobli le banquier et a donné la citoyenneté parisienne à Rothschild que Napoléon avait fait arrêter. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gabriele Adinolfi, ''Méridiens Zéro'', « Rencontre avec Gabriele Adinolfi », 20 juin 2010&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ces deux mots, laisser faire et laisser passer, étant deux sources continuelles d’actions, seraient donc pour nous deux sources continuelles de richesses.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vincent de Gournay&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Réflexions sur la contrebande&lt;br /&gt;
|année de la contribution=septembre 1753&lt;br /&gt;
|titre=Mémoires et lettres de Vincent de Gournay&lt;br /&gt;
|éditeur=Kinokuniya&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|page=34}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“[...] the State is an inherently illegitimate institution of organized aggression, of organized and regularized crime against the persons and properties of its subjects. Rather than necessary to society, it is a profoundly antisocial institution which lives parasitically off of the productive activities of private citizens.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=The Ethics of Liberty&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|éditeur=New York University Press&lt;br /&gt;
|année=1998&lt;br /&gt;
|ISBN=9780814775066&lt;br /&gt;
|section=part III, section 24&lt;br /&gt;
|page=187}}&lt;br /&gt;
:« [...] l’État est une institution fondamentalement illégitime qui se fonde sur l’agression systématisée, le crime organisé et banalisé contre la personne et la propriété de ses sujets. Loin d’être nécessaire à la société, c’est une institution profondément ''anti''-sociale qui parasite les activités productives des citoyens honnêtes. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=L’Éthique de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|traducteur=François Guillaumat et Pierre Lemieux&lt;br /&gt;
|éditeur=Belles Lettres&lt;br /&gt;
|collection=Laissez faire&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|ISBN=9782251410005&lt;br /&gt;
|chapitre=23&lt;br /&gt;
|page=248&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“These theorists have not given full attention to the fact that the world has always lived in an “international anarchy,” with no one government, or compulsory monopoly of decision-making, ''between'' various countries. And yet, international relations between ''private citizens'' of different countries have generally functioned quite smoothly, despite the lack of a single government over them.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=The Ethics of Liberty&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|éditeur=New York University Press&lt;br /&gt;
|année=1998&lt;br /&gt;
|ISBN=9780814775066&lt;br /&gt;
|section=part III, section 23&lt;br /&gt;
|page=181}}&lt;br /&gt;
:« On n’a pas assez réfléchi sur le fait que le monde a toujours existé dans un état d’''anarchie internationale'', sans gouvernement commun, sans monopole coercitif de la décision ''au-dessus'' des divers Etats. Pourtant, les relations internationales entre leurs ''citoyens privés'' ont généralement fonctionné assez correctement malgré cette absence d’un gouvernement unique au-dessus d’eux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=L’Éthique de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|traducteur=François Guillaumat et Pierre Lemieux&lt;br /&gt;
|éditeur=Belles Lettres&lt;br /&gt;
|collection=Laissez faire&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|ISBN=9782251410005&lt;br /&gt;
|chapitre=23&lt;br /&gt;
|page=239&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la puissance importe plus que la richesse''' ; mais pourquoi cela ? Parce que la puissance est pour un pays une force qui procure de nouveaux moyens de production, parce que les forces productives résident dans l’arbre sur lequel croissent les richesses, et que l’arbre qui porte le fruit a plus de prix que le fruit lui-même. La puissance importe plus que la richesse, parce qu’à l’aide de la puissance un pays non-seulement acquiert de nouveaux moyens de production, mais s’assure la possession des anciens et la jouissance des richesses déjà acquises, et parce que le contraire de la puissance ou la faiblesse livre aux mains des puissants tout ce que nous possédons, nos richesses, et de plus nos forces productives, notre civilisation, notre liberté, jusqu’à notre indépendance nationale [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Friedrich List&lt;br /&gt;
|titre=Système national d’économie politique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1841&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Richelot&lt;br /&gt;
|éditeur=Capelle&lt;br /&gt;
|année=1857&lt;br /&gt;
|page=153&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''Left to its own trajectory, within a few years, global civilization will be a postmodern surveillance dystopia, from which escape for all but the most skilled individuals will be impossible.''' In fact, we may already be there.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Julian Assange, ''Cypherpunks'' (2012)&lt;br /&gt;
:« '''À moins d’un changement de cap, la civilisation mondiale sera devenue d’ici à quelques années une dystopie de surveillance postmoderne, à laquelle seuls les plus habiles auront une chance de se soustraire.''' »&lt;br /&gt;
:— Julian Assange, ''Menace sur nos libertés'' (2013)&lt;br /&gt;
{{Center|Julian Assange|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il faut déjà cesser de déléguer à des personnes qui servent manifestement d’autres communautés le monopole de représenter publiquement et médiatiquement notre courant de pensée, notre culture, notre patrimoine, notre civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alain Escada, Conférence à la 12ème journée de Synthèse Nationale, 14 octobre 2018&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seul possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l’histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Renaud Camus&lt;br /&gt;
|titre=Le Grand Remplacement&lt;br /&gt;
|année d'origine=2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Reinharc&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|ISBN=9782358690317&lt;br /&gt;
|page=Quatrième de couverture}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai toujours lu que le monde — terre et eau — était sphérique, et les autorités et les expériences que Ptolémée et tous les autres ont décrites sur ce point prouvent et enseignent cela aussi bien par les éclipses de Lune que par les autres démonstrations qu’ils font depuis l’Orient jusqu’à l’Occident, et par l’élévation du pôle, du nord au midi. A ce moment, je trouvai, comme je l’ai dit, une telle dissemblance à ces vues que je réexaminai cette idée du monde et trouvai qu’il n’était pas rond de la manière qu’on le décrit, mais de la forme d’une poire qui serait toute très ronde, sauf à l’endroit où se trouve la queue qui est le point plus élevé ; ou bien encore, comme une balle très ronde sur un point de laquelle serait posé comme un téton de femme, et que la partie de ce mamelon fût la plus élevée et la plus voisine du ciel, et située sous la ligne équinoxiale en cette mer Océane, à la fin de l’Orient. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ptolémée et les autres savants qui écrivirent des choses de ce monde crurent qu’il était sphérique, estimant que cet hémisphère était rond comme celui où ils se trouvaient, dont le centre est dans l’île d’Arin située sous la ligne équinoxiale, entre le golfe Arabique et le golfe Persique, avec la circonférence qui passe au ponant par le cap Saint-Vincent au Portugal, et à l’orient par Cangara et par les Seras. Pour cet hémisphère, je ne trouve aucune difficulté à ce qu’il soit d’une rondeur sphérique comme ils le disent. Mais pour cet autre, je soutiens qu’il est comme serait la moitié d’une poire bien ronde qui aurait l’extrémité élevée comme je l’ai dit, ou comme serait un téton de femme sur une pelote ronde. Ainsi donc ni Ptolémée ni les autres qui écrivirent à propos du monde, n’eurent connaissance de cette moitié qui était alors très ignorée. Ils établirent leur jugement à partir seulement de l’hémisphère où ils se trouvaient, qui est d’une rondeur sphérique comme je l’ai dit plus haut. Maintenant que Vos Altesses ont fait naviguer, chercher et découvrir cet autre hémisphère, il se révèle à l’évidence. [...] L’Écriture sainte témoigne que Notre Seigneur fit le Paradis terrestre, qu’il y mit l’arbre de vie et que de là sort une source d’où naissent en ce monde quatre fleuves principaux : le Gange aux Indes, le Tigre et l’Euphrate en Asie lesquels séparent les montagnes forment la Mésopotamie et coulent ensuite en Perse, et le Nil qui naît en Éthiopie et se jette dans la mer à Alexandrie. Je ne trouve pas ni n’ai jamais trouvé un écrit des Latins ou des Grecs qui, d’une manière certaine, dise en quel point de ce monde est le Paradis Terrestre. [...] je suis convaincu que là est le Paradis terrestre, où personne ne peut arriver si ce n’est par la volonté divine. Je crois que cette terre dont Vos Altesses ont ordonné maintenant la découverte sera immense et qu’il y en aura beaucoup d’autres dans le Midi dont on n’a jamais eu connaissances. je ne conçois pas que le Paradis terrestre ait la forme d’une montagne abrupte, comme les écrits à son propos nous le montrent, mais bien qu’il est sur ce sommet, en ce point que j’ai dit, qui figure le mamelon de la poire, où l’on s’élève, peu à peu, par une pente prise de très loin. Je crois que personne ne pourrait atteindre ce sommet, ainsi que je l’ai dit, que cette eau peut venir de là, bien que ce soit loin, et qu’elle va se jeter là d’où je viens où elle forme un lac. Ce sont là de grands indices du Paradis terrestre, car la situation est conforme à l’opinion qu’en ont lesdits saints et savants théologiens. Et les signes sont très sûrs eux-mêmes, car je n’ai jamais lu, ni ouï dire, que pareille quantité d’eau douce fût ainsi à l’intérieur de l’eau salée et voisinant avec elle. De même vient à l’appui de cela la très douce température. Et si ce n’est pas du Paradis que cette eau descend, ce me paraît une plus grande merveille encore parce que je ne crois pas que l’on connaisse au monde fleuve si grand et si profond. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Christophe Colomb&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Lettre aux Rois Catholiques sur le troisième voyage aux Indes (1498)&lt;br /&gt;
|titre=La découverte de l’Amérique&lt;br /&gt;
|traducteur=Michel Lequenne et Soledad Estorach&lt;br /&gt;
|éditeur=La Découverte&lt;br /&gt;
|année=1984&lt;br /&gt;
|tome=1&lt;br /&gt;
|page=123-156}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je suis las des musées, — cimetières des arts.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre|&lt;br /&gt;
|auteur=Alphonse de Lamartine&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Voyage en Orient&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Lamartine&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1835&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette, Pagnerre, Furne&lt;br /&gt;
|année=1856-1857&lt;br /&gt;
|tome=7&lt;br /&gt;
|section=Athènes (18 août 1832)&lt;br /&gt;
|page=95}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je reçois encore des menaces de mort tous les jours.''' Le sexe interracial a du mal à être accepté. Pour certaines personnes, c’est sûrement tabou. Mais ce n’est pas grave. On a tellement de fans à côté de ça qui nous aiment et nous soutiennent. Je préfère me concentrer là-dessus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Rencontre avec le «Spielberg du porno»&lt;br /&gt;
|auteur=Greg Lansky [Grégory Aouizerate]&lt;br /&gt;
|publication=HuffPost Québec&lt;br /&gt;
|date=1er février 2019&lt;br /&gt;
|url=https://quebec.huffingtonpost.ca/2019/02/01/rencontre-avec-le-spielberg-du-porno_a_23658922&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nature ne connaît ni différents États ni divers souverains, ne s’embarrassant pas non plus s’ils sont amis ou ennemis, ni s’ils se font la guerre, pourvu qu’ils ne la lui déclarent pas. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Le Pesant de Boisguilbert&lt;br /&gt;
|titre=Dissertation sur la nature des richesses&lt;br /&gt;
|année d'origine=1707&lt;br /&gt;
|éditeur=Institut Coppet&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|chapitre=5&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''On ne naît pas femme : on le devient.''' Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un ''Autre''. En tant qu’il existe pour soi l’enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d’abord le rayonnement d’une subjectivité, l’instrument qui effectue la compréhen­sion du monde : c’est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu’ils appréhendent l’univers. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Simone de Beauvoir&lt;br /&gt;
|titre=Le Deuxième Sexe&lt;br /&gt;
|année d'origine=1949&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070323524&lt;br /&gt;
|tome=II&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Expliquez-moi, de grâce, pourquoi il est ridicule de croire à Dieu, tandis qu’il n’est pas ridicule de croire à l’humanité''' ; pourquoi il est stupide de croire au règne céleste, tandis qu’il est intelligent de croire aux utopies terrestres ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Herzen&lt;br /&gt;
|titre=De l’autre rive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1850&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexandre Alexandrovitch Herzen&lt;br /&gt;
|éditeur=Slatkine&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|page=155}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;lt;...&amp;gt; '''два убо Рима падоша, а третий стоит, а четвертому не быти.'''»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Филофей Псковский, Письмо Василию III, 1510-1511&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:« '''La première et la deuxième Rome [Constantinople] sont tombées, la Troisième est debout, de quatrième il n’y en aura point.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Philothée de Pskov, Lettre à Vassili III, 1510-1511&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Nation bourgeoise se meurt et la Nation socialiste croît. L’idée nationale a cessé d’être un moyen de puissance aux mains de la bourgeoisie contre le prolétariat et se retourne contre celle-ci. La grande dialectique de l’Histoire fait de l’idée nationale un moyen de puissance du prolétariat contre la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Heinrich Laufenberg cité par Louis Dupeux&lt;br /&gt;
|titre=National Bolchevisme&lt;br /&gt;
|année d'origine=1979&lt;br /&gt;
|traducteur=Louis Dupeux&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Honoré Champion&lt;br /&gt;
|année=1979&lt;br /&gt;
|volume=1&lt;br /&gt;
|page=121&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Die nationalsozialistische Bewegung Großdeutschlands hat seit ihrer Entstehung den Kampf gegen das Weltjudentum auf ihre Fahnen geschrieben, Sie hat deshalb schon immer mit besonderer Sympathie den Kampf der Freiheitsliebenden Araber, vor allem in Palästina gegen die jüdischen Eindringlinge verfolgt.''' Die Erkenntnis dieses Feindes und der gemeinsame Kampf gegen ihn bilden die feste Grundlage des natürlichen Bündnisses zwischen dem nationalsozialistischen Großdeutschland und den freiheitsliebenden Mohammedanern der ganzen Welt. In diesem Sinne übermittle ich Ihnen am Jahrestag der unseligen Balfour-Deklaration meine herzlichsten Grüße und Wünsche für die glückliche Durchführung Ihres Kampfes bis zum Endsieg.“&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Heinrich Himmler, Telegramm an den Großmufti von Jerusalem, Mohammed Amin al-Husseini, 2. November 1943&lt;br /&gt;
:« '''Depuis le début, le mouvement national-socialiste de la grande Allemagne est un étendard dans la lutte contre la juiverie mondiale. Notre mouvement suit de très près la bataille des Arabes pour leur indépendance, en particulier en Palestine contre les envahisseurs juifs.''' La reconnaissance commune de l’ennemi et la lutte ensemble contre lui est ce qui fonde la base solide de la relation entre les nationaux-socialistes de la Grande Allemagne et les musulmans du monde épris de liberté. En ce jour malheureux de l’anniversaire de la déclaration Balfour, je suis heureux de vous transmettre mes vœux chaleureux pour la poursuite de votre combat jusqu’à la grande victoire. »&lt;br /&gt;
:— Heinrich Himmler, télégramme au grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini, 2 novembre 1943&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Cette guerre n’a pas le Kosovo pour enjeu mais l’Europe toute entière. Vous voyez l’arbre mais non la forêt. La forêt, c’est la domination américaine en Europe.''' Nous, nous ne voulons pas que cette domination s’étende aussi au Kosovo. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Entretien avec Zivadin Jovanovic : les États-Unis bombardent l’Europe !&lt;br /&gt;
|auteur=Renato Farina&lt;br /&gt;
|publication=Il Giornale&lt;br /&gt;
|date=12 avril 1999&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stéphane Mallarmé&lt;br /&gt;
|titre=Poésies&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Brise Marine&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1865&lt;br /&gt;
|éditeur=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1914&lt;br /&gt;
|page=43&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nation, qui enferme les riches et les pauvres dans un réseau de solidarités, est pour les privilégiés une gêne de tous les instants. Elle est la condition d’existence d’institutions comme la Sécurité sociale qui est, en pratique, un système de redistribution nationale, incompréhensible sans l’hypothèse d’une communauté d’individus solidaires et égaux. '''L’antinationalisme est, pour des classes supérieures qui veulent se débarrasser de leurs obligations, fonctionnel, efficace et discret.''' Il tend à délégitimer l’égalitarisme interne à la société, en activant le projet parfaitement honorable d’un dépassement du nationalisme et des phénomènes d’agressivité entre peuples. [...] '''Les classes supérieures françaises semblent caractérisées, en cette fin de XXe siècle, par une véritable horreur de la nation en tant que telle, qui n’évoque plus, pour elles, que la guerre et le racisme anti-immigrés.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Emmanuel Todd&lt;br /&gt;
|titre=L’Illusion économique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=153-154&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le Paris des bac +5 (ou plus vraisemblablement +2) s’est enflammé pour la défense des droits des immigrés, après s’être ému des problèmes des sans-papiers, mais il n’arrive toujours pas à s’intéresser au peuple des provinces, torturé par une politique européenne et économique qui n’en finit pas de faire monter le taux de chômage.''' [...] Partout l’émergence d’une strate culturelle supérieure, comprenant en gros 20 % de la population, semble briser l’homogénéité de la nation et rendre possible une solidarité supranationale des privilégiés. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Emmanuel Todd&lt;br /&gt;
|titre=L’Illusion économique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous les arts ont produit des merveilles ; l’art de gouverner n’a produit que des monstres [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Louis Antoine de Saint-Just &lt;br /&gt;
|titre=Œuvres de Saint-Just represéntant du peuple à la Convention nationale&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Discours sur la constitution à donner à la France&lt;br /&gt;
|année de la contribution=24 avril 1793&lt;br /&gt;
|éditeur=Prévot&lt;br /&gt;
|année=1834&lt;br /&gt;
|page=69&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après vous avoir déclaré, Monsieur, combien je suis docile à l’autorité de la religion, je dois vous avouer combien je suis indocile à toute autorité de philosophie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fénelon&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Fénelon, archevêque de Cambrai&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Lettres sur la religion&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1718&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Talbot&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Leroux et Jouby&lt;br /&gt;
|année=1851&lt;br /&gt;
|volume=1&lt;br /&gt;
|section=Lettre IV&lt;br /&gt;
|page=124&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un temps viendra, dans le cours des siècles, où l’Océan élargira la ceinture du globe, pour découvrir à l’homme une terre immense et inconnue ; la mer nous révélera de nouveaux mondes, et Thulé ne sera plus la borne de l’univers. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Sénèque le Jeune&lt;br /&gt;
|titre=Médée&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Greslou&lt;br /&gt;
|éditeur=Charles-Louis-Fleury Panckoucke&lt;br /&gt;
|année=1834&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=273&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« N’y allez pas. Penser contre son temps, c’est de l’héroïsme. Mais le dire, c’est de la folie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Eugène Ionesco&lt;br /&gt;
|titre=Tueur sans gages&lt;br /&gt;
|année d'origine=1959&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070365760&lt;br /&gt;
|page=165&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Sed quid turba Remi ? sequitur fortunam, ut semper, et odit damnatos. [...] Iam pridem, ex quo suffragia nulli uendimus, effudit curas ; nam qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, '''panem et circenses'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Juvénal, ''Satires'', X, 77–81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souveraineté du peuple est une hérésie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Charles Maignen&lt;br /&gt;
|titre=La Souveraineté du peuple est une hérésie. À propos d’une brochure du R. P. Maumus.&lt;br /&gt;
|année d'origine=1892&lt;br /&gt;
|éditeur=A. Roger et F. Cernoviz&lt;br /&gt;
|année=1892&lt;br /&gt;
|page=55&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ne vois-tu pas que les établissements humains les plus antiques et les plus sages, les États et les nations, sont aussi les plus religieux, que les époques les plus éclairées sont celles de la plus grande piété ?''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Xénophon&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Xénophon&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Mémoires sur Socrate&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Talbot&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1859&lt;br /&gt;
|livre=I&lt;br /&gt;
|chapitre=4&lt;br /&gt;
|page=24&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vouloir donner à de telles lois [les droits de l’homme] un caractère d’universalité et d’immutabilité serait imposer à la liberté de l’homme le joug le plus absurde. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Charles-Louis de Haller&lt;br /&gt;
|traducteur=Charles-Louis de Haller&lt;br /&gt;
|titre=Restauration de la science politique [Restauration der Staatswissenschaften]&lt;br /&gt;
|année d'origine=1816–1834&lt;br /&gt;
|éditeur=Rusand&lt;br /&gt;
|année=1824&lt;br /&gt;
|tome=1&lt;br /&gt;
|page=208}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“But Catholic wisdom, sustained by the precepts of natural and divine law, provides with especial care for public and private tranquility in its doctrines and teachings regarding the duty of government and the distribution of the goods which are necessary for life and use. For, while the socialists would destroy the &amp;quot;right&amp;quot; of property, alleging it to be a human invention altogether opposed to the inborn equality of man, and, claiming a community of goods, argue that poverty should not be peaceably endured, and that the property and privileges of the rich may be rightly invaded, the Church, with much greater wisdom and good sense, recognizes the inequality among men, who are born with different powers of body and mind, inequality in actual possession, also, and holds that the right of property and of ownership, which springs from nature itself, must not be touched and stands inviolate. For she knows that stealing and robbery were forbidden in so special a manner by God, the Author and Defender of right, that He would not allow man even to desire what belonged to another, and that thieves and despoilers, no less than adulterers and idolaters, are shut out from the Kingdom of Heaven.”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|titre=Quod Apostolici Muneris&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=28 décembre 1878&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://w2.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_28121878_quod-apostolici-muneris.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Quant à la tranquillité publique et domestique, la sagesse catholique, appuyée sur les préceptes de la loi divine et naturelle, y pourvoit très prudemment par les idées qu’elle adopte et qu’elle enseigne sur le droit de propriété et sur le partage des biens qui sont acquis pour la nécessité et l’utilité de la vie. Car, tandis que les socialistes présentent le droit de propriété comme étant une invention humaine, répugnant à l’égalité naturelle entre les hommes, tandis que, prêchant la communauté des biens, ils proclament qu’on ne saurait supporter patiemment la pauvreté et qu’on peut impunément violer les possessions et les droits des riches, l’Église reconnaît beaucoup plus utilement et sagement que l’inégalité existe entre les hommes naturellement dissemblables par les forces du corps et de l’esprit, et que cette inégalité existe même dans la possession des biens ; elle ordonne, en outre, que le droit de propriété et de domaine, provenant de la nature même, soit maintenu intact et inviolable dans les mains de qui le possède ; car elle sait que le vol et la rapine ont été condamnés par Dieu, l’auteur et le gardien de tout droit, au point qu’il n’est même pas permis de convoiter le bien d’autrui, et que les voleurs et les larrons sont exclus, comme les adultères et les idolâtres, du royaume des cieux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Quod Apostolici Muneris&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=28 décembre 1878&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://w2.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_28121878_quod-apostolici-muneris.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The Fathers of the field had been pretty confusing: John von Neumann speculated about computers and the human brain in analogies sufficiently wild to be worthy of a medieval thinker and Alan M. Turing thought about criteria to settle '''the question of whether Machines Can Think''', a question of which we now know that it '''is about as relevant as the question of whether Submarines Can Swim.'''”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=The threats to computing science, EWD898&lt;br /&gt;
|auteur=Edsger Dijkstra&lt;br /&gt;
|publication=ACM South Central Regional Conference&lt;br /&gt;
|date=1984&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|url=https://www.cs.utexas.edu/users/EWD/transcriptions/EWD08xx/EWD898.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« '''[...] la question de savoir si les machines peuvent penser [...] est à peu près aussi pertinente que celle de savoir si les sous-marins peuvent nager.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=The threats to computing science, EWD898&lt;br /&gt;
|auteur=Edsger Dijkstra&lt;br /&gt;
|publication=ACM South Central Regional Conference&lt;br /&gt;
|date=1984&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|url=https://www.cs.utexas.edu/users/EWD/transcriptions/EWD08xx/EWD898.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“In old days men had the rack. Now they have the press. That is an improvement certainly. But still it is very bad, and wrong, and demoralising. Somebody — was it [[Edmund Burke|Burke]]? — called journalism the fourth estate. That was true at the time, no doubt. But at the present moment it really is the only estate. It has eaten up the other three. The Lords Temporal say nothing, the Lords Spiritual have nothing to say, and the House of Commons has nothing to say and says it. '''We are dominated by Journalism.''''''”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|titre=The Soul of Man under Socialism&lt;br /&gt;
|auteur=Oscar Wilde&lt;br /&gt;
|publication=The Fortnightly Review. New Series.&lt;br /&gt;
|date=February 1891&lt;br /&gt;
|volume=49 (Old Series: Volume 55)&lt;br /&gt;
|numéro=290&lt;br /&gt;
|page=292-319&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Au temps jadis, on avait le chevalet de torture. Aujourd’hui on a la presse. Assurément c’est un progrès. Mais c’est encore chose mauvaise, nuisible, démoralisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:Quelqu’un — était-ce [[Edmund Burke|Burke]], — a dit que la presse est le quatrième État. Évidemment c’était vrai alors. Mais à l’heure actuelle, c’est en réalité le seul État, il a mangé les trois autres. Les lords temporels ne disent rien, les lords ecclésiastiques n’ont rien à dire. La Chambre des Communes n’a rien à dire, et elle le dit ; '''nous sommes dominés par le journalisme.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Le Portrait de Monsieur W. H.&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Âme humaine sous le régime socialiste&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1891&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Savine&lt;br /&gt;
|auteur=Oscar Wilde&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1906&lt;br /&gt;
|page=304-305&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À qui veut régénérer une société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines. La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d’où est née la société. Aussi, s’écarter de la fin, c’est aller à la mort ; y revenir, c’est reprendre vie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Rerum Novarum, Lettre encyclique de sa sainteté le pape Léon XIII&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=1891&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=https://w2.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut donc bien se garder d’attribuer aux lois physiques les maux qui sont la juste et inévitable punition de la violation de l’ordre même de ces lois, instituées pour opérer le bien. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=François Quesnay&lt;br /&gt;
|titre=Journal de l’agriculture, du commerce et des finances&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1765&lt;br /&gt;
|éditeur=Knapen&lt;br /&gt;
|année=1765&lt;br /&gt;
|tome=II&lt;br /&gt;
|page=17&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous savons, sans qu’on nous le dise, que le Perse a des forces mille fois plus importantes que les nôtres. Cependant, la liberté nous est si chère que nous nous défendrons comme nous pourrons. [...] Les Lacédémoniens ont eu peur que nous ne traitions avec les Barbares, et leur crainte est fort naturelle, mais c’est, semble-t-il, bassement mettre en doute la noblesse d’Athènes, quand vous la connaissez bien, quand vous savez qu’il n’y a pas au monde assez d’or, une terre assez extraordinaire par sa richesse et sa beauté, pour que nous consentions à ce prix à nous ranger du côté du Perse et à réduire la Grèce en esclavage. Il existe de nombreuses raisons graves pour nous en empêcher, quand nous voudrions le faire, et la première et la plus grave, ce sont les images et les demeures de nos dieux, incendiées, gisant à terre, qui exigent de nous une vengeance éclatante plutôt qu’un accord avec l’auteur de ce crime ; ensuite, il y a le monde grec, uni par la langue et par le sang, les sanctuaires et les sacrifices qui nous sont communs, nos mœurs qui sont les mêmes, et cela, des Athéniens ne sauraient le trahir. Sachez donc, si par hasard vous ne le saviez pas encore, qu’aussi longtemps qu’il y aura sur terre un Athénien, nous ne pactiserons pas avec Xerxès. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hérodote&lt;br /&gt;
|titre=L’Enquête&lt;br /&gt;
|traducteur=Andrée Barguet&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|livre=VIII&lt;br /&gt;
|page=143-144}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Die ganzen Zahlen hat der liebe Gott gemacht, alles andere ist Menschenwerk.'''“&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=de&lt;br /&gt;
|auteur=Leopold Kronecker zitiert bei Heinrich Weber&lt;br /&gt;
|titre=Leopold Kronecker&lt;br /&gt;
|année d'origine=1891–1892&lt;br /&gt;
|éditeur=Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung&lt;br /&gt;
|année=1891–1892&lt;br /&gt;
|volume=2&lt;br /&gt;
|page=19}}&lt;br /&gt;
:« '''Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l’œuvre de l’homme.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Leopold Kronecker cité par Heinrich Weber&lt;br /&gt;
|titre=Leopold Kronecker&lt;br /&gt;
|année d'origine=1891–1892&lt;br /&gt;
|éditeur=Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung&lt;br /&gt;
|année=1891–1892&lt;br /&gt;
|volume=2&lt;br /&gt;
|page=19}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=L’homme et le fantôme&lt;br /&gt;
|auteur=André Malraux&lt;br /&gt;
|publication=L’Express&lt;br /&gt;
|numéro=104&lt;br /&gt;
|date=21 mai 1955&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The monopolization of money and banking is the ultimate pillar on which the modern state rests. In fact, it has probably become the most cherished instrument for increasing state income. For nowhere else can the state make the connection between redistribution-expen- diture and exploitation-return more directly, quickly and securely than by monopolizing money and banking. And nowhere else are the state’s schemes less clearly understood than here.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Hans-Hermann Hoppe&lt;br /&gt;
|titre=The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|éditeur=Ludwig von Mises Institute&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|ISBN=9780945466406&lt;br /&gt;
|page=89}}&lt;br /&gt;
:« La monopolisation de la monnaie et de la banque est le dernier pilier sur lequel repose l’État moderne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:—{{fr}} Hans-Hermann Hoppe, ''The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy'' (1993)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''notre siècle, qui se croit destiné à changer les lois en tout genre''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean le Rond D’Alembert&lt;br /&gt;
|titre=Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Discours préliminaire de l’Encyclopédie&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1751&lt;br /&gt;
|éditeur=Le Breton, Durand, Briasson, Michel-Antoine David&lt;br /&gt;
|année=1751&lt;br /&gt;
|tome=I&lt;br /&gt;
|page=xxi&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«'''Мы не будем шарлатанить и станем заявлять прямо, что на этом свете ничего не разберешь. Всё знают и всё понимают только дураки да шарлатаны.'''»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Антон Чехов, Письмо Ивану Щеглову, 9 июня 1888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:« '''Nous ne ferons pas les charlatans et nous déclarerons tout simplement qu’il n’y a rien à comprendre dans ce monde. Ceux qui savent et comprennent tout ne sont que des sots et des charlatans.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Anton Tchekhov, Lettre à Ivan Chtchéglov, 9 juin 1888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s’en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, sœurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n’admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon cœur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l’as créé avec magnificence, c’est toi que j’invoque : '''montre-moi un homme qui soit bon !'''... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d’étonnement : on meurt à moins. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Comte de Lautréamont&lt;br /&gt;
|titre=Les Chants de Maldoror&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|éditeur=Wittmann&lt;br /&gt;
|année=1874&lt;br /&gt;
|page=11&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''France, mère des arts, des armes et des loix''',&lt;br /&gt;
Tu m’as nourri long temps du laict de ta mammelle,&lt;br /&gt;
Ores, comme un aigneau qui sa nourrice appelle,&lt;br /&gt;
Je remplis de ton nom les antres et les bois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si tu m’as pour enfant advoué quelquefois,&lt;br /&gt;
Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle ?&lt;br /&gt;
France, France, respons à ma triste querelle :&lt;br /&gt;
Mais nul, sinon Écho, ne respond à ma voix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,&lt;br /&gt;
Je sens venir l’hyver, de qui la froide haleine&lt;br /&gt;
D’une tremblante horreur fait herisser ma peau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Las, tes autres aigneaux n’ont faute de pasture,&lt;br /&gt;
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :&lt;br /&gt;
Si ne suis-je pourtant le pire du troppeau. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Joachim du Bellay, ''Les Regrets'' (1558), IX&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage''',&lt;br /&gt;
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,&lt;br /&gt;
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,&lt;br /&gt;
Vivre entre ses parents le reste de son aage ! »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Joachim du Bellay, ''Les Regrets'' (1558), XXXI&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,&lt;br /&gt;
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,&lt;br /&gt;
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin&lt;br /&gt;
De toute passion vigoureuse et profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre cervelle est vide autant que votre sein,&lt;br /&gt;
Et vous avez souillé ce misérable monde&lt;br /&gt;
D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,&lt;br /&gt;
Que la mort germe seule en cette boue immonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin'''&lt;br /&gt;
Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,&lt;br /&gt;
Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,&lt;br /&gt;
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,&lt;br /&gt;
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Leconte de Lisle&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres de Leconte de Lisle&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Poèmes barbares&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1862&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Alphonse Lemerre&lt;br /&gt;
|année=1889&lt;br /&gt;
|section=« Aux modernes »&lt;br /&gt;
|page=356&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''It is no coincidence that the century of total war coincided with the century of central banking.'''”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Ron Paul&lt;br /&gt;
|titre=End the Fed&lt;br /&gt;
|année d'origine=2009&lt;br /&gt;
|éditeur=Grand Central Publishing&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9780446549196&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
:« '''Ce n’est pas un hasard si le siècle de la guerre totale a coïncidé avec le siècle des banques centrales.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Ron Paul&lt;br /&gt;
|titre=End the Fed&lt;br /&gt;
|année d'origine=2009&lt;br /&gt;
|éditeur=Grand Central Publishing&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9780446549196&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La LICRA, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Marc-Édouard Nabe, « Apostrophes », ''Antenne 2'', 15 février 1985&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation''', les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle — tous éléments créés par l’initiative capitaliste. [...] L’histoire de l’équipement productif d’énergie, depuis la roue hydraulique jusqu’à la turbine moderne, ou l’histoire des transports, depuis la diligence jusqu’à l’avion. L’ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l’atelier artisanal et la manufacture jusqu’aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d’autres exemples du même processus de mutation industrielle — si l’on me passe cette expression biologique — qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, '''en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de '''Destruction Créatrice''' constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c’est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s’y adapter.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Schumpeter&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme, socialisme, démocratie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1942&lt;br /&gt;
|traducteur=Gaël Fain&lt;br /&gt;
|éditeur=Payot&lt;br /&gt;
|année=1951&lt;br /&gt;
|page=163-164}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La franc-maçonnerie est une fabrique de juifs synthétiques.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Serge de Beketch, Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?, 27 mars 1998&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a dans la promptitude à raisonner une sorte de volupté qui est encore une volupté de l’amour-propre, de la chair et du monde. On ne voit point d’homme, s’il est capable d’y réussir, qui n’éprouve de la complaisance pour les jeux subtils de la dialectique : c’est qu’ils démontrent son habileté et lui promettent une victoire. Il a moins de goût pour la vérité, dont l’évidence l’humilie. Que pour l’argument, dont l’invention le flatte. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Louis Lavelle&lt;br /&gt;
|titre=La Conscience de soi&lt;br /&gt;
|année d'origine=1933&lt;br /&gt;
|éditeur=Christian de Bartillat&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|chapitre=II&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’État n’a aucune justification morale ni scientifique, mais [...] constitue le pur produit de l’émergence de la violence dans les sociétés humaines.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pascal Salin&lt;br /&gt;
|titre=Libéralisme&lt;br /&gt;
|année d'origine=2000&lt;br /&gt;
|éditeur=Odile Jacob&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|ISBN=9782738108098&lt;br /&gt;
|page=517}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice''' ; elle doit protéger cette nouveauté et l’introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hannah Arendt&lt;br /&gt;
|titre=La Crise de la culture&lt;br /&gt;
|année d'origine=1961&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Lévy&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070325030&lt;br /&gt;
|page=241}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Sommes-nous le dépotoir du monde ? Par toutes nos routes d’accès, transformées en grands collecteurs, coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est l’immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l’affreuse misère andalouse, de la semence d’Abraham et du bitume de Judée ; c’est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux. Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollacks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d’armes, pistoleros en détresse, espions, usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils arrivent de tous les côtés, sans relâche, sur les océans, par-dessous les montagnes, à pleins trains, à pleins paquebots. Ils arrivent et on les attend. De &amp;quot;gauche&amp;quot; ou de &amp;quot;droite&amp;quot;, ils ont toujours des amis. Révolution et coups d’État en offrent l’incessant prétexte. Sous couleur de droit d’asile, on laisse entrer pêle-mêle et sans la moindre précaution réfugiés politiques et condamnés de droit commun - tous d’accord au moins sur un point : le droit qu’ils s’arrogent de nous traiter en pays conquis. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri Béraud&lt;br /&gt;
|titre=Gringoire : Écrits 1928-1937&lt;br /&gt;
|année d'origine=7 août 1936&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Paris&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|ISBN 9782851621030&lt;br /&gt;
|page=328}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’univers n’est pas infini dans l’espace, mais que l’espace n’a pas pour autant de frontières. La gravité est si forte que l’espace est refermé sur lui-même, le rendant plutôt semblable à la surface de la Terre. Si quelqu’un avance dans une certaine direction à la surface de la Terre, il ne se heurtera jamais à une barrière infranchissable ni ne tombera du bord ; il finira par revenir à son point de départ. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stephen Hawking&lt;br /&gt;
|titre=Une brève histoire du temps&lt;br /&gt;
|année d'origine=1988&lt;br /&gt;
|traducteur=Isabelle Naddeo-Souriau&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1989&lt;br /&gt;
|ISBN 9782080812386&lt;br /&gt;
|page=36}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Court est le temps qui t’est laissé. Vis comme sur une montagne. Car il n’importe en rien de vivre ici ou là, si partout tu te conduis dans le monde comme dans une cité.''' Que les hommes voient et observent un homme qui vit avec la nature en véritable conformité. S’ils ne le souffrent pas, qu’ils te tuent ! Cela vaut mieux que de vivre comme eux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Marc Aurèle&lt;br /&gt;
|titre=Pensées pour moi-même&lt;br /&gt;
|traducteur=Mario Meunier&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1984&lt;br /&gt;
|ISBN 9782080700162&lt;br /&gt;
|section=XV&lt;br /&gt;
|page=147}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La grande question qui se pose ici est de savoir pourquoi les Arabes, qui n’étaient certainement pas plus nombreux que les Germains, n’ont pas été absorbés comme eux par les populations de ces régions de civilisation supérieure dont ils se sont emparés ? Tout est là. Il n’est qu’une réponse et elle est d’ordre moral. Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au christianisme de l’Empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C’est cela et cela seul qui les rend inassimilables. Car pour le reste, ils n’ont pas plus de préventions que les Germains contre la civilisation de ceux qu’ils ont conquis. Au contraire, ils se l’assimilent avec une étonnante rapidité ; en science, ils se mettent à l’école des Grecs ; en art, à celle des Grecs et des Perses. Ils ne sont même pas fanatiques, du moins au début, et n’entendent pas convertir leurs sujets. Mais ils veulent les faire obéir au seul dieu, Allah, à son prophète Mahomet et, puisqu’il était Arabe, à l’Arabie. Leur religion universelle est en même temps nationale. Ils sont les serviteurs de Dieu. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Islam signifie résignation ou soumission à Dieu et Musulman veut dire soumis. Allah est un et il est logique dès lors que tous ses serviteurs aient pour devoir de l’imposer aux incroyants, aux infidèles. Ce qu’ils se proposent, ce n’est pas, comme on l’a dit, leur conversion, mais leur sujétion. C’est cela qu’ils apportent avec eux. Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles leur seront utiles. Ils y sont poussés d’ailleurs, par leurs propres conquêtes. Pour gouverner l’Empire qu’ils ont fondé, ils ne peuvent plus s’appuyer sur leurs institutions tribales ; de même les Germains n’ont pu imposer les leurs à l’Empire romain. La différence est que partout où ils sont, ils dominent. Les vaincus sont leurs sujets, payent seuls l’impôt, sont hors de la communauté des croyants. La barrière est infranchissable ; aucune fusion ne peut se faire entre les populations conquises et les Musulmans. Quel contraste formidable avec un Théodoric qui se met au service de ses vaincus et cherche à s’assimiler à eux !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les Germains, le vainqueur ira au vaincu spontanément. Chez les Arabes c’est le contraire, c’est le vaincu qui ira au vainqueur et il n’y pourra aller qu’en servant, comme lui, Allah, en lisant, comme lui, le Coran, donc en apprenant la langue qui est la langue sainte en même temps que la langue maîtresse. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri Pirenne&lt;br /&gt;
|titre=Mahomet et Charlemagne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1937&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses Universitaires de France&lt;br /&gt;
|année=1992&lt;br /&gt;
|page=109-110}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Louis Pauwels, « Le Monome des zombies », ''Figaro Magazine'', 6 décembre 1986&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous proposons donc de ranger sous le nom de ''complexe de Prométhée'' toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gaston Bachelard&lt;br /&gt;
|titre=La Psychanalyse du feu&lt;br /&gt;
|année d'origine=1938&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio essais&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|ISBN 9782070323258&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gaston Bachelard&lt;br /&gt;
|titre=La Psychanalyse du feu&lt;br /&gt;
|année d'origine=1938&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio essais&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|ISBN 9782070323258&lt;br /&gt;
|page=187}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il n’y avait pas eu l’Allemagne, nous vivrions aujourd’hui sous la domination des Rouges. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Philip K. Dick&lt;br /&gt;
|titre=Le Maître du Haut Château&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Parsons&lt;br /&gt;
|collection=J’ai Lu&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Même si tu es vaincu, même si tu meurs, même si l’on t’a rayé de la carte, même si l’on ne prononce plus ton nom, mon peuple, tu ressusciteras. Tu ressusciteras aussi longtemps que tu auras gardé au fond de ta conscience ton type fondamental dont les racines puisent une nouvelle et plus forte sève dans les os sacrés des morts. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gonzague de Reynold&lt;br /&gt;
|titre=Expérience de la Suisse&lt;br /&gt;
|année d'origine=1970&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Nuithonie&lt;br /&gt;
|année=1970&lt;br /&gt;
|page=264}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La loi naturelle, est en définitive le seul rempart valide contre l’arbitraire du pouvoir ou des tromperies de la manipulation idéologique.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première préoccupation de tous — et particulièrement pour qui a la responsabilité publique, est donc d’aider au progrès de la conscience morale. Tel est le progrès fondamental et sans ce progrès, tous les autres progrès ne sont pas de vrais progrès. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{fr}} Benoît XVI, Discours au Congrès international sur la Loi morale naturelle, Université du Latran, 12 février 2007&lt;br /&gt;
:“'''Natural law is, definitively, the only valid bulwark against the arbitrary power or the deception of ideological manipulation.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:The first duty for all, and particularly for those with public responsibility, must therefore be to promote the maturation of the moral conscience. This is the fundamental progress without which all other progress proves non-authentic.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{en}} Benedict XVI, Address to the participants of the International Congress on Natural Moral Law, Pontifical Lateran University, February 12, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la société est toujours gouvernée par un petit nombre d’hommes, par une ''élite'', alors même qu’elle semble avoir une constitution absolument démocratique''' ; c’est ce qu’on a reconnu depuis les temps les plus reculés. Dans la démocratie athénienne il y avait les démagogues, c’est-à-dire les “conducteurs du peuple”, et Aristophane, dans ses ''Chevaliers'', nous les montre se rendant maîtres du peuple privé de bon sens. De nos jours la démocratie française, anglaise, des État-Unis, etc., sont en fait, gouvernés par un petit nombre de politiciens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vilfredo Pareto&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Manuel d’économie politique&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1906&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes&lt;br /&gt;
|traducteur=Giovanni Busino&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Droz&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|tome=VII&lt;br /&gt;
|page=422-423}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous naissons tous fous. Quelques uns le demeurent.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Samuel Beckett&lt;br /&gt;
|titre=En attendant Godot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1948&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Minuit&lt;br /&gt;
|année=1952&lt;br /&gt;
|ISBN=9782707301482&lt;br /&gt;
|page=113&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Théophile Gautier, « Malaga », in ''Voyage en Espagne'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois''', laquelle leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ayn Rand&lt;br /&gt;
|titre=La Grève&lt;br /&gt;
|année d'origine=1957&lt;br /&gt;
|traducteur=Sophie Bastide-Foltz&lt;br /&gt;
|éditeur=Les Belles Lettres&lt;br /&gt;
|année=2017&lt;br /&gt;
|section=troisième partie, chap. VII&lt;br /&gt;
|page=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La marine marchande qui étonne le plus par ses progrès, est celle des États-Unis, qui n’ont point de colonies. '''Les vraies colonies d’un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde.''' Tout peuple commerçant doit désirer qu’ils soient tous indépendants, pour qu’ils deviennent tous plus industrieux et plus riches ; car plus ils sont nombreux et productifs, et plus ils présentent d’occasions et de facilités pour des échanges. Ces peuples alors deviennent pour vous des amis utiles, et qui ne vous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d’entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où l’on sera honteux de tant de sottise, et où les colonies n’auront plus d’autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean-Baptiste Say&lt;br /&gt;
|titre=Traité d’économie politique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1803&lt;br /&gt;
|éditeur=O. Zeller&lt;br /&gt;
|année=1841&lt;br /&gt;
|page=233&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais la bourgeoisie d’aujourd’hui est plus intelligente que celle d’hier car elle a compris qu’il fallait rester dans le brouillage de classes, et officiellement le concept de classes n’existe pas. '''La nouvelle bourgeoisie n’assume pas sa position de classe. Elle est excellente dans la promotion de la société ou de la ville ouverte, alors que ce sont les gens qui sont le plus dans les stratégies d’évitement, de renforcement de position de classe, mais avec un discours d’ouverture.''' Et quand le peuple conteste ce modèle, on l’ostracise. C’est pour cela que je dis que l’antifascisme est devenu une arme de classe, car cette arme n’est utilisée que par la bourgeoisie. Ce n’est pas un hasard si les antifascistes dans les manifestations sont des enfants de la bourgeoisie. Et tout cela dit un mépris de classe. Parce que personne ne va être pour le racisme et pour le fascisme. En réalité, derrière tout cela, il s’agit d’ostraciser le peuple lui-même, les classes populaires. C’est aussi une façon de délégitimer leur diagnostic, parce qu’en réalité, le “populisme”, c’est le diagnostic des gens d’en bas, et la bourgeoisie s’en démarque en se voyant en défenseur de la démocratie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Christophe Guilluy : “La France d’en haut s’est structurée autour d’Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d’en bas, lui, est complètement dispersé”&lt;br /&gt;
|auteur=Christophe Guilluy&lt;br /&gt;
|publication=Atlantico&lt;br /&gt;
|date=23 Septembre 2017&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-france-en-haut-est-structuree-autour-emmanuel-macron-pour-proteger-interets-monde-en-bas-lui-est-completement-3172492.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On a existé pendant dix ans et puis l’un des membres a écrit à Sarkozy pour lui demander de reconstruire la Bastille en lui disant que, quand elle avait été démolie, l’ordre ancien l’avait été également, le bonheur et la raison aussi. La brèche s’était ouverte sur la cruauté en plus de la volonté de renouvellement et, avec le temps, cette volonté s’est amenuisée tandis que les émanations du chaos se sont renforcées. '''Il fallait donc restaurer la Bastille pour juguler la destruction de la Terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Sergueï Nossov : « À l’époque, à Saint-Pétersbourg, il y avait autant de chiens que de poètes ! »&lt;br /&gt;
|auteur=Sergueï Nossov&lt;br /&gt;
|publication=Le Courrier de Russie&lt;br /&gt;
|date=21 avril 2016&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=https://www.lecourrierderussie.com/culture/2016/04/serguei-nossov-vie-raisonnable/&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La majorité ne fait pas la vérité, c’est la vérité qui doit faire la majorité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mgr Lefebvre&lt;br /&gt;
|titre=Ils l’ont découronné&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|éditeur=Fideliter/Clovis&lt;br /&gt;
|année=1987&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
{{Center|Mgr Lefebvre|}}&lt;br /&gt;
« En général, l’enfant présente à l’état passager des caractères mentaux qui se retrouvent à l’état fixe dans les civilisations primitives, à peu près comme l’embryon humain présente à l’état passager des caractères physiques qui se trouvent à l’état fixe dans des classes d’animaux inférieurs. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hippolyte Taine&lt;br /&gt;
|titre=De l’intelligence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1870&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1870&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Some socialists seem to believe that people should be numbers in a state computer. We believe they should be individuals. We’re all unequal. No one, thank heavens, is quite like anyone else, however much the socialists may pretend otherwise. And we believe that everyone has the right to be unequal. But to us, every human being is equally important. A man’s right to work as he will, to spend what he earns, to own property, to have the state as servant and not as master, they’re the essence of a free economy and on that freedom all our other freedoms depend.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} Margaret Thatcher, Speech to the Conservative Party Conference, 10 October, 1975&lt;br /&gt;
:« Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des nombres dans un ordinateur de l’État. Nous croyons qu’ils devraient être des individus. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, ne ressemble à personne. Nous pensons que chacun a le droit d’être inégal même si, pour nous, chaque être humain est également important. Le droit d’un homme de travailler comme il l’entend, de dépenser ce qu’il gagne, de disposer de biens, d’avoir dans l’État un serviteur et non un maître, voilà l’essence d’une économie libre. Et de cette liberté, toutes les libertés dépendent. »&lt;br /&gt;
:— {{fr}} Margaret Thatcher, Discours à la conférence du parti conservateur, 10 Octobre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La guerre n’est rien d’autre que la continuation des relations politiques avec l’appoint d’autres moyens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Carl von Clausewitz&lt;br /&gt;
|titre=De la Guerre&lt;br /&gt;
|année d'origine=1832&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Naville&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Minuit&lt;br /&gt;
|année=1955&lt;br /&gt;
|section=IIIe partie&lt;br /&gt;
|page=703}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''You know what the fellow said — in Italy, for thirty years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland, they had brotherly love, they had five hundred years of democracy and peace — and what did that produce? The cuckoo clock.''' So long Holly.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} ''The Third Man'' (1949), Harry Lime [Orson Welles]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il embrassa la mer d’un regard et se rendit compte de l’infinie solitude où il se trouvait.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ernest Hemingway&lt;br /&gt;
|titre=Le Vieil Homme et la Mer&lt;br /&gt;
|année d'origine=1952&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean Dutourd&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070360079&lt;br /&gt;
|page=69}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Que dites-vous ?... C’est inutile ?... Je le sais !&lt;br /&gt;
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !&lt;br /&gt;
'''Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !''' »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Edmond Rostand&lt;br /&gt;
|titre=Cyrano de Bergerac&lt;br /&gt;
|année d'origine=1897&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080700315&lt;br /&gt;
|section=acte V, scène 6&lt;br /&gt;
|page=417}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''Let your boat of life be light, packed with only what you need - a homely home and simple pleasures, one or two friends, worth the name, someone to love and someone to love you, a cat, a dog, and a pipe or two, enough to eat and enough to wear, and a little more than enough to drink; for thirst is a dangerous thing.'''”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} Jerome K. Jerome, ''Three Men in a Boat'' (1889), Chapter 3&lt;br /&gt;
:« '''Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose dangereuse.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Jerome K. Jerome&lt;br /&gt;
|titre=Trois hommes dans un bateau&lt;br /&gt;
|année d'origine=1889&lt;br /&gt;
|traducteur=Déodat Serval, révisée par André Topia&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|page=76}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s’éclairer sans se corrompre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Restif de La Bretonne&lt;br /&gt;
|titre=Le Pornographe&lt;br /&gt;
|année d'origine=1770&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Nourse/Gosse &amp;amp; Pinet&lt;br /&gt;
|année=1770&lt;br /&gt;
|page=302}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les mêmes qui pleurent le maïs modifié marient l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, veulent donner à l’enfant des parents du même sexe, accepter que le fœtus soit créé ici, porté là-bas, nourri ailleurs, qu’il naisse en pipette ou qu’il soit introduit dans l’utérus d’une vieille folle qui veut encore sentir son ventre, tout cela n’a pas d’importance. Mais que personne ne touche aux légumes ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pasquin&lt;br /&gt;
|titre=Pasquin concentré non sucré&lt;br /&gt;
|année d'origine=2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de l’Homme Nouveau&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|ISBN=9782915988376&lt;br /&gt;
|section=Tas de betteraves !&lt;br /&gt;
|page=71}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J’ai d’ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. '''Allons chercher l’ennemi : si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Harangue prononcée à ses hommes&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri de la Rochejaquelein cité par Louis-Gabriel Michaud&lt;br /&gt;
|titre=Biographie universelle, ancienne et moderne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1824&lt;br /&gt;
|éditeur=Michaud&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|tome=38&lt;br /&gt;
|section=« Rochejaquelein (Henri de la) »&lt;br /&gt;
|page=317-325}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=René Char&lt;br /&gt;
|titre=Fureur et mystère&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1948&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|section=« Feuillets d’Hypnos »&lt;br /&gt;
|page=98}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Islam, un des malheurs du monde, un Judaïsme pour les brutes et qui ramasse tout ce qu’Israël imagina de moins spirituel et de plus inhumain, l’Islam est l’égout de la Bible avec des relents d’hérésie chrétienne et le fatras du paganisme arabe, une coulée de boue sur le visage de l’espèce humaine et l’on préfère le néant à ce qu’il nous apporte (ou, si l’on veut, le Communisme, lequel ne lui fera pas grâce et lui ressemble trop pour l’épargner longtemps). Un musulman est toujours une brute, au moins par de certains côtés, sa foi l’oblige à l’arrogance, il mêle à la présomption l’humilité qu’il rend démonstrative et ses rigueurs l’attachent à la complaisance la moins sujette à la mesure. Religion — dit Levi-Strauss — religion de corps de garde (le règlement, les revues de détail et pas de femmes, enfin la bougrerie avec un peu de cuistrerie et l’étalage le plus sale de nos besoins les plus grossiers), vivant dans un chaos perpétuel et rétablissant l’ordre à coups de hache, sans foyer, cité ni patrie, niant le monde qu’elle déifie en ne le sachant pas. L’Islam est une foi qui n’apprenant jamais, refuse de comprendre et qui revient de tout en ne s’acheminant à rien, et ses fidèles sont des mules qui tournent dans le cercle, les yeux bandés et n’avançant d’un pas. Ses peuples ? Le fumier de l’avenir, à moins qu’ils ne se rendent communistes et n’aillent baiser le tombeau du Juif Lénine sous les icônes du Juif Marx. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Albert Caraco, ''Journal d’une année'' (1957)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un cendrier a pour moi autant de valeur que la Piéta de Michel-Ange''' [...]. Je veux renouer avec cet art facile, immédiat et amusant que tout le monde comprend. L’esthétique est pour moi un grand facteur discriminant pour les gens. Ils pensent que l’art est au-dessus d’eux, et cela je n’aime pas. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jeff Koons, ''Le Figaro'', 6 octobre 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mon travail est contre la critique. Il combat la nécessité d’une fonction critique de l’art et cherche à abolir le jugement, afin que l’on puisse regarder le monde et l’accepter dans sa totalité. Il s’agit de l’accepter pour ce qu’il est. Si l’on fait cela, on efface toute forme de ségrégation et de création de hiérarchies. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jeff Koons, entretien avec Bernard Blistène, Dossier de presse de l’exposition Jeff Koons, la rétrospective, 26 novembre 2014 – 27 avril 2015, Centre Georges Pompidou, p. 11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il ne peut exister de culture de I’interrogation seule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Malraux, « Un humanisme universel », ''Liberté de l’esprit'', nº 11-12, juin-juillet 1950&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protégera un peu plus le trésor du monde.'''''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Taxez-moi de romantisme. Qu’importe ! Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le romancero du Cid ou le visage hugolien de “l’enfant grec”. C’est le tombeau des Invalides ou le grand aigle de Schœnbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la porte de Brandebourg, devenu le poste frontière de l’Europe mutilée. '''Pour ces pierres, ces aigles et ces croix ; pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères ; pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un plus grand passé, lecteurs, la lutte ne sera jamais vaine.''' Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles de l’Est, tu symbolises notre esprit de résistance. '''Et toi, Alexandre, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l'''Europe impériale...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean de Brem&lt;br /&gt;
|titre=Le Testament d’un Européen &lt;br /&gt;
|année d'origine=1964, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Dualpha&lt;br /&gt;
|section=Introduction à l’histoire de l’Europe&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=16}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« ''Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. '''Chacun de nous est le dernier des Européens'''. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurai pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume : le Testament d’un Européen.'' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean de Brem&lt;br /&gt;
|titre=Le Testament d’un Européen &lt;br /&gt;
|année d'origine=1964, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Dualpha&lt;br /&gt;
|section=Introduction à l’histoire de l’Europe&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=7-8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il est vrai, comme nous l’avons observé pour la droite orléaniste et le bonapartisme, que la droite est en général formée de traditions de gauche qui sont passées à droite, le moment ne serait pas venu en 1954 ou plus tard, d’enregistrer le passage à droite de nouvelles tendances ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jules Monnerot&lt;br /&gt;
|titre=Inquisitions&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1974&lt;br /&gt;
|éditeur=José Corti&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|section=La droite, la gauche et la logique de monsieur Rémond&lt;br /&gt;
|page=51}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un jour, le gauchisme s’en prendra, dans son désir d’effacer les structures, aux espèces et le malentendu au sujet de la protection de la nature sera éclairci.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Vertu de l’isolation&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Hainard&lt;br /&gt;
|publication=CoÉvolution&lt;br /&gt;
|numéro=8-9&lt;br /&gt;
|date=printemps-été 1982&lt;br /&gt;
|page=21-23&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’art contemporain est une « vidange généralisée des valeurs. »'''&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=De Immundo&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2004&lt;br /&gt;
|éditeur=Galilée&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|page=40}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le temps du dégoût a remplacé l’âge du goût. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=De Immundo&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2004&lt;br /&gt;
|éditeur=Galilée&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|section=« Présentation »&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Église autant que l’État ne semblent plus agir que mus par la haine de la Beauté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=L’Hiver de la culture&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, les politiques, qui ont la charge disent-ils de “faire l’Europe”, ne semblent chez eux nulle part. Souvent peu cultivés, peu lettrés, indifférents à ce que fut ce passé, soucieux plutôt d’en effacer la trace, acharnés à dénier un héritage qui leur paraît être un fardeau, ils sont les inventeurs à Bruxelles et à Strasbourg d’une nouvelle Babel, bruissante des milliers de traducteurs que leurs discours supposent. Mais celle-ci, privée d’espoir, est plus proche du cône imaginé par Dante, qui s’enfonçait dans la Terre au fond duquel Lucifer s’ennuie, que de l’édifice orgueilleux dépeint par Bruegel et quelques autres qui, du moins, s’élevait vers les cieux, et vers Dieu. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=Lait noir de l’aube&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2007&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|section=« Printemps, La Chine », novembre 2006&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''vient le moment où des nations autres, des religions, des croyances, des langues différentes, plus vigoureuses, plus sûres d’elles-mêmes, font la vidange et prennent la place.''' Soutiers, boueux, balayeurs, hommes des peine et femmes de ménage, tous chargés du soin des vieilles sociétés d’Occident, déposeront bientôt le corps affaibli dont ils ont la charge. Un pays qui n’est plus conscient ni fier de ses propres idéaux finit seulement par appeler pluralisme ou tolérance ce qui n’est qu’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=Journal atrabilaire&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2006&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=L’Un et l’Autre&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
From a “purely race-biological standpoint,” it was a shame to have the two best “German peoples” of the world at war with each other while all the “nonwhite, black, yellow, Jewish and mixed races” stood by, rubbing their hands with glee.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l’Allemagne&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt&lt;br /&gt;
|titre=Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226080901&lt;br /&gt;
|page=276}}&lt;br /&gt;
:« Du pur point de vue biologique de la race, c’est un désastre de voir les deux meilleurs peuples germaniques du monde se faire la guerre pendant que les races non blanches, noire, jaune, Juive et mélangées restent là en se frottant les mains. »&lt;br /&gt;
:— Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l’Allemagne&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt&lt;br /&gt;
|titre=Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226080901&lt;br /&gt;
|page=276}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi...''' Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds... Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— François-Athanase de Charette de La Contrie, harangue prononcée à ses hommes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le monde n’a été créé qu’en vue d’Israël, voilà pourquoi la terre entière est un lieu qui lui sied. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Juda Loew ben Bezalel, ''Netzah’ Israel'' [L’Éternité d’Israël] (1599), chap. 24, p. 122&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Entre les forces de la tradition et celles de l’avancée permanente, de la mise à l’écart, de la destruction, il y aura la guerre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Botho Strauss&lt;br /&gt;
|titre=Le Soulèvement contre le monde secondaire&lt;br /&gt;
|année d'origine=1990&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Arche&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782851813701&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Être de droite, non par conviction bon marché, pour des visées vulgaires, mais de tout son être, c’est céder à la puissance supérieure d’un souvenir, qui s’empare de l’''être humain'', et pas tant du citoyen, qui l’isole et l’ébranle au milieu des rapports modernes et éclairés où il mène son existence habituelle.''' Cette pénétration n’a pas besoin de la mascarade abominable et ridicule d’une imitation servile, ni qu’on aille fouiller la brocante de l’histoire du malheur. Il s’agit d’un acte de soulèvement autre : soulèvement contre la domination totalitaire du présent qui veut ravir à l’individu et extirper de son champ toute présence d’un passé inexpliqué, d’un devenir historique, d’un temps mythique. À la différence de l’imagination de gauche qui parodie l’histoire du Salut, l’imagination de droite ne se brosse pas le tableau d’un royaume à venir, elle n’a pas besoin d’utopie, mais elle cherche le rattachement à la longue durée, celle que rien n’ébranle, elle est selon son essence souvenir de ce qui gît au fond de nous, et dans cette mesure elle est une initiation religieuse ou protopolitique. Elle est toujours et existentiellement une imagination de la Perte et non de la Promesse (terrestre). C’est donc une imagination de poète, depuis Homère jusqu’à Hölderlin. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Botho Strauss&lt;br /&gt;
|titre=Le Soulèvement contre le monde secondaire&lt;br /&gt;
|année d'origine=1990&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Arche&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782851813701&lt;br /&gt;
|page=69-70}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Jamais on n’a autant discuté des tableaux et jamais ceux-ci n’ont eu aussi peu d’influence sur l’âme et l’esprit de l’homme, sur la société, l’économie et l’État ; et il en est ainsi non seulement des œuvres modernes, mais de tous les tableaux en général. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Max Picard&lt;br /&gt;
|titre=De la désintégration des formes dans l’art moderne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1954&lt;br /&gt;
|traducteur=Tony Faivre&lt;br /&gt;
|éditeur=E. Vitte&lt;br /&gt;
|année=1960&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust n’ont eu besoin de l’appui de l’État pour écrire ce qu’ils ont écrit, ni l’œuvre d’un Wajda, d’un Tadeusz Kantor ou d’un Grotowski n’a résulté des subventions culturelles du socialisme. Et ces six créateurs, bien qu’ils ne soient pas faciles et qu’ils exigent de leurs lecteurs ou spectateurs un effort intellectuel, ont trouvé un public qui pour les six est allé en s’élargissant, comme les cercles concentriques. Une société doit avoir l’art et la littérature qu’elle mérite : ceux qu’elle est capable de produire et ceux qu’elle est prête à payer. Et il est bon que les citoyens assument aussi dans ce domaine leurs propres responsabilités sans y renoncer devant les fonctionnaires, pour éclairés qu’ils soient. [...] Cela ne signifie évidemment pas que l’État n’ait aucune responsabilité culturelle. Il en a une, l’éducation. [...] mais en matière d’éducation non plus l’État ne doit pas seul avoir voix au chapitre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mario Vargas Llosa&lt;br /&gt;
|titre=Les enjeux de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Bensoussan&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Hors Série&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070745562&lt;br /&gt;
|page=40}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jean Mermoz, ''Mes vols'' (1937), éd. Flammarion, chap. 1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Plaise à Dieu que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles. Plaise à Dieu que le peuple espagnol, si riche en qualités dignes d’être aimées, trouve dans la paix, la Patrie, le Pain et la Justice [...]. Que notre Seigneur accepte ma mort en sacrifice pour compenser en partie ce qu’il y a eu d’égoïsme et de vain dans ma vie. Je pardonne de toute mon âme à tous ceux qui ont pu me faire du tort ou m’offenser, sans aucune exception et je prie que tous ceux auxquels je dois la réparation d’un dommage grand ou petit me pardonnent [...]. Je veux être enterré conformément au rite de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, que je pratique, en terre bénite et sous la protection de la Croix. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=José Antonio Primo de Rivera&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Testamento (18 novembre 1936)&lt;br /&gt;
|titre=Escritos y Discursos. Obras Completas (1922-1936)&lt;br /&gt;
|traducteur=Arnaud Imatz&lt;br /&gt;
|éditeur=Instituto de Estudios Políticos&lt;br /&gt;
|année=1976&lt;br /&gt;
|page=1097}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À travers la volonté générale, le peuple-roi coïncide désormais mythiquement avec le pouvoir ; cette croyance est la matrice du totalitarisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=François Furet&lt;br /&gt;
|titre=Penser la Révolution française&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1978&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1978&lt;br /&gt;
|page=232}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On prétend que les filles de nos jours mûrissent plus vite qu’autrefois. Physiologiquement, c’est vrai. Mais, en un autre sens, elles sont au contraire en retard sur leurs aînées. Moralement, elles restent enfants plus longtemps. Il suffit pour s’en convaincre de voir la façon dont elles s’habillent et se coiffent. Leurs cheveux flottants, leurs minijupes, leurs nuisettes, leurs shorts sont comme le symbole de leur adoration pour l’enfance. Elles ne veulent pas devenir adultes, elles refusent d’assumer les responsabilités inhérentes à l’âge adulte. Et cependant, comme toutes les enfants, elles souhaitent qu’on les prenne pour des grandes personnes, elles souhaitent être libres d’accomplir ce qu’elles croient être des actes d’adultes. C’est cette attitude qui, parfois, conduit au drame. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Agatha Christie, ''Némésis'' (1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On multiplie partout les manifestations sportives, hein ? Vraiment, quel signe de décadence ! Le genre de spectacle qu’il faudrait montrer aux gens, on ne le leur fait jamais voir ; ce qu’il faudrait leur montrer, ce sont les exécutions capitales. Pourquoi ne sont-elles pas publiques ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Yukio Mishima&lt;br /&gt;
|titre=Le Pavillon d’Or&lt;br /&gt;
|année d'origine=1956&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1975&lt;br /&gt;
|page=168}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;[...] '''corruptissima republica plurimae leges.'''&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cornelius Tacitus, ''Annales'', III, 27&lt;br /&gt;
:« [...] '''et jamais les lois ne furent plus multipliées que lorsque l’État fut le plus corrompu.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Tacite&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Annales&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Tacite&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Burnouf&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1872&lt;br /&gt;
|page=110}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il restait au moins à chaque corps, à chaque communauté de citoyens le droit d’administrer ses propres affaires ; droit que nous ne disons pas qui fusse partie de la constitution primitive du royaume, car il remonte bien plus haut : c’est le droit naturel, c’est le droit de la raison. Cependant il a été aussi enlevé a vos sujets, sire, et nous ne craindrons pas de dire que l’administration est tombée à cet égard dans des excès qu’on peut nommer puérils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis que des ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point laisser convoquer d’assemblée nationale, on en est venu, de conséquences en conséquences, jusqu’à déclarer nulles les délibérations des habitants d’un village quand elles ne sont pas autorisées par l’intendant ; en sorte que si cette communauté a une dépense à faire, quelque légère qu’elle soit, il faut prendre l’attache du subdélégué de l’intendant, par conséquent suivre le plan qu’il a adopté, employer les ouvriers qu’il favorise, les payer suivant son arbitrage ; et si la communauté a un procès à soutenir, il faut aussi qu’elle se fasse autoriser par l’intendant ; il faut que la cause de la communauté soit plaidée à ce premier tribunal avant d’être portée à la justice ; et si l’avis de l’intendant est contraire aux habitants, ou si leur adversaire a du crédit à l’intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, sire, par quels moyens on a travaillé à étouffer en France tout esprit municipal, à éteindre, si on le pouvait, jusqu’aux sentiments de citoyens ; on a, pour ainsi dire, interdit à la nation entière, et on lui a donné des tuteurs. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes&lt;br /&gt;
|titre=Mémoires pour servir à l’histoire du droit public de la France en matière d’impôts&lt;br /&gt;
|année d'origine=1779&lt;br /&gt;
|éditeur=Bruxelles&lt;br /&gt;
|année=1779&lt;br /&gt;
|page=654}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Car, hélas ! tout s’en va. Depuis seulement que j’existe il s’est fait plus de mouvement dans les idées et dans les coutumes de mon village, qu’il ne s’en était vu durant des siècles avant la révolution.''' Déjà la moitié des cérémonies celtiques, païennes ou moyen âge, que j’ai vues encore en pleine vigueur dans mon enfance, se sont effacées. Encore un ou deux ans peut-être, et les chemins de fer passeront leur niveau sur nos vallées profondes, emportant, avec la rapidité de la foudre, nos antiques traditions et nos merveilleuses légendes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=George Sand&lt;br /&gt;
|titre=La Mare au diable&lt;br /&gt;
|année d'origine=1846&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=154}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans la lettre à Jaubert elle affirme : “Nous parlons ici le berrichon pur et le français le plus primitif.” Elle le redit en 1846 dans son article de ''L’Éclaireur'' : “C’est dans la Vallée-Noire qu’on parle le vrai, le pur berrichon, qui est le vrai français de Rabelais.” Dans ''Les Noces de campagne'' elle complète l’idée en assurant : “Le Berry est resté stationnaire et je crois qu’après la Bretagne et quelques provinces de l’extrême midi de la France, c’est le pays le plus ''conservé'' qui se puisse trouver à l’heure qu’il est.” En 1844 avaient paru les trois premiers volumes de l'''Histoire du Berry'' de Raynal qui lui ont appris qu’on retrouvait dans le Berry des traces de la civilisation gauloise. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=George Sand&lt;br /&gt;
|titre=La Mare au diable&lt;br /&gt;
|année d'origine=1846&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|section=Notice&lt;br /&gt;
|page=221-222}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la contraception, qui est faire l’amour sans faire l’enfant, la fécondation extracorporelle, qui est faire l’enfant sans faire l’amour, l’avortement, qui est défaire l’enfant, et la pornographie, qui est défaire l’amour, ne sont pas conformes à la dignité naturelle de l’homme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jérôme Lejeune, « Existe-t-il une morale naturelle ? », in Actes du Congrès international de théologie morale sur « Humanæ Vitæ : vingt ans plus tard », Académie pontificale des sciences, Rome, 9-12 novembre 1988&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46048</id>
		<title>Johann Gottfried von Herder</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Johann_Gottfried_von_Herder&amp;diff=46048"/>
		<updated>2026-07-31T16:07:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : Page créée avec « {{Image|Johann Gottfried von Herder|}} == Citations ==  « Qui peut, aussi peu ou tout autant qu’il en escompte, méconnaître tout à fait ''l’analogie'' qui se t... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Johann Gottfried von Herder|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Qui peut, aussi peu ou tout autant qu’il en escompte, méconnaître tout à fait ''l’analogie'' qui se trouve au fondement des langues ? Puisqu’''un seul'' peuple humain habite la Terre, il n’existe qu’''une seule'' langue humaine ; et puisque cette grande espèces s’est nationalisée en autant de petits types régionaux, il n’en va pas autrement de son langage. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Traité sur l’origine des langues&lt;br /&gt;
|année d'origine=1771&lt;br /&gt;
|traducteur=Lionel Duvoy&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782844853639&lt;br /&gt;
|page=175}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Herder, Johann Gottfried von}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fiodor_Dosto%C3%AFevski&amp;diff=46047</id>
		<title>Fiodor Dostoïevski</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Fiodor_Dosto%C3%AFevski&amp;diff=46047"/>
		<updated>2026-07-30T15:02:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Fiodor Dostoïevski 2|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Regardez tous ces gens qui se dressent au-dessus du peuple chrétien, n’ont-ils pas altéré l’image de Dieu et sa vérité ? Ils ont la science assujettie aux sens. Quant au monde spirituel, la moitié supérieure de l’être humain, on le repousse, on le bannit allègrement, même avec haine. Le monde a proclamé la liberté [...] ; mais que représente cette liberté ! Rien que l’esclavage et le suicide ! Car le monde dit : “Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands, et les riches. Ne crains pas donc pas de les assouvir, accrois-les même” ; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins ? Chez les riches, la ''solitude'' et le suicide ''spirituel'' ; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. '''On assure que le monde, en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s’unira toujours davantage, que la fraternité régnera. Hélas ! Ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l’accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d’habitudes et d’imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s’envier mutuellement, pour la sensualité et l’ostentation'''. [...] quant aux pauvres, l’inassouvissement des besoins et de l’envie sont pour le moment noyés dans l’ivresse. Mais bientôt, au lieu de vin, ils s’enivreront de sang, c’est le but vers lequel on les mène. Dites-moi si un tel homme est libre. Un “champion de l’idée” me racontait un jour qu’étant en prison on le priva de tabac et que cette privation lui fut si pénible qu’il faillit trahir son “idée” pour en obtenir. Or cet individu prétendait “lutter pour l’humanité”. De quoi peut-il être capable ? Tout au plus d’un effort momentané, qu’il ne soutiendra pas longtemps. Rien d’étonnant à ce que les hommes aient rencontré la servitude au lieu de la liberté, et qu’au lieu de servir la fraternité et l’union ils soient tombés dans la désunion et la solitude [...]. Aussi le dévouement à l’humanité, de la fraternité, de la solidarité disparaît-elle graduellement dans le monde ; en réalité, on l’accueille même avec dérision, car comment se défaire de ses habitudes, où ira ce prisonnier des besoins innombrables par lui inventés ? Dans la solitude, il se soucie fort peu de la collectivité. En fin de compte, les biens matériels se sont accrus et la joie a diminué. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=425-426}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des siècles passeront et l’humanité proclamera par la bouche de ses savants et de ses sages qu’il n’y a pas de crimes, et, par conséquent, pas de péché ; qu’il n’y a que des affamés. “Nourris-les, et alors exige d’eux qu’ils soient “vertueux” ! Voilà ce qu’on inscrira sur l’étendard de la révolte qui abattra ton temple. À sa place '''un nouvel édifice s’élèvera, une seconde tour de Babel, qui restera sans doute inachevée, comme la première ; mais tu aurais pu épargner aux hommes cette nouvelle tentative et mille ans de souffrance.''' Car ils viendront nous trouver, après avoir peiné mille ans à bâtir leur tour ! [...] Aucune science ne leur donnera du pain, tant qu’ils demeureront libres, mais ils finiront par la déposer à nos pieds, cette liberté, en disant : “Réduisez-nous plutôt en servitude, mais nourrissez-nous.” »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=352-353}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce n’est pas l’Église qui se convertit en État, notez-le bien, cela c’est Rome et son rêve, c’est la troisième tentation diabolique. Au contraire c’est l’État qui se convertit en Église, qui s’élève jusqu’à elle et devient une Église sur la terre entière''', ce qui est diamétralement opposé à Rome, à l’ultramontanisme, à votre interprétation, et n’est que la mission sublime réservée à l’orthodoxie dans le monde. C’est en Orient que cette étoile commencera à resplendir. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=114}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier, comme individus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=101-102}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a pas de péché sur la terre que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement. L’homme ne peut pas commettre de péché capable d’épuiser l’amour infini de Dieu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le socialisme, ce n’est pas seulement la question ouvrière ou celle du quatrième état, mais c’est surtout la question de l’athéisme, de son incarnation contemporaine, la question de la tour de Babel, qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux de la terre, mais pour abaisser les cieux jusqu’à la terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=61-62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le christianisme est l’unique refuge de la Terre Russe contre tous ses maux.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Lioubimov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 11 juin 1879&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''En Europe nous avons été des ramasse-miettes et des esclaves, en Asie nous serons des seigneurs. En Europe nous avons été des Tatars, en Asie nous serons à notre tour des Européens.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1462}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe « nous méprise secrètement et publiquement, elle nous regarde comme inférieurs  en tant qu’hommes, en tant que race, et parfois nous les dégoûtons littéralement, nous les dégoûtons absolument, surtout lorsque nous nous jetons à leur cou et les embrassons fraternellement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1460}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas dans le communisme, ce n’est pas dans des formes mécaniques que résite le socialisme du peuple russe : il croit fermement qu’il ne sera sauvé à la fin des fins que par ''l’union universelle au nom du Christ''. Voilà notre socialisme russe ! C’est bien de la présence dans le peuple russe de cette haute idée d’union dans une “Église” que vous vous moquez, messieurs nos Européens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1436-1437}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Oui, la destination de l’homme russe est sans conteste paneuropéenne et universelle.''' Être un vrai Russe, être pleinement russe, cela ne signifie peut-être pas autre chose [...] que d’être le frère de tous les hommes, d’être ''citoyen du monde'' si vous voulez. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|section=Discours sur Pouchkine prononcé à la séance solennelle de la Société des Amis de la littérature russe de l’Université impériale de Moscou, 8 juin 1880&lt;br /&gt;
|page=1372}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Question d’Orient, c’est essentiellement celle du destin de l’Orthodoxie. Le destin de l’Orthodoxie est indissolublement lié à la mission de la Russie. Qu’est-ce que le destin de l’Orthodoxie ? Le catholicisme romain, qui a depuis longtemps vendu le Christ pour le pouvoir temporel, qui a détourné de soi l’humanité et qui s’est fait ainsi le responsable principal du matérialisme et de l’athéisme en Europe, ce catholicisme romain a tout naturellement engendré en Europe le socialisme. Car le socialisme a pour objectif de décider du sort de l’humanité non selon le Christ, mais en dehors de Dieu et en dehors du Christ, et il devait tout naturellement naître en Europe, sur les ruines du principe chrétien, à mesure que celui-ci se dénaturait et s’abolissait dans l’Église catholique même. L’image du Christ ainsi perdue s’est conservée dans toute sa lumineuse pureté dans l’Orthodoxie. C’est d’Orient qu’à l’encontre du socialisme en marche sera lancée au monde la parole nouvelle qui peut-être apportera le salut à l’humanité européenne. Voilà la mission de l’Orient, voilà en quoi consiste pour la Russie la Question d’Orient. Je sais que que nombreux seront ceux qui qualifieront cette façon de voir d’illuminisme, mais N. Y. Danilevski, lui est plus qu’à même de comprendre ce que je dis. Mais pour accomplir cette mission la Russie a besoin de Constantinople en tant que centre du monde oriental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274-1275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie, régnant sur Constantinople, sera précisément comme la gardienne de la liberté de tous les Slaves et de ''toutes les nationalités orientales'' sans faire de distinction entre celles-ci et les Slaves. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les pères d’aujourd’hui n’ont rien qui leur soit commun, ai-je dit, rien qui les lie l’un à l’autre. Pas de grande pensée (elle s’est perdue), pas de grande foi dans leurs cœurs en une telle pensée. Or cette foi-là seule est de nature à mettre ''de la beauté'' dans les souvenirs des enfants [...]. Sans un rudiment de positif et de beau l’homme ne peut pas entrer dans la vie au sortir de l’enfance, sans un rudiment de positif et de beau on ne saurait lancer une génération sur sa route. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1092}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Allemagne «  a protesté durant deux millénaires entiers contre ce monde, et bien qu'il n'ait pas proposé (et ne propose toujours pas) “sa” Parole, son idéal strictement formulé pour supplanter l'Idée de la Rome antique, il a toujours été convaincu, semble-t-il, au fond de lui-même, qu’il est capable de proposer cette Parole Nouvelle et d’entraîner derrière lui l’humanité. Il s’est battu contre le monde romain dès le temps d’Arminius, puis, au temps du Saint-Empire, il a plus que quiconque disputé le pouvoir suprême à la nouvelle Rome. Enfin il a élevé la protestation la plus vigoureuse et la plus puissante, en tirant la formule nouvelle de sa protestation, cette fois, des fondements proprement spirituels, élémentaires du germanisme : il a proclamé la liberté d’examen et levé l’étendard de Luther. La rupture a été terrible et de portée mondiale, la formule de protestation était trouvée et réalisé, encore qu’elle restât négative et que la Parole nouvelle et ''positive'' ne fût toujours pas dite. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1051-1052}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mieux vaut tirer l’épée une fois que de souffrir sans fin.''' Et en quoi la paix actuelle entre les nations civilisées vaut-elle mieux que la guerre ? Au contraire, c’est plutôt la paix, une trop longue paix, qui rend l’homme féroce et dur, et non la guerre. Une longue paix engendre toujours la cruauté, la lâcheté, un égoïsme grossier, repu, et surtout la stagnation intellectuelle. Une longue paix n’engraisse que les exploiteurs des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=971}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est donc pas en vain tout de même que de toutes parts là-bas les Israélites règnent sur la Bourse, ce n’est pas en vain qu’ils sont les maîtres du crédit et ce n’est pas pour rien, je le répète, qu’ils dominent aussi toute la politique internationale, et ce que réserve l’avenir, les Israélites, eux, le savent : c’est leur règne qui approche, leur règne total ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=952}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] tout le monde en Europe se moque de nous, et [...] les meilleurs Russes, et incontestablement intelligents, sont regardés en Europe avec une hautaine condescendance. Cette hautaine condescendance, même l’émigration hors de Russie ne les en a pas sauvés, j’entends l’émigration politique et le plus complet reniement de la Russie. Les Européens ne veulent à aucun prix nous considérer comme des leurs, en aucun cas et quoi que nous sacrifiions : ''Grattez'', disent-ils, ''le Russe et vous verrez le Tartare'', et ils en sont toujours là : nous sommes passés chez eux en proverbe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cependant nous ne pouvons absolument pas renier l’Europe. L’Europe nous est une seconde patrie, et je suis le premier à le confesser passionnément et l’ai toujours confessé. ''À tous'' l’Europe nous est ''presque'' aussi chère que la Russie ; elle englobe toute la race de Japhet, or notre Idée c’est l’union de toutes les nations de cette race, et même au-delà, bien au-delà, jusqu’à Sem et Cham. Que faire donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun devienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesser de mépriser son propre peuple. Et dès que l’Européen verra que nous commençons à respecter notre peuple et notre nationalité, il commencera lui aussi tout de suite à nous respecter. Et de fait : plus serait vigoureux et autonome notre développement dans notre esprit national, plus serait fort et proche notre écho dans l’âme européenne, et, assortis à elle, nous lui deviendrions tout de suite plus compréhensibles. Alors ils ne se détourneraient plus hautainement de nous, et ils nous écouteraient. Nous aurons tout de suite aussi une autre allure. Devenus nous-mêmes, nous prendrons enfin figure d’hommes, et non de singes. Nous aurons l’aspect d’un être libre, et non d’un esclave, non d’un laquais, non d’un Potouguine ; on nous regardera alors comme des hommes, et non pas comme des touche-à-tout internationaux, non pas comme des “hurluberlus” de l’européisme, du libéralisme et du socialisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=862-864}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun vienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesse de mépriser son propre peuple. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=863}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] je déclare (et encore une fois, ''pour le moment'', sans preuves) que l’amour de l’humanité n’est même pas concevable, compréhensible ''ni possible sans foi concomitante en l’immortalité de l’âme humaine''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=814}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les Gavroches ne sont plus des Français, mais le plus remarquable est que ceux d’en haut, — oui, ceux qui naissent possédants, [...] eux aussi, en somme, ne sont pas des Français. Du moins est-ce que j’ose affirmer ; si bien que les deux extrêmes et les deux contraires se touchent. Et voilà un premier résultat : la France commence à cesser d’être la France. [...] Je sais, il se trouvera des gens pour dire tant mieux : plus de Français, il reste des hommes. Mais sont-ce bien des hommes ? Des hommes, admettons, mais de futurs sauvage, qui avaleront l’Europe. Cela nous prépare petit à petit, mais assurément et infailliblement, une future tourbe dépourvue de sentiment. Que cette génération dégénère physiquement, se débilite, se pourrit, cela ne fait plus, à mon sens, aucun doute. Or le physique traîne après lui le moral. Ce sont les fruits du règne de la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=655-656}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il me semble, qu’il doit exister une loi naturelle, dans les peuples et les nationalités, selon laquelle chaque homme doit de préférence rechercher et aimer les femmes de son peuple et de sa nationalité''' [...]. Si l’homme se met à placer les femmes des autres nations plus haut que les siennes et à se laisser séduire par elles, alors vient le temps de la désagrégation de ce peuple et de l’ébranlement de sa nationalité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=647}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus grande des plus grandes vocations dont les Russes ont pris conscience pour leur avenir, c’est leur vocation universellement humaine, c’est le service universel de l’humanité, non pas de la Russie seule, mais de toute l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous autres Russes avons deux patries : notre Russie et l’Europe, même lorsque nous nous qualifions de slavophiles. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=563-564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est presque avec certitude qu’on peut dire que dans l’avenir peut-être le plus proche la Russie se révélera la plus forte de tous en Europe. Cela résultera du fait qu’en Europe toutes les grandes puissances seront réduites à rien, et par une cause fort simple : elles seront toutes épuisées et minées par les aspirations démocratiques insatisfaites d’une énorme partie de leurs sujets des classes inférieures, de leurs prolétaires et indigents. En Russie, cela ne peut absolument pas se produire : notre ''dèmos'' est content, et plus ira plus ils sera satisfait, car tout va dans ce sens, par une disposition ou mieux un ''consensus'' général. Et c’est pourquoi '''il ne restera qu’un colosse sur le continent européen : la Russie. Cela surviendra peut-être même beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. L’avenir de l’Europe appartient à la Russie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=506-507}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est notoire que l’Europe ne nous aime pas et ne nous a jamais aimés ; jamais elle ne nous a considérés comme siens, comme Européens, et toujours comme d’indésirables intrus. Voilà pourquoi elle aime tant se conforter le cas échéant de l’idée que la Russie est “pour le moment impuissante”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=505}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est à notre porte [...] que viendra frapper l’Europe, et qu’elle nous criera de venir à son secours quand sonnera la dernière heure de son “ordre actuel de choses”. Et elle exigera notre secours comme un droit, elle l’exigera sur le ton du défi et du commandement, elle nous dira que nous sommes aussi l’Europe, que par conséquent nous avons exactement le même “ordre de chose” qu’elle, que ce ne doit pas être pour rien que depuis deux siècles nous l’avons imitée et nous nous sommes vantés d’être des Européens, et qu’en sauvant l’Europe nous nous sauvons donc nous-mêmes. Certes, nous ne serions peut-être pas très disposés à trancher l’affaire au profit d’une seule des parties, mais serons-nous de force pour une telle tâche, et n’avons-nous pas perdu depuis longtemps l’habitude de toute réflexion sur ce qui doit constituer notre véritable “particularisation” comme nation et notre véritable rôle en Europe ? Non seulement nous ne comprenons pas, à l’heure qu’il est, ce genre de problèmes, mais nous n’admettons même pas qu’on les pose, et nous considérons comme sottise et comme arriération de notre part d’y prêter l’oreille. Et si, effectivement, '''l’Europe vient à frapper à notre porte pour nous demander de nous lever pour la sauvegarde de son ''Ordre''''', alors peut-être comprendrons-nous pour la première fois enfin, tous et d’un seul coup, à quel point nous avons toujours été différents de l’Europe, en dépit de ce désir et de ce rêve deux fois séculaires — devenir une Europe — que nous avons nourris jusqu’à des transports si passionnés. Et peut-être bien, même alors, ne comprendrons-nous pas, car il sera trop tard. Mais dans ce cas nous ne comprendrons pas non plus, bien entendu, quel besoin l’Europe aura de nous, ce qu’elle nous demandera et en quoi nous pourrions réellement l’aider. Et n’irons-nous pas au contraire mettre à la raison l’ennemi de l’Europe et de son ordre, nous aussi, par le sang et par le fer, tout comme le prince de Bismarck ? Oh, alors, dans l’hypothèse d’un pareil exploit, nous pourrions sans crainte nous féliciter nous-mêmes d’être ''pleinement européens''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=460-461}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] le catholicisme romain a déjà pris de bien autres virages : une fois, quand il l’a fallu, il a sans hésiter vendu le Christ pour le pouvoir temporel. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant perdu l’alliance des monarques, le catholicisme va sans aucun doute se jeter vers le ''dèmos''. Il dispose de dizaines de milliers de séducteurs sages et adroits, psychologues et connaisseurs du cœur humain, dialecticiens et confesseurs, et le peuple est partout et toujours candide et bon. [...] Tous ces connaisseurs du cœurs et de l’âme vont se lancer dans le peuple et lui apporter un Christ nouveau, prêt à tout accepter, le Christ qu’a annoncé l’impie récent Concile du Vatican.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le catholicisme se lancera dans la démocratie, dans le peuple, et qu’il abandonnera les monarques de la terre pour la peine de l’avoir eux-mêmes abandonné. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=456-459}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''en nous qualifiant ''fièrement'' d’Européens, nous avons par là même renié notre essence russe.''' Honteux et effrayés d’avoir autant de retard sur l’Europe dans notre développement intellectuel et scientifique, nous avons oublié que dans les profondeurs et les tâches de l’esprit russe, nous recelions nous-même, en tant que Russes, la faculté, peut-être, d’apporter au monde une lumière nouvelle, à la condition de préserver l’originalité de notre développement. Dans l’enthousiasme que nous mettions à notre propre humiliation, nous avons oublié la plus intangible des lois historiques, à savoir que sans un pareil ''orgueil'' de notre propre valeur mondiale en tant que nation, jamais nous ne pourrions être une grande nation et laisser après nous un petit quelque chose d’original pour le bien de l’humanité tout entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Alexandre Romanov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 10 février 1873&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’homme a besoin non pas tant de son propre bonheur que de savoir et de croire à chaque instant qu’il existe déjà quelque part un bonheur absolu et une paix pour tous et pour tout... Toute la loi de l’existence humaine consiste en la possibilité pour l’homme de s’incliner devant quelque chose d’infiniment grand.''' Si l’on prive les hommes de cet infiniment grand, ils refuseront de vivre et mourront dans le désespoir. L’infini, l’absolu est aussi indispensable à l’homme que cette petite planète où il vit... Mes amis, tous, tous ! Vive la Grande Pensée ! La Pensée éternelle, infinie ! Il est indispensable à tout homme, quel qu’il soit, de s’incliner devant la Grande Pensée. L’homme le plus bête a besoin de quelque chose de grand. Pétroucha... Oh ! comme je voudrais les revoir tous ! Ils ne savent pas, ils ne savent pas qu’ils renferment en eux, eux aussi, cette Grande Pensée, cette Pensée éternelle ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=940-941}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Jusqu’ici l’homme n’a fait qu’inventer Dieu pour vivre sans se tuer ; voilà toute l’histoire du monde jusqu’à nos jours !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=880}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous vos efforts doivent tendre à ce que tout s’écroule, l’État et sa morale. Nous resterons seuls debout, nous qui nous sommes préparés depuis longtemps à prendre le pouvoir en main. Nous nous annexerons les gens intelligents, et pour ce qui est des imbéciles, nous monterons sur leur dos. Cela ne doit pas vous troubler. Il nous faudra rééduquer la génération actuelle pour la rendre digne de la liberté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=865-866}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Partant de la liberté illimitée, j’aboutis au despotisme illimité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=586}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple n’est un peuple que tant qu’il possède son propre Dieu, son Dieu à lui, et nie sans admettre nul compromis tous les autres Dieux, tant qu’il croit que grâce à son Dieu, il triomphera de tous les autres Dieux et les chassera. Telle était précisément la foi de tous les grands peuples, de tous les peuples du moins qui ont joué un certain rôle dans l’histoire et ont marché à la tête de l’humanité. Impossible de lutter contre les faits. Les juifs n’ont vécu que pour attendre le vrai Dieu, et on légué au monde le vrai Dieu. Les Grecs ont divisé la nature et on légué au monde leur religion, c’est-à-dire la philosophie et la science. Rome a divinisé le peule dans l’État et a légué aux peuples l’idée de l’État. La France, incarnation du Dieu romain, n’a fait, tout au long de son histoire, que développer l’idée de ce Dieu romain, et si elle a fini par le jeter à bas et s’est précipité elle-même dans l’athéisme, qui s’intitule là-bas provisoirement socialisme, c’est uniquement parce que l’athéisme est, malgré tout, plus sain encore que le catholicisme romain. '''Si un grand peuple cesse de croire qu’il est le seul capable, grâce à sa vérité, de rénover et de sauver les autres peuples, il cesse aussitôt d’être un grand peuple et devient une simple matière ethnographique. Un peuple vraiment grand ne se contentera jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité, ni même d’un rôle de premier plan : ce qu’il lui faut, c’est la toute première place, le rôle unique. Le peuple qui perd cette foi, n’est plus un peuple. Cependant la vérité est une, et, par conséquent, parmi tous les peuples il n’y en a qu’un qui détienne le vrai Dieu, si puissants que soient les Dieux des autres peuples. Le seul peuple  “théophore” est le peuple russe [...].''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=379-380}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Quand les peuples commencent à avoir des dieux communs, c’est signe de mort pour ces peuples. Quand les Dieux deviennent communs à plusieurs peuples, les Dieux meurent, ainsi que les peuples et leur foi.''' Plus un peuple est fort, plus son Dieu diffère des autres Dieux. Jamais encore, il n’y eut de peuple sans religion, c’est-à-dire sans notion du bien et du mal. Chaque peuple possède sa propre notion du bien et du mal, son propre bien et son propre mal. Quand plusieurs peule mettent en commun leurs notion du bien et du mal, alors ces peuples tombent en décadence, alors la distinction même entre le bien et le mal s’efface et disparaît. Jamais la raison n’a été et me sera capable de définir le bien et le mal ou même de séparer le mal du bien, ne fût-ce qu’approximativement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=378}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« — Celui qui enseignera aux hommes qu’ils sont tous bons, celui-là terminera l’histoire du monde.&lt;br /&gt;
— Celui qui l’enseigna, on l’a crucifié.&lt;br /&gt;
— Il viendra et son nom sera le Dieu-Homme.&lt;br /&gt;
— L’Homme-Dieu ?&lt;br /&gt;
— Le Dieu-Homme, c’est en cela qu’est la différence. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=360}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Notre libéral russe est, avant tout, un laquais, toujours en quête de bottes à cirer. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=221}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un homme nouveau viendra, heureux et fier. Celui auquel il sera indifférent de vivre ou de ne pas vivre, celui-là sera l’homme nouveau. Celui qui vaincra la souffrance et la terreur, celui-là sera lui-même Dieu. Quant à l’autre Dieu, il ne sera plus. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Celui qui vaincra la souffrance et la peur, sera lui-même Dieu. Alors commencera une vie nouvelle, alors paraîtra l’homme nouveau. Tout sera nouveau...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=189}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai observé, me glissa un jour Stépane Trophimovitch, que tous ces socialistes enragés et ces communistes sont en même temps des êtres avares, et ont des âmes d’acquéreurs, de propriétaires, si bien que plus ils sont socialistes, plus ils se montrent avides. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=136}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Non seulement vous ne connaissiez pas le peuple, mais vous n’aviez pour lui que le plus abominable mépris, parce que le peuple pour vous c’était uniquement le peuple français, et même les seuls Parisiens, et vous étiez honteux de ce que le peuple russe ne leur ressemblât pas. C’est la vérité pure. Or '''celui qui n’a point de peuple, n’a point de Dieu.''' Sachez que tous ceux qui cessent de comprendre leur peuple, et n’ont plus de contact avec lui, perdent dans la même mesure la foi de leurs pères, et deviennent des athées ou des indifférents. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=82}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''[...] l’Occident a perdu le Christ (par la faute du catholicisme), c’est pour cela qu’il chute, uniquement pour cela.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Strakhov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 18 (30) mai 1871&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Toute la mission de la Russie réside dans l’orthodoxie, dans ''la lumière venue d’Orient'' qui ruissellera sur l’humanité aveugle d’Occident, laquelle a perdu le Christ.''' Tout le malheur de l’Europe, tout, tout, sans exception aucune, vient de ce qu’avec l’Église de Rome, ils ont perdu le Christ, puis décidé qu’ils s’en passeraient. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 9 (21) octobre 1870&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le cercle de l’avenir russe s’élargit, la pensée est fondée non seulement d’un grand État mais de tout un monde nouveau, destiné à rénover le christianisme par l’idée orthodoxe panslave et à apporter à l’humanité une pensée nouvelle lorsque l’Occident commencera à pourrir''' ; or il pourrira quand le pape aura définitivement mutilé le Christ et par là même engendré l’athéisme dans l’humanité occidentale souillée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 15 (27) mai 1869&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ah ! soyez certains que '''ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir que Colomb a été heureux'''. Soyez persuadés que le moment culminant de son bonheur s’est peut-être placé trois jours avant la découverte du Nouveau Monde, lorsque l’équipage au désespoir s’est rebellé et a été sur le point de faire demi-tour pour revenir en Europe. Il ne s’agissait pas ici du Nouveau Monde, qui aurait pu s’effondrer. Colomb est mort l’ayant a peine vu et sans savoir, au fond, ce qu’il avait découvert. Ce qui compte, c’est la vie, la vie seule [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que la “beauté” sauverait le monde ? Messieurs, s’écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que '''la beauté sauvera le monde !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=464}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Elle est connue : le crime est une protestation contre une organisation sociale anormale ; voilà tout et rien de plus et ils n’admettent aucune autre raison, pas une...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— En voilà une erreur ! cria Porphyre Petrovitch. Il s’animait peu à peu et riait en regardant Rasoumikhine dont l’emballement ne faisait que croître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ils n’admettent pas une autre cause, l’interrompit Rasoumikhine avec feu. Je ne me trompe pas ; je te montrerai leurs livres ; je te montrerai qu’ils disent : “tel individu a été perdu par son milieu” et c’est tout ; c’est leur phrase favorite. D’où la conclusion que si la société était organisée de façon normale, il n’y aurait plus de crimes car on n’aurait plus à protester et tous les hommes deviendraient des “justes”. '''Ils ne prennent pas en considération la nature ; ils la suppriment ; elle n’existe pas pour eux. Ils ne voient pas une humanité qui se développe par une progression historique et vivante et produit enfin une société normale, mais un système social sorti d’une tête de mathématicien et qui doit organiser, en un clin d’oeil, la société, la rendre juste et parfaite avant tout processus historique ; d’où leur haine instinctive pour l’histoire.''' Ils disent : “C’est un ramassis d’horreurs et d’absurdités” et tout s’explique immanquablement par l’absurdité ; d’où également leur haine de ce processus vivant qu’est l’existence ; pas besoin d’âme vivante, car l’âme vivante a ses exigences, elle n’obéit pas aveuglément à la mécanique, une âme vivante est méfiante, elle est rétrograde et celle qu’ils veulent peut puer la charogne, être faite de caoutchouc, en revanche elle est morte, dénuée de volonté ; c’est un esclave qui n’ira jamais se révolter et il en résulte que tout leur système est établi sur une superposition de briques : par la manière de disposer les corridors et les pièces d’un phalanstère ! Ce phalanstère, il est prêt, mais c’est la nature humaine qui ne l’est point ; elle veut encore vivre, traverser tout le processus de la vie avant de s’en aller au cimetière. La logique ne suffit pas à permettre ce saut par-dessus la nature. La logique ne prévoit que trois cas quand il y en a un million. Ce million, le supprimer et ramener tout à l’unique question du confort ! Voilà la solution la plus facile du problème. Une solution d’une clarté séduisante et qui rend toute réflexion inutile, voilà l’essentiel. Tout le mystère de la vie tient dans deux feuilles d’impression... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|année d'origine=1866&lt;br /&gt;
|traducteur=Doussia Ergaz&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1950&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070392537&lt;br /&gt;
|page=272}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je n’admettrai pas que le couronnement de mes désirs puisse être une maison en briques avec logements à bon marché loués à bail pour mille ans et portant l’enseigne du dentiste Wagenheim. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=165}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souffrance ! mais c’est l’unique cause de la conscience ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=163}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il est indiscutable que l’homme aime beaucoup construire et tracer des routes ; mais comment se fait-il donc qu’il aime aussi passionnément la destruction et le chaos ?''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=160}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mais l’homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu’il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=146}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Envoie-moi le Coran. La ''Critique de raison pure'' de Kant et, si tu es en mesure de le faire de façon non officielle, envoie-moi sans faute ''Hegel'', notamment son ''Histoire de la philosophie''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je nourris aujourd’hui nombre de besoins et d’espoirs qui, jamais, ne m’avaient effleuré. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Frère, il est au monde beaucoup de nobles gens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''si quelqu’un me prouvait que le Christ est hors de la vérité, et que la vérité fût réellement hors du Christ, je voudrais plutôt rester avec le Christ qu’avec la vérité.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nathalie Fonvizine, trad. Anne Coldefy-Faucard, Fin janvier-20 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je n’ai qu’une visée : être libre. J’y sacrifie tout. Mais souvent, souvent, je pense à ce que m’apportera la liberté... Que ferai-je, seul parmi la foule inconnue ?''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 16 août 1839&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations sur Fiodor Dostoïevski ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Seule la Russie, étant encore à l’époque du Moyen Âge, a pu produire plus facilement un homme doué de la puissance mystique et raisonnable du Moyen Âge : Dostoïevski. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Drieu la Rochelle&lt;br /&gt;
|titre=Notes pour comprendre le siècle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1941&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=2020&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, l’Europe occidentale, précipitée dans le rythme d’un processus catastrophique, se tourne vers Dostoïevski ; elle est plus capable de le comprendre. Par la volonté du destin, elle est sortie de cet état de consentement de soi, d’essence bourgeoise, où, jusqu’à la catastrophe de la guerre mondiale, elle espérait visiblement demeurer toujours. La société européenne s’est maintenue très longtemps aux lisières de l’être et s’est contentée d’une existence extérieure. Elle voulait s’établir jusqu’à la consommation des siècles à la surface de la terre. Mais, dans cette Europe ainsi bourgeoisement organisée, le sous-sol de la terre s’est révélé volcanique : les peuples européens se sont découvert une profondeur spirituelle. [...] Ainsi la valeur de Dostoïevski est si grande qu’il suffit au peuple russe de le nommer pour justifier son existence dans le monde. Dostoïevski témoignera pour lui au Jugement Dernier des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=286-287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanitarisme irresponsable nie le mal, parce qu’il nie la personnalité, et Dostoïevski a lutté contre l’humanitarisme au nom de l’homme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si la fondation de Pétersbourg a été le premier acte de l’Antéchrist, l’autodestruction de la société formée par Pétersbourg en est le second : tel doit être le sentiment intérieur de la paysannerie. [...] Le vrai Russe est un disciple de Dostoïewski, bien qu’il ne le lise pas, bien que ''et parce qu’il'' ne sait même pas lire. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Oswald Spengler]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Déclin de l’Occident&lt;br /&gt;
|année d'origine=1918-1922&lt;br /&gt;
|traducteur=Mohand Tazerout&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1948&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070260478&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=180}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il m’est arrivé avec Dostoïevski la même chose qu’autrefois avec Stendhal : le contact le plus accidentel, un livre que l’on feuillette dans une librairie, tout vous est inconnu jusqu’au nom — et soudain votre instinct vous dit que vous avez rencontré là un proche parent... ''La Maison des morts'' et un des livres les plus humains qui soit. Mais le libre que j’ai lu d’abord… c’est l’''Esprit souterrain'', il se compose de deux nouvelles : la première est une sorte de musique inconnue, la seconde — un véritable coup de génie psychologique — poursuit de ses sarcasmes impitoyables le γνῶθι, mais avec tant d’audace et de satisfaction désinvoltes révélant une force supérieure, que cette lecture m’atout à fait enivré de plaisir... Du reste je constate déjà que la jeune génération des romanciers parisiens est tyrannisée par son influence et la jalousie qu’elle éprouve à l’égard  Dostoïevski (par exemple Paul Bourget) [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— [[Friedrich Nietzsche]], Lettre à Peter Gast, 7 mars 1887&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe n’a aucun écrivain vivant, parmi les jeunes, à mettre en balance avec deux ou trois romanciers de génie qui périssent actuellement de misère, dans le cachot volontaire de leur probité d’artistes. '''La mort de Dostoïewsky a fait l’universel silence''' autour de Paris [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Léon Bloy]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Désespéré&lt;br /&gt;
|année d'origine=1887&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080712561&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Dostoievski, Fiodor}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fiodor_Dosto%C3%AFevski&amp;diff=46046</id>
		<title>Fiodor Dostoïevski</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Fiodor_Dosto%C3%AFevski&amp;diff=46046"/>
		<updated>2026-07-30T15:01:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Fiodor Dostoïevski 2|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Regardez tous ces gens qui se dressent au-dessus du peuple chrétien, n’ont-ils pas altéré l’image de Dieu et sa vérité ? Ils ont la science assujettie aux sens. Quant au monde spirituel, la moitié supérieure de l’être humain, on le repousse, on le bannit allègrement, même avec haine. Le monde a proclamé la liberté [...] ; mais que représente cette liberté ! Rien que l’esclavage et le suicide ! Car le monde dit : “Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands, et les riches. Ne crains pas donc pas de les assouvir, accrois-les même” ; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins ? Chez les riches, la ''solitude'' et le suicide ''spirituel'' ; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. '''On assure que le monde, en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s’unira toujours davantage, que la fraternité régnera. Hélas ! Ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l’accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d’habitudes et d’imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s’envier mutuellement, pour la sensualité et l’ostentation'''. [...] quant aux pauvres, l’inassouvissement des besoins et de l’envie sont pour le moment noyés dans l’ivresse. Mais bientôt, au lieu de vin, ils s’enivreront de sang, c’est le but vers lequel on les mène. Dites-moi si un tel homme est libre. Un “champion de l’idée” me racontait un jour qu’étant en prison on le priva de tabac et que cette privation lui fut si pénible qu’il faillit trahir son “idée” pour en obtenir. Or cet individu prétendait “lutter pour l’humanité”. De quoi peut-il être capable ? Tout au plus d’un effort momentané, qu’il ne soutiendra pas longtemps. Rien d’étonnant à ce que les hommes aient rencontré la servitude au lieu de la liberté, et qu’au lieu de servir la fraternité et l’union ils soient tombés dans la désunion et la solitude [...]. Aussi le dévouement à l’humanité, de la fraternité, de la solidarité disparaît-elle graduellement dans le monde ; en réalité, on l’accueille même avec dérision, car comment se défaire de ses habitudes, où ira ce prisonnier des besoins innombrables par lui inventés ? Dans la solitude, il se soucie fort peu de la collectivité. En fin de compte, les biens matériels se sont accrus et la joie a diminué. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=425-426}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des siècles passeront et l’humanité proclamera par la bouche de ses savants et de ses sages qu’il n’y a pas de crimes, et, par conséquent, pas de péché ; qu’il n’y a que des affamés. “Nourris-les, et alors exige d’eux qu’ils soient “vertueux” ! Voilà ce qu’on inscrira sur l’étendard de la révolte qui abattra ton temple. À sa place '''un nouvel édifice s’élèvera, une seconde tour de Babel, qui restera sans doute inachevée, comme la première ; mais tu aurais pu épargner aux hommes cette nouvelle tentative et mille ans de souffrance.''' Car ils viendront nous trouver, après avoir peiné mille ans à bâtir leur tour ! [...] Aucune science ne leur donnera du pain, tant qu’ils demeureront libres, mais ils finiront par la déposer à nos pieds, cette liberté, en disant : “Réduisez-nous plutôt en servitude, mais nourrissez-nous.” »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=352-353}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce n’est pas l’Église qui se convertit en État, notez-le bien, cela c’est Rome et son rêve, c’est la troisième tentation diabolique. Au contraire c’est l’État qui se convertit en Église, qui s’élève jusqu’à elle et devient une Église sur la terre entière''', ce qui est diamétralement opposé à Rome, à l’ultramontanisme, à votre interprétation, et n’est que la mission sublime réservée à l’orthodoxie dans le monde. C’est en Orient que cette étoile commencera à resplendir. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=114}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier, comme individus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=101-102}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a pas de péché sur la terre que Dieu ne pardonne à celui qui se repent sincèrement. L’homme ne peut pas commettre de péché capable d’épuiser l’amour infini de Dieu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le socialisme, ce n’est pas seulement la question ouvrière ou celle du quatrième état, mais c’est surtout la question de l’athéisme, de son incarnation contemporaine, la question de la tour de Babel, qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux de la terre, mais pour abaisser les cieux jusqu’à la terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Frères Karamazov&lt;br /&gt;
|année d'origine=1880&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Montgault&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389629&lt;br /&gt;
|page=61-62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le christianisme est l’unique refuge de la Terre Russe contre tous ses maux.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Lioubimov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 11 juin 1879&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''En Europe nous avons été des ramasse-miettes et des esclaves, en Asie nous serons des seigneurs. En Europe nous avons été des Tatars, en Asie nous serons à notre tour des Européens.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1462}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe « nous méprise secrètement et publiquement, elle nous regarde comme inférieurs  en tant qu’hommes, en tant que race, et parfois nous les dégoûtons littéralement, nous les dégoûtons absolument, surtout lorsque nous nous jetons à leur cou et les embrassons fraternellement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1460}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas dans le communisme, ce n’est pas dans des formes mécaniques que résite le socialisme du peuple russe : il croit fermement qu’il ne sera sauvé à la fin des fins que par ''l’union universelle au nom du Christ''. Voilà notre socialisme russe ! C’est bien de la présence dans le peuple russe de cette haute idée d’union dans une “Église” que vous vous moquez, messieurs nos Européens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1436-1437}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Oui, la destination de l’homme russe est sans conteste paneuropéenne et universelle.''' Être un vrai Russe, être pleinement russe, cela ne signifie peut-être pas autre chose [...] que d’être le frère de tous les hommes, d’être ''citoyen du monde'' si vous voulez. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|section=Discours sur Pouchkine prononcé à la séance solennelle de la Société des Amis de la littérature russe de l’Université impériale de Moscou, 8 juin 1880&lt;br /&gt;
|page=1372}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Question d’Orient, c’est essentiellement celle du destin de l’Orthodoxie. Le destin de l’Orthodoxie est indissolublement lié à la mission de la Russie. Qu’est-ce que le destin de l’Orthodoxie ? Le catholicisme romain, qui a depuis longtemps vendu le Christ pour le pouvoir temporel, qui a détourné de soi l’humanité et qui s’est fait ainsi le responsable principal du matérialisme et de l’athéisme en Europe, ce catholicisme romain a tout naturellement engendré en Europe le socialisme. Car le socialisme a pour objectif de décider du sort de l’humanité non selon le Christ, mais en dehors de Dieu et en dehors du Christ, et il devait tout naturellement naître en Europe, sur les ruines du principe chrétien, à mesure que celui-ci se dénaturait et s’abolissait dans l’Église catholique même. L’image du Christ ainsi perdue s’est conservée dans toute sa lumineuse pureté dans l’Orthodoxie. C’est d’Orient qu’à l’encontre du socialisme en marche sera lancée au monde la parole nouvelle qui peut-être apportera le salut à l’humanité européenne. Voilà la mission de l’Orient, voilà en quoi consiste pour la Russie la Question d’Orient. Je sais que que nombreux seront ceux qui qualifieront cette façon de voir d’illuminisme, mais N. Y. Danilevski, lui est plus qu’à même de comprendre ce que je dis. Mais pour accomplir cette mission la Russie a besoin de Constantinople en tant que centre du monde oriental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274-1275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie, régnant sur Constantinople, sera précisément comme la gardienne de la liberté de tous les Slaves et de ''toutes les nationalités orientales'' sans faire de distinction entre celles-ci et les Slaves. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les pères d’aujourd’hui n’ont rien qui leur soit commun, ai-je dit, rien qui les lie l’un à l’autre. Pas de grande pensée (elle s’est perdue), pas de grande foi dans leurs cœurs en une telle pensée. Or cette foi-là seule est de nature à mettre ''de la beauté'' dans les souvenirs des enfants [...]. Sans un rudiment de positif et de beau l’homme ne peut pas entrer dans la vie au sortir de l’enfance, sans un rudiment de positif et de beau on ne saurait lancer une génération sur sa route. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1092}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Allemagne «  a protesté durant deux millénaires entiers contre ce monde, et bien qu'il n'ait pas proposé (et ne propose toujours pas) “sa” Parole, son idéal strictement formulé pour supplanter l'Idée de la Rome antique, il a toujours été convaincu, semble-t-il, au fond de lui-même, qu’il est capable de proposer cette Parole Nouvelle et d’entraîner derrière lui l’humanité. Il s’est battu contre le monde romain dès le temps d’Arminius, puis, au temps du Saint-Empire, il a plus que quiconque disputé le pouvoir suprême à la nouvelle Rome. Enfin il a élevé la protestation la plus vigoureuse et la plus puissante, en tirant la formule nouvelle de sa protestation, cette fois, des fondements proprement spirituels, élémentaires du germanisme : il a proclamé la liberté d’examen et levé l’étendard de Luther. La rupture a été terrible et de portée mondiale, la formule de protestation était trouvée et réalisé, encore qu’elle restât négative et que la Parole nouvelle et ''positive'' ne fût toujours pas dite. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=1051-1052}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Mieux vaut tirer l’épée une fois que de souffrir sans fin.''' Et en quoi la paix actuelle entre les nations civilisées vaut-elle mieux que la guerre ? Au contraire, c’est plutôt la paix, une trop longue paix, qui rend l’homme féroce et dur, et non la guerre. Une longue paix engendre toujours la cruauté, la lâcheté, un égoïsme grossier, repu, et surtout la stagnation intellectuelle. Une longue paix n’engraisse que les exploiteurs des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=971}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est donc pas en vain tout de même que de toutes parts là-bas les Israélites règnent sur la Bourse, ce n’est pas en vain qu’ils sont les maîtres du crédit et ce n’est pas pour rien, je le répète, qu’ils dominent aussi toute la politique internationale, et ce que réserve l’avenir, les Israélites, eux, le savent : c’est leur règne qui approche, leur règne total ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=952}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] tout le monde en Europe se moque de nous, et [...] les meilleurs Russes, et incontestablement intelligents, sont regardés en Europe avec une hautaine condescendance. Cette hautaine condescendance, même l’émigration hors de Russie ne les en a pas sauvés, j’entends l’émigration politique et le plus complet reniement de la Russie. Les Européens ne veulent à aucun prix nous considérer comme des leurs, en aucun cas et quoi que nous sacrifiions : ''Grattez'', disent-ils, ''le Russe et vous verrez le Tartare'', et ils en sont toujours là : nous sommes passés chez eux en proverbe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cependant nous ne pouvons absolument pas renier l’Europe. L’Europe nous est une seconde patrie, et je suis le premier à le confesser passionnément et l’ai toujours confessé. ''À tous'' l’Europe nous est ''presque'' aussi chère que la Russie ; elle englobe toute la race de Japhet, or notre Idée c’est l’union de toutes les nations de cette race, et même au-delà, bien au-delà, jusqu’à Sem et Cham. Que faire donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun devienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesser de mépriser son propre peuple. Et dès que l’Européen verra que nous commençons à respecter notre peuple et notre nationalité, il commencera lui aussi tout de suite à nous respecter. Et de fait : plus serait vigoureux et autonome notre développement dans notre esprit national, plus serait fort et proche notre écho dans l’âme européenne, et, assortis à elle, nous lui deviendrions tout de suite plus compréhensibles. Alors ils ne se détourneraient plus hautainement de nous, et ils nous écouteraient. Nous aurons tout de suite aussi une autre allure. Devenus nous-mêmes, nous prendrons enfin figure d’hommes, et non de singes. Nous aurons l’aspect d’un être libre, et non d’un esclave, non d’un laquais, non d’un Potouguine ; on nous regardera alors comme des hommes, et non pas comme des touche-à-tout internationaux, non pas comme des “hurluberlus” de l’européisme, du libéralisme et du socialisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=862-864}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Devenir Russes d’abord et avant tout. Si l’humanisme universel est une idée nationale russe, il faut avant tout que chacun vienne russe, c’est-à-dire devienne lui-même : alors d’emblée tout changera. Devenir russe, cela signifie cesse de mépriser son propre peuple. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=863}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] je déclare (et encore une fois, ''pour le moment'', sans preuves) que l’amour de l’humanité n’est même pas concevable, compréhensible ''ni possible sans foi concomitante en l’immortalité de l’âme humaine''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=814}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les Gavroches ne sont plus des Français, mais le plus remarquable est que ceux d’en haut, — oui, ceux qui naissent possédants, [...] eux aussi, en somme, ne sont pas des Français. Du moins est-ce que j’ose affirmer ; si bien que les deux extrêmes et les deux contraires se touchent. Et voilà un premier résultat : la France commence à cesser d’être la France. [...] Je sais, il se trouvera des gens pour dire tant mieux : plus de Français, il reste des hommes. Mais sont-ce bien des hommes ? Des hommes, admettons, mais de futurs sauvage, qui avaleront l’Europe. Cela nous prépare petit à petit, mais assurément et infailliblement, une future tourbe dépourvue de sentiment. Que cette génération dégénère physiquement, se débilite, se pourrit, cela ne fait plus, à mon sens, aucun doute. Or le physique traîne après lui le moral. Ce sont les fruits du règne de la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=655-656}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il me semble, qu’il doit exister une loi naturelle, dans les peuples et les nationalités, selon laquelle chaque homme doit de préférence rechercher et aimer les femmes de son peuple et de sa nationalité''' [...]. Si l’homme se met à placer les femmes des autres nations plus haut que les siennes et à se laisser séduire par elles, alors vient le temps de la désagrégation de ce peuple et de l’ébranlement de sa nationalité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=647}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus grande des plus grandes vocations dont les Russes ont pris conscience pour leur avenir, c’est leur vocation universellement humaine, c’est le service universel de l’humanité, non pas de la Russie seule, mais de toute l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous autres Russes avons deux patries : notre Russie et l’Europe, même lorsque nous nous qualifions de slavophiles. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=563-564}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est presque avec certitude qu’on peut dire que dans l’avenir peut-être le plus proche la Russie se révélera la plus forte de tous en Europe. Cela résultera du fait qu’en Europe toutes les grandes puissances seront réduites à rien, et par une cause fort simple : elles seront toutes épuisées et minées par les aspirations démocratiques insatisfaites d’une énorme partie de leurs sujets des classes inférieures, de leurs prolétaires et indigents. En Russie, cela ne peut absolument pas se produire : notre ''dèmos'' est content, et plus ira plus ils sera satisfait, car tout va dans ce sens, par une disposition ou mieux un ''consensus'' général. Et c’est pourquoi '''il ne restera qu’un colosse sur le continent européen : la Russie. Cela surviendra peut-être même beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. L’avenir de l’Europe appartient à la Russie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=506-507}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est notoire que l’Europe ne nous aime pas et ne nous a jamais aimés ; jamais elle ne nous a considérés comme siens, comme Européens, et toujours comme d’indésirables intrus. Voilà pourquoi elle aime tant se conforter le cas échéant de l’idée que la Russie est “pour le moment impuissante”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=505}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] c’est à notre porte [...] que viendra frapper l’Europe, et qu’elle nous criera de venir à son secours quand sonnera la dernière heure de son “ordre actuel de choses”. Et elle exigera notre secours comme un droit, elle l’exigera sur le ton du défi et du commandement, elle nous dira que nous sommes aussi l’Europe, que par conséquent nous avons exactement le même “ordre de chose” qu’elle, que ce ne doit pas être pour rien que depuis deux siècles nous l’avons imitée et nous nous sommes vantés d’être des Européens, et qu’en sauvant l’Europe nous nous sauvons donc nous-mêmes. Certes, nous ne serions peut-être pas très disposés à trancher l’affaire au profit d’une seule des parties, mais serons-nous de force pour une telle tâche, et n’avons-nous pas perdu depuis longtemps l’habitude de toute réflexion sur ce qui doit constituer notre véritable “particularisation” comme nation et notre véritable rôle en Europe ? Non seulement nous ne comprenons pas, à l’heure qu’il est, ce genre de problèmes, mais nous n’admettons même pas qu’on les pose, et nous considérons comme sottise et comme arriération de notre part d’y prêter l’oreille. Et si, effectivement, '''l’Europe vient à frapper à notre porte pour nous demander de nous lever pour la sauvegarde de son ''Ordre''''', alors peut-être comprendrons-nous pour la première fois enfin, tous et d’un seul coup, à quel point nous avons toujours été différents de l’Europe, en dépit de ce désir et de ce rêve deux fois séculaires — devenir une Europe — que nous avons nourris jusqu’à des transports si passionnés. Et peut-être bien, même alors, ne comprendrons-nous pas, car il sera trop tard. Mais dans ce cas nous ne comprendrons pas non plus, bien entendu, quel besoin l’Europe aura de nous, ce qu’elle nous demandera et en quoi nous pourrions réellement l’aider. Et n’irons-nous pas au contraire mettre à la raison l’ennemi de l’Europe et de son ordre, nous aussi, par le sang et par le fer, tout comme le prince de Bismarck ? Oh, alors, dans l’hypothèse d’un pareil exploit, nous pourrions sans crainte nous féliciter nous-mêmes d’être ''pleinement européens''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=460-461}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] le catholicisme romain a déjà pris de bien autres virages : une fois, quand il l’a fallu, il a sans hésiter vendu le Christ pour le pouvoir temporel. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant perdu l’alliance des monarques, le catholicisme va sans aucun doute se jeter vers le ''dèmos''. Il dispose de dizaines de milliers de séducteurs sages et adroits, psychologues et connaisseurs du cœur humain, dialecticiens et confesseurs, et le peuple est partout et toujours candide et bon. [...] Tous ces connaisseurs du cœurs et de l’âme vont se lancer dans le peuple et lui apporter un Christ nouveau, prêt à tout accepter, le Christ qu’a annoncé l’impie récent Concile du Vatican.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le catholicisme se lancera dans la démocratie, dans le peuple, et qu’il abandonnera les monarques de la terre pour la peine de l’avoir eux-mêmes abandonné. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Journal d’un écrivain&lt;br /&gt;
|année d'origine=1873-1881&lt;br /&gt;
|traducteur=Gustave Aucouturier&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Bibliothèque de la Pléiade&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070107322&lt;br /&gt;
|page=456-459}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''en nous qualifiant ''fièrement'' d’Européens, nous avons par là même renié notre essence russe.''' Honteux et effrayés d’avoir autant de retard sur l’Europe dans notre développement intellectuel et scientifique, nous avons oublié que dans les profondeurs et les tâches de l’esprit russe, nous recelions nous-même, en tant que Russes, la faculté, peut-être, d’apporter au monde une lumière nouvelle, à la condition de préserver l’originalité de notre développement. Dans l’enthousiasme que nous mettions à notre propre humiliation, nous avons oublié la plus intangible des lois historiques, à savoir que sans un pareil ''orgueil'' de notre propre valeur mondiale en tant que nation, jamais nous ne pourrions être une grande nation et laisser après nous un petit quelque chose d’original pour le bien de l’humanité tout entière. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Alexandre Romanov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 10 février 1873&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’homme a besoin non pas tant de son propre bonheur que de savoir et de croire à chaque instant qu’il existe déjà quelque part un bonheur absolu et une paix pour tous et pour tout... Toute la loi de l’existence humaine consiste en la possibilité pour l’homme de s’incliner devant quelque chose d’infiniment grand.''' Si l’on prive les hommes de cet infiniment grand, ils refuseront de vivre et mourront dans le désespoir. L’infini, l’absolu est aussi indispensable à l’homme que cette petite planète où il vit... Mes amis, tous, tous ! Vive la Grande Pensée ! La Pensée éternelle, infinie ! Il est indispensable à tout homme, quel qu’il soit, de s’incliner devant la Grande Pensée. L’homme le plus bête a besoin de quelque chose de grand. Pétroucha... Oh ! comme je voudrais les revoir tous ! Ils ne savent pas, ils ne savent pas qu’ils renferment en eux, eux aussi, cette Grande Pensée, cette Pensée éternelle ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=940-941}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Jusqu’ici l’homme n’a fait qu’inventer Dieu pour vivre sans se tuer ; voilà toute l’histoire du monde jusqu’à nos jours !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=880}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous vos efforts doivent tendre à ce que tout s’écroule, l’État et sa morale. Nous resterons seuls debout, nous qui nous sommes préparés depuis longtemps à prendre le pouvoir en main. Nous nous annexerons les gens intelligents, et pour ce qui est des imbéciles, nous monterons sur leur dos. Cela ne doit pas vous troubler. Il nous faudra rééduquer la génération actuelle pour la rendre digne de la liberté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=865-866}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Partant de la liberté illimitée, j’aboutis au despotisme illimité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=586}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple n’est un peuple que tant qu’il possède son propre Dieu, son Dieu à lui, et nie sans admettre nul compromis tous les autres Dieux, tant qu’il croit que grâce à son Dieu, il triomphera de tous les autres Dieux et les chassera. Telle était précisément la foi de tous les grands peuples, de tous les peuples du moins qui ont joué un certain rôle dans l’histoire et ont marché à la tête de l’humanité. Impossible de lutter contre les faits. Les juifs n’ont vécu que pour attendre le vrai Dieu, et on légué au monde le vrai Dieu. Les Grecs ont divisé la nature et on légué au monde leur religion, c’est-à-dire la philosophie et la science. Rome a divinisé le peule dans l’État et a légué aux peuples l’idée de l’État. La France, incarnation du Dieu romain, n’a fait, tout au long de son histoire, que développer l’idée de ce Dieu romain, et si elle a fini par le jeter à bas et s’est précipité elle-même dans l’athéisme, qui s’intitule là-bas provisoirement socialisme, c’est uniquement parce que l’athéisme est, malgré tout, plus sain encore que le catholicisme romain. '''Si un grand peuple cesse de croire qu’il est le seul capable, grâce à sa vérité, de rénover et de sauver les autres peuples, il cesse aussitôt d’être un grand peuple et devient une simple matière ethnographique. Un peuple vraiment grand ne se contentera jamais d’un rôle secondaire dans l’humanité, ni même d’un rôle de premier plan : ce qu’il lui faut, c’est la toute première place, le rôle unique. Le peuple qui perd cette foi, n’est plus un peuple. Cependant la vérité est une, et, par conséquent, parmi tous les peuples il n’y en a qu’un qui détienne le vrai Dieu, si puissants que soient les Dieux des autres peuples. Le seul peuple  “théophore” est le peuple russe [...].''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=379-380}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Quand les peuples commencent à avoir des dieux communs, c’est signe de mort pour ces peuples. Quand les Dieux deviennent communs à plusieurs peuples, les Dieux meurent, ainsi que les peuples et leur foi.''' Plus un peuple est fort, plus son Dieu diffère des autres Dieux. Jamais encore, il n’y eut de peuple sans religion, c’est-à-dire sans notion du bien et du mal. Chaque peuple possède sa propre notion du bien et du mal, son propre bien et son propre mal. Quand plusieurs peule mettent en commun leurs notion du bien et du mal, alors ces peuples tombent en décadence, alors la distinction même entre le bien et le mal s’efface et disparaît. Jamais la raison n’a été et me sera capable de définir le bien et le mal ou même de séparer le mal du bien, ne fût-ce qu’approximativement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=378}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« — Celui qui enseignera aux hommes qu’ils sont tous bons, celui-là terminera l’histoire du monde.&lt;br /&gt;
— Celui qui l’enseigna, on l’a crucifié.&lt;br /&gt;
— Il viendra et son nom sera le Dieu-Homme.&lt;br /&gt;
— L’Homme-Dieu ?&lt;br /&gt;
— Le Dieu-Homme, c’est en cela qu’est la différence. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=360}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Notre libéral russe est, avant tout, un laquais, toujours en quête de bottes à cirer. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=221}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un homme nouveau viendra, heureux et fier. Celui auquel il sera indifférent de vivre ou de ne pas vivre, celui-là sera l’homme nouveau. Celui qui vaincra la souffrance et la terreur, celui-là sera lui-même Dieu. Quant à l’autre Dieu, il ne sera plus. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Celui qui vaincra la souffrance et la peur, sera lui-même Dieu. Alors commencera une vie nouvelle, alors paraîtra l’homme nouveau. Tout sera nouveau...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=189}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai observé, me glissa un jour Stépane Trophimovitch, que tous ces socialistes enragés et ces communistes sont en même temps des êtres avares, et ont des âmes d’acquéreurs, de propriétaires, si bien que plus ils sont socialistes, plus ils se montrent avides. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=136}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Non seulement vous ne connaissiez pas le peuple, mais vous n’aviez pour lui que le plus abominable mépris, parce que le peuple pour vous c’était uniquement le peuple français, et même les seuls Parisiens, et vous étiez honteux de ce que le peuple russe ne leur ressemblât pas. C’est la vérité pure. Or '''celui qui n’a point de peuple, n’a point de Dieu.''' Sachez que tous ceux qui cessent de comprendre leur peuple, et n’ont plus de contact avec lui, perdent dans la même mesure la foi de leurs pères, et deviennent des athées ou des indifférents. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Démons&lt;br /&gt;
|année d'origine=1871&lt;br /&gt;
|traducteur=Marthe Robert&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070394166&lt;br /&gt;
|page=82}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''[...] l’Occident a perdu le Christ (par la faute du catholicisme), c’est pour cela qu’il chute, uniquement pour cela.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nikolaï Strakhov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 18 (30) mai 1871&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Toute la mission de la Russie réside dans l’orthodoxie, dans ''la lumière venue d’Orient'' qui ruissellera sur l’humanité aveugle d’Occident, laquelle a perdu le Christ.''' Tout le malheur de l’Europe, tout, tout, sans exception aucune, vient de ce qu’avec l’Église de Rome, ils ont perdu le Christ, puis décidé qu’ils s’en passeraient. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 9 (21) octobre 1870&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le cercle de l’avenir russe s’élargit, la pensée est fondée non seulement d’un grand État mais de tout un monde nouveau, destiné à rénover le christianisme par l’idée orthodoxe panslave et à apporter à l’humanité une pensée nouvelle lorsque l’Occident commencera à pourrir''' ; or il pourrira quand le pape aura définitivement mutilé le Christ et par là même engendré l’athéisme dans l’humanité occidentale souillée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Apollon Maïkov, trad. Anne Coldefy-Faucard, 15 (27) mai 1869&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ah ! soyez certains que '''ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir que Colomb a été heureux'''. Soyez persuadés que le moment culminant de son bonheur s’est peut-être placé trois jours avant la découverte du Nouveau Monde, lorsque l’équipage au désespoir s’est rebellé et a été sur le point de faire demi-tour pour revenir en Europe. Il ne s’agissait pas ici du Nouveau Monde, qui aurait pu s’effondrer. Colomb est mort l’ayant a peine vu et sans savoir, au fond, ce qu’il avait découvert. Ce qui compte, c’est la vie, la vie seule [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-il vrai, prince, que vous ayez dit un jour que la “beauté” sauverait le monde ? Messieurs, s’écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que '''la beauté sauvera le monde !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=L’Idiot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Mousset&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070389636&lt;br /&gt;
|page=464}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Elle est connue : le crime est une protestation contre une organisation sociale anormale ; voilà tout et rien de plus et ils n’admettent aucune autre raison, pas une...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— En voilà une erreur ! cria Porphyre Petrovitch. Il s’animait peu à peu et riait en regardant Rasoumikhine dont l’emballement ne faisait que croître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ils n’admettent pas une autre cause, l’interrompit Rasoumikhine avec feu. Je ne me trompe pas ; je te montrerai leurs livres ; je te montrerai qu’ils disent : “tel individu a été perdu par son milieu” et c’est tout ; c’est leur phrase favorite. D’où la conclusion que si la société était organisée de façon normale, il n’y aurait plus de crimes car on n’aurait plus à protester et tous les hommes deviendraient des “justes”. '''Ils ne prennent pas en considération la nature ; ils la suppriment ; elle n’existe pas pour eux. Ils ne voient pas une humanité qui se développe par une progression historique et vivante et produit enfin une société normale, mais un système social sorti d’une tête de mathématicien et qui doit organiser, en un clin d’oeil, la société, la rendre juste et parfaite avant tout processus historique ; d’où leur haine instinctive pour l’histoire.''' Ils disent : “C’est un ramassis d’horreurs et d’absurdités” et tout s’explique immanquablement par l’absurdité ; d’où également leur haine de ce processus vivant qu’est l’existence ; pas besoin d’âme vivante, car l’âme vivante a ses exigences, elle n’obéit pas aveuglément à la mécanique, une âme vivante est méfiante, elle est rétrograde et celle qu’ils veulent peut puer la charogne, être faite de caoutchouc, en revanche elle est morte, dénuée de volonté ; c’est un esclave qui n’ira jamais se révolter et il en résulte que tout leur système est établi sur une superposition de briques : par la manière de disposer les corridors et les pièces d’un phalanstère ! Ce phalanstère, il est prêt, mais c’est la nature humaine qui ne l’est point ; elle veut encore vivre, traverser tout le processus de la vie avant de s’en aller au cimetière. La logique ne suffit pas à permettre ce saut par-dessus la nature. La logique ne prévoit que trois cas quand il y en a un million. Ce million, le supprimer et ramener tout à l’unique question du confort ! Voilà la solution la plus facile du problème. Une solution d’une clarté séduisante et qui rend toute réflexion inutile, voilà l’essentiel. Tout le mystère de la vie tient dans deux feuilles d’impression... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Crime et châtiment&lt;br /&gt;
|année d'origine=1866&lt;br /&gt;
|traducteur=Doussia Ergaz&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1950&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070392537&lt;br /&gt;
|page=272}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je n’admettrai pas que le couronnement de mes désirs puisse être une maison en briques avec logements à bon marché loués à bail pour mille ans et portant l’enseigne du dentiste Wagenheim. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=165}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souffrance ! mais c’est l’unique cause de la conscience ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=163}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est indiscutable que l’homme aime beaucoup construire et tracer des routes ; mais comment se fait-il donc qu’il aime aussi passionnément la destruction et le chaos ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=160}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais l’homme nourrit une telle passion pour les systèmes, pour les déductions abstraites, qu’il est prêt à travestir sciemment la vérité, prêt à fermer les yeux et à se boucher les oreilles devant la vérité, rien que pour justifier sa logique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fiodor Dostoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Le Sous-sol&lt;br /&gt;
|année d'origine=1864&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Pascal et Boris de Schloezer&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|Collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070373529&lt;br /&gt;
|page=146}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Envoie-moi le Coran. La ''Critique de raison pure'' de Kant et, si tu es en mesure de le faire de façon non officielle, envoie-moi sans faute ''Hegel'', notamment son ''Histoire de la philosophie''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je nourris aujourd’hui nombre de besoins et d’espoirs qui, jamais, ne m’avaient effleuré. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Frère, il est au monde beaucoup de nobles gens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À sa sortie du bagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 30 janvier-22 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''si quelqu’un me prouvait que le Christ est hors de la vérité, et que la vérité fût réellement hors du Christ, je voudrais plutôt rester avec le Christ qu’avec la vérité.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Nathalie Fonvizine, trad. Anne Coldefy-Faucard, Fin janvier-20 février 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je n’ai qu’une visée : être libre. J’y sacrifie tout. Mais souvent, souvent, je pense à ce que m’apportera la liberté... Que ferai-je, seul parmi la foule inconnue ?''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Dostoïevski, Lettre à Mikhail Dostoïevski, trad. Anne Coldefy-Faucard, 16 août 1839&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Fiodor Dostoïevski 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations sur Fiodor Dostoïevski ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Seule la Russie, étant encore à l’époque du Moyen Âge, a pu produire plus facilement un homme doué de la puissance mystique et raisonnable du Moyen Âge : Dostoïevski. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Drieu la Rochelle&lt;br /&gt;
|titre=Notes pour comprendre le siècle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1941&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=2020&lt;br /&gt;
|page=94}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, l’Europe occidentale, précipitée dans le rythme d’un processus catastrophique, se tourne vers Dostoïevski ; elle est plus capable de le comprendre. Par la volonté du destin, elle est sortie de cet état de consentement de soi, d’essence bourgeoise, où, jusqu’à la catastrophe de la guerre mondiale, elle espérait visiblement demeurer toujours. La société européenne s’est maintenue très longtemps aux lisières de l’être et s’est contentée d’une existence extérieure. Elle voulait s’établir jusqu’à la consommation des siècles à la surface de la terre. Mais, dans cette Europe ainsi bourgeoisement organisée, le sous-sol de la terre s’est révélé volcanique : les peuples européens se sont découvert une profondeur spirituelle. [...] Ainsi la valeur de Dostoïevski est si grande qu’il suffit au peuple russe de le nommer pour justifier son existence dans le monde. Dostoïevski témoignera pour lui au Jugement Dernier des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=286-287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanitarisme irresponsable nie le mal, parce qu’il nie la personnalité, et Dostoïevski a lutté contre l’humanitarisme au nom de l’homme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=L’Esprit de Dostoïevski&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexis Nerville&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si la fondation de Pétersbourg a été le premier acte de l’Antéchrist, l’autodestruction de la société formée par Pétersbourg en est le second : tel doit être le sentiment intérieur de la paysannerie. [...] Le vrai Russe est un disciple de Dostoïewski, bien qu’il ne le lise pas, bien que ''et parce qu’il'' ne sait même pas lire. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Oswald Spengler]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Déclin de l’Occident&lt;br /&gt;
|année d'origine=1918-1922&lt;br /&gt;
|traducteur=Mohand Tazerout&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1948&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070260478&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=180}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il m’est arrivé avec Dostoïevski la même chose qu’autrefois avec Stendhal : le contact le plus accidentel, un livre que l’on feuillette dans une librairie, tout vous est inconnu jusqu’au nom — et soudain votre instinct vous dit que vous avez rencontré là un proche parent... ''La Maison des morts'' et un des livres les plus humains qui soit. Mais le libre que j’ai lu d’abord… c’est l’''Esprit souterrain'', il se compose de deux nouvelles : la première est une sorte de musique inconnue, la seconde — un véritable coup de génie psychologique — poursuit de ses sarcasmes impitoyables le γνῶθι, mais avec tant d’audace et de satisfaction désinvoltes révélant une force supérieure, que cette lecture m’atout à fait enivré de plaisir... Du reste je constate déjà que la jeune génération des romanciers parisiens est tyrannisée par son influence et la jalousie qu’elle éprouve à l’égard  Dostoïevski (par exemple Paul Bourget) [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— [[Friedrich Nietzsche]], Lettre à Peter Gast, 7 mars 1887&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe n’a aucun écrivain vivant, parmi les jeunes, à mettre en balance avec deux ou trois romanciers de génie qui périssent actuellement de misère, dans le cachot volontaire de leur probité d’artistes. '''La mort de Dostoïewsky a fait l’universel silence''' autour de Paris [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Léon Bloy]]&lt;br /&gt;
|titre=Le Désespéré&lt;br /&gt;
|année d'origine=1887&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2010&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080712561&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Dostoievski, Fiodor}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Alexandre_Zinoviev&amp;diff=46045</id>
		<title>Alexandre Zinoviev</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Alexandre_Zinoviev&amp;diff=46045"/>
		<updated>2026-07-29T05:31:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Alexandre Zinoviev|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je pense que la Russie aura encore un rôle important à jouer contre l’américanisation de la planète, comme elle a déjà joué un rôle décisif dans la lutte contre la menace du fascisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Pourquoi je rentre en Russie&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|publication=Le Monde&lt;br /&gt;
|date=30 juin 1999&lt;br /&gt;
|url=https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/06/30/pourquoi-je-rentre-en-russie_3584961_1819218.html}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] on gonfle l’aspect démocratique superficiel du pouvoir, mais on passe sous silence les fondements non démocratiques de ce pouvoir. Et on idéalise la démocratie, on l’enjolive. Dans la présentation de l’économie on gonfle et on enjolive la “liberté” du marché et l’entreprise privée, mais on passe sous silence le totalitarisme financier, l’aspect dictatorial, les phénomènes non capitalistes, etc. On prétend qu’on s’est libéré de l’idéologie mais on passe sous silence le bourrage de crâne qui surpasse de loin en matière d’abrutissement idéologique le bourrage de crâne soviétique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=La suprasociété globale et la Russie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=Gérard Conio&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=87}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas par hasard si l’occidentalisation du monde non occidental est devenue une arme très puissante de l’Occident dans sa lutte pour la domination mondiale. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=La suprasociété globale et la Russie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=Gérard Conio&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=87}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le processus d’unification en cours de toute l’humanité dans une entité unique traduit en réalité la soumission de l’humanité entière au monde occidental comme unique entité. De ce point de vue on peut désigner ce processus comme l’occidentalisation de l’humanité. Mais dans la mesure où le monde occidental est dominé par les États-Unis, puisqu’ils disposent de la majeure partie des ressources de l’Occident et de la planète, on peut appeler ce processus l’américanisation de l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=La suprasociété globale et la Russie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=Gérard Conio&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentisation n'exclut pas la bonne volonté du pays cible et même son désir ardent de sengager dans cette voie. L'Occident et même éprouver une profonde reconnaissance. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tactique mise en œuvre comprend les mesures suivantes : discréditer les attributs essentiels de l’organisation sociale du pays cible ; le déstabiliser ; approfondir la crise de l’économie, de l’appareil étatique et de l’idéologie ; scinder la population en groupes hostiles, l’atomiser, corrompre l’élite intellectuelle et les couches privilégiées ; dans le même temps, célébrer les avantages du mode de vie occidental ; créer l’illusion que l’opulence ainsi montrée peut être atteinte dans les délais les plus brefs à la seule condition que le pays s’engage sur la voie du changement ; contaminer la population avec les vices de la société occidentale, en les présentant comme la manifestation de la véritable liberté individuelle ; n’octroyer une aide économique que dans la mesure où cela contribue à la destruction de l’économie préexistante, engendre le parasitisme et donne à l’Occident une réputation de sauveur désintéressé. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentisation de la planète a pour résultat de détruire toute possibilité d’éclosion d’une forme d'évolution nouvelle et différente. En conquérant le monde, l’Occident élimine tous les embryons concurrentiels d’autres types de civilisation et transforme le monde en un désert d’évolution infertile. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=L’Occidentisme - Essai sur le triomphe d'une idéologie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|traducteur=Galia Ackerman et Pierre Lorrain&lt;br /&gt;
|éditeur=Plon&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentisation est le désir de l’Occident d’assimiler d’autres pays sous le couvert idéologique d’une mission humanitaire, bénévole et libératrice. Nous sommes libres, riches et heureux, semble dire l’Occident aux peuples occidentisés, et nous voulons vous aider à devenir comme nous. Mais l’essence réelle de l’occidentisme n’a rien à voir avec ces belles paroles. Son objectif est de réduire les victimes à un tel état qu’elles perdent toute capacité de développement indépendant et soient incluses dans la sphère d’influence de l’Ouest non en qualité de partenaires égaux, mais de satellites, ou plutôt de colonies d’un type nouveau. L’Occident possède une puissance suffisante pour empêcher l’apparition de pays indépendants de type occidental qui menaceraient sa domination sur l’empire planétaire qu’il s’est déjà taillé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentisation d’un pays donné ne saurait se réduire à une simple influence, ni à l’emprunt de certains phénomènes du mode de vie occidental, ni à la consommation de produits (y compris culturels) fabriqués en Occident. Il s’agit d'un processus beaucoup plus profond : la transformation des fondements mêmes de la vie de ce pays, de son organisation sociale, de son système de direction, de son idéologie et de la mentalité de sa population. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=L’Occidentisme - Essai sur le triomphe d'une idéologie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|traducteur=Galia Ackerman et Pierre Lorrain&lt;br /&gt;
|éditeur=Plon&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=280}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentalisation comme stratégie de l’Occident est la volonté de ce dernier de rendre les autres pays semblables à lui par le régime social, le système politique, l’idéologie, la psychologie et la culture. Idéologiquement, la chose est présentée comme une mission humaine, désintéressée et libératrice de l’Occident, sommet de la civilisation et concentré de toutes les vertus possibles est imaginables. Nous sommes libres, riches et heureux, sussurent les Occidentaux aux peuples occidentalisantes et nous voulons vous aider à le devenir aussi. La réalité de l’occidentalisation est tout autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentalisation a pour but d’inclure les autres pays dans la zone d’influence, de pouvoir et d’exploitation de l’Ouest. Qui plus est, de les inclure non à titre de partenaires sur un pied d’égalité, mais pour endosser le rôle que l’Occident voudra bien leur accorder. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentalisation a été imposée d’en haut, par la contrainte, par un décision volontaire du pouvoir suprême, comme une chose étrangère et artificielle pour la société soviétique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=Perestroïka et contre-perestroïka&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=Anne Coldefy-Faucard&lt;br /&gt;
|éditeur=Olivier Orban&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=159}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Zinoviev, Alexandre}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Alexandre_Zinoviev&amp;diff=46044</id>
		<title>Alexandre Zinoviev</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Alexandre_Zinoviev&amp;diff=46044"/>
		<updated>2026-07-29T05:24:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Alexandre Zinoviev|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je pense que la Russie aura encore un rôle important à jouer contre l’américanisation de la planète, comme elle a déjà joué un rôle décisif dans la lutte contre la menace du fascisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Pourquoi je rentre en Russie&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|publication=Le Monde&lt;br /&gt;
|date=30 juin 1999&lt;br /&gt;
|url=https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/06/30/pourquoi-je-rentre-en-russie_3584961_1819218.html}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le processus d’unification en cours de toute l’humanité dans une entité unique traduit en réalité la soumission de l’humanité entière au monde occidental comme unique entité. De ce point de vue on peut désigner ce processus comme l’occidentalisation de l’humanité. Mais dans la mesure où le monde occidental est dominé par les États-Unis, puisqu’ils disposent de la majeure partie des ressources de l’Occident et de la planète, on peut appeler ce processus l’américanisation de l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=La suprasociété globale et la Russie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|traducteur=Gérard Conio&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentisation n'exclut pas la bonne volonté du pays cible et même son désir ardent de sengager dans cette voie. L'Occident et même éprouver une profonde reconnaissance. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tactique mise en œuvre comprend les mesures suivantes : discréditer les attributs essentiels de l’organisation sociale du pays cible ; le déstabiliser ; approfondir la crise de l’économie, de l’appareil étatique et de l’idéologie ; scinder la population en groupes hostiles, l’atomiser, corrompre l’élite intellectuelle et les couches privilégiées ; dans le même temps, célébrer les avantages du mode de vie occidental ; créer l’illusion que l’opulence ainsi montrée peut être atteinte dans les délais les plus brefs à la seule condition que le pays s’engage sur la voie du changement ; contaminer la population avec les vices de la société occidentale, en les présentant comme la manifestation de la véritable liberté individuelle ; n’octroyer une aide économique que dans la mesure où cela contribue à la destruction de l’économie préexistante, engendre le parasitisme et donne à l’Occident une réputation de sauveur désintéressé. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentisation de la planète a pour résultat de détruire toute possibilité d’éclosion d’une forme d'évolution nouvelle et différente. En conquérant le monde, l’Occident élimine tous les embryons concurrentiels d’autres types de civilisation et transforme le monde en un désert d’évolution infertile. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=L’Occidentisme - Essai sur le triomphe d'une idéologie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|traducteur=Galia Ackerman et Pierre Lorrain&lt;br /&gt;
|éditeur=Plon&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentisation est le désir de l’Occident d’assimiler d’autres pays sous le couvert idéologique d’une mission humanitaire, bénévole et libératrice. Nous sommes libres, riches et heureux, semble dire l’Occident aux peuples occidentisés, et nous voulons vous aider à devenir comme nous. Mais l’essence réelle de l’occidentisme n’a rien à voir avec ces belles paroles. Son objectif est de réduire les victimes à un tel état qu’elles perdent toute capacité de développement indépendant et soient incluses dans la sphère d’influence de l’Ouest non en qualité de partenaires égaux, mais de satellites, ou plutôt de colonies d’un type nouveau. L’Occident possède une puissance suffisante pour empêcher l’apparition de pays indépendants de type occidental qui menaceraient sa domination sur l’empire planétaire qu’il s’est déjà taillé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentisation d’un pays donné ne saurait se réduire à une simple influence, ni à l’emprunt de certains phénomènes du mode de vie occidental, ni à la consommation de produits (y compris culturels) fabriqués en Occident. Il s’agit d'un processus beaucoup plus profond : la transformation des fondements mêmes de la vie de ce pays, de son organisation sociale, de son système de direction, de son idéologie et de la mentalité de sa population. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=L’Occidentisme - Essai sur le triomphe d'une idéologie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|traducteur=Galia Ackerman et Pierre Lorrain&lt;br /&gt;
|éditeur=Plon&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=280}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’occidentalisation comme stratégie de l’Occident est la volonté de ce dernier de rendre les autres pays semblables à lui par le régime social, le système politique, l’idéologie, la psychologie et la culture. Idéologiquement, la chose est présentée comme une mission humaine, désintéressée et libératrice de l’Occident, sommet de la civilisation et concentré de toutes les vertus possibles est imaginables. Nous sommes libres, riches et heureux, sussurent les Occidentaux aux peuples occidentalisantes et nous voulons vous aider à le devenir aussi. La réalité de l’occidentalisation est tout autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentalisation a pour but d’inclure les autres pays dans la zone d’influence, de pouvoir et d’exploitation de l’Ouest. Qui plus est, de les inclure non à titre de partenaires sur un pied d’égalité, mais pour endosser le rôle que l’Occident voudra bien leur accorder. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occidentalisation a été imposée d’en haut, par la contrainte, par un décision volontaire du pouvoir suprême, comme une chose étrangère et artificielle pour la société soviétique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Zinoviev&lt;br /&gt;
|titre=Perestroïka et contre-perestroïka&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=Anne Coldefy-Faucard&lt;br /&gt;
|éditeur=Olivier Orban&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=159}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Zinoviev, Alexandre}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Thucydide&amp;diff=46043</id>
		<title>Thucydide</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Thucydide&amp;diff=46043"/>
		<updated>2026-06-19T23:07:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour un individu qui exerce la ''tyrannie'', comme pour un État qui possède un empire, il ne saurait y avoir de contradiction dans une politique, dès lors que celle-ci est avantageuse pour eux. La parenté ne compte pas, s’il n’y a pas d’autre garantie. Il faut selon les cas, savoir agir soit en ami soit en ennemi. Or notre intérêt dans ce pays n’est pas de faire du mal à nos amis, mais de mettre leur force à profit pour réduire nos ennemis à l’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=508}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On me dira que la démocratie est contraire à la raison et à l’équité et que ceux qui détiennent la richesse sont aussi les plus aptes à gouverner l’État. Je répondrai que le mot peuple (dèmos) désigne la totalité des citoyens et celui d’oligarchie une fraction seulement d’entre eux, que les riches sont peut-être les plus compétents en matière de finance, mais que ce sont les gens intelligents qui donnent les meilleurs conseils et la multitude qui, une fois informée, prend les meilleures décisions. Or en régime démocratique, ces trois catégories de citoyens sans distinction, chacune dans le rôle qui lui revient ou toutes ensemble, jouissent de droits égaux. Dans une oligarchie au contraire, la multitude est certes invitée à partager les risques, mais pour ce qui est des avantages, la classe dirigeante ne se contente pas de la meilleure part ; elle se les réserve en totalité. C’est le régime que voudraient instaurer les riches ainsi que la jeunesse, mais, dans une grande cité, c’est là un projet irréalisable. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Eh bien il faut réfléchir à tout cela. N’acceptons pas que la cité soit mise en péril quand nous sommes encore loin du port et ne cherchons pas à conquérir un nouvel empire avant d’avoir consolidé celui qui existe. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=456-457}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je ne blâme pas les peuples qui ont des visées impérialistes, je blâme ceux qui se laissent trop facilement réduire à la condition de sujets. Il a toujours été dans la nature de l’homme d’étendre son pouvoir sur ce qui ne lui résiste pas, mais aussi de se mettre en garde contre ce qui le menace.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les sept jours que les soixante navires d’Eurymédon restèrent à Corcyre, les Corcyréens continuèrent à massacrer ceux de leurs concitoyens qu’ils considéraient comme des ennemis. Ils les accusaient de comploter contre la démocratie, mais certains furent en fait victimes d’inimitiés privées. Des créanciers furent ainsi abattus par leurs débiteurs. On vit tous les genres de mort possibles et la population se porta à tous les excès qu’on peut observer en pareille circonstance, et même au delà. '''Le père tuait son fils''' ; on arrachait les suppliants aux autels et on les massacrait à l’entrée des sanctuaires ; quelques-uns même furent murés dans le temple de Dionysos, où on les laissa mourir. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, de cité en cité, la guerre civile étendait ses ravages. Dans celles qui furent touchées les dernières, les factieux, instruits de ce qui s'était fait ailleurs, allèrent plus loin encore dans la voie des excès révolutionnaires, grâce à une technique perfectionnée de l’insurrection et à des méthodes de terreur inouïes. '''Les hommes en vinrent, pour qualifier les actes, à modifier arbitrairement le sens habituel des mots.''' L’audace insensée passa pour du courage et du dévoûment au parti, l’attentisme prudent, pour de la poltronnerie dissimulée sous des apparences honorables, et la modération, pour le masque de la lâcheté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=259-260}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''les cités sont mieux gouvernées par des gens ordinaires que par des hommes d’esprit plus subtils ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois. Ils tiennent à avoir le dernier mot chaque fois qu’un débat s’engage à l’Assemblée, car ils savent qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs l’occasion de montrer leur sagacité à propos de questions aussi importantes. Et voilà comment bien souvent ils causent la perte des cités.''' Les hommes ordinaires au contraire se défient de leurs capacités intellectuelles. Ils ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
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|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Il m’est souvent arrivé, en d’autres circonstances, de constater qu’une démocratie est incapable d’exercer son autorité sur d’autres peuples ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|page=228}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=107}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Thucydide}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour un individu qui exerce la ''tyrannie'', comme pour un État qui possède un empire, il ne saurait y avoir de contradiction dans une politique, dès lors que celle-ci est avantageuse pour eux. La parenté ne compte pas, s’il n’y a pas d’autre garantie. Il faut selon les cas, savoir agir soit en ami soit en ennemi. Or notre intérêt dans ce pays n’est pas de faire du mal à nos amis, mais de mettre leur force à profit pour réduire nos ennemis à l’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« On me dira que la démocratie est contraire à la raison et à l’équité et que ceux qui détiennent la richesse sont aussi les plus aptes à gouverner l’État. Je répondrai que le mot peuple (dèmos) désigne la totalité des citoyens et celui d’oligarchie une fraction seulement d’entre eux, que les riches sont peut-être les plus compétents en matière de finance, mais que ce sont les gens intelligents qui donnent les meilleurs conseils et la multitude qui, une fois informée, prend les meilleures décisions. Or en régime démocratique, ces trois catégories de citoyens sans distinction, chacune dans le rôle qui lui revient ou toutes ensemble, jouissent de droits égaux. Dans une oligarchie au contraire, la multitude est certes invitée à partager les risques, mais pour ce qui est des avantages, la classe dirigeante ne se contente pas de la meilleure part ; elle se les réserve en totalité. C’est le régime que voudraient instaurer les riches ainsi que la jeunesse, mais, dans une grande cité, c’est là un projet irréalisable. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Eh bien il faut réfléchir à tout cela. N’acceptons pas que la cité soit mise en péril quand nous sommes encore loin du port et ne cherchons pas à conquérir un nouvel empire avant d’avoir consolidé celui qui existe. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« '''Je ne blâme pas les peuples qui ont des visées impérialistes, je blâme ceux qui se laissent trop facilement réduire à la condition de sujets. Il a toujours été dans la nature de l’homme d’étendre son pouvoir sur ce qui ne lui résiste pas, mais aussi de se mettre en garde contre ce qui le menace.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les sept jours que les soixante navires d’Eurymédon restèrent à Corcyre, les Corcyréens continuèrent à massacrer ceux de leurs concitoyens qu’ils considéraient comme des ennemis. Ils les accusaient de comploter contre la démocratie, mais certains furent en fait victimes d’inimitiés privées. Des créanciers furent ainsi abattus par leurs débiteurs. On vit tous les genres de mort possibles et la population se porta à tous les excès qu’on peut observer en pareille circonstance, et même au delà. '''Le père tuait son fils''' ; on arrachait les suppliants aux autels et on les massacrait à l’entrée des sanctuaires ; quelques-uns même furent murés dans le temple de Dionysos, où on les laissa mourir. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, de cité en cité, la guerre civile étendait ses ravages. Dans celles qui furent touchées les dernières, les factieux, instruits de ce qui s'était fait ailleurs, allèrent plus loin encore dans la voie des excès révolutionnaires, grâce à une technique perfectionnée de l’insurrection et à des méthodes de terreur inouïes. '''Les hommes en vinrent, pour qualifier les actes, à modifier arbitrairement le sens habituel des mots.''' L’audace insensée passa pour du courage et du dévoûment au parti, l’attentisme prudent, pour de la poltronnerie dissimulée sous des apparences honorables, et la modération, pour le masque de la lâcheté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« [...] les cités sont mieux gouvernées par des gens ordinaires que par des hommes d’esprit plus subtils ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois. Ils tiennent à avoir le dernier mot chaque fois qu’un débat s’engage à l’Assemblée, car ils savent qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs l’occasion de montrer leur sagacité à propos de questions aussi importantes. Et voilà comment bien souvent ils causent la perte des cités. Les hommes ordinaires au contraire se défient de leurs capacités intellectuelles. Ils ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Il m’est souvent arrivé, en d’autres circonstances, de constater qu’une démocratie est incapable d’exercer son autorité sur d’autres peuples ? »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour un individu qui exerce la ''tyrannie'', comme pour un État qui possède un empire, il ne saurait y avoir de contradiction dans une politique, dès lors que celle-ci est avantageuse pour eux. La parenté ne compte pas, s’il n’y a pas d’autre garantie. Il faut selon les cas, savoir agir soit en ami soit en ennemi. Or notre intérêt dans ce pays n’est pas de faire du mal à nos amis, mais de mettre leur force à profit pour réduire nos ennemis à l’impuissance. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« On me dira que la démocratie est contraire à la raison et à l’équité et que ceux qui détiennent la richesse sont aussi les plus aptes à gouverner l’État. Je répondrai que le mot peuple (dèmos) désigne la totalité des citoyens et celui d’oligarchie une fraction seulement d’entre eux, que les riches sont peut-être les plus compétents en matière de finance, mais que ce sont les gens intelligents qui donnent les meilleurs conseils et la multitude qui, une fois informée, prend les meilleures décisions. Or en régime démocratique, ces trois catégories de citoyens sans distinction, chacune dans le rôle qui lui revient ou toutes ensemble, jouissent de droits égaux. Dans une oligarchie au contraire, la multitude est certes invitée à partager les risques, mais pour ce qui est des avantages, la classe dirigeante ne se contente pas de la meilleure part ; elle se les réserve en totalité. C’est le régime que voudraient instaurer les riches ainsi que la jeunesse, mais, dans une grande cité, c’est là un projet irréalisable. »&lt;br /&gt;
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« Eh bien il faut réfléchir à tout cela. N’acceptons pas que la cité soit mise en péril quand nous sommes encore loin du port et ne cherchons pas à conquérir un nouvel empire avant d’avoir consolidé celui qui existe. »&lt;br /&gt;
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« Je ne blâme pas les peuples qui ont des visées impérialistes, je blâme ceux qui se laissent trop facilement réduire à la condition de sujets. Il a toujours été dans la nature de l’homme d’étendre son pouvoir sur ce qui ne lui résiste pas, mais aussi de se mettre en garde contre ce qui le menace. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Durant les sept jours que les soixante navires d’Eurymédon restèrent à Corcyre, les Corcyréens continuèrent à massacrer ceux de leurs concitoyens qu’ils considéraient comme des ennemis. Ils les accusaient de comploter contre la démocratie, mais certains furent en fait victimes d’inimitiés privées. Des créanciers furent ainsi abattus par leurs débiteurs. On vit tous les genres de mort possibles et la population se porta à tous les excès qu’on peut observer en pareille circonstance, et même au delà. '''Le père tuait son fils''' ; on arrachait les suppliants aux autels et on les massacrait à l’entrée des sanctuaires ; quelques-uns même furent murés dans le temple de Dionysos, où on les laissa mourir. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, de cité en cité, la guerre civile étendait ses ravages. Dans celles qui furent touchées les dernières, les factieux, instruits de ce qui s'était fait ailleurs, allèrent plus loin encore dans la voie des excès révolutionnaires, grâce à une technique perfectionnée de l’insurrection et à des méthodes de terreur inouïes. '''Les hommes en vinrent, pour qualifier les actes, à modifier arbitrairement le sens habituel des mots.''' L’audace insensée passa pour du courage et du dévoûment au parti, l’attentisme prudent, pour de la poltronnerie dissimulée sous des apparences honorables, et la modération, pour le masque de la lâcheté. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« [...] les cités sont mieux gouvernées par des gens ordinaires que par des hommes d’esprit plus subtils ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois. Ils tiennent à avoir le dernier mot chaque fois qu’un débat s’engage à l’Assemblée, car ils savent qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs l’occasion de montrer leur sagacité à propos de questions aussi importantes. Et voilà comment bien souvent ils causent la perte des cités. Les hommes ordinaires au contraire se défient de leurs capacités intellectuelles. Ils ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=228-229}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il m’est souvent arrivé, en d’autres circonstances, de constater qu’une démocratie est incapable d’exercer son autorité sur d’autres peuples ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=228}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=128}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=107}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|page=45}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Thucydide}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Thucydide</title>
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		<updated>2026-06-14T13:42:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour un individu qui exerce la ''tyrannie'', comme pour un État qui possède un empire, il ne saurait y avoir de contradiction dans une politique, dès lors que celle-ci est avantageuse pour eux. La parenté ne compte pas, s’il n’y a pas d’autre garantie. Il faut selon les cas, savoir agir soit en ami soit en ennemi. Or notre intérêt dans ce pays n’est pas de faire du mal à nos amis, mais de mettre leur force à profit pour réduire nos ennemis à l’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=508}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On me dira que la démocratie est contraire à la raison et à l’équité et que ceux qui détiennent la richesse sont aussi les plus aptes à gouverner l’État. Je répondrai que le mot peuple (dèmos) désigne la totalité des citoyens et celui d’oligarchie une fraction seulement d’entre eux, que les riches sont peut-être les plus compétents en matière de finance, mais que ce sont les gens intelligents qui donnent les meilleurs conseils et la multitude qui, une fois informée, prend les meilleures décisions. Or en régime démocratique, ces trois catégories de citoyens sans distinction, chacune dans le rôle qui lui revient ou toutes ensemble, jouissent de droits égaux. Dans une oligarchie au contraire, la multitude est certes invitée à partager les risques, mais pour ce qui est des avantages, la classe dirigeante ne se contente pas de la meilleure part ; elle se les réserve en totalité. C’est le régime que voudraient instaurer les riches ainsi que la jeunesse, mais, dans une grande cité, c’est là un projet irréalisable. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=479}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Eh bien il faut réfléchir à tout cela. N’acceptons pas que la cité soit mise en péril quand nous sommes encore loin du port et ne cherchons pas à conquérir un nouvel empire avant d’avoir consolidé celui qui existe. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=456-457}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je ne blâme pas les peuples qui ont des visées impérialistes, je blâme ceux qui se laissent trop facilement réduire à la condition de sujets. Il a toujours été dans la nature de l’homme d’étendre son pouvoir sur ce qui ne lui résiste pas, mais aussi de se mettre en garde contre ce qui le menace. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Durant les sept jours que les soixante navires d’Eurymédon restèrent à Corcyre, les Corcyréens continuèrent à massacrer ceux de leurs concitoyens qu’ils considéraient comme des ennemis. Ils les accusaient de comploter contre la démocratie, mais certains furent en fait victimes d’inimitiés privées. Des créanciers furent ainsi abattus par leurs débiteurs. On vit tous les genres de mort possibles et la population se porta à tous les excès qu’on peut observer en pareille circonstance, et même au delà. Le père tuait son fils ; on arrachait les suppliants aux autels et on les massacrait à l’entrée des sanctuaires ; quelques-uns même furent murés dans le temple de Dionysos, où on les laissa mourir. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, de cité en cité, la guerre civile étendait ses ravages. Dans celles qui furent touchées les dernières, les factieux, instruits de ce qui s'était fait ailleurs, allèrent plus loin encore dans la voie des excès révolutionnaires, grâce à une technique perfectionnée de l’insurrection et à des méthodes de terreur inouïes. Les hommes en vinrent, pour qualifier les actes, à modifier arbitrairement le sens habituel des mots. L’audace insensée passa pour du courage et du dévoûment au parti, l’attentisme prudent, pour de la poltronnerie dissimulée sous des apparences honorables, et la modération, pour le masque de la lâcheté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=259-260}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les cités sont mieux gouvernées par des gens ordinaires que par des hommes d’esprit plus subtils ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois. Ils tiennent à avoir le dernier mot chaque fois qu’un débat s’engage à l’Assemblée, car ils savent qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs l’occasion de montrer leur sagacité à propos de questions aussi importantes. Et voilà comment bien souvent ils causent la perte des cités. Les hommes ordinaires au contraire se défient de leurs capacités intellectuelles. Ils ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Il m’est souvent arrivé, en d’autres circonstances, de constater qu’une démocratie est incapable d’exercer son autorité sur d’autres peuples ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Thucydide</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour un individu qui exerce la ''tyrannie'', comme pour un État qui possède un empire, il ne saurait y avoir de contradiction dans une politique, dès lors que celle-ci est avantageuse pour eux. La parenté ne compte pas, s’il n’y a pas d’autre garantie. Il faut selon les cas, savoir agir soit en ami soit en ennemi. Or notre intérêt dans ce pays n’est pas de faire du mal à nos amis, mais de mettre leur force à profit pour réduire nos ennemis à l’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« On me dira que la démocratie est contraire à la raison et à l’équité et que ceux qui détiennent la richesse sont aussi les plus aptes à gouverner l’État. Je répondrai que le mot peuple (dèmos) désigne la totalité des citoyens et celui d’oligarchie une fraction seulement d’entre eux, que les riches sont peut-être les plus compétents en matière de finance, mais que ce sont les gens intelligents qui donnent les meilleurs conseils et la multitude qui, une fois informée, prend les meilleures décisions. Or en régime démocratique, ces trois catégories de citoyens sans distinction, chacune dans le rôle qui lui revient ou toutes ensemble, jouissent de droits égaux. Dans une oligarchie au contraire, la multitude est certes invitée à partager les risques, mais pour ce qui est des avantages, la classe dirigeante ne se contente pas de la meilleure part ; elle se les réserve en totalité. C’est le régime que voudraient instaurer les riches ainsi que la jeunesse, mais, dans une grande cité, c’est là un projet irréalisable. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Eh bien il faut réfléchir à tout cela. N’acceptons pas que la cité soit mise en péril quand nous sommes encore loin du port et ne cherchons pas à conquérir un nouvel empire avant d’avoir consolidé celui qui existe. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Je ne blâme pas les peuples qui ont des visées impérialistes, je blâme ceux qui se laissent trop facilement réduire à la condition de sujets. Il a toujours été dans la nature de l’homme d’étendre son pouvoir sur ce qui ne lui résiste pas, mais aussi de se mettre en garde contre ce qui le menace. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« [...] les cités sont mieux gouvernées par des gens ordinaires que par des hommes d’esprit plus subtils ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois. Ils tiennent à avoir le dernier mot chaque fois qu’un débat s’engage à l’Assemblée, car ils savent qu’ils ne trouveraient nulle part ailleurs l’occasion de montrer leur sagacité à propos de questions aussi importantes. Et voilà comment bien souvent ils causent la perte des cités. Les hommes ordinaires au contraire se défient de leurs capacités intellectuelles. Ils ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. »&lt;br /&gt;
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« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
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|page=128}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=107}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=45}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Thucydide}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Discussion:Citations&amp;diff=46037</id>
		<title>Discussion:Citations</title>
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		<updated>2026-06-09T20:08:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« L’Asie est notre Amérique En Europe, nous sommes des esclaves. En Asie, nous arrivons comme des seigneurs. En Europe, nous étions des Tatars. En Asie, nous arrivons comme des Européens. »&lt;br /&gt;
*Menschikoff&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reinhard Heydrich – « Qui parmi nous n’a pas, au fond de son cœur, à condition de penser encore avec son sang, un sentiment de honte profonde, étrangement obsédant, quand, en se promenant dans la campagne, devant le panorama peut-être des Alpes enneigées au sommet des montagnes ou au milieu d’une sombre lande westphalienne, il tombe sur une image de Jésus crucifié ? Les dieux de nos ancêtres étaient différents ; c’étaient des hommes, et chacun avait une arme à la main, symbolisant l’attitude à la vie qui est inhérente à notre race : celle de l’action, celle de la responsabilité de l’homme envers lui-même. Quelle différence avec ce crucifié pâle, exprimant, par son regard décidé de souffrance, d’humilité et d’abandon extrême, des qualités qui contredisent l’attitude héroïque fondamentale de notre race. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mgr Henri Delassus – « Faire de tous les Etats de l’ancien et du nouveau monde les départements d’une seule et même république, assujettir tous les peuples au gouvernement d’une Convention unique n’est qu’un côté du plan que s’est tracé le Pouvoir occulte qui dirige la secte judéo-maçonnique et par elle le mouvement révolutionnaire. » (La Conjuration Antichrétienne, p.629, 1910)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Konrad_von_Schmidt-Phiseldeck&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://en.wikipedia.org/wiki/Summers_memo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.lemonde.fr/archives/article/1949/11/02/les-lieux-saints-doivent-rester-aux-croyants_1929794_1819218.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Car, comme l’éclair part de l’Orient et brille jusqu’à l’Occident, il en sera de même de l’avènement du Fils de l’homme. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Matt 24 27&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vous êtes, ô Occidentaux, nos maîtres et nous sommes vos disciples... Nous périssons par vous... Utopies, paradoxes, abstractions, présents de l’Occident..., étaient accueillis en Russie comme autant de vérités. Le sans russe a été empoisonné par l’Occident. La Russie périt parce qu’elle a voulu être fidèle aux quatorze points de Wilson et réaliser la justice universelle. À l’Occident de réparer les maux qu’il a causés. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gueorgui Lvov cité par Pierre Pascal, in Les grand courants de la pensée russe contemporaine, éd. l'Âge d'Homme, p. 81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On pleure les Indiens des autres, mais on tue les siens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Charbonneau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Quant au gaullisme, c'était une méprisable anachronique bouture du bellicisme de la IIIe république défunte, une loufoquerie militaire [...] mélangée d'un messianisme d'hébreu errants.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Lucien Rebatet, Les Mémoires d’un fasciste II (1976)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;C'est parce qu'au lieu d'exhiber notre passé devant les étrangers en les priant de l'admirer, nous l'avons pris à bras-le-corps, en famille, arrosée de notre sueur pour ne faire renaître à la manière de la pluie qui fait germer les graines [...]&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Saint-Loup, La République du Mont-Blanc (1982)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous avons besoin d'une morale nouvelle, biologiquement fondée. La nature ne peut plus tolérer les cellules que nous recevons des pensées religieuses ou des philosophes délirants. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Saint-Loup, La République du Mont-Blanc (1982)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La France se retrouve dirigée clandestinement par un peuple orgueilleux et dominateur : il lui assigne ici une position mondialiste aussi séduisante que dangereuse. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Saint-Loup, La République du Mont-Blanc (1982)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Puissant souverain, en vérité, que celui dont les armes sont un aigle à deux têtes, tenant un sceptre et un globe, qu’entourent les écussons de Novgorod, de Wladimir de Kief, de Kazan, d’Astrakan, de Sibérie, et qu’enveloppe le collier de l’ordre de Saint-André, surmonté d’une couronne royale ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jules Verne, Michel Strogoff (1876)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie n'est pas un pays qu’on peut réellement conquérir, c'est-à-dire  occuper ; du moins cela ne peut être fait ni par les forces des États européens modernes, ni par les 500 000 personnes que Bonaparte a amenées pour cela. Un tel pays ne peut être vaincu que par sa propre faiblesse et ses conflits internes. Atteindre ces points faibles de la vie politique n'est possible que par un choc qui pénétrerait jusqu'au cœur du pays ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Carl von Clausewitz, La Campagne de 1812 en Russie (2005)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !&lt;br /&gt;
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
📖 Gérard de Nerval, « Delfica », in Les Chimères, 1854&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: « Quand tomberont les murs de la prison communiste, et que la Russie libérée commencera sa restauration, l'Église russe, qui aura connu, dans son expérience du martyre, toute la force maligne des persécutions de l'Antéchrist, saura poser avec force et justesse devant le monde chrétien le problème de l'unité chrétienne »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Anton Kartachev, Cité par Nivat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La civilisation, la culture humaniste avaient plus d'importance pour&lt;br /&gt;
les Russes, tard venus au festin spirituel de Hegel, que pour les Occidentaux&lt;br /&gt;
blasés »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Vladimir Soloviev, Trois entretiens sur la guerre, la morale et la religion, introduction de F. Rouleau, Traduction et notes de B. Marchadier et F. Rouleau, Paris, Éditions ŒIL, 1984. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a dans le peuple russe quelque chose de nécessairement immobile, de&lt;br /&gt;
nécessairement inaltérable, c'est son indifférence pour la nature du pouvoir qui le&lt;br /&gt;
régit. Nul peuple au monde n'a mieux compris que nous ce fameux texte de&lt;br /&gt;
l'Écriture : tout pouvoir vient de Dieu »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tchaadaïev, Inédit de Tchaadaïev, Slavic Studies, N° 23, Hokhaido University, 1979&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La commune a sauvé l'homme du peuple de la barbarie mongole et du tzarisme civilisateur, des seigneurs vernis à l'européenne et de la bureaucratie allemande; l'organisme communal a résisté, quoique fortement atteint, aux empiétements dupouvoir; il s'est heureusement conservé jusqu'au développement du socialisme en Europe. »&lt;br /&gt;
http://gertsen.lit-info.ru/gertsen/public/le-peuple-russe-et-le-socialisme/le-peuple-russe-et-le-socialisme-russkij-narod-i-socializm.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous ne sommes ni de l’Occident ni de l’Orient, et nous n’avons les traditions ni de l’un ni de l’autre. Placés comme en dehors des temps, l’éducation universelle du genre humain ne nous a pas atteints. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Et pourtant, situés entre les deux grandes divisions du monde, entre l’Orient et l’Occident, nous appuyant d’un coude sur la Chine et de l’autre sur l’Allemagne, nous devrions réunir en nous les deux grands principes de la nature intelligente, l’imagination et la raison, et joindre dans notre civilisation les histoires du globe entier. Ce n’est point là le rôle que la providence nous a départi. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Dorment l’herbe haute et la plaine,&lt;br /&gt;
Dort l’absinthe fraîche comme le plomb.&lt;br /&gt;
Point d’autre patrie ne pourrait&lt;br /&gt;
Me mettre au cœur tant de chaleur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous nous partageons même sort.&lt;br /&gt;
Demande à qui tu le voudras :&lt;br /&gt;
En joie, en tourmente, en folie,&lt;br /&gt;
Comme on vit bien dans la Russie ! »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Sergueï Essénine, trad. Georges Nivat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herder « les peuples sont des pensées de Dieu »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si l'occident méprise la Russie, c'est que nous avons pris la bonne direction. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexandre III de Russie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Если Запад ругает Россию, значит всё правильно делаем »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Российский император Александр III&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je suis maître de moi et de l'univers »&lt;br /&gt;
*Corneille&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La démographie, c’est la destinée » : formule souvent attribuée à Auguste Comte, mais forgée par un politiste américain en 1970 – qui prévoyait, à tort, que le centre dominerait la vie politique américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Internet était à nous, nos entreprises l'ont créé, étendu et perfectionné de telle façon que la concurrence ne peut pas suivre. Et souvent, ce que l'on présente comme des positions nobles sur ces problèmes n'a pour but que le développement d'intérêts commerciaux.»&lt;br /&gt;
*Barack Obama&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sociétés occidentales sont absolument décomposées. Il n’y a plus d’ensemble qui permette de déterminer et d’appliquer une politique […]. Les sociétés occidentales ne sont pratiquement plus des États […]. Ce sont simplement des aglomérations de lobbies, qui tirent à hue et à dia et à courte vue, dont aucun ne peut imposer une politique cohérente, mais dont chacun est capable de bloquer toute action contraire à ses intérêts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cornélius Castoriadis, Libération, 16-21 décembre 1981&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les appareils de la technologie font maintenant partie de l’organisme humain au même titre que la coquille des mollusques. »&lt;br /&gt;
Arnold Gehlen, Anthropologische Forschung, 1961&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nouvelle politique de l’interventionnisme étatique exige une dépolitisation de la grande masse de la population. »&lt;br /&gt;
Jurgen Habermas, La science et la technique comme idéologie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La solution des problèmes techniques échappe à la discussion publique, qui […] risquerait de mettre en question les conditions qui définissent le système »&lt;br /&gt;
Jurgen Habermas, La science et la technique comme idéologie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La sélection et elle seule détermine ce qui est appelé à constituer les trésors de sélection d’une culture (…) La faculté de conserver ce qui a été éprouvé apparaît (…) analogue au rôle du génome dans le mécanisme de l’hérédité. Conserver les connaissances acquises est encore plus important que d’en acquérir de nouvelles (…) Celui qui dénie toute valeur à la tradition tombe dans l’erreur de croire que la science est capable de faire surgir du néant, par des voies rationnelles, une civilisation complète (…) Une culture contient autant de connaissances, acquises au cours d’une lente croissance par la sélection, qu’une espèce animale »&lt;br /&gt;
Konrad Lorenz, Les Huit péchés capitaux de notre civilisation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre.&lt;br /&gt;
*Jean Jaurès, janvier 1910, à Paris, Chambre des députés in Pages choisies, éd. Rieder, paru en 1922, p. 115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l'église anglicane tout entière, la plus odieuse personnification de la ploutocratie, de l'impérialisme féroce et obtus, du bellicisme insulaire, de la morale prêchée par la bombe et l'obus ; de l'Amérique yankee avec ses cardinaux bolchevisants »&lt;br /&gt;
#Rebatet — Les Décombres&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les grands coupables de l'Église rôdent ds les couloirs du Vatican. Les cardinaux, les évêques, les coadjuteurs [...] sont neuf fois sur dix des drôles, des crapules politiciennes dont les physionomies suffiraient à révéler la bassesse et la fourbe. » &lt;br /&gt;
*Rebatet — Les Décombres&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je pense que la logique consistant à se débarrasser des déchets toxiques dans les pays pauvres est imparable et doit être encouragée. (…) J'ai toujours pensé que les pays d'Afrique sont massivement sous-pollués ; que la pollution atmosphérique y est inutilement basse si on la compare à celle de Los Angeles. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lawrence Summers, chef économiste de la Banque Mondiale, 1991&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je m'appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions »&lt;br /&gt;
*Descartes, Discours de la méthode&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au moment où plus rien ne devait être conservé, on voyait reparaître tous les conservateurs. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lucien Rebatet, Les Décombres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Malheur au pays dont le roi est un enfant et dont les princes ont mangé dès le matin »&lt;br /&gt;
*Ecclésiaste&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le plus de commerce possible, le moins de politique possible. »&lt;br /&gt;
— George Washington, Discours d'adieu, 1796&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le citoyen idéal des société modernes doit « naître enfant trouvé » et mourir célibataire »&lt;br /&gt;
*Renan&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« primauté unique s'étendant sur tous les êtres vivant dans le temps et sur les choses mesurées par le temps »&lt;br /&gt;
*Dante, monarchie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Lorsqu’une société, un peuple, un empire ou une race est près de glisser au tombeau, il est saisi de cette fureur masochiste, de cette haine rongeuse de soi, de ce mépris de son être même. Et il appelle la mort comme si celle-ci possédait le secret de l’ultime volupté.&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Jean Cau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
global surveillance industry&amp;quot; and states that seek to control the net, he writes, &amp;quot;within a few years, global civilisation will be a postmodern surveillance dystopia, from which escape for all but the most skilled individuals will be impossible&lt;br /&gt;
*Assange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nationalisme ou l'amour national. »&lt;br /&gt;
Augustin Barruel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne peut y avoir de liberté contre la vérité, il ne peut y avoir de liberté contre l’intérêt commun&lt;br /&gt;
*Oliveira Salazar, Principes d'action&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand on outrage la Justice et la Patrie, la seule dialectique qui vaille est celle des poings et des pistolets. »&lt;br /&gt;
*José Antonio Primo de Rivera&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'heure est à l'action et non à la critique stérile, à la réflexion théorique et non aux récriminations sans avenir. Nous continuons notre combat, mais en le fondant sur des bases nouvelles. »&lt;br /&gt;
*François Duprat, Manifeste nationaliste-révolutionnaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L'Angleterre, comme Carthage, sera détruite. »&lt;br /&gt;
* Générale Hoche&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*« nous sommes à la minuit du monde »&lt;br /&gt;
*Hölderlin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Juifs ont fourni des troupes pour ma campagne de Pologne, mais ils devraient me rembourser : je me suis vite rendu compte qu'ils ne sont bons qu'à vendre de vieux vêtements... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut légiférer partout où le bien-être général est en danger. Le gouvernement ne peut regarder avec indifférence comment une nation méprisable s'empare de toutes les provinces de France. Les Juifs sont les maîtres brigands de l'âge moderne ; ce sont les charognards de l'humanité... &amp;quot;Ils doivent être traités avec justice politique, pas avec justice civile. Ce ne sont certainement pas de vrais citoyens.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Juifs ont pratiqué l'usure depuis le temps de Moïse, et ont opprimé les autres peuples. Pendant ce temps, les chrétiens n'étaient que rarement des usuriers, tombant en disgrâce quand ils le faisaient. Nous devrions interdire le commerce aux Juifs parce qu'ils en abusent... Les maux des Juifs ne proviennent pas des individus mais de la nature fondamentale de ce peuple.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BONAPARTE, NAPOLÉON. Homme d'État français, général&lt;br /&gt;
(Extrait des Réflexions de Napoléon, et des discours devant le Conseil d'État des 30 avril et 7 mai 1806.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nation est autre chose qu’une collection d’individus, c’est un être sui generis, une personne vivante, une âme consacrée devant Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il était un roi de Thulé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A qui son amante fidèle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Légua, comme souvenir d'elle,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une coupe d'or ciselé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était un trésor plein de charmes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Où son amour se conservait :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A chaque fois qu'il y buvait&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses yeux se remplissaient de larmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyant ses derniers jours venir,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il divisa son héritage,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il excepta du partage&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La coupe, son cher souvenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fit à la table royale&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Asseoir les barons dans sa tour ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debout et rangée alentour,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brillait sa noblesse loyale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous le balcon grondait la mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vieux roi se lève en silence,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il boit, frissonne, et sa main lance&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La coupe d'or au flot amer !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il la vit tourner dans l'eau noire,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vague en s'ouvrant fit un pli,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le roi pencha son front pâli&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jamais on ne le vit plus boire. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gérard de Nerval, Le roi de Thulé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Le premier acte des Francs-Maçons sera de glorifier la race juive, qui a gardé inaltéré le dépôt divin de la science. Alors ils s'appuieront sur elle pour effacer des frontières.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;quot;Le Symbolisme&amp;quot;, revue maçonnique, 1926.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le judaïsme est essentiel au monde et les Juifs doivent être fiers de ce qu’ils peuvent encore apporter au monde. Les Juifs ont été les premiers à apporter l’idée que le progrès était une bonne chose, l’idée que la répétition du monde à l’identique était une tragédie, l’idée que chercher, trouver, avancer, inventer, était la condition de l’espèce humaine, l’idée que la nature était en soi mauvaise et qu’il appartient à l’homme de la transformer » (Jacques Attali)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citationes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous ne connaissons pas de fraternité internationale mais la seule fraternité du sang. [...] Nous ne &lt;br /&gt;
connaissons pas de liberté abstraite, mais la seule liberté pour chaque peuple d’être lui-même. [...] Nous ne connaissons pas d’égalité universelle, mais un combat incessant. Chaque homme, chaque peuple, chaque race ne vit qu’en affrontant le danger. La vie reste un combat et l’égalité ne se trouve que dans la mort. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„Wir kennen keine internationale Brüderschaft der Menschen, sondern nur völkische Belange, wir kennen nicht die Brüderschaft der Menschen, sondern nur die Blutbrüderschaft.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wir wollen frei, aber nicht in der Freiheit des Herdenmenschen, sondern in der Freiheit der Pflicht.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wir hassen das Schlagwort von der Gleichheit. Der Kampf ist der Vater aller Dinge, Gleichheit ist der Tod.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wir wollen leben, lang und glüdlich leben. Unsere Ansicht von der Gleichheit ist die Gleichheit der Pflicht . Wir wollen jeden cinzelnen von uns so tüchtig möglih mahen, damit er die Pflicht nicht als Last, sondern als ein Stück von sich selber empfindet. Dann werden wir auch den Kampf bestehen, der kommen wird, kommen muß, den Kampf zwischen Arier und Juden. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wir sind keine Demokraten, wir lehnen Demokratie durchaus ab. Demokratie ist jüdisch, alle Revolution der Demokratie ist jüdisch. [...] Wir sind Aristokraten [...]. Wir pflegen keinen Humanitätsdusel [...].“&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;No nation has uniformity of race.&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Theodor Herzl, Diary, Nov. 21, 1895.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Qui vit en paix avec lui même vit en paix avec l'univers.&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Marc Aurèle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;D’autres modes d’existence sont possibles. La culture sans le confort, la beauté sans le luxe, la machine sans la servitude, la science sans le culte de la matière permettraient aux hommes de se développer, en gardant leur intelligence, leur sens moral et leur virilité.&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Alexis Carrel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot; Le monde a plus changé en 70 ans qu’en deux mille. Toutes les valeurs ont été subverties, le sens des mots inversé., les intelligences perverties, les consciences détruites, les principes et vertus délaissés.. Pendant tout ce temps RIVAROL..&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Jerome Bourbon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Mais nous savions tous les deux que pendant dix ans l'Allemagne avait tenté de sauver l'Occident et l'homme blanc. Elle s'y est certainement mal pris ? Mais l'honneur lui reste. Toi et moi, nous ne l'oublierons jamais.&amp;quot; &lt;br /&gt;
*Lucien Rebatet, Dialogues de vaincus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n'est pas seulement la racaille qui a envahi physiquement la rue, c'est le racailisme qui a envahi en esprit progressivement chaque compartiment de la société, se transmettant à toutes les couches, à tous les lotissements, jusqu'aux petits bourgeois de droite..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lounès Darbois&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«Демократия – в аду, а на небе – Царство.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Иоанн Кронштадтский&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Dans ce nouvel ordre mondial, les enfants d'Israël fourniront tous les dirigeants sans rencontrer d'opposition. Les gouvernements des différents peuples formant la république mondiale tomberont sans difficulté entre les mains des Juifs. Il sera alors possible aux dirigeants juifs d'abolir la propriété privée et partout pour faire usage des ressources de l'Etat. Ainsi se réalisera la promesse du Talmud, dans lequel on dit que lorsque viendra le temps messianique, les Juifs auront toute la propriété et tous les biens du monde dans leurs mains.&amp;quot;&lt;br /&gt;
*Baruch Levy, Lettre à Karl Marx, 'La Revue de Paris', p.574, 1er juin 1928&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chez les sauvages, les individus faibles de corps ou d'esprit sont promptement éliminés et les survivants se font ordinairement remarquer par leur vigoureux état de santé. Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons, au contraire, tous nos efforts pour arrêter la marche de l'élimination ; nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les infirmes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déploient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun. [...] Les membres débiles des sociétés civilisées peuvent donc se reproduire indéfiniment. Or, quiconque s'est occupé de la reproduction des animaux domestiques sait, à n'en pas douter, combien cette perpétuation des êtres débiles doit être nuisible à la race humaine. »&lt;br /&gt;
*Charles Darwin, La descendance de l’homme et la sélection sexuelle, p.144-145&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aime le genre humain plus que ma patrie&lt;br /&gt;
*Fénelon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La destruction de Carthage a été un événement incroyablement déterminant du point de vue de l’histoire des races : elle a préservé la future civilisation occidentale des miasmes de cette peste phénicienne. »&lt;br /&gt;
*Joseph Vogt, préface de Rome et Carthage, 1942&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Expliquez leur que votre exil n’est pas taché de sang ,que vos paroles ne soient pas arrogantes ,souvenez vous qu’il faut céder car vous êtes étrangères »&lt;br /&gt;
*Eschyle, « Les Suppliantes »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la même pièce, il y a aussi le vers 917 : ξένος μὲν εἶναι πρῶτον οὐκ ἐπίστασαι. « Et d’abord, tu ne sais pas te conduire en étranger. »&lt;br /&gt;
*Eschyle, « Les Suppliantes »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La musique contemporaine n'offre rien de profondément nouveau depuis des décennies. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Encore aujourd'hui dans les conservatoires et dans les concours internationaux de musique, il y ait besoin d'imposer des pièces de style contemporain pour s'assurer que les étudiants en joue. Il n'est peut-être pas inutile à cet égard de rappeler que jamais on a dû imposer la musique romantique au XIXe siècle, jamais la musique classique au XVIIIe évidemment. Contrairement à ce qu'affirme toutes les reconstructions fallacieuses de l'histoire de l'art la musique du moment a toujours été la péférée des amateurs, à l'exception donc, exception remarquable du XXe siècle. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’atonalisme. Et après ?&lt;br /&gt;
Conférence de Jérôme Ducros au Collège de France&lt;br /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=Yot1zZAUOZ4&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une population mélangée, la race inférieure chasse l’autre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans guerre, tout le monde deviendrait rusé, dur et lâche comme les Juifs d’aujourd’hui&lt;br /&gt;
Dr Steinmetz, 1907&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modernisme est « l'égout collecteur de toutes les hérésies. »&lt;br /&gt;
*[http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Pie_X Saint Pie X], ''Praestantia Scripturae'' (1907)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les modernistes sont les pires ennemis de l'Église. »&lt;br /&gt;
*[http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Pie_X Saint Pie X], ''Pascendi Dominici Gregis'' (1907)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Que votre foi ait pour témoins non seulement les murs du foyer domestique ou des réunions privées, mais les églises, les places publiques, les grands foules, les assemblées populaires… Rendez hommage à Dieu en quelque lieu et devant quelque personne que ce soit. '''N'ayez jamais la lâcheté de craindre les moqueries de ceux qui voudraient fermer les lèvres ouvertes à la louange de Dieu.''' »&lt;br /&gt;
*[http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Pie_X Saint Pie X], Allocution ''Réconforté'', 25 septembre 1904&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n'édifiera pas la société, si l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Thucydide</title>
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		<updated>2026-06-08T21:35:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Denis Roussel&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=128}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Thucydide&lt;br /&gt;
|titre=La Guerre du Péloponnèse&lt;br /&gt;
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|ISBN=9782070400683&lt;br /&gt;
|page=107}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
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|page=45}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Thucydide}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Thucydide|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous ne devons pas leur être inférieurs. Combattons l’ennemi par tous les moyens et efforçons-nous de ne pas laisser à nos enfants un héritage amoindri. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« Au cours de ces années, les Athéniens consolidèrent leur empire, et acquirent une puissance militaire considérable. Les Lacédémoniens les voyaient faire sans réagir, sinon de façon épisodique. Ils se tinrent le plus souvent à l’écart des hostilités. Ils ne s’étaient du reste jamais montrés très empressés à faire la guerre, à moins d’y être forcés. D’autre part, ils étaient dans une certaine mesure retenus par des guerres qui éclataient chez eux. Cela dura jusqu’au moment où la volonté athénienne d’expansion devint manifeste et où les alliés de Sparte eux-mêmes se trouvèrent victimes des empiètements d’Athènes. Les Lacédémoniens estimèrent alors que la situation n’était plus tolérable et qu’il leur fallait agir avec toute l’énergie possible, afin d’abattre, s’ils le pouvaient, la puissance de cette cité. C’est ainsi qu’ils entrèrent en guerre. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
« En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que, de tout temps, quand les hommes se battent, ils s’imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d’autrefois. »&lt;br /&gt;
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« D’autre part, tous les ''tyrans'' qui régnaient dans les cités grecques se souciaient uniquement de leurs intérêts particuliers et ne songeaient qu’à mieux asseoir leur situation personnelle et à accroître leur maison. Aussi gouvernaient-ils avec une extrême prudence. Leur règne ne fut marqué par aucune entreprise notoire, sinon par des guerres faites aux cités voisines. »&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Les_Proph%C3%A9ties_pour_la_France_-_Marie-Julie_Jahenny&amp;diff=46034</id>
		<title>Les Prophéties pour la France - Marie-Julie Jahenny</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Text|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Marie-Julie Jahenny, ''Les Prophéties de La Fraudais'', éd. Éditions Résiac, 1981.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Center|Les Prophéties pour la France - Marie-Julie Jahenny|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En la terre d’'''Amiens''', la Mère de Dieu est sur le point de se fixer un nouveau séjour, pour y venir avec l’Enfant Jésus dans ses bras maternels, et prévenir ce peuple, mélangé comme partout. [p. 127]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’axe du commerce, la confiance », étant brisé par la corruption et les scandales financiers, l’économie va à la faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’insécurité dans les villes est encore accentuée par l’ouverture inconsidérée des frontières, la dissolution de l’identité religieuse et nationale, la pullulation de faux sauveurs, « impies coureurs », de sectes sataniques faisant du porte à porte pour inciter les bons chrétiens au reniement, « prédicateurs infernaux », faux prophètes, faux christs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déchristianisation planifiée et massive, le rejet de la doctrine morale Catholique, l’influence grandissante de l’Islam « La France deviendra mahomète, niant la divinité du Christ. », du spiritisme et des cultes lucifériens seront autant de signes de cette « gangrène » spirituelle. Cette désintégration ne se sera pas faite spontanément, mais sera orchestrée par des sociétés secrètes et des groupes d’influence dans tous les milieux, sous le masque de l’amour de l’Homme. Ils seront acharnés à la dissolution de la civilisation chrétienne, par la corruption, « les mauvais livres », l’imposture ou la peur, élaborant des lois contraires à la Loi divine « les lois impies », séduisant ceux-là mêmes qui auraient dû la défendre, les aveuglant au point de les amener à persécuter ceux qu’ils devraient aimer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi infâme sortira avec un grand nombre d’autres. Personne ne pourra s’y soustraire, ou bien la mort au fond des prisons. Cette loi marchera sur tout ce qui est le plus sacré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le feu du Ciel tombera sur Sodome et principalement sur cette salle de l’enfer, où se fabriquent les mauvaises lois ; elle sera engloutie et à sa place, sera comme une immense carrière de laquelle, jusqu’à la fin du monde, on ne pourra s’approcher sans un frémissement d’horreur.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prochain commencement de la mortelle crise révolutionnaire durera quatre semaines, mais l’étendue en sera immense. Le nombre de ceux appelés « meurtriers du peuple » sera d’une immensité inconcevable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les ouvriers, dont l’emploi fournissait chaque jour une occupation qui les empêchait de se livrer au mal. Les desseins de ceux qui dirigent la France ont résolu d’enlever à l’ouvrier tout travail, tout emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mes enfants, il ne va plus y avoir de repos. Nuit et jour, les coureurs (Les agitateurs) se livrent au mal : l’incendie, l’affreux assassinat. Ils vont user de la poudre violente qui réduit en lambeaux les murs les plus solides bâtis sur la terre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup de « coureurs » appellent les ouvriers à la révolte, à cause du manque de travail qui est leur pain de chaque jour. (Ceci entraîne une insécurité croissante) Les petites villes, comme les grandes, seront bientôt perdues par des groupes d’ouvriers qui n’ont ni asile ni refuge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de cette heure terrible, les étrangers, dont le désir est rempli d’une violence qui ne se possède pas, seront maîtres en France. Dès la nouvelle du fatal événement, leurs oreilles ne seront pas sourdes !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de cette heure terrible, les étrangers, dont le désir est rempli d’une violence qui ne se possède pas, seront maîtres en France. Dès la nouvelle du fatal événement, leurs oreilles ne seront pas sourdes ! Pendant cette lutte première, en toute l’étendue de la France, il y aura liberté pour tout. Il n’y aura plus de captifs retenus pour crimes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cris de désespoir et d’alarme monteront jusqu’au Ciel. Les mois du Sacré-Cœur (juin) et de Mon Sang (juillet), ce sera le signal des châtiments, guerre civile. « Quand le gouvernement verra ces bouleversements, il fera comme l’oiseau, il s’envolera et passera dans un autre pays et la France se verra libre dans sa révolution. C’est à ce moment qu’il faudra fuir Paris. » 27 avril 1877 « Les militaires seront éloignés de France, (dans l’Est et les terres arabes) et les forces de l’ordre seront réduites. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Paragraph}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est à ce moment qu’il faudra fuir Paris. » 27 avril 1877 « Les militaires seront éloignés de France, (dans l’Est et les terres arabes) et les forces de l’ordre seront réduites. C’est pendant cette période troublée, que seront promulguées des lois infâmes, visant entre autres à établir une mainmise du pouvoir sur la religion, asservissant le clergé au pouvoir révolutionnaire, persécutant toute opposition, coupant tout lien hiérarchique avec Rome. Des révolutionnaires instaureront la mise en place d’un pouvoir totalitaire avec son régime de justice expéditive des opposants, de surveillance, de dénonciations, etc. ceci sur fond de disette du fait des récoltes insuffisantes et des calamités. (Tremblements de terre, épidémies sur les hommes et les animaux). Des pluies torrentielles entraînant de grands retards dans les cultures seront un des signes précurseurs de cette révolution. » « J’avertirai Mes amis par des signes de la nature. Je les préviendrai. » « La guerre civile et les épidémies feront beaucoup de victimes surtout dans les grandes villes. » « Les ennemis se battront entre eux ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Textus]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Constantin_L%C3%A9ontiev&amp;diff=46033</id>
		<title>Constantin Léontiev</title>
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		<updated>2026-06-01T21:46:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Constantin Léontiev|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Même au ciel, il n’y a et n’y aura jamais d’égalité. Pas plus dans les récompenses que dans les châtiments. ''Sur terre, la liberté et l’égalité totale dans les droits n’est pas autre chose qu’une manière de préparer la venue de l’Antéchrist.'' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=171}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce soi-disant christianisme humanitaire, avec son absurde pardon général, avec son cosmopolitisme sans dogmes définis, avec son enseignement de l’amour sans l’enseignement de la “crainte de Dieu et de la Foi”, sans les rites qui symbolisent l’essence même de la vraie doctrine... ce christianisme-là n’est qu’une ''formule anarchiste'', malgré tout le miel qu’il distille... Avec un christianisme de ce genre, on ne peut ni gouverner, ni faire la guerre, et il n’y a pas de raison de prier Dieu... Il ne peut que hâter la Révolution universelle. Il est criminel par sa mansuétude même. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=157}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’origine de toute sagesse (c’est-à-dire de la vraie foi) se trouve dans la crainte ; l’amour n’en est que la ''floraison''. On ne saurait prendre le fruit pour la racine, et la racine pour le fruit. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=155}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ils [les Slaves] s’évaporeront comme une simple bulle de savon. Ils s’abîmeront un peu plus tard que les autres races dans le giron de cette bourgeoisie occidentale si haïssable ; ils finiront par être piétinés (et ce sera bien fait) par l’invasion chinoise. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=151}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La société russe, déjà assez égalitaire par ses habitudes, va être entraînée plus vite que les autres peuples dans le chemin mortel de la confusion générale. Il se peut même (et comme les Juifs qui étaient sûrs de voir naître dans leur sein le maître d’une ''foi nouvelle''), il se peut que nous voyions sortir l’''Antéchrist'' de nos entrailles politiques. Notre politique, d’abord, ne distinguera plus les classes ; ensuite, elle s’affranchira en tout ou en partie du principe ecclésiastique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=147}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Notre génie populaire russe, d’essence païenne, a tendance à détruire l’armature chrétienne, à saper les bases du Christianisme. Ce trait nous est surtout sensible dans les manifestations que nous offrent nos sectes mystiques populaires. C’est grâce au Byzantinisme que s’est maintenue l’unité de notre religion. Trois éléments sont réellement forts chez nous : l’Orthodoxie byzantine, l’autocratie héréditaire et illimitée, et probablement la communauté rurale... Notre tsarisme, si fécond et salutaire pour nous, s’est fortifié sous l’influence de l’Orthodoxie, sous celle des idées et de la culture byzantine. Cet apport a consolidé la Russie à demi sauvage et il a fait d’elle un corps véritable... '''Sachons demeurer fidèles à cette consigne et nous pourrons résister aux assauts de l’Europe internationale, s’il lui venait un jour à l’idée – après avoir détruit tout ce qu’elle possédait de noble – de nous imposer la pourriture et la puanteur de ses lois nouvelles, son bien-être mesquin, et sa médiocrité radicale universelle.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=137}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si l’Occident sombre dans l’anarchie, nous aurons besoin de toute notre discipline pour lui venir en aide, pour sauver ce qui en est digne, ce qui a fait sa grandeur — l’Église (quelle qu’elle soit), l’État, les vestiges de poésie, peut-être... la science elle-même, non pas la science tendancieuse, mais celle qui est ''austère et triste''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=127}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je ne comprends pas les Français. Ils sont capables d’aimer et de servir ''n’importe quelle France''... Je veux pour ma part que ma patrie soit digne de mon estime. Et il faudrait user de contrainte pour m’amener à supporter ''n’importe quelle Russie''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=126}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour développer de grands et puissants caractères, de grandes injustices sociales sont indispensables. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ô égalité haïssable ! Ô lâche monotonie ! Ô progrès trois fois maudit ! Ô montagne féconde, nourrie de sang, mais pittoresque, de l’histoire universelle ! Depuis le siècle dernier, te voilà déchirée par une naissance nouvelle, et tes entrailles martyres ont accouché d’une souris. Nous assistons à la venue au monde d’une caricature qui défigure l’image des anciens hommes : l’Européen rationnel moyen, avec son grotesque vêtement, que le miroir de l’art ne saurait même pas idéaliser ; un être à l’esprit mesquin qui se sustente d’illusions, frotté de vertu terrestre et de bonnes intentions pratiques ! Depuis le début de l’histoire, on n’avait point vu d’alliage plus monstrueux : jactance intellectuelle devant Dieu, et platitude morale devant l’idole humanitariste, uniforme et incolore. Humanité exclusivement travailleuse, impie, et dénuée de passions. Peut-on aimer une humanité pareille ? Ne doit-on pas haïr, non pas les hommes eux-mêmes, lesquels sont stupides et ont perdu le sens, mais l’avenir qu’ils se préparent ? Ne devons-nous pas le haïr de toutes les forces de notre âme, et même de notre âme chrétienne ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=70-71}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Toutes les idées de progrès sont primaires et grossières, elles sont à la portée de chacun. Tant qu’elles ne furent que l’apanage de quelques esprits d’élite, elles témoignèrent d’intelligence et de profondeur. Des hommes d’un grand savoir les ont ennoblies, grâce à leurs dons exceptionnels. Mais, en elles-mêmes, ces idées-là sont à la fois fausses, grossières et tout à fait repoussantes. Le bonheur terrestre est absurde et impossible ; le règne d’une justice universelle et égale pour tous, est pareillement une absurdité. Il est même une injustice et une insulte à l’égard de l’élite. En sa vérité, l’Évangile n’a pas promis la justice terrestre. Il n’a pas prêché la liberté juridique, mais seulement la liberté de l’esprit, laquelle est accessible même à ceux qui sont enchaînés. Les martyrs au nom de la foi ont existé sous le joug turc. Sous le régime de la Constitution belge, il n’y aura à peine que des bienheureux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=70}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il serait affreux et douloureux de penser que Moïse fit l’ascension du mont Sinaï, que les Hellènes bâtirent l’Acropole, que les Romains entreprirent les guerres Puniques, que le beau et génial Alexandre, coiffé de son casque empenné, franchit le Granique et combattit sous les murs d’Arbelles ; que les apôtres se vouèrent à la prédication, que les martyrs donnèrent leurs souffrances, les poètes leurs chants et les peintres leurs plus belles couleurs, que les chevaliers enfin brillèrent dans les tournois, '''pour que le bourgeois français, russe ou allemand, vêtu de son costume grotesque, pût se vautrer en fin de compte dans ce bonheur “individuel” ou “collectif” fait de toutes les ruines de la splendeur d’antan !... On rougirait d’être homme, si ce bas idéal de bien-être général, de travail mesquin et de prose ignominieuse, devait triompher pour toujours !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev cité par [[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|année d'origine=1926&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=67-68}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À qui a perdu foi en les idéaux libéraux-européens devenus si vite obsolètes, à qui hait cette tendance stérile et destructrice de l’Occident vers ''l’uniformité et l’égalité'', il ne reste ''pour l’instant'' qu’un seul espoir, l’espoir en la Russie et le monde slave, ''conduit par la Russie''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Léontiev, ''Notes d’un ermite'' (1887), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Égypte ancienne, l’Hellade, Rome ont aussi péri du fait d’un mélange niveleur : démocratisation, ploutocratie, matérialisme, renforcement, sinon partout en droit, du moins de fait, de l’égalité des droits et de la liberté sociale ; mais ils ne considéraient pas cette maladie mortelle inévitable comme un idéal hygiénique et ne justifiaient pas en théorie ce mouvement suicidaire, ne le nommaient pas avec enthousiasme progrès vers quelque chose de mieux... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Léontiev, ''Lettres sur les affaires orientales'' (1882-1883), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le démocratisme cosmopolite et le nationalisme politique ne sont que deux nuances de la même couleur.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Léontiev, ''Lettres sur les affaires orientales'' (1882-1883), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est temps de mettre un terme au développement du progrès petit-bourgeois-libéral ! Celui qui sera à même de le faire sera justifié aussi au tribunal de l’histoire. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Léontiev, ''Lettres sur les affaires orientales'' (1882-1883), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« “La Russie est la tête d’un monde en gestation ; la France est la représentante du monde expirant” a dit N. Ia. Danilevksi avec justesse, simplicité et excellence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Russie est la tête d’un monde en gestation. La Russie n’est pas seulement un État européen, c’est un monde particulier, intégral. C’est ainsi, et seul un homme qui ne comprend pas l’histoire peut en douter. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=111}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En France, les espoirs se consument toujours davantage : la perte de prestige, l’éventualité d’une réaction salvatrice qui s’affaiblit chaque jour, l’irréligion élevée en dogme d’État [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les Barbares ne détruisaient pour ainsi dire que sous le coup de la passion ; les anarchistes d’aujourd’hui justifient ces passions par la raison, la confortent par une théorie, par un système conscient de destruction.''' Voilà ce qui peut attendre la France maintenant, non seulement de mon point de vue mais aussi d’après celui de beaucoup d’hommes de convictions différentes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=108}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous les auteurs que j’ai cités [...] prônent pour les générations futures l’idéal non pas du chevalier, du moine, du militaire, du prêtre, ni même du bon sauvage qui n’a été touché par aucune civilisation [...] ni même une force matérielle qui s’inclinerait devant la force spirituelle — non, leur modèle d’idéal futur leur ressemble : c’est le bourgeois européen moyen ; ni un moujik, ni un seigneur, ni un guerrier, ni un prêtre sacrificateur, ni un Breton, ni un Basque, ni un Tyrolien, ni un Tcherkesse, ni un marquis arborant plumes et velours, ni un trappiste portant son cilice, ni un prélat habillé de brocard ; non, ils sont parfaitement satisfaits de ce type culturel moyen et étriqué auquel ils appartiennent par leur mode de vie et leur situation dans la société, auquel ils souhaitent que le monde entier se conforme définitivement, du haut en bas, pour l’amour d’un sens simpliste de la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons vu que ces hommes ne connaissent ni ne comprennent les canons de la beauté, car toujours et partout c’est justement ce type qui est le moins esthétique, le moins expressif, le moins beau en intensité (c’est-à-dire le moins élevé) et en extension (c’est-à-dire le moins large), moins héroïque que les modèles plus compliqués ou plus extrêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il serait plus modeste, plus digne et plus intelligent de la part de Proudhon et de ses commensaux de dire haut et fort : “Je suis un érudit et un bourgeois honnête, je suis personnellement satisfait de mon sort, de ma situation moyenne, de mon caractère moyen, mais je ne souhaite en aucun cas, pour le bien de l’humanité, que tous me ressemblent car ce n’est ni esthétique ni civique.” »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=94-96}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, au XIXe siècle, presque partout dans les États chrétiens, le capitalisme (ou l’accumulation des richesses mobilières) est porté à son comble. Et voilà que presque simultanément à son avènement en Europe, à la fin du XVIIIe siècle et au début du nôtre, apparut sa plus forte antithèse : les premiers élans communistes, le manifeste de Babeuf, etc. et depuis ce temps-là ces mouvements croissent toujours plus et croîtront inévitablement [...]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] toute l’histoire du XIXe siècle, éclairée de ce point de vue, a justement consisté à mesure que croissait l’égalité civique, juridique et politique — à augmenter toujours davantage l’inégalité économique, et plus le pauvre de notre temps prend conscience de ses droits civiques, plus il proteste contre la puissance de fait du capital qui n’est justifié par aucune tradition ni aucun principe mystique. Le communisme, dans ses aspirations tumultueuses à un idéal d’égalité immuable, doit, par diverses combinaisons avec d’autres principes, conduire graduellement d’un côté à une moins grande mobilité du capital et de la propriété et de l’autre, à une plus grande inégalité juridique, à de nouveaux privilèges et de nouvelles entraves à la liberté personnelle, à de nouveaux groupes corporatifs contraignants, par des lois nettement délimitées ; vraisemblablement même à des nouvelles formes d’esclavage et d’asservissement personnel [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=90-91}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ceux qui, semblables à Proudhon et à quelques anarchistes, croient, en dépit de la raison et de la science, en la possibilité d’une société, homogène globale, sans pouvoir, qui devrait clore l’histoire et le développement de l’humanité grâce à son bonheur terrestre. C’est vrai : une telle société même partiellement réalisée, peut, sans en avoir l’intention, mettre fin et même éradiquer physiquement le genre humain ; elle le peut naturellement soir par la multiplication et la folie des inventions, soit par l’ennui et la neurasthénie infus dans un combat contres des obstacles mesquins et inoffensifs qui n’opposent jamais une résistance invincible. Mais une telle société, une fois constituée sous la forme d’un État universel, uniforme et mélangé, ne peut jamais s’arrêter, ne fût-ce que pour un court instant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y aura plus personne pour conquérir un voisin affaibli et démocratisé outre mesure ; il n’y aura alors plus de voisin distinct ; on enseignera à chacun, sans aucun doute, à s’auto-détruire tout à fait légalement et avec beaucoup de savoir-faire. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=87}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si nous ne le faisons pas, nous ne sommes placés dans cette position centrale que pour mélanger définitivement tout et tous et écrire le dernier mot sur l’édifice de l’État universel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela signifiera clore l’histoire en ayant fait périr l’humanité par la diffusion de l’égalité et de la liberté universelles ; cela signifiera rendre la vie humaine totalement impossible sur le globe terrestre — car '''il n’y aura plus alors sur terre de vieilles tribus sauvages ni de vieux mondes culturels endormis.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=75}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il faut que dorénavant la vie conduise la société sur les chemins d’une mobilité moins grande ; il faut que mélange et assimilation se calment graduellement d’eux-mêmes.''' Il n’y a pas d’autre issue, ni pour l’Occident, ni pour la Russie, ni pour toute l’humanité. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=66}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand sur les ruines de Rome et de l’Hellade les nouveaux mondes culturels de Bysance et de l’Europe occidentale se sont formés, il est essentiel de noter en premier lieu qu’une nouvelle religion mystique leur avait servi de fondement, en second lieu que cette fondation avait été précédée d’un déplacement de populations — moins important à l’Est pour la fondation de Bysance, plus important à l’Ouest — et en troisième lieu qu’un nouveau centre culturel s’était formé à Bysance sur le Bosphore. Le christianisme est une religion nouvelle pour tous, pour l’Orient comme pour l’Occident. À l’Ouest, le centre est ancien mais renouvelé par un afflux de populations étrangères ; en Orient, la race est ancienne, grecque, beaucoup moins renouvelée par des populations nouvelles, mais en quelque sorte reposée par une longue stagnation des idées et un centre complètement nouveau, Bysance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Lorsque la dernière bête sauvage aura disparu [...] lorsqu’il ne restera plus un seul espace libre, une seule forêt sauvage, toute la profondeur de l’esprit humain s’évanouira car il n’est pas bon pour l’homme d’être constamment en compagnie de ses semblables et il a épuisé depuis longtemps toute l’utilité qu’il pouvait tirer de la proximité et des communications fréquentes.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=58}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Autrefois les gens de conditions différentes, de sphères différentes, de métiers et de professions différents, vivaient pour ainsi dire dans des mondes différents. Aujourd’hui ils vivent presque dans le même monde. Maintenant si l’on se réfère au passé, ils lisent les mêmes livres, entendent les mêmes choses, voient des spectacles semblables, fréquentent les mêmes endroits ; leurs espoirs et leurs peurs se tournent vers les mêmes objets : leurs droits sont identiques, leurs libertés et les moyens de les défendre semblables. Quel que soit l’écart entre leurs situations, ces différences ne sont rien par rapport à ce qu’elles étaient auparavant. Et cette ''assimilation'' ne fait que croître. Tous les changements politiques actuels la favorisent car ils tendent tous à élever les basses classes et à humilier les classes supérieures. Toute diffusion de l’instruction la favorise car celle-ci unit les gens par un fonds commun d’impressions et rend accessible à tous le capital commun de connaissances et de sentiments humains. Toute amélioration des moyens de communication contribue à cela car ces derniers mettent en contact des habitants de pays éloignés. Tout accroissement du commerce et de l’industrie favorise cette assimilation en répandant les richesses et en rendant accessibles à tous beaucoup de produits convoités. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=55}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je présume, à en juger par la marche dévastatrice de l’histoire contemporaine, que c’est justement la raison supérieure qui sera enfin contrainte de prendre parti contre tout ce qui est à l’heure actuelle si répandu, à savoir contre l’égalité et la liberté (en d’autres termes contre le mélange des classes sociales), contre l’instruction généralisée et la démocratisation des connaissances. Vraisemblablement il faudra même prendre parti contre les abus de la machine et contre les diverses inventions techniques qui jouent de façon très dangereuse avec les forces secrètes et terrifiantes de la nature. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=L’Européen moyen : idéal et outil de la destruction universelle&lt;br /&gt;
|année d'origine=1872-1884&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Amers&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825112465&lt;br /&gt;
|page=29}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Oh ! Comme nous te haïssons, ''Europe moderne'', pour avoir tué en toi-même tout ce qu’il y avait de grand, de raffiné, de sacré, et pour détruire aussi chez nous, pauvres malheureux, tant de choses précieuses par ton haleine contagieuse !''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Léontiev, « De l’amour universel », ''Varšavskij Dnevnik'', 7-12 août 1880, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] cette indifférence est-elle le bonheur ? Ce n’est pas le bonheur, mais une diminution régulière de tous les sentiments aussi bien tristes que joyeux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Discours de Dostoïevski à l’occasion des célébrations pouchkiniennes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1880&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=69}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est un rayon de la lumière divine dans le chaos satanique du cosmopolitisme industriel et du mélange babylonien contemporain. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À propos de l’ouvrage ''Le positivisme et le christianisme'' de l’Évêque Nikanor&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De l’écologie&lt;br /&gt;
|année de la contribution=&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=83}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est seulement lorsque nous cesserons de considérer notre propre vie et notre propre histoire avec les dernières idées empruntées aux autres, quand nous ne servirons plus consciemment le cosmopolitisme, mais au contraire marcherons contre lui, c’est seulement à ce moment-là que nous aurons la force d’être d’une utilité mondiale pour le reste de l’humanité. C’est seulement lorsque la nation sera reconnue par tous pour une nation véritablement cultivée telles que l’étaient en leur temps les nations égyptienne, hellène, romaine, byzantine et tous les grands peuples romano-germaniques occidentaux qui à leur époque n’ont pas donné au monde les seuls outils de destruction et du mélange (à savoir les machines, la vapeur, le télégraphe, la liberté égalitaire, les parlements démocratiques, etc.), mais une foule de choses élevées, élégantes et puissantes par leur originalité, que nous aurons notre rôle à jouer. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De l’écologie&lt;br /&gt;
|année de la contribution=&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=86}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''si le conservatisme a son propre visage dans chaque pays, turc en Turquie, anglais en Angleterre, russe en Russie, le libéralisme est partout le même''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=176}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est indispensable de se souvenir que beaucoup d’hommes en Europe désirent la fusion de tous les États occidentaux en une république fédérative ; beaucoup d’autres, qui ne désirent pas autrement cela, croient toutefois que cette issue est un mal inéluctable. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour renverser les derniers vestiges de la structure étatique passée de l’Europe, nul besoin des barbares ou, plus généralement, d’une attaque étrangère ; il suffit d’un développement et d’un renforcement ultérieurs de la religion de l’eudémonisme qui brandit son drapeau : “Le bien-être matériel et moral de l’humanité”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=168}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Occident en se simplifiant consciemment, en se métissant systématiquement se soumet inconsciemment à la loi cosmique de la décomposition. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=166}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La marche tranquille et graduelle du progrès égalitaire doit avoir vraisemblablement sur le futur immédiat des nations une action différente de celle des révolutions violentes qui se font au nom de ce même processus égalitaire. Mais je prétends que, dans un avenir plus éloigné, ces actions seront similaires. Tout d’abord un mélange paisible, l’effondrement de la discipline et le déchaînement par la suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’uniformité des droits et une plus grand similitude qu’auparavant de l’éducation et de la situation sociale ne détruisent pas les antagonismes d’intérêts, mais les renforcent sans doute, car les prétentions et les exigences sont semblables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''On remarque également que partout, vers la fin de l’organisation étatique, l’inégalité économique devient plus grande à mesure que se renforce l’égalité politique et civique.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=158}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La complexité des machines, de l’administration, des procédures judiciaires, la complexité des besoins dans les grandes villes, la complexité des forces et l’influence du monde de la presse, la complexité des méthodes de la science, tout cela est une réfutation de mes idées. Mais ce ne sont que les outils du mélange, c’est une cohue géante qui pousse tous et tout dans le mortier d’une vulgarité pseudo-humaniste, c’est un processus algébrique compliqué qui aspire à réduire tous et tout à un seul dénominateur commun. Les moyens d’action du processus égalitaire sont complexes, mais l’objectif est grossier, simple par la pensée, l’idéal, l’influence. '''L’objectif ultime, c’est l’homme moyen ; un bourgeois tranquille au milieu de millions d’hommes tout aussi moyens, tout aussi morts.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=152}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La civilisation européenne s’est formée à partir du christianisme byzantin, de la chevalerie germanique (le féodalisme), de la philosophie et de l’esthétique hellènes''' (à laquelle l’Europe a recouru maintes fois pour se rafraîchir) '''et des principes municipaux romains.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte entre ces quatre éléments continue encore aujourd’hui en Occident. Le principe municipal, urbain (la bourgeoisie) a vaincu tous les autres depuis le siècle dernier et a défiguré (ou, si vous préférez, changé) le caractère du christianisme, de l’individualisme germanique, du césarisme romain et des traditions artistiques et philosophiques hellènes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilitarisme humaniste terrestre a pris la place des croyances chrétiennes en l’au-delà et de l’ascétisme. Le souci de la prospérité matérielle, pratique et universelle, a remplacé l’amour de Dieu, le salut de l’âme, l’union avec le Christ. Le vrai christianisme n’est plus présenté comme une prédication divine à la fois joyeuse et terrible, mais comme un balbutiement enfantin, une allégorie, une fable morale, et une interprétation sensée de l’utilitarisme économique et moral. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=149}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] aucun État ne peut vivre plus de 10 ou 12 siècles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie d’une majorité importante d’États a été beaucoup plus brèves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les républiques démocratiques ont vécu moins longtemps et Thèbes moins longuement que Sparte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les monarchies aux classes sociales différenciées se sont mieux maintenues que celles qui étaient moins différenciées et se sont mieux relevées, après une défaite. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=147}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chaque société, chaque nation, possède sa forme étatique propre ; son fondement principal est immuable jusqu’à sa mort historique, mais elle change plus rapidement ou plus lentement dans ses composantes, du début à la fin. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=142}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La liberté, l’égalité, la prospérité (notamment cette prospérité) sont acceptés comme des dogmes de la foi et on nous affirme que cela est parfaitement rationnel et scientifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais qui nous dit que ce sont des vérités ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La science sociale est à peine née que les hommes, méprisant une expérience séculaire et les exemples d’une nature qu’ils révèrent tant aujourd’hui, ne veulent pas admettre qu’il n’existe rien de commun entre le mouvement égalitaro-libéral et l’idée de développement. Je dirais même plus : le processus égalitaro-libéral est l’antithèse du processus de développement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=138-139}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Voulons-nous, comme nous le dicte l’idéal de nos nihilistes, trouver notre mission dans le rôle destructeur de l’avant-garde, devancer tous et tout dans la carrière du cosmopolitisme animal ; ou préférons-nous servir humainement les idées organisatrices, disciplinantes, extérieures à notre plaisir subjectif, les idées objectives de l’État, de l’Église''', du bien vivant et de la poésie ; préférons-nous, enfin, notre propre entité et notre puissance afin que cette puissance — lorsque sonnera l’heure effrayante et ultime — serve les meilleurs et les plus nobles principes de la vie européenne à laquelle nous devons tant et à laquelle il serait bon de rembourser notre dette. Dans l’un et l’autre cas, il faut bien comprendre le monde qui nous entoure. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les idées cosmopolites, destructrices et négatives, incarnées par l’intelligentsia instruite à la diable, à l’européenne, conduisent tous ces peuples qui nous sont proches tout d’abord à l’indépendance politique et ensuite ? Ensuite, lorsque tous les traits particularistes auront pâli, qu’adviendra-t-il ? J’ai déjà dit que '''l’idée purement ethnique ne possède aucun principe organisateur, créateur''' ; ce n’est rien d’autre qu’un avatar de l’idée cosmopolite de l’égalité de tous et de la prospérité universelle, stérile. L’égalité des classes, des personnes égalité (c’est-à-dire uniformité) des régions, égalité de tous les peuples, abolition de toutes les barrières, renversement brutal ou sape prudente et tranquille de toutes les autorités : religion, pouvoir, classes qui gênent cette égalité ; il s’agit toujours de la même idée, qu’elle s’exprime par les prétentions larges et fausses des démagogues parisiens ou dans les aspirations provinciales de n’importe quel petit peuple à jouir de droits étatiques égaux à ceux des autres nations. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=131-132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La puissance de la Russie est essentielle à l’existence des Slaves.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le byzantinisme est indispensable à la puissance de la Russie.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui ébranle l’autorité du byzantinisme sape, peut-être sans le savoir les fondements de l’État russe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui combat le byzantinisme combat, indirectement, sans s’en rendre compte, tout le monde slave ; car qu’est-ce que le slavisme tribal sans un slavisme abstrait ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une masse inorganique, éparpillée, qui se dissoudra facilement dans la paneurope républicaine ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=119}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’égalité des personnes, l’égalité des classes, l’égalité (c’est-à-dire l’uniformité) des provinces, relèvent d’un seul et même processus ; c’est au fond la même égalité universelle, la liberté universelle, l’utilité générale, le bien commun, l’anarchie générale ou encore l’ennui universel généralisé. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=108}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’idée purement ethnique des nationalités, telle qu’elle apparaît au XIXe siècle, est une idée dans son essence entièrement cosmopolite, antiétatique, antireligieuse qui contient beaucoup de force destructrice et rien de constructif, qui ne détermine pas une nation par sa culture ; car la culture n’est rien d’autre qu’originalité ; et aujourd’hui l’originalité dépérit presque partout, surtout à cause de la liberté politique. L’individualisme tue l’individualité des hommes, des régions et des nations. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que le radical déclaré, c’est-à-dire le dévastateur, aime l’idée nationale ethnique ! Car elle n’est qu’une variante particulière de l’idée cosmopolite destructrice. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=108}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’humanité heureuse et uniforme est un fantôme sans beauté et sans charme, mais l’ethnie est, bien entendu, un phénomène parfaitement réel. C’est pour cela que les sympathies et les sentiments ethniques sont d’abord assez naturels et compréhensibles. Mais ils comportent aussi beaucoup d’aspects irréfléchis, de superstitions à la mode et de phrases.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Qu’est ce qu’une ethnie sans son système d’idées religieuses et étatiques ?''' Pourquoi l’aimer ? Pour le sang ? Mais, d’une part, personne n’est de sang pur et Dieu seul sait quel sang nous aimons, à supposer que l’on aime son sang proche. Et qu’est-ce que le sang pur ? Une stérilité spirituelle. Toutes les grandes nations sont de sang très mélangé. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aimer l’ethnie pour l’ethnie est un mensonge et un abus. C’est une autre affaire si nous chérissons l’ethnie pour quelque chose en accord avec nos propres idées, avec nos sentiments profonds. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=108}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’idée du bien général ne contient rien de réel.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Byzantinisme et Slavisme&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1875&lt;br /&gt;
|titre=Écrits essentiels&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=107}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La mission de la civilisation russe (et en général slave) est une : servir de fondement à la réconciliation de l’orthodoxie avec la papauté. C’est une mission uniquement religieuse ; tout le reste est sans importance et sans espoir. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— À propos de [[Vladimir Soloviev]] sur la Russie&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=Vladimir Soloviev contre Danilevski&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=201}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout ce qui sert le cosmopolitisme, le mouvement et la communication accélérés universels — même innocemment et sans mauvaise intention — sert la destruction totale de la vie sur cette terre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=Troisième lettre à Vladimir Soloviev&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=207}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la prédication d’un christianisme universel est révolutionnaire, car son succès doit renforcer le brassage des hommes, affaiblir encore davantage la différenciation grandissante. Elle doit rapprocher l’humanité d’une homogénéité encore plus grande qu’aujourd’hui. Elle encouragera la fusion générale de la vie sur le globe terrestre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=Troisième lettre à Vladimir Soloviev&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=207}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le progrès démocratique ou utilitaire [...] n’autorise rien en dehors de lui-même ; il est trop médiocre pour cela. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=Troisième lettre à Vladimir Soloviev&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=209}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La révolution est l’aspiration universelle au mélange, à l’assimilation, à la mort.''' [...] tout chemin de fer ou ligne télégraphique qui accélère la communication, le mouvement (le mélange) de la vie, est une manifestation de la révolution [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’assimilation générale est l’essence de la révolution mondiale actuelle. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Constantin Léontiev&lt;br /&gt;
|titre=Troisième lettre à Vladimir Soloviev&lt;br /&gt;
|traducteur=Danièle Beaune-Gray&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|collection=Slavica&lt;br /&gt;
|année=2003&lt;br /&gt;
|ISBN=9782825117262&lt;br /&gt;
|page=212-216}}&lt;br /&gt;
{{Center|Constantin Léontiev 2|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Constantin Léontiev 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations sur Constantin Léontiev ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas un hasard si Leontieff se prit d’amour pour l’Islam. Son christianisme était tout pétri d’esprit islamique. Il entendait mieux la voix de Dieu le Père que celle de Dieu le Fils. Beaucoup mieux le Dieu terrible et vengeur, lointain et transcendant, que le Dieu rédempteur, doux, charitable, et si près de chacun de nous. Son attitude envers Dieux était essentiellement faite de crainte et de soumission, et non pas d’intimité et d’amour. Il avait un sentiment très vif de l’Église, mais un sentiment très faible du Christ. Il ne se tournait pas vers la Face du Rédempteur. De l’Évangile et des Écritures il ne retient que les passages où il est dit que l’amour et la vérité ne triompheront pas sur terre ; il n’est réduit que par des sombres accord de l’Apocalypse. Ce qu’il déteste le plus, ce sont les tentatives que l’on fait pour teinter le christianisme d’un badigeon humanitaire. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Vassili Rozanov|Rozanoff]] a eu raison de souligner l’audace de Leontieff osant se dresser contre la “mansuétude chrétienne”. Il était avant Nietzsche un chrétien nietzschéen. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=[[Nicolas Berdiaev]]&lt;br /&gt;
|titre=Constantin Leontiev&lt;br /&gt;
|traducteur=Hélène Iswolsky&lt;br /&gt;
|éditeur=Berg International&lt;br /&gt;
|collection=Histoire des idées&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782900269855&lt;br /&gt;
|page=157}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Textes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Père Clément Zederholm - Constantin Léontiev]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Leontiev, Constantin}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Mes_id%C3%A9es_politiques_-_Charles_Maurras&amp;diff=46032</id>
		<title>Mes idées politiques - Charles Maurras</title>
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		<updated>2026-06-01T10:44:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Text|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''[[Charles Maurras]], ''Mes idées politiques'' (1937), éd. Kontre Kulture, 2019.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Center|Charles Maurras 2|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avant-propos ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Politique naturelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== 1. L’inégalité protectrice ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu de choses lui manque pour crier : « Je suis libre ... » Mais le petit homme ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au petit homme, il manque tout. Bien avant de courir, il a besoin d’être tiré de sa mère, lavé, couvert, nourri. Avant que d’être instruit des premiers pas, des premiers mots, il doit être gardé de risques mortels. Le peu qu’il a d’instinct est impuissant à lui procurer les soins nécessaires, il faut qu’il les reçoive, tout ordonnés, d’autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est né. Sa volonté n’est pas née, ni son action proprement dite. Il n’a pas dit ''Je'' ni ''Moi'' , et il en est fort loin, qu’un cercle de rapides actions prévenantes s’est dessiné autours de lui. Le petit homme presque inerte, qui périrait s’il affrontait la nature brute, est reçu dans l’enceinte d’une autre nature empressée, clémente et humaine : il ne vit que parce qu’il en est le petit citoyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son existence a commencé par cet afflux de services extérieurs gratuits. Son compte s’ouvre par des libéralités dont il a le profit sans avoir pu les mériter, ni même y aider par une prière, il n’en a rien pu demander ni désirer, ses besoins ne lui sont pas révélés encore. Des années passeront avant que la mémoire et la raison acquises viennent lui proposer aucun débit compensateur. Cependant, à la première minute du premier jour, quand toute vie personnelle est fort étrangère à son corps, qui ressemble à celui d’une petite bête, il attire et concentre les fatigues d’un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu’il était enfermé dans son sein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette activité sociale a donc pour premier caractère de ne comporter aucun degré de réciprocité. Elle est de sens unique, elle provient d’un même terme. Quand au terme que l’enfant figure, il es muet, ''infans'', et dénué de liberté comme de pouvoir ; le groupe auquel il participe est parfaitement pur de toute égalité : aucun pacte possible, rien qui ressemble à un contrat. Ces accords moraux veulent que l’on soit deux. Le moral de l’un n’existe pas encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne saurait prendre acte en termes trop formels, ni assez admirer ce spectacle d’autorité pure, ce paysage de hiérarchie absolument net.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, et non pas autrement, se configure au premier trait le rudiment de la société des hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nature de ce début est si lumineusement définie qu’il en résulte tout de suite cette grave conséquence, irrésistible, que personne ne s’est trompé autant que la philosophie des « immortels principes », quand elle décrit les commencements de la société humaine comme le fruit de conventions entre des gaillards tout, formés, pleins de vie consciente et libre, agissant sur le pied d’une espèce d’égalité, quasi pairs sinon pairs, et quasi contractants, pour conclure tel ou tel abandon d’une partie de leurs « droits » dans le dessein exprès de garantir le respect des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les faits mettent en pièce et en poudre ces rêveries. La Liberté en est imaginaire, l’Egalité postiche. Les choses ne se passent pas ainsi, elles n’amorcent même rien qui y ressemble e, se présentant de toute autre manière, le type régulier de tout ce qui se développera par la suite est essentiellement contraire à ce type-là. Tout joue et va jouer, agit et agira, décide et décidera, procède et procédera par des actions d’autorité et d’inégalité, contredisant, à angle droit, la falote hypothèse libérale et démocratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Supposons qu’il n’en soit pas ainsi et que l’hypothèse égalitaire ait la moindre apparence. Imaginons, par impossible, le petit homme d’une heure ou d’un jour, accueilli, comme le voudrait la Doctrine, par le chœur de ses pairs, formé d’enfants d’une heure ou d’un jour. Que feront-ils autours de lui ? Il faut, il faut absolument, si l’on veut qu’il survive, que ce pygmée sans force soit environné de géants, dont la force soit employée pour lui, sans contrôle de lui, selon leur goût, selon leur cœur, en tout arbitraire, à la seule fin de l’empêcher de périr : Inégalité sans mesure et Nécessité sans réserve, ce sont les deux lois tutélaires dont il doit subir le génie, la puissance, pour son salut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n’est que moyennant cet Ordre (différencié comme tous les ordres) que le petit homme pourra réaliser ce type idéal du Progrès : ''la croissance de son corps et de son esprit'' .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il grandira par la vertu de ces inégalités nécessaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mode d’arrivée du petit homme, les êtres qui l’attendent et l’accueil qu’ils lui font, situent l’avènement de la vie sociale fort en deçà de l’éclosion du moindre acte de volonté. Les racines du phénomène touchent des profondeurs de Physique mystérieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seulement, et ce nouveau point importe plus peut-être que le premier, cette Physique ''archique'' et ''hiérarchique'' n’a rien de farouche. Bien au rebours ! Bénigne et douce, charitable et généreuse, elle n’atteste aucun esprit d’antagonisme entre ceux qu’elle met en rapport : s’il n’y a pas eu l’ombre d’un traité de paix, c’est d’abord qu’il n’y a pas eu trace de guerre, de lutte pour la vie, entre l’arrivant et les recevants : c’est une entraide pour la vie qu’offre la Nature au petit hôte nu, affamé, éploré, qui n’a même pas en bouche une obole qui lui paye sa bienvenue. La Nature ne s’occupe que de le secourir. Il est en larmes, elle le caresse et le berce, et elle s’efforce de le faire sourire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un monde où les multitudes dolentes élèvent à longs cris des revendications ''minima'', que ceux qui les entendent ne manquent pas de qualifier de calamiteux ''maxima'' , - en ce monde où tout est supposé devoir surgir de la contradiction d’intérêts aveugles et la bataille d’égoïsmes irréductibles, - voici quelque chose de tout autre et qu’on ne peut considérer comme hasard d’une rencontre ni accident d’une aventure ; voici la constance, la règle et la loi générale du premier jouir : cette pluie de bienfaits sur le nouveau-né. Au mépris de tout équilibre juridique, on le fait manger sans qu’il ait travaillé ! On le force, oui, ont le force à accepter sans qu’il ait donné ! Si les mères répondent qu’il faut bien faire vivre ce qu’on a fait naître, leur sentiment n’est point à classer entre les durs axiomes du Juste, il procède du souple décret d’une Grâce. Ou, si l’on tient absolument à parler justice, celle-ci se confond certainement avec l’Amour. C’est ainsi ! Nulle vie humaine ne conduit son opération primordiale courante sans qu’on lui voit revêtir ces parures de la tendresse. Contrairement aux ''grandes plaintes'' du poète romantique, la ''lettre sociale'', qui paraît ''sur l’épaule nue'', n’est pas '' écrite'' '' avec le fer''. On n’y voit que la marque des baisers et du lait : sa Fatalité se dévoile, il faut y reconnaître le visage d’une Faveur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... Mais le petit homme grandit : il continue dans la même voie royale du même bénéfice indû, littéralement ''indu ''; il ne cesse de recevoir. Outre qu’on lui a inculqué une langue, parfois riche et savante, avec le grave héritage spirituel qu’elle apporte, une nouvelle moisson qu’il n’a point semée est récoltée de jour en jour : l’instruction, l’initiation et l’apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pure réceptivité de l’état naissant diminue selon que s’atténue la disproportion des forces entre son entourage et lui ; l’effort, devenu possible, lui est demandé ; la parole qu’on lui adresse, plus grave, peut se teinter de sévérité. Aux premières douceurs qui l’ont couvé, succède un mâle amour qui excite au labeur, le prescrit et le récompense. La contrainte est parfois employée contre lui, car le petit homme, plus docile, en un sens, l’est moins dans un autre : il se voit capable de se défendre, pour résister même à son vrai bien. Il doit peiner, et la peine peut lui coûter. Mais ce qu’il met du sien est largement couvert et compensé par la somme et par la valeur de gains nouveaux, - dont le compte approximatif ne peut être dressé ici qu’à moitié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, nous devons laisser de côté ce que le petit homme acquiert de plus précieux : l’éducation du caractère et le modelage du cœur. Ce chapitre, vaste et complexe, est infesté de sots, de fripons, d’effrontés, qui y gardent une certaine marge de chicane pour soutenir la basse thèse de l’enfant-roi et de l’enfant-dieu, de qui la sublime originalité serait violée par les parents, détournée par les maîtres, appauvrie ou enlaidie par l’éducation, alors qu’il est patent que ce dressage nécessaire limite l’égoïsme, adoucit une dureté et une cruauté animale, freine des passions folles et fait ainsi monter du « petit sauvage » le plus aimable, le plus frais et le plus charmant des êtres qui soient : l’adolescent, fille ou garçon, quand il est élevé est civilisé. La vérité se rit des sophismes les plus retors. Mais, parce que notre exposé de faits doit démontrer plutôt que décrire, il vaut mieux en négliger une belle part et couper aux longueurs d’un débat onéreux. Tenons-nous à l’indiscutable, au ''sans réplique'' : il nous suffit de la haute évidence des largesses unilatérales que le prédécesseur fait au successeur sur le plan de l’esprit. Là, l’enfant n’est pas suspect de pouvoir acheter d’une ligne ou compenser d’un point les immenses avoirs dont il a communication, tels qu’ils ont été capitalisés par son ascendance, et lourds de beaucoup plus de siècles qu’il n’a d’années. Son cercle nourricier étant ainsi devenu énergie et lumière est immensément élargi, et rien n’y apparaît qui puisse ressembler encore à aucun régime d’égalité contractuelle. Si l’on veut, un échange a lieu. Mais c’est celui de l’ignorance contre la Science, celui e l’inexpérience des sens, de la gaucherie des membres, de l’inculture des organes, contre l’enseignement des Arts et Métiers : véritable et pur don fait à l’enfant du prolétaire comme à l’enfant du propriétaire, don commun « au boursier » et à l’héritier, car le plus pauvre en a sa part ; en un sens, elle est infinie, ne comportant point de retour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... Ainsi nourri, accru, enrichi et orné, le petit homme a bien raison, alors, de prendre conscience de ce qu’il vaut et, s’il « se voit le bout du nez », d’estimer à leur prix les nouveautés brillantes dont il aspire à prendre l’initiative à son jour. Mais, jusqu’à la preuve faite, jusqu’à l’œuvre mise sur pied, il ne peut guère qu’accéder à l’heureux contenu des cornes d’abondance inclinées devant lui. Comme il s’est donné la peine de naître, tout au plus s’il doit se donner la peine de cueillir, pour se l’ingérer, le fruit d’or de la palme que le dieu inconnu fait parfois tomber à ses pieds.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liberté « plus » Nécessité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La croissance achevée, voici la seconde naissance. Du petit homme sort l’adulte. La conscience, l’intelligence, la volonté apparues, exercées, il se possède. C’est à sont tour de vivre, son ''moi'' est en mesure de rendre à d’autres ''moi'' tout ou partie, ou le plus ou le moins, de ce qui lui fut adjugé sans aucune enchère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son effort personnel ressemble à celui de ses pères, il tend aux mêmes fins de mélancolie éternelle et d’universel mécontentement qui pousse tout mortel à essayer de changer la face du monde. Cela ne va jamais sans vertige ni griserie. Les étourdissements de la chaude jeunesse ne peuvent pas beaucoup contribuer à lui ouvrir les yeux sur la vérité de sa vie. Commençons par feindre de faire à peu près de même, et suivons notre jeune adulte dans le tourbillon de cette activité que le désir, l’exemple et leurs entraînements nouent, dénouent, stimulent, traversent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éternel ouvrier se met donc à l’œuvre ; il fait et il défait, arrache et ajoute, détruit et reconstruit, à moins que, voyageur et médiateur, il ne trafique, achète, vende. Ainsi peut-il entrer dans tous les tours et retours de commandement et d’obéissance qui le font s’éprouver et parfois se connaître : constant ou non avec lui-même, fidèle ou non envers autrui, il ne peut manquer de prendre la hauteur de ses frères, supérieurs ou inférieurs, les dépassant, dépassé d’eux, selon sa valeur ou sa chance, mais rencontrant fort peu d’égaux bien qu’il lui soit usuel, commode et courtois de faire et dire comme s’ils l’étaient tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qu’il peut reconnaître de véritable égalité entre les hommes qui se révèlent à lui ressemblerait plutôt à une chose qui serait ''la ''même chez tous. Comment se représenter cette identité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un composé de science et de conscience : quelque chose de ''même'' qui porte les uns et les autres à voir, sentir, retenir, en tout objet, ce qui est aussi le ''même'' , invariable, invarié, fixé ; une faculté d’adhérer spontanément aux axiomes universels des nombres et des figures ; à se réfugier et à se reposer dans les perceptions ou les acquisitions immémoriales du bon sens et du sens moral ; la distinction du bien et du mal ; l’aptitude à choisir ou à refuser l’un et l’autre. Enfin, d’un mot, ce qui, avec des formes ou des intensité diverses, constitue, en son essentiel, le Personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour en rendre l’idée plus claire, supposons l’architecte de la Cité de l’Âme ou son géomètre et dessinateur-arpenteur, occupé à délimiter, avec la plume ou le crayon, les vastes espaces vagues occupés et disputés par les sentiments, les passions, les images, les souvenirs, tous éléments divers d’énergie comme de valeur, qui son naturels à chaque homme : la courbe irrégulière dont il les cerne peut tendre à former un cercle ou un ovale ou toute autre figure, mais flottante, mobile, extensible, étant douée des élasticités de la vie. Or, voici qui va obliger le même praticien à se servir de son compas, et d’une ouverture constante, pour le rayon qui décrira un petit cercle concentrique à circonférence rigide : le cercle déterminera le réduit où tient, où s’accumule le trésor, le dépôt des biens spirituels et moraux dont la Raison et la Religion s’accordent à faire l’attribut de l’humanité. Tout homme, ayant cela, vaut tout autre homme, pour cela. Là siège donc l’impénétrable et l’inviolable, l’inaltérable, l’incoercible, le sacré. Les neuf dixièmes de l’Amour, qui sont physiques, reçoivent là leur mystérieux dernier dixième, demi-divin, étincelle qui l’éternise ou le tue. C’est le lieu réservé du plus haut point de nos natures. Et, comme il se répète tel quel en chacun des hommes les plus dissemblables, c’est leur mesure, enfin trouvée. Combien de fois ce mètre mental et moral pourra-t-il être reporté sur la stature et le volume des innombrables exemplaires réalisés de l’être humain ? L’intensité de leurs passions ! L’étendue de leurs besoins ! Leurs talents ! Leurs vigueur ! Leurs vices ! Celles de leurs vertus qui sont de source corporelle ou d’origine mixte ! Tout ce que la Personne associe et agrège de minéral, de végétal et d’animal, dans le socle vivant de son humanité !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’humaine expansion universelle émerge ce point de repère. Il ne faut pas penser que les modernes l’aient découvert. Sophocle et Térence l’ont bien connu. Les auditeurs de leur théâtre ne l’ignoraient point. Quelques abus que l’on fasse de certains de leurs textes, nos Anciens ne doutaient pas que la personnalité fût également présente dans l’esclave et dans le maître. Le petit serviteur platonicien portait en lui, comme Socrate, toute le géométrie. Ce qui ne veut point dire qu’il fût l’égal de Socrate ni considéré ni à considérer comme tel : autant eût valu soutenir que nous sommes tous égaux parce que nous avons tous un nez. Mais, que cette identité générale existe, qu’elle serve et puisse servir d’unité de rapport, '' il suffit'' : toute l’activité rationnelle et morale des hommes s’en trouve soumise à une ''même législation'' . Il est autre par ailleurs. Il est le même là. Que l’action personnelle tienne à la vie privée, qu’elle tienne à la vie sociale et politique, tout ce qu’elle a de ''volontaire'' , engagé au cadre des droits et des devoirs, tombe sous le critère du Juste et de l’Injuste, du Bien et du Mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tel est le petit cercle, et sa juridiction. Il ne saurait l’étendre à toute la vivante forêt des actions inconscientes et involontaires qui recouvre et qui peuple toute la grande figure diffuse dont il est entouré. La mesure des lois morales ne peut suffire à la police de cette aire immense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà d’abord (ce qui n’est discuté par personne) la loi du corps : se couvrir pour ne pas s’enrhumer, s’appuyer pour ne pas tomber, se nourrir pour ne pas périr. Mais il doit exister d’autres lois. Un choeur de bienfaits collectifs s’est déjà imposé au naissant animal humain en vue de sa croissance physique et morale. Si grandir et mûrir l’émancipe des liens originels, ne va-t-il pas être soumis à d’autres conditions qui auront aussi leur degré de nécessité ? Il n’est point promis à la solitude. Il ne la supporterait pas. L’homme adulte, quelque trouble agitation qui l’emporte, et souvent par l’effet de ce trouble, ne cesse de subir un premier mouvement qui est de rechercher son semblable, pour se l’adjoindre ou se joindre à lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, prenons que, d’abord, il ne va pas lui proposer ou imposer quelque condition définie d’entente délibérée. Son mouvement sera ''personnel'', tout à l’heure : il n’est encore qu''’individuel.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’être électives, ses affinités ont été instinctives. Elles ont même commencé par être fortuites et confuses : souvent dues au concours des seules circonstances. L’enfant a déjà beaucoup joué, avec bien des compagnons (et les premiers venus) avant d’aller articuler le gentil « ''voulez-vous jouer avec moi ?'' » des jardins publics de nos grandes villes. L’habitude d’être ensemble s’est nouée toute seule ; cette ''consuetudo'' où la Morale antique vit un caractère de l’Amitié. Cela est resserré par les camaraderies de l’adolescence. Enfin, avec l’intelligence de la vie, les motifs d’ainsi faire apparaissent de plus en plus raisonnables et bons : ''dès lors tout se passe,'' on peut le dire hardiment,'' comme si l’homme prenait conscience des avantages prodigieux qe lui a valus sa fonction sociale innée et qu’il ait décidé de les accroître en imitant l’ouvrage de la Nature, non sans le renouveler par son art. Ainsi la créature de la Société ''veut ''à son tour inventer et créer l’Association.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la réalité, cela est moins net. Un jet incompressible de confiance initiale lui fait désirer et solliciter de son semblable le secours, le concours, ou les deux ensemble. Mais là, un instinct, non moins fort, engendre un mouvement inverse, un jet de défiance, qui conduit à désirer et solliciter des précautions et garanties dans l’usage de ce secours ou de ce concours. Soit par quelque coup de génie, soit par tâtonnements, il cherche et trouve comment éliminer de l’association ce qu’il en redoute : le risque de variation, le danger de perversion. Il cherche, il trouve comment associer à la durée la sécurité. Les clauses d’un Contrat vont s’ajouter à tous les biens de l’association désirée : qu’elles soient jurées ou non, orales ou non, écrites sur la brique ou sur la pierre, la peau de bête, le tronc d’arbre ou le papier, il y est fait mention de la foi des personnes qui décident enfin d’engager leur volontés libres selon leurs esprits conscients.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première confiance dans l’association initiale ne peut étonner ; elle jaillit du sentiment d’un même destin de faiblesse et d’effort, de besoin et de lutte, de défense et de labeur. ''À moi ! À l’aide ! Le coup d’épaule. Le coup de main.'' Rien de plus naturel à l’homme : faible, il se trouve toujours trop seul ; fort, ne se sent jamais assez suivi ni servi. Aurait-il cherché si avidement le concours de ses semblables s’ils n’avaient été dissemblables, s’ils avaient tous été ses pairs, et si chacun lui eût ressemble comme un nombre à un autre nombre ? Ce qu’il désirait en autrui était ce qu’il ne trouvait pas exactement de ''même'' en lui. '''L’inégalité des valeurs, la diversité des talents sont les complémentaires qui permirent et favorisèrent l’exercice de fonctions de plus en plus riches, de plus en plus puissantes. Cet ordre né de la différence des êtres engendra le succès et le progrès communs.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la méfiance entre associés, elle devait tenir, elle tient aux modes de collaboration : à l’embauche et à la débauche, à l’horaire, aux saisons, au plexus des conditions favorables et hostiles ; elle tient surtout aux produits qui résultent du travail en commun : ce sont des objets matériels, qu’il faut partager ; ils sont prédestinés aux réclamations continues que font naître tous les partages. L’associé se met en garde contre l’associé tout aussi spontanément qu’il peut l’être contre le pillard et le filou.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si donc la nécessité impose la coopération, le risque de l’antagonisme ne sera jamais supprimé non plus : la surabondance des produits issus du machinisme ni fera rien. Dans l’abondance universelle, il y aura toujours du meilleur et du moins bon, les différences de qualité seront appréciées, désirées, disputées. Ce qui aura l’honneur et le bonheur d’apaiser les faims élémentaires, éveillera d’autres désirs, nombreux, ardents, entre lesquels renaîtra la contestation. L’histoire nous apprend que les guerres, étrangères ou intérieures, ne sont pas toutes nées de la pénurie. Les litiges civiles ont aussi d’autres causes. Est-ce que les plus riches ne se disputent pas leur superflu ? On s’efforce de prévenir ce mal universel en le prévoyant ; on se règle, on se lie soi-même. Que le Contrat produise à son tour des difficultés, c’est la vie et son jeu d’intérêts passionnés. Les semences de guerre sont éternelles, comme les besoins et les volontés de la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut s’associer pour vivre. Pour bien vivre, il faut contracter. Comme si elle sortait d’un véritable élan physique, l’Association ressemble à un humble et pressant conseil de nos corps dont les misères s’entr’appellent. Le Contrat provient des spéculations délibérantes de l’esprit qui veut conférer la stabilité et l’identité de sa ''personne'' raisonnable aux changeantes humeurs de ce qui n’est pas lui. Pour illustrer la distinction, référons nous aux causes qui conjoignent le couple naturel - puissantes, profondes, mouvantes comme l’amour, - et comparons-les à la raison distincte du pacte nuptial qui les rassemble et les sublime pour un foyer qui veut durer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouée, scellée par le Contrat, l’Association mérite d’être tenue pour la merveille des chimies synthétiques de la nature humaine. Cette merveille, bien introuvable à l’origine des connexions sociales, naît à leur centre florissant, dont elle est le fruit. L’Association contractuelle a été précédée et fondée - et peut donc être soutenue - par tout ce qui a part à « ''la constitution essentielle de l’humanité'' » : il faut lui souhaiter de poser avec force sur les conglomérats préexistants, mi-naturels, mi-volontaires, que lui offre l’héritage gratuit de millénaires d’histoire heureuse, - foyers, villes, provinces, corporations, nations, religion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bref, le Contrat, instrument juridique du progrès social et politique, traduit les initiatives personnelles de l’homme qui veut créer à son tour des groupements nouveaux, qui soient au goût de sa pensée, à la mesure de ses besoins, pour la sauvegarde de ses intérêts : l’art, le métier, le jeu, la piété, la charité ; il suffit de songer à ces compagnies, à ces confréries, pour sentir combien la personne y peut multiplier la personne, l’humain passer l’humain, les promesses et les espoirs se féconder les unes les autres. Une action qui sait faire servir les constructions de la Nature à la volonté de l’Esprit confère à ses ouvrages une fermeté surhumaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’on l’ait beaucoup dit, il ne faudrait point croire que l’Association volontaire ait fait un progrès particulier de nos jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa puissance s’est plutôt affaiblie, et la cause en est claire. Elle tient à la décadence de la personne et de la raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Moyen Âge a vécu du contrat d’association étendu à l’édifice entier de la vie. La foi du serment échangé d’homme à homme a présidé aux enchaînements de la multitude des services bilatéraux dont la vaste et profonde efficacité s’est fait sentir durant de long siècles. Maître statut des volontés, l’engagement contractuel naissait à la charrue, s’imposait à l’épée et réglait le sceptre des rois. Mais cette noble mutualité juridique, vivifiée par la religion, était fortement enfoncée et comme entée sur le solide tronc des institutions naturelles : autorité, hiérarchie, propriété, communauté, liens personnels au sol, liens héréditaires du sang. Au lieu d’opposer l &amp;amp;#8216;Association à la Société, on les combinait l’une à l’autre. Sans quoi, le système eût rapidement dépéri, s’il fût jamais né.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, l’on s’efforce de faire croire à l’homme qu’il n’est vraiment tributaire ou bénéficiaire que d’engagements personnels : ainsi prétend-il tout régler d’un ''je veux'' ou '' je ne veux pas''. Les créations impersonnelles de la Nature et de l’Histoire lui sont représentées comme très inférieures aux siennes. On lui fait réserver es caractères de la convenance, de l’utilité et de la bonté à ce qu’il a tiré lui-même de l’industrie individuelle de son cerveau, du choix plus ou moins personnel de son cœur. Cependant est-ce lui qui, en naissant, s’est soustrait à la mort certaine ? Il a été saisit et sauvé par un état de choses qui l’attendait. Est-ce lui qui a inventé la discipline des sciences et des métiers à laquelle il emprunte si largement ? Il a reçu tout fait ces capitaux du genre humain. S’il ne se plaint pas de ces biens, il y songe trop peu et distingue de moins en moins tout ce qu’il doit encore en recevoir et en tirer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== 3. Hérédité et volonté ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car cette haute source surhumaine n’est point tarie. Nous n’avons pas épuisé non plus le risque des malheurs auxquels est sujette toute vie d’homme, qu’elle ait six mois, vingt ou cent ans ! Après le froid, la faim, le dénuement, l’ignorance, bien d’autres adversités la menacent qui peuvent la vaincre ou dont elle peut triompher selon son courage, son intelligence et son art.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela dépend assez de l’homme. Il peut dérégler sa conduite d’après tels ou tels des principes improvisés qui viennent flatter son désir. Mais il peut aussi accorder une attention sérieuse aux usages et aux mœurs établis avant lui. Ce Coutumier a ses raisons, cette Raison est vérifiée par l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce qu’il y a une Barbarie, prête à détruire et à rançonner les sociétés, — parce qu’elles enferment une Anarchie toujours disposée à les violenter, — parce qu’il se fait un mélange de Barbarie et d’Anarchie fort apte à ruiner et à rompre tous les contrats du travail social, - parce que ces deux menaces sont toujours en suspens, — il est arrivé à nos ancêtres de s’établir soldats et bons soldats, citoyens et bons citoyens, pour préserver leur paix, maintenir leurs foyers, et le résultat doit compter, puisque, sans lui, nous ne serions pas où nous sommes. La loi civile et militaire n’est point née d’une volonté arbitraire de législateur ni du caprice d’une domination. On a subi des nécessités fort distinctes en fondant des piliers de l’ordre. Il est conseillé de ne pas les ébranler en raison des maux qu’ils épargnent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autres maux seraient épargnés, et de grands biens procurés, Si l’orgueil individuel était moins rétif à concevoir les conditions normales de l’effort humain, les lois de son succès, l’ordre de son progrès, tout ce code approximatif de la bonne fortune dont la Nature semble avoir rédigé les articles dans un demi-jour un peu crépusculaire, mais où l’homme voit clair dès qu’il le veut bien. Ce qui l’a conservé est ce qui le conserve et qui le gardera. Ces procédures tutélaires devraient être un objet de son étude constante : elles permettraient de faire par science, en sachant ce qu’on fait, ce que l’on conçoit trop comme pure routine. Et de longues écoles en seraient raccourcies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le poète-philosophe Maurice Maeterlinck a beaucoup intéressé nos jeunes années quand il nous traduisit d’Emerson la fameuse parabole du charpentier qui se garde bien de placer au-dessus de sa tête la poutre qu’il veut équarrir : il la met entre ses pieds, pour que chacun de ses efforts soit multiplié par le poids des mondes et la force réunie du chœur des étoiles. Mais le charpentier peut être ivre, ou fou ; il peut s’être fait une idée fausse de la gravitation ou n’en avoir aucune idée s’il place en haut ce qu’il faut mettre en bas, la fatigue et l’épuisement lui viendront avant qu’il ait fait son travail, ou il y aura prodigué un temps excessif et un labeur sans mesure, en courant d’énormes risques de malfaçon. C’est ce qui arrive à l’homme qui néglige le concours bienfaisant des lois qui économiseraient son effort. Il VEUT tout tirer de son fond. Esprit borné, cœur vicié, il nie les vérités acquises pour suivre les chimères qu’il n’a même pas inventées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, quelque chose de bon et de doux que nous n’avons pas nommé encore : ''la Famille, '' lui ayant ouvert les seules portes de sa vie, un conseil que fortifient son idée de l’honneur et le sens de sa dignité incline tout adulte civilisé à recommencer les établissements de cette providence terrestre. Mais c’est ce que beaucoup ''veulent ''contester aujourd’hui ! Tout récemment, nos Russes, abrutis ou pervertis par des Juifs allemands, avaient estimé que l’on pourrait trouver infiniment mieux que n’a fait la mère Nature en ce qui concerne la réception et l’éducation des enfants. L’épisode de leur naissance a toujours un peu humilié l’esprit novateur. Le libéralisme individualiste et le collectivisme démocratique sont également choqués, non sans logique, de voir que les enfants des travailleurs les plus conscients et les plus émancipés soient ainsi jetés dans la vie sans être consultés au préalable ni priés de se prononcer, par un vote, sur une aussi grave aventure t ~s ne pouvaient rien à cela: du moins nos Russes ont-ils voulu s’appliquer fermement à étatiser et à centraliser les foyers domestiques qui jusque-là, chez eux, comme ailleurs, formaient de petites républiques assez libres vivant par elles-mêmes, suivant la loi des morts, plus ou moins modifiée par la fantaisie des vivants. A ce système irrationnel, ils ont substitué des administrations, services et offices d’État. Forts du sentiment de leurs ''pédologues, '' inventeurs d’une science supérieure à la Pédagogie (qui, d’après eux, était insuffisamment marxiste, même parfois anti-marxiste) ils décrétèrent que l’enfant arraché aux parents le plus tôt possible serait donné aux crèches, garderies et jardins publics. Ce qui était le pis aller d’autrefois devenait la règle nouvelle. L’enfant fut ensuite invité à se former lui-même par l’élection de ses maîtres et moniteurs. Grand progrès, qui fût malheureux! Les petits Russes ont mal poussé. On a vu croître, en hordes errantes, une jeunesse infirme, malade, criminelle. On a dû en tuer beaucoup, et revenir à l’ancienne mode, en vérifiant ce principe que l’Antiphysique est plus cher et moins sûr que le Physique. Qui peut utiliser la chute d’eau, la marée et le vent, se dispense d’aller chercher dans les entrailles de la terre un combustible artificiel. En politique, les forces utilisables sont à portée de la main. Et de quelle puissance I Dès que l’homme se met à travailler avec la Nature, l’effort est allégé et comme partagé. Le mouvement reprend tout seul. Le fils trouve tout simple de devenir père ; l’ancien nourrisson nourricier ; l’héritier entreprend de garder et d’augmenter l’héritage afin de le léguer à son tour; le vieil élève élèvera. L’ancien apprenti sera maître ; l’ancien initié, initiateur. Tous les devoirs dont on a bénéficié sont inversés et reversés à des bénéficiaires nouveaux, par un mélange d’automatisme et de conscience auquel ont part les habitudes, les imitations, les sympathies, les antipathies, et dont il faut même se garder d’exclure les agréments de l’égoïsme, car ils ne sont pas en conflit obligatoire avec le bien social...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Mirabeau est le seul révolutionnaire qui ait compris quelque chose à cela. La plupart font le rêve contraire : ils ont la rage de reconstruire le monde sur la pointe d’une pyramide de volontés désintéressées. Que les choses aiment mieux reposer sur une base spacieuse et naturelle, ils n’en supportent pas l’importune évidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, que dit la Nature? Dans son ample conseil où toutes les ressources de la vie sont conviées et mises en action, rien ne prévaut sur le maintien et la protection du toit domestique, car c’est de là, palais royal ou simple cabane, que tout est sorti : travaux et arts, nations et civilisations. On n’a pas assez remarqué que, dans le Décalogue, le seul motif qui soit invoqué a’ l’appui d’un commandement affecte le IV~ article : celui qui fonde la famille et que les Septante traduisent en ces termes frappants : « ''Tu honoreras ton père et ta mère afin de vivre longuement sur cette bonne terre que le Seigneur Dieu t’a donnée. » ''Une vie particulièrement longue est-elle accordée, en fait, aux mortels qui ont observé cette règle? On ne sait, mais il est certain que la longévité politique appartient aux nations qui s’y sont conformées. Aucun gouvernement heureux ne s’en est affranchi. On a tout vu, hormis cela. L’histoire et la géographie des peuples, étant fort variées, produisent des régimes dont la forme extérieure varie aussi mais, que le Pouvoir nominatif y soit unitaire ou plural, coopté, hérité, élu ou tiré au sort, les seuls gouvernements ''qui vivent longuement, ''les seuls qui soient prospères, sont, toujours et partout, publiquement fondés sur la forte prépondérance déférée à l’institution parentale. Pour les Dynasties cela va de soi. Mais les grandes Républiques, toutes celles qui ont surmonté et vaincu les âges, ont été des patriciats avoués Rome, Venise, Carthage. Celles qui désavouent ces principes de la Nature ne tardent pas à se désavouer elles-mêmes par la pratique d’un népotisme effréné, comme le fait notre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
République des Camarades qui est d’abord une ''République de fils a papa'', de gendres et de neveux, de beaux-frères et de cousins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme les familles sont inégales de forces et de biens, un préjugé peut accuser leur règne d’établir d’injustes inégalités de début entre les membres d’une même génération. Avant d’aborder ce reproche, regardons aux visages ceux qui le font. Ou ce sont des Juifs qui, depuis un siècle, doivent tout à la primauté de leur race, ou ce sont des suppôts de la Noblesse républicaine. Leur impudent oligarchisme secret, les bas profits qui en sont prélevés établissent quels mensonges enveloppe leur formule d’égalité. Mais ces mensonges montrent aussi qu’on ne détruit pas la Nature : avec des sangs inégaux, la Nature procrée des enfants sains ou infirmes, beaux ou laids, faibles ou puissants, et elle interdit aux parents de se désintéresser de leurs créatures en les laissant jouer, toutes seules, leur sort entier sur le tapis vert du concours ou de l’examen. Que le concours soit surveillé, que les épreuves de l’examen soient loyales, que tricherie et fraude soient sévèrement réprimées, ainsi l’exige la justice, et il faut le crier, car rien n’est plus certain. Mais il n’est pas certain du tout que la justice exige en toute chose le concours, ni que tout soit concours dans la vie. Rien ne prouve, non plus, que certaines faiblesses, avérées sur le champ de course, ne puissent être compensées ailleurs et que, enfin, le brevet du champion, le diplôme du ''fort en thème ''et de la bête à concours, soient les seuls titres sur lesquels il faille classer les humains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tournoi et la joute sont de belles épreuves : la vie en contient d’autres, qui ne sont pas des jeux, et d’où la convention est absente. La valeur personnelle que l’on ne saurait trop cultiver a droit aux grandes places, on ne saurait trop l’y porter ; mais, en raison même de ce qu’est le mérite, il ne lui est ni très difficile ni même désagréable, au fond, de rattraper ou de dépasser, sur un terrain ou sur un autre, les titulaires d’autres valeurs non personnelles. En fait, le mérite personnel aura toujours le dernier mot. L’homme qui s’est fait lui-même en a reçu, avec un tempérament solide, une fierté robuste, un original quant-à-soi. L’homme qui tient de ses aïeux en garde aussi le juste orgueil. Quand ces puissances variées s’additionnent en un même sujet, c’est tant mieux pour lui et, plus encore, pour la collectivité. Quand elles rivalisent, cela est encore excellent. Quand elles luttent haineusement, c’est tant pis. Mais la haine est-elle fatale?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La compétition, même la plus modérée, serait désastreuse s’il n’existait qu’un but au monde et Si la vie n’offrait qu’un objectif aux désirs et aux ambitions ; Si, surtout, la première place dans la société ou l’État devait être nécessairement dévolue au gagnant des gagnants, au lauréat des lauréats, l’épreuve des épreuves devant comporter la publique et suprême désignation du Meilleur ainsi appelé à régner en vertu de son numéro Un. Mais il n’en est tien. D’une part, les sociétés bien portantes et les États bien constitués ne mettent leur couronne ni à l’encan ni au concours et, pour le reste, dans l’extrême variété des emplois de la vie et des talents de l’homme, les conciliations, les équivalences, les accommodements possibles abondent. On dira que les conflits abondent aussi. Mais croit-on, en vérité, que la sélection artificielle des mérites personnels soit aussi dépourvue de frottements douloureux? En laissant son empire « au plus digne » Alexandre le livrait aussi aux batailles de ses lieutenants qui le déchirèrent, comme de juste, au nom du sentiment de la dignité et de la supériorité de chacun. De pareils mots d’ordre étendus à toute la vie civile l’agitent et l’attristent. Cela finit par établir, parmi le peuple des coureurs, un degré d’émulation passionnée qui secrète une affreuse envie. La santé publique n’y gagne rien, le niveau général ne tarde pas à en subir des affaissements graduels : '''même dans les races les mieux douées, Démocratie finit en Médiocratie'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les déclamateurs insisteront sur le dommage des dénivellements excessifs. En effet, trop perpétuées, les inégalités outrées peuvent tendre à capter une somme de biens qui seraient ainsi rendus inutiles et stériles. Cependant, rien n’est plus rare ni plus difficile que la durée des très grandes fortunes et, parvient-elle à se produire, elle implique souvent sa justification: surtout dans un pays actif et nerveux comme le nôtre, cette durée exige d’exceptionnelles vertus. A l’ordinaire, les vastes biens sont plus aisément réunis que conservés, conservés que transmis. Des puissances de dépossession et de transfert constant semblent attachées aux domaines très étendus dont l’apparence est la plus stable. La paresse et la dissipation sont filles de l’abondance excessive. Mais, de son côté, la pauvreté contient un aiguillon énergique et salubre, qui n’a qu’à poindre l’homme pour la faire disparaître elle-même assez rapidement. Ces compensations et oscillations naturelles, ont-elles pour objet final de faire régner un sage équilibre? Toujours est-il que leur effet de modération et de tempérance n’est pas douteux. En quelque sens que tourne la roue de la fortune, elle tourne : les jalousies et les envies ne sont pas éternellement offusquées des mêmes objets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’erreur est de parler ''justice'' qui est vertu ou discipline des volontés, à propos de ces arrangements qui sont supérieurs (ou inférieurs) à toute convention volontaire des hommes. Quand le portefaix de la chanson marseillaise se plaint de n’être pas sorti « des braies d’un négociant ou d’un baron », sur qui va peser son reproche? A qui peut aller son grief? Dieu est trop haut, et la Nature indifférente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même garçon aurait raison de se plaindre de n’avoir pas reçu le dû de son travail ou de subir quelque loi qui l’en dépouille ou qui l’empêche de le gagner. Telle est la zone où ce grand nom de justice a un sens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les iniquités à poursuivre, à châtier, à réprimer, sont fabriquées par la main de l’homme, et c’est sur elles que s’exerce le rôle normal d’un État politique dans une société qu’il veut juste. Et, bien qu’il ait, certes, lui, État, à observer les devoirs de la justice dans l’exercice de chacune de ses fonctions, ce n’est point par justice, mais en raison d’autres obligations qu’il doit viser, dans la faible mesure de ses pouvoirs, à modérer et à régler le jeu des forces individuelles ou collectives qui lui sont confiées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il ne peut gérer l’intérêt public qu’à la condition d’utiliser avec une passion lucide les ressorts variés de la nature sociale, tels qu’ils sont, tels qu’ils jouent, tels qu’ils rendent service. L’État doit se garder de prétendre à la tâche impossible de les réviser et de les changer ; c’est un mauvais prétexte que la «justice sociale» : elle est le petit nom de l’égalité. L’État politique doit éviter de s’attaquer aux infrastructures de l’état social qu’il ne peut pas atteindre et qu’il n’atteindra pas, mais contre lesquelles ses entreprises imbéciles peuvent causer de généreuses blessures à ses sujets et à lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les griefs imaginaires élevés, au nom de l’égalité, contre une Nature des choses parfaitement irresponsable ont l’effet régulier de faire perdre de vue les torts, réels ceux-là, de responsables criminels : pillards, escrocs et flibustiers, qui sont les profiteurs de toutes les révolutions. Les spéculateurs qui écument l’épargne publique ne font jamais leur sale métier avec une impunité plus tranquille que lorsque les jalousies populaires sont artistement détournées contre la « richesse acquise » ou mobilisées contre les « deux cents familles ». La Finance coupable excelle alors à faire payer en son lieu et place une Agriculture, une industrie, un Commerce fort innocents de conditions qui tiennent à leur état naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux biens imaginaires attendus de l’Égalité, ils feront souffrir tout le monde. La démocratie, en les promettant, ne parvient qu’à priver injustement le corps social des biens réels qui sortiraient, je ne dis pas du ''libre jeu, ''mais du '' bon usage ''des inégalités naturelles pour le profit et pour le progrès de chacun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui, pour l’égalité, supprime toute concentration de richesses, supprime aussi les réserves indispensables que doit requérir et mobiliser toute entreprise passant un peu l’ordinaire:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il ne sert de rien de remplacer ces trésors privés par ceux de l’État, la décadence assurée et rapide de tous les États grevés d’une telle charge accuse l’insuffisance de ce moyen de remplacement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui, pour l’égalité, supprime la transmission normale des biens qui n’ont pas été dévorés en une génération supprime aussi l’une des sources de cette concentration précieuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il supprime en outre tout ce qui compose et prolonge des capitaux moraux qui sont encore plus précieux. Des moyens&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
d’éducation disparaissent : la tenue des mœurs, leur élégance, leur perfection, leur affinement. Barbare et triste système où tout est réduit aux mesures d’une vie d’homme ou de femme! On rêve de n’atteindre que d’injustes privilèges personnels? On se figure n’appauvrir que certaines classes comblées ? On dépouille la collectivité tout entière. Une heureuse succession de nappes d’influence superposées déversait un bienfait auquel les plus déshérités avaient part, surélevait l’état général du pays, y établissait une haute moyenne de culture et de politesse : et l’on fait sombrer tout cela dans la même grossièreté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’étranger qui nous visitait sous l’ancien régime admirait le français délicat, pur et fin, que parlaient de simples artisans du peuple de Paris. Leur langage réfléchissait comme une surface polie un ordre de distinction naturelle inhérent aux sociétés bien construites : ''dispares ordines sane proprios bene constitutae civitatis, ''comme la sagesse catholique le constate Si fortement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est pas de bien social qui ne soit récolté dans le champ presque illimité des différences humaines. Mettons-y le niveau, et tout dépérit. On déshonore la Justice et l’on trahit ses intérêts en imposant son nom à la fumée qui sort de ces ruines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La haineuse envie des grandeurs fait-elle préférer ces ruines? Sachons du moins qu’elles ne seront pas évitées. La médiocrité ne dure pas parce qu’elle ne conserve et ne renouvelle rien, faute de générosité, de’ dévouement, de cœur. Les violences internationales toujours menaçantes, les érosions intérieures dues à la complaisance pour de basses erreurs viennent très vite à bout d’un pareil régime : elles le détruisent ou plutôt il s’y détruit. L’avenir humain veut pour défenseurs un certain héroïsme, une certaine chevalerie qui ne peut être l’égal partage de tous. Les exceptions humaines sont indispensables à l’humanité. Si on les brime, elles déclinent, puis disparaissent, mais en emportant toute vie. Il faut des seigneuries fortes pour qu’il y ait des bourgeoisies prospères, des bourgeoisies prospères pour des métiers actifs et des arts florissants. Les têtes puissantes et généreuses font plus que la beauté et l’honneur du monde, elles en sont d’abord l’énergie et le salut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas laisser opprimer cette vérité. il faut oser la dire, et le plus haut possible, et sans replier sur soi-même d’inutiles regards, mais en ne contemplant qu’elle, sa clarté, son bienfait. L’homme pauvre s’honorera en rendant justice à la richesse, d’abord en ce qu’elle ''est, ''puis Si elle est ''bien ''employée. L’homme sans aïeux ne fait que son devoir dans le juste éloge des capitalisations séculaires et du service historique et moral de l’hérédité. Cela n’ôtera rien de sa dignité ni de sa fierté, mais justifiera son mépris pour l’aboiement de chiens dont le métier est de penser en chiens : ces polémistes de l’anarchie expriment une idée digne d’eux quand ils prétendent que les relations humaines sont nécessairement tendues et aigries par l’expérience des inégalités ; elles le sont bien plus par la proclamation d’égalités qui n’existent point. On connaît des enfants qui ne souffrent point de ne pas égaler la stature de leurs parents. On connaît des serviteurs et des maîtres entre lesquels la claire différence des fonctions établit la plus simple des familiarités, une sorte de parenté. Si la désirable fraternité des hommes voulait qu’ils fussent égaux, cette vertu ne pourrait unir les frères de chair puisqu’il existe des aînés et des cadets. Mais de supérieur à inférieur, comme d’inférieur à supérieur, la déférence, le respect, l’intérêt, l’affection, la gratitude sont des sentiments qui montent et descendent facilement les degrés de l’échelle immémoriale; la Nature n’y met aucun obstacle réel. Elle y invite même, par la diversité des services offerts, sollicités, rendus. Tel est le dialogue du vieillard et du jeune homme. Telle est la conversation du maître et du disciple. Rien n’est plus cordial que le rapport des hommes et des chefs dans une bonne armée. Au surplus, la juste fierté de certains, l’arrogance insupportable de certains autres auraient-elles sujet de souffrir ou de faire souffrir? Ces erreurs, ces passions et ces amertumes seront, malgré tout, moins cruelles que les effets constants du mythe forcené d’un égalitarisme impossible, quand il aiguise, consolide et perpétue ces antagonismes fortuits que la vie, en vivant, le vent des choses, en soufflant, allégerait, dissiperait, modifierait ou guérirait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mal du monde est aussi naturel que le bien, mais le mal naturel est multiplié par le rêve, par le système, par les artificieux excitants de la démocratie. Au fond, Si enviables que soient les grandeurs sociales, le sentiment des infériorités personnelles reste le plus cuisant de tous, pour qui interroge la vérité des cœurs. '' Batte, opprobre de la montagne sacrée, ''souffre incomparablement plus de n’être ni Moréas ni Racine que le pire égalitaire de n’être pas né Rothschild ou Montmorency. Se savoir idiot près de Mistral, de Barrés ou d’Anatole France est autrement dur que de vivre en petits bourgeois dans le même quartier que M. de Villars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au surplus, rien n’oblige de subir la moindre injustice. il ne s’agit point de plier sous aucun tyran. L’obsession de ''l’abus ''possible fait oublier que sa répression est possible aussi. Quelles que soient les Puissances, il y a d’autres Puissances près d’elles. il y a un Pouvoir. Ce Pouvoir souverain a pour fonction première de frapper les Grands quand ils sont fautifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On n’admettra point cette vue, on la rejettera même à priori Si l’on garde sa confiance au lieu commun révolutionnaire qui suppose une inimitié essentielle entre les gouvernants et les gouvernés. Cependant leurs intérêts Sont communs. Et le plus fort de tous est l’intérêt de la justice que l’un « rend », que l’autre réclame. La justice contre les Grands est peut-être la plus fréquente, sinon la plus facile, quand le Souverain, constitué sainement, ne repose ni sur l’élection ni sur l’Argent, mais fonde, lui aussi, sur l’Hérédité. ''Sans ''un tel pouvoir, l’impunité est assurée, comme la prépondérance, aux mauvais acquéreurs, possesseurs, successeurs des biens de fortune. '' Avec ''le pouvoir héréditaire, les abus sociaux sont jugés et corrigés par le bon exercice du principe dont ils se prévalent indûment ; le châtiment qu’ils en reçoivent est le plus légitime, le plus sensible, le plus courant et le plus efficace : toute 1a pratique de la Monarchie française le montre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement des familles, Si mal compris, est le plus progressif de tous. Au milieu du XIXème siècle, un révolutionnaire français de passage à Londres, s’indignait du spectacle que donnait et que donne encore, dans cette prétendue ''democracy ''l’institution d’une pairie héréditaire très richement dotée. Un marchand de la Cité lui répondit « ''Vous auriez raison peut-être'', ''Monsieur, pour tel ou tel membre de la Chambre Haute car Sa Grâce une Telle est connue pour son étroitesse d’esprit. Telle autre pour son ignorance crasse. Une troisième ou quatrième pour son ivrognerie. Et cela vaut certaines pertes sèches à notre communauté. Mais que la cinquième ou la dixième soit un sujet distingué et digne dl son rang (ce qui se voit aussi) sa position native va le mettre en mesure de nous rembourser, au centuple, ce que tous les autres auront pu nous coûter. »''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est rien de plus pratiquement vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une communauté ainsi organisée possède, en effet, sans révolution, ni désordre, ni passe-droit, dans l’ordre et dans le droit, des cadres assurés d’être renouvelés et rafraîchis par un personnel brillant, supérieurement instruit et préparé aux grands emplois qu’il peut exercer dans la première vigueur de l’âge. Parce qu’il était fils de Philippe, Alexandre avait conquis le monde avant que le démagogue Jules César y eût même pensé, bien qu’il fût né dans le haut patriciat de sa République. Par le système de la vieille France, le génie vainqueur de Rocroy put se révéler à vingt ans. Un pays de droit héréditaire est toujours approvisionné de « jeunes ministres » et non pas une fois tous les demi-siècles à la faveur d’indignes aventures telles que notre Panama en 1892, ou notre Front populaire en 1937 : sauf de tels accidents, notre démocratie a mérité son sobriquet de Règne des Vieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rendement des dynasties n’est donc pas fait pour un parti ni pour un monde. C’est le bien de tous évident. Et l’intérêt du petit peuple y est le plus engagé. D’abord, même à supposer que les élites commencent toujours par se servir égoïstement elles-mêmes, l’élite viagère a les dents plus longues que l’autre, elle est forte consommatrice et accapareuse : il lui manque, disait Renan, cette habitude de certains avantages et de certains plaisirs sur lesquels est « blasé » « l’homme de qualité ». Cette avide prélibation de parvenus sans mœurs peut réduire d’autant la maigre part du populaire. En outre, la mauvaise gestion démocratique, son organisation défectueuse, son personnel inférieur doivent ramener périodiquement, à intervalles de plus en plus brefs, les calamités qui retombent le plus lourdement sur les têtes des moins favorisés. Les Français ont été envahis six fois depuis l’aurore de ce beau régime cela représente bien des maisons détruites, des pendules et des machines volées, des femmes enlevées et des filles violées. Plus sont fortes les crises de révolution et de guerre, plus les « petits » en souffrent, alors que les « gros » se débrouillent. S’il existe un souverain intérêt pour la classe la plus modeste de la nation, c’est bien la paix de l’ordre, la transmission régulière de ses pauvres avoirs, à proportion même de leur faible volume : cette classe éprouve un besoin particulier de ne pas se trouver sans ressources à l’heure solennelle, mais critique par excellence, qui est celle des grands et terribles frais que l’arrivée du petit homme doit lui coûter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là, en effet, se montre et va briller la vertu magnifique du capital, et du plus humble. Tout ce qui peut diminuer cette première mise autour du berceau est en horreur à la Nature de la société. Mais tout ce qui en conserve et accroît la réserve scelle les accords de l’humain et du surhumain. On pleure sur la dénatalité, sur la dépopulation. A-t-on assez songé à l’importance de ce petit capital domestique, dûment décentralisé, établi à courte distance des berceaux? Toute la vie nouvelle dépend de là pourtant!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais vous parlez de capital près du berceau du petit homme? De tous les petits hommes alors?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Bien sûr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et de tous les berceaux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- De tous!... A condition que vous n’alliez pas chercher équerre, mètre et fil à plomb pour me chanter : « de tous également ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Bah ! Pourquoi pas?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''- ''L’avez-vous déjà oublié ? l’égalité ferait tout fondre, et personne n’aurait plus rien&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== 4. De la volonté politique pure ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On est donc menacé de n’avoir bientôt plus rien dans les tristes pays où les fondements naturels de la politique sont durablement remplacés par ces absurdes inventions d’Étatisme égalitaire et de prétendu Volontarisme populaire, qui, pour être un peu moins folles qu’en Russie, ne peuvent résister longtemps à l’aggravation naturelle du poids de leur insanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos aïeux, même les moins sages, ne s’étaient rien figuré de tel. Nos neveux, s’ils en réchappent, n’y voudront pas croire. C’était déjà l’avis d’Edgar Poe, il y a cent ans, lorsqu’il écrivait l’admirable « Parabole des chiens de prairie ». Eh ! quoi, fait-il dire à la postérité ahurie, ''les vieux Américains se gouvernaient eux-mêmes? Pas possible ! « Ils avaient donc en tête cette idée, la plus drôle du monde, que tous les hommes pouvaient naître libres et égaux. »''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cela ne dura que « '' jusqu’au jour où un individu nommé Mob ''(ou Popu)'' établit un despotisme auprès duquel celui d’Elagabal était un paradis. Ce Popu (un étranger soit dit en passant) était, dit-on, le plus odieux de tous les hommes qui aient jamais encombré la terre. Il était insolent, rapace, corrompu. Il avait la nature d’un géant, il avait le cou d’un chameau avec le cœur d’une hyène et la cervelle d’un paon. Il finit par mourir d’un excès de sa propre fureur, qui l’épuisa. »''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rendus contemporains de ces incroyables sottise, gouvernés par ces ''insolences, ''ces ''rapacités, ''cette ''corruption, ''nous sommes même un peu happés par l’animal géant, ce Mob ou ce Popu, sans cœur ni cervelle, appelé à crever de ses colères de dindon... Mais nous sommes aussi dédommagés de cette honte par le spectacle merveilleux de son absurdité, élevée à la perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des gens qui ont souscrit et fait souscrire un programme dont ils ne peuvent dénier les difficultés profondes, ni les complications inouïes, ont la chance de s’accorder sur la façon de le réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- '' Des milliers, et des milliers de voix, auront à dire je veux. Et ce qu’elles auront ainsi voulu sera. Il suffira que ces majorités désignent des exécuteurs : cela sera exécuté.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Même l’impossible?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Surtout l’impossible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lune ! On n’a qu’à demander la lune. Des mains dociles iront la cueillit dans le ciel. On en fera descendre, tout semblablement, la Justice et l’Égalité en calligraphiant leurs noms à l’encre rouge sur un papier à tranches d’or.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A peine désignés, les pauvres exécuteurs de ces volontés mirifiques sentent pleuvoir tout le contraire des promesses qu’ils ont jurées. Leurs mandants s’en doutent à peine. Mais, peu à peu, les évidences se font jour. ''Ce qui ne peut pas être ''refuse d’être. Ce qui doit être, ce que produit l’antécédent qu’on a posé, suit le cours de sa conséquence. On voulait la paix, mais en désarmant : de tous côtés éclatent les fatalités de la guerre, on doit se mettre à réarmer. On annonçait l’abondance : il faut rogner la monnaie. Les salaires ont monté, mais les prix aussi ; il faut que les salaires montent encore : comment monteront-ils Si l’on n’a plus d’argent pour les payer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Démocratie accourt, les yeux bandés, au cimetière&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais elle y mène, et c’est moins gai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment s’en est-on Si peu douté! On laisse trop dire et écrire qu’elle est trahie par l’expérience de ses erreurs. Elle est trahie par elle-même. N’eût-elle jamais été mise à l’essai, tout esprit net dut lui refuser tout avenir, comme toute raison, du moment qu’elle s’offrit et se définit. Jeune et distrait, un André Chénier put avoir besoin de voir à l’œuvre les ''hideux scélérats ''les ''bourreaux barbouilleurs de lois; ''les Rivarol ont vu tout de suite ce que ce serait: il était idiot de croire qu’un grand peuple pût marcher la tête en bas ; idiot, qu’il fût gouverné par ce qu’il y avait de vain et de vil en lui ; idiot, que les moins directement intéressés à son bien y eussent légalement le plus d’influence par leur nombre, leurs factions, leurs passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute bonne cervelle de 1789 pouvait voir briller aux purs flambeaux des Droits de l’Homme l’embrasement qu’ils annonçaient et déduire de là, effet proche ou lointain, quelque chose qui devait ressembler au Régicide, aux longues guerres, à Trafalgar, à Leipzig, à Waterloo, à Sedan, à la dépopulation, et la décadence, à tous nos reculs généraux, non sans y distinguer, claire et nette, leur qualité essentielle de produits naturels de I’ démocratie politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, les bonnes cervelles de 1848 et 1871 n’avaient besoin de vieillir d’un demi-siècle ni d’un siècle : de la démocratie sociale, elles virent sortir, comme le fruit de la fleur, la commune destruction des Capitaux et du Travail qui les engendre ou les reproduit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie dans l’État ne pouvait que ruiner l’État. La démocratie dans l’Atelier et dans l’Usine devait ruiner l’Usine et l’Atelier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela était d’autant plus sûr que la démocratie se donnait carrière en une heure de la vie du monde qui lui apportait un moyen facile d’exploiter une tragique confusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== 5. La question ouvrière et la démocratie sociale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A peu près du même âge que notre Révolution, la grande industrie avait apporté, en naissant, un énorme contingent de biens nouveaux, mais aussi un déséquilibre qui n’a pas été vu tout de suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les capitaines d’industrie qui présidèrent à l’essor sans précédent de toute l’immense machinerie que renouvelait la vapeur, étaient de bons esprits, hardis et pratiques : le fait est qu’ils n’ont pas senti quel renouvellement moral devait accompagner le changement matériel obtenu. On dit qu’ils étaient sans entrailles. Ils avaient des entrailles comme vous et moi. L’explication doit être ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grande nouveauté de l’usine moderne, ce vaste rouage Inhumain, comportait un ouvrier sans attaches, véritable nomade garé dans un désert d’hommes, avec un salaire qui, même élevé, variait trop, ne lui assurait aucune défense économique sérieuse, son sort « ne dépendant plus de son effort et de sa prévoyance, mais d’accidents dont il n’était pas maître»; sa faculté de débattre les conditions de travail, limitée par les conditions de sa vie, le refus du travail, qu’il vînt de lui ou de l’employeur, pouvait le réduire à la mort sans phrase. Ni propriété, ni statut professionnel, point de garantie d’avenir. Aucune liberté réelle. Dès lors, quel. que fût, à l’origine, son sentiment patriotique, ou son sentiment social, comment empêcher l’ouvrier de devenir agent et jouet des révolutions?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son premier réflexe de défense a été normal : il a eu recours à la procédure éternelle de l’homme. C’est en se serrant à ses semblables, en leur promettant de les soutenir s’ils le soutenaient, qu’il s’est appliqué à changer sa faiblesse en force ; il s’est associé ; par là, il s’est efforcé de débattre avec les Puissants dont il avait besoin, mais qui avaient besoin de lui, les clauses d’un contrat plus libre et moins onéreux. Ce qu’il nomme d’un mot affreux la « solidarité de classe », dans son expression absolue, ne traduit pas la réalité, les mêmes classes pouvant avoir des intérêts très différents. Une certaine communauté était nécessaire à sa vie : ce n’était pas la classe, mais la classe a paru correspondre à cette nécessité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne revoit pas sans horreur ni pitié ce qui a été dit et fait contre les plus légitimes des associations, depuis ce décret Le Chapelier, rendu en 1791, qui nie en propres termes les « prétendus intérêts communs» du travail, au nom de la démocratie politique et de son individualisme contractuel!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les conséquences furent amères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles le furent d’autant plus que le législateur du XIXème siècle a mis plus de temps à reconnaître le besoin élémentaire du monde ouvrier. Le préjugé juridique a soutenu et couvert tout ce qu’il a pu y avoir d’inintelligence, d’esprit de lucre ou d’autoritarisme injustifié dans . la résistance de certains employeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, le mal a été accru et il a duré, parce que l’employeur, le législateur et l’ouvrier vivaient tous trois dans la même erreur politique : tous trois estimaient être (ou devoir être) une Liberté et une Egalité ambulantes. Leurs droits se formulaient de manière identique. Naturellement, chacun les entendait à sa façon. Si le plus faible dénonçait quelque énorme inégalité réelle, le plus fort répondait que l’égalité serait au contraire satisfaite et parfaite, si chacun s’appliquait à faire exactement ce à quoi il s’engageait. Jamais les termes d’une question, à ce point viciés, ne l’ont plus éloignée de tout espoir de solution. Il ne pouvait sortir de là qu’une anarchie barbare, car ses causes venaient également d’''en haut'', d’''en bas'' et du ''milieu'', milieu constitué par les Palais officiels de la législature démocratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ces Palais ont ruisselé les lois qui accentuèrent l’antagonisme et poussèrent à l’extrême une guerre plus que civile. Leur Gouvernement de Partis trouvait un auxiliaire à souhait dans la lutte des classes, ses factions, ses intrigues, ses trafics et ses sursauts toujours renaissants : sur des points de France où n’existait aucune grande industrie, mais où il y avait des classes comme partout, on a vu le socialisme confectionné de pied en cap, dans un bureau de préfecture, pour le plaisir d’un candidat. Sur d’autres points, la démocratie sociale n’avait pas besoin de propulseurs officiels : elle trouvait toutes ses facilités dans les lois et dans les absences de lois pour envahir et agiter les malheureux milieux ouvriers. M. de Roux a raconté comment la législation du travail a été entreprise à reculons par le Second Empire et continuée de même par la République. La manière dont fut réprouvée en 1884 l’idée de syndicats mixtes de patrons et d’ouvriers nous renseigne sur la pensée et l’arrière-pensée du législateur ! Ces unions nécessaires étaient encore reléguées « ''dans l’avenir ''» par M. Millerand en 1904, quand l’idée juste de la coopération générale commençait à se faire jour...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est légitime de dire que, dans la même période disgraciée, les chefs, les maîtres, les patrons tentaient souvent avec succès de beaux ouvrages de philanthropie et de charité. La série de leurs fondations généreuses a été couronnée, assez récemment, ces caisses de sursalaire familial qui leur font le même honneur que les belles œuvres des jardins ouvriers à la collaboration bénévole de certains groupes religieux. Néanmoins, les grands patrons n’abordaient guère que l’accessoire de la vie ouvrière. ils furent vainement adjurés, par La Tour du Pin et son école, de considérer l’essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils avaient dans la tête tout ce qu’il fallait pour n’y rien comprendre. Le mouvement révolutionnaire du xvIIIème siècle n’avait pu établir en France aucun ordre viable par la faute de ses idées directrices. Ces idées lui ont survécu. Elles sont purement négatives. Qu’elles soient ingérées à dose massive ou infinitésimale, elles ont la seule vertu de critiquer et d’insurger, non de composer, non d’organiser. il y eut un ancien régime, il n’y a pas de régime nouveau, il n’y a qu’un état d’esprit tendant à empêcher ce régime de naître &amp;lt;ref&amp;gt;Cf. ''Trois idées politiques, Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve''.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La Tour du Pin avait affaire à un obstacle mental et moral plus fort que la passion et même que l’intérêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pauvre bourgeoisie française ! Sans être toute radicale, comme son législateur orthodoxe, ni socialiste, comme l’ouvrier syndiqué, cette bourgeoisie professe et pratique une dilution du démocratisme révolutionnaire. S’ils en avaient la tête libre, les employeurs ne se tiendraient pas à des œuvres de bienfaisance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils auraient certes engagé et poursuivi, dans de meilleures conditions, leur propre organisation syndicale, mais ces groupes de défense une fois établis, leur situation était assez claire pour leur révéler qu’il n’y avait là que des formations de combat pour la paix sociale, il fallait les compléter par une initiative puissante qui rompît avec les étroitesses de l’individualisme, en surmontât les timidités et rénovât les hiérarchies de l’accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Était-il difficile de comprendre la nécessité d’une association générale qui réunît tous les facteurs humains de la production? Non certes pour nier telles puissantes divergences d’intérêt, traduites en querelles farouches Mais pour prendre, de haut, une vue nette et claire de convergences non moins fortes créées par l’immense intérêt commun, - l’objet de leur travail, - le principe de leur vie à tous !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, de l’humble, fût-il très humble, au plus puissant, fût-il très puissant, cette communauté des intérêts peut et doit modérer les contradictions et remettre les oppositions à leur place, qui est subordonnée. L’ouvrier du Fer croit avoir un intérêt absolu à imposer le plus haut salaire possible et le patron du Fer à le refouler aussi bas que possible, mais tous deux ont le même intérêt, et plus fort, bien plus fort, à ce que leur ''partie ''commune, le travail du Fer, subsiste et qu’il soit florissant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autant plus que l’économie industrielle ne joue point dans le vaste cadre de la planète ! La planète n’est pas « ''un » ''atelier, comme l’ont prétendu les Say. Le cadre réel de l’économie, c’est la Nation. Si telle grève ouvrière a fait annuler les commandes étrangères reçues par les patrons français, ces commandes sont transférées à des industries d’outre-Manche ou d’outre-Rhin, et nos patrons ne sont pas seuls à en souffrir : le travail qu’ils ont ainsi perdu l’a été aussi pour nos ouvriers. Les uns sont privés de bénéfices, les autres de salaires. Si la grève de nos mines oblige à importer du charbon, salaires et bénéfices, perdus chez nous, sont regagnés à l’Étranger sur nous. Bref, ouvriers français, patrons français, nous perdons, et gagnons ensemble : toute guerre des syndicats patronaux et ouvriers rencontre sa limite nécessaire dans l’intelligence de leur sort commun, soumis au commun dénominateur national. Que la discipline en soit méconnue ou masquée, cela peut être l’effet accidentel des événements, des systèmes et de leurs conflits ; il n’en est pas moins prodigieux que, ni du premier étage patronal, ni du rez-de-chaussée ouvrier, personne n’ait élevé, avec le ton et l’éclat de voix qu’il fallait, un cri naturel de pitié, de salut et de paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment l’un ou l’autre des intéressés ou chacun d’eux n’a-t-il point dit, redit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Si nous devons lutter entre nous, ne luttons que jusqu’au point où la lutte deviendrait mortelle, où il devient vital de suspendre les hostilités pour nous aider et nous réunir. En admettant que nos unions ~ classe aient eu ou gardent leur raison d’être, complétons-les par des unions de métier. A ces vastes classements horizontaux des patrons, des techniciens, des employés et des ouvriers, comparables aux bandes de la latitude terrestre ajoutons des classements verticaux pour communiquer entre nous, pour organiser nos contacts continus, pour régler ces échanges de vues normales que réclament la nature et l’objet de nos industries : fuseaux de longitude sociale trouant et traversant les épaisses couches stratifiées de l’antipathie et de l’ignorance mutuelle pour les communs labeurs de l’économie du pays. Nos divisions conduisent a la ruine totale de la Maison française. Il faut associer ses forces qui convergent. Associons sans exception depuis les plus simples manœuvres, les suprêmes grands chefs, leurs collaborateurs de tous rangs, et, dans la vérité de la vie nationale, assurons-nous les occasions et les moyens de débattre l’ensemble et le détail de nos intérêts! Cet organisme latéral doit devenir, soit aisément, soit difficilement, mais très sûrement, fraternel. Pourquoi pas ? L’Union du Syndicat est étroite et directe, elle le restera. Il peut y avoir une autre union large et durable aussi, comparable a ces unions territoriales qui rassemblent pauvres et riches, dirigeants et dirigés, dans le corps et le cœur d’une même patrie. Ce sera la Corporation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette perspective vaut bien un armistice intérieur. Admettons qu’il n’y’ ait d’abord qu’une trêve, et courte. Soit! Après avoir traité une fois, on traiterait deux et trois fois. Puis on viendrait a causer de bonne amitié et la guerre impie cesserait d’être endémique, systématique. Les conditions de paix sociale seraient discernables. Entre membres du même corps, rien ne prouve que les guerres seules soient naturelles. Les entraides le sont aussi. Pourquoi ceux qui peuvent travailler ensemble pour extraire la houille ou souffler des bouteilles ne pourraient-ils pas s’appliquer ensemble a régler leurs difficultés?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Le grand mal de l’ouvrier moderne tient au manque de sécurité? Il n’a rien qui lui soit propre, qui assure son avenir? Des types spéciaux de propriétés peuvent être réalisés pour lui la propriété morale de sa profession, analogue a celle du grade pour l’officier; la propriété patrimoniale commune déjà existante (trop peu) dans le Syndicat, et qui peut être étendue a la Corporation, où, par efforts bilatéraux conjugués, elle servira de symbole et de lien au concours permanent de tous les facteurs moraux de la même industrie auprès du bien syndical et du bien corporatif devront encore naître des propriétés de famille, afin d’ajouter plus de fixité et de durée à un ordre consolidé. Ainsi disparaîtra le prolétariat. Ainsi, le travailleur cessera de flotter dans un milieu étranger. Il sera le citoyen, le bourgeois d’une Cité. Une bourgeoisie ouvrière peut et doit continuer le développement des vieilles bourgeoisies paysannes, industrielles, commerciales et «'' INCORPORER » ''l’ouvrier a’ la société, selon le vœu d’Auguste Comte. Encore une fois, pourquoi pas?... Tout cela s’est vu. Nous ne faisons pas d’hypothèses dans les espaces. Les hommes ont souvent tenté de vivre ainsi, non sans réussites, aussi fameuses que variées. Leur Histoire exprime leur Nature elle n’est point défavorable à ce concordat empirique et, dans le cas nouveau, la science et la puissance de l’homme moderne remettent dans ses mains des instruments d’une efficacité nouvelle, pour créer des états de bien-être et de vie facile plus complets, plus étendus et meilleurs qu’autrefois. Pourquoi ne pas reprendre en le renouvelant ce qui a réussi? Cela ne peut pas échouer, si l’on s’y donne, encore une fois, tête et cœur !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi? Et pourquoi et comment cet appel n’a-t-il pas été lancé? Ou, quand il l’a été, comment n’a-t-il pas été entendu et n’a-t-il pu franchir les limites de la petite province occupée par le groupe avancé des pionniers de La Tour du Pin? Qu’est-ce qui empêcha patrons et ouvriers de recueillir ces voix perdues et de leur faire un juste écho ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Personne, semble-t-il, ne pouvait refuser son attention aux départs de cette espérance : comment ou pourquoi y répugnait-on? S’il y avait des négociations délicates à conduire, qui pouvait hésiter à les ouvrir ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui pouvait en rejeter, en principe, l’examen ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Démocratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle seule, mais son action est présente partout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie occupe l’État législateur par son gouvernement divisé et diviseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie travaille, menace, obsède et paralyse son patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie excite et agite son prolétariat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au programme de réformes qu’on vient de lire et qui tend à la paix, la démocratie a rédigé le sien, qui tend à la guerre. Maîtresse d’une vaste portion du monde ouvrier, elle y a pour ainsi dire ''soumissionné ''une entreprise du type guerrier, tel que le postule sa pensée la plus générale ''soumettre toute chose à l’établissement de l’égalité ; pour égaliser, désorganiser.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le Nombre démocratique vise a construire une société formée d’unités égales, qui ne peuvent pas exister. Le Nombre démocratique vise ainsi à détruire la société fondée sur des groupes inégaux seuls capables de vie et qui existent seuls.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie est guerrière. Elle fait battre les partis politiques, en émettant la paradoxale promesse de tirer un état stable et paisible de la bataille indéfinie, que prescrivent sa Constitution et sa Loi ; elle prétend ordonner et organiser le travail en allumant entre les divers facteurs du travail un système régulier d’inextinguibles inimitiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, un jour ou l’autre, la démocratie sociale fait comme la démocratie politique elle finit par avouer qu’il ne s’agit ni de paix ni de traité. Elle fera la guerre jusqu’à ce que la guerre cesse faute de combattants, le combattant non prolétaire étant éliminé par une dictature du prolétariat qui ravisse à tout ce qui n’est pas prolétaire le pouvoir politique, la puissance économique et, sans doute, comme en Russie, la vie elle-même, tous les biens du défunt étant alors destinés à une répartition présumée égale par la mise en commun des moyens de leur production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette mise en commun vaudra ce qu’elle vaudra, car ou bien l’outil tombera des mains de l’ouvrier, ou, comme en Russie encore, il produira des biens variables et inégaux, selon sa force, son application, son habileté, son savoir. Le « droit »égal ne tiendra pas longtemps devant le « fait» de l’extrême, de l’infinie inégalité physique et morale des coopérants-copartageants. On peut parler avec le sourire de la très improbable durée des effets de cette improbable répartition égalitaire. Hors de Russie, où l’épreuve est faîte, ce n’est qu’un avenir posé sur les genoux des dieux ! Dans la démocratie sociale, l’actuel, le vivant, n’est pas là. Sa vie consiste essentiellement dans sa passion, qui n’a rien de social ni d’économique, passion toute politique et morale, ou, Si l’on préfère, impolitique et immorale car elle pousse violemment nation et civilisation à leur chute finale, par une « lutte finale » sans merci, - sa passion de l’égalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour entretenir cette lutte, les politiciens de la démocratie sociale, habillés en docteurs, se sont appliqués à la justifier. Le temps a beaucoup dégradé leurs premiers arguments. Il n’est plus possible de soutenir, comme il y a soixante-dix ans, que les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Le cours des choses nous a valu d’autres malheurs non celui4à. Dans l’enrichissement du monde, une épargne généralisée, les diffusions de la richesse mobilière, la fiscalité au service des non possédants et au détriment des autres, la division et la spoliation des héritages, l’avilissement de la propriété rurale, ont dessiné une ou plusieurs évolutions toutes différentes de celle qu’annonçait la fausse « loi d’airain ». Sauf des crises de chômage dues à des accidents locaux et temporaires, presque tous politiques, on vit en travaillant, et nul n’est réduit à l’extrémité quarante-huiteuse de mourir en combattant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a vu décliner et faiblir de même un autre illustre moyen dé justifier de sanglantes prédications. Nulle loi de l’histoire universelle ne dévoue les classes à se combattre incessamment. Cela s’est vu. Parfois. Souvent. A certaines époques. En certains lieux comptés, déterminés. Le combat des riches et des pauvres est un épisode final des régimes démocratiques. Mais ce régime n’est ni perpétuel, ni universel, le conflit des classes n’est pas assez étendu, ni assez important pour expliquer au présent, au passé, au futur, toute la marche du genre humain, ni même pour donner la clef de ses principales démarches. Cette loi est imaginaire. Elle est fausse. Et elle a empêché de distinguer la vraie. Car, tout autrement grave et étendu a été l’autre antagonisme tout différent, qui se produit de façon immanente, non pas de classe à classe, mais à l’intérieur d’une classe, - toujours la même, - celle qui dirige ou domine Aristocratie ou bourgeoisie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ici ou là, peuple maigre, peuple gras peuvent se chamailler un temps. Partout le peuple gras s’est fait la guerre à lui-même. Partout et dans tous les temps, il suffit que s’élèvent de grandes maisons, les voilà aux prises : l’univers des oligarchies est une Vérone éternelle que ses Montaigus et ses Capulets se disputent avec une constante fureur. On n’y voit de paix que par la force, et qui vient du dehors, sauf dans les circonstances extrêmement rares qui ont permis la naissance des Patriciats impériaux de l’histoire. Qu’elles soient de l’Or, du Sang ou de l’Intelligence, les élites ont cette propriété de se déchirer jusqu’à ce que mort s’ensuive. La ''lutte des classes '' ne saurait expliquer la continuelle bataille intestine que se livre cette classe. C’est au contraire sa propre bataille, la bataille interne des patriciats, qui suscite l’action des plèbes contre elle-même ces soulèvements sont presque toujours conduits par des patriciens déserteurs de leur classe et animés contre leurs pairs des rancunes féroces que leur guerre de frères a déjà semées ou stimulées. Les Gracques étaient la fleur du patriciat de Rome. Le dernier dictateur populaire, Jules César, descendait d’Iule, d’Énée, de Vénus. Cela s’était montré dans Clisthène et dans Périclès. Cela se retrouve dans tous nos Rois des Halles, dans tous nos Mirabeau. Cela se continue sous nos yeux dans tout ce mauvais petit peuple de ploutocrates démagogues, d’avocaillons radicaux, socialistes et communistes, nés de bourgeois et de bourgeoises que leurs convoitises et leurs jalousies de bourgeois ont mobilisés contre leur bourgeoisie. Ainsi considérées, les luttes des classes paraissent beaucoup moins spontanées qu’elles n’en ont l’air : l’initiative leur vient d’ailleurs et elle accuse un fréquent caractère d’artifice politique très pur...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et puis, ''les classes! Les classes! ''La très petite chose en comparaison du grand fait de nature et d’histoire qui ne fût jamais né sans un accord supérieur entre les classes : général, total, consistant, résistant, - les ''Nations!''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c’est au nom du pauvre mythe de la lutte des classes qu’on rêve de démembrer cette organisation verticale des Nations au profit d’une alliance horizontale et internationale de. Classes I Ne disons pas : pot de terre contre pot de fer. Disons : simple pot de rêve I On n’a réussi à créer aucune Internationale. Celle qui existait avant la guerre de 1914 s’y est brisé !Après la guerre, on en a fondé deux, trois, quatre, autant dire : point. Au seul endroit où l’on en ait vu l’ombre, en Russie, ce qui s’est fondé l’a été d’abord par la nation juive dans le cadre d’une autre nation organisée, dans les frontières d’un empire préexistant, et ce monstre n’a pas cessé d’évoluer vers la restauration du National, du Militaire, et, ce qui est encore plus significatif, il s’est mis à décimer les initiateurs de sa Révolution, à emprisonner et massacrer tant qu’il a pu ses Juifs, seul et unique ciment de l’Internation. Puis est venu le Panslavisme. Puis le Panrussisme. Regardons chez nous, même histoire. A peine installé au gouvernement, un petit ramas de Juifs, socialistes et communistes, impose les dépenses militaires auxquelles leurs journaux n’avaient. cessé de s’opposer depuis cinquante ans et pour lesquelles leurs députés n’avalent jamais voté un centime ; quand il s’est agi d’expliquer la pali­nodie, leurs rhéteurs s’intitulent un « Gouvernement national» - « dans le sens élevé du mot »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les antinationaux confessent ainsi que les Nations correspondent à des nécessités de nature qui sont autrement fortes que tous leurs bavardages, puisqu’elles les emportent et les roulent, eux qui refusaient de les accepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a rien qui soit plus sérieux dans les autres formules par lesquelles la démocratie sociale tente d’excuser sa pernicieuse bataille. Ces formules, qui n’ont d’abord rien de social, sont les monotones mots d’ordre de politiciens révolutionnaires en faveur de l’utopie de l’égalité. On y condamne, pour immoralité, le profit : dès lors la pure obéissance au Devoir ou le pur Amour seront-ils les anges du travailleur? C’est qu’on espère qu’ainsi il travaillera peu, ne s’appliquera pas, ne fera point d’épargne, ne se perfectionnera pas, bref ne sortira pas de sa classe et restera rivé, solidement rivé, au sentiment de l’éternité de son mal : les bonnes aigreurs, les utiles colères, les profitables envies continueront de fermenter pour les politiciens qui en tirent leur gagne-pain. Lassalle voulait apprendre à l’ouvrier qu’il était malheureux. Ses successeurs tiennent à le rendre tel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par les mêmes mots d’ordre, le travail de l’ouvrier ne doit p’. être rémunér6 aux pièces qu’il produit, mais soumis à la mesure du temps qu’il y donne. C’est absurde? C’est absurde pour l’homme, qui en est la victime, pour l’industrie qui y perd liberté et qualité, pour la nation, dont c’est la ruine. Mais la raison démocratique est satisfaite d’élever une difficulté de plus contre l’ouvrier qui voudrait mettre le pied sur l’échelon supérieur du métier ou de l’art. On neutralise ainsi ou l’on atténue ses qualités personnelles, son habileté spéciale, tout ce qui peut lui valoir quelque promotion à l’autorité et à la fortune. Ces évasions lui sont moralement interdites. Le seul exutoire permis est donc la politique. Par le syndicat, la tribune, le journal, des camarades pourront devenir conseillers municipaux ou généraux, députés, sénateurs, ministres, présidents mais patrons, non, jamais. On leur enseigne que c’est impossible. On a soin d’ajouter que ce serait suspect. Lorsque, par hasard, ce qui ne doit pas arriver arrive, quand l’ouvrier passé maître devient directeur et capitaliste, il est étiqueté transfuge ; il se voit inculpé d’une sorte de trahison. Ce qui n’empêche point, comme cela s’est vu dans le Nord, qu’un grief bizarre sera fait à ses enfants et petits-enfants de ce qu’ils ne sont pas sortis de la cuisse de Jupiter : - ''Vos grands-parents ont été vus dans la mine ou près du métier... ''Ils eurent donc moyen de quitter leur rang de damnés de la terre? de grimper au mât social? d’y décrocher une timbale? La loi des choses est donc un peu moins inhumaine que vous ne le disiez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ces observations cent fois faites, notre folle jeunesse aimait à répéter que ''le socialisme n’est pas socialiste. ''Non. ''Mais il est bien démocratique. ''Car ce qu’il est et ce qu’il fait ne peut tendre qu’à multiplier ou compliquer les obstacles matériels au règlement ''social ''de la question ''ouvrière. ''Telle est la fonction de la démocratie sociale. Tel est son métier. Il lui faut maintenir la guerre sociale : sa guerre. Elle exclut par définition tout régime corporatif, car c’est un régime de paix. L’ouvrier qui en est tenté est un renégat ; le patron qui y incline, un hâbleur. Pourquoi? Parce que la différence des valeurs, des étages et des conditions n’est pas contestée en régime corporatif. La corporation viole le principe essentiel, non d’un socialisme logique et honnête, mais de l’égalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la même raison devra être proscrite la maxime de coopération sociale articulée par Auguste Comte, que jadis admirèrent et pratiquèrent les « nobles prolétaires » de son obédience : « ''Protection des forts aux faibles, dévouement des faibles aux forts. » ''Les anciens corporatistes du Livre passaient pour avouer ce principe. ils semblaient même penser avec un pape&amp;lt;ref&amp;gt;Léon XIII.&amp;lt;/ref&amp;gt; « ''qu’il n’est pas d’homme si riche qui n’ait besoin d’un autre ; qu’il n’est pas d’homme si pauvre qui ne puisse en quelque chose être utile à autrui'' ». En ces temps pastoraux le Socialisme revêtait une forme humaine, que la démocratie ne dénaturait pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Il se faut entraider, c’est la loi de nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pas d’entraide&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, surtout, pas de ''loi de nature !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La démocratie sociale prêche un égalitarisme contre nature d’après lequel le fort doit insulter au faible, et le faible haïr le fort.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même volonté de nourrir cette haine, pour perpétuer ce combat frappera de la même diffamation tout don gratuit qu’inspirerait au patronat sa religion ou sa bonté. L’ouvrier a le devoir de refuser ces dons, c’est affaire de ''dignité''. Comme s’il pouvait être indigne de recevoir de bon cœur ce qui est offert de bonne grâce! Mais le donateur éventuel doit toujours être considéré en voleur. Voleur double et triple : il vole la Société (dans ses plus-values), il vole le travailleur (dans son profit), il vole la démocratie (dans l’arrêt de la lutte). Et ce voleur de choix n’a même pas le droit de se repentir, ni de restituer, sinon au percepteur, au gendarme et à l’émeutier! Toutes les œuvres dues à la bonne volonté patronale sont qualifiées ''«paternalistes » ; ''flétrissure qui marque une ho~i1ité radicale à toute extension et à tout développement de la magistrature du père de famille dans la vie sociale. Ne trouvez-vous pas que ce vocabulaire d’inimitié va loin ? il trahit bien l’opposition logique des docteurs de la démocratie au premier arrangement social qui entoure de générosités mouvantes le petit homme-roi dès la minute et la seconde de son avènement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur école entière doit se mettre en bataille contre tout ce que le Système de la Nature peut comporter de propice et de bienveillant. Au dogme roussien de la bonté originelle du cœur de l’homme, s’ajoute ici la conviction frénétique d’une méchanceté foncière du Monde et de la Vie : l’un et l’autre doivent être tenus pour dressés et hérissés contre le genre humain. Le fond de leur doctrine équivaudra au dénigrement régulier, à la calomnie générale de l’Être. Ces maîtres nomment loi des choses ce que bâcle et décrète leur artifice hostile, intéressé : ne leur faut-il pas que le plus fort paraisse nécessairement conduit à s’arroger, partout et toujours, tout profit? ne faut-il pas que le plus faible semble perdre, partout et toujours, au jeu de la vie? Mais si cela est vrai, comment le petit homme nouveau-né obtient-il, ''gratis pro Deo, ''l’accès immédiat à ce qui lui est nécessaire dans le capital ambiant?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les démocrates libéraux radotent. ils prétendent ou sous-entendent qu’il suffit de laisser faire les éléments aux prises pour en voir jaillir la solution excellente, ou la moins mauvaise possible. Les lois du monde ne sont pas Si douces! Toutes nous administrent des effets aussi souvent rigoureux que délicieux. Mais leur ordre constant n’est pas ennemi de l’homme, et l’homme a la vertu d’extraire le bien de ce qui peut d’abord lui faire du mal. Cette noble industrie de nos courages et de nos esprits vaut mieux que les diatribes ou les jérémiades et surtout que le dogme de fatales plaintes perpétuelles sur d’inguérissables malheurs. L’effort humain est dur. Sa peine méritoire doit être fermement constatée, comme son succès, face à l’arrogante satisfaction qui gonfle un optimisme aveugle, borné, cruel, toujours vaincu. Ni les démocrates libéraux, ni les démocrates sociaux, ceux-ci pleurant, ceux4à riant, ne parviennent à légitimer leur monisme simpliste qui leur fait oublier une moitié des choses. Les uns ni les autres n’entendent rien à la dualité profonde qui semble le rythme ordinaire et extraordinaire de l’univers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, quand on se laisse aller au cours des idées-mères, est-on entraîné à des généralités presque extérieures à la Physique des sociétés. Mais les faits prochains concordent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
très suffisamment à révéler la cause politique lumineuse, essentielle, des conflits sociaux auxquels nous assistons démocratie! démocratie!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quiconque perd de vue cette lumière est voué aux pires méprises. On entend tous les jours blâmer le Communisme et il est fort à blâmer. On s’en prend au Socialisme, et le Socialisme est, à juste titre, répréhensible. Mais ce qui est essentiellement à reprendre en eux est un point qui leur est commun, et le même point induit un troisième parti, le parti radical libéral, à son Étatisme, animé du même esprit de répartition égalitaire et non moins ennemi de l’homme que les deux autres systèmes : dans les trois cas la même aspiration au nivellement fait nier ou fait combattre, en les faisant haïr, tous les apaisements naturels et positifs, donc inégaux de forme et de matière, qui ''peuvent ''être proposés, étudiés et obtenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les trois cas, à des degrés de crédulités variées, éclate cette foi que nulle vie ne puisse être heureusement ni honorablement vécue que par l’égalité. Mais, tôt ou tard, éclate l’évidence du fond unique de la triple erreur générale qui jette dupes et victimes au fanatique préjugé d’une bataille sans issue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est que le grand mal ne vient pas du Communisme, ni du Socialisme, ni de l’Étatisme prétendu radical, mais de la démocratie. Ôtez la démocratie, un communisme non égalitaire peut prendre des développements utiles, à la lueur d’expériences passées : les biens communaux ont été plus fréquents dans la vieille France que dans la nouvelle ; de même, les communautés possédantes ; le cénobitisme des congrégations religieuses a poussé à l’extrême divers modes de possessions non appropriées, mais que dominait le détachement des biens matériels et non la fureur de l’égalité dans la répartition ou la jouissance. Pour la même raison, un Socialisme non égalitaire conformerait son système de propriétés syndicales et corporatives à la nature des choses, non à des utopismes artificieux. Un Étatisme non égalitaire peut avoir les mêmes vertus...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi ! l’État ! — Oui l’État ! Mais quel État ? Non l’État de la démocratie, simple pillage universel, où chacun se rue et dont personne ne retire que des débris. l’État du bien public peut concevoir telle ou telle entreprise déterminée qui l’intérêt national justifie. Quand Louis XIV fondait les Gobelins, nulle maxime ne l’astreignait à généraliser le système, ni à le prolonger s’il eût été trop onéreux. il usait de la puissance de l’État, sans s’astreindre à nul étatisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans toute tentative de régler la question sociale, l’ablation préalable de la démocratie s’impose exactement comme les précautions de l’asepsie dans le traitement d’une plaie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le ''morbus democraticus ''disparaîtra le scandale régulier du patronage et du stimulant que donne l’État à tous les moindres cas d’antagonisme social, aux plus superficiels, aux plus artificiels que sa loi veut étendre et envenimer à plaisir. Délivrées des idées, des sentiments, des factions de la démocratie, les bonnes volontés existantes recouvreront la liberté de leur mouvement, les esprits cesseront de subir de systématiques tensions ; les animosités artificielles, nées à l’instigation des politiciens, pourront tomber, s’atténuer et composer. Les arrangements désirables ont licence de se conclure ou de s’élaborer. Ce qui n’est point fatal mais possible, LE BIEN, s’essaiera et se poursuivra ; parfois, il se fera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce bien renaît le long des frontières françaises. Les politiciens des démocraties vaincues ont dû réfugier chez nous leur désespoir. On comprend la fureur des Sturzo, des Nitti, des Labriola ! Qu’est-ce, en effet, que le fascisme ? Un socialisme affranchi de la démocratie. Un syndicalisme libéré des entraves auxquelles la lutte des classes avait soumis le travail italien. Une volonté méthodique et heureuse de serrer en un même « faisceau » tous les facteurs humains de la production nationale : patrons, employés, techniciens, ouvriers. Un parti pris d’aborder, de traiter, de résoudre la question ouvrière en elle-même, toute chimère mise à part, et d’unir les syndicats en corporations, de les coordonner, d’incorporer le prolétaire aux activités héréditaires et traditionnelles de l’État historique de la Patrie, de détruire ainsi le scandale social du prolétariat. Ce fascisme unit les hommes pour l’accord : il fait jouer les forces naturelles ensemble, assure les fonctions sociales les plus variées avec l’aide des grands et l’aide des petits, tous les ouvriers de la même production étant classés par rapport à son objet commun et non par rapport à l’état, à la condition et à la place personnelle du sujet, quel qu’il soit : il redevient possible de se parler entre citoyens, et, en effet, ils se parlent au lieu de s’injurier. L’État national invite à l’amitié et à l’union au lieu d’exciter à la haine et à la division comme le fait et doit le faire l’État démocrate électif. Rien ne défend d’espérer que de bonnes habitudes s’ensuivent et que la cordialité revienne se couler dans les rapports sociaux jusque-là dominés par un antagonisme envieux. Car tout est là ! Ou presque tout. Un des initiateurs du syndicalisme agricole en France, Gailhard-Bancel, disait que la principale condition de ses succès a toujours tenu à un esprit de bienveillance et d’amitié, dû le plus souvent, dans sa catholique Ardèche, au sentiment religieux. D’autres sentiments peuvent jouer de même : le patriotisme, le civisme, l’esprit de bon voisinage, que sais-je ? Mais pour que de telles impulsions prennent le dessus, il faut que le virus sécrété par les luttes de classe et de parti soit éliminé radicalement : l’État démocratique, la Démocratie sociale doivent périr. Cela ne va pas sans des « opérations un peu rudes » contre les agitateurs de métier. Tout régime électif et parlementaire, par ses convulsions révolutionnaires légalisées, crée une tribu d’ardélions active et vorace : on ne peut lui arracher sa pâtée que de force. Il a fallu en Italie une dictature. Le génie de la dictature et du dictateur a calmé, pacifié, ranimé un pays qui hésitait entre la les fièvres et les langueurs. Il a rendu à son destin une race intelligente, patiente, courageuse. Il a réussi plus d’une fois à retourner, en l’adaptant au bien commun, ce qui eût pu le desservir. Quelques profondes différences qu’il faille faire entre la centralisation adoptée par l’Italie, dont l’unité date de 1870, et les libertés locales dues à un pays aussi anciennement unifié que le nôtre, nous devons voir cette évidence : par le fascisme, le grand dégât ommuniste et les déceptions renaissantes du socialisme ont été épargnées à la péninsule, et il est absurde de soutenir que c’est au prix de l’écrasement du peuple. Le peuple ouvrier italien jouit depuis longtemps d’un statut que n’a point le nôtre. Une grande part y est faite, comme de juste, aux défiances humaines toujours en éveil, et qui ont raison de l’être : le régime s’attache à établir et à consolider la garantie des foyer modestes au moyen de Contrats solides. Mais les mêmes Contrats pourraient gagner ou perdre beaucoup de leur efficacité matérielle suivant l’esprit qui les détermine et le moral qui les anime. Or, l’élan naturel de l’amitié des hommes est ici reconnu, encouragé, primé, la Politique va d’accord avec la Religion pour prêcher l’amour du prochain, c’est-à-dire du plus proche de nos semblables, dans la rue, dans la ville, dans la province, dans l’État, le genre humain ne pouvant venir qu’en cinquième lieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Devant les résultats de cette politique de la ''main tendue'', il est normal que les démocraties, ayant adopté la formule du ''poing tendu'', se soient donné pour mot d’ordre commun « l’antifascisme » : leur plus grand intérêt vital est d’empêcher tout faisceau national de se former pour éteindre ou réduire les compétitions dont elles vivent.''' C’est pourquoi je conclus que nul ordre social ne naîtra ni ne pourra naître si l’on ne commence par arracher le monde ouvrier à la démocratie, après s’y être arraché soi-même, j’entends le bourgeois, beau premier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce pronostic n’est pas nouveau. On savait ce que l’on disait voilà déjà quarante ans&amp;lt;ref&amp;gt;Dès avant l’''Enquête sur la Monarchie''.&amp;lt;/ref&amp;gt; quand on ramassait l’expérience de ses aînés et ses réflexions personnelles dans la double maxime ''que la démocratie est le mal, la démocratie est la mort''. Seulement Cette mort devient tragique, ses prodromes s’annoncent cruels. Partout où le travailleur est induit à désorganiser et à briser ce dont il devrait vivre, l’absurdité du procédé, plus ou moins connue et sentie, crée des mélancolies, des amertumes ou des colères. Le sens, l’esprit de ce régime contre nature ont fini par faire surgir, chez nous, tout comme en Russie et en Espagne, des états de passion fanatique assez nouveaux, définis par un goût poignant du carnage pour le carnage, souvent suivi de désirs d’anéantissement qui ne s’accordent point mal avec les tendances au suicide et à la stérilité. La race et les êtres s’abandonnent du même élan que les cœurs irrités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Nature de l’Être social et vivant, que le Niveau défie, est ainsi détestée. Elle est haïe et poursuivie jusque dans les merveilles par lesquelles l’homme éphémère tente de se survivre. Les hordes qui psalmodient « ''du passé faisons table rase'' », après avoir vidé les armoires et brûlé les greniers, mettent à sac tout ce dont le génie, les arts et la science ont voulu décorer l’avenir vu en rêve ; statues, tableaux et monuments tombent sous la hache et sous le marteau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces frénésies peuvent surprendre, en ce qu’elles marquent un âge de subversions exceptionnelles, mais aussi en ce que leur épidémie a quelque chose d’étranger à notre Occident. Ce dernier point est le plus grave : toutes les fortes crises modernes ont un caractère oriental ; bibliques par leur esprit ou juives par leur personnel au XVIème siècle, la Réforme allemande, la Réforme anglaise, la Réforme française, puis, aux XVIIIème et XIXème siècles, les trois révolutions de la France, entre la Terreur et la Commune, enfin, au XXC, les convulsions de Moscou, de Bude, de Madrid et de Barcelone montrent ce même trait, plus ou moins vif, mais foncier, elles expriment soit un hébraïsme intellectuel, soit les actes d’Hébreux de chair et d’os. Cela n’est douteux ni pour Luther, ni pour Knox, ni pour Calvin, ni pour Jean-Jacques, ni pour Marx, ni pour Trotsky, ni pour leurs disciples russes, hongrois ou ibériens. Un spectateur désintéressé, M. Henri Béraud, écrit à un ami juif : « Peut-on se rappeler sans frémir que le premier chambardeur de la Russie s’appelle Kerensky ; que la chambardeuse de l’Allemagne s’appelle Rosa Luxembourg ; que le chambardeur de la Bavière s’appelle Kurt Eisner ; que le chambardeur de l’Autriche s’appelle Otto Bauer ; que le chambardeur de la Hongrie s’appelle Bela Kun ; que le chambardeur de l’Italie s’appelle Claudio Trèves et que le chambardeur de la Catalogne s’appelle Moise Rosenberg » et que tous « ''ont un maître unique, Marx ?'' » '''Agitateurs ou idéologues, ou les uns et les autres, attestent la même pression violente de l’Orient sémite sur un Occident qu’elle dénationalise avant de le démoraliser. Ce messianisme de Juifs charnels, porté au paroxysme par sa démence égalitaire et qui prescrit de véritables sacrifices humains, a tout osé pour imposer une foi absurde et, quand vient l’heure du désespoir inéluctable, l’énergumène juif casse tout.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il ne faut pas oublier qu’en avant du brutal éclat juif, une patiente politique, non moins juive, avait agi en profondeur par voie d’érosion. Les deux travaux s’expliquent l’un par l’autre, se complètent l’un l’autre, l’Évolution a savamment préparé la Révolution, et cela fait comprendre le mot-limite de Joseph de Maistre : SATAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== 6. Où vont les français ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, les Démocraties dépérissent sur bien des points; presque partout, la Révolution est vaincue, vaincue avec l’amour du mal et de la mort, par ces ardentes faims de vivre qui animent l’Être réel ; le Marxisme russe lui-même paraît fléchir, il compose avec la même sorte de nationalisme russe : les Français ont quelque peine à comprendre que leur pays puisse rester exposé à tant de menaces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France a été la première des nations à subir aveuglément un mal qu’elle appela son bien, mais la première aussi à l’analyser, pour lui rendre tous ses tristes noms véritables. La Renaissance française des idées de salut a rayonné sur le monde comment n’a-t-elle pas donné, pratiquement, son effet politique et social par toute l’étendue de notre pays?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne minimisons pas ses effets. Dès la fin du XVIIIème siècle, les plus hautes leçons de politique naturelle ayant été émises chez nous, les progrès de leur influence n’ont pas cessé. Elle est allée en s’étendant et en s’approfondissant. « '' Tout ce qui pense dans la mesure où il pense ''» en terre française, s’est naturellement mis à penser contre la mort de la Société et contre la mort de l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore eût-il fallu que cette pensée pût se diffuser. Dans un pays où les idées eussent circulé sans contrôle, ''l’afflux ''de la lumière aurait été irrésistible : catholique. et positiviste de la Restauration, historiens du Second Empire et de la Troisième République, avaient achevé d’élaborer un corps de doctrines sans réplique. On n’y a jamais répliqué. Mais l’intérêt hostile a réussi à fabriquer de bons écrans ou de fermes barrages pour en arrêter la marche ou la ralentir. « ''Moyens matériels», ''dont Auguste Comte, mort en 1857, pouvait déjà se plaindre avec justice &amp;lt;ref&amp;gt;Ces moyens matériels sont devenus, en 1944-1945, les massacres, les vols, l’emprisonnement. [Note de 1952]&amp;lt;/ref&amp;gt;. La vérité se heurte à la consigne d’un État électif : à la merci des votes, il ne peut négliger de se défendre dans la tête et le cœur des votants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par là, un curieux divorce s’est produit et accru, depuis une trentaine d’années, entre les groupes populaires les plus assujettis à l’État et toute la partie de l’intelligence de la Nation qui, plus libre, a pu et su examiner les idées reçues en matière d’histoire, de morale et de philosophie politique. Cette réaction ~ même claire et forte dans l’Enseignement d’État aux degrés secondaire et supérieur : les professeurs de lycée ou de faculté y prennent une large part en raison de l’indépendance naturelle de leurs fonctions. Mais l’école primaire y est restée presque complètement étrangère, et l’on peut même dire qu’elle y demeure soustraite : elle ne connaît à peu près rien de ce vaste mouvement critique. Son personnel, formé dans une espèce de bercail, ou de séminaire laïque, intitulé École Normale d’instituteurs, est dressé pour une sorte de sacerdoce et d’apostolat en faveur de l’héritage idéal de la Révolution. Ses livres du maître, ses manuels d’étude y retardent d’un demi-siècle. Toutes les corrections déterminées par des esprits aussi laïques et aussi libres que Renan ou Fustel ou Taine ou Bainville en sont écartées avec soin. La Contre-Révolution spontanée qui a rayonné de France dans l’Europe et le monde s’est arrêtée lu seuil des quatre-vingt-dix maisons chargées de maintenir, département par département, une Dogmatique ignorantine, alimentaire, officielle. Par ces nouveaux lévites, la « masse » du peuple conserve, malgré tout, un vague conformisme aux Nuées. Des idées méprisables et périmées, des institutions criminelles continuent d’être étiquetées le pain et le vin d’un progrès continu. L’instituteur le dit, le petit élève le croit. Sans doute, bien souvent, un généreux oubli postscolaire fait justice de ces faux biens. Souvent I Bien heureusement Non toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la petite école, la petite presse est pareillement aux ordres du même Dogme intéressé. Cette presse a pour fonction d’exploiter, en faveur de la démocratie, un curieux lot de quiproquos, nés de plats calembours. Notre vieux peuple a les mœurs de l’indépendance. Il se tournait jadis vers le Roi par horreur de l’oppression, qu’elle fût cléricale, seigneuriale ou bourgeoise. Pas plus aujourd’hui qu’hier, l’oppression politicienne ne peut l’enchanter. I’ réagit contre elle partout où il la sent. C’est pourquoi l’on s’applique à l’empêcher de la sentir. Et le succès du narcotique n’est pas nul. Mais, là encore, non toujours, il arrive que la vertu des mots ne pare pas à tout. Elle s’épuise même. La Liberté? Soit, mais de qui? Celle des escroqueurs de l’épargne publique? La Liberté de quoi? Celle d’escroquer? On réplique bien que la liberté générale est toujours défendue tant que les élus du vote sont députés au gouvernement. Cela est cru, jusqu’à un certain point, mais pour une raison qu’il faut démêler : notre député d’arrondissement est l’agent d’une protection devenue nécessaire contre la centralisation administrative et l’uniformité de ces règlements napoléoniens dont la France n’a pas £~m. de souffrir un régime absurde requiert l’absurde remède électoral, qui le fraude : la France éclaterait Si le paysan, le commerçant, l’entrepreneur, le petit rentier, n’avaient des espèces de commissionnaires parisiens qui, nommés en apparence pour faire de. Lois, ont pour office de courir, au compte de leur clientèle, les antichambres des ministres et les directions des grands services publics : c’est ainsi que respirent nos prétendus citoyen. sous le poids d’une Bureaucratie oppressive. Néanmoins., quand, par la même occasion, le député a fait sa loi, en général tout de travers, son électeur comprend qu’il y doit obéir exactement comme à la loi d’un Roi ou d’un Empereur : celle-ci ne serait pas plus impérieuse. Le mot de liberté écrit sur le mur n’y fait rien. Le mot d’égalité n’empêche pas non plus que le grand électeur local ne soit un personnage supérieur et redoutable. Tout ce verbiage est impuissant à masquer la mauvaise qualité du gouvernement constitué par les incapables qui, en moins de soixante-dix ans, ont produit plus de cent ministères successifs, dont chacun comportait une vingtaine d’hommes entre lesquels la responsabilité divisée à l’infini et ait pratiquement dissoute. Mais justement ces successions rapides associées à cette irresponsabilité ont créé l’habitude de fausses sanctions, grosses de scepticisme et d’indifférence. La comédie des changements a fait qu’on se résigne avec un fatalisme facile aux pires malfaçons ! On les sent. On en souffre. S’en souvient-on ? Les rattache-t-on à leur cause ? L’intelligence peut habiter les individus, mais un peuple a besoin de faire un grand effort de son Collectif cérébral, toujours faible, pour que, s’il a démêlé les origines de telle guerre longue et sanglante, ou même de telle grosse perte d’argent, cette cause lui reste présente et le retourne entièrement contre un régime politique déterminé. Les politiciens ne manquent ni d’adresse ni d’activité pour donner le change au passant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ont longtemps réussi à faire sonner haut la gloriole d appartenir à un Etat sans chef t Mais on commence aussi à se dire ''pas de'' ''chef, pas de direction, quel dommage !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sentiment de doute et d’insatisfaction a fini par naître et gagner peu à peu. Un nombre important de Français s’en est ému. Beaucoup de gens comprennent que le prétexte de ''sauver les libertés publiques ''établit le despotisme d’un parti et assure l’immunité des camarades prévaricateurs et concussionnaires. Cette clairvoyance est devenue forte sur certains points. Ailleurs, elle cherche encore son expression directe ou sa vertu brisante. En dépit du mol optimisme prêché par les journaux du régime et qui compose une rare puis­sance d’abrutissement, le mécontentement qui grandit doit en venir à rejoindre l’intelligence contre-révolutionnaire dont les développements, jamais arrêtés, sont même en plein essor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’opinion officielle le nie, en se fondant sur un état d’indécision et d’apathie qu’elle condamne à ne jamais cesser. Mais les apathies sont secouées par l’inquiétude des intérêts ; les indécisions cèdent à la terreur des grandes crises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reste vrai que la sécurité du Parti régnant est moins menacée qu’elle ne le serait Si la réaction de l’esprit français avait trouvé le concours puissant auquel elle avait droit dans les milieux qui auraient dû en sentir la grave importance et la haute nécessité. Après des créations comme le Cercle Fustel de Coulanges, qui réunit l’élite des trois degrés de l’enseignement, après les avertissements répétés d’un Corps médical nombreux et lucide, l’immense classe moyenne française aurait pu mettre le pays en un état de garde et de défense plus avancé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle ne l’a pas fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi? Cela est dû à des ''causes ''et à des ''raisons.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les '' raisons ''sont les mêmes qui ont déterminé la faute cardinale à la naissance de la question ouvrière elles tiennent à la vieille erreur de la démocratie libérale, devenue une habitude de langage et de « pensée », à laquelle se cramponne plus d’un esprit peu cultivé, de capitaliste, de patron, de grand possédant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les '' causes ''tiennent à la crainte pitoyable que répand et généralise un appareil fiscal, judiciaire et administratif, dont les tracasseries sont arbitraires, faciles et fréquentes. Là, les ''gros ''se font tout petits. A supposer que les « congrégations économiques » asservissent les politiciens, les congréganistes politiciens le leur ont bien rendu ! Quant aux véritables ''petits ''ou ''moyens, ''ceux dont la politique n’est pas le métier, ils n’osent parlez qu’à voix basse de politique. Les Français qui plaignent les Espagnols de la tyrannie policière n’ont pas regardé un peu attentivement ni profondément autour d’eux. L’araignée de l’Etat a tissé parmi nous une toile immense. Mais ce degré d’étatisation nous échappe. Nous sommes insensibilisés quant à lui. Il n’en est pas moins monstrueux. La politique met en suspens de façon indirecte le pain des foyers français, directement l’établissement des enfants, leur carrière trop souvent administrative, les protecteurs qu’il faut ménager, les subventions, faveurs, exonérations qu’il faut obtenir et sans lesquelles on ne vit plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Comités électoraux, les Sociétés secrètes, les fonctionnaires, le monde juif contraignent l’immense classe moyenne à de très honteuses prudences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains bavardages de café et de presse restent libres ou du moins le restaient avant le Front populaire, mais des couches entières de ce peuple ombrageux et fier sont pis que terrorisées : intimidées. Elles s’en doutent à peine. La persécution directe et formelle susciterait une irritation salubre : la menace teste obscure et vague ; elle ne saurait entreprendre sur la liberté de penser, mais elle en limite incroyablement l’expression dans le privé, comme dans le public. Comme on se repent vite de s’être « montré » t Comme, sur les instances de parents et d’amis, on se promet et l’on promet aisément aux autres de ne plus se « remontrer » t Ce césarisme sans César parvient à déviriliser certains secteurs du pays réel, ceux qui sont le plus voisins du pays légal. On ne dira jamais assez quel mal moral nous ont fait là les institutions de l’an VIII! Leur despotisme anonyme est indolore, mais nullement inoffensif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces habitudes ont entraîné une singulière évolution de la langue : autrefois, net et dru, le français devient flasque, oblique, imprécis, tout en reculs, détours et lâches antiphrases. On semble vouloir se mettre du coton dans la bouche et bourrer d’étoupe la pointe de sa plume. Les partis politiques dont il semblait que l’intérêt fût d’être nets, ont fini eux-mêmes par perdre l’orgueil du drapeau, la sonorité du programme. Tous leurs noms sont truqués. Les défenseurs de l’autorité et de la tradition se font qualifier indépendants ou libéraux. Les réactionnaires sont des « républicains de gauche ». I’ n’y a plus d’opportunistes : tous radicaux, depuis que ce beau mot ne signifie plus rien t Le grand point est d’esquiver l’idée nette, celle qui comporte des obligations de logique, ou des corvées d’esprit critique. Tels grands organes, y ayant intérêt, publient de dignes défenses de la ''famille ''et de ''l’héritage, '' mais ces bons devoirs d’écolier sont couronnés par l’éloge bien senti de la « vraie démocratie»... Encore quelques saisons de cette complaisante et systématique trahison du vocabulaire&amp;lt;ref&amp;gt;Est-ce la vue trop claire de ces saisons trop imminentes qui, en 1939, a rendu tant de politiciens « va-t-en guerre et boute-feux ? » [Note de 1952].&amp;lt;/ref&amp;gt;, on aura la tour de Babel, avec toutes ses conséquences de malentendu et de dispersion. Sans doute les rhéteurs n’en auront que plus de mérite à se faire comprendre, et les flibustiers qui les paient en feront de plus beaux profits. Mais quand l’historien-philosophe est réduit à gémir son '' Vera rerum amisimus vocabula, ''beaucoup de choses sont compromises, sinon perdues. Ceux qui en sourient de bonne foi font preuve d’une périlleuse légèreté : on ne doit pas laisser frauder sur les étiquettes, ou bien il faut s’attendre à la dépréciation des produits. '''Comment espère-t-on en finir avec le moindre de tous nos maux, si l’on perd le courage de le nommer ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et nous ne sommes pas au bout du compte des misères! I’ faut aussi mentionner l’accident douloureux, qui, plus que tout, a affecté les profondeurs de la France vraie, parce qu’il lui a caché le franc diagnostic qui pouvait la guérir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré l’État et son Étatisme, malgré son École, malgré sa Presse, le malfaisant esprit de la survivance révolutionnaire aurait subi des échecs plus rapides, il aurait même été sans doute éliminé, Si l’ignorance ou l’erreur des autorités sociales n’avaient reçu un solide renfort d’un côté où, justement, on était en droit de fie pas trop le craindre ! Il est vrai que c’était aussi le côté d’où il n’eût pas été absurde de prévoir le pire, ce monde-là étant toujours, comme la vieille Autriche, « ''en retard d’un, armée, d’une année, d’une idée ».''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque, en janvier 1901, dans l’Encyclique ''Graves de communi, ''le Pape Léon XIII permit aux catholiques de se parer de l’étiquette de « démocrates », il leur recommanda expressément de n’employer jamais ce mot que dans un sens qu’il précisait avec force : il voulait, disait-il, que « la démocratie chrétienne »n’eut rien de commun avec la « démocratie sociale », car elle en diffère ''autant que du système socialiste la foi chrétienne,. ''Et, Docteur, plus encore que Chef, il ajoutait que l’on devait ''« tenir pour condamné de détourner ''ce ''mot en un sens politique ». ''Assurément, écrivait le Pape, '' «la démocratie, d’après l’étymologie même du terme et l’usage qu’en ont fait les philosophes, indique le régime populaire, mais, dans les circonstances actuelles, il ne faut l’employer ''(sic USURPANDA EST) ''qu’en lui ôtant tout sens politique et en ne lui attribuant aucune autre signification que cette bienfaisante action chrétienne parmi le peuple ''(BENEFICAM IN POPULUM ACTIONEM CHRISTIANAM)». En bref, dirions-nous : une démophilie religieuse. Au nom de la ''«justice», ''avec instance, il était encore recommandé aux démocrates chrétiens de s’épargner, entre tous les égarements de la démocratie sociale, ceux qui tendent expressément au nivellement des conditions civiles (AEQUATIS CIVIBUS) et risquent d’acheminer à l’égalité des biens (AD BONORUM ETIAM INTER E0S AEQUALITATEM SIT GRESSUS). Et le pape observait que la réforme sociale ne pouvait réussir qu’avec le concours de toutes les classes. D’utiles, de très utiles services devaient être attendus de la classe supérieure : de « ''ceux '' a’ ''qui leur situation ''(LOCUS), ''leur fortune ''(CESUS), ''leur « culture d’esprit, leur culture morale donnent dons la cité le plus « d’influence. » « A défaut de leur concours », '' ajoutait-il, ''«à peine « est-il possible de faire quelque chose de vraiment efficace ''(QUOD VERE'' ''VALEAT) pour ''améliorer comme on le voudrait la vie du peuple ? » ''Bref, l’Encyclique excluait et condamnait (NEFAS SIT) une démocratie chrétienne qui s’inspirerait de l’égalitarisme, tendrait â la lutte des classes, au décri jaloux de la fortune et de la naissance : toutes erreurs jugées incompatibles avec le principe de la conservation et de l’amélioration de l’État (CONSERVATIONEM PERFECTIONEMQUE CIVITATIS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tel est, dans ses termes et dans son esprit, l’Acte de naissance de la démocratie chrétienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Bah! répondit-on, dans un groupe influent de cathliques français, ''le Pape a avalé le mot, il avalera bien la chose.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se mit en devoir de la lui faire avaler... La situation y prêtait un peu. Car, d’abord, on était en France ; le gouvernement populaire y existait déjà et, dix ans auparavant, le même pontificat avait conseillé de s’accommoder de la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La « démocratie politique » s’y trouvait naturellement à l’abri des censures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En second lieu, les principes de la démocratie sociale étaient inscrits en tête de tous les actes du régime et de ses monuments : il pouvait être délicat d’en faire la critique, ou même de les tenir pour suspects ; c’était s’exposer à la défiance, adopter une attitude de tacite rébellion, que devait interdire le respect des institutions prêché et reprêché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième point, - essentiel, - Si l’on mettait le doigt dans l’engrenage électoral et parlementaire, l’emploi du « mot» jouait forcément en faveur de la « chose», qu’on voulait faire « avaler» au Pape et aussi à la masse catholique française, qui n’en avait pourtant pas le goût ; il est vrai qu’on lui promettait de gagner, par ce moyen, d’épatantes majorités : les jeunes avocats, les jeunes prêtres de grand zèle qui s’appliquaient à la besogne méritoire des conférences, des visites, des cercles de propagande, des secrétariats du peuple en vue d’exercer « l’action populaire chrétienne » Si hautement recommandée, n’eurent qu’à ''traverser la rue ''pour rencontrer toutes les tentations de la démocratie politique et toutes les séductions de la démocratie sociale dans ses réunions, ses conférences et ses débats contradictoires. A plus forte raison, s’ils se portaient candidats? Le seraient-ils? Ne le seraient-ils pas? Ce n’était pas l’envie qui manquait. Et dès lors, comment n’être pas saisis par la nécessité d’enchérir sur la politique de la gauche et la sociologie de l’extrême-gauche? Aucun d’entre eux n’y a coupé! Mais on ne saurait dire qu’ils y aient glissé avec innocence : en fait, ils se sont rués, soit à la querelle des classes, où ils introduisirent un âpre accent de moralistes et de sermonnaires, soit aux revendications directes de la démocratie sociale, soit aux suprêmes déductions du principe du gouvernement populaire. ~ en résulta, entre autres choses, principalement dans l’Ouest, que les châteaux et les presbytères se trouvèrent vite à couteaux tirés : le vaisseau catholique cinglait donc assez loin du ''Graves de communi !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un épisode vint irriter les passions. Depuis un quart de siècle, par une fâcheuse transformation graduelle, la revue ''l’Association catholique, ''et les organisations latérales fondées ''par ''des hommes de tradition, disciples de Le Play et du Comte de Chambord, étaient investies, puis occupées, enfin soumises à de jeunes équipes qui se croyaient fort avancées parce qu’elles professaient quelques-unes des idées qui avaient été en horreur à l’enfance de leurs grands-parents, les mêmes idées que l’évolution de l’intelligence française était en train de rejeter. Ainsi la Tour du Pin, ainsi le Père de Pascal ; ainsi plusieurs autres, objets d’un respect ironique, finissaient par être traités de fossiles ou de revenants ; leur noyau fondateur se trouvait pratiquement évincé ; leur influence passant à d’autres, qui se croyaient sûrs du triomphe, et qui l’étaient dans leurs milieux... Mais tout à coup, à la vive stupeur de ces jeunes «gauches de droite», il apparut, il déboucha de l’extrême-droite, plus jeune qu’elles, plus allante, et bien plus mordante, une offensive contre-révolutionnaire anti-démocrate et anti-républicaine qui joignait à ses qualités d’action le sérieux avantage d’être fortement munie de raisons. Sa dialectique, doublant ses polémiques, eut vite fait de mettre à mal le néo-libéralisme républicain et démocratique : les jeunes avancés se trouvant fort en retard, leurs essais de discussion furent faibles et malheureux et la prétendue avant-garde fut bousculée et hors de combat, rejetée à l’arrière, promue vieille gauche ultra-retardataire, bien vite abandonnée par tout ce qui vivait dans la jeunesse de droite. Les fils de ralliés se dérallièrent, pour militer passionnément avec les nouveaux défenseurs de l’autorité, de la tradition et de l’ordre, de la hiérarchie et de la monarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les raisons que ceux-ci alléguaient étaient indiscutables; il fallut les subir. Ce ne fut pas gai. Moins gai encore, plus insupportable que tout, était l’éclatant démenti ''de fait ''donné au préjugé qui avait mis en train tout ce monde, déterminé toute cette erreur : préjugé sans fondement, comme sans valeur, cri vertu duquel l’esprit moderne devait aller toujours à gauche, [c. territoires de l’avenir devant appartenir de fondation ou revenir de droit aux vues absurdes que développaient de pieux rhéteurs sans cervelle, - on ne sait quel ressort d’horlogerie mystique ayant la fonction de résonner, dans l’espace et sur les abîmes, de manière à taxer d’archaïsme définitif tout ce qui, jusque là, avait créé la force et la vie, l’ordre et la joie de l’univers&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les acquisitions éternelles de l’intelligence et de l’expérience reprenaient le dessus. On démontrait sans peine l’extrême frivolité de ce recours trop facile à l’antinomie de l’hier et du demain, du présent et de l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’événement montrait qu’il n’y avait rien de fatal ni d’inéluctable dans le progrès des idées révolutionnaires. Elles n ’étaient pas invincibles. Elles étaient vaincues. Et, ce qui était bien le pire, avec leur gloire, s’évanouissait la mauvaise raison de fausse force majeure, dont on avait couvert la révolte sournoise contre les précautions dictées par Léon XIII ! Ce que le Pape n’avait point avalé du tout, la nature des choses le vomissait. L’avenue de l’histoire fermée à ces pauvres esprits s’ouvrait à leurs censeurs, dont l’âge, la foi, le nombre, le succès, la raison s’emparèrent gaiement d’un « siècle » que les autres avaient escompté un peu vite. Quelle déconvenue ! A force d’en gémir, il se forma des plaies cuisantes qui saignèrent longtemps, ne guérirent jamais. On voit encore suinter du cerveau de quelques vieillards les précieuses gouttelettes de cette rage cuite, recuite, inoubliée. Car c’était bien la peine d’avoir sacrifié les plus saintes fidélités personnelles et domestiques, attristé des amis, rudoyé et chagriné des maîtres, au nom d’une inexcusable métaphysique du Temps, pour se voir ainsi contredits, humiliés, refoulés au banc des vétérans et des burgraves, par le Temps réel, par ''le Vieillard divin''&amp;lt;ref&amp;gt;Sainte-Beuve.&amp;lt;/ref&amp;gt;, qui n’épargne rien que le Vrai !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mort de Léon XIII n’avait pas arrangé les choses. Son successeur, penseur vigoureux, politique sage et lucide, mit le comble à l’angoisse de cette bande de conservateurs dévoyés : il condamna théoriquement leur ''Sillon.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Condamnation qui n’eut rien de définitif: les jeux étaient faits, les positions prises, les organisations électorales et sociales fondées, toutes les vanités aiguisées se défendaient, la griffe en l’air. Pouvait-on rebrousser chemin? Sinon, - humainement, - que faire?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y avait pas à garder le moindre espoir d’échapper à la critique nouvelle ni de rafraîchir les vieux poncifs : on était battu d’avance dans ces débats du sens historique et de la raison. La discussion exposait même aux reproches pontificaux. On finit par se réfugier, d’un pas grave et hautain, sur les cimes supérieures de l’esprit pratique, en affectant un grand mépris des spéculations doctrinales. On convint d’adopter le vocabulaire, les idées et les principes en vigueur dans les « masses populaires », afin de correspondre à leurs « aspirations ». Non sans souci de révérence verbale envers l’orthodoxie, l’indifférence au vrai et au faux fut conduite Si loin que, moyennant quelques réserves de forme contre la démagogie et la « fausse » démocratie, on s’arrangea pour continuer à ne tenir aucun compte des puissantes raisons de Morale ou de Politique naturelle dont brillait toute l’Encyclique ''Graves de commun : ''réciprocité des services entre les classes et les conditions, bienfait de leurs inégalités, privilèges de la nature ou de l’histoire. On rengaina pareillement les meilleurs des travaux de l’École sociale catholique ; on laissa les royalistes à peu près seuls s’occuper de doctrine corporative: à ces hautes époques, la corporation présentait le défaut sérieux de contrarier le syndicalisme électoral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment, dès lors, un monde que cet échec récent avait laissé tout meurtri aurait-il pris le moindre intérêt au mouvement intellectuel contre-révolutionnaire qui avait été, précisément, entre 1900 et 1910, à la source de tous ses maux! Bien au contraire, la rancune, jointe au très chimérique espoir d’une revanche, a rendu ce monde beaucoup plus qu’indulgent aux pires outrances de nos « rouges chrétiens » pendant ces dix dernières années; car tantôt il a donné le scandale d’approuver les explosions du communisme religieux ou de l’antipatriotisme sacerdotal, tantôt, les désapprouvant, il a donné l’autre scandale, peut-être pire, de n’en rien laisser voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’en est suivi, sur une grande échelle, des dégâts douloureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le public composé d’une vaste région morale du meilleur ''pays réel ''de la France fût ainsi livré sans défense aux tromperies du verbiage officiel : il ne reçut point les lumières auxquelles il avait droit sur le fond des principes qui règlent les intérêts majeurs de l’existence sociale et civile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pavillon d’une cruelle charité vint couvrir les mêmes erreurs qui allaient, en Espagne, dégoutter d’un sang beau et pur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amour du peuple parut devoir permettre de couvrir ou même d’exploiter ces erreurs. On traita par un mépris que l’on crut habile et prudent ces nœuds courts et puissants par lesquels, - comme le châtiment à certaines fautes, - la catastrophe matérielle adhère, tient et pend à l’erreur politique. Une étonnante virtuosité vocale fût mise au service de ce coupable silence de l’esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et cependant, depuis de longues années, un dialogue était fameux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''- Votre démocratie empoisonne, ''disait Le Play à Tocqueville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''- Mais, ''répondait à peu près Tocqueville, ''Si je désespère d’administrer l’antidote ?''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''	- Je n’administrerai pas le poison, ''répliquait le ferme Le Play. Une rhétorique funeste allait donc remplacer toute philosophie ; la classe dirigeante, ou qui aurait dû diriger, pratiqua ou subit en politique ou en sociologie une sorte d’anesthésie obligatoire devant le Faux. Cependant, des yeux clairs discernaient, à faible distance, de quelles dures sanctions la réalité négligée allait frapper ce règne insolent et absolu du Faux. En vain! Le Faux était laissé tranquille, ou ménagé, servi, propulsé ou même acclamé et, pendant de longs jours, il a pu voguer, prospère et heureux,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaisseau favorisé par un grand Aquilon :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
il n’en courait pas moins dans la direction de certains brisants qu’aujourd’hui l’on voit sans jumelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment en eût-il été autrement? Et comment n’y avait-on pas réfléchi? Au delà des mots sont les choses. Tôt ou tard vient leur tour de se faire sentir. Alors il ne sert de rien d’avoir cédé au plus ''«grand dérèglement de l’esprit » ''qui est de les faire apparaître telles qu’on les veut, non telles qu’elles sont. Vouloir faire croire à la paix au lieu de consentir à voir une guerre qui vient, cela mène au « désarmement» qui rendra cette guerre plus désastreuse. Vouloir faire penser qu’on a des millions en poche, quand il n’y reste pas un liard, combine l’escroquerie et le dénuement. Vouloir faire croire à la bienfaisance possible de la lutte de classes et de l’envie démocratique, mère de tous nos maux, n’en diminue point la malice, mais la couvre et la recommande, la protège et la facilite, l’envenime, l’aggrave et la multiplie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que ces maux aient crû de la sorte, c’est une évidence qui contracte de mâles cœurs : elle ne fait pas encore réfléchir toutes les têtes qui le pourraient, qui le devraient. C’est là Surtout que règne, de nos jours, cette ''erreur des honnêtes gens '' pressentie par le grand Le Play. Et rien n’est plus affreux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que, devant un risque aussi grave, ''le meilleur du pays ''ne se lève pas avec la décision qu’on attendrait de lui ; que le profond des plus belles âmes, la pure cime de la piété civique et du dévouement social ne soient pas même baignés des lumières suffisantes, et que ces lumières ne viennent pas d’où elles devraient venir, cela augmente horriblement tous nos périls immédiats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car enfin la nation qu’on laisse ainsi sans direction est la même de qui plusieurs voisines ont sollicité, appris, reçu les Lois de leur Renaissance! Comme on l’a fort bien dit, '' «la France en garde l’honneur, d’autres pays en gardent le profit ». '' Lui sera-t-il permis de croupir encore longtemps dans une infériorité mentale pleine de honte?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Sa rénovation intellectuelle peut tarder encore, mais de nouveaux retards mettraient en jeu plus que sa paix : sa vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusion : la nature et l’homme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pourquoi nous ne cédons pas à l’appel d’abstractions vaines lorsque nous supplions ici les esprits sincères de remonter aux principes pour réviser leurs vues d’ensemble : il est particulièrement indispensable qu’ils jettent un ferme regard sur ce point essentiel du rapport qui existe entre le ''volontaire ''et le '' naturel, ''le moral et le physique, dans la trame sociale de l’être humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se trompant et en laissant tromper, en remplaçant la ''connaissance ''par une ''« foi », ''démocratique ou libérale, que rien n autorise et que tout dément, on fait plus que de s’exposer à des épreuves sanguinaires : on se précipite au-devant d’elles dans certains cas on aide à les précipiter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut connaître les vérités de la nature ou il faut périr sous leurs coups.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne nous laissons pas reprocher l’humble degré auquel s’est tenue ici l’investigation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne laissons pas dire que nous nous attardons à la ''matière ''de l’homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne nous y attardons point du tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes aucunement d’avis de négliger ni la structure humaine, ni ce que structure et matière comportent de mouvements, d’élans, d’essors supérieurs. Mais, pour examiner à fond un objet, l’on commence par le mettre à part de ce qui n’est pas lui. Matière soit ! Pour la connaître, il faut approcher et palper cette précieuse étoffe de la vie de société. Une telle matière n’est pas plus négligeable que celle de n’importe quel hôte de l’univers. Certain prédicateur romantique a tonné, dans la chaire de Notre-Dame, contre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saint Thomas d’Aquin, coupable d’avoir dérivé de la Matière son Principe de l’Individuation. Ce coup de cymbale sonore n’empêchera personne d’aborder sans fausse honte, avec une simplicité sereine, l’étude des premiers éléments naturels du composé humain. Mieux sera pénétré ce dont il est fait, mieux on pourra se délivrer des idées fausses dont les applications coûtent cher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mieux la nature sera vue dans sa vérité, mieux l’on saura loger les droits et les devoirs là où ils sont, au lieu d’en bourrer un espace où l’on ne peut les pratiquer parce qu’ils n’y sont pas et n’y peuvent pas être : on n’y trouve que des liaisons de nécessités auxquelles on ne peut rien que de les reconnaître et, pour les vaincre, commencer par leur obéir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nature des hommes, celle qui précède leur volonté, est un sujet dont la seule mention suffit à offusquer le ''panjurisme'' contractuel, d’où procèdent, suivant un volontarisme sans frein, ces divagations de démocratie libérale qui supposent que nous ''pouvons'' tout ce qu’il nous vient à la fantaisie de ''vouloir '' ! Leurs ambitions sont folles, leur folie juge le principe d’où elles sortent. Tout ce que l’on bombycine en leur honneur ne fera jamais qu’il soit au pouvoir du petit homme d’élire son papa et sa maman, ni que sa liberté, Si souveraine soit-elle, puisse choisir l’emplacement de son berceau. Ce point-là règle tout. Ni Kant ni Platon n’y font rien. Leurs inventions de vie antérieure sont sans valeur ici. Bon gré, mal gré, il faut admettre ces territoires naturels, ni voulus, ni élus, ni éligibles, en reconnaître la bienfaisance éventuelle, ou se résigner à des aveuglements de système qui sont la mort de la pensée, le suicide de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le voyage aux demi-ténèbres de la Physique sociale ne peut d’ailleurs se faire sans éveiller, dans leur pénombre, diverses transparences qui éclairent, comme par-dessous, tel et tel plan où nos éléments purement matériels rejoignent nos éléments personnels et moraux, et peuvent même aspirer à atteindre telles parties divines de l’ordonnance de la vie. Devant la table de la Loi qui porte obligation de faire vivre et d’élever les enfants, la description exacte du petit homme nouveau-né, son état d’extrême détresse, qui lui confère la qualité du nécessiteux naturel avec le rang de riche légataire et de haut bénéficier social, semble venir, pour ainsi dire, à la belle et juste rencontre du gracieux instinct paternel et maternel, dont la conscience profonde honore. les personnes dignes du nom et du visage humain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conclusion pourrait dépasser la Physique. Elle fait entrevoir que l’Être brut ne peut pas ne pas renfermer une essence formelle et certaine de Bien. On pourrait donc y déterminer les possibilités d’un bonheur endormi, mystérieusement propice à tels destins de l’homme, qu’une analyse circonspecte et rigoureuse peut dégager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évitons de pousser le trait plus avant, pour nous en tenir à son expression la plus simple : l’humble intellection du sensible&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
élève le filet d’une lumière, qu’on n’attendait peut-être point vers la méditation des lois supérieures, dont elle vérifie et renforce les termes. Loin, par conséquent, de se nuire, comme le croient les imbéciles, ces vérités qui se rapprochent et convergent, tirent une valeur et une influence nouvelle de 12 diversité de leurs points de départ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Distinguer n’est point mettre en conflit, n’est même point diviser, ni séparer. La Morale est la règle de l’action volontaire. La Politique naturelle a pour objet d’approfondir un ordre impersonnel. Sans doute, Anciens et Modernes, y compris ici plus grands, ont pu confondre ces objets avec d’autres, assez voisins. Cela n’est pas une raison de rendre la confusion éternelle. Pour ma part, tout m’incite à conduire, aussi profondément que je le peux, cette étude des fondements sociaux de la vie humaine qui a fait mon souci constant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les lieux un peu reculés où le temps ne m’a point manqué pour regarder derrière moi &amp;lt;ref&amp;gt;Ces pages ont été écrites à la rison de la Santé.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et pour me souvenir de chemins parcourus, perdus ou retrouvés, j’ai voulu rassembler les idées essentielles qui éclairent ma réflexion et mon action. La menue Somme qui en est faite me paraîtrait articuler moins. nettement ce qu’elle dit Si je ne la rattachais point à ce qu’une philosophie appellerait ''causes secondes'' et une autre philosophie ''premières lois naturelles''. De quelque nom qu’on l’appelle, ''ce qui est, est''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà le sûr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Causes ou Lois, ces principes sont trop clairs, et leur clarté fait trop de bien pour consentir à les laisser s’embrouiller, s’obscurcir ou se défigurer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faudrait pas croire que la machine politique et sociale tourne à vide. Quand elle fait pleuvoir du feu et du sang, les pauvres hommes sont dessous! Tout au rebours de la chienne de Malebranche, le sentiment ne leur manque pas pour souffrir. Une pensée juste peut les secourir, parfois les sauver. C’est avoir pitié d’eux que de dire la vérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Première partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Si l’homme est l’ennemi de l’homme ou son ami ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les philosophes véritables refusent constamment de parler des hommes autrement que réunis en société. Il n’y a pas de solitaire. Un Robinson lui même était poursuivi et soutenu dans son île par les résultats innombrables du travail immémorial de l’humanité.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ermite en son désert, le stylite sur sa colonne ont beau s’isoler et se retrancher, ils bénéficient l’un et l’autre des richesses spirituelles accumulées par leurs prédécesseurs ; si réduit que soit leur aliment ou leur vêtement. c’est encore à l’activité des hommes qu’ils le doivent. Absolument seuls, ils mourraient sans laisser de trace. Ainsi l’exige une loi profonde qui, si elle est encore assez mal connue et formulée, s’impose à notre espèce d’une façon aussi rigoureuse que la chute s’impose aux corps pesants qui perdent leur point d’appui, ou l’ébullition à l’eau qu’on chauffe à cent degrés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme est un animal politique (c’est à dire, dans le mauvais langage moderne, un animal social), observait Aristote au quatrième siècle d’avant notre ère. L’homme est un animal qui forme des sociétés ou, comme il disait, des cités, et la cité qu’il forme est établie sur l’amitié&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aristote croyait en effet que l’homme, d’une façon générale et quand toutes choses sont égales d’ailleurs, a toujours retiré un plaisir naturel de la vue et du commerce de son semblable. Tous les instincts de sympathie et de fréquentation, le goût du foyer et de la place publique, le langage, les raffinements séculaires de la conversation devaient sembler inexplicables si l’on n’admettait au point de départ l’amitié naturelle de l’homme pour l’homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, devait se dire ce grand observateur de la nature entière, voilà des hommes qui mangent et qui boivent ensemble. Ils se sont recherchés, invités pour manger et boire, et il est manifeste que le plaisir de la compagnie décuple la joie de chacun. Cet enfant ci s’amuse, mais il ne joue vraiment que si on lui permet des compagnons de jeux. Il faut une grande passion comme l’avarice ou l’amour pour arracher de l’homme le goût de la société. Encore son visage porte t il la trace des privations et des combats qu’il s’est infligés par sa fuite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les routes sont devenues sûres : cependant les charretiers s’attendent les uns les autres pour cheminer de concert, et ce plaisir de tromper ensemble l’ennui est si vif que l’un en néglige le souci de son attelage, l’autre l’heure de son marché. La dernière activité des vieillards dont l’âge est révolu est d’aller s’asseoir en troupe au soleil pour se redire chaque jour les mêmes paroles oiseuses. Tels sont les hommes, dans toutes les conditions. Mais que dire des femmes ? Leur exemple est cependant le plus merveilleux, car toutes se détestent et passent leur vie entière à se rechercher. Ainsi le goût de vivre ensemble est chez elles plus fort que cet esprit de rivalité qui naît de l’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les pessimistes de tous les temps ont souvent contesté à Aristote son principe. Mais tout ce qu’ils ont dit et pensé a été résumé, vingt siècles après Aristote, par rami et le maître de Charles II Stuart, l’auteur de ''Léviathan, ''le théoricien de la Monarchie absolue, cet illustre Hobbes qui a devancé les modernes théoriciens de la concurrence vitale et de la prédominance du plus fort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hobbes a posé en principe que l’homme naît ennemi de l’homme et cette inimitié est résumée par lui dans la mémorable formule : ''l’homme est à l’homme comme un loup. ''L’histoire universelle, l’observation contemporaine fournissent un si grand nombre de vérifications apparentes de ce principe qu’il est presque inutile de les montrer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Mais, dit quelqu’un, Hobbes est un pessimiste bien modéré ! Il n’a point Pair de se douter qu’il charge d’une calomnie affreuse l’espèce des loups lorsqu’il ose la comparer à l’espèce des hommes. Ignore t il donc que les loups, comme dit le proverbe, ne se mangent jamais entre eux ? Et l’homme ne fait que cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’homme mange l’homme sans cesse. Il ne mange que de l’homme. L’anthropophagie apparaît aux esprits superficiels un caractère particulier à quelques peuplades, aussi lointaines que sauvages, et qui décroît de jour en jour. Quel aveuglement! L’anthropophagie ne décroît ni ne disparaît elle se transforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous ne mangeons plus de la chair humaine, nous mangeons du travail humain. A la réserve de Pair que nous respirons, y a t il un seul élément que nous empruntions à la nature et qui n’ait été arrosé au préalable de sueur et de pleurs humains ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est seulement à la campagne que l’on peut s’approcher d’un ruisseau naturel ou d’une source naturelle et boire Peau du ciel telle que notre terre l’a distillée dans ses antres et ses rochers. Le plus sobre des citadins, celui qui ne boit que de l’eau, commence à exiger d’une eau particulière, mise en bouteille, cachetée, transportée et ainsi témoignant du même effort humain que le plus précieux élixir. L’eau potable des villes y est d’ailleurs conduite à grands frais de captation et de canalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Retournez aux champs, cueillez y une grappe ou un fruit : non seulement l’arbre ou la souche a exigé de longues cultures, mais sa tige n’est point à l’état naturel, elle a été greffée, une longue suite de greffages indéfinis ont encore transformé, souvent amélioré, le bourgeon greffeur. La semence elle même, par les sélections dont elle fut l’objet, porte dans son mystère un capital d’effort humain. En mordant la pulpe du fruit, vous mordez une fois encore au travail de l’homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je n’ai pas à énumérer toutes les races d’animaux qui ont été apprivoisées, domestiquées, humanisées, pour fournir à la nourriture ou au vêtement des humains. Observez cependant que ces ressources qui ne sont pas naturelles doivent recevoir un second genre d’apprêt, un nouveau degré d’humanisation pour obtenir l’honneur de nous être. ingérées. Il ne suffit pas de tondre la laine des brebis, travail humain, il faut que cette laine soit tissée de la main diligente de la ménagère ou de la servante. Il ne suffit pas d’abattre la viande, ou de la découper; d’est une nécessité universelle de la soumettre au feu avant de la dévorer : travail humain, travail humain. On retrouve partout cet intermédiaire entre la nature et nos corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Non, les loups ne se mangent pas de cette manière ! Et c’est parce que le loup ne mange pas le travail du loup qu’il est si rarement conduit à faire au loup cette guerre qui est de nécessité chez les hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le loup trouve dans la nature environnante ce que l’homme est forcé de demander à l’homme. La nature est immense, ses ressources sont infinies ; le loup peut l’appeler sa mère et sa bonne nourrice. Mais les produits manufacturés, les produits humanisés, ceux que l’homme appelle ses biens, sont en nombre relativement très petit; de là, entre hommes, une rivalité, une concurrence fatales. Le festin est étroit : tout convive nouveau sera regardé de travers, comme il verra d’un mauvais œil les personnes déjà assises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cet homme qui survient n’apparaît pas à l’homme qui possède déjà comme un simple consommateur dont l’appétit est redoutable ; c’est aussi un être de proie, un conquérant éventuel. Produire, fabriquer soi même est sans doute un moyen de vivre, mais il est un autre moyen, c’est ravir les produits de la fabrication, soit par ruse, soit par violence. L’homme y a souvent intérêt, en voici un grand témoignage : la plupart de ceux qui ne sont ni voleurs ni brigands passent leur vie à craindre d’être brigandés ou volés. Preuve assurée que leur réflexion personnelle, leur expérience, la tradition et la mémoire héréditaire s’accordent à marquer l’énergie toujours subsistante des instincts de rapine et de fraude. Nous avons le génie de la conquête dans le sang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’homme ne peut voir l’homme sans l’imaginer aussitôt comme conquérant ou conquis, comme exploiteur ou exploité, comme victorieux ou vaincu, et, enfin, pour tout dire d’un mot, comme ennemi. Aristote a beau dire que l’homme est social. Il ne serait pas social s’il n’était industrieux, et les fruits de son industrie lui sont si nécessaires ou si beaux qu’il ne peut les montrer sans être mainte fois obligé de courir aux armes. La défense de ces biens ou leur pillerie, c’est toute l’histoire du monde. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une grande part de vérité dans le discours des pessimistes qui enchérissent de la sorte sur Hobbes et sur les siens. Je voudrais qu’on se résignât à admettre comme certain tout ce qu’ils disent et qu’on ne craignît point d’enseigner qu’en effet l’homme pour l’homme est plus qu’un loup ; mais à la condition de corriger l’aphorisme en y ajoutant cet aphorisme nouveau, et de vérité tout aussi rigoureuse, que pour l’homme l’homme est un dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, l’industrie explique la concurrence et la rivalité féroces développées entre les hommes. Mais l’industrie explique également leurs concordances et leurs amitiés. Lorsque Robinson découvrit, pour la première fois, la trace d’un pied nu imprimée sur le sable, il eut un sentiment d’effroi, en se disant selon la manière de Hobbes : « Voilà celui qui mangera tout mon bien, et qui me mangera... ». Quand il eut découvert le faible Vendredi, pauvre sauvage inoffensif, il se dit : « Voilà mon collaborateur, mon client et mon protégé. Je n’ai rien à craindre de lui. Il peut tout attendre de moi. Je l’utiliserai. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et Vendredi devient utile à Robinson, qui le plie aux emplois et aux travaux les plus variés. En peu de temps, le nouvel habitant de l’île rend des services infiniment supérieurs à tous les frais matériels de son entretien. La richesse de l’ancien solitaire se multiplie par la coopération, et lui-même est sauvé des deux suggestions du désert, la frénésie mystique ou l’abrutissement. L’un par l’autre ils s’élèvent donc et, si l’on peut ainsi dire, se civilisent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas de Robinson est trop particulier, trop privilégié, pour qu’on en fasse jamais le point de départ d’une théorie de la société ; la grande faute des systèmes parus au XVIIIe siècle a été de raisonner sur des cas pareils. Nous savons que, pour nous rendre compte du mécanisme social, il le faut observer dans son élément primitif et qui a toujours été : la famille. Mais c’est l’industrie, la nécessité de l’industrie qui a fixé la famille et qui l’a rendue permanente. En recevant les fils et les filles que lui donnait sa femme’ l’homme sentait jouer en lui les mêmes instincts observés tout à l’heure dans le cœur de Robinson : « Voilà des collaborateurs, des clients et des protégés. Je n’ai rien à craindre d’eux. Ils peuvent tout attendre de moi. Et le bienfait me fera du bien à moi même. » Au fur et à mesure que croissait sa famille, le père observait que sa puissance augmentait aussi, et sa force, et tous ses moyens de transformer autour de lui la riche, sauvage et redoutable Nature ou de défendre ses produits contre des concurrents ou des conquérants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observez, je vous prie, que c’est entre des êtres de condition inégale que paraît toujours se constituer la société primitive. Rousseau croyait que cette inégalité résultait des civilisations. C’est tout le contraire ! '''La société, la civilisation est née de l’inégalité. Aucune civilisation, aucune société ne serait sortie d’êtres égaux entre eux.''' Des égaux véritables placés dans des conditions égales ou même simplement analogues se seraient presque fatalement entre tués. L’échange et le commerce libres de biens équivalents n’est pas à l’origine mais aux dernières conséquences de longs perfectionnements sociaux. L’inégalité des rencontres crée nécessités d’acceptation et de concession qui sont fécondes, le mal s’en atténue, le bien s’en fortifie, au physique et au moral. Qu’un homme puisse donner la vie, ou la sécurité, ou la santé à un autre homme qui, par lui même les perdrait, voilà des relations sociales nouvelles, le premier utilisant et, si l’on veut, « exploitant », par un capital qu’il a créé, sauvé ou reconstitué, le second entraîné par l’intérêt bien entendu, par l’amour filial ou la reconnaissance à trouver cette exploitation agréable, ou utile, ou à tout le moins tolérable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’instinct de protection ou instinct paternel causa d’autres effets. Le chef de famille n’eut pas seulement des enfants engendrés de sa vie. Des fugitifs, des suppliants accoururent à lui, qui, dans un état de faiblesse, de dénuement et d’impuissance, venaient offrir leurs bras ou même leur personne entière en échange d’une protection sans laquelle ils étaient condamnés à périr. Par des adoptions de ce genre, la famille devait s’accroître. La guerre, qu’il fallut toujours mener à un moment quelconque contre des familles rivales, apporta un nouvel ordre d’accroissement. Il a toujours été exceptionnel, dans l’histoire du monde, que le groupe victorieux massacrât pour le manger ou même pour satisfaire sa vengeance le groupe vaincu. Les femmes de tout âge sont presque toujours réservées, les plus jeunes pour le rôle d’épouses ou de concubines, les plus âgées pour les offices domestiques sur lesquels, de tous temps, on les apprécia. Si le massacre, même celui des guerriers, est chose rare, la réduction à l’esclavage est au contraire un fait si général que Bossuet n’a pu le considérer sans respect. Quand l’on y songe, aucun fait primitif ne peut mieux marquer le prix immense que tout homme attache à la vie et à la fonction d’un autre homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tu m’étais un loup tout à l’heure, mais aussitôt (lue j’ai vaincu le loup, je le tue, car il ne peut que me porter de nouveaux préjudices. Or, toi qui es un homme et que j’ai’ couché et blessé sur le sol, tu m’es comme un dieu maintenant. Que me ferait ta mort ? Ta vie peut au contraire me devenir une nouvelle source de biens. Lève toi, je te panserai. Guéris toi, et je t’emploierai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Moyennant quelques précautions indispensables prises contre ta force et contre les souvenirs de ta liberté, je te traiterai bien pour que tu travailles pour moi. Proche de mon foyer, participant à ma sûreté, à ma nourriture et à toutes mes autres puissances, tu vivras longtemps : ton travail, entends tu, ton inestimable travail entre dans ma propriété. Mais je suis bien obligé de te garantir, outre l’existence, la subsistance et tous les genres de bonheur qui seront. compatibles avec le mien. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi le visage de l’esclave était ami au maître. Et, peu à peu, lorsque l’habitude s’en fut mêlée, quand l’oubli eut opéré son œuvre, quand les bons traitements quotidiens eurent fait oublier telle cruauté primitive, le visage du maître devint ami à l’esclave. Il signifia prévoyance, tutelle et gouvernement. Après quelques générations, des relations d’un genre nouveau s’établissaient; en vertu de la réciprocité des services, l’esclave se tenait pour un membre secondaire, mais nécessaire, de la famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tantôt par le sentiment du péril commun d’où naissaient les pactes de chefs de familles sensiblement égaux entre eux, tantôt par l’abaissement ou la sujétion des familles voisines, la famille primitive s’est étendue jusqu’à former un nouveau groupement civil, un petit État politique ; le mécanisme de sa formation est celui que nous avons déjà vu jouer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrie donne la puissance, détermine la concurrence, fait naître dans le groupe le besoin d’éléments nouveaux ; d’où l’augmentation des familles et leur fédération, d’où encore les portes ouvertes, moyennant certaines conditions d’établissement, aux vagabonds et aux transfuges, et même aux ennemis vaincus. Dans chaque enceinte le mot d’Aristote se vérifie; c’est l’amitié qui préside à la fondation de la cité. Mais la formule de Hobbes n’est pas démentie néanmoins : parce que l’homme est loup à l’homme, l’enceinte se hérisse de murailles, de tours et d’autres ouvrages de fortification. L’amitié s’établit, comme	entre les participants du même foyer, entre ceux que le même mur enveloppe ; aux autres, c’est l’inimitié ou tout au moins la précaution et la méfiance qui se déclarent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas entendre par amitié l’amitié pure, ni par inimitié une inimitié absolue. Les étrangers ou, comme on les appelle dans l’antiquité grecque, les barbares ne sont pas nécessairement des ennemis. Mais d’abord ils sont différents par les moeurs, par la langue, par le costume, par les lois. Et, de plus, leurs déplacements ont presque toujours pour objet un peu de rapine. Néanmoins, il arrive de les recevoir comme des hôtes et de les interroger comme des savants. On répond à leurs questions afin qu’ils répondent à celles qu’on leur pose. La charge de leurs chevaux ou de leurs navires est en outre un grand élément de curiosité, quelquefois de cupidité. Les relations commencent par celles qui sont les plus simples, le commerce par voie d’échange puisqu’il n’existe pas encore de monnaie. Voilà des espèces d’amitiés internationales. Mais elles sont précaires et toutes relatives, en comparaison des causes d’inimitié toujours sur le point d’éclater entre les gens si différents et mus d’intérêts si contraires !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Inversement, à l’intérieur de chaque cité, s’il est bien vrai que l’amitié née de pressants intérêts communs a fait reléguer la vraie guerre hors de l’enceinte et, pour ainsi dire, à la périphérie de ce grand corps, il n’y en a pas moins des vols et des adultères qui se commettent, les amants rivaux se donnent des coups d’épée et les porte faix concurrents des coups de poing et des coups de couteau. Cependant une paix relative subsiste. L’on se déteste et l’on s’envie, mais pour des sujets de peu d’importance, et sur lesquels la réconciliation demeure facile ou possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du reste, pour répondre au besoin général de paix et d’ordre qui est essentiel à la vie, mais que les progrès de l’industrie rendent impérieux, la cité, la grande communauté civile, déjà naturellement distinguée en familles et en corps de métier, comporte et au besoin suscite la formation de certaines communautés secondaires entre lesquelles les citoyens se distribuent selon leurs affinités et leurs goûts. Ce sont des associations religieuses, des confréries de secours mutuel, des sectes philosophiques et littéraires. Il va sans dire que les membres de chaque corps ne peuvent être en grande sympathie avec les membres du corps voisin : la sympathie en est resserrée d’autant entre membres du même groupe, et c’est un grand bienfait. Deux confréries de pénitents, l’une bleue, l’autre grise, peuvent causer dans une ville, le jour de la fête votive, deux ou trois querelles, même une bonne rixe; l’amitié s’y exerce tout le long de l’année à l’intérieur de chacune pour le plus grand avantage matériel et moral des uns et des autres. Plus la guerre est vive à l’extérieur, plus à l’intérieur la camaraderie se fait étroite et généreuse. L’homme est ainsi fait, et les sociétés qui ont pu traverser les difficultés de l’histoire sont précisément celles qui, connaissant par réflexion ou pressentant d’instinct ces lois de la nature humaine, s’y sont conformées point par point.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une communauté subsiste tant que parmi ses membres les causes d’amitié et d’union restent supérieures aux causes d’inimitié et de division. La police, les tribunaux sont institués pour châtier, réprimer et, s’il le faut, exclure ceux de chaque communauté qui montrent à leurs confrères le visage de loup qu’ils devraient réserver à l’ennemi commun. De même les honneurs anthumes ou posthumes ont servi de tout temps à récompenser ceux des membres de la communauté qui se sont montrés les plus « loups »envers l’ennemi ou, s’il est permis d’ainsi dire, les plus « dieux »envers leurs amis et compatriotes. Beaucoup de héros ont été déifiés ainsi, à titre militaire ou à titre civil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visage de dieu, visage de loup, l’expression alternante du visage de l’homme en présence de l’homme résulte de sa constitution, de sa loi. Naturellement philanthrope, naturellement misanthrope, l’homme a besoin de l’homme mais il a peur de l’homme, les circonstances règlent seules le jeu de ces deux sentiments qui se combattent, mais se complètent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne crois pas qu’ils puissent disparaître jamais. C’est une niaiserie, il me semble, de l’espérer. Les sociétés les plus vastes et qui fondaient les plus étroites « fraternités » furent aussi les plus terribles pour tout ce qui tentait de vivre en dehors d’elles. J’en atteste les souvenirs de l’Empire romain qui, en se dilatant par toute la terre habitée, ne pardonnait qu’à ses vaincus et écrasait le reste. La Chrétienté si douce aux populations abritées dans son vaste sein, s’abandonnait à la violence naturelle de tout instinct quand elle rencontrait des païens ou des Sarrasins. Aujourd’hui, la civilisation anglaise si modérée, si respectueuse, si juridique envers ses citoyens, ne reconnaît ni droit ni force en dehors de sa force ou de son droit. Trait curieux : de ravis de tous ceux qui Vont vu de près, l’Anglais moderne est personnellement serviable, hospitalier, humain envers l’étranger, quel qu’il soit, qu’il a accueilli près de lui et avec lequel il a conclu l’alliance. Sa volonté formelle a la puissance de créer de ces acceptions de personne. Mais ce sont, comme on dit en droit, des espèces pures, et en dehors desquelles il se croit le devoir de montrer visage de loup à tous les barbares : son visage de dieu est réservé aux fils de la vieille Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	On peut railler ce patriotisme, ce nationalisme ingénu. Mais il est conforme à de grandes lois physiques. Il se rattache aux éléments mêmes du genre humain. Pour créer ou pour maintenir un peuple prospère, une civilisation florissante, en n’a pas trouvé mieux, on n’a même pas trouvé autre chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne dites pas qu’il peut contribuer à la guerre étrangère il épargne à coup sûr la guerre civile qui est la plus atroce de toutes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nature et fortune ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on me concède que le hasard contribue bien pour une petite part à notre droiture et à notre intelligence, je prétendrai qu’il ne faut jamais se railler du hasard ; c’est un grand simplificateur, un grand abréviateur de querelles. Les dés étaient sacrés chez divers peuples plus sages que nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre prise sur les événements ne dépend pas de nous seuls. Ils sont parfois d’une singulière facilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les capter, il peut suffire de la force d’un enfant. Puissance souvent n’est qu’adresse ou bonheur. Et tout se peut !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grandes races humaines, si sensibles à tous les attraits, savent le plus aisément du monde se plier aux disgrâces et aux difficultés du sort. N’était ce pas le jeune Alcibiade, honneur et délices dAthènes, qui se vautrait et se perdait dans les délices du grand roi, mais riait de plaisir en s’accommodant du brouet de Lacédémone ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les hautes énergies sont souples. L’homme vraiment fait pour savourer les joies de la vie est celui qui sait s’en passer avec une même allégresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne suis pas de ceux qui rient de la belle illusion qu’avaient les Anciens au sujet des astres. Peut être savaient-ils que leurs chariots enflammés sont, en réalité, rongés et consumés de leur vie lumineuse ; fort sagement, ils ne voyaient point ces mondes en eux mêmes, ils les concevaient par rapport à leur propre vie. Il n’est pas douteux qu’une étoile ne soit un bon emblème de pérennité en comparaison de l’existence des éphémères. Tout ce que nous savons ou croyons savoir détruira difficilement le rapport naïf de nos sens. Nous ne croyons pas injurier la science en invoquant l’étoile comme haute, comme stable et comme éternelle pendant que nous roulons misérablement sur les flots. L’étoile nous fournit une image satisfaisante et un type approximatif de la perfection relative vers laquelle le cœur d’un homme peut se gonfler. Haute étoile, étoile stable, étoile éternelle, c’est vers toi qu’on se sauve des violences et des ruses, des gouffres et des replis, des tentations et des corruptions de la mer !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nature et raison ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’instinctif et l’inconscient sont à la base de la nature humaine ; si cette nature est mêlée de bien et de mal, elle n’est pas toute mauvaise. Un homme qui serait toute volonté consciente serait un automate qui tiendrait du crétin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que la raison consciente dirige ; elle ne trouvera de forces à employer que celles que lui fournit en dernière analyse le terreau nourricier, qu’il faut bien nommer corporel. Qui ne reconnaît pas ces sources vives de puissance sera le premier châtié, car il ne s’en servira pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il y a dans l’âme humaine une portion toute mécanique, condition et support des autres parties, et faute de quoi rien ne se tiendrait, portion à laquelle s’appliquent toutes les lois du monde minéral, il est aussi en nous une province végétative qui supporte et donc conditionne la sensitive et la rationnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut se mettre en règle avec ces lois de l’âme végétative si l’on veut être un bon animal, comme il faut, si l’on veut être un bon animal raisonnable, ou humain, bien sentir, c’est à dire sentir en animal sain et complet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monde physique a des lois, la nature humaine a les siennes, qui ne s’inventent pas, mais qui se découvrent. L’esprit de l’homme, au lieu de spéculer dans les nues, doit regarder autour de lui afin d’y trouver son conseil et sa direction dans la lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a un homme parfait. Je n’entends pas une figure médiocre dans laquelle se compensent les défauts et les qualités d’un être humain : j’exprime la limite de la puissance humaine. Les monstrueux, les excessifs, les boursouflés ne passent point cette limite quoiqu’on ait l’habitude de le dire communément. Ils restent fort loin en deçà. L’homme ne conçoit rien au delà de ce terme ; c’est là qu’il a placé les dieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En deux mots, l’homme est un animal qui raisonne. Cette vieille définition me semble bien la seule qui puisse satisfaire. Ni la moralité, ni la sociabilité, ni certes le sentiment ne sont particuliers à l’homme. Il n’a à lui que la raison ; c’est ce qui le distingue, sans l’en séparer, du reste de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nature est représentée en lui tout entière dans son corps qui a poids, nombre et mesure ainsi que les métaux, organisation comme les végétaux, sensibilité et mouvement comme les animaux, et qui paraît ainsi la plus haute fleur de la terre ; sa raison est nourrie, aiguisée, activée et éclairée sans cesse des tributs que le monde lui paie par ces canaux. Dans un homme parfait, il faut que la raison, ainsi conditionnée par la nature entière, développe toute l’ampleur de son énergie dans le mode exact où cela ne peut nuire à l’expansion parfaite d’un corps et d’un cœur florissants. La raison poussée à l’excès, desséchant l’animal, tarit ses propres sources de développement ; et quant à la culture exclusive du corps, il est bien clair qu’elle épaissit une âme raisonnable et ôte à l’homme son esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme est ainsi formé par cinquante siècles de civilisation qu’il a presque perdu l’idée de l’inimitié fondamentale de la nature. Le choeur des choses qui l’entourent lui paraît un ensemble clair, harmonieux, bienveillant, pourvu qu’il n’y vive point seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il tremble dans le désert, c’est de solitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que ce désert se peuple, l’homme se rassure aussitôt. Il a sans doute foi en lui ; mais il lui vient aussi, par une espèce de contagion rapide, un sentiment de confiance et d’abandon dans la solidité, dans la constance, dans la richesse et dans la générosité de son Univers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La machine du monde n’est pas conduite par les mots prononcés devant elle ou les phrases inscrites sur ses manivelles, mais par des créatures vivantes : des besoins, des intérêts, des forces réelles pleines d’appétit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soit, le monde se développe, nous le savons. Mais nous savons aussi qu’il a pour champ d’évolution deux infinis. La plus légère modification exige des milliers de siècles. Chez les hommes, l’écorce des moeurs tombe assez aisément comme elle se remplace ; mais ce n’est que l’écorce, et que connaissons nous d’essentiel à l’homme qui se soit altéré depuis quatre mille ans ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avoir raison, c’est encore une des manières dont l’homme s’éternise : avoir raison et changer les propos communs et courants en un petit nombre de propositions cohérentes et raisonnables, c’est, quand on y réussit seulement sur quelque point, le chef d’œuvre de l’énergie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avoir raison ne suffit pas. Mais c’est l’indispensable et par là qu’il faut commencer. Et si l’on a commencé par avoir tort, il faut quitter l’erreur, revenir sur ses pas pour rattraper le point à partir duquel on avancera et on progressera, au lieu de tourner en rond, reculer, piétiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien n’est plus délicieux à la pensée de l’homme que d’éprouver une loi par le témoignage d’un fait indépendant et spontané, de quelque fait postérieur à la formule de la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se confirme dans ce sentiment profond que raisonner n’est point rêver et qu’il existe des correspondances mystérieuses entre les vues de notre esprit et le courant confus des choses réelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai toujours tenu la raison pour Futile instrument dont la structure nous définit la portée. Elle ne voit certes pas tout, niais ce n’est pas la peine de s’arracher les yeux parce que la philosophie de l’optique reproche à ces organes quelque vice de construction. Désespérer des ressources de la raison est aussi vain que de tout en attendre et de tout y suspendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussitôt qu’elles deviennent nos maîtresses, les facultés qui sont des forces aveugles veulent pour elles la couronne, sans partage ; mais le plaisir de l’intelligence et de la raison, ce n’est pas de régner, ce n’est pas de ''pouvoir'', mais simplement de ''voir'' ce qui règne ou qui doit régner et d’assigner à chaque activité la place qui lui est le plus convenable. S’il est facile à la raison de donner le sceptre au plus digne, il lui est superflu et comme impossible de se l’arroger indûment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... La raison, c’est à dire l’intelligence modérant, mesurant ou pressant toutes les passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les faibles seuls excluent la raison du sentiment. Chez les forts, la conviction est d’autant plus chaleureuse qu’elle est fondée sur des motifs plus clairement notés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison et le sentiment, se soutenant tour à tour et se réglant l’un par l’autre, sont la sauvegarde et l’espérance du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Deuxième partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La vérité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, Monsieur, oui, Madame, c’est parce que « le discours est dur » que l’efficace en sera douce ; c’est parce que le livre est «amer à la langue » que, plus bas, il sera tonique et guérissant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les poteaux dressés sur les routes ne mettent pas leurs indications en un style doux et fleuri : ils affichent le style de leur utilité. Nets, directs, insistants et autoritaires, ils ne disent point : si ''je me trompe, ''ils ne doutent point d’eux ils ne s’excusent pas de lancer rudement aux yeux des gens qui passent les flèches de la direction et les chiffres de la distance. Mais le voyageur s’en plaint il ? Pour peu qu’il ait le cœur à philosopher, il rend grâce à l’auteur de brutalités profitables dont il ne se sent même pas tyrannisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A lui de ralentir ou de presser le pas, de suivre ou de changer son orientation. La pierre milliaire dit seulement en termes clairs ce qui est, et ce dont il faut qu’il tienne compte. Plus la donnée précise bornera la pensée et plus, en raison même de cette borne étroite, les fantaisies du cœur, les voeux de l’imagination, les besoins, les commodités et les intérêts personnels obtiendront de sécurité et pourront se donner carrière. Une indication incertaine., une donnée ou vague ou fausse, en paraissant flatter l’arbitraire du promeneur, restreindront la liberté de ses mouvements, de son repos, diminueront ses pouvoirs réels, car les risques attachés aux conséquences d’un itinéraire nonchalant ou capricieux:; se trouveront multipliés par l’insuffisance de son information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une grande erreur de penser que les ''contingences,, ''comme on dit, s’accommodent plus aisément d’un principe lâche et flottant : bien au contraire, toute indécision des principes complique l’étude des faits, aussi bien que leurs traitements ; l’incertitude se trouve ainsi introduite au seul point d’où pouvait leur venir un peu de lumière, aux complexités de la terre se seront ajoutées des ombres dans le ciel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vérité, soleil dur mais clair, se contente d’établir de haut ce qu’il faut savoir et penser avant que d’agir. Elle montre le bien, elle marque le mal, elle fait distinguer les proportions suivant lesquelles l’un et l’autre se rencontrent et se mélangent dans la variété infinie de nos cas humains. Une fois éclairé ainsi, l’homme est loin d’avoir résolu les problèmes de sa vie pratique, mais il tient de quoi les résoudre, et si, comme cela lui arrive trop fréquemment, il ne trouve guère à choisir qu’entre des maux, il discernera mieux lequel sera le moindre, son effort pourra s’appliquer à la fuite du pire, ce qui fait peut être le plus grand point du gouvernement de soi même ou d’autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non seulement la vérité est défendue par ce qu’elle a de naturellement général, d’élevé, d’abstrait et d’étranger à l’homme, mais pour se décider à gravir jusqu’à elle, il faut un élan généreux de la pensée au delà du présent, un large calcul d’avenir. Pour adhérer à cette vérité que tout voile, il faut en outre un effort de la volonté imposant silence, à bien des instincts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vérité (je ne dis pas la sincérité, je dis la vérité entière, l’accord d’un langage et d’une pensée avec les réalités du dehors), la vérité peut être encore autre chose que la suprême volupté de l’intelligence : c’est l’habileté souveraine, c’est la force toute puissante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sincérité n’est pas la vérité. L’intention la plus droite et la plus ferme volonté ne peuvent pas faire que ce qui est ne soit pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne sous estimons aucune vertu, mais rendons justice aux vertus de l’évidence. Il n’y a pas de sourire, de grimace ou de papotage de beaux esprits qui puisse tenir contre elles. Les décisions qu’elles entraînent sont graves, parfois pénibles, dans la vie de l’esprit, la vie extérieure ne s’en accommode pas toujours, mais le service qu’elles rendent est tel qu’elles emportent tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vrai vaut par lui même. Mais il y a des vérités amères et des vérités douces. Il y en a d’utiles, il y en a de dangereuses. Il y en a qu’il faut réserver pour les sages et d’autres qui conviennent à la nourriture de tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques révolutionnaires purement oratoires et mystiques peuvent estimer que, fable ou vérité, c’est toujours bien assez bon pour le peuple! Nous croyons que le peuple n’a pas des besoins moins exigeants que l’élite. Il lui faut de la vérité comme du pain. Le mensonge historico politique vous empoisonne un peuple tout aussi proprement que le cyanure de potassium.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un dédain qui ne s’exprime pas n’agit pas. Au contraire, une erreur et un mensonge qu’on ne prend point la peine de démasquer acquièrent peu à peu l’autorité du vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Force ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a des faiblesses tyranniques, des débilités méchantes et des vaincus dignes de l’être, comme il y a des victorieux bienfaisants, des héros de l’énergie et de la puissance à qui l’humanité doit d’immenses progrès, des colosses de santé et de force qui ont mérité la bénédiction du passé et de l’avenir. La force en elle même, dépouillée de ses caractères adventices et circonstanciels, la force qui n’est encore au service ni du bien ni du mal, la force nue est par elle même un bien, et très précieux, et très grand, puisque c’est l’expression de l’activité de l’être. Il est imbécile d’en vouloir ignorer les bienfaits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas se lasser de le redire, pour décourager le sophisme malfaisant : la force par elle même, réduite à elle-même, est un bien. Cela ne veut pas dire qu’elle fait toujours bien ou qu’il n’y a pas de plus grand bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonne en elle même, elle est aussi capable des plus grands bienfaits comme de défendre la patrie, du punir le crime, de venger l’honneur ou de protéger l’innocence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais comme elle est capable de tout, il lui faut comme première garantie une règle et, mise au service de la meilleure cause, un ordre. L’ordre contribue à la rendre entièrement et complètement efficace. Mais l’ordre la retient aussi au service de ce qu’elle prétend servir ; l’ordre l’empêche de se retourner malgré elle contre ce qui lui est cher. Toute force désordonnée est exposée à ce péril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour modérer la force il reste la Raison, c’est à dire le sens de la mesure et des proportions intellectuelles, il reste ce sens civique qui ajoute aux ordres supérieurs de l’esprit je ne sais quel principe de cordialité, de bonhomie, je voudrais oser dire de charité, qui ne veut pas la mort du coupable, mais qui veut, et qui veut bien, son amendement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reste aussi cette clarté, cette franchise, suite naturelle de la rectitude de l’esprit, qui ne permet ni hypocrisie ni déguisement, mais qui va droit devant soi, visière haute et poitrine découverte, cette sérénité tranquille qui convient à ceux qui ont assumé librement de nobles missions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les théories de la force ne sont pas du tout en contradiction avec la doctrine de solidarité, et, de toute façon, l’entraide humaine a besoin d’être forte pour se protéger ou pour être protégée contre la violence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il n’y a au monde que la force qui vaille, il apparaît indispensable d’être forts ; s’il y a autre chose, si, comme nous le pensons, il y a mieux, et beaucoup mieux, il est plus nécessaire encore d’être fort et puissant pour sauver ou pour développer ces vrais biens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’Ordre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il ne saurait exister de figure sans le trait qui la cerne et la ligne qui la contient, dès que l’Être commence à s’éloigner de son contraire, dès que l’Être est, il a sa forme, il a son ordre, et c’est cela même dont il est borné qui le constitue. Quelle existence est sans essence ? Qu’est ce que l’Être sans la loi ? A tous les degrés de l’échelle, l’Être faiblit quand mollit l’ordre ; il se dissout pour peu que l’ordre ne le tienne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre n’est qu’un moyen. C’est un point de départ. Rétablir l’ordre restitue une atmosphère favorable à l’action de l’esprit comme à celle du corps. Cet ordre rend l’œuvre possible ou meilleure. Il lui garantit la durée, lui fournit des auxiliaires ou des protecteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La règle humaine ne consiste pas à tuer, à détruire, ni à anéantir le sujet qu’elle doit, au contraire, développer en le maintenant dans sa voie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nécessité de ''subordonner ''pour coordonner et pour ordonner, il n’y a point de faribole d’orateur qui puisse aller contre cette mathématique !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se conformer à l’ordre abrège et facilite l’œuvre Contredire ou discuter l’ordre est perdre son temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre, on l’a dit, est une justice supérieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l’ordre historique et politique, ''avoir n’est'' rien, si l’on n’est en mesure de ''garder '' aussi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la guerre comme dans la paix, l’ordre est précieux entre tous les biens. Avec sa fausse dureté, avec sa rigueur apparente, il économise les existences, comme il mesure et utilise les efforts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le soldat qui se plaint de l’ordre est ennemi de lui même. L’aveugle bonté qui fait chorus avec ce soldat est une ennemie du soldat. Ennemie inconsciente et involontaire ; qu’importe l’intention si elle renvoie à la mort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Justement parce qu’il est ingrat et léger, parce que l’oubli et l’instabilité lui sont ordinaires, l’homme s’est aperçu de bonne heure qu’il lui faut rechercher, dans le Temps qui change sans cesse, des points de repère immobiles, d’invariables points d’appui, toutes les fois qu’il tient à réaliser un dessein de quelque importance, qu’il veut être fidèle à son but et à son amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’écris à dessein ce dernier mot, qui n’exprime que le sentiment des personnes ; car si les passions fortes ont leurs rites anniversaires, si un retour de certaines dates entraîne un retour naturel de la pensée sur les mystères douloureux ou joyeux de la vie du cœur, à plus forte raison, quand il ne s’agit plus d’un seul être, mais d’une société, d’une religion, d’une cause, sera t il nécessaire d’éterniser à leurs dates les souvenirs heureux ou funestes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’OUBLIER PAS : c’est le point de départ de tout ordre et de toute loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’Autorité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le premier mouvement d’enthousiasme est passé, nul ordre ne peut naître que de l’autorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nature de l’autorité ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idée que l’autorité se pût construire par en bas ne serait pas entrée dans la tête de nos grands parents qui étaient sages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle n’est fabriquée, au vrai, ni d’en bas, ni d’en haut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité est ''née''. Dans les individus, les familles, les peuples, elle est un don où la volonté des hommes a fort peu à voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’observation la plus vulgaire est tout à fait d’accord ici avec le texte catholique '' omnis potestas a Deo. Dans ''une des plus vieilles « lettres à Françoise », M. Marcel Prévost rappelle à sa nièce comment, après avoir passé son baccalauréat, elle sut obliger le secrétaire de la Faculté à lui montrer ses notes, au mépris des règlements de l’Université et des lois de l’État. ''Vous avez un grand don, Françoise, c’est l’autorité'', observait sentencieusement l’oncle Marcel. Croyait il si bien observer ? Allait il jusqu’au bout de ce qu’il observait ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité, saisie ainsi à la naissance, est quelque chose de simple et de pur. Certains types humains le possèdent, les autres en sont démunis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En laissant de côté ceux qui ne savent que subir, l’homme de liberté, reconnaissable à la fierté d’un cœur que rien ne dompte, diffère de celui que la dignité caractérise et qui inspire surtout le respect : l’homme d’autorité diffère des deux autres. Sa liberté s’impose naturellement à la liberté d’autrui, sa dignité est rayonnante, elle entraîne et transporte. Ce n’est pas le respect ni l’admiration, sentiments inertes, c’est une docilité enthousiaste, qui lui répond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loin d’être irrationnels, les voeux instinctifs vont plus vite que la raison consciente, et la logique clairvoyante n’en est pas plus absente que des passions d’un grand amour. L’auteur de la ''Vie'' nouvelle nous dit qu’à la première vue de Béatrice le cœur se mit à lui battre impétueusement, ce que Dante développe et explique en ces termes : «'' ... L’esprit de la vie qui réside dans la voûte la plus secrète du cœur commença à trembler avec tant de force que le mouvement s’en fit ressentir dans mes plus petites veines, et, tremblant, il dit ces paroles '': Ecce deus fortior me, qui veniens dominabitur me. ''Voici ce dieu plus tort que moi, il va me dominer. Alors, l’esprit animal, qui se tient dans la haute voûte où tous les esprits sensitifs vont porter leur perception, commença à s’étonner beaucoup et, s’adressant particulièrement aux esprits de la vue, dit ces paroles'' : Apparuit jam beatitudo nostra. ''Notre béatitude est apparue...'' » Il faut relire toute cette pénétrante et poétique analyse qui est d’un âge où les sophismes paresseux de l’Allemagne et de la juiverie n’avaient pas imposé à l’Occident européen une ridicule philosophie de l’inconscient. Ce qui était inconscient, on le portait à la conscience. Ce qui échappait aux premières prises de la raison, une raison plus subtile l’arrachait à la nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette explication des fortes presciences d’un cœur amoureux, telle que Dante nous la donne, peut s’appliquer aux transports instinctifs d’une âme obéissante devant l’autorité qu’elle juge lui convenir : un jugement rapide lui donne à concevoir qu’il lui sera bon de servir cette force conçue comme utile et bienfaisante, dont l’ordre lui présage protection, justice ou victoire. Elle y goûte l’amorce d’un bien mystérieux. A quel signe le connaît elle ? C’est la grande difficulté. Certains chefs militaires se font obéir par le génie, d’autres par la bravoure, d’autres par une sorte de foi mystique. Les dons extérieurs et brillants d’un Condé y peuvent ajouter la magie de l’exemple, mais des généraux portés en litière ont rayonné le même prestige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henry. Fouquier, qui fut des ''Mille, ''aimait à raconter que Garibaldi vieillissant fanatisait ses bandes en leur disant à demi voix, du fond de sa voiture où les rhumatismes le confinaient, un simple : « Messieurs, en avant ! » Tant de passions d’espérance et de confiance dorment dans l’âme humaine ! Il suffit de peu pour les en faire surgir, mais ce rien est indispensable, et nulle convention, nul arrangement, nul artifice de volonté ne tient lieu du premier don naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité est du même ordre que la vertu ou le génie ou la beauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plus savants rouages n’ont jamais remplacé l’autorité ''née''...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français du Xe siècle s’étaient rangés autour de la race qui, depuis cent années et plus, les avait toujours défendus efficacement. D’où venait cette race, de quel ciel était-elle tombée sur le pays ? Saxons immigrés ou seigneurs paysans autochtones ou même descendants des bourgeois parisiens, l’érudition ne cesse d’en discuter. On ne discute pas l’autorité acquise peu à peu par leur puissance heureuse ni le bienfait de leur dynastie ni son honneur constant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle exprime depuis des siècles un pouvoir de protection et de relèvement, elle figure tout ce que le cœur et l’esprit des hommes, isolés ou réunis, attend, espère et croit d’une autorité véritable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vraie autorité est sage naturellement ; une autorité insensée n’est point concevable. Vidée d’autorité ne signifie, en effet, point seulement le pouvoir et le grand pouvoir exercés par un homme ou par un groupe d’hommes, mais de plus il enferme la connaissance de l’objet sur lequel s’exerce et s’applique ce pouvoir. Plus l’autorité croît, plus cette connaissance elle même se développe. Plus l’autorité est parfaite, plus elle suppose la clarté et l’exactitude de cette connaissance, et plus elle s’y proportionne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’autorité ne serait pas une nécessité politique éternelle si, parallèlement à cet instinct directeur, qui constitue le fond de l’âme des chefs, il n’existait dans l’âme des sujets et des citoyens un instinct d’obéissance, ''esprit de suite, ''disait Richelieu, qui est l’expression vivante du plus grand intérêt des foules : être gouvernées et bien gouvernées, dans un bon sens, avec fermeté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les conditions de l’autorité vraie : L’éducation des chefs ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement de ce qu’on appelle la civilisation moderne tend à donner aux forces matérielles un avantage croissant sur les forces morales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on se fie à elle pour réaliser la justice sociale ou radoucissement des moeurs, on se prépare des déceptions considérables ! Cette civilisation n’égalise ni les fortunes, ni les conditions : sa complexité ne cesse, au contraire, de creuser des différences entre les hommes. Elle n’affranchit pas : l’autorité de la science et de l’industrie tendrait plutôt à établir de nouvelles races d’esclaves. Enfin, loin d’apaiser et de concilier, ses nécessités sont d’une telle rigueur qu’elles semblent couper à angle droit, détruire ou renier tout ce qui est humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Ni le jeu de l’offre et de la demande qui constitua le capitalisme, ni le principe des nationalités qui a créé notre paix armée, ni la guerre de classes, par laquelle les masses insurgées répondent au capitalisme affameur, ne sauraient répandre dans le monde moderne une atmosphère de bergerie’ Nous en serions plutôt repoussés chez les loups insociaux et contraints de vivre, par catégories de classes ou de races, selon la coutume des loups. Le vernis héréditaire des moeurs s’écaille peu à peu, les survivances des traditions générales s’effacent et les statistiques de la criminalité montrent ce qui en découle inévitablement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Considérez les progrès de l’athlétisme (qui pourrait faire dans une société bien réglée une admirable école de discipline et d’élégance), la passion (d’ailleurs excellente en elle même) de l’emporter et de primer dans ces jeux violents, les instruments nouveaux créés par la science et ses applicateurs : cette multiplication des anciennes forces et ces nouveaux moyens mis au service d’énergies sans frein n’ont qu’à se donner cours : le moraliste, à mille signes, voit renaître la brutalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au langage de nos contemporains, je parle des meilleurs, de ceux qui sont élevés, sinon bien élevés, hommes et femmes, c’est à l’onomatopée primitive qu’il revient, si ''nous « laissons faire à la vie », ''aux forces, aux destins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En régime de brutalité, ce ne sont ni les chefs ni les ordres, ni même l’ordre, avec sa hiérarchie nécessaire qui font défaut. Les massacreurs de septembre avaient des chefs. Ce n’est pas d’ordres que manquèrent les fusilleurs du duc d’Enghien ou de Mgr Darboy. Il ne faut pas nous plaindre de notre temps à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différences de classes sont plus marquées qu’il y a un demi siècle, l’arrogance et le despotisme des autorités seraient plutôt en voie de grandir. Ce qui manque, c’est, dans les esprits dirigeants, cette lumière qui est le signe de leur droit de conduire. Les chefs subsistent et leur pouvoir augmente, mais ce sont des chefs barbares livrés aux impulsions de la passion ou de l’intérêt. Ils commandent, ils conduisent, car leurs troupes le veulent, mais ils commandent mal et conduisent de travers, faute d’avoir appris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils sont donc, eux aussi, plus encore que ces masses prolétariennes pour lesquelles on simule un intérêt si vif, ils sont de véritables déshérités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le trésor intellectuel et moral dont il leur appartenait de recueillir l’héritage a été dédaigné et finalement s’est perdu. '''Ainsi en disposa l’esprit de la démocratie libérale qui a désorganisé le pays par en haut ; empruntant la voix du progrès, feignant de posséder les promesses du lendemain, il a fait abandonner le seul instrument de progrès, qui est la tradition, et la seule semence de l’avenir, qui est le passé.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire de la troisième République peut suffire à montrer l’inconvénient qu’il peut y avoir à livrer la législation, les armées, l’économie, la diplomatie, et toutes les formes de l’autorité et de l’influence à des esprits sans direction et sans culture, à des cœurs sans maîtrise et sans dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire symétrique de l’Angleterre conservatrice, où tout ce qui gouverna et servit dans les hauts emplois avait subi la dure et longue préparation intellectuelle et morale des vieilles universités, à grand renfort de vers grecs et de discours latins, vérifie combien il est certain que le bonheur réel des peuples dépend du bon dressage de leurs conducteurs. L’épée du conquérant, le bâton du pionnier, même le crayon de l’homme de Bourse, toutes ces modalités de la force et de la ruse peuvent et doivent réaliser de grands biens à la condition d’avoir passé le temps nécessaire sous la férule de l’éducateur. Tout ce qu’on ôte à la férule n’est pas ôté à la férule ni à l’autorité qui la tient : cela est retranché à la masse entière du peuple ; c’est la nation et le genre humain qui sont les premiers dépouillés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diminution du commun avoir intellectuel et moral est une perte pour tout le monde : les petits y perdront autant que les grands.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils y perdront même beaucoup plus que les grands, car ce qui perfectionne, affine, élève les grands constitue, au profit des autres, la garantie la plus précieuse et souvent la seule, contre les abus du pouvoir auxquels exposent précisément les grandeurs. Certaines nuances de vertu et d’honneur, certains beaux accents persuasifs de la voix qui commande sont les fruits directs de la seule éducation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est de cela comme de la religion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui a dit qu’il fallait une religion pour le peuple a dit une épaisse sottise. Il faut une religion, il faut une éducation, il faut un jeu de freins puissants pour les meneurs du peuple, pour ses conseillers, pour ses chefs, en raison même du rôle de direction et de refrènement qu’ils sont appelés à tenir auprès de lui : si les fureurs de la bête humaine sont à craindre pour tous, il convient de les redouter à proportion que la bête jouira de pouvoirs plus forts et pourra ravager un champ d’action plus étendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute liberté n’est point convenable en tout État ; chaque État dépend de ses antécédents historiques et de sa configuration géographique, comme chaque homme de ses ancêtres et de son pays. Dépendances salutaires et tutélaires, puisqu’elles ont donné la vie, la soutiennent et la conservent, et que qui s’y dérobe meurt. La liberté varie avec les temps et avec les lieux, mais '''il n’y a point d’État qui puisse durer sans une autorité souveraine.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si donc l’on veut parler avec exactitude, ce n’est point la liberté qui est générale, nécessaire, de droit oecuménique, primitif et humain ; c’est l’autorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Exercice de l’autorité : le Pouvoir ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La propriété du pouvoir ressemble aux autres propriétés, elle résulte du travail, du travail fait, « bien fait ». La force toute nue peut s’appliquer au bien et au mat à la construction et à la destruction. Quand elle a fait le bien, quand elle a construit, elle en a le mérite, elle en a le prestige et la gloire, elle en voit naître aussi ce produit qui s’appelle l’autorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La carence du pouvoir ressemble à la vacance d’un champ. Le prend qui veut, le tient qui peut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le pouvoir est vacant, c’est, comme disait Jeanne d’Arc, grand pitié sur le royaume ! Et c’est grande misère. Prendre le pouvoir en ce cas, quand on en a la force, C’est tout simplement un acte de charité ou d’humanité. Un peuple a besoin de chef comme un homme de pain. Non seulement, en telle hypothèse, se rétablit le droit du premier occupant, mais il y a devoir rigoureux, obligation stricte, pour celui qui peut occuper. Quand les citoyens sont menacés par l’ennemi, il faut les commander si l’on peut le faire. Quand le désordre est dans la rue, il faut y ramener de l’ordre si lion en a les moyens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pouvoir n’est pas une idée, c’est un fait, et l’on croit à ce fait quand il se fait sentir, toute la critique du monde ne peut rien contre la force d’un conquérant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des moralistes, qui sont des esprits confus, ont jugé que le pouvoir corrompait le cœur de l’homme. Quand le pouvoir est élevé et qu’il dure, quand il dure un peu, ’l’effet est tout contraire, l’apprentissage des responsabilités se fait et leur expérience perfectionne au lieu de gâter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La liberté ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liberté n’est pas au commencement, mais à la fin. Elle n’est pas à la racine, mais aux fleurs et aux fruits de la nature humaine ou pour mieux dire de la vertu humaine. On est plus libre à proportion qu’on est meilleur. Il faut le devenir. Nos hommes ont cru s’attribuer le prix de l’effort par une Déclaration de leurs droits fameuse, en affichant dans leurs mairies et leurs écoles, dans leurs ministères et leurs églises que ce prix s’acquiert sans effort. Mais afficher partout que chacun naît millionnaire vaudrait il à chacun ombre de million ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Direz vous que c’est un droit à la liberté ? Le droit au million ne serait pas plus vain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liberté, principe métaphysique, est une chose : les libertés en sont une autre. La volonté du peuple, somme, des volontés individuelles, est une chose ; la volonté générale, expression de l’intérêt général d’une nation, d’une race, d’un pays, est une autre chose, toute différente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liberté du fou s’appelle folie, celle du sot, sottise, celle du bandit, banditisme, celle du traître, trahison, et’ ainsi de suite. Dire que les libertés se limitent les unes les autres est tout à fait juste de l’état sauvage ou de l’état d’anarchie : cela signifie simplement que les forts oppriment ou exploitent les faibles tant que les faibles ne se révoltent pas contre les forts et que les victimes éventuelles n’ont pas trouvé un procédé sûr pour canarder et mitrailler à volonté leurs bourreaux. La liberté conçue comme régime ou comme principe, c’est un chaos, généralement douloureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens qui ont un peu réfléchi ne se laissent donc pas intimider par des effets de mots. Ils définissent la liberté un pouvoir ou une force, force ou pouvoir qui vaut ce que valent ses sujets et son objet. Le ridicule éternel du XVIIIe siècle et du XIXe consiste à prendre la liberté pour une règle ou pour un but quand ce n’est qu’un moyen ou une matière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La liberté vit dans peu d’hommes.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui dit liberté réelle dit autorité. La liberté de tester crée l’autorité du chef de famille. La liberté communale ou provinciale crée le pouvoir réel des autorités sociales qui vivent et résident sur place. La liberté religieuse reconnaît l’autorité des lois spirituelles et de la hiérarchie interne d’une religion. La liberté syndicale et professionnelle consacre l’autorité des disciplines et des règlements à l’intérieur des corporations et compagnies de métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont là des fait observables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si, pourtant, au lieu d’observer on rentre en soi pour réfléchir, on s’aperçoit que la nature même de la liberté positive celle qui n’est pas conçue par rapport à un obstacle à surmonter, celle qui s’exerce et qui vit de source profonde, la liberté, c’est la puissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sociale, elle s’exerce dans la société et elle a pour point d’application non pas le marbre comme le pouvoir d’un sculpteur, ni la machine, comme le pouvoir d’un mécanicien, mais les hommes engagés avec nous dans la vie sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce donc qu’une liberté ? Un pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui qui ne peut rien du tout n’est pas libre du tout. Celui qui peut médiocrement est médiocrement libre. Celui qui peut infiniment est aussi libre infiniment. Une des formes du pouvoir, c’est la richesse. Une autre de ces formes, c’est l’influence, c’est la force physique, c’est la force intellectuelle et morale. Sur quoi s’exercent diversement ces pouvoirs divers ? Sur des hommes. Et ce pouvoir, à qui appartient il ? A des hommes. Quand une humaine liberté se trouve au plus haut point et qu’elle a rencontré d’humains objets auxquels s’appliquer et s’imposer, quel nom prend elle ? Autorité. Une autorité n’est donc qu’une liberté arrivée à sa perfection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loin que l’idée d’autorité contredise l’idée de liberté, elle en est au contraire l’achèvement et le complément. La liberté d’un père de famille est une autorité. La liberté d’une confession religieuse est une autorité. Ce sont encore des autorités que la liberté d’une association, la liberté d’une commune, d’une province déterminées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on veut que l’État respecte dans l’ordre économique l’initiative privée, on demande, au fond, qu’il respecte ce que Le Play nommait d’un si beau mot : les autorités sociales. Toutes les libertés réelles, définies et pratiques, sont des autorités. La liberté opposée à l’autorité ; la liberté qui consiste à n’être point ''agi'' par les autres, mais aussi à ne point les ''agir'' , cette liberté neutre n’est pas conciliable avec la nature ni avec l’ordre de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit et la loi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai toujours cru que le privilège des droits représentait aussi le privilège des devoirs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expérience de la nature des choses établit que le domaine du droit commun est fort restreint et qu’il y a, tout au contraire, une multitude de droits privés. Chaque groupe d’hommes, qui a sa vie particulière, mérite un traitement particulier. Qui se « privilégie » veut être traité conformément à son privilège, et quand ce voeu n’est pas exaucé, le sujet souffre, tout d’abord dans le corps dont il fait partie et secondement en lui-même, par suite de la déconsidération et du relâchement qui, de toute nécessité, atteint ce corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit, pour s’imposer et même pour subsister, a besoin qu’on le fasse valoir, qu’on le soutienne et qu’on le publie. Il suppose l’activité ou s’évanouit, peu à peu, dans le sang et les cendres des hommes massacrés et des édifices incendiés, puis dans le froid sublime de ces espaces vides où va s’éteindre l’éclat de voix du plus véhément des rhéteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ce que les rhéteurs ne comprendront jamais. Ils passent leur vie à personnifier « le droit ». Mais les hommes d’action et les hommes d’analyse se demandent ce que peut être cette personne sans sujet, ce droit sans substrat vivant : à leur tour de ne pas comprendre l’antithèse qui traîne partout, ce droit qu’on oppose à la force, cette force dont on veut faire l’opposé du droit! Autant mettre en opposition le triangle et la couleur. Il y a des triangles colorés, il peut y avoir des couleurs étendues en surfaces triangulaires. Je ne conçois pas un droit qui serait abstrait, qui serait séparé d’une personne morale ou matérielle en qui il existe, et c’est à dire d’une force.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a la force, plus ou moins forte, qui a droit ; il y a la force plus ou moins forte qui a tort ; mais l’être de raison qui, sans aucune force, serait le droit ou aurait le droit, c’est ce que je ne puis concevoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit, qui a besoin de la force pour être reconnu, en a besoin encore pour être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déduction juridique part des principes du Juste et de l’Injuste, ses notions premières représentent déjà la deuxième ou la troisième puissance d’une haute abstraction, et ses définitions si vastes sont nécessairement flottantes quand il s’agit d’en adapter la généralité à la vie pratique : entre la multitude des faits particuliers souvent très divers, et qui parfois se contrarient, l’esprit est à peu, près fatalement induit à perdre de vue les raisons impersonnelles d’arrêter son choix ou même de conduire son attention ; c’est alors qu’à défaut des raisons impersonnelles, apparaissent les autres : le motif personnel surgit, actif et vigilant, et l’idée du droit ne reste plus éclairée et guidée que par l’idée du moi, de ce moi qui n’est pas sans droits, mais qui prétend les avoir tous et qui gouverne instinctivement les démarches de la pensée vers son intérêt seul, parfois compris dans un sens tyrannique, mais toujours, à quelque degré, insoucieux du bon ordre, inconsciemment favorable à quelque anarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Me préservent les cieux de dire que le Droit mène à l’anarchie, lui qui veut au contraire la régler et la pacifier! Mais il est né guerrier. A mon avis, la préférence donnée à la méthode juridique sur la méthode empirique doit convenir aux sociétés florissantes, fortement assises sur des principes qui éclatent de toute part et Sont obéis de chacun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Séparez l’homme de sa famille, de sa nation, de son métier, dites lui qu’il est roi, dites lui qui est Dieu, et enivrez le de ridée de Justice, vous verrez de quel cœur il comptera les torts qui lui seront faits et quelles pourront être ses indulgences pour les torts qu’il lui arrivera de faire à autrui! Ce juge est trop partie, une partie trop intéressée et trop passionnée pour qu’il soit raisonnable de lui déférer théoriquement tout litige. Celui qui se reconnaît tous les droits commence par imposer au monde entier tous les devoirs, sans oublier les sanctions qui correspondront à tout manquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là est la vraie folie de l’individualisme révolutionnaire, qu’il soit politique, social ou moral. Il est impossible qu’un animal aussi sensible, aussi triste, aussi vulnérable que l’homme, une fois placé sur l’autel intérieur que lui érige la dogmatique libérale, ne se croie pas, neuf fois sur dix, le créancier de ses semblables et de l’univers, au lieu que le plus misérable est au contraire leur débiteur à l’infini!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette illusion de la créance sur la société ne peut être qu’encouragée par l’absurde métaphysique des Droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Précisions sur la nature de la loi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’après une vénérable maxime, la loi se fait par l’opération du souverain ''(constitutione regis), '' par l’acceptation du sujet ''(consensu populi). ''Sans doute nos juristes traduisent mal ces mots. Es se figurent que ''consensu '' veut dire consentement exprès, ratification explicite, approbation formelle plus ou moins votée ou écrite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, politiquement, le génie humain est plus libre et plus expéditif ; son action s’embarrasse de moins de formalités et de paroles. Par ''consensus, ''il faut entendre l’adhésion de fait, tantôt bruyante comme l’acclamation qui suivait le sacre des rois, tantôt simple murmure approbatif dont Homère fait suivre la parole des chefs. EPEYTHY MISAN AXAIOI.'' ''Mais, dans l’immense majorité des cas, dans le cas dont on ne fait pas des historiettes, l’adhésion&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consiste dans le fait de n’élever aucune contradiction importante, de comprendre, d’exécuter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aller dire : « Monsieur le Sujet, voici une loi qui vous obligera. La voulez vous bien ? Êtes vous sûr de la vouloir. ? Il nous faut votre signature », c’est proprement vouloir lui inspirer de dire « non », de discutailler à l’infini pour ne pas marcher. La haine du nouveau et l’esprit de contradiction sont assez forts dans l’homme pour qu’on ne mette pas le salut public à leur merci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il reste vrai que la loi doit être faite pour être obéie facilement. Une loi doit être acceptable. La loi n’est pas la loi lorsque son énoncé suffit pour provoquer les gens à l’enfreindre. Elle veut un ''assentiment, ''naturel,et prompt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parti qui attaque une loi dont nul ne prend la défense peut avoir tort ou avoir raison, ce n’est pas la question : l’auteur d’une telle loi n’en aura pas moins commis la faute politique de ne pas attendre des conjonctures meilleures et des dispositions plus favorables de l’esprit public. Sa loi n’est qu’un décret d’état de siège qu’il devra soutenir les armes à la main, sans qu’il ait le droit de se plaindre ou de s’étonner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit des lois modernes s’est éloigné de l’esprit des lois qui régissent les faits de la vie réelle, et ces faits réels, ne pouvant pas avoir souci du chiffon de papier qui les dénature ou de l’araignée qui tisse sa toile dans le cerveau législatif, ont continué à se développer suivant les poids, les mesures et les nombres dont ils sont composés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On dit : « Mais le fait peut être le crime! le fait peut être la monstruosité ! le fait peut être l’erreur! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assurément : la politique et la morale réalistes ne donnent pas les faits nus et crus pour les types et les modèles de la vie. Mais elles recommandent deux points :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’abord considérer les lois selon lesquelles les faits réels sont enchaînés, car si les faits peuvent être vicieux ou crimi­nels, les lois du vice et du crime ne le sont pas ; l’ordre des causes et des effets qui préside aux réalités même mauvaises n’est pas mauvais le moins du monde, il est même excellent à connaître et à calculer, connaissance et calcul qui seuls permettent l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Second point, l’action n’a chance d’être sérieuse et utile qu’à la condition de viser un but défini et juste. Il ne suffit pas d’avoir un « idéal » en tête ni de se faire une idée quelconque du « droit » et du « devoir » : ce moralisme, ce jurisme, cet idéalisme doivent être conformes à la vérité idéale, morale et juridique. En d’autres termes, il faut d’abord avoir raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une idée fausse est une idée fausse. La vouloir imposer au monde sous prétexte que le monde doit être gouverné par les idées est une prétention absurde dont l’application sera forcément ''criminelle ou ''funeste. Les idées ne sont pas égales entre elles. Tous les droits prétendus ne sont pas valables. Et toutes les manières de régler les moeurs ne sont pas dignes de respect. L’erreur moderne vient de cette assimilation brutale des systèmes contraires rêvés par le cerveau humain. C’est une erreur commode, assurément, pour les orateurs et pour les plaideurs. Elle autorise ceux ci à soutenir toutes les causes. Elle permet à ceux là de contenter tous les auditoires. Mais les peuples qui s’y confient le paient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La propriété ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La propriété est la sauvegarde naturelle de l’homme, animal industrieux plus encore que raisonnable, à qui ses besoins, sa faiblesse, le mécontentement qu’il apporte dès son berceau font un étroit devoir de transformer ce qui l’environne. Pascal a tort de se moquer de ces pauvres enfants qui disent : ce coin est à moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne dirait pas moi, si l’on ne disait mien. Sans propriété, l’homme est un condamné à mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Posséder, c’est commander, c’est disposer de soi, C’est pouvoir résister aux autres, c’est exercer une influence ne serait ce que par réaction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La propriété affranchit l’existence et confère une autorité au moins sur les biens de la terre et les fruits du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’hérédité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nature procède le plus communément par imitation et répétition : mais elle a aussi ses innovations, ses caprices, ses initiatives. Dans ce cas elle agit avec une extrême vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’il lui plaît de faire naître un homme de guerre chez de paisibles magistrats, ou un marin sur une souche de vignerons, la vocation nouvelle est marquée assez fortement, elle est servie par une volonté assez ferme pour que toutes les résistances soient brisées. Mais ces résistances, ces difficultés, ont du bon. Ces épreuves sont des examens naturels, laissant passer les forts prédestinés, mais rejetant les autres dans la condition héréditaire qui leur est la plus convenable, car elle leur assure la défense et l’abri.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme moyen d’action vers un avenir, l’hérédité est le plus droit et le plus simple de tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son utilité générale résulte du destin du producteur doué de raison, qui se reproduit avant de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie humaine serait indignement courte si la nature n’avait fourni aux sociétés une procédure qui transmette les fruits des travaux par le sang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La flamme impersonnelle dont l’homme a le dépôt ne fait que le traverser pour courir à d’autres, mais délègue aux enfants qu’il procrée un pouvoir sur les biens qu’il a procréés comme eux et très souvent pour eux. La postérité inerte qui sort de ses mains sera vivifiée par sa postérité vivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand ses grands fils commencent à féconder son héritage, tout travailleur un peu amoureux de son œuvre sent avec vérité qu’il va vaincre deux fois la mort. Le pouvoir de léguer son reste donne à l’activité d’une vie bien remplie le plus haut laurier naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notons que les sociétés chrétiennes du Moyen Âge, pénétrées du sentiment surnaturel de la vie future, se sont toujours montrées extrêmement sensibles à la récompense terrestre du père dans le fils. Elles ont chanté, de toute leur âme, ''l’Abraham et semini ejus in secula.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos diverses races royales ou impériales sortent de nations ardemment convaincues de la réalité du royaume des cieux : comment des peuples moins croyants donneraient ils moins d’attention au voeu charnel de la durée héréditaire ? Elle est leur unique défense contre le temps : ils n’ont que cette ancre à jeter sur l’abîme de l’avenir. A la rigueur, les ambitions héréditaires auraient pu s’affaiblir par un brusque essor des espérances célestes ; l’inverse se comprendrait il ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut raisonner ainsi :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si quelque Dieu caché dans le secret des cœurs ou planant sur l’abîme interplanétaire assiste, immobile et muet, ardent et tout puissant, au développement des efforts de l’humanité, c’est sa loi même qu’il vérifie dans les choses et les hommes; il ne peut qu’en bénir l’effet multiplié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais si les espaces sont vides et si le cœur humain n’est lui même assisté d’aucune « consolation internelle », tous les bonheurs de l’être et tous les bienfaits de la vie en paraissent plus exposés à l’érosion du temps et aux coups de la mort, leur tradition, leur transmission semble donc plus précieuse dans l’immensité solitaire au perpétuel dénuement Tout moyen de sauver ou de prolonger le tremblant effort personnel en devient plus sacré peut être ! La pensée menacée s’en attache plus fermement à la philosophie de l’ordre et à la connaissance des lois de sa préservation. Que cet ordre succombe, le croyant garde le refuge de la Cité divine : celui qui ne croit plus subit la catastrophe de tout ce que son rêve disputait à la mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devoir de l’héritage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour justifier ce que le sens commun, et la coutume maintiennent avec force, ne parlons pas droit, mais devoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devoir de léguer et de tester.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devoir d’hériter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qu’on appelle déshérités ou prolétaires s’entendent quelquefois prêcher que cela n’est pas juste à leur point de vue. Cela est juste et bienfaisant pour tout le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bien qui se fixe dans une famille naturelle ou légale peut avoir des sources douteuses : il se rachète et se moralise par sa fixité, par le ferme bienfait qu’il établit autour de lui en régularisant les conditions de la vie, en distribuant le travail, en rassurant, en préparant un point d’appui solide aux générations à venir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de différence entre le dommage causé à la nature par la mort d’un bel animal, suivie du retour de ses éléments à la poussière universelle, et la destruction d’une fortune quelconque à la mort de son créateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a perte sèche pour la société comme pour la nature, contraintes de recommencer un long et pénible travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organisations sociales prospères sont celles qui empêchent ces réalités de se résoudre dans le néant et qui aident à les garder de mourir tout entières : ces pourvoyeuses de la vie, étant les ennemies nées de la destruction, ont fait de l’héritage une institution respectée, et du testament, on peut le dire, une espèce de sacrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Tradition ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tradition veut dire transmission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tradition rassemble les forces du sol et du sang. On la conserve même en quittant son pays, comme une éternelle tentation d’y faire retour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vraie tradition est '' critique, ''et faute de ces distinctions, le passé ne sert plus de rien, ses réussites cessant d’être des exemples, ses revers d’être des leçons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans toute tradition comme dans tout héritage, un être raisonnable fait et doit faire la défalcation du passif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tradition n’est pas l’inertie, son contraire ; l’hérédité n’est pas le népotisme, sa contrefaçon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les traditions ont eu un commencement et les sentiments de fidélité monarchique, s’ils remontent très haut, ne remontent point indéfiniment : ce qui a commencé peut se recommencer ; ce qui eut un point de départ peut en retrouver un second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’opposition de la raison et de la tradition, cela vaut l’antithèse de la réalité et de l’idée ou de l’art de la nature, et cela peut s’assimiler à l’opposition du vinaigre et de l’huile, du doux et de l’amer, du fluide et du ferme, dans une cosmogonie de peuples enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Troisième partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La civilisation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Qu’est ce que la civilisation ? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’homme est un héritier ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu de mots sont plus employés, peu de mots sont moins définis que celui là. On entend quelquefois par civilisation un état de moeurs adoucies. On entend d’autres fois la facilité, la fréquence des relations entre les hommes. On imagine encore qu’être civilisé, c’est avoir des chemins de fer et causer par le téléphone. En d’autres cas, au minimum, cela consiste à ne pas manger ses semblables. Il ne faut pas mépriser absolument ces manières un peu diverses d’entendre le même mot, car chacune est précieuse : chacune représente une acceptation en cours, une des faces de l’usage, qui est le maître du sens des mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trouver la vraie définition d’un mot n’est pas contredire l’usage, c’est au contraire l’ordonner; c’est l’expliquer, le mettre d’accord avec lui même. On éprouve une sorte de plaisir sensuel à survenir dans ce milieu troublé et vague pour y introduire la lumière avec l’unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les faiseurs de dictionnaires ont trop à écrire pour s’encombrer sérieusement de ce souci. Le seul petit lexique que j’aie sous les yeux au moment où j’écris, s’en tire à bon compte, et je ne crois pas que ses confrères fassent de beaucoup plus grands frais. Je le copie : « ''Civiliser'', rendre civil, polir les moeurs, donner la civilisation. ''Civilisation'', action de civiliser, état de ce qui est civilisé. ''Civilisateur'', qui civilisé''. Civilisable, ''qui peut être civilisé. » Et voilà tout. Pas un mot de plus. Le seul menu lumignon qui soit fourni par cet ingénieux lexicographe est dans « polir les moeurs », qui n’éclaire que médiocrement le sujet. Nous pourrions dépouiller quantité de doctes volumes sans être plus avancés. Mieux vaut peut être concentrer avec force son attention, songer aux sociétés que nous appelons barbares et sauvages, les comparer entre elles, voir leurs ressemblances, leurs différences et tâcher d’en tirer des indications.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous épargnerai cette besogne d’analyse, qui risquerait de vous paraître fatigante, et ne vous en soumettrai que le résultat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui ci me paraît se défendre assez bien par l’évidence qui lui est propre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne vous semble t il pas que le vrai caractère commun de toute civilisation consiste dans un fait et dans un seul fait, très frappant et très général ? L’individu qui vient au monde dans une «civilisation » trouve ''incomparablement plus qu’il n’apporte. ''Une disproportion qu’il faut appeler infinie s’est établie entre la propre valeur de chaque individu et l’accumulation des valeurs au milieu desquelles il surgit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus une civilisation prospère et se complique, plus ces dernières valeurs s’accroissent et, quand même (ce qu’il est difficile de savoir) la valeur de chaque humain nouveau né augmenterait de génération en génération, le progrès des valeurs sociales environnantes serait encore assez rapide pour étendre sans cesse la différence entre leur énorme total et rapport individuel quel qu’il soit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il suit de là qu’une civilisation a deux supports. Elle est d’abord un capital, elle est ensuite un capital transmis. Capitalisation et tradition, voilà les deux termes inséparables de l’idée de civilisation. Un capital... Mais il va sans dire que nous ne parlons pas de finances pures. Ce qui compose ce capital peut être matériel, mais peut être aussi moral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrie, au grand sens du mot, c’est à dire la transformation de la nature, c’est à dire le travail de l’homme, c’est à dire sa vie, n’a pas pour résultat unique de changer la face du monde ; elle change l’homme lui même, elle le perfectionne, comme l’œuvre et l’outil perfectionnent l’ouvrier, comme l’ouvrier et l’œuvre perfectionnent l’outil. Le capital dont nous parlons désigne évidemment le résultat de cette triple métamorphose simultanée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le « sauvage » qui ne fait rien ou qui ne fait que le strict nécessaire aux besoins pressants de la vie, laisse à la forêt, à la prairie, à la brousse leur aspect premier. Il n’ajoute rien aux données de la nature. Il ne crée point, en s’ajoutant à elles, un fort capital de richesses matérielles. S’il a des instruments ou des armes, c’est en très petit nombre et d’un art aussi sommaire que primitif... Mais cet art, étant très sommaire, n’exige pas non plus, comme le fait toute industrie un peu développée, des relations multiples et variées entre voisins, congénères, compatriotes. Il contracte, sans doute, comme en toute société humaine, des moeurs, mais rudimentaires : elles sont sans richesse ni complexité. La coopération est faible, la division du travail médiocrement avancée : les arts et les sciences sont ce que sont l’industrie et les moeurs. Tout le capital social en est réduit à son expression la plus simple : ni pour le vêtement, ni pour l’habitation, ni pour la nourriture l’individu n’obtient des sociétés qui le forment autre chose que les fournitures essentielles ou les soins indispensables. Le fer fut longtemps ignoré ; on assure même qu’il y a des sauvages qui dont aucune idée du feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les capitaux particuliers à l’état sauvage ont encore cette misère d’être fragiles et bien rarement sujets à durer. C’est la hutte qu’il faut reconstruire sans cesse. C’est la ceinture ou le pagne d’écorce sèche. C’est la provision à rassembler quotidiennement. Aucun moyen d’éterniser les acquisition. Je ne parlerai même pas de l’écriture! Mais les langues parlées ne supportent qu’un très petit nombre d’associations de pensées. Il y a des secrets utiles précieux, découverts par fortune ou selon d’ingénieuses observations personnelles, ils sont sujets à se perdre irréparablement dans la nuit. Point de mémoire collective, point de monument, nulle continuité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou l’on se fixe, et le mouvement naturel des choses de la terre, qui se renouvellent sans cesse, ne s’arrête pas d’effacer méthodiquement toute trace de chaque effort. Ou l’on erre de lieux en lieux, et la course de l’homme vient ajouter sa turbulence aux autres causes de déperdition et d’oubli. Chaque tentative de constituer en commun des capitaux solides est exposée à des risques indéfinis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tradition n’est pas absente, parce qu’il n’y a point de société sans tradition, ni d’hommes sans société : mais elle est au plus bas. L’individu ne pourrait subsister sans elle : parce qu’elle est misérable et faible, la faiblesse et la misère des individus sont évidentes ; cependant, en présence d’un si maigre héritage, le nouveau venu peut se considérer, sans qu’il ait trop à rougir du peu qu’il apporte en regard de ce qu’il reçoit. S’il doit beaucoup à la société, il lui serait possible de la rendre sa débitrice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, tout au contraire, le civilisé, parce qu’il est civilisé, a beaucoup plus d’obligations envers la société que celle ci ne saurait en avoir jamais envers lui. Il a, en d’autres termes, bien plus de devoirs que de droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et quand je parle, en ceci, des civilisés, je ne veux point parler d’un de ces favoris de la nature et de l’histoire qui, nés Français, ou Italiens, ou Espagnols, ou même Anglo Saxons, bénéficient des plus brillants, des plus heureux et des plus merveilleux processus du genre humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne désigne même pas le membre d’une de ces petites nationalités secondaires qui participent, par leur position dans l’espace ou dans le temps, à nos vastes développements généraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au delà même de diverses clientèles de notre civilisation occidentale, l’étendue et l’immensité du capital accumulé, l’influence du nôtre crée des réserves trop nombreuses, trop puissantes, trop bien transmises, et trop éclatantes pour qu’il ne soit pas tout à fait ridicule d’y opposer, ou d’y comparer la frêle image d’un nouveau né à peine distinct de sa mère. En des cas pareils, il est certain que l’individu est accablé par la somme des biens qui ne sont pas de lui et dont cependant il profite dans une mesure plus ou moins étendue. Riche ou pauvre, noble ou manant, il baigne dans une atmosphère qui n’est point de nature brute, mais de nature humaine, qu’il n’a point faite, et qui est la grande œuvre de ses innombrables prédécesseurs directs et latéraux, ou plutôt de leur association féconde et de leur utile et juste communauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, ne comparons pas des incomparables. Prenons plutôt des civilisations moins avancées, encore inachevées et barbares, où le choeur des idées, des sentiments et des travaux ne fait que bégayer ses antiques paroles : les âges héroïques, les tribus aux premiers temps de leur migration, ou les cités aux premiers jours de leur édifice, ou la mer aux jours de ses premiers matelots, les champs aux premiers jours de leur défrichement. Quel capital démesuré représentent le simple soc incurvé d’une charrue, la toile d’une voile, la taille d’un quartier de roc, le joug d’un chariot, l’obéissance d’un animal de course ou de trait! Quelles observations, quels tâtonnements signifient les moindres données précises sur les saisons, sur la course des astres, le rythme et la chute des vents, les rapports et les équilibres ! Non seulement aucun homme isolé ne peut comparer son savoir au savoir général qu’exprime ceci, mais jamais une génération unique, en additionnant ses efforts, ne réaliserait rien de tel. Du point de vue individuel, si ce point de vue était admissible pour une intelligence et pour une raison humaine, on ne saurait voir une bêche ni une rame sans vénération : les deux pauvres outils passent infiniment ce que peut concevoir une imagination solitaire, à plus forte raison ce que peut accomplir un art personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme les bêches et les rames se sont multipliées et diversifiées, comme les instruments de l’industrie et cette industrie elle même n’ont cessé, par une activité séculaire, de s’accroître et de s’affiner : ainsi les civilisations accroissent, perfectionnent leurs ressources et nos trésors. Le petit sauvage était nourri par sa mère et dressé par son père à certains exercices indispensables. Rien de durable autour de lui, rien d’organisé. Ce qu’il avait de vêtements, on le lui cueillait ou il l’empruntait de ses mains aux arbres et aux herbes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi du reste. Mais, autour de l’homme civilisé, tout abonde. Il trouve des bâtiments plus anciens que lui et qui lui survivront. Un ordre est préparé d’avance pour le recevoir, et répondre aux besoins inscrits soit dans sa chair, soit dans son âme. Comme les instruments physiques sont appropriés à la délicatesse des choses, il est des disciplines, des sciences et des méthodes qui lui permettent d’éclairer son image du monde et de se conduire lui même. Je n’examine pas s’il a plus d’heur ou de malheur, car c’est une question tout à fait distincte de celle qui se pose ici ; je suis simplement forcé de constater qu’il a, beaucoup plus qu’un sauvage, la figure et l’attitude d’un débiteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa dette envers la société est à peu près proportionnée à l’intensité de sa vie : s’il vit peu, il doit relativement peu ; mais s’il profite des nombreuses commodités que ses contemporains, les ancêtres de ces derniers et les siens propres ont accumulées à son service, eh bien, sa dette augmente dans la même large proportion. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il da point à espérer de la solder : quelques services que rende un individu à la communauté, il peut être vénéré par ses successeurs, c’est à dire rangé au nombre des communs bienfaiteurs de la race, mais, au point du temps où nous sommes, il ne s’acquittera jamais envers les devanciers. Inventez le calcul différentiel ou le vaccin de la rage, soyez Claude Bernard, Copernic ou Marco Polo, jamais vous ne paierez ce que vous leur devez au premier laboureur ni à celui qui fréta la première nef. A plus forte raison le premier individu venu et, comme on dit, l’Individu, doit il être nommé le plus insolvable des êtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, de tous ces individus, le plus insolvable est sans doute celui qui appartient à la civilisation la plus riche et la plus précieuse. S’il y a donc une civilisation de ce genre, ses membres débiteurs par excellence pourront tous se définir par ce caractère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous devrions, je crois, protester contre une erreur assez commune du langage. On dit très indifféremment la civilisation et les civilisations. Non, cela n’est point la même chose du tout. Il y a en Chine une civilisation : c’est à dire un capital matériel et moral que l’on se transmet. Il y a des industries, des arts, des sciences, des moeurs. Il y a des richesses, des monuments, des doctrines, des opinions, des qualités acquises, favorables à la vie de l’être humain. Même phénomène aux Indes, au Pérou, si on le veut, à certains égards, au fond de l’Afrique, où se fondèrent des royautés puissantes, et dans les îles de l’Océanie. Ce qui est exceptionnel, sur la planète, ce n’est peut être pas un certain degré de civilisation, mais plutôt une certaine sauvagerie. L’homme est conservateur, accumulateur, capitalisateur et traditionniste d’instinct. Quelque développées que soient pourtant ces différentes civilisations, elles ne sont pas, à proprement dire, la Civilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La civilisation ne sera définissable que par l’histoire. Il y eut un moment, dans les fastes du monde, où, plus inventif et plus industrieux qu’il ne l’avait jamais été, l’homme s’aperçut néanmoins que tant d’art s’épuisait en vain. A quoi bon, en effet, majorer le nombre des biens et la quantité des richesses ? Toute quantité est susceptible d’accroissements nouveaux, tout nombre d’une augmentation indéfinie. Le merveilleux, le sublime, le grandiose ou l’énorme, tout ce qui dépend de la quantité ou du nombre des éléments utilisés, ne peut promettre à l’avidité de l’homme que déception. Une tour ou une colonne de cent pieds peut être haussée de cent autres pieds qui, eux mêmes, peuvent être multipliés de même manière. Qu’est ce donc que ces progrès tout matériels ? Ni en sciences, ni en art, ni même pour les simples commodités de la vie, cet amas de choses n’est rien. Puis il s’enfle, plus il excite, en nous désespérant, nos désirs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un poète, un pauvre poète tard venu dans un âge de décadence et qui assistait à la baisse de la Civilisation, Baudelaire, da pas mal défini la nature insatiable d’un désir qui essaye de se satisfaire par le nombre de ses plaisirs&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;''La jouissance ajoute au désir de la force.''&lt;br /&gt;
''Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,''&lt;br /&gt;
'' Cependant que durcit et grandit ton écorce,''&lt;br /&gt;
''Tes branches veulent voir le soleil de plus près''&lt;br /&gt;
'' Grandiras tu toujours, grand arbre plus vivace''&lt;br /&gt;
''Que le cyprès ?...''&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les vers sont assez médiocres. Le sentiment est vrai, l’idée est profonde. Oui, le désir grandira toujours et, avec lui, la peine, le déboire et l’inquiétude. Les civilisations, en imposant leur dette à l’homme, ne lui promettront cependant qu’une course absurde et sans fin jusqu’à ce qu’il éprouve le sentiment de « l’infinie vanité de tout », comme disait l’infortuné Leopardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, lorsqu’ils ont senti cette vanité des recherches, les Grecs n’ont pas voulu admettre qu’elle fût infinie. Ils ont cherché un terme à la course perpétuelle. Un instinct merveilleux, beaucoup plus que la réflexion, ou plutôt si l’on veut, un éclair de raison surhumaine ou divine leur a fait sentir que le bien n’était pas dans les choses, mais dans l’ordre des choses, n’était pas dans le nombre, mais dans la composition, et ne tenait nullement à la quantité, mais à la qualité. Ils introduisirent la forte notion des limites, non seulement dans l’art, mais dans la pensée, dans la science des moeurs. En morale, en science, en art, ils sentirent que l’essentiel ne tenait point aux matériaux, et, tout en employant les matières les plus précieuses, ils y appliquaient leur mesure. L’idée du « point ''de perfection et de maturité » ''domina ce grand peuple aussi longtemps qu’il resta fidèle à lui même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le roi Salomon croyait faire de la science en dressant la nomenclature des plantes depuis la plus ténue jusqu’à la plus haute : un Grec, Aristote, nous enseigna que ce catalogue de connaissances n’est qu’un point de départ, qu’il n’y a point de science véritable sans ordre et que l’ordre de la science n’est ni celui de la grandeur, ni celui de la petitesse. De même les artistes d’Égypte et d’Asie envoyèrent en Grèce des échantillons de leur savoir faire ; en développant sur cette terre et dans cette race favorisées, les modèles orientaux témoignèrent que l’art, ne consiste pas à faire des colosses, ni à déformer la nature en grimaces de monstres, ni à la copier du plus près qu’il soit possible jusqu’au succès de la ressemblance parfaite : l’art grec inventa la beauté. Et pareillement, dans le gouvernement de soi même, les moralistes enseignèrent que le bonheur ne tient pas à l’infinité des éléments que l’on s’approprie, ni non plus à l’avare sécheresse d’une âme qui se retranche et veut s’isoler ; il importe que l’âme soit maîtresse chez elle, mais il importe aussi qu’elle sache trouver son bien et le cueillir en s’y élevant d’un heureux effort. La philosophie grecque aborda ainsi la vertu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette Civilisation tout en qualité s’appela seulement, dans ses beaux jours, la Grèce. Elle fut Rome qui la dispersa dans l’univers, d’abord avec les légions de ses soldats et de ses colons, ensuite avec les missionnaires de la foi chrétienne. Les deux Romes conquirent de cette sorte à peu près le monde connu et, par la Renaissance, elles se retrouvaient et se complétaient elles mêmes, quand la Réforme interrompit leur magnifique développement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les historiens et les philosophes sans passion commencent à évaluer exactement quel recul de la Civilisation doit exprimer désormais le nom de la Réforme. Nous devons&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
en France de profondes actions dé grâce au bon sens de nos rois et de notre peuple qui, d’un commun effort, repoussèrent cette libération mensongère. C’est leur résistance qui a permis le développement de notre nationalité au XVIe, au XVIIe siècle et même au XVIIIe siècle : si complet, si brillant, d’une humanité si parfaite que la France est devenue l’héritière légitime du monde grec et romain. Par elle la mesure, la raison et le goût ont régné sur notre Occident : outre les civilisations barbares, la Civilisation véritable s’est perpétuée jusqu’au seuil de l’âge contemporain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Malgré la Révolution, qui n’est que l’œuvre de la Réforme reprise et trop cruellement réussie, malgré le romantisme qui n’est qu’une suite littéraire, philosophique et morale de la Révolution, on peut encore soutenir que la civilisation montre en ce pays de France d’assez beaux restes : notre tradition n’est interrompue, notre capital subsiste. Il dépendrait de nous de le faire fleurir et fructifier de nouveau.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un nouveau né, selon Le Play, est un petit barbare. Mais, quand il naît en France, ce petit barbare est appelé à recevoir par l’éducation un extrait délicat de tous les travaux de l’Espèce. On peut dire que son initiation naturelle fait de lui, dans la force du terme, un homme de qualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques uns de nos voisins et de nos rivaux s’en doutent... Les Allemands sont des barbares, et les meilleurs d’entre eux le savent. Je ne parle ni des Moscovites, ni des Tartares. Le genre humain, c’est notre France, non seulement pour nous, mais pour le genre humain. Les devoirs qu’elle a envers lui peuvent mesurer nos obligations envers elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l’état de sauvagerie à l’état de civilisation barbare, de l’état de barbarie civilisée à l’état de Civilisation plénière, je me suis efforcé d’établir une suite de définitions qui soient claires. Je ne prétends pas en déduire une morale, ni les règles de la justice. Un gouvernement fort peut en tirer, pourtant, les principes d’une direction intellectuelle et civile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Progrès ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas croire au progrès général du monde. Il y a des progrès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y en a eu, et d’immenses, il peut y en avoir. Il n’y a pas d’avance régulière ni d’amélioration croissante, automatique des valeurs humaines dans le genre humain. L’homme historique (car on sait à peine ce que c’est que l’homme préhistorique) est partout le même, ou très peu s’en faut. Un point a été gagné, un seul, au Moyen Âge, par la prédominance d’un pouvoir spirituel reconnu de toute la République chrétienne, l’unité de ce pouvoir unique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ôtez cette unité vivante, comment voulez vous que procèdent les rivalités de passions et d’intérêts multipliées par l’inintelligence ou la mésintelligence profonde des idées, des préjugés, des croyances, des langues ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le train du monde n’est pas une courbe régulière ascendante, ni d’ailleurs descendante, c’est une ligne brisée, avec des hauts, avec des bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’en faut que notre pensée se soit accélérée moitié autant que la vitesse de nos trains, et notre joie de vivre, si elle a augmenté, n’a point correspondu à la variété croissante des distractions et des tentations qui s’offrent à nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’universel changement qui nous abuse et nous enivre se cache quelque grande et profonde loi d’immobilité ou tout au moins d’équivalence compensatrice dans l’oscillation des divers changements...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... Rien peut il rompre l’équilibre mystérieux, sans lequel la fortune et le plaisir de l’homme iraient déjà au ciel?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le désir et l’espoir du progrès humain, c’est à dire d’une continuité de gains collectifs, gardés d’âge en âge et dont la somme l’emporterait toujours sur la somme des perles, me paraissent des sentiments d’un ordre excellent et qu’il convient de cultiver, en même temps que de surveiller, dans les jeunes âmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais rien n’assure que ce désir et cet espoir doivent être vérifiés dans les faits. En d’autres termes, je ne vois aucun moyen d’établir sainement comme un principe de philosophie naturelle, que le progrès humain soit fatal, ni non plus que, depuis deux mille cinq cents ans, depuis l’année de l’achèvement du Parthénon, si l’on veut, les hommes pris en corps ou, si l’on préfère, l’humanité occidentale ait fait aucun progrès sensible. On dit que le signe évident du progrès est un respect croissant des légères formes vivantes. le ne crois pas qu’on puisse estimer un progrès le respect de la hache pour le criminel homicide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Que renferme l’idée de progrès ? ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... La persuasion où l’on est que les arts, les sciences et tout l’œuvre humain vont toujours du même pas est l’une des plus florissantes de nos idées reçues. C’est par elle, sur elle qu’on juge, qu’on induit et déduit... Sur elle reposent des systèmes entiers d’histoire artistique et morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est en vertu de cette idée qu’on veut à toute force établir que nos ancêtres du Moyen Âge, excellents architectes, devaient être de bons poètes bien qu’ils fussent assez médiocres en poésie. Et c’est d’après la même idée qu’on impose au vieil Homère un art, une langue et un goût de barbarie, les joailliers, les potiers et les statuaires de son époque étant encore plongés dans cette barbarie, bien qu’on ne puisse comparer sans injustice la divine grâce d’Homère au bégaiement de l’art mycénien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fausse idée de Progrès, telle qu’elle se pose dans les cervelles lettrées (elle a une expression plus sommaire chez l’ignorant), cette idée résulte donc d’une double opération d’anthropomorphisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1° On imagine chaque temps comme un être unique, dont toutes les parties sont des organes solidaires qui se développent d’une façon simultanée et concordante ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2° On conçoit les temps successifs comme une suite d’accroissements réguliers continus de la même personne...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux conjonctures gratuites ont d’ailleurs rendu des services appréciables aux philosophes qui savaient l’art de les manier. Feignons un moment de les adopter l’une et l’autre. Elles ne suffisent pas à justifier l’idée du progrès comme on la formule aujourd’hui, car il reste à prouver quelques autres petites choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’humanité forme un être unique et si chacune de ses phases forme un vivant système et un tout bien lié, rien ne prouve, premièrement, que cet être n’est pas d’un autre règne de la nature dans lequel ''la courbe à trois termes '' (naissance, développement et décadence) est remplacée par quelque autre rythme soit plus simple, soit plus complexe, par exemple des alternances d’éveil et de sommeil ainsi qu’on en observe chez quelques infusoires, ou tout régime de succession et de mouvement que l’on voudra imaginer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on sacrifie cette première difficulté et qu’on admette que la loi de l’humanité soit celle que suivent les animaux supérieurs, rien ne prouve, secondement, que notre espèce n’ait point dépassé le point fixe de la maturité et que, cette saison de perfection, d’apogée et de plénitude ayant été jadis atteinte, nous ne venions sur le déclin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait donc, pour affermir l’idée de progrès, ajouter cette troisième conjecture, tout au moins aussi gratuite que les autres :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3° Ce grand Être dont nous discernons l’unité dans chaque époque et dans la suite des époques est en deçà de l’âge mûr et sa croissance dure encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je sais bien qu’on peut éviter ce postulat en recourant à celui ci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3° bis. C’est un grand Être d’une sorte particulière, qui a le pouvoir de se développer indéfiniment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parti semble fort commode. Mais remarquez q l’adoptant on change brusquement de méthode : après avoir prêté à l’humanité les deux premières phases de la vie de chacun de nous, naissance et organisation, on lui refuse la troisième et, lâchant brusquement cet anthropomorphisme ou ce zoomorphisme, on l’imagine comme un Dieu. On l’absout de la dégénérescence, on la délivre de vieillir, on la tient quitte de mourir, on lui suppose des forces inépuisables ; on lui. donne la perspective du mouvement perpétuel, du perfectionnement sans limites... Voilà un remarquable défaut d’esprit de suite en un calcul qui exigerait le plus grand luxe de rigueur logique et de vigilance critique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai que cet acte d’incohérence est fructueux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En niant la possibilité de la décadence, on désarme à l’avance toute critique. Rien n’autorise cet acte de foi dans le progrès indéfini du genre humain, assertion invérifiable; mais rien non plus ne le dément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alléguer les pertes ou les déficits évidents et les régressions manifestes ne servirait qu’à susciter une distinction spécieuse entre les apparences et la réalité. Dire que notre globe ou que le soleil qui l’éclaire, en se refroidissant, diminueront et finalement ruineront les conditions de la vie humaine, c’est vouloir se faire répondre que le génie humain suppléera aux insuffisances de l’avare nature : les terres, les soleils voisins nous fourniront le calorique nécessaire, et nos neveux maîtres des espaces du ciel en seront quittes pour troquer cette médiocre demeure contre un astre plus beau, quand elle . sera devenue inhabitable . il leur suffira de savoir vaincre par la raison un petit sentiment de chauvinisme cosmographique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je répète donc qu’une foi rigoureuse, ingénieuse et peu délicate en matière de preuves défendra toujours le vieux dogme du Progrès, formulé en ces termes contre tous les assauts des esprits examinateurs. Mais cette foi est d’ordre mystique, non «scientifique », bien qu’elle ait usurpé souvent le dernier titre. On acquiert cette foi, comme je vous l’ai exposé, par un changement de méthode qui constitue une faute de logique : on s’y maintient par l’imagination et le sentiment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut être donc qu’il conviendrait aux progressistes de déployer moins d’arrogance et moins d&amp;amp;#180;orgueil envers la foi religieuse des âmes les plus simples ; car, en somme, la leur ne diffère à aucun degré ni en aucun point de la foi du charbonnier lorsqu’elle repose sur le postulat que j’ai dit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisseront ils le postulat de la croissance illimitée et se rangeront ils à cette conjecture que la race humaine soit un jeune organisme à peine échappé de l’enfance ? Ceci est plus logique, mais non pas plus certain. Il est fort bien de concéder au sens commun que notre genre humain, conçu comme un être vivant, est condamné un jour à périr comme le fruit quand il a mûri ; mais que la fleur soit à peine achevée, que le bouton ne fasse que d’éclore, voilà qui est moins assuré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, l’opinion demeurant invérifiable, prendrait quelque valeur et mériterait de la considération si elle était enracinée dans la pensée de la plupart des hommes. Or pourrait y voir un signe de verdeur et de nouveauté, et un indice de la secrète jeunesse du monde, analogue à ce bouillonnement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
de verte sève sous l’écorce noirâtre et dénudée encore, à laquelle parviennent les souffles du premier printemps. Ici le sentiment, bien constaté partout, ferait une grave raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi faut il que ce sentiment soit presque introuvable ? C’est de vieillesse que se plaignent tous les hommes, si jeunes soient ils, et si nouveaux que soient leurs groupes dans l’histoire ; l’adolescence, avec ses troubles, ses chaleurs et ses espérances diffuses, ne s’accuse ni dans leurs actes, ni dans leurs discours. Partout, même chez nous, lorsqu’on parle instinctivement et qu’on suit la nature, c’est les Anciens que l’on invoque, c’est du Passé qu’on tire sa gloire ou sa richesse, c’est dans l’Expérience que les savants comme les ignorants se réfugient et se retranchent en cas de difficultés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on écoute le cœur de l’humanité, elle ne semble se souvenir que de l’Âge d’or ou du premier Paradis. Ce sentiment de mélancolique regret est général ; ce qui est fort peu répandu, au contraire, ce qui est exceptionnel, particulier *à un peuple, à une caste, en un moment très limité de leur histoire, par exemple aux Français de la Révolution et de l’Empire, aux Anglo Saxons contemporains, aux marchands de porcs américains vers 1868, à quelques électriciens d’aujourd’hui, c’est cette forte foi, qui confine à l’ivresse, dans l’avenir de leur race ou de leur métier, dans les progrès du genre de civilisation que leur rang représente ou que crée leur effort. Encore baisse t il, et laisse t il voir l’origine artificielle, livresque et scolaire de ses nuées et de ses fumées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi ne pas laisser son nom à l’espérance ? Pourquoi du juste orgueil des espaces terrestres et célestes vaincus, de la nature maîtrisée et humanisée, vouloir à toute force exprimer un dogme que rien n’autorise ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Quatrième partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science politique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique d’abord ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand nous disons « politique d’abord », nous disons la politique la première, la première dans l’ordre du temps, nullement dans l’ordre de la dignité. Autant dire que la route doit être prise avant que d&amp;amp;#180;arriver à son point terminus ; la flèche et l’arc seront saisis avant de toucher la cible ; le moyen d’action précédera le centre de destination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De la biologie à la politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées issues des sciences de la nature et de la vie ont d’abord joué, dans le siècle écoulé, un rôle historique important ; rôle excitateur et libérateur qui est loin d’être achevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup d’esprits, rencontrant d’une part certains aphorismes de politique courante, et, les trouvant en opposition directe avec les principes qui règlent tout le reste de la nature, ont été amenés ainsi à examiner ces aphorismes : la nature est elle constituée sur un principe et la société humaine sur un principe opposé ? ou les deux principes sont ils les mêmes ? ou, sans être les mêmes et sans être contraires, ces principes ne sont ils pas tout à la fois analogues et différents ? Voilà le problème que la biologie a puissamment contribué à poser et à bien poser. Qu’elle ait, par la suite, donné lieu à des confusions, qu’elle ait fait prendre de simples analogies, souvent lointaines, pour des identités, soit [, mais les services primitifs den sont pas moins inoubliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les uns ont été provisoires, et les autres sont permanents. Les idées biologiques ont agi par suggestion en mettant, la science politique en état de bien saisir, par ses moyens, l’essence de l’hérédité ''politique, ''de la sélection ''politique, '' de la continuité ''politique. ''Elles ont en outre fourni et elles, fourniront des contributions matérielles, qu’il est évidemment impossible de négliger : car, quelque distincte que soit l’hérédité politique de I&amp;amp;#180;hérédité biologique, des rapports nombreux entre les deux ordres de fait découlent de ce que l’être social, l’homme, est aussi un être vivant, et soumis aux lois de la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La science politique est autonome : cela ne veut pas dire qu’elle soit sans communication avec les autres sciences. La sociologie est distincte de la biologie : cela ne veut pas dire que ce soient deux étrangères sans rapport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une société peut tendre à l’égalité, mais, en biologie, l’égalité n’est qu’au cimetière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus l’être vit et se perfectionne, plus la division du travail entraîne l’inégalité des fonctions, laquelle entraîne une différenciation des organes et leur inégalité, même l’inégalité de leurs éléments, de quelque identité originelle que ces éléments primitifs se prévalent : l’égalité peut être au bas degré de l’échelle, au départ de la vie, elle est détruite par les progrès de la même vie. Le progrès est aristocrate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela ne prouve certes pas (pas encore) que notre progrès social doive s’accomplir de même manière que le progrès animal, aux dépens de l’égalité des individus ; cela ne prouve pas (pas encore) que les fonctions et les organes de l’État doivent être inégaux. Toutefois, cela introduit dans les esprits réfléchis, avec les notions claires des démarches constantes de la nature, le sentiment que ses démarches ne sont pas du tout celles que nous propose le dogme révolutionnaire. Ces esprits réfléchis sont ainsi conduits à hésiter entre deux conjectures : peut être existe t il dans la nature universelle un règne humain, établi comme un empire dans un empire et dont la réglementation générale, différant de toutes les autres lois naturelles, leur est tout à fait opposée et en comporte le renversement absolu ; peut être aussi, car la première hypothèse peu vraisemblable choque toutes les idées du temps, peut être cette vue révolutionnaire est elle fausse et le statut du genre humain doit il faire aussi une large part aux lois d’autorité et de hiérarchie qui sont la providence visible des autres êtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autant la méthode biologique comportait de danger si on l’eût maniée au titre de preuve, autant elle offre d’intérêt comme stimulant de la réflexion et instrument de la découverte, les idées sociales découvertes par cette voie pouvant être vérifiées et démontrées par une autre voie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne craignons pas de trop accorder à l’analogie dans cet ordre. Elle est la reine de l’investigation pour toutes les disciplines du savoir. Quelque différence qu’il y ait entre l’intestin, le foie, le cerveau chez l’homme et chez les divers mammifères, personne n’hésite à instituer entre ces organes des observations et des comparaisons dont profite la connaissance. Comment les lois très générales qui sont valables, pour tous les degrés de l’être, depuis le bathybius jusqu’au chimpanzé, n’auraient elles aucun sens pour l’humanité ! Cela reviendrait à dire que le rocher, la plante, la bête sont des êtres pesants, mais que l’être humain n’a rien à voir avec la balance et les poids. L’unité du plan de la vie s’interromprait absolument et sous tous les rapports au seuil de la société humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même en admettant que nous soyons placés en dehors de la série animale, pétris et façonnés d’un autre limon que tout ce qui vit, est il moralement possible que nous n’ayons aucune sorte d’affinité avec cette nature qui nous enveloppe et nous presse ? Les précautions banales qui empêchent de mourir l’universalité des races animées ne prendraient pas la moindre part à la sauvegarde de notre vie 1 Si les « sublimes animaux », chers au poète romantique, sont aptes à nous offrir des modèles de stoïcisme moral, il serait tout au moins raisonnable de ne pas refuser non plus leurs leçons de persévérance dans l’être, de résistance matérielle, de prospérité et de durée physiques. Tel est au surplus le réflexe spontané de l’esprit humain : la sagesse des nations ne s’en est jamais privée ; ses fables, ses dictons ont souvent fait valoir les rapports parallèles des membres et de l’estomac, des rois et des nations. Les langues humaines identifient '' ''couramment le corps social et le peuple, les têtes et les chefs. Pure présomption ? Peut être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’immense ratification générale apportée par les sciences de la nature n’est pareillement qu’une présomption. Mais cette présomption est corroborée. Car dès qu’on aborde l’étude directe, l’histoire propre des phénomènes spéciaux à l’homme, la doctrine aristocratique et monarchique est démontrée à sa place et à sa manière. Comte et Fustel peuvent confirmer Taine et Bourget, les lois spécifiques qui gardent de la mort l’homme en société ne sont pas celles des abeilles et des fourmis, elles sont du même ordre, de la même famille et s’accordent à refouler tout système de démocratie dans les causalités du mal et de la mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, toutes les présomptions qui avaient annoncé ou fait pressentir la preuve directe, l’enveloppent de ce doux rayonnement d’évidences persuasives qui sont à la vérité, contemplée face à face, ce qu’est le jeu flatteur de la phosphorescence aux flèches rectilignes, aux coups droits de la lumière pure. Celle ci fait son œuvre, le reste tient la place du plus utile des ornements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les lois ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’après Comte, la politique, fille de la biologie, enferme, comme une autre science, des lois précises, antérieures et supérieures aux volontés des hommes : c’est par rapport à ces lois naturelles que les législations doivent être jugées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une juste loi politique n’est point ''une loi régulièrement votée, ''mais une loi qui concorde avec son objet et qui convient aux circonstances. On ne la crée pas, on la dégage et on la découvre dans le secret de la nature des lieux, des temps et des États.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les formules politiques ne sont pas des gaufriers, et si les lois des nations, comme les lois du monde et de l’homme, sont immuables, il faut voir que toutes les situations de l’histoire et de la géographie sont originales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles ont quelque chose d’unique qui doit être traité comme tel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne s’agit nullement de '' lois du ''devenir, de lois ''du mouvement des sociétés, ''de ''lois de leur ''dynamisme, ''mais bien des lois de leur état'' .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne s’agit pas de déterminer ''la ''loi (jusqu’ici inappréhendée) suivant laquelle s’est ou se serait opérée l’évolution du genre humain ou de l’Occident civilisé, loi qui, si elle était connue, permettrait une déduction générale de l’avenir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non : il s’agit ''des lois ''suivant lesquelles se présentent certains faits, qui ont coutume de ne point surgir séparément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lois comparables à celles dont la nature et le laboratoire suivent l’action chaque jour. Elles consistent en liaisons constantes, et telles que, l’antécédent donné, on peut être sûr de voir apparaître le conséquent. Par exemple, l’élévation de l’eau à cent degrés et le phénomène de l’ébullition. Par exemple, l’avènement de l’élection démocratique et le phénomène de la centralisation. On peut empêcher l’eau de s’échauffer à cent degrés, où elle bout : on ne peut l’empêcher d’y bouillir. On peut empêcher la démocratie élective de se produire : si elle se produit, on ne peut l’empêcher de centraliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autant la recherche des lois du ''devenir ''des sociétés semble avoir donné jusqu’ici des résultats flottants, chanceux, discutables, stériles, autant la poursuite des ''constantes ''régulières et des lois ''statiques ''se montre certaine et féconde. Ce que l’on raconte de leur complexité n’est qu’un sophisme paresseux. Qu’est ce qui n’est pas complexe ? Quelle complexité bien étudiée ne rentre pas tôt ou tard dans le simple ? Ce qu’on ajoute pour exclure la connaissance politique de la vérité afin de la réduire à une vague vraisemblance vient de pauvres esprits trop intéressés à ne pas savoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car s’il est vrai que l’expérience politique, au sens strict, est pure observation historique et échappe à une expérimentation proprement dite, c’est à dire, et cela va sans dire, à l’expérience du cabinet de chimie, il est vrai que cette large et claire expérience du passé épanche sur le théoricien politique un rayon de lumière dont le chimiste ne connaît point l’équivalence et que le physicien doit supposer et calculer. Le théoricien politique observe la suite et l’enchaînement des faits. Mais, d’autre part, ce qu’il sait de l’homme lui permet de saisir aussi ce qui engendre ces événements : le jeu intérieur des passions, des idées, des intérêts humains se montre à lui pur et nu, de sorte que son observation ne s’arrête pas aux signes, aux phénomènes, elle en saisit les raisons d’être, les génératrices. Dès lors l’historien ne se contente pas de voir et de faire voir que la démocratie électorale a pour effet de centraliser, il dit pourquoi cette chaîne est constante. Son observation est aussi une explication : le pouvoir né du vote est obligé, pour ne pas périr, de s’assurer des votants ; rien n’étant plus à craindre pour ce pouvoir que les libertés de ces votants, il est automatiquement induit à les confisquer une à une. Cette psychologie serait sensible à la raison. Mais elle est attestée d’ailleurs, motifs et mobiles, par les discours et les écrits des contemporains de l’événement observé. Impossible de raconter le fait sans faire des allusions à ce qui se passe dans la tête et le cœur de ceux qui l’ont produit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le laboratoire de l’Histoire universelle, l’homme se trouve être sujet et objet de l’expérience. Mais cette situation paradoxale est peut être ce qui donne aux conclusions de l’histoire politique une valeur qui n’appartient pas à celles du chimiste. Le chimiste en est réduit à des conjectures sur ce qui se passe à l’intérieur des corps interrogés l’historien et le politique connaît, par le ''dedans, ''comme les atomes les plus secrets de la cause spirituelle des réactions dont il est le témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soit ! Mais alors, quel profit à cette connaissance?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh bien ! si nous possédions la loi d’évolution du monde et la courbe gubernatrice de l’avenir, il nous serait facile de dire ''absolument ; à ''telle date, en telle circonstance, tel événement sera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n’avons pas cette Loi, mais nous avons des lois, des constantes et celles ci nous permettent de dire : si ceci arrive, cela arrivera. Telle cause posée, tel effet jaillira: ce point noir sur l’horizon marin annonce tel et tel orage. '''Si le Nombre des voix gouverne, l’Argent gouvernera après lui ; si la démocratie parait, voici que viendra la ploutocratie.''' OÙ naît la démocratie, naîtra la centralisation, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revenons sur nos pas. Si la politique peut être objet de science, il faut bien que les institutions primitives ne naissent point d’actes personnels comme les volontés, d’une convention, d’un contrat débattu entre des entités indépendantes, maîtresses de leur sort. Le postulat de la science positive, c’est que les sociétés soient des faits de nature et de nécessité. Mais, dès les débuts de cette jeune science, le postulat s’est vérifié. On n’a point trouvé trace du contrat primitif, ni du primitif solitaire, toute société humaine est apparue la contemporaine de l’homme. La loi, la loi civile et politique elle même, est apparue un ''rapport découlant de ''la ''nature des choses ''conformément à la définition de Montesquieu et contrairement à la définition démocratique de la ''Déclaration '': «La loi est l’expression de la ''volonté générale. ''» Rapport de convenance ou rapport de nécessité, la loi échappe à l’arbitraire : elle ne se décrète point librement, mais ressort de l’examen de situations qui ne dépendent pas de cette « Liberté ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tel fut le premier mot de la science politique à peine formée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second mot qu’elle écrivit ne fut pas moins considérable, car ce fut le mot d’organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand les Français seront devenus dignes de comprendre la portée et la profondeur du langage qu’ils ont hérité de leurs pères, ils ne diront plus ''organisation, ''ils retourneront au mot propre et diront ''ordre. Au ''lieu ''d’organiser, ''les verbes ''ordonner ou mettre en ordre ''prévaudront.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un troisième mot d’une importance infinie est prononcé par la science politique. Elle enseigne que les sociétés qu’elle examine ne se composent nullement d’individus, mais de familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’individu n’est pas une unité sociale. La famille constitue seule cette unité. Les sociétés ne sont pas faites pour un âge d’homme : elles se développent au delà. Jusqu’à quel point ? Nous ne savons...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’existence de cette large vie qui nous enveloppe et qui nous soutient ne fait pas de doute. Pratiquement les sociétés sont peut être des immortelles. Je ne vois pas pourquoi les plus fortes ne dureraient pas autant que le genre humain. En tout cas pour les concevoir il faut les concevoir historiquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un quatrième point s’établit dans la science politique, c’est le critère des sociétés. Quel est il ? Une vie prospère. Le Play invoque à chaque instant les exemples des sociétés prospères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut surtout suivant ce critère empirique, et d’après l’état de la France et de l’Europe contemporaine qu’ont été jugés et condamnés les principes démocratiques et révolutionnaires par Renan, Taine, Balzac, Bonald, Burke, Macaulay, quelques autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La politique en arrive donc à se définir : la ''science et les conditions de la vie prospère des communautés. ''Un principe mortel, ou qui entraîne la diminution de la santé et de la prospérité générales, se trouve donc réfuté désavoué automatiquement par cette science.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’empirisme organisateur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis l’âge où l’on croit penser, je n’ai jamais imaginé que les théories fissent naître les institutions. Mais, il est vrai, je ne saurais non plus contester la puissance d’une doctrine juste dans l’esprit d’un homme d’État, aucun fatalisme historique n’ayant jamais été mon fait. Si l’on veut, j’eus des « théories », et si l’on veut, j’en ai encore : mais, de tout temps, ces théories ont mérité leur nom, qui en montre la prudence et l’humilité, elles s’appellent ''l’Empirisme organisateur, ''c’est à dire la mise à profit des bonheurs du passé en vue de l’avenir que tout esprit bien né souhaite à son pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen des faits sociaux naturels et l’analyse de l’histoire politique conduisent à un certain nombre de vérités certaines, le passé les établit, la psychologie les explique et le cours ultérieur des événements contemporains les confirme et les reconnaît ; moyennant quelque attention et quelque sérieux, il ne faut pas un art très délié pour faire une application correcte de ces idées, ainsi tirées de l’expérience, et que les faits nouveaux dégagés d’une expérience postérieure ont les plus grandes chances de vérifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déduction est en ce cas la suite naturelle des inductions bien faites. Le sens critique éveillé dans la première partie de l’opération n’éteint pas son flambeau pendant les mystères de la seconde puisqu’il est convoqué au départ et à l’arrivée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes pas métaphysiciens. Nous savons que le besoins peuvent changer. Il peut y avoir un moment où le hommes éprouvent la nécessité de se garantir contre l’arbitraire par des articles de loi bien numérotés. Il est d’autre moments où cette autorité impersonnelle de la loi écrit leur paraît duperie profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le premier cas, ils réclament des constitutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le second cas, les statuts leur paraissent importer de moins en moins, c’est à la responsabilité vivante des personnes qu’on s’intéresse, et à leur action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode qui me sembla toujours la mieux accord aux lois de la vie n’a jamais délivré un quitus général a « bloc » de ce que les Pères ont fait. En accordant à leu personnes un respect pieux, l’esprit critique se réserve d’examiner les œuvre et les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’esprit critique voit clair : l’esprit révolutionnaire ne sait ni ne veut regarder : Du passé '' faisons table rase, ''dit sa chanson. Je hais ce programme de l’amnésie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, point de table rase. Cependant, libre voie!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’histoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre maîtresse en politique, c’est l’expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expérience ressemble à la Muse, elle est la fille de Mémoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire n’est pas une épreuve de cabinet : cependant ses répétitions indéniables, en des circonstances tantôt identiques et tantôt diverses, permettent de dresser, avec une rigueur satisfaisante, des tableaux de présence, d’absence et de variations comparables à ceux qui favorisent le progrès de l’étude de la nature. On a beau soutenir sur le papier, qui souffre tout, ''l’originalité ''absolue, ''l’unicité '' des phénomènes historiques. Ils sont originaux, ils sont uniques, mais leur suite ne l’est pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bainville admirait le tableau des monotones « suites » du monde et les stables vertus du composé humain. Les va-et vient de l’histoire portent des constantes telles que, bien conduite, elle permet des prévisions sans souffrir de dérogations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expérience de l’histoire contient la science et l’art de ce genre de découvertes : si nulle idée préconçue n’en a réglé le développement, le résultat s’est trouvé être et est de plus en plus favorable aux idées de contre révolution, d’antilibéralisme, d’antidémocratie. L’expérience de l’histoire est pleine des charniers de la liberté et des cimetières de l’égalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La constante humaine enseignée par l’histoire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’art de bien veiller sur la sécurité des peuples rejoint les principes directeurs de tous les arts élémentaires ; la première vérité dont un philosophe ou un magistrat doive se pénétrer est que le monde se modifie avec une extrême lenteur, si toutefois il se modifie. Les parties variables sont les moins importantes. Ce qui importe apparaît constant. C’est sur les grands traits généraux de la constance humaine qu’il est urgent de nous régler toutes les fois que nous songeons à quelque arrangement d’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A force de nous montrer des masses qui ''évoluent ''et des aspects qui se ''transforment, ''on nous cache les ouvriers de l’évolution et les artisans de la transformation. Sans les chefs, sans les saints, sans les héros, sans les rois, l’histoire est inintelligible. Une nation se compose de nations, une race de races, un État d’États. Qu’il s’agisse de la féodalité, des communes ou de l’Église, la vraie vie n’est point dans les membres successifs, accidentels et éphémères, mais dans les liaisons invisibles qui donnent à l’ensemble quelque unité. C’est de cela non d’autre chose qu’il faut écrire l’histoire : l’histoire de France et non l’histoire des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire universelle en son détail est impossible. La loi d’ensemble qui la simplifierait et la condenserait en une grande et forte leçon, cette loi générale ne me paraît pas découverte. L’historien utile sait isoler un fait, circonscrire une action, décrire un personnage : le fait, l’action, le personnage qui peuvent permettre de saisir un ''comment ''des choses humaines. Le champ de notre expérience en est augmenté et nous sommes mieux en mesure de comprendre et d’interpréter les faits présents et à venir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que les cas, les faits soient en nombre infini, si cependant vous connaissez avec un peu de détail et à fond la manière dont Chicago, Athènes et Quimper Corentin se sont développés, vous avez la chance de vous rendre compte aisément de la courbe suivie par la plupart des autres villes et des autres États. Certes, il faut toujours vous attendre à quelque surprise : la nature et l’histoire sont pleines de pièges tendus à la fatuité des mortels. Mais cette vérité est aussi contenue dans l’histoire d’Athènes, de Quimper et de Chicago...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si pour faire une fable, vous prenez dans la main une pincée de sable et que vous écoutiez le murmure confus des atomes innombrables, vous vérifierez si vous êtes sage, que, sur cent voix, quatre vingt dix neuf conseillent '': d’avoir confiance. ''La centième dit : m''éfie toi, ''et le double conseil est juste, rien ne se faisant sans critique, rien sans foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La société ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Conditions de vie de la société ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est bien vrai qu’un très petit nombre d’individus exceptionnellement distingués et puissants transforment une société : ils ne le font qu’en transformant les institutions ou la religion, mais ce n’est jamais en modifiant une à une chaque tête de l’infini troupeau des individus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’individu » en tant que tel, abstrait, l’individu considéré comme unité indifférente pouvant être Pierre ou Paul également, l’individu paraît composer la société ; en réalité, il ne la fait pas : il est fait et défait par elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les individus. agissants ne sont pas des individus. Ce sont des personnes. En s’y prenant très bien, en suivant les règles d’un art délicat et profond, en profitant de l’heure, en bénéficiant des situations, placées en un mot sur les points les plus propices, sachant faire jouer les ''junctura rerum, ''les points de conjonction des choses, ces personnes d’élite modifient et réforment le milieu social, et de là seulement il peut résulter pour « l’individu » des progrès correspondants, qui lentement acquis s’incorporent en lui d’âge en âge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le mythe égalité ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’égalité ne peut régner nulle part; mais son obsession, son désir, établissent un esprit politique directement contraire aux besoins vitaux d’un pays : l’esprit démocratique tue la discipline militaire et le peuple a besoin d’une armée ; l’esprit démocratique, par l’envie qu’il distille, tue la concorde civile, la cordialité, la paix entre particuliers, et le peuple a besoin de concorde, de paix, de cordialité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un État puissant, vaste, riche et complexe comme le nôtre, chacun assurément doit avoir le plus de droits possible, mais il ne dépend de personne de faire que ces droits soient égaux quand ils correspondent à des situations naturellement inégales. Quand donc, en un tel cas, la loi vient proclamer cette égalité, la loi ''ment, ''et, les faits quotidiens mettant ce mensonge en lumière, ôtant aux citoyens le respect qu’ils devraient au régime politique de leur pays, ceux ci en reçoivent un conseil permanent d’anarchie et d’insurrection. ’&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’Association : fait de nature ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce que l’Association ? Y a t il un « droit » d’association pour l’individu ? Ne serait il pas plus exact de dire qu’il y a pour lui un devoir, une obligation et, parlons en meilleur français, une ''nécessité d’association ''dans tous les cas où il peut vivre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allons plus loin. L’individu forme t il la société ? La produit il ? Où ? N’est ce pas, au contraire, la société qui forme l’individu ? N’est il pas partout son produit ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Considérons encore le monde des êtres qui vivent. Il y a des espèces (elles sont très inférieures) où l’individu détermine une sorte de société ; ce sont les espèces où la reproduction s’opère par voie de scissiparité. Un être, dont toutes les parties semblent homogènes et presque identiques, se partage en deux, voilà deux êtres tout semblables. Ce n’est point le cas de l’animal supérieur ; là, il faut un couple, il faut deux individus très différents pour produire un troisième individu. Cet être nouveau ne naît pas d''’un générateur, ni même de deux générateurs, mais plus exactement de la société de ces générateurs. L’association est autre chose que l’addition des associés''. Et elle commence par paraître leur mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, dans le genre humain, d’une part le nouveau né est si faible, d’autre part il est appelé à de tels degrés de développement que la société ne le quitte jamais. Elle le reçoit et le continue, elle l’a précédé et elle le suit ; antérieure et postérieure à chacun de nous, cette grande fée bienfaisante, qui dispose partout de quelques industries et traditions utiles, mais qui, parmi nos races d’Occident, centralise un immense capital civilisateur, notre société humaine (sans être débitrice des plus vastes génies qui ont toujours reçu d’elle bien plus qu’ils ne lui ont apporté) semble la créancière universelle de nos semblables. Vraiment, comme Léon de Montesquiou l’a si bien remarqué dans la ''Raison d’État, '' l’on ne peut pas dire : « 1° L’homme ; 2° La société. » Il faut absolument se ranger au parti de dire : « 1°, La société ; 2°, L’homme. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme associé, tout à la fois groupé et isolé, réglé et libéré par l’association, n’est sans doute pas absolument meilleur que l’homme individuel; il est tout simplement plus apte à une vie supérieure, à la vie de société. Il ose moins pour son caprice. Il a plus d’intérêt à oser pour le bien commun, la communauté qui le presse étant petite et le bien de la communauté plus proche du sien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’âge de l’association recommence. Les syndicats, les corps, les communautés et les compagnies de tout genre seront à ce XXe siècle ce que les cathédrales ont été au XIIe. La masse collective est devenue si forte qu’aucun individu ne se sentira de courage, de vie, de sûreté et par conséquent de bonheur qu’autant qu’il :?y verra fortement encadré, soutenu et discipliné dans une collectivité ''secondaire ''à laquelle le puissent rattacher toutes les fibres de sa chair et tous les ressorts de son âme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, si l’on veut savoir le fond de ma pensée, je dirai qu’il en a toujours été ainsi dans tous les temps où l’homme a vécu normalement. L’anarchie générale du XIXe siècle a forgé aux meilleurs un cerveau révolutionnaire dans lequel se déforme la notion naturelle du moi humain. Le vrai moi, le moi spontané, est un nous, ou n’a pas de sens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un homme habitué ''à '' réfléchir avec rigueur et qui fait le compte de tout ce qu’il est d’autre que soi est terrifié de l’exiguïté et de la misère de son petit domaine strictement propre et personnel. '''Nous ''sommes'' nos ancêtres, nos maîtres, nos aînés. Nous ''sommes'' nos livres, nos tableaux, nos statues ; nous ''sommes'' nos paysages''', nous ''sommes ''nos voyages, nous ''sommes ''(je finis par le plus étrange et le plus inconnu), nous sommes l’infinie république de notre corps, qui emprunte presque tout ce qu’il est de l’extérieur et qui le distille en des alambics dont la direction et le sentiment même nous échappent complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société n’est certes pas un grand animal dont les individus ne seraient que les cellules subordonnées. Mais elle n’est pas non plus une de ces « mises en commun » de volontés que l’on appelle, en Droit, des associations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société n’est pas une association volontaire : c’est un agrégat naturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle n’est pas voulue, elle n’est pas élue par ses membres. Nous ne choisissons ni notre sang, ni notre patrie, ni notre langage, ni notre tradition. Notre société natale nous est imposée. La société humaine fait partie des besoins de notre nature. Nous avons seulement la faculté de l’accepter, de nous révolter contre elle, peut être de la fuir sans pouvoir nous en passer essentiellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l’esprit réaliste, averti par l’histoire, s’il n’est pas déformé par une fausse histoire du Droit, la vraie garante du droit individuel s’appelle d’abord la société, ensuite l’association.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayez une société solide, et dans laquelle le premier noyau social, la famille, soit fort : les droits primordiaux, qu’ils soient religieux, domestiques ou scolaires, auront leur ligne de repli et de défense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayez des associations puissantes, des associations de métier notamment, et les autres droits essentiels trouveront leur assiette et fondement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayez un État bien construit et ces droits distincts, divers, parfois en conflit, ne feront pas de la cité leur champ de bataille, parce que l’ordre public se trouvera aussi pourvu d’un garant de chair et d’os, son magistrat intéressé et responsable. Hors de là, vous n’aurez rien que partis qui se battront, intérêts qui s’entre tueront.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une société bien faite, l’individu doit accepter la loi de l’espèce, non l’espèce périr de la volonté de l’individu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une législation individualiste ne considérant que l’individu, sans tenir compte de la position qu’il occupe dans le monde, de sa famille, de sa classe, de son pays, de son travail, cette législation prétend sauver en premier lieu et faim respecter les droits de chacun. Elle inscrit, en effet, en très beaux caractères, cette maxime que de pareils droits sont infiniment respectables et qu’il faut les saluer très bas. Mais chaque individu, isolé au nom de la loi, se trouve incapable d’assurer l’exercice de ces fameux droits. Le voilà livré, sans défense, aux quelques organisations qui ont pu se créer en dépit de la loi ; leur échappe t il, il retombe sous les puissances de l’État, qui ont la loi pour elles par dessus le marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au point de vue du bonheur et de la défense de chacun, il n’est rien de plus important que ces sociétés secondaires et intermédiaires, celles qui garantissent le foyer, la vie locale et le métier. Mais pour qu’elles existent et résistent, il faut un autre pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il suffit de rien pour détruire. Il faut des années d’efforts, de labeur, de patience pour créer. Le sale souffle d’un rhéteur suffit à ruiner. La croissance des sociétés est plus lente que celle de l’embryon, du nourrisson et de l’enfant; leur chute est relativement plus rapide encore que celle de l’être vivant que supprime une balle ou un coup de couteau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’État ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La famille fonde l’État puisque, d’une part, la population n’existe que par elle, et que, d’autre part, c’est elle qui distingue la société politique des autres : société qui ne se recrute point par la volonté de ses membres, mais normalement par voie de génération, société où l’on naît et se reproduit. Je suis membre de l’État français à cause de mon père, de ma mère et de leurs parents. Je puis ratifier ou décliner cette condition, ''je ne la crée pas, et c’est elle qui me crée. ''Les enfants adoptifs qui s’agrègent par d’autres voies à la grande, famille française ne le font que parce qu’il y a un premier État français, famille de familles, engendré naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute doctrine de l’État dispensateur et distributeur dé droits sera dissoute par cette simple observation que la société, tant spirituelle que temporelle, est antérieure, tant logiquement qu’historiquement, à l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’État et la société sont choses distinctes. La société commence à la famille, sa première unité. Elle se continue dans, la commune, l’association professionnelle et confessionnelle,’ la variété infinie des groupes, corps, compagnies et communautés, faute de quoi toute vie humaine dépérirait. L’État n’est qu’un organe, indispensable et primordial, de la société.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’État, quel qu’il soit, est le fonctionnaire de la Société.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’État, quand il est bien institué, n’a presque pas affaire aux individus. C’est sur les sociétés dont il a la charge, et c’est aussi sur leurs rapports mutuels, que s’exercent ses principaux attributs : seuls les criminels, avec les héros et les saints, personnalités d’exception, ont des rapports avec l’État qui a le droit de connaître ces anomalies, ou pour les honorer, ou pour les châtier. Ajoutons à la liste des personnes en commerce direct avec l’État, le petit nombre des fonctionnaires, y compris les armées de terre et de mer. Pour tout le reste, un État normal laisse agir, sous son sceptre et sous son épée, la multitude des petites organisations spontanées, collectivités autonomes, qui étaient avant lui et qui ont chance de lui survivre, véritable substance immortelle de la nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces sphères distinctes, douées de privilèges aussi variés que leurs fonctions, se développera, non l’introuvable « Individu »qui n’y fleurit ni tous les vingt cinq ans, ni tout les cent ans, ni jamais, mais la faune et la flore humaines des individus différents, bien nourris de leur territoire, préservés par cet air de leur classe et de leur pays, et stimulés aussi par l’atmosphère des groupes facultatifs auxquels leur honneur, leur intérêt ou leur plaisir les a régulièrement agrégés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du « cercle » de petite ville à l’Institut de France, il y a une série de groupes. L’individu y trouve des droits proportionnés à son rang et à ses services, à sa dignité et à sa valeur. Ainsi le moindre de nos compatriotes est il privilégié du destin. Riche ou pauvre, il est patricien puisqu’il participe à la noble qualité de Français et qu’il jouit ainsi des puissantes prérogatives et de l’immense patrimoine matériel et moral mis gratuitement à sa disposition par tout ce qu’ont fait ses aïeux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De leur œuvre immémoriale, entretenue et continuée par la tradition, découlent toutes les vertus, toutes les valeurs individuelles dont la nature n’avait fourni que le germe : la volonté, la liberté, le sentiment, la raison au degré où la société française a su élever tout cela. Fleur de la culture française, l’individu français n’en est certainement ni le principe, ni le but, ni la racine, ni le fruit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les souvenirs, les haines, les amours que les simples particuliers ne peuvent entretenir de façon constante, un État les prend à son compte, il en tient registre, registre qu’il met à jour de manière à exercer tous les droits, à soutenir tous les intérêts, à poursuivre tous les devoirs qui y sont relevés. Dans un État normal, les émotions publiques ne sont pas de simples coups de sensibilité, balayés, remplacés au premier vent contraire : elles deviennent la matière et la substance d’actes utiles, elles servent à recouvrer et à restaurer ce qui a pu être perdu par la communal,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La raison d’État ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison d’État est dans la nature des choses. Mais tant vaut un État tant vaut sa raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison d’un État placé au dessus des partis s’inspire des nécessités supérieures de l’existence de la nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un État créé par les partis, ballotté entre les partis, n’a d’autre raison que celle qu’il peut avoir : elle est courte, bornée, successive, contradictoire. Elle couvre les intérêts particuliers au lieu de défendre les intérêts généraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Distinctions entre la morale et la politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne peut point baser un raisonnable calcul politique sur l’espérance que le monde entier se trouvera un jour retourné dans le sens de la bonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La politique n’est pas la morale. La science et l’art la conduite de l’État n’est pas la science et l’art de la conduite de l’homme. Où l’homme général peut être satisfait, l’État particulier peut être déconfit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre de la politique et l’ordre de la conscience soi distincts. La conscience humaine poursuit des fins spirituelles, elle cherche le salut individuel. La politique, qui s’en tient au temporel, s’intéresse à la vie prospère des communautés ; elle détermine les conditions générales du bien public dans les groupes naturels que forment les homme Elle relève donc, comme ces groupes, d’un ensemble de Lois naturelles. Étant donné ces lois, qu’elle s’attache à di cerner et à formuler avec toute la netteté de la science, elle trace et éclaire la conduite des politiques, à peu près comme la physiologie, la pathologie et la thérapeutique inspirent dirigent la conduite des médecins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il y eut des phénomènes purement chimiques ou physiques dans l’organisation d’un Descartes d’un saint Vincent de Paul, toute société se construit suivant des nécessités naturelles dont il s’agit de connaître exactement l’essence, non d’affirmer ou de contester la justice et le bien fondé. Nous ne savons s’il est juste qu’un fils ne puisse choisir son père, ou qu’un citoyen soit jeté dans une race avant d’en avoir manifesté le libre voeu, le libre choix. Nous savons que les choses ne sont pas maîtresses de se passer autrement. Est il juste qu’une opinion bien intentionnée, quand elle est absurde, puisse perdre un État ? Peut être, mais, pour le salut de cet État l’important ne sera point de décider si la chose est juste, mais de la connaître pour l’éviter. L’infaillible moyen d’égarer quiconque s’aventure dans l’activité politique, c’est d’évoquer inopinément le concept de la pure morale, au moment où il doit étudier les rapports des faits et leurs combinaisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La morale se superpose aux volontés : or, la société ne sort pas d’un contrat de volontés, mais d’un fait de nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En examinant la structure, l’ajustage et les connexités historiques et sociales, on observe la nature de l’homme social (et non sa volonté), la réalité des choses (et non leur justice) : on constate un ensemble de faits dont on ne saurait dire après tout s’ils sont moraux ou immoraux, car ils échappent de leur essence à la catégorie du droit et du devoir, puisqu’ils ne se rapportent pas à. nos volontés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’existe point de relation directe entre la perfection morale et la perfection des formes politiques, celle ci étant liée à des objets bien étrangers à la moralité des hommes, comme la condition géographique ou économique de leur terroir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scipion s’impose par la douceur ; or, il est ''moralement ''très bon d’être doux. Annibal s’impose par la terreur, or il est ''moralement ''très mauvais de semer l’effroi Mais ce n’est pas en tant que puissances morales que la terreur ici, et là, la douceur ont agi. Elles ont agi dans une autre sphère, en tant que puissances de sentiment. Un cartésien dirait qu’Annibal aussi bien que Scipion se trouvent dans l’ordre mécanique bien plus que dans l’ordre moral : c’est par des impressions en quelque sorte machinales que ces deux généraux ont été puissants et heureux : la douceur de l’un et la terreur de l’autre correspondaient aux situations que l’un et l’autre visaient. Intervertissez les situations, donnez à Annibal les peuples que Scipion sut dompter par sa bonne grâce, il les soulèvera unanimement contre lui et ainsi se perdra peut-être; donnez à Scipion les peuples qu’Annibal subjuguait par la rigueur, et sa mansuétude pourra bien ne leur inspirer que rébellion. En d’autres termes la tendresse et la dureté, la douceur et la violence, avant d’être des forces morales, sont des forces, et c’est en tant que forces qu’elles agissent en politique, heureuses ou malheureuses suivant le degré, l’instant, ou le lieu de l’application. Qu’est ce à dire ? Que la bonté, ni au demeurant la malice, n’ont pas de vertu propre dans l’ordre des succès et des revers militaires ou politiques : quand un honnête homme est vainqueur, ce n’est pas l’honnêteté qui est victorieuse, ni la méchanceté quand c’est le méchant qui remporte. Ce domaine de la fortune politique est soumis à des lois particulières et spécifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Du gouvernement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Organiser ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je prends s’organiser au sens premier&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Organiser soi même, mettre d’abord sa pensée avec sa pensée, savoir où l’on va, sur quels véhicules et par quels chemins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Organiser signifie différencier. Différencier est le contraire d’égaliser. Une nation se compose de gens qui sont nés ici et non là. Elle implique naissance, hérédité, histoire, passé. Elle constitue une première objection au rêve babélique de l’anarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’entends dire que pour organiser il faut détruire. Oui, dans l’ordre des faits une fois accomplis. Mais pour entraîner les esprits, pour les induire à réaliser un projet, l’ordre est inverse : il faut organiser avant de détruire et si l’on veut réussir à détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tel est le sens de la parole attribuée généralement et, je crois, à tort, à Danton : « L’on ne détruit ce que l’on remplace. » Le mot serait digne de ce fonctionnaire de l’ancien régime, l’un des rares esprits politiques de la Révolution. Pour changer ce qui existe, il faut avoir en tète autre chose que le décret d’un gouvernement provisoire et d’un appel au peuple. Les conceptions inconsistantes et mal définies ne poussent jamais à l’action. Tout au moins en imagination l’homme veut du solide et du précis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Du vice de la discussion ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’art de faire traîner la discussion entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas est le plus élémentaire de tous les arts. Nous l’avons toujours pratiqué, enfants, au collège&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais... Alors... Si...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il suffit des trois petits mots dix fois et vingt fois répétés. Ils répondent à tout, et ils peuvent mener partout. Sans doute, le savoir est outillé pour dissiper un par un ces doutes de mauvaise foi, pour tout remettre dans le bon chemin ou dans le vrai jour. Mais ce travail fastidieux représente une énorme perte de temps, une égale déperdition de forces, sans compter qu’il produit nécessairement au dehors cet ébranlement de la confiance, cet arrêt plus ou moins net des enthousiasmes qui s’élançaient. Telle est l’œuvre naturelle de la critique, quelle qu’elle soit, quand elle est développée dans les assemblées ou devant des publics nombreux. Il ne faut que quelques secondes pour les émissions de voix destructrices, il faut des heures et des heures pour reconstruire patiemment les vérités particulières les mieux dégagées par les compétences techniques : parfois même les plus robustes vérités de bon sens ne reviennent au jour que lentement et péniblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ! C’est alors qu’il serait précieux pour un peuple qu’on puisse « la ''lui faire à l’influence ». '' C’est alors que l’autorité morale serait précieuse, celle qui entraîne avant de convaincre, celle qui persuade avant d’argumenter. Elle sauve de l’inertie ou du piétinement qui, dans la lutte politique ou militaire, sont les causes fatales des derniers malheurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà pourquoi tous lu maîtres de la science'' ''politique, qu’ils aient appartenu à l’école théologique comme Maistre et Bonald, ou à l’école positiviste, comme Comte et ses disciples, circonscrivent la discussion à l’ordre théorique, au domaine de l’élaboration, mais la proscrivent de l’action. il n’y a pas de ''Religion ''de la discussion ni de Morale de la discussion, car dès qu’on agit moralement et religieusement, on ne discute plus, on se décide, on risque. Attendre en pareil cas la «certitude » après débat contradictoire, c’est se résigner à périr. Il n’y a pas de '' Gouvernement de la discussion : gouverner, ''c’est encore se confier, risquer. Mais ce risque de l’action morale, religieuse ou politique est le risque sage par excellence ; rien n’y serait plus imprudent ni plus irrationnel que de ne pas risquer. Car on risque davantage encore à s’abstenir, à discuter et à délibérer, on risque le plus grave et on risque le pire, puisque l’ennemi est en armes, si l’on n’arme pas contre lui avant lui, le risque que l’on court est celui de tomber désarmé sous ses coups.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Générosité de la puissance ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amitié véritable de peuple à peuple n’est pas un phénomène sentimental, mais un fait d’ordre élémentaire et primitif attaché à un ordre de besoins quasiment physiques. Un peuple puissant s’attache d’autres peuples par les marques tangibles de l’amitié en leur faisant part de ce qu’il a, en les faisant participer de l’utile et agréable rayonnement de ce qu’il est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour répandre le bien autour de soi, il faut donc premièrement ''être ''avec plénitude, et n’avoir consenti aucun rabais sur le chapitre de l’honneur. Il faut, secondement, ''posséder, prendre, tenir, si ''l’on veut donner, et cela suppose un ferme usage de la force, le rendement de cette force, et de judicieuses et généreuses distributions de son produit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Refrain : on ''ne fait de bien autour de soi qu’en faisant tout d’abord en soi de la force. ''Travaille, agis, gagne, produis : ni les clients ni les pauvres ne quitteront ton seuil en te montrant le poing. Étends toi comme un gueux au soleil ou à la pluie, dans le rêve inerte de ton destin : ce bien improductif n’excitera qu’envie, jalousie, haine dangereuse et tu te mettras en danger si tu perpétues ce spectacle d’inaction et de demi gêne. Il montrera publiquement que tu ne peux être d’aucun secours a qui que ce soit. Ne serait ce que pour être généreux, Peuple français, applique toi à être fort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’action ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On compose, on transige quand on a par ailleurs des sûretés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On manœuvre autour d’un pivot ferme et fort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, lorsque tout est à conquérir dans un milieu où tout se déplace, se transforme, se perd avec une rapidité inouïe, une seule méthode est recommandable parce qu’elle est seule forte et elle consiste à être soi même, pleinement, intégralement, à s’organiser puissamment, à attirer à soi toutes les ressources et tous les moyens que l’on peut honnêtement espérer et, ainsi armé et doté, à marcher, à courir, le plus rapidement possible, droit devant soi, hardiment, inflexiblement : tout ce qui ne meurt pas, tout ce qui n’entre pas en dissolution est voué, par la loi même de la nature, à s’agréger tôt ou tard à ce noyau dont la croissance est régulière et qui progresse vers un but bien en vue, d’un mouvement rectiligne et accéléré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Connaissance et utilisation de l’intérêt ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’immense majorité des êtres, l’intérêt personnel est le nerf de l’action privée. On ne produirait pas, on ne s’ingénierait pas à varier les modes de la production, de manière à obtenir le plus grand rendement avec le moindre effort, si l’aiguillon de l’intérêt n’y contraignait pas. Cet intérêt peut être égoïste, comme il peut être collectif. Il peut s’exercer au nom d’un homme seul, comme il peut agir au nom d’une famille ou d’une association : il s’exerce toujours aux mêmes conditions, par l’intermédiaire d’un cerveau et d’un cœur d’homme engagé dans la gestion de cet intérêt, récompensé par le succès et châtié par le revers, en un mot fortement, profondément, personnellement responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec un État fort et des Associations puissantes, le rêve de Mirabeau pourrait se réaliser, ce rêve &amp;quot; ''où le législateur se contenterait de parler à l’intérêt individuel, de lui fournir les moyens de s’exercer, et de le diriger invinciblement vers l’intérêt général, pour le plus grand bien de tous les ressorts politiques ». ''En d’autres termes, selon le voeu d’Auguste Comte, un tel régime pourrait « appeler '' les impulsions personnelles au secours des affections sociales », ''en accordant aux particuliers tentés les libertés favorables au bien public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '' L’intérêt général est la somme des intérêts particuliers. »''Prenez le contre pied de cette sottise : dites que l’intérêt général est une soustraction faite aux intérêts particuliers et vous vous rapprocherez de la vérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette soustraction ne se fait pas spontanément mais d’autorité. Les particuliers y consentent lorsque l’opération est faite ou qu’ils se voient contraints de la laisser faire. Un très petit nombre est capable d’apercevoir l’utilité des sacrifices consentis par les particuliers à l’État ; un plus petit nombre encore voit les dangers des sacrifices consentis par l’État aux particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne crois, certes pas, que l’intérêt mène le monde, et je crois plutôt qu’il l’immobilise et le perd, mais il est évident que les atomes particuliers et particularistes dont se composent les masses du monde sont facilement entraînés dans la direction de leurs intérêts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le désintéressement agit peu à l’état pur, sauf en quelques héros. L’intérêt pur guide souvent fort mal. L’art véritable du politique est de savoir discerner le point par lequel peuvent coïncider la passion et le devoir, l’intérêt privé et l’intérêt national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’argent ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La richesse est un bien, sa concentration est une force, mais cette force se disperse et se dissout aux mains de l’individu qui en devient la simple dupe, dupe des choses matérielles, dupe de l’idée de profit quand il le convertit en prétendues satisfactions personnelles qui, de la première à la dernière, ne peuvent que tromper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque déguisement qu’il emploie, l’Argent est trop prétentieux, trop vaniteux, trop ambitieux de '' tout avoir ''pour qu’il soit possible de le méconnaître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pire encore que celui de la multitude et du Nombre qui, inerte et absurde, peut avoir de la fibre humaine, le ''gouvernement ''de l’Argent crée la déraison et le crime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Argent rend de beaux services, quand il tient, ''comme les autres forces humaines, ''sa place de grand serviteur. Au-delà, au dessus, il ne peut que détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Souveraineté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ni implicitement, ni explicitement, nous n’acceptons le principe de la souveraineté nationale, puisque c’est, au contraire, à ce principe là que nous avons opposé le principe de la ''souveraineté du salut public, ou du bien public, ou du bien général.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne croyons pas à la souveraineté du peuple. Nous n’y croyons pas parce qu’elle n’existe pas. Quand on la proclame, cela veut dire qu’il n’y a plus de souverain réel et que les fonctions souveraines sont désormais exercées par n’importe qui, par le premier venu, ou par le dernier, et surtout par personne : les affaires d’État sont livrées au hasard des hasards ou tombent en pleine carence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le grand honneur de reconnaître et d’expier doit être réservé au type de gouvernement où la souveraineté est concentrée dans l’âme unique et dans la personne vive d’un homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le myriapode démocratique a la vie trop diffuse et le sens trop obtus pour entrevoir même le principe des grandes obligations politiques. Ni il ne les observe, ni il ne les viole, et non plus que les bêtes, à vrai dire, il ne pèche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’opinion ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Où l’opinion gouverne, la spontanéité gouvernementale n’a même plus de centre, d’organe ni de lieu : athénien, polonais, français, l’État ne peut plus que flotter comme un bouchon de liège, sinon rouler comme une boule de billard. Toutefois, si l’indépendance et l’initiative tombent ainsi à rien, cela n’annonce pas du tout la fin du mouvement et des tribulations : au contraire ! L’activité que nous n’avons plus, on nous l’imprime ; si nous ne marchons pas, on nous fait marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne s’agit pas de savoir l’opinion des neuf dixièmes des Français sur les conditions du salut public, mais bien qu’elles sont les conditions réelles de ce salut. Ne fût on, à connaître ces conditions, qu’un seul contre 38 millions, on aurait raison de les proposer, de les soutenir, de plaider pour elles, de travailler à les faire prévaloir sur l’avis des autres, par tous ''les moyens qui se présenteront.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on prend l’opinion courante pour arbitre, on l’engage dans la plus terrible des voies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd’hui elle veut vivre, demain elle voudra mourir. Vous ne changerez pas la nature de l’homme, mais vous aurez détruit les sages précautions que les sociétés civilisées ont prises contre ces causes de mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’écris fort tranquillement qu’un Prince qui se croira la créature de l’opinion ne pourra pas remplir la plus difficile partie de la fonction royale, qui est d’éclairer et de diriger l’opinion au lieu de la suivre, c’est à dire de la contredire parfois quand le salut publie le veut. A la fin du XVIIIe siècle, à la veille de la Révolution, rien n’égalait l’impopularité de l’Autriche en des milieux français qui se croyaient « bien informés ». Toute l’histoire subséquente établit pourtant que la Monarchie et ses ministres, et leur système du renversement des alliances, avaient raison contre l’opinion la plus puissante et la plus répandue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il importe que le Prince sache et sente qu’il ne dépend pas de l’opinion, qu’il n’a pas été créé par elle, qu’il ne tient pas d’elle ses droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La guerre et la paix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour qui voit les choses et non plus les mots, le fléau de la guerre naît du jeu naturel des forces de la vie. Ce n’est pas un état exceptionnel, ce n’est pas un accès merveilleux et rare, mais au contraire l’effet presque constant, toujours redoutable des passions tendues et des intérêts déployés. Il suffit de laisser aller : les unes et les autres aboutissent à la lutte armée, aussi bien entre particuliers qu’entre nations; la Paix qui y met fin naît d’un labeur profond, énergique, puissant, et, dès qu’il s’arrête, elle s’arrête aussi. On ne comprend rien à la paix si on ne la conçoit comme le chef d’œuvre de l’art politique dans la vie sociale, nationale, internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour faire ce chef d’œuvre, il faut que tous le veuillent. Pour le détruire, il suffit d’un seul. Le perturbateur peut être nous mêmes. Mais il peut être un autre. Raisonner comme s’il suffisait de détruire en nous ou dans quelques-uns d’entre nous, les instincts, les volontés et les forces de guerre, c’est précisément négliger ce qui domine tout le reste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’en effet, à côté de nous, ces instincts persistent dans un seul groupe de nations ou dans une seule nation, rien n’est fait pour la paix : un seul « chien enragé de l’Europe », quel qu’il puisse être, aura toujours raison de la Paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne troublerons pas la paix si nous sommes justes et sages et si, fidèles à la maxime de nos rois, ''nous voulons toujours raison garder.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ni notre raison, ni notre justice, ni notre sagesse ne pourront suffire à empêcher la Paix d’être troublée ; nous serions moins raisonnables que des animaux si nous omettons d’apercevoir que la paix du Juste et du Sage succombera fatalement le jour où elle aura le malheur d’éveiller les convoitises extérieures sans paraître assez forte pour sen garder repousser l’agresseur ou l’usurpateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le langage unilatéral des moralistes peut donc paraître adéquat à la solution de ce problème politique à moins recevoir un complément très strict, que l’on peut formuler &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi : oui, en un sens, la Paix dépend, tout entière, des vertus morales d’Un seul, mais à la condition de ne pas oublier que, si la Sagesse et la Justice sont des vertus, la Prudence en est une autre, et une quatrième vertu s’appelle Force.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les disciples de Marx traitent d’une sorte de biens que’ us les moralistes estiment précieux, légitimes et agréables, mais déterminés, mais comptés et de telle nature qu’ils diminuent quand on les consomme et qu’ils sont amoindris and ils sont partagés. La communauté de ces biens ne peut être poussée que jusqu’à un certain point seulement, il vient toujours une heure où il faut les rendre à la jouissance individuelle et les incorporer à un égoïsme personnel ou collectif, à un « ventre&amp;lt;ref&amp;gt;Le mot est de Jules Guesde.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». La guerre est presque inhérente au partage de biens semblables : par leur nature même, ils la rendent toujours possible et même menaçante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le grand producteur, le producteur effréné de richesses matérielles, le travailleur qui s’enorgueillit de créer et de multiplier cette sorte de biens dont l’essence est d’être partagés, crée autour de lui ou en lui des puissances de destruction qui, en se développant, agiront à main armée. Car il créera des jalousies folles. Il s’enivrera lui même de ses propres rêves et pour les mûrir plus rapidement, la suppression de toutes les rivalités s’offrira et s’imposera comme la plus prudente des ambitions. Il lui sera toujours possible de griser pour les entraîner en un mouvement belliqueux, ces éléments moyens qui d’eux mêmes tendraient à préférer les douceurs de la consommation et de la jouissance. C’est ainsi que l’esprit d’équilibre conseillé par le premier degré du travail, de l’épargne et des autres arts dits pacifiques, est promptement rompu par l’esprit d’entreprise et d’initiative attaché à toute technique purement matérielle. Il faut dépasser la conception des richesses divisibles et susceptibles d’être volées pour abolir ce genre de guerre de rapine qui est à la société des nations ce que le vol est à la société des familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se battra moins pour le bien être matériel quand les hommes et les peuples en seront un peu détachés. Hors de ce détachement, hors de cet esprit ''catholique, ''toutes les perspectives d’avenir sont guerrières fatalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand bien même les raisonnements du pacifisme économique ne seraient pas faux comme des jetons, ils ne résoudraient rien encore. La question ne sera résolue que lorsque, l’humanité ayant retrouvé une communauté de pensée, une communauté de foi, on commencera à se comprendre un peu entre peuples. Affaire de pensée avant d’être une affaire de sentiment. Affaire de raison avant d’être une affaire de justice ou d’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a parfois raillé, traité de cercle vicieux, la définition de la vie, par Bichat, comme ''l’ensemble des forces qui résistent à la mort. ''Ce prétendu cercle est une vue de profonde philosophie qui rend hommage à la qualité exceptionnelle et merveilleuse de la réaction de la vie au milieu des assauts acharnés qu’elle subit de toutes parts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi la notion de la Paix, inspirée de son vrai amour et de sa juste estime, doit être conçue par rapport à la multitude infinie des éléments et des puissances qui conspirent tantôt à l’empêcher de naître, tantôt à la détruire à peine est elle née.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les '' pacifistes ''ignorent le prix de la paix : ils supposent la paix toute faite, naturelle, simple, spontanément engendrée sur notre globe. Or il faut qu’on la fasse. C’est le produit de la volonté et de l’art humain. Non, il n’est pas de qualité plus belle et plus noble que celle de ''pacifique. ''Mais elle convient uniquement au héros ''qui la fait. Il ''ne la trouve pas sous un chou. Pour la faire, il doit manier les outils qui s’appellent des armes. Avant la bombe et la grenade, c’était l’épée. Avant l’épée, la massue et le bâton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre morale a un point faible. Nous croyons que les choses se gardent toutes seules. Nous croyons la paix fille de la nature. Pas du tout. La paix demande beaucoup d’efforts, d’intelligence, de dévouements ou de sacrifices, le passé du genre humain est là pour rappeler qu’aux nations comme aux familles il est plus difficile de conserver que d’acquérir et de conquérir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cinquième partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La démocratie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Naissance de la démocratie : le libéralisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les libéraux classiques et leur postérité anarchique et démocratique, issue de 1789, professent qu’un homme en vaut un autre, et, de là, justifient également la suppression des rangs sociaux, celle des corps de métiers, la disparition de toute variété dans les statuts des provinces, des villes, des foyers. Où l’ancien régime voyait une combinaison d’êtres différents par la valeur, le rôle, la fonction et qui ne devenaient pareils qu’au cimetière, le régime moderne a rêvé d’une juxtaposition de personnes supposées égales et identiques. En appliquant cette doctrine, les politiciens la diluaient afin d’en adoucir les absurdités par l’adjonction de principes contraires, mais, à l’état pur et franc, voilà ce qu’elle dit, voilà ce qu’elle fait, et pas autre chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conséquences du libéralisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== 1° L’esprit révolutionnaire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Créer des mécontents pour obtenir les agités, et jouir enfin du désordre, c’est le procédé ordinaire de l’esprit de révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit révolutionnaire croit la politique appelée à donner des prix aux individus ; il oublie que sa tâche n’est que de faire prospérer les communautés. De cette confusion est sortie toute son erreur. Où la sagesse universelle pense bonheur collectif, bien public, unité collective, c’est à dire Famille, État, Race, Nation, le révolutionnaire pense bonheur et satisfactions du privé, en d’autres mots l’insurrection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le désordre révolutionnaire, fondé sur une philosophie individualiste, compte presque autant de complices qu’il peut y avoir en France de médiocres, d’envieux, de sots et de gredins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Routine consiste à continuer aveuglément ce qui eut raison d’être et qui n’en a plus. Le propre de la Révolution est de tout mettre sens dessus dessous à propos de bottes. L’effet commun de la Routine et de la Révolution est de piétiner : l’Inertie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Révolution vraie, ce n’est pas la Révolution dans la rue, c’est la manière de penser révolutionnaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour combattre toutes les traditions sociales, l’esprit révolutionnaire s’était tout d’abord présenté comme le lieutenant de la science, son ayant droit, son hériter présomptif. Et l’esprit révolutionnaire enseignait la science contre les religions, mais aussi contre les gouvernements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si, jusqu’à un certain point, la négation du métaphysique et du révélé, du surnaturel et du miraculeux, pouvait se prévaloir d’un certain progrès général de la connaissance du monde physique, celle ci n’apportait rien ni ne pouvait rien apporter à cette critique des autorités et des inégalités sur laquelle s’appuie essentiellement la démocratie. La critique démocratique n’est pas physique, elle est métaphysique. Elle n’est pas née de la science, mais d’une religion, et fausse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Recours à l’étranger&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La Révolution procède en France d’un effort de l’Étranger et de ses suppôts en vue d’évincer l’indigène. Cette conquête pacifique ne se peut pas sans le secours des pires.''' Quand une Puissance étrangère s’installe par la force des armes dans un pays donné, elle convoque les meilleurs, notables, princes, chefs et, leur imposant la délégation de sa force, elle les tient pour responsables de la perception des impôts et de la sûreté de ses propres agents. Mais quand, au lieu de consolider l’occupation, il s’agit d’ouvrir les voies à l’armée d’invasion, c’est à la dernière lie du peuple que l’Étranger s’adresse. Il soudoie les démagogues afin qu’ils insurgent le vagabond sans feu ni lieu contre la partie possédante et laborieuse du pays. Il s’efforce d’obtenir que les moins intéressés à l’ordre public bénéficient du maximum de puissance publique. Il fait la Révolution et s’applique à déguiser cette Révolution en Gouvernement : trop heureux quand il peut, comme il l’a pu en France, obtenir des mesures de constitution et de législation générales dont les effets particuliers répétés chaque jour, en donnant avantage au criminel sur l’honnête homme, au bohémien ou au bohème sur le citoyen, établissent enfin la domination légale et presque régulière des plus insignes coquins. Un tel gouvernement, non content d’affaiblir toutes les défenses extérieures, les livre : il crée un état d’esprit d’impatience et de trahison ; stupéfait de son impuissance, à bout de vexations et de persécutions, le gros du peuple va chercher le gendarme où il est, c’est à dire au dehors. L’Étranger prend alors figure de libérateur et vient pacifier les désordres qu’il a payés. Cela ne s’est pas vu seulement comme le croient nos naïfs historiens révolutionnaires dans les années 91 et 92 du siècle avant dernier. Toutes les républiques italiennes ont recouru, à peu près de même, à ce même gendarme qui s’appelait tantôt le César d’Allemagne, tantôt le podestat de quelque château d’alentour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ces villes grecques du temps de Polybe !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et tels conservateurs français du temps de Hitler ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== 2° L’anarchie ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anarchisme est la forme logique de la démocratie. Mais on ne peut pas s’arrêter à un anarchisme idéal. C’est un principe qui réclame énergiquement sa réalisation intégrale. L’esprit d’un anarchiste, s’il est droit, bien doué et conséquent avec lui même, en arrive aisément à concevoir et à désirer l’état de nature. J’imagine que c’est alors pour lui, pour sa doctrine, un assez rude instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vanité de l’anarchie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Anarchie prétend simplement détruire, pour les abolir à jamais, les liens qui, d’après elle, asservissent et déshonorent l’humanité : or, si nous la voyons procéder de bon cœur aux destructions qu’elle médite, nous la voyons refaire dans son propre sein, dans sa petite cité d’anarchie, tout ce qu’elle a détruit au dehors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Forte contradiction qui ôte au programme anarchiste son explication rationnelle et sa justification morale, car on n’a pas le droit de détruire ce qu’on se voit obligé de reconstruire ainsi sans délai. Mais ce n’est pas tout : le système social ainsi rabiboché a des chances nombreuses de se montrer inférieur à celui qu’il sera censé remplacer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En admettant, pour tout simplifier, que des matériaux ramassés en un jour d’improvisation vaillent ceux qu’avait réunis et affermis l’épreuve des temps et en supposant qu’une génération, celle d’aujourd’hui, puisse valoir, à elle seule, la suite des innombrables générations qui l’ont précédée, le nouveau bâtiment social ne correspondra qu’à des besoins immédiats ou très récents ; il fera face à des nécessités éphémères et partielles ; il représentera le fruit d’une expérience courte, suggérée par un petit nombre de besoins très bornés. Il aura besoin de réparations constantes, de compléments perpétuels. On n’en jouira guère. Il faudra sans cesse y combler lacunes ou crevasses. Une '' police ''rudimentaire, une ''justice, ''une ''armée, ''une ''marine, ''une ''diplomatie '' rudimentaires, voilà donc ce qu’on nous offre pour faire suite à la diplomatie, à la marine, à l’armée, à la justice et à la police que l’industrie de trente siècles d’effort historique, éclairé par des millions de faits concrets, avait composées à loisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Détruire la Société pour la rebâtir dans ces conditions, c’est proposer de mettre en pièces un paquebot afin d’en extraire un radeau. Je ne sais rien de plus sauvage. Comment se fait il que les anarchistes sincères et cultivés ne s’en soient jamais aperçus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne nourris pas le rêve enfantin d’endoctriner les hommes qui ont embrassé la Révolution comme une carrière. Mais il y a ceux dont le destin n’est pas fixé et chez qui la raison fait élever la voix. Puis, il y a les jeunes gens. Toute la jeunesse française se devrait entendre dire et répéter, matin et soir, que l’anarchisme (et son succédané : le libéralisme) est essentiellement un attrape nigaud. Il ne mène à aucune idée claire. Il n’emporte aucune satisfaction ni d’esprit, ni de fait, en dehors du métier de politicien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pourra détruire une société, on ne détruira pas la société. La nécessité sociale révèle et impose empiriquement sa puissance à ceux mêmes qui la contestent en théorie et dont la théorie ne peut même pas nous promettre un dégrèvement des charges sociales. Le jour social qu’ils conçoivent ne sera pas moins lourd que celui dont ils souffrent ; mais, appuyé à des institutions moins fortes, il sera moins utile, moins secourable et moins puissant. L’autorité y pourra être de qualité moins fine et moins ferme ; mais d’autant plus impérieuse, encombrante, tatillonne et portée à se mêler des moindres détails. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tel a été ''en fait ''le résultat de notre Révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a détruit l’autorité monarchique, pour établir une autorité administrative beaucoup plus vexatoire. Elle a défait la collaboration hiérarchique des « ordres » pour établir des « classes » de moins en moins communicantes qui sont en guerre déclarée. D’un type social très perfectionné, le libéralisme de 1789 nous a fait descendre à un type élémentaire : l’anarchisme va t il nous faire descendre plus bas ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Règne de la démocratie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce que le démocratisme ? L’homme pratique demandera par qui est professée en France cette doctrine abstraite et, puisqu’elle règne, quels sont les hommes auxquels elle doit de régner. Le plus simple examen de la situation permet de répondre que ce ne sont pas des hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des hommes n’auraient pas eu le moyen d’exécuter, de faire durer ce tour de force. Songez que le plus grand, le plus ancien, le plus vénérable pouvoir spirituel d’une part, et d’autre part, la force matérielle, ceux qui portent l’épée, qui tiennent le fusil, qui pointent le canon sont tenus en échec, sont persécutés par un simple système d’institutions et d’idées : la démocratie !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des hommes auraient faibli, se seraient divisés, querellés et dévorés les uns les autres en administrant cette institution et ce système. Il faut donc bien supposer autre chose, une organisation, des organisations je spécifie des ''organisations historiques, ''des familles physiques ou psychologiques, des états d’esprit, de sentiment, de volonté hérités de père en fils depuis de longs siècles, des compagnies traditionnelles, des dynasties.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dynasties juives et métèques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dynasties étrangères, celles par exemple qui ont fomenté la Révolution française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce mécanisme historique, il avait l’instinct, ce Poilu de la Grande Guerre à qui M. Poincaré demandait ce qu’il ferait des Allemands vaincus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Nous pendrons leur Empereur et nous les f ... trons en République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les défenseurs de la démocratie, ceux qui ne manquent point tout à fait de sens et d’intelligence, sont des mystiques purs : leur opinion ne se soutient que par un mélange de rêveries et d’impulsions véritablement subjectives. Ni l’histoire des hommes, ni l’étude de leur nature ne permet d’adhérer au démocratisme, comme à un principe supérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France a été mise par la Révolution dans un état matériel sensiblement voisin de l’individualisme démocratique. Toutes les organisations nationales ont été brisées, l’individu sans lien est devenu poussière. Des organisations étrangères dès lors, n’ont cessé de grandir et de s’enraciner dans la société française ; car leur discipline intérieure se maintenait et s’affermissait à la faveur de notre émiettement. La doctrine démocratique qui fait de l’État une providence, du citoyen l’administré et le pensionné est leur plus puissant instrument de propagande et de conquête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Empêcher les Français de s’organiser et de se qualifier en dehors de l’État de l’Administration, dont elles font leur instrument, tel est donc le programme naturel nécessaire de ces organisations pour peu qu’elles désirent continuer leur domination parmi nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== On n’organise pas la démocratie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1° Les théoriciens politiques nomment démocratie tout gouvernement (''cratéo'' ) confié à la majorité (''démos''), soit dérivant des volontés du plus grand ''nombre, ''des volontés individuelles mises en addition. La démocratie idéale serait celle dont tous les actes législatifs ou administratifs exprimeraient loyalement mais exclusivement la somme de ces volontés qui, pour être additionnées, doivent être conçues comme égales entre elles, quelles que soient les différences de leur valeur. Essentiellement la démocratie se fonde sur le système de l’égale valeur politique des individus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2° Les biologistes admettent d’autre part que, dans un corps vivant, un organe est un élément différencié, autant dire créé ou devenu distinct des autres éléments par les dispositions particulières qu’il a reçues. Le foie et le cerveau, le cœur et l’estomac, appartiennent au même corps, sont faits des mêmes éléments fondamentaux, mais ont des qualités, des pouvoirs différents ; ce sont des organes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a des vivants presque inorganisés : ce sont des animaux dits inférieurs, dont tous les éléments cellulaires, identiques les uns aux autres par nature et par position, soumis au même régime, font aussi le même travail ; la décision du tout n’y est que le total de la décision des parties. Mais aussitôt que s’organisent ces vies inférieures, comme on l’observe dans les colonies animales, le régime d’égalité se modifie si bien qu’il disparaît. Chaque élément ou chaque groupe d’éléments&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
s’applique à quelque fonction particulière, plus ou moins utile, agréable, noble et active, et ces fonctions et éléments se subordonnent eux mêmes les uns avec les autres : par suite de cette division du travail et par suite aussi de cet ordre qui en résulte, chaque fonction s’accomplit beaucoup plus vite et beaucoup mieux. Il y a donc progrès, mais du même coup commencement d’inégalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fur et à mesure qu’on s’élève dans l’échelle animale, ces inégalités deviennent plus nombreuses, plus profondes et ’ si l’on y tient, plus choquantes. Elles sont en raison directe de la perfection organique. Si l’égalité est la formule de la justice, les vertébrés supérieurs sont de purs monuments ''d’injustice immanente, ''puisque des éléments de la même composition originelle y sont employés à des fonctions aussi cruellement inégales que le sont par exemple la fonction sensitive et celle de la digestion. Les éléments ayant acquis des ''qualités ''fort différentes, le pouvoir directeur de l’ensemble revient non point au plus grand ''nombre ''de ces éléments, mais à ceux qui se trouvent le mieux ''qualifiés ''pour voir et pour prévoir : aux organes de la sensibilité et du mouvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous qui parlez de donner ou de rendre des organes à notre peuple, voilà ce que c’est qu’un organe. Ne parlez plus d’organe, ne faites plus en sociologie cet emprunt d’une métaphore à la biologie ou convenez qu’un organe est un élément de différenciation, c’est à dire d’inégalisation : car l’organisation développe la qualité et diminue l’importance propre du nombre. Convenez vous de cette vérité ? En ce cas, ne nous parlez plus d’organiser une démocratie, c’est à dire de tempérer un gouvernement d’égalité par l’inégalité ou usez du mot propre, et tombez d’accord avec nous ''qu’organiser une démocratie, cela revient à la détruire.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Au pouvoir de l’argent ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le progrès tel que le conçoit la Démocratie tend à assurer à l’individu des ressources viagères, mais en le rendant tributaire d’organisations capitalistes, extérieures et supérieures à lui et dont l’État est tantôt le gérant, tantôt le président tantôt le maître absolu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idéal du progrès démocratique fait du citoyen pauvre, non à proprement parler un rentier de l’État, mais un pupille et serf de l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un État tombé en démocratie, ses attributions naturelles (politiques, diplomatiques, militaires) tendent à disparaître , mais il sen crée d’autres en échange. D’abord hospitalier et maître d’école, pourvoyeur des beaux arts, marguillier, marchant d’allumettes et marchand de tabac, il tend à devenir l’échanson et le panetier universel. Il prend donc du pain et du vin où il y en a, dans le cellier des riches, dans la cave des riches, puis des moins riches, puis des plus humbles possédants et, quand la richesse a fondu, il administre la disette et préside à la faim.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Il est sûr que de quelque façon qu’on s’y prenne, c’est l’Argent qui ''fait'' le pouvoir en démocratie. Il le choisit, le crée et l’engendre. Il est l’arbitre du pouvoir démocratique parce que sans lui ce pouvoir retombe dans le néant ou le chaos. Pas d’argent, pas de journaux. Pas d’argent, pas d’électeurs. Pas d’argent, pas d’opinion exprimée. L’argent est le géniteur et le père de tout pouvoir démocratique, de tout pouvoir élu, de tout pouvoir tenu dans la dépendance de l’opinion'''. Cela explique la fureur des discussions parlementaires quand elles portent sur le point d’incidence de l’argent et de l’électeur, de l’argent et de l’opinion, de l’argent et du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque parti essaie de déshonorer l’autre. Mais ils sont tous déshonorés dans la mesure où ils sont démocratiques et reconnaissent au pouvoir le droit de naître comme il naît. La foule n’en sait rien, cela fait partie de la farce. Essaie t on de la renseigner, c’est un autre chapitre de cette dérision. De quelque façon qu’il se tourne, et quelque cri qu’il pousse, le pauvre peuple est gouverné par l’or ou le papier, par ceux qui les détiennent et par ceux qui les vendent, eux seuls lui fabriquent ses maîtres et ses chefs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amour de l’argent est commun aux régimes, aux peuples et aux hommes. Il y a des variations dans le degré de cette avidité et de cette avarice, mais l’histoire universelle ne montre nulle part un gouvernement qui fût libre de l’amour de l’argent ou qui pût être absolument affranchi de son influence. Seulement il y a des régimes qui ''existent ''indépendamment de lui. Il y en a d’autres auxquels il donne naissance directement et qui sans lui ne seraient pas. Le Régent, par exemple, pouvait être un politique avide et cupide. Il n’était pas la créature de l’argent. Son autorité sortait d’autre source que la finance. La finance n’était pas la génératrice de son pouvoir, les liens honteux qui l’attachaient aux tripoteurs étaient d’abominables accidents personnels qui disparurent avec sa personne. Moralement, il n’avait pas l’excuse des tripoteurs du Panama, il avait dans les veines un sang royal qui ne devait rien à l’or. ''Mais ce qui aggravait son crime donnait aussi des espérances au « droit » électif.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corrompu, corrupteur, c’étaient les vices du prince. Es ne découlaient pas du principe. Lui mort, il suffisait qu’un prince honnête et modéré lui succédât pour que l’intégrité reprît ses droits. Au lieu qu’en démocratie l’élu peut être vertueux, il n’en est pas moins le produit et le producteur, l’effet et la cause de la ploutocratie souveraine. Elle l’a fait nommer, il la soutient donc, elle régénère son autorité en faisant renouveler son mandat, et il la défend de son mieux contre la justice et contre la nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas d’exemple qu’on soit jamais sorti de ce terrible cercle autrement qu’en substituant les autorités ''nées ''aux autorités ''élues ''et le droit ''héréditaire ''au droit ''électif.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit héréditaire, en vertu des faiblesses inhérentes au cœur humain, peut aboutir une fois, deux fois, dix fois à des scandales d’argent. Le droit populaire, de la propre énergie de son mouvement naturel, y aboutit ''nécessairement ''et toujours, et ''de plus en plus.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’élection : moyen de gouvernement démocratique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mal, ce n’est pas le fait d’une élection, c’est le système électif étendu à tout, c’est la démocratie. « La démocratie c’est le mat la démocratie, c’est la mort. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Du suffrage universel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les fois que nous montrons quel mal politique, économique, intellectuel et moral a fait, fait et fera le régime électif à la France, il ne manque pas de nigauds pour répondre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, vous ne voulez plus d’électeurs ni d’élus Alors, vous ne voulez pas que la nation puisse se faire entendre ? Vous voulez que ses affaires soient toutes faites d’en haut sans qu’elle ait le droit de dire son mot sur ses droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les plus nigauds ajoutent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous vous voyons venir, c’est au suffrage universel que vous en avez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous en avons si peu au suffrage universel que nous voudrions l’étendre. Nous voudrions que les enfants à la mamelle, qui ne peuvent pas voter, fussent représentés par’ le suffrage de leurs parents. Nous voudrions voir voter les femmes, du moins celles qui représentent une existence non engagée dans les liens du mariage, un intérêt non confondu dans les complexes intérêts du foyer. Le suffrage universel ne nous « effraye » nullement. Nous sommes effrayés des choses auxquelles on l’applique. Mais, par rapport à ces choses là, par rapport au Gouvernement, à la Souveraineté, le suffrage censitaire est aussi absurde, aussi incompétent que le suffrage universel. Dans l’ancienne Allemagne, celle qui était une République de Princes, le choix du souverain appartenait à sept électeurs : ce choix du supérieur par une poignée d’inférieurs n’a pas fait moins de torts à l’Allemagne ancienne que n’en fait le même choix à la France moderne quand il est opéré par des millions d’électeurs. Le mal ne vient pas du nombre des votants, mais de l’objet sur lequel ils votent. Si on leur donne à décider les tendances du Gouvernement, si on leur donne à choisir le Chef, il y a dix mille contre un à parier qu’ils éliront l’homme dont le nez leur plaira et qui n’aura pas plus de cerveau qu’une calebasse ; il y a dix mille contre un à parier qu’ils exigeront du gouvernement la politique de leur intérêt particulier, sacrifiant l’intérêt général, la politique du moindre effort et du moindre labeur sans se soucier du présent éloigné, ni du prochain avenir. Les princes électeurs de l’Allemagne agissaient là dessus exactement comme les citoyens souverains de la République, française. La dernière chose à laquelle penseront l’un et l’autre sera certainement l’intérêt public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la mesure où elle est affranchie de l’État et s’exerce avec quelque liberté, l’élection n’est pas une chose en soi, et dont on s’occupe professionnellement, abstraction faite de tout le reste. L’élection est à l’opinion ce que l’ombre est au corps, ce qu’est le reflet à l’image. L’esprit électoral oublie l’action et la propagande de l’idée pour courir l’unique mirage du vote. Tout est défait, tout est perdu au soir d’une défaite électorale, quand le labeur de plusieurs saisons a tendu uniquement à gagner des sièges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà pourquoi le Souverain intérêt public, voilà pourquoi le Chef gouvernant, responsable de l’intérêt public, ne doit pas être livré à la fortune de l’élection, qu’elle soit réglée par des dizaines ou par des millions d’hommes. Cet abandon général est absurde en soi ; il paraît plus absurde si l’on voit les perturbations que des élections de cette importance, de ce poids, de cette gravité causent à la nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie consiste à donner la direction générale et supérieure, le gouvernement et la souveraineté au nombre s’exprimant par la voie des suffrages. Ce n’est pas l’universalité du suffrage qui est à déplorer. C’en est le point d’application et la compétence faussée. C’est sur ce qu’il ignore le, plus, c’est sur ce qu’il est le plus incapable de diriger, à savoir l’État, l’État central et souverain, que le suffrage est consulté, par la démocratie, et c’est là dessus qu’il fonctionne le plus activement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le suffrage universel est conservateur ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n’avons ''jamais '' songé à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une ''représentation ''et non un ''gouvernement, ''sans vouloir supprimer ce suffrage, et en voulant tout le contraire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car ce suffrage, entre bien des vertus ou bien des vices, possède une propriété fondamentale, inhérente à son être même : '''''le suffrage universel est conservateur'''''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les théoriciens plébiscitaires n’ont pas tort de comparer le suffrage universel à la « masse » des physiciens. Il est a peu près aussi « inerte » qu’elle. Leur tort est de mal appliquer cette vérité, et de considérer un suffrage inerte soit comme le moyen de créer le Souverain, soit comme un ressort d’opposition et de révolution. Leur erreur sur le premier point est évidente. Sur le second, il suffit de songer qu’il faut un prestige bien fort, une popularité bien puissante pour émouvoir, pour ébranler un pesant amas de volontés qui ne concordent que dans l’idée d’un profond repos. L’appel au peuple peut être un utile et puissant levier dans les périodes de trouble, quand le gouvernement hésite et incline de lui même à la mort. Il ne vaut pas grand chose dans les autres cas. Il ne vaut rien contre un parti bien constitué, fort, uni, résolu à exploiter la nation jusqu’à l’os.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hors les heures critiques, et tant qu’il paraît subsister un ordre matériel quelconque, le suffrage universel conserve tout ce qui existe, tout ce qui tend à exister. Il est conservateur de ce qui dispose de la puissance, de ce qui paraît bénéficier du succès : radical, si le gouvernement tend au radicalisme ; socialiste, si le socialisme paraît dominer le gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La foule acquiesce, suit, approuve ce qui s’est fait en haut et par dessus sa tête. Il faut des mécontentements inouïs pour briser son murmure d’approbation. La foule ressemble à la masse : inerte comme elle. Ses violences des jours d’émeute sont encore des phénomènes d’inertie ; elle suit la ligne du moindre effort ; il est moins dur de suivre des penchants honteux ou féroces que de leur résister par réflexion et volonté. La faculté de réagir, très inégalement distribuée, n’arrive à sa plénitude que dans un petit nombre d’êtres choisis, seuls capables de concevoir et d’accomplir autre chose que ce qui est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre dit ''amen'', le suffrage universel est conservateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’État démocratique : la République française ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La machine à mal faire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En République, nous ne vivons pas dans le domaine des raisons délibérées et réfléchies, mais dans l’ordre des causes brutes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Flux ou reflux d’opinion, routine des bureaux, agitations et parades officielles, convoitises coloniales, opérations de groupes parlementaires et financiers, ces impulsions discontinues ne font pas une politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un électeur conservateur et patriote devrait faire le bilan de ce que lui coûte une pareille ''machine à mal faire. ''Sacrifices d’argent. Ils sont considérables au temps électoral. Sacrifices d’idées, de jugement, de conviction, parfois d’honneur : il se donne un mal fou pour quelqu’un qui ne représente ni sa pensée, ni même une pensée qui lui soit tolérable dans l’ordre religieux, social, économique, national. En dernière analyse, ce quelqu’un est battu, sans autre bénéfice que d’avoir dispersé, démoralisé et découragé un nombre toujours croissant de braves Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait réfléchir que, si telle est la règle du jeu, et c’en est bien la règle, il ~ n’y a rien de plus immoral ni de plus dissolvant que de nommer cette erreur loi et règle ce péché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous le nom de l’égalité, ce qu’elle fait n’est pas de l’ordre c’est de l’anarchie inavouée, couverte, et l’on peut se demander si une anarchie nue et crue ne serait pas moins dangereuse que la pratique invétérée de cette règle et de cette loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie vénère obscurément l’anarchie, comme son expression franche, hardie et pure. Quand le malheur des temps l’oblige à la combattre, elle en subit secrètement la fascination, et c’est toujours de elle en subit secrètement la ce côté qu’elle tombera dès qu’une cause extérieure cessera de l’impressionner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La République, dans l’esprit de sa fondation et de sa logique, ne doit admettre ni année, ni famille, ni classes ni épargne, ni Propriété, ni ordre, ni patrie, rien enfin qui soit national Du social. Son point de départ révolutionnaire induit à laisser complaisamment se réaliser le programme révolutionnaire, sinon à le réaliser d’elle même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le gouvernement des choses ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui ne sent, qui ne voit la raison profonde de l’extrême Précarité du bien sous le régime républicain ? Rien ne l’arrête, rien ne le fixe. Aucune institution n’est chargée de capitaliser les leçons de l’expérience. Nulle magistrature stable, et qui dure par elle même, n’est capable de résister aux aveugles remous d’une opinion trompée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La faiblesse de ses hommes compte pour infiniment peu auprès de la nocivité du régime. De quoi se plaint on ? De ce que des intérêts importants soient traînés en longueur puis réglés brusquement par des improvisations plus que dangereuses. Le scandale est double. Mais il sort d’une source unique de l’irresponsabilité ''dans le temps. A ''chaque minute de ce temps, on peut trouver un ministre pour bomber le torse, couvrir les subordonnés, revendiquer la paternité de tel ou tel acte. Mais, à trois mois ou à trois semaines de distance, le ministre a changé, il a changé de sa personne, il a changé de groupe et de parti, il est impossible de retrouver au pouvoir l’auteur de telles lenteurs, de telles négligences, de telles remises au lendemain et, si, par miracle, en le retrouve, il répond froidement qu’ayant dit ''oui'', puis ''non'' , il n’a fait que subir les nécessités objectives. Elles sont variables et l’ont fait varier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles seules comptent. C’est elles qui gouvernent. Se relâchent elles de leur prise sur les factions et les assemblées, on se relâche aussi et on ne fait rien. Pressent elles, en est pressé, et l’on bâcle ce qui aurait dû être sérieusement mûri et profondément médité. Bref, l’homme abdique ostensiblement et s’en remet au gouvernement des choses muettes. Imaginons un chariot quelconque abandonné ainsi à la loi des forces aveugles ! C’est celle que l’on applique au char de l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La république est une oligarchie ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Telle est la « suite » du régime pour le gouvernement de la nation et quant aux affaires générales de l’État proprement dit, où son incompétence et son incapacité sont notoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il y a des affaires qui lui sont propres et dans lesquelles la République fait montre d’une certaine continuité et même d’un certain savoir faire : sa politique religieuse (une politique sectaire), les éléments constants de sa politique de parti, l’art de servir et de rémunérer l’électeur. Là se dessinent des réalités nouvelles qu’il importe de voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a point dans la République de frein à la République, bien qu’il y ait dans la monarchie des freins à la volonté du monarque. Qui dit royauté dit Conseils royaux, États du peuple. '''Qui dit démocratie dit un double gouvernement : l’apparent, celui du nombre, le réel, celui des oligarchies et de l’or.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observons la composition moyenne des groupes qui, autour du Pouvoir, exercent l’influence et, à l’occasion, meuvent l’autorité. Comme tous les gouvernements du monde, dès qu’ils sont un peu installés, la République est, dans sa somme, un gouvernement de familles. Quelques milliers de familles y occupent par les assemblées et par les administrations, ce que l’on appelle les avenues du Pouvoir. Elles forment ce que l’on peut aussi nommer l’axe de ce pouvoir. Beaucoup de changements se font et se défont, autour de cet axe. Mais lui même reste, dans l’ensemble, inchangé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hérédité républicaine n’est pas un vain mot. Ni la noblesse républicaine. Même socialiste, Henri Salengro demande à succéder à Roger Salengro.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prétendue égalité démocratique joue le simple rôle d’un mensonge attractif et perturbateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La défense républicaine consiste à maintenir son formulaire traditionnel. C’est pour conserver l’assiette au beurre du pouvoir : démocratisme doctrinal et passionnel en vue d’une oligarchie réelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le parlementarisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’instabilité obligatoire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le député reçoit de ses électeurs un mandat d’entrepreneur de crises ministérielles. C’est par la crise et par la menace des crises que les représentants du peuple obtiennent du pouvoir exécutif ces faveurs et ces complaisances qu’ils ont la secrète mission d’obtenir de lui. Il faut que chaque député soit ministre ou ami des ministres. Dans un Parlement de plus de huit cents membres, cette situation exige un roulement dans le personnel ministériel. Il faut que les cabinets se succèdent avec une certaine fréquence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces conditions, le contrôle exercé par des ministres aussi éphémères ne peut pas être sérieux. Le propre d’un ministre est d’ignorer son administration. Il travaille à se maintenir et, pour y réussir, il manœuvre sur le terrain parlementaire. La Chambre, le Sénat, son cabinet d’audience pour le jour où il reçoit sénateurs ou députés, voilà le pays qu’il connaît. Il y excelle quelquefois... Pour le reste, cela va comme cela va, et, fatalement, au plus mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe en France, comme partout, une masse d’hommes occupée de son pain ou de son plaisir quotidiens et qui ne sera jamais attentive à son intérêt le plus général et le plus profond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pour elle que le régime républicain est cruel : car un tel régime la suppose capable de pourvoir spontanément à son propre salut et, comme cela n’est pas vrai, ce régime, si actif quand il se défend, lui, se trouve sans ressources pour la défense du pays qui demeure découvert et démantelé. Ceux qui auraient la mission apparente de prévoir et de préparer sont pressés d’autres intérêts !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Absence d’esprit national ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Logiquement la République est une négation : l’exclusion d’un chef héréditaire, l’opposition à son retour. En réalité c’est un esprit, esprit qui peut s’accorder occasionnellement avec l’intérêt national, mais qui ne peut être cet intérêt, qui doit être tout autre chose, étant un esprit de lutte intérieure, de division intérieure, l’esprit d’un parti, d’un assemblage de partis. L’expérience montre que ce parti quand il gouverne la France est habituellement dominé par d’autres vues que l’intérêt national, vues religieuses, vues sociales, même dans sa politique extérieure : quand il ne gouverne pas c’est bien pis, il se rue sans ménagement contre toutes les réalités nationales, détruisant notre marine au profit de l’Angleterre sous Louis XVI, déclarant la guerre au monde pour le plaisir de renverser le même monarque; puis durant les trente trois ans de la Restauration et du gouvernement de Juillet luttant sans relâche contre toute la politique de paix, favorable à l’expansion allemande, au progrès prussien, applaudissant plus tard aux reculs des alliés naturels de la France, Sadowa en 1866, les chutes de Charles de Habsbourg en 1918, 1920, 1921.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne crois pas qu’on puisse discuter cette tendance de l’esprit républicain. Elle est confirmée par tous ses actes, elle est attestée par les volumes de ses écrivains en vers et en prose. Il peut se sacrifier à la patrie, comme il peut se préférer à elle : naturellement, ''il'' ''est une autre chose que notre patrie. ''Il est l’adhésion à une sorte de confession religieuse dont les intérêts temporels ''ne sont ''pas nos intérêts nationaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit républicain étant ainsi tenté par la défense ou l’expansion de sa propre cause, il court sans cesse le risque du mauvais choix : l’assaut est si puissant, la résistance est si médiocre! Certes, la plupart des républicains sont des Français comme nous, mais, si le patriotisme habite leur cœur, leur esprit politique est formé de conceptions qui sont ''a patriotes ''et peuvent tendre à devenir antipatriotes. Que ce mot ne donne par le change ! Patriote commença par signifier citoyen du monde, et il garda ce sens tant qu’il garda une attribution strictement républicaine. Quand l’usage le rendit conforme à son étymologie, il devint plus ou moins suspect. Toute la politique républicaine étant plus ou moins inspirée de méthodes confessionnelles appliquées à l’Europe, appliquées au Travail, à la Vie sociale, détruit la nation, au heu de la conserver comme c’est la fonction de la Politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le règne de la Chambre et, de façon générale, le gouvernement parlementaire en France, évolue donc de plus en plus vers le type du Bénéficier sans obligation ni sanction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se fait élire pour profiter et faire profiter quelques grands électeurs. Les véritables républicains, les démocrates de stricte observance, quittent de plus en plus la notion de la communauté des intérêts nationaux. Ils ne connaissent que les leurs, et ils excellent à le montrer tous les jours de leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est la domination des intérêts, passions, volontés d’un parti sur l’intérêt majeur du peuple français, sur les conditions de son existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le parlementarisme pur, ou le règne de l’argent ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous savons, à n’en point douter, que le parlementarisme ne fut jamais « le palladium de la liberté ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seuls d’entre tous les peuples, nous avons eu le parlementarisme tout pur. Pur de l’arbitrage de la monarchie, puisqu’on était en République. Pur de la direction de l’Église, puisqu’on était en anticléricalisme. Pur du contrôle des grands corps nationaux, puisque la Révolution la Révolution et ses agents exécuteurs : le Consulat, l’Empire avait tout disposé, non seulement pour détruire ces corps, mais pour les empêcher de se recomposer de façon durable et vivante. Le parlementarisme français ne pouvait même rencontrer ni supporter des garde fous ou des contrepoids comparables à ce qui existe et fonctionne encore en Suisse dans la constitution cantonale, ni même à ce vestige des hautes traditions de la Couronne anglaise que les États Unis appellent leur Haute Cour de justice et que ''nos réformateurs sur le papier ''ont l’enfantillage de se figurer pouvoir transplanter d’un trait de plume avec ses qualités d’impartialité et d’indépendance!...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons eu le parlementarisme tout pur. En d’autres termes, par ce règne des parlementaires, la domination de l’Argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Presse vérifie, jour par jour, anecdote par anecdote, comment, de l’électeur à l’élu, de l’élu au ministre, du ministre encore à l’élu et à l’électeur, tout se traite, se règle et se solde, ou plus ou moins, par de sales histoires d’argent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La république démocratique et parlementaire « est » la centralisation ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parlementaire ou plébiscitaire, nulle République ne saurait décentraliser. Mettons tous les points sur les i. Je ne dis pas qu’il n’y ait point de république décentralisée. Je sais l’existence de la Suisse et celle des États Unis. Je dis que, de l’état de centralisation, une république, qu’elle soit parlementaire ou qu’elle soit plébiscitaire, ne peut passer à l’état décentralisé. Et ceci pour une raison bien facile à saisir : les ''grands pouvoirs publics y sont électifs. '' Le gouvernement, quel qu’il soit, a donc intérêt, pour se faire réélire, à conserver dans sa main, le plus nombreux possible, les administrateurs des services publics, autrement dit à centraliser. Plus il a de fonctionnaires à sa dévotion, plus ce pouvoir central électif a de fortes chances de bien tenir ses électeurs, les fonctionnaires étant le plus précieux des moyens termes entre les électeurs et lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loin donc qu’il puisse '' vouloir ''décentraliser, un gouvernement électif doit vouloir le contraire ; le terme naturel d’une république démocratique est, en effet, le socialisme d’État démocratique : le chef d’œuvre de la centralisation et du fonctionnariat. Le mécanisme de la centralisation administrative est si efficace, ses effets sont si puissants et si continus qu’ils tendent à régir, non seulement les rouages de l’ordre politique, mais les meilleurs éléments du corps social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conséquences directes de la centralisation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1° ''L’intermédiaire''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système gouvernemental où trente neuf millions d’hommes, fichés et classés dans des cartonniers innombrables, sont sujets à des règlements généraux uniformes et minutieux pour tout le détail de leur existence individuelle, sociale et civique, la discussion est continue, éternelle et inextinguible sur les modes de l’application : les cas douteux sont innombrables et quelque grave péril de favoritisme que présente le débat de ces cas individuels, l’application automatique de la réglementation comporterait des difficultés morales, matérielles même, et des iniquités plus graves encore. De la loi centralisatrice aux sujets de cette loi, il faut un intermédiaire constant. De l’administré aux administrateurs, il faut un avocat permanent, puissant sur l’administration. Tant que la centralisation l’asservira et l’opprimera, l’électeur aura besoin d’un porte parole, d’un porte parole bien armé, mis au centre des choses, et cet élu devra être fait de sa main, pétri de son. argile, pavoisé aux modestes couleurs de son patelin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La bureaucratie nationale est un abus que cet abus du parlementarisme tempère. Le député de clocher étant nécessaire au bon peuple, ce besoin populaire donne la mesure naïve du mal obscur mais très profond que fait à l’État le régime centralisé consubstantiel au régime républicain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ôtez la centralisation, faites régler sur place, mais régler véritablement, sans l’intervention oblique du parti gouvernant, la plupart des affaires administratives, judiciaires et fiscales qui hérissent l’existence du citoyen roi, la cote d’amour du député aura chance de disparaître. Elle ne peut disparaître en démocratie où la centralisation va croissant, même et surtout quand on s’y amuse à des entreprises de décentralisation de façade.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le licou des institutions consulaires n’est pas desserré par le député, mais la victime, le citoyen, le peuple, trouve en lui un organe qui lui sert à respirer et à soupirer : son murmure de réclamation repassera par ''son ''député, le député qu’il connaît, qu’il fréquente, l’homme d’une circonscription bien déterminée, celui dont il sait faire un représentant réel, un instrument direct.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vrai mandat du député ou du sénateur, ce qui en fait la valeur et le prix, s’applique à des opérations, qui dont lieu ni dans la salle des séances ni même dans les couloirs du Palais Bourbon. L’office véritable, le service intéressant de l’élu du peuple consiste à faire des démarches au profit, j’allais dire en faveur de son électeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faveur serait impropre et injuste. Il n’y a point de faveur quand il y a nécessité : et la nécessité, ici, n’est pas douteuse. Le réseau serré et tendu de notre mécanisme administratif nécessite en vérité cette médiation continue entre les bureaux ministériels parisiens et le justiciable de la périphérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le seul cas déterminé dans lequel le citoyen puisse obtenir des garanties personnelles contre l’État est celui où il se fait client régulier de quelque puissance élective.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2° ''La bureaucratie : La prolifération des fonctionnaires''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un pays normal, fût il constitué le mieux du monde, trop de fonctionnaires exposent l’État à subir beaucoup d’exigences. Mais, quand cet État repose tout entier sur l’élection, il est à leur merci : il suffit en effet. aux fonctionnaires de s’entendre pour le brider, ce qui d’ailleurs n’avance en rien ni leurs affaires ni les affaires du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’État modèle comporte le plus petit nombre possible de fonctionnaires, tous fonctionnaires d’autorité, bien choisis, bien payés, et bien défendus. Tous les monopoles, toutes les fonctions parasites, toutes les charges qui ne sont pas essentiellement propres à l’État, y doivent être rendus à l’initiative privée. Les anciens salariés de l’État ne doivent point tarder à s’apercevoir qu’ils gagnent mieux leur vie, qu’elle est mieux assurée, et plus indépendante, dans la plupart des branches des industries et des administrations particulières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le très grand nombre des petites paies est plus coûteux que le petit nombre des gros appointements, et le gouvernement du Nombre comporte cette multiplication des petits fonctionnaires, cette disgrâce tacite mais sûre, infligée aux plus importants : la qualité et l’importance sont sacrifiées rondement! Plus le service social est important, plus il est jalousé, diffamé, politiquement méprisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemple : le rempart commun de tout et de tous, l’armée en est réduite aux salaires de famine et, comme il existe, en avant de l’armée qui soutient la guerre, un corps d’élite qui a Pour mission de défendre la paix, ce corps, le corps diplomatique est aussi celui dont les indemnités sont les moins proportionnées aux charges’. Fatalité démocratique évidente : ne faut il pas détourner les ressources du salut public au Maintien des monopoles onéreux et à la subvention de la masse électorale, et des agents électoraux ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n’est pas tout. La démocratie abolit naturellement les serviteurs gratuits qu’on pourrait appeler les serviteurs d’honneur qui se dévouaient à l’État en échange d’un peu de prestige, de considération et de dignité. Quand l’État perd sa majesté, quand sa considération est livrée à tous les arbitraires politiciens, quand son prestige n’est plus un nom ni même un mot d’usage courant en conversation, on ne s’empresse guère à le servir pour rien. Lui même, d’ailleurs, n’y tient pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces sortes de services comportent de l’indépendance et de la fierté : la jalousie, l’envie, l’ombrageux esprit d’inégalité et d’uniformité qui sont le nerf de toute démocratie ne tolèrent pas ces vertus. Ceux qui les ont sont donc exclus, éliminés, de façon presque automatique, des services de l’État : la religion, la classe, l’origine, les idées politiques, autant de prétextes substantiels! Il ne faut pas être dégoûté pour surmonter de telles barrières. Les gens bien élevés qui disposent d’une large aisance et qui seraient fiers de jouer, sans subsides ou avec des subsides dérisoires, un rôle administratif ou judiciaire de premier ou de second plan, les hommes de cette espèce, si fréquents en d’autres époques, ne peuvent qu’être très rares parmi nous. Ils ne s’y frottent même plus 1 Les partis avancés leur ont trop bien marqué le cas qu’on pouvait faire d’eux : le rythme de la démocratie nécessite l’épuration périodique des emplois publics au même titre que l’aggravation cyclique de ses budgets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a, de temps en temps, des « ajustements » variés. Ils sont vite laissés en arrière par les autres dépenses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3° ''L’étatisme''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas contradiction à résoudre, mais conséquence à remarquer, entre l’étatisme social et l’individualisme social. Un logicien qui part de la souveraineté de l’individu, et qui veut construire un État, peut mourir avant d’être sorti du moi fondamental et d’avoir élevé son système ; mais, s’il le construit, s’il le construit sur ce fondement individualiste, il ne peut concevoir ni réaliser autre chose que le despotisme de l’État Théoriquement, son État, est le plus absolu des souverains absolus, puisqu’il est l’émanation d’un total de souverainetés individuelles incoercibles et qu’il en reçoit toutes les forces, toute l’autorité, toute la majesté. Pratiquement, étant le seul produit de ces volontés souveraines, ne pouvant tolérer de groupe intermédiaire entre l’individu et lui, cet État, tient à la merci de sa loi les personnes et les biens. ''Chacun se trouve seul contre l’État signe de tous, ''et toutes les unités peuvent être ainsi broyées tour à tour par la masse unie et cohérente des autres. Celles ci ont droit et devoir de se faire bloc, et celle là, devant leur coalition, ne peut en fait ni en droit que subir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand l’État devient tout, l’État n’est plus rien : c’est une thèse qui se soutient et qui se démontre. Mais la même thèse établit que chacun des citoyens tombe alors au dessous de rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand il faut que tous agissent pour que quelqu’un agisse, chacun cesse d’agir, du moins avec initiative et progrès, et notre activité sociale devient la répétition mécanique, de plus en plus lente, et tendant même à l’inertie, des activités singulières et personnelles qui subsistent encore. La gestion financière de la République affaiblit la production de la richesse . la gestion financière frappe cette faible production de paralysie, tout en redoublant la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Limites de la justice dans la République ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre justice est impuissante en raison de ce fait initial, qui domine la question : on a voulu trop lui donner. On a voulu lui donner tout. On a voulu absorber dans le Juste le Politique, et ramener à l’universalité de l’Ordre judiciaire ce qui est du domaine strict de l’État Un État, ne se passe point de raison d’État. Et c’est parce qu’il y a une raison d’État qu’il faut constituer l’État avec tant de soin ! qu’il faut y concentrer le maximum de la sagesse, de la conscience, de la prudence, de la personnalité et de la justice ! Seul, un État très personnel, très pénétré de ses responsabilités personnelles peut exercer utilement les hautes prérogatives extra judiciaires ou, si l’on veut, hyper judiciaires qui lui sont dévolues. Tant vaudra cet État tant vaudront ses applications de la raison d’État. Si votre État est galvaudé dans les parts, s’il est l’esclave de la Finance ou de l’Étranger de l’intérieur, elles seront fort misérables ; au lieu de servir et de protéger le salut national, sa raison d’État. servira « l’intérêt supérieur de la République », autrement dit les intérêts successifs et changeants des factions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recours au « fait du prince » seront d’autant plus vils qu’ils ne seront ni avoués, ni invoqués directement. La prétention de tout traiter régulièrement, judiciairement et en forme, aura pour effet de fausser jusqu’à la forme même de la justice et de faire recevoir pour l’expression pure de la loi ce qui en sera le travesti. On voudra supprimer toute intervention de l’ « arbitraire » pour éviter quelques abus ; mais on aura gagné, en échange, l’hypocrisie judiciaire avec ses interventions continues, ses violations chroniques, ses falsifications endémiques. Quand l’autorité légitime n’existe pas, sa fonction, qui est éternelle et nécessaire, est usurpée par le premier esclave venu. Nul pouvoir supérieur à la loi écrite n’existant, la Loi ne s’incarnant en aucune souveraineté vivante et capable de dire : « La Loi c’est moi », on verra tous les magistrats en venir, par nécessité politique, à frauder la loi, ce qui enlève peu à peu à la loi toute autorité. Une loi que l’on tourne habituellement perd tout prestige et toute valeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle les perdra d’autant plus que les applicateurs et interprètes de la loi seront eux mêmes diminués et humiliés davantage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui écrira le détail de l’histoire de la magistrature française depuis « l’épuration » de Martin Feuillée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui comptera les cas dans lesquels les égaux ou les supérieurs du Procureur général Fabre de l’affaire Rochette ont pu gémir sur telles ou telles des « plus grandes humiliations de leur vie » !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les partis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nature des Partis ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce que le gouvernement de la République? Le gouvernement des partis, ou rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce qu’un parti ? Une division, un partage. Les ''« mots de la tribu » offrent ''souvent une contexture sacrée qui en contient, en conserve, en préserve le sens. Ici, il est limpide. Il n’y a qu’à fermer les yeux et écouter le son. ''Parti ''! Rouvrons les yeux : le spectacle contredit il l’audition et l’entendement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun résultat politique ne s’obtient, dans le fonctionnement normal du régime, que par cette opération diviseuse et cette lutte intestine. On arrive ainsi aux honneurs. C’est le jeu des partis qui élit. Une fois élu, on peut prêcher l’accord, mais surtout après avoir pris l’engagement formel de ne pas revenir devant l’électeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’où viennent les partis ? Ou, plutôt, qu’est ce qui donne aux partis et aux clans cette incurable ardeur dont le temps ne fait, parfois, que rafraîchir et renouveler la brûlure ? Nos clans naturels sont détruits, nos clans historiques passent pour être anéantis. Mais les classes subsistent et notre État est constitué de manière à en tirer plus de mal que de bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les révolutionnaires les exploitent toujours en s’efforçant de les légitimer par des antagonismes économiques ''inexistants ''car, loin de diverger, nos intérêts les plus essentiels convergent, ''en ''fait. L’intérêt général, sans être la somme des intérêts particuliers, les comprend néanmoins et les enveloppe : le plus haut, le plus profond des intérêts de chacun tend, sur le plan réel, à l’unité du tout. Le partage et la division sont des fléaux dont chacun aura à souffrir : pourtant, si beaux soient les appels à la conciliation, à la concession, à la convergence des actions et des vues, cette idée si naturelle reste bien froide en comparaison des chaleurs artificielles et des fureurs factices auxquelles les passions diviseuses élèvent leur fausse doctrine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’élément générateur des partis est passionnel et, presque toujours, personnel. Un homme, un nom servent de drapeau, et ce drapeau flotte et palpite d’autant plus vivement qu’un prétexte a été fourni, soit par une ambition trompée, soit par un déni de justice ou par son semblant, soit par une vengeance exercée ou subie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France est déchirée parce que ceux qui la gouvernent ne sont pas des hommes d’État, mais des hommes de parti. Honnêtes, ils songent seulement au bien d’un parti : malhonnêtes, à remplir leurs poches. Les uns et les autres sont les ennemis de la France. La France n’est pas un parti.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un pays constitué comme la France, dans un pays qui n’est entièrement représenté ni par son aristocratie, ni par sa bourgeoisie, la République n’a duré que parce qu’elle a été la propriété d’un parti, d’un parti fermé, organisé assez jalousement pour répondre à tous les assauts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées des partis, les idées diviseuses ont, en République, des agents passionnés ; mais l’idée unitaire, l’idée de la patrie n’y possède ni serviteur dévoué ni gardien armé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne fait pas la guerre sans provisions ni munitions. Il faut que, dans leur guerre, les partis vivent et combattent avec tous les objets qui leur tombent sous la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’entente avec l’Étranger est l’ingrédient essentiel et classique du régime des partis. Possible et contingente sous tout autre gouvernement, elle est nécessaire en République. Il faut ou changer le régime, ou se résigner à ce mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même il faut changer le régime ou se résigner, à peu près de la même manière, à une certaine dose de routine dans les grandes administrations dont la Marine et la Guerre donnent le type 1 On n’y triomphe pas de la routine par l’esprit révolutionnaire qui anime les partis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contrôle ’révolutionnaire du Parlement n’a jamais fait que superposer aux anciens abus des abus incomparablement supérieurs. Tout le mal que l’on voudra dire des bureaux, routiniers si l’on veut, mais compétents et expérimentés, ne sera jamais à mettre en balance avec les insanités d’une commission parlementaire ou d’un délégué du parlement, souvent ignare ou turbulent, touche à tout par définition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est ni dit, ni écrit, ni pensé nulle part dans l’essence du régime républicain, que les questions militaires, les questions liées à la vie de patrie, soient supérieures à la République, supérieures à la querelle des partis. Les plus patriotes de nos républicains esquivent cette question de la priorité de la Patrie ou des Partis, de la France ou de la République, en disant que ce sont là deux synonymes et que l’État républicain et l’État français ne font qu’un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la nature des choses se charge toute seule de la distinction, et c’est alors qu’au fur et à mesure des événements, les réactions strictement propres à chacun donnent la mesure des personnes, des caractères, des esprits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partis, y compris le parti communiste, sont connus, réputés, avoués pour des syndicats d’intérêts personnels destinés à entretenir un parasitisme d’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le vieux parti républicain ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vieux parti républicain a fait la République et il s’en vante : la République a fait sa situation actuelle et il en profite. Le mécanisme de cette double action historique n’est pas difficile à saisir. Faire la république, c’était poursuivre les partisans des régimes antérieurs, les noter, les chasser des emplois publics et leur donner tout aussitôt des successeurs intéressés au maintien de l’état des choses. La première révolution se créa une clientèle en vendant les biens nationaux; la troisième République s’est recruté son monde en « épurant » l’administration nationale et en la repeuplant de ses créatures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et l’on a formé de la sorte un vaste plexus d’intérêts maintenus en haleine par la crainte de la disgrâce, le désir de l’avancement. Tous ces intéressés, il faut le reconnaître, sont disciplinés à merveille. Ils ont une confiance complète dans leurs chefs de file ; et ceux ci, à leur tour, ne « lâchent » point leurs clients. Ce tacite contrat bilatéral a pu s’appeler autrefois « union républicaine ». Il ’ pourra changer de nom et s’appeler même l’union radicale socialiste : croyez bien que le personnel, à quelques têtes près, sera le même ; il se recrutera dans les mêmes milieux, il se gouvernera par la vue des mêmes intérêts de personnes et de clans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, les intérêts d’une race, d’une vaste famille. L’intérêt solidarisé d’un certain nombre de mille hommes. La loge maçonnique, le comité central en étaient les deux foyers dans chaque chef lieu de canton ; et ils étaient représentés dans les moindres hameaux par un émissaire de confiance, facteur rural, instituteur ou petit débitant d’alcool et de tabac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et il y avait là des gens intelligents ; et il y avait là aussi des gens infiniment stupides. Mais ni la stupidité ni l’intelligence n’étaient la caractéristique de cette curieuse brigade. Non pas même les appétits! non pas même les cupidités, ni les haines. Beaucoup de ces gens étaient riches. Il s’en trouvait même d’honnêtes. Cependant les figures de ces républicains d’origine, de ces républicains qui fondèrent la République. niaises ou fines, corrompues ou intègres, spartiates ou athéniennes, portent toutes un même trait : c’est un don de parler, d’intriguer, de mener la foule. Tous sont nés démagogues. Ils restent démagogues en quelque lieu qu’on les visite : au conseil municipal de Fouilly les Oies ou dans les bureaux de la Chambre, à la tribune du Sénat tout aussi bien qu’à la table boiteuse des estaminets borgnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Où ont ils appris cela ? D’où tiennent ils cet art du succès dans les assemblées ? Personne ne saurait le dire ; et personne ne peut nier qu’ils ne le possèdent. Cela est bien indépendant de l’éloquence, de l’autorité ou du mérite personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette spécialité, qui n’appartient certes pas à la fine fleur du pays, ne correspond, non plus, en aucune façon, à la bonne moyenne des qualités françaises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais c’est presque un trait ethnique ou professionnel : un instinct pareil fait les bons marins ou les bons cultivateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On naît démagogue comme on naît juif. Comme les juifs sont aptes au maniement de l’or, les vieux républicains sont aptes à« manier » les assemblées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je les ai comparés aux Juifs. Et voici une nouvelle ressemblance. L’or des juifs est stérile. Il ne fait que de l’or. Ainsi des aptitudes démagogiques du vieux parti républicain. Ce parti da rien pu, rien conçu, rien produit. Il est politique de carrière et de profession ; et il n’a rien de politique. Sans doute il a fait la guerre aux conservateurs, mais en vertu d’une méthode bien plus que d’une doctrine il lui fallait déposséder afin de posséder à son tour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est le procédé d’une horde en pays conquis. La nôtre a mis la main sur les emplois, sur les profits : on serait bien embarrassé de dire qu’elle a eu, en outre, une conduite, des desseins suivis, des vues particulières ou générales sur nos affaires intérieures ou extérieures, hormis, il faut le dire, sur le plan anticlérical. Les résultats sont nuls au dehors comme au dedans, et cependant c’est avec ce parti seulement que la République est possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le procédé ne varie guère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vieux parti républicain agit d’abord. Par des lois ou des décrets,, il agit ; il dit ensuite aux électeurs : « Choisissez entre moi (c’est à dire entre les révolutions que j’ai faites) et la révolution inconnue, la mystérieuse anarchie, l’effroyable guerre civile qui éclaterait si moi, moi gouvernement révolutionnaire, révolutionnaire mais gouvernement, je n’étais pas là pour tout doser, retenir, mesurer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grandes erreurs de l’esprit sont à la source de la plupart des dérèglements de l’action. Or, il est impossible de s’être trompé plus complètement, sur les idées et sur les choses, que l’élément sincère, l’élément fanatique du Vieux parti Républicain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs de la République, ceux qui se trouvaient, il y a cent cinquante ans, en présence du fruit de l’œuvre capétienne, le royaume de France, la civilisation de la France, eurent deux idées directrices. La première était qu’il fallait changer tout cela, car ce composé politique, social, moral, n’étant pas bon ou ne valant pas cher, était à refaire de fond en comble. « Autre chose, mais non ceci! » Tel fut le premier point de leur idéalisme. Secondement, ces réformateurs voulaient, les uns le parlement comme, en Angleterre, les autres la démocratie comme en Suisse, tous le protestantisme, comme en Prusse ; notre catholicisme leur paraissait inférieur, par définition, à la Réforme ; nos aristocraties hiérarchisées sous le Roi leur semblaient lamentables au prix des bourgeoisies et paysanneries des Cantons ; enfin, la concentration énergique du pouvoir proprement politique aux mains des successeurs de Louis le Grand et de Henri le Grand leur semblait une tyrannie, comparée au bavardage des chambres et au « régime de cabinets ». Tout l’idéalisme d’alors procédait d’un triple mécontentement de nous mêmes. On rêvait, sous trois formes, dans la direction des types jugés supérieurs, Un « progrès » religieux, social et politique. Nous mesurons auJourd,hui les trois reculs nés de ce triple effort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le parti libéral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libéral en est resté aux vieux thèmes à la mode dans jeunesse et d’après lesquels il y avait antagonisme nécessaire entre une nation et son gouvernement. La coopération de la cité et de ses magistrats avec les citoyens, la solidarité fraternelle des États avec leurs sujets, la profonde réciprocité de services basée sur la communauté absolue de leurs intérêts, ces fortes vérités aujourd’hui très présentes à tout esprit jeune et vivant, saisissables dans l’examen de tout gouvernement national, étaient recouvertes, dans les cervelles, il y a un demi siècle, par le problème métaphysico juridique de la balance et du partage des Pouvoirs. Auguste Comte ne traitait de ce contresens politique et moral qu’avec le mélange de risée et de courroux qu’il témoignait à tous les succédanés de l’anarchie révolutionnaire pour en flétrir ce qu’il nommait déjà le plus ''nuisible et le plus arriéré des partis. ''Sauf au Palais, où ce byzantinisme sévit encore, beaucoup moins qu’autrefois du reste, les nouvelles générations en sont délivrées. Elles voient le public avec le gouvernement, au lieu de le voir ''contre lui. ''Elles se représentent ce magistrat, ce chef, comme un protecteur ou un guide, un directeur ''(rex), ''non comme un ennemi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libéral ne pense pas sans le concours de cette méthode périmée. Il n’est pas le gouvernement ? Il est ''donc l’oppo''sition. Il n’a pas le pouvoir ? Il a donc mandat de mettre tous les bâtons possibles et imaginables dans les roues du pouvoir. Pas de milieu entre l’exercice direct et l’opposition directe, le pouvoir absolu et la critique absolue. Ne lui parlez de concours, de collaboration. Ou que voudriez vous dire ? Il ne comprend pas cette langue. Chef du gouvernement, il apportera la même frénésie à user de l’autorité qu’il emploie aujourd’hui à s’agiter contre elle : son libéralisme rageur se muera en jacobinisme violent, mais, dans les deux cas, il appliquera à son procédé gouvernemental la marque, ou parlons mieux, la tare de l’esprit révolutionnaire qui ne peut concevoir la société nationale sous le régime de l’union et de la paix. Il les lui faut toujours divisées contre elles mêmes : au lieu de tendre à réaliser des convergences heureuses, il entrechoque, dans un dualisme éternel, d’irréductibles divergences dans l’intention plus ou moins avouée de les exploiter jusqu’au fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est l’esprit, c’est la '' théologie ''du régime. Si le libéralisme n’était modéré par le bon sentiment qu’ont parfois certains libéraux du danger qu’il fait courir à la paix intérieure du pays, il ne se déroberait pas indéfiniment à ses conséquences logiques autorisées par les fameux précédents de 1792 et 1871. Doubler la guerre étrangère d’une guerre civile ? Après tout, pourquoi pas ! Métaphysique d’un autre âge qui peut servir à mesurer la haute antiquité du fossile qui nous la sert. Elle mesure aussi l’antiquité et la fossilité de la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le parti radical ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce parti se définit suffisamment par son personnel horde de destructeurs variés qui peuvent être divisés par des haines de personnes ou des compétitions d’appétits, mais réunis par un aliment collectif autour d’une pensée qui les discipline.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui passe le premier, cet aliment cette pensée ? Est ce la religion du désordre, le goût de la désorganisation, qui les jette ainsi sur le capital moral et matériel de la France 7 Ou bien sa verve critique est elle allumée par la perspective d’un pillage et de ses profits ? La réponse à cette question devrait nécessairement varier avec les personnes et selon les époques de leur carrière. En tout cas, les deux mobiles font bon ménage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux manières de comprendre la Révolution ne se gênent aucunement et font coopérer les forces de l’esprit qui tend à détruire et les aspirations de la bourse qui veut se remplir. Dans cette association de désintéressements et de concupiscences, la doctrine ajoute aux intérêts qui la servent l’autorité, la majesté, la grandiloquence ; les intérêts fournissent à la doctrine une force de propulsion qui lui manquerait tout à fait si elle était livrée à ses propres moyens. La première séduit et rassure les naïfs, les secondes appâtent et rallient les coquins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment ont pu s’accréditer chez un peuple qui n’est pas plus bête qu’un autre cette doctrine de division et cette œuvre de gaspillage qui ne tendent qu’à le tuer ? Drumont note parfois qu’on a peine à imaginer un peuple se détruisant de ses propres mains. Mais on imagine fort bien un peuple détruisant un autre peuple et pour le mieux détruire, le trompant, l’enivrant et l’empoisonnant. Judith de Béthulie n’est pas toujours une belle veuve : il y a des idées, des songes, des mirages qui, pour un temps du moins, paraissent plus beaux que Judith; lorsque Judith s’appelle une philosophie, une sensibilité, une école ou une mode littéraire et quand ce prestige, ce charme sont bien connus pour être, à coup sûr, meurtriers, il suffit de savoir en diriger les forces vers un ennemi. C’est ce qu’a fait, en France, depuis la fin du XVIIIe siècle, l’Étranger de l’intérieur aidé par celui du dehors, Anglais et Prussiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute l’engouement pour l’erreur Jean Jacquiste a cessé, depuis bien longtemps, d’être spontané, mais, depuis longtemps aussi, on a achevé, à la faveur de cet engouement, les opérations politiques grâce auxquelles on s’est emparé des hautes positions dans l’Administration, l’Université, les académies, d’où l’on est bien à l’aise pour imposer les rossignols d’il y a cent vingt ans. Ayant instillé à leurs adversaires, aux chefs du pays, toutes les idées et tous les sentiments Capables de nous affaiblir et ainsi de nous asservir, les quatre États confédérés (juif, protestant, maçon, métèque) commanderont tant que nous subirons l’autorité légale qui est demeurée sous l’empire de leur poison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il leur faut achever d’établir leur doctrine : d’où l’hostilité au catholicisme, particulièrement à l’école catholique. Il leur faut maintenir la centralisation : d’où la nécessité de limiter les concessions socialistes au point précis où l’administration perdrait la haute main sur les groupes ouvriers et leur permettrait la moindre vie autonome ; dans le cas contraire, accentuer le socialisme d’État en truffant le syndicalisme ouvrier du plus puissant syndicalisme des services publics. Enfin, il leur faut éviter d’alarmer les régions moyennes de l’opinion publique par un programme trop subversif. Mentir au centre, foncer sur la droite catholique et céder à la gauche de simples apparences : c’est le programme radical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le triple but, tout le monde est d’accord : Étatisme pour dominer, Anticléricalisme pour pervertir, Opportunisme pour n’être pas balayés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...Et l’opportunisme prévaut de plus en plus depuis quelques lustres. Avec l’opportunisme, la corruption, la concussion et l’escroquerie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''1. Les quatre États Confédérés '': Dans un conseil des ministres tenu en septembre 1898, comme les derniers adversaires de la révision du procès Dreyfus dénonçaient la puissance des juifs, des protestants et des francs maçons, M. Henri Brisson, président du Conseil et ministre de l’intérieur, défendit énergiquement les trois groupes mis en cause, et s’écria, au cours de ses déclarations, que les juifs les francs maçons et les protestants étaient L’OSSATURE DU RÉGIME REPUBLICAIN. Pour que cette ''ossature ''soit bien complète, il faut y ajouter un groupe injustement omis, par M. Brisson, le groupe étranger des métèques installés en France à la place des Français, et protégés et favorisés par les lois de la République « française ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces quatre oligarchies, de nature profondément internationale toutes. puissantes et régnantes, ont été appelées les ''quatre États confédérés.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous nous rendons d’ailleurs compte qu’il faut faire une distinction entre les protestants, et nous l’avons faite : beaucoup d’entre eux se sont profondément enracinés de cœur et de chair dans la terre de France, ni leur patriotisme, ni leur nationalisme ne peut être mis en cause, mais les plus &amp;quot; avancés » d’entre eux se sont laissés dénationaliser. C’est à une équipe essentiellement protestante que nous devons l’école primaire anarchique, fondation des Buisson, des Pécaut, des Steeg, tout puissants dans l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le parti socialiste ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est ce au fond que la socialisme ? C’est une solution du problème posé par la démocratie. La volonté du nombre étant ''reine de l’État ''ne peut pas ne pas tendre à devenir ''reine de la société, ''c’est à dire de l’ordre économique, à l’usine, au bureau, au champ, partout. Ne dites pas ce serait la ruine de tout. Le Nombre ne le croira jamais. Il agira toujours, s’il est le maître de l’État. de manière à S’emparer des richesses produites et des moyens de la production afin de se les partager. Cela, c’est l’inévitable. Il y a des démocrates qui tendent à ce résultat en décrétant que tout sera fonction d’État, monopole d’État, chaque citoyen devenant ainsi fonctionnaire. C’est le socialisme d’État : il sort du cœur et des entrailles de la démocratie ; ainsi résout elle le problème qu’elle pose en se posant. D’autres pensent que l’égalité démocratique, déjà réalisée dans l’État. se poursuivra dans la société au moyen de la pompe aspirante de la fiscalité, l’État. prenant aux particuliers tout ce qu’il faut pour les appauvrir afin qu’il puisse, lui, en enrichir le nombre paresseux : ce socialisme fiscal, autre émanation des viscères démocratiques, fournit une seconde solution. Le socialisme orthodoxe ou communisme scientifique fournit une solution un peu différente, plus pompeuse, plus précieuse, embrassant en apparence une organisation industrielle plus complexe et plus avancée, mais elle ne peut ni ne doit compter que comme l’une des solutions de l’unique problème dont les termes sont posés, dont les chiffres sont alignés dès le premier moment où la démocratie, atteignant son premier objet, s’empare de la force publique. Le Nombre, s’il est maître, ne peut tendre qu’à obtenir de la nation sujette ce qu’il lui faut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière ou d’autre, quelque dictature du prolétariat doit permettre au Nombre de s’alimenter sans rien faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Écarter la solution socialiste proprement dite, ’négliger même le socialisme d’État, ce n’est résoudre rien et c’est laisser tous les x sur le tableau noir. Vous êtes démocrate ? Fort bien! La démocratie veut devenir ''oecocratique '' (maîtresse de la maison), ploutocratique (maîtresse de la richesse), elle n’existe que par et pour cette volonté. Qu’y répondez-vous ? Oui ? Non ? Si c’est non, vous n’êtes pas démocrate. Si c’est oui, tous les inconvénients du socialisme reparaissent. Si c’est ni oui, ni non, tout se passe comme si c’était oui. Les faims, les soifs, les appétits, les convoitises éveillées par le seul mot de démocratie, se donnent carrière, ils règnent sur l’électeur, par l’électeur sur l’État, par l’État, sur les finances, et vous voilà, comme disait l’autre, au rouet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le parti communiste ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En quoi le communisme diffère t il du socialisme révolutionnaire ? Par la méthode, en ce qu’il accélère le désordre. Par la doctrine, en ce qu’il ne fait pas grâce au compromis de la démocratie bourgeoise : il est égalitaire quant aux destructions, il est autoritaire et même hiérarchique lorsqu’il prétend reconstruire conformément aux intérêts et aux vues d’un parti. Le système d’oligarchie (maçonnique et juive) que la République française pratique sans le dire, le Communisme l’institue au grand jour et même l’avoue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il ne faut pas se perdre dans ces nuances. D’un peu haut, qu’est ce que c’est que le socialisme ou « communisme » plus ou moins « scientifique » ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est l’esprit de la république démocratique, c’est même l’esprit du libéralisme qui, venu de la politique, est introduit dans l’économie et dans le travail. ''Eh quoi'', disaient les avancés aux doctrinaires du temps de Louis Philippe, ''vous établissez la monarchie constitutionnelle dans l’État et vous conserveriez la monarchie absolue dans l’usine et dans la manufacture ? On ''regimbe, on chicane, mais la question est là. Si tout le monde est roi, tout le monde doit être patron. Si les affaires communes de la nation se trouvent bien gérées par la volonté de tous, comment la volonté de tous ne gérerait elle pas encore mieux les affaires particulières d’un commerce et d’une industrie ? Du point de vue de l’intérêt général, la pente est directe : si le bien commun politique dit '': République, ''le bien commun économique et social doit dire : Communisme à plus forte raison. Car qui peut le plus peut le moins. Si le pouvoir élu est excellent pour la Maison de la France, il doit être meilleur encore pour la maison Dupont et Durand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous pouvez alléguer le droit le droit de l’héritage, les droits de la propriété! Je comprends ce légitimisme social. Mais il y avait un légitimisme politique qui alléguait le droit héréditaire d’une famille royale, son droit, fruit du plus utile et du plus puissant travail séculaire, au commandement du pays, qu’elle avait constitué comme une métairie ou comme un atelier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce légitimisme politique est bafoué par les républicains. Pourquoi les socialistes et les communistes ne bafoueraient ils pas le légitimisme social des républicains bourgeois d’aujourd’hui ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Conclusion du radicalisme au communisme, différences faibles ou nulles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Distinguer entre la révolution sociale et la révolution politique est absolument vain. Toutes les démocraties de l’histoire ont fait le double trajet ; l’article 1er disait ''égalité politique ''et, quand cette égalité, théorique du reste, a été admise, il a bien fallu dire, article 2, ''égalité sociale, les ''deux termes n’appartiennent pas à des séries différentes, leur essence est la même, ils répondent aux mêmes besoins. En Grèce, en Italie, toute constitution démocratique eut pour effet d’imputer peu à peu aux « riches » les charges de la cité : ce qui avait pour effet d’aboutir aux plus sordides méthodes d’obstruction politique, de lâcheté civique et d’appauvrissement social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des villes florissantes, de grands États, de véritables empires ont été ainsi ruinés en cinq sec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les communistes représentent une stricte observance moins informé, moins attentif à la constitution politique et sociale de ce pays, telle qu’elle résulte des institutions de l’an VIII, leur marxisme judéo moscoutaire omet ou feint d’omettre des facilités de révolution lente et de spoliation graduelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, pourtant, il ne se présente qu’à titre de stimulant et d’auxiliaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stimulant, pour empêcher les socialistes de s’endormir dans leurs prébendes, leurs pro consulats et leurs sous secrétariats. Auxiliaire, pour le grand soir. Dans la société comme dans la nature, il arrive que les choses procèdent tout d’abord par degrés fort nuancés, presque insensibles, mais il vient un moment où toute évolution a besoin de se compléter par une intervention de cette « grande accoucheuse de sociétés » qui s’appelle la Force. Ce fait de force plus ou moins brutal, plus ou moins explosif, ne serait certainement pas accompli par les bourgeois ventrus et flasques du type socialiste parlementaire. Mais les communistes sont là : quand ils auront &amp;quot; flambé » un certain nombre d’étages et de maisons, les socialistes parlementaires, leur ayant fait courte échelle aux grilles du Palais Bourbon, s’occuperont de mettre en articles de Lois, proprets et nets, ces incendies, pillages et assassinats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les partis de gauche, il n’est en réalité jamais question de doctrine ni même de programme. Un seul mot d’ordre, un intérêt : la lutte contre la réaction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jamais un radical bien né ne se laissera enrégimenter sous une bannière suspecte de réaction. On lui montrera une bande d’étoffe rouge * comme le taureau fonce, le radical marchera. Tel radical ne fait ainsi que suivre ses habitudes, tel autre suit sa passion. Il marche, et C’est l’essentiel. Il marche de manière à rencontrer ses frères socialistes autour de l’Urne, d’où la mauvaise Loi fait dépendre le sort du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conjonction du radical et du socialiste qui fait crier à l’immoralité est la plus naturelle du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est aussi naturelle, pour le moins, que la conjonction finale du socialiste et du communiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment ne voit on pas cela plus clairement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne saurait trop le redire, il existe dans le socialisme deux traits distincts, et le plus important n’est pas celui qui donne au socialisme son nom . le plan de règlement de la question dite sociale, qui s’entend plus particulièrement de la question ouvrière, telle qu’elle se pose dans la grande industrie. Ce socialisme, le plus vigoureux, le mieux défini, n’est pas celui de gros bataillons. La grande industrie en France n’est pas assez développée, malgré la guerre et l’après-guerre, pour expliquer la présence de nombreux socialistes à la gauche des radicaux. Mais, dans les régions les plus étendues de la France, là où dominent la vie rurale, l’artisanat, la petite industrie, le petit commerce, ''socialiste ''signifiait autrefois républicain extrême, républicain « sang de boeuf » ultra radical. Cet extrémisme, cette outrance, s’appliquaient alors aux idées. Il y a très longtemps que les idées républicaines ont cessé de susciter l’enthousiasme ou la confiance. Leur fanatisme a subi une chute profonde. Le faible résidu qui subsiste ressemble beaucoup moins à un état d’esprit qu’à un intérêt, ou plutôt à l’idée d’un intérêt, mais d’un intérêt privé et quasi personnel. Le socialiste du Midi, par, exemple, tend surtout à réaliser le programme démocratique étatiste : tout ''le monde fonctionnaire, un petit emploi pour tout le monde, sur un ''plan d’égalitarisme ingénu. Ce n’est pas autre chose que veut le radical. Dès lors, tous les deux veulent et doivent vouloir de gros budgets, avec de gros impôts spoliateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le radical, membre d’organisation où la grosse bourgeoisie n’est pas sans représentants, tend à placer le point de la spoliation un peu moins bas que ne ferait le socialiste. Le premier appelle à grand cris les gendarmes contre les gens qui possèdent plus des cent mille francs qu’il a dans son portefeuille. Le second, armé de sa fourche socialiste ou révolutionnaire, fait fonctionner la pompe aspirante à cinquante, vingt ou dix mille. Le principe est le même, parce que le sentiment qui l’inspire est aussi le même : l’envie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas se faire d’illusion, ni s’en laisser conter par une poignée de charlatans aux dents longues, l’analyse sévère du complot électoral donne cela et ne donne absolument que cela. Nous revivons les temps de la Cité antique où toutes les fois qu’un certain degré élevé de civilisation matérielle a été atteint, quand la ploutocratie, manoeuvrant la démocratie, a fait disparaître le patriciat et la royauté, les biens collectifs réunis, y compris les trésors spirituels et moraux qui s’y joignaient, furent enveloppés dans la même ruines. Ils le sont comme il le faut, au moyen de la même lutte furieuse entre les pauvres et les riches, entre la troupe des producteurs actifs et heureux et la foule des consommateurs pauvres et avides qui trouvent commode de s’adjuger le fruit du travail. par la législation d’abord, par l’émeute, le sac et la tuerie ensuite. Il n’y a point de différence entre ces jeux des factions aujourd’hui et il y a deux mille ans. La démocratie politique fait la démocratie sociale. Le principe d’égalité attaché à la capacité du suffrage des personnes exige d’être étendu à la propriété de choses. Il n’y a pas un conservateur démocrate capable d’un peu de réflexion et d’esprit de suite qui puisse faire une réponse décente à la question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi n’êtes vous Pas communiste ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le communisme dilué s’appelle socialisme. Le socialisme dilué s’appelle radicalisme, démocratisme, républicanisme. A quelque degré que soit Portée la solution du principe poison, on se rend compte qu’il tue naturellement, nécessairement, la Cité et l’État, la Patrie et l’Humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sixième partie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les questions sociales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’économie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’économie étant la science et l’art de nourrir les citoyens et les familles, de les convier au banquet d’une vie prospère et féconde, est une des fins nécessaires de toute politique. Elle est plus importante que la politique. Elle doit donc venir après la politique, comme la fin vient après le moyen, comme le terme est placé au bout du chemin, car, encore une fois, c’est le chemin que l’on prend si l’on veut atteindre le terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière économique, plus encore qu’en politique, la première des forces est le crédit qui naît de la confiance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’essor économique incite au progrès politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’ordre économique est l’ordre de la nature ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La doctrine libérale assure que le bien social résulte mécaniquement du jeu naturel des forces économiques. Qu’est ce qu’elle en sait ? Au fur et à mesure que les faits économiques viennent démentir son optimiste et fataliste espérance, elle nous répond : attendez, l’équilibre va se produire de lui seul. Mais cet équilibre fameux ne se produit pas. Les conseils des économistes libéraux valent pour nous ce qu’auraient valu autrefois pour le genre humain une secte de naturistes qui lui aurait recommandé de se croiser les bras et d’attendre que la terre porte d’elle même les fruits et les moissons. S’il eût écouté de tels sons, le genre humain attendrait encore ou serait mort de froid et de besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, la nature, non, le jeu spontané des lois naturelles ne suffisent pas à établir l’équilibre économique. Mais prenons garde ; ces lois, auxquelles il serait fou de vouer une confiance aveugle et mystique, il serait encore plus fol de les négliger. Cultivons, tourmentons, forçons même l’ample et bizarre sein de la vieille nature, ajoutons à ses forces nos forces et notre sagesse, notre prévoyance et notre intérêt, doublons les partout de nous mêmes. Mais sachons que nous ne commanderons aux choses qu’à la condition de leur obéir. Moissonner en hiver, vendanger au printemps, voilà l’impossible. Avant de moissonner et de vendanger, connaissons le temps naturel des vendanges et des moissons. Et, si nous voulons influer en l’améliorant sur l’ordre économique, connaissons le. Par dessus tout appliquons nous bien à n’en connaître aucun fait essentiel. Nous payerions comme toujours ces oublis et ces ignorances ou plutôt notre peuple payerait notre grande erreur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Rapports de l’économique et du politique ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est pas vrai de dire que les crises économiques sont toujours les causes des crises politiques. Pourtant il serait faux de dire qu’elles ne le sont jamais. La vérité est que les unes et les autres sont tour à tour cause et effet. Certaines explosions de 1789 ont résulté de la misère, mais, sans l’état d’esprit que le philosophisme avait déterminé chez les gouvernants et les gouvernés, les émeutes auraient elles pu devenir des révolutions ? En 1848, sans le licenciement des ateliers nationaux, on n’aurait pas eu les journées de juin, mais ces ateliers n’eussent jamais été ouverts sans les idées politiques de la crise de février.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les phénomènes économiques semblent d’ailleurs jouer, en histoire, le rôle d’excitateur plutôt que de déterminateur ; ce sont des ''causes matérielles ''plutôt que des ''causes formelles.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes pas sectateurs de l’État Providence, mais l’État a pourtant d’autres fonctions que la gendarmerie. Il a, sinon des fonctions d’économe, celles de contrôleur et de président de l’économie, et nous entendons bien que sa protection ne s’arrête pas aux produits, elle doit s’étendre aussi et tout d’abord à l’homme, leur producteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que pourrait être l’avenir de la race, de la nation, si l’État se désintéressait des conditions faites par la vie à ses nationaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La question économique et les lois sociales ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dites que nos lois sociales ont été bâties de travers sur un double principe de lutte des classes et d’uniformité d’organisation, vous serez près de la vérité. Vous y serez en plein si, opposant principe à principe, vous demandez qu’on légifère ou qu’on réglemente par région et par profession, après avis des compétences, après accord direct des intéressés. Mais, de grâce, que l’on ne nous oppose plus on ne sait quelle ''fatalité ''des lois de l’économie dont le jeu mécanique aurait déterminé un inévitable renchérissement de la vie en raison de toute élévation de salaire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On dit : « C’est évident. » Ce n’est pas si évident que cela. Les lois que l’on formule supposent que l’on sous entend : ''« Toutes choses étant égales d’ailleurs, ''nul autre facteur n’intervenant, nulle autre loi plus étendue n’étant mise en jeu. Votre loi, elle est vraie en système clos : je serais obligé de vendre plus cher si, payant davantage des ouvriers ''qui ne me produiraient point de plus value correspondante,'' si, redis je, j’étais tenu de réaliser les mêmes bénéfices qu’auparavant, mais que je sois tenu, en fait, de réaliser ces bénéfices là, c’est une hypothèse vérifiée dans certains cas et démentie dans d’autres car un manque à gagner n’est pas nécessairement une perte, ni une cause de faillite ou de liquidation : on peut gagner moins et continuer de faire honneur à ses affaires ; en outre, il n’est pas inconcevable ni sans précédent qu’un accroissement du salaire de l’ouvrier détermine l’amélioration ou l’augmentation du produit. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Me dira t on que les ouvriers ne veulent pas ceci ? Que les patrons ne veulent pas cela ? C’est peut être leur droit, mais l’expression de leur volonté, l’exercice de ce droit ne sont pas le jeu fatal d’une loi naturelle. Vautres idées et d’autres moeurs peuvent modifier ces volontés en les civilisant : l’antagonisme des deux droits témoigne du conflit de deux barbaries en présence, nullement d’une flexible nécessité naturelle extérieure aux volontés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette corruption du langage qui marque notre temps, l’on perd de vue le sens de la notion de loi en étant qu’elle est conçue comme le signe de succession entre deux faits. L’élévation de salaire et celle du prix des denrées peuvent être en rapport étroit, mais ce rapport peut et par conséquent doit être corrigé au moyen d’autres facteurs interposés à propos. Ici, une meilleure administration. Là, plus d’ardeur au travail. Plus haut, des finances épurées permettant d’alléger les charges publiques, une décentralisation rationnelle, une étude de la législation commerciale plus vigilante. En aucun cas, la « loi » économique ne peut signifier qu’une riche population doive mourir de faim toutes les fois que le salaire des ouvriers y est augmenté, car autant vaudrait dire que la loi de la pesanteur nous oblige fatalement à nous rompre le cou.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Lois donnent la table des constantes de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à l’homme de ne pas s’asservir à elles, mais bien de se servir de leur fidèle avis. Au nom des lois fatales de la chute physique, on s’en va en ballon, peut être ira t on jusqu’aux astres. Les fatalités de l’économie doivent ainsi se composer en vue du bien de la nation. Il n’y a pas de protectionnisme, il n’y a pas de libre échange qui tienne : il y a la vigilance et l’incurie, il y a l’organisation intelligente des tarifs ou la résignation à leur jeu automatique et mécanique, lequel ne peut être que désastreux comme toute résignation humaine aux caprices de la nature. Une situation matérielle aussi complexe que celle du sol français exigerait une police économique âprement et passionnément dirigée, mais cette police suppose aussi un État fort, vivace, dévoué aux intérêts de la patrie entière et non pas d’un parti ; un État occupé de l’avenir des peuples et non plus condamné à se débattre sans espoir dans chacune des plus misérables difficultés du présent ; un État bien servi, un État respecté, un État attentif aux particularités significatives et soucieux d’en interpréter et d’en traduire en acte chaque avertissement...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1 C’est cette plus value que l’expérience Blum n’a pas su provoquer et a même empêchée net (1936-1937).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 L’expérience Blum a procédé à rebours : centralisation, augmentation d’impôts, etc. (1936 1937).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les classes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’il y ait des classes, que la reconnaissance de ce fait soit l’œuvre des partis les plus avancés, voilà sans doute une victoire du sens commun sur l’uniformité et l’égalité que rêva la démocratie libérale. Il y a des classes, il faut le dire et le crier : constituant, législateur ou administratif, un homme d’État devra tenir compte de la communauté d’intérêts et de goûts particulière aux habitants d’une même zone sociale. Vouloir agir en la négligeant revient à poser un problème en en biffant l’un des facteurs principaux. Mais ce facteur essentiel, il n’est pas le seul, il n’est pas essentiellement bienfaisant ; rien ne montre qu’il doive faire seul la paix sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il arrive que l’on se batte de classe à classe, la paix ne règne pas toujours à l’intérieur de chacune. C’est entre pairs que l’on s’entre tue le plus volontiers. La rivalité des Montaigus et des Capulets synthétise le cas des aristocraties gouvernantes ; mais les bourgeoisies n’ont rien à leur envier, nous savons de quelles animosités violentes peuvent se poursuivre des familles d’avocats ou de marchands, et nous voyons les mêmes luttes fratricides dans ce que l’on nomme aujourd’hui la classe ouvrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces guerres intestines peuvent sans doute être apaisées par une sage vue de l’intérêt commun ? Mais il peut en être de même des luttes de classe à classe, à la faveur des importantes communautés d’intérêts qui, de l’une à l’autre, existe également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut diviser la société par paliers, par étages et par zones ; mais cette division naturelle n’est pas la seule : d’un degré à l’autre de cette échelle, il y a des rapports de solidarité fort étroits. Cela, du plus bas au plus élevé. L’industrie du pain, celle du bâtiment, s’étendent de la plus humble vie rustique ou urbaine aux rangs supérieurs de la plus haute société ; la solidarité entre tous ceux qui tendent à créer les mêmes produits peut et doit donc être aussi vive et profonde que la solidarité d’une même classe ; elle est autrement sociale et pacifiante !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous la préférons bien. Sans nier les classes, nous les subordonnons aux corps de métier qui réunissent toutes les classes rassemblent les membres de la nation, au lieu de les parquer et de les diviser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La classe et l’individu ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’être qui se déclasse, s’il le fait sans raison ou trop vite, risque de se faire du mal et d’en faire aux autres : un mal double et triple dont il faudrait faire l’économie dans l’intérêt de chacun et de tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit révolutionnaire croit la politique appelée à distribuer des prix aux individus, il ignore que la fonction politique est de faire prospérer la communauté. Où la sagesse universelle pense bonheur collectif, bien public, unité collective, c’est à dire famille, État, nation, l’esprit révolutionnaire pense bonheur et satisfaction du privé. Naturellement, au premier bruit de la nouvelle, l’individu accourt, frémissant, demandant sa part. Mais il y est trompé et cette part est vaine. Ce qui fait le malheur des groupes qui l’engendrent fait très rarement son bonheur; ce qui ferait la paix et l’ordre de ces groupes ferait très fréquemment son ordre et sa paix. L’on appauvrit la substance d’un pays, l’on anémie un peuple quand on soutient que tout enfant intelligent doit passer, comme de roture en noblesse, du travail manuel des champs au travail manuel de la plume, échanger sa blouse contre la jaquette ou le veston du petit employé et de l’instituteur ; l’ordre de la communauté en souffre évidemment, mais le titulaire de ce transfert n’en est pas enrichi ni amélioré nécessairement ; s’il peut l’enorgueillir, cet avancement comporte aussi une rupture d’habitudes par défaut de préparation, qui peut le faire souffrir en l’exposant à des déboires et à des chagrins qui ne seront pas compensés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout esprit objectif se rend compte que le difficile n’est pas d’arriver, mais de tenir de père en fils : les hauteurs sociales et même les places moyennes sont extrêmement malaisées à conserver au delà de la première ou de la seconde génération : les tentations sont fortes, l’amollissement est aisé, la chute probable. Comment les tâches de direction sociale seraient elles exercées sans ce puissant et vaste mouvement spontané de translation séculaire qui apporte les bons, emporte les mauvais ? La merveille n’est pas que beaucoup se remplacent, c’est qu’un petit nombre ne soit pas remplacé. Quelques familles ont la vie dure par l’énergie de la fibre, la solidité de la tradition et la qualité de l’effort. Elles sont peu. L’État doit plutôt les aider : c’est l’élimination qui est le fait courant que l’on appelle le droit commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La vérité historique sur les classes ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Révolution a changé le cours naturel et le rythme normal de la vie en France. Il ne faut donc pas la louer, ni par conséquent la blâmer d’avoir inventé ce qu’aucun événement historique ne saurait inventer : un fait aussi naturel que ce mouvement qui renouvelle les hautes classes par l’ascension de familles, parfois même de tribus entières, venues du peuple. Comment se serait réformée l’aristocratie militaire en France après la guerre de Cent ans ou après les guerres de religion, si meurtrières, sans le mouvement de transfert qui fit passer la robe dans l’épée et qui renouvela la robe presque de fond en comble ? Comment expliquer sans un mouvement du même ordre cette période louisquatorzienne règne ''de vile bourgeoisie, ''dit Saint Simon, et qui porta le Tiers État à son apogée ? On ne peut pourtant pas juger des coutumes de l’Ancien Régime sur les effets de quelques ordonnances rendues deux ou trois lustres à peine avant 1789 et qui témoignent d’une pensée de réaction aussi passagère que folle. Oui, le mouvement de 1789 fut précédé d’un accès de fièvre aristocratique qui détermina de fâcheux malentendus entre deux classes aussi voisines que l’étaient alors le Tiers État et la Noblesse, et qui eut aussi le malheur d’aliéner à une partie de la Noblesse une partie du peuple de Paris et de différentes provinces. Qu’est-ce que, je vous prie, que ces anecdotes auprès de dix siècles de sagesse politique continue ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le livre d’or du patriciat finit par se fermer à Venise. En France jamais, même dans cet accès final, l’ancien régime ne cessa jamais d’admettre le passage d’une classe à l’autre. Il l’admettait. Il le protégeait et, au besoin même, selon les temps, il le favorisait. Mais il ne le provoquait pas. Ou, pour mieux dire, il n’érigeait pas en ''devoir le ''parti de provoquer ces déclassements. La constitution de ce devoir contre nature, telle est précisément la tare du régime moderne ou plutôt, car ce régime n’existe pas à cause de cette tare, la tare de la conception moderne de l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les hommes politiques dignes de ce nom, à quelque temps et à quelque nation qu’ils appartiennent, savent qu’un ''changement, à ''quelque égard qu’il se produise, est un sujet digne des attentions et des précautions les plus vives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’un homme change de contrée et, selon l’expression de Maurice Barrès, qu’il se déracine, c’est une perturbation ; elle peut être heureuse et fructueuse si le sujet déraciné trouve sans grand retard et sans causer de trouble à l’entour, un meilleur sol, plus favorable à ses aptitudes. Encore faut il y veiller, et ne pas supposer que le seul fait de ce changement soit un bien en soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même, qu’un autre homme change de classe, c’est une autre perturbation, c’est un autre risque et qui peut être heureux pour le public comme pour le sujet déclassé, si celui ci s’agrège en peu de temps à une autre classe et à d’autres fonctions mieux adaptées à ses conditions et à ses vertus personnelles : là encore, il ne faut pas croire que le seul fait de le chercher fasse trouver le mieux, et que le désir du progrès, même suivi d’effort, même couronné par un succès apparent, soit le progrès lui même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En un mot, le déclassement doit être traité par le Politique, s’il est nationaliste, comme un mal intrinsèque, duquel peuvent se dégager de grands biens, ou de plus grands maux. La considération des biens éventuels peut faire passer sur le mal passager qui en est la condition : mais le risque des maux possibles doit entrer en ligne de compte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, voilà la partie du compte que néglige et que doit négliger l’esprit révolutionnaire. Étant libéral, cet esprit ne conçoit que des individus. Étant égalitaire et démocratique, cet esprit ne retient des individus que les valeurs et les capacités personnelles, sans calcul des capacités de circonstances, des valeurs de position. Il sera même déterminé par sa logique interne à considérer fort peu ces dernières comme; aussi bien, à exagérer les premières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le conflit social ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier souci du législateur doit être de soustraire le domaine social aux passions et aux intérêts de la politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La paix sociale ressemble à la paix des nations, elle dure par un effort qu’il faut renouveler sans cesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudra poser la question sociale par rapport à ce qui en est l’objet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On la pose en termes ''subjectifs, ''c’est à dire par rapport aux sujets en cause : patrons, ouvriers, prolétaires, propriétaires. Cela est naturel en République démocratique où tout dépend et doit dépendre de la volonté des individus, et qui votent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On divise les citoyens français en classes, suivant le degré de fortune ou le rang qu’ils occupent, ou le grade auquel ils se sont élevés. De là ces formules brutales : ceux qui dont rien contre ceux qui ont tout, ceux qui peinent contre ceux qui jouissent, etc., etc. La vraie, la solide, la consistante réalité est absente de ces classifications tout accidentelles. Un paysan riche et un paysan pauvre, un propriétaire campagnard et un ouvrier agricole ont, en réalité, plus d’intérêts communs que n’en auront jamais entre eux un prolétaire des villes et un prolétaire des champs, un rentier de grande ville et un gros métayer. La distribution en classes, en zones sociales fondées sur la richesse ou le rang social est tout à fait fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut classer par profession, par ''objet travaillé, ''chaque catégorie ayant ses pauvres et ses riches, ses prolétaires et ses propriétaires, ceux ci aidant ceux là, ceux là secourus par ceux ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ancien cri juif allemand : ''prolétaires de tous les pays unissez vous, ''n’a pas seulement été proféré de circonscription territoriale à circonscription territoriale, il a été porté de profession à profession, de métier à métier, de corps social à corps social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas un seul mal, le prolétariat. Il y a deux maux le prolétariat et le capitalisme. De leur confrontation ressort l’idée de leur antidote commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quel antidote ? L’incorporation du prolétariat à la société par l’opération des forces politiques et morales autres que le Capital : les forces du Gouvernement héréditaire, de la Corporation et de la Religion, qui ôteront au Capital son ''isme ''despotique, l’empêchant de régner tout seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le paysan ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi le paysan n’est_il pas content de la place que la République lui fait dans le monde ? Pourquoi le fils du paysan français change t il de métier ? Pourquoi les campagnes françaises se dépeuplent elles 9 pourquoi faut il avoir recours à des hordes d’étrangers à l’époque des grands travaux ? Pourquoi, en dépit du machinisme, le vieux Pont-Neuf reste t il vrai et entend on de plus en plus que ''la terre manque de bras?''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse est simple. Ce que la République pouvait faire pour le paysan était très limité. Le Kamtchatka de ses concessions à l’antidémocratie aura été de permettre l’association rurale qui donna des fruits excellents. Mais cette association a été strictement limitée aux contemporains. Le paysan peut contracter librement avec ses voisins et ses proches, en même temps qu’avec ses confrères les plus éloignés : il lui est défendu de contracter librement dans la durée des temps avec ceux qui descendent ou descendront de lui. Il n’a ni cette liberté de tester, ni ces droits de substitution, véritable équivalent moderne de l’antique droit d’aînesse, et la terre en reste grevée du plus lourd des servages, qui sont : le partage égal et, par voie de conséquence inéluctable, les fortes hypothèques, au bout desquelles arrivent d’inévitables dépossessions. Un élément moral, l’hérédité sainement comprise, est le seul qui assure la possession durable du premier des matériaux : le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bourgeoise de robins fut la principale bénéficiaire du lotissement de l’avant dernier siècle. Là où les paysans eurent vainement part aux dépouillés, les anciens possesseurs furent rapidement vengés par les dommages qui s’acharnèrent depuis lors sur la petite propriété. Je ne suis pas de ceux qui se représentent sous l’aspect de fatalités historiques insurmontables une évolution de la propriété vers le dépècement et la destruction. Mais, ce dépècement une fois produit et cette destruction acquise, le grand propriétaire une fois dépossédé, le petit propriétaire en profite peu : créature du financier et du marchand de biens, il en devient vite la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les parasites vivent sur lui et le dépouillent en peu de temps. Il n’est pas possible d’éviter ce parasitisme ; armé des droits de mutation et de succession écrasants qu’édicte la démocratie, le fisc est là pour dévouer la petite propriété à l’usure. Et l’usure, à son tour, reconstitue au lieu et place des domaines traditionnels des domaines parfois plus vastes, mais possédés collectivement, tristes avoirs de cette « fortune anonyme et vagabonde » qui dépossède tout agriculteur, pauvre ou riche, noble ou vilain, des cultures de la patrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes politiques ont des effets automatiques, et la volonté humaine, si libre soit elle, a fort peu de moyens de les annuler. Le régime électif suppose l’égalité des électeurs qui suppose l’uniformité des fonctions : s’il est entendu qu’un homme en vaut un autre, qu’une fonction en vaut une autre, qu’on peut être indifféremment et tout aussi bien paysan, bourgeois, député, sénateur, président de la République, personne ne voudra plus être paysan, et chacun sera, peu ou prou, candidat à la présidence. La démocratie est une pompe aspirante, récole y est l’organe essentiel de cette aspiration. On ne la réformera pas. C’est le régime qu’il faut détruire si l’on veut retrouver l’équilibre des intérêts, si l’on veut restaurer le cours des honneurs et des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime stérile a stérilisé la nation. Si le choix national	ne se porte pas où il faut, si le travail des champs n’est pas aidé et continué, les chances d’avenir national tomberont à si peu de chose que l’unique moyen d’opposer force à force, cause à cause, facteur matériel à facteur matériel en démocratie sera perdu par le simple fait de cet abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Comment est détruite la propriété ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a des partisans de la petite propriété. Il y a des partisans de la moyenne Ou de la grande propriété. Je n’ai jamais compris grand chose à ces sortes de divisions, alors qu’il est si aisé de se rendre compte que les grandes exploitations appuyées sur de fortes assises héréditaires sont d’immenses biens historiques, mais que la petite et moyenne propriété, convenablement défendues, fournissent à chaque moment de la vie nationale une source admirable d’énergie intelligente et d’activité Mesurée. Les démocrates ont coutume de procéder par des formules d’exclusion, entre lesquelles il n’y a pas grand chose à concevoir. Nous Procéderons au contraire par affirmations additionnées, composées, organisées. Il nous Plaît de tenir sous un même regard les formes différentes par lesquelles s’enlacent et s’entraident les institutions naturelles. Où l’esprit révolutionnaire prophétise que ''ceci tuera cela, ''nous disons que ''Ceci pourra faire naître cela, aider cela ou s’arranger de cela.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grande propriété a besoin, pour se développer, de défendre, de guider et de patronner : comme, pour résister et pour se maintenir la petite propriété a besoin d’être patronnée, guidée et défendue. Mais cette commune nécessité mutuelle est soumise elle même à une condition politique. A ces deux propriétés, il faut un État qui soit libre de la servitude de l’or. Pour que la petite et la grande propriété puissent faire appel au Ministère de l’or sans '' avoir à le redouter comme arbitre de tout'', il faut que l’État soit assez puissant Pour dominer l’usure, assez sage pour modérer le fisc et le Proportionner aux intérêts de la fortune nationale, celle qui est incorporée au sol, enfin assez maître de soi pour ne rien demander à l’élection démocratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’ouvrier ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand elle raisonne sur les ouvriers, la bourgeoisie pense et parle comme elle reproche aux ouvriers de vivre : elle divague sans souci du lendemain, sans prévoyance, sans égard à l’ensemble de la situation. Ne vous en tenez pas aux conversations d’hommes qui traduisent souvent plus que les idées de leur monde ; prenez, à titre d’expression de la sensibilité d’une classe, ce que les femmes disent sur ce sujet, et vous admirerez ce qu’on peut ajouter d’aveuglement à l’esprit de justice, au bon sens, à la charité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles disent : « L’ouvrier n’est il pas plus heureux qu’autrefois ? Ne vit il pas plus largement, ou plus commodément ? N’est il pas mieux vêtu et logé ? Ne mange t il pas mieux ? C’est vrai. Elles oublient que tel est le cas général. La vie générale a relevé ses conditions de puissance matérielle, et ce progrès commun à tous n’est pas le progrès d’une seule classe : les griefs de celle ci, s’ils existent, restent intacts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les salaires ont augmenté », ajoutent elles. Assurément. Mais tout a augmenté, y compris le prix de la vie. Et la remarque précédente se vérifie encore. « Oui, mais le patronat ne s’est jamais montré aussi prodigue en bienfaisance, en assistance. Autant de suppléments à la paie, autant de subventions directes du Capital anonyme ou du Maître personnel... » Et l’on ajoute volontiers si l’on parle des siens : « Mon père, ou mon frère, est si bon 1 Mon mari est si généreux! Que veut on qu’ils fassent de plus ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais rien. Ou plutôt une seule chose. Tout simplement madame ou mademoiselle, ceci : qu’ils comprennent. Monsieur votre père, monsieur votre frère ou monsieur votre mari ne sont pas immortels. Es peuvent être amenés à cesser leur exploitation. Leurs bonnes dispositions, mortelles et changeantes, comme tout ce qui vit, peuvent disparaître : d’excellentes, devenir iniques, de généreuses avares, de bienveillantes contrariantes et difficultueuses. Tout ce qui dépend d’eux variera t il ainsi ? Et la condition de l’ouvrier doit elle être entraînée dans ces variations ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La bonté de monsieur votre père ou de monsieur votre mari assure aux prolétaires qui dépendent de lui une position stable, un avenir réglé, une vieillesse à l’abri des premières nécessités. Si cette bonté change ? Si un acte de vente la remplace par l’indifférencé d’une « société » ? Admettez vous que tout le reste soit remis en question ? que tout ce qui se croyait stable doive se remettre à branler ? Je ne dis point : ''ce n’est pas juste, ''je dis : ce ''n’est pas possible, '' car il s’agit là, non d’une action, mais d’un homme capable de penser et d’agir, qui doit vouloir renverser ce système d’instabilités oppressives. Si vous admettez l’impossibilité d’en rester là, vous discernez la vraie question, question de principe : L’ouvrier sera t il maître de son lendemain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question ne se pose pas très durement dans les petits métiers qualifiés et qu’on exerce dans des localités de moyenne étendue. Où chacun se connaît, les moeurs établissent d’elles mêmes un minimum d’ordre et de paix. Les rigueurs anarchiques sont adoucies en fait. Elles se font sentir, en toute leur violence, dans les vastes agglomérations de grande industrie, où des milliers d’ouvriers embauchés individuellement occupent une place qui vaut parfois de gros salaires, mais ne l’occupent que par chance, pour un jour. Rien qui la. garantisse. Ceux qui la perdent, perdent exactement tout ce qu’ils ont. S’ils n’ont rien épargné, il leur reste à tendre la main.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais là dessus s’élèvent les voix que nous connaissons : Tant pis! C’était à eux... ! C’était leur affaire, quand ils gagnaient beaucoup. Chacun doit s’arranger », etc. On s’arrange en effet, et comme on peut. C’est un fait que l’ouvrier ne peut guère ou ne sait guère économiser. Mais, puisqu’on lui prêche de !?arranger, c’est un autre fait, qu’il s’arrange en s’associant, en se coalisant avec les camarades. Son système d’arrangement est de demander par la coalition et la grève, les plus gros salaires possibles, soit en vue de l’épargne, soit pour d’autres objets. On n’a pas à lui demander lesquels : c’est son affaire, c’est sa guerre. Oui. Le cas de la guerre de classes naîtra ou renaîtra quand une classe parlera du devoir des autres au lieu d’examiner si elle fait le sien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au lieu de se figurer tout ouvrier paresseux, agité, dissipateur, ivrogne, qu’on se représente un ouvrier normal, ni trop laborieux, ni trop mou, levant le coude à l’occasion, mais non alcoolique, la main large, non pas percée; qu’on l’imagine ayant à faire vivre une femme et des enfants : je demande si ce prolétaire ainsi fait peut admettre facilement que son avenir ne dépende que de la bonté d’un bon monsieur, même très bon, ou des largesses d’une compagnie qui peut du jour au lendemain le rayer de ses effectifs ? Si l’on ne laisse à cet ouvrier normal d’autres ressources que d’épargner sur de gros salaires instables, ne l’oblige t on pas dès lors, en conscience, au nom même de ses devoirs de père et d’époux, à se montrer, devant l’employant, exigeant jusqu’à l’absurdité, jusqu’à la folie, jusqu’à la destruction de son industrie nourricière ? En ce cas, seule, l’exigence lui assure son lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Situation sans analogie dans l’histoire. Le serf avait sa glèbe et l’esclave son maître. Le prolétaire ne possède pas sa personne, n’étant pas assuré du moyen de l’alimenter. Il est sans «titre », sans « état ». Il est sauvage et vagabond. On peut souffrir de ce qu’il souffre. Mais plus que lui en&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
souffre, la société elle même. On comprend la question ouvrière quand on a bien vu qu’elle est là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrier, qui n’a que son travail et son salaire, doit naturellement appliquer son effort à gagner beaucoup en travaillant peu, sans scrupule d’épuiser l’industrie qui l’emploie. Pourquoi se soucierait il de l’avenir des choses, dans un monde qui ne se soucie pas de l’avenir des gens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout dans sa destinée le ramène au présent : il en tire ce que le présent peut donner. Qu’il le pressure, c’est possible. Il est le premier pressuré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Mais il n’en tue pas moins la poule aux oeufs d’or, ce qui n’en est pas moins d’un pur idiot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Admettons qu’il soit idiot, mon cher Monsieur. Et vous ? Vous le blâmez de compromettre son avenir : donc, vous le priez d’y songer; or, voulez vous me dire sous quelle forme un prolétaire salarié peut concevoir son lendemain : si ce n’est pas sous forme de gros salaire toujours enflé, il faudra bien qu’il se le figure comme la conquête de ce que vous nommez votre bien, et de ce qu’il appelle « instrument de sa production ». Ces prétentions, peut être folles, sont celles qui devaient naître du désespoir d’un être humain réduit à la triste fortune du simple salarié. Tout lui interdisait la prévoyance raisonnable : sa prévoyance est devenue déraisonnable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle n’en a pas moins produit de magnifiques vertus de dévouement mutuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’honneur syndical, l’union des classes sont des forces morales qu’il ne faut pas sous estimer, bien qu’affreusement exploitées, maximées et envenimées par les politiciens démocrates.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et d’où vient cette exploitation ? Qu’est ce qui la permet ? la produit et, quelquefois, la nécessite ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bourgeois ne comprend pas que, si l’ouvrier et lui n’ont pas encore abordé sérieusement et cordialement, en citoyens du même peuple, en organes d’un même État, la question difficile mais claire qui les obsède, d’est que la politique démocratique républicaine a dû dans son intérêt le plus égoïste les mettre aux prises sur des questions de façade et de pure apparence ! Lettré, cultivé, maître de grands loisirs pour la réflexion, le bourgeois n’a pas su lire ce que l’ouvrier qui pendait le buste de Marianne devant la Bourse du Travail a pu déchiffrer couramment, le nom et le prénom de l’ennemi commun : politique ! démocratie !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oh ! ce n’est pas infériorité de votre part, monsieur le bourgeois, c’est même plutôt prévoyance, et dans cette prévoyance, timidité. Vous ne voyez pas la question, parce que vous craignez de la voir, en raison des perspectives très sérieusement inquiétantes qu’elle pourrait vous découvrir. Car la question, la vraie question, qui est d’établir le prolétariat, représente et entraîne de votre part certaines concessions de fond, certains sacrifices de forme, qui réviseraient tout le régime économique existant. Or, vous voyez fort bien jusqu’où l’on peut vous faire aller, vous faire marcher et courir si vous entrez dans ce chemin là. Si vous accordez A. on demandera B, il faudra aller jusqu’à Z. Autant défendre tout, puisqu’on déclare vouloir tout prendre, et qu’entre ceux qui se défendent comme vous et la jeune classe avide et ambitieuse qui vous attaque, personne n’est là, non Personne, pour faire respecter et durer un juste accord réciproquement consenti.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces lignes furent écrites dès 1908, à l’occasion des grèves de Draveil Vigneux. L’organisation du travail corporation et syndicalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’organisation du travail : corporation et syndicalisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La corporation ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si, au XIIIe siècle et longtemps, très longtemps après, si, à la veille de la Révolution, la corporation rendait des services, ces services n’étaient pas limités à l’avantage privé de ses membres, elle comportait des avantages publics, je dis des avantages pour la. société. L’ouvrier organisé dans le corps de métier bénéficiait de la force immense que l’association et l’union ajoutent à chaque unité humaine ; oui, mais la mise en ordre de ces unités contribuait à rendre la société stable et prospère : elle comportait donc une discipline pour le corps et pour les membres, pour le groupe et pour les personnes qui le composaient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’individu, comme on ose dire n’était donc pas « libre » pour être heureux, il subissait en bien et en mal « la force » du groupe, étant encadré et réglé dans la corporation aux époques mêmes où la corporation était florissante. Et ce n’est pas de l’abus du cadre ni de la règle que la corporation a péri.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La corporation avait décliné non parce qu’elle encadrait trop, mais parce qu’elle encadrait mal, parce que les cadres étaient devenus, à la longue, trop étroits, trop minutieux, qu’ils avaient prêté à la constitution de monopoles abusifs, parfois dangereux pour le public, parfois gênants pour certains spéculateurs et gens de corde dont le pouvoir était en train de grandir. Malgré tout, c’était sur cette vieille base très réformable que subsistait le travail national, et quand déjà, sous la royauté, la bande des économistes et des roussiens l’ébranla, cette base, et voulut la rompre, le sentiment public, cabré, opposa des résistances telles qu’il fallut composer et céder du terrain. Les plaintes contre le corps de métier, ne venant pas de membres « opprimés » mais du dehors, surtout de politiciens théoriques et brasseurs d’affaires, les vieilles entraves génèrent surtout les ambitieux et les exploiteurs, il fallut reculer. Le roi Louis XVI eut le bon sens de reculer : pas assez, mais un peu. La Révolution, elle, ne recula pas. Elle fit le décret Le Chapelier que chacun peut lire en note de la page 2 de ''l’Annuaire des syndicats.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce décret ne volait nullement au secours de commodités personnelles : il était l’expression de la théorie roussienne, et pas d’autre, chose !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’esprit de ce décret était d’interdire a. ouvriers (ou aux patrons) de se coaliser « ''pour'' '' leurs prétendus intérêts communs ». Parce ''que leur communauté était oppressive pour les uns ou les autres ? Eh non : parce que leur unions et associations portaient ombrage à la jalousie d’un État que les roussiens, appelés en ce temps là jacobins, ne concevaient qu’absolu et sans limites, affranchi de toute société secondaire, conformément au voeu essentiel du '' Contrat social. ''C’est contre l’intérêt et la liberté des personnes, des personnes ouvrières et des personnes patronales que le fameux décret a été pris : les résistances violentes qu’il rencontra dès lors le prouvent surabondamment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire ouvrière du XIXe siècle n’est qu’une longue aspiration et une réaction ardente des personnes ouvrières, des volontés ouvrières, contre le régime d’isolement « individuel » imposé par la Révolution, maintenu par le bonapartisme et le libéralisme bourgeois successeur du jacobinisme non moins despote, qui était parvenu à imposer ses folles doctrines à la royauté de Juillet, mais qui fut vaincu (à moitié et de la mauvaise manière), sous le Second Empire, quand le droit de coalition enfin reconnu fut ''déchaîné ''au lieu d’être organisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous parlons d’ouvriers et de travailleurs français, ne disons pas l’individu. Ce chien est un individu. Cet orme est un individu. Le premier venu des êtres vivants, si bas qu’on le prenne dans l’échelle organique, est un individu. Pour un Homme, pour, un Ouvrier, pour 	un Français, j’emploie le seul terme convenable, je dis que c’est une personne et, rétablissant le mot propre, je ne fais pas seulement œuvre de grammairien, je préviens une 	erreur que la logique imposerait : car si l’individu est dieu, on ne met pas de laisse à cet individu chien on ne met pas de 	broche en travers de cet individu poulet, on ne jette pas cet individu blé sous la meule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici le texte de l’article III de la loi Le Chapelier, an II :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '' Si, contre les principes de la Liberté et de la Constitution, des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers, prenaient des délibérations ou faisaient des conventions tendant à refuser de concert ou à n’accepter qu’à un prix déterminé le secours de leur industrie ou de leurs travaux, lesdites délibérations ou conventions, accompagnées ou non de serments, sont déclarées inconstitutionnelles, attentatoires à la Liberté et à la Déclaration des Droits de l’Homme et de nul effet. ''»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les ouvriers et journaliers furent en outre avisés, par un arrêté du Comité de Salut publie, deuxième jour de prairial an II, que tous ceux qui se coaliseraient sur le terrain professionnel pour défendre leurs ''prétendus intérêts communs ''seraient traduits devant le tribunal révolutionnaire. Une pétition fut adressée à l’Assemblée Nationale par des milliers d’ouvriers de toutes les corporations; La Chapelier la fit rejeter, et il fit décréter que les réunions d’ouvriers étaient inconstitutionnelles. Faon, à la tribune,'' il proclama qu’il n’y avait plus que l’intérêt particulier de chaque Individu et l’intérêt général du gouvernement.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Du syndicalisme ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La concentration syndicale répond à la concentration capitaliste, avec des armes similaires et la lutte en cesse d’être absolument inégale; il va falloir ou bien compter avec la masse ouvrière organisée ou bien se résigner à tout interrompre, à paralyser l’industrie, la nation, la civilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière hypothèse est inacceptable. ''Il faut que l’œuvre soit. ''Il faut que le monde moderne poursuive sa besogne propre, qui est d’aménager notre Terre. Il faut donc qu’un traité intervienne entre les principes en guerre et au profit de tous. Les rapports du travail et du capital doivent être réglés par des engagements réciproques qui leur permettent de se concéder des garanties équivalentes établissant de part et d’autre la vie, la force et la prospérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La guerre sociale a des partisans. Quels qu’ils soient, quoi qu’ils veuillent, ils ne peuvent vouloir que cette guerre soit éternelle. Et l’immensité des dommages dont. les deux camps sont également menacés, le camp ouvrier plus que le camp patronal, à vrai dire, montrera clairement que les avantages de la guerre, de ses labeurs, de ses exercices et de ses épreuves, ne peuvent être conçus qu’à titre transitoire. C’est à la paix qu’il faut en venir de toute façon et, si l’on reconnaît que la paix sociale par le socialisme (ou mise en commun de tous les moyens de production) est une solution chimérique, d’une part, rudimentaire et barbare, de l’autre, on est ramené à la réalité syndicale, premier germe de l’organisation corporative, qui, d’elle même, définit ou suggère un accord. Accord à la fois industriel et moral, fondé sur le genre du travail, inhérent à la personne du travailleur, et qui reconnaît à ceux qui n’ont point de propriété matérielle proprement dite une propriété morale : celle de leur profession, un droit : celui de leur groupe professionnel. C’est la seule idée qui puisse pacifier le travail en lui donnant une loi acceptable pour tous les intéressés. Mais la pacification et la législation du travail supposent un ordre politique. TANT QUE LES AMBITIEUX ET LES INTRIGANTS TROUVERONT DANS LES PERTURBATIONS SOCIALES LE MOYEN LÉGAL ET FACILE DE PÉNÉTRER DANS LES ASSEMBLÉES ET LES MINISTÈRES, LES LOIS MÊMES SERONT FORGÉES EN VUE DE PROVOQUER ET FACILITER CES PERTURBATIONS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce régime ci, c’est la prime aux agitateurs. Il organise, il règle très exactement leur carrière. Quiconque prêcha la grève et la désertion en est toujours récompensé par l’élection du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On n’arrive pas autrement. Il faut passer sur les bas grades de la perturbation et de l’anarchie pour devenir gardien de l’ordre. Le personnel du Gouvernement républicain se recrute par la Révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Septième partie : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Retour aux choses vivantes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La France et les Français ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous mettons la France avant tout et, au service de la France, nous nous efforçons de placer des vues justes et des idées vraies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Naître en France et de vieux sang français, alors même qu’on y procède du dernier des déshérités, c’est encore naître possesseur d’un capital immense et d’un privilège sacré. C’est porter avec soi, en soi, un titre d’héritage. C’est acquérir des possibilités de progrès moral et matériel qui n’ont été données avec cette abondance aux fils d’aucune autre nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les longues durées historiques méritent, dans le passé, une admiration studieuse ; dans le présent, notre dévouement filial. Qu’il y ait une France, que la France subsiste, que ce trésor territorial, intellectuel et moral soit descendu, à travers les siècles, jusques à nous, c’est un bienfait que tout citoyen et tout homme digne de ce nom doivent s’attacher à prolonger et à perpétuer. Que la fin de chacun soit inévitable, les ouvriers de la société future ont le devoir de travailler à l’avenir, non, comme on nous le fait dire avec une rare sottise, d’après les anciens plans, mais sur des plans conformes à ces grandes lois éternelles qui permirent aux anciens plans d’être suivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’assise de la nation française n’est très puissante, le dépôt de nos traditions ne s’est accumulé dans la race et dans le pays que parce que la France existe autrement que Par Une trentaine et une quarantaine de millions de têtes vivantes. Quarante millions d’hommes vivants, soit, mais un milliard d’hommes morts. La vraie assise, la voilà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme la France est politiquement antérieure aux Français, l’agriculture française est supérieure aux paysans français, l’industrie française aux industriels français. ''Pâturage et labourage, ''disait Sully ; le grand ministre d’un grand roi se gardait bien de dire : pâtres ''et laboureurs.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La patrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La patrie : fait de nature ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre patrie n’est pas née d’un contrat entre ses enfants, elle n’est pas le fruit d’un pacte consenti entre leurs volontés : voilà ce que l’esprit du XIXe siècle finissant admettait déjà. Mais voilà aussi ce qui faisait que les logiques tenants de l’individualisme révolutionnaire refusaient alors de servir, de saluer, même d’admettre l’idée de patrie. Seulement, celle-ci a su s’imposer par la force des menaces européennes : il a donc fallu que, peu à peu, le Gouvernement se patriotisât, et qu’il se militarisât, qu’il rentrât en un mot dans la ligne du plus grand intérêt qui nous soit commun. Mais cette réaction de fait, cette réaction instinctive et physique, d’ailleurs contrariée par les forces et les intérêts républicains, n’est point ce qui justifie l’idée de patrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On est tenté de la définir une association d’intérêts mais si le mot d’intérêts porte un sens précieux, celui d’association en détruit l’effet, car « s’associer » est un acte de volonté personnelle, et ce n’est pas notre volonté qui nous a faits Français. Nous n’avons pas voulu notre nationalité, nous ne l’avons ni délibérée ni même acceptée. Quelques transfuges la quittent bien : ceux qui restent ne choisissent pas de rester. C’est un état dont ils s’accommodent et dont dix mille fois contre une, ils ne songent même pas à cesser de s’accommoder. Une association dure par l’acte continu de la volonté personnelle, mais la patrie dure au contraire par une activité générale supérieure en valeur, comme en date, à la volonté des personnes. La patrie est une ''société naturelle, ''ou, ce qui revient absolument au même, ''historique. ''Son caractère décisif est la naissance. '''On ne choisit pas plus sa patrie — ''la terre de ses pères'' — que l’on ne choisit son père et sa mère.''' On naît Français ''par le hasard de la naissance, ''comme on peut naître Montmorency ou Bourbon. C’est avant tout un phénomène d’hérédité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sensibilité démocratique et républicaine qui se débat instinctivement contre ces idées, et surtout contre leurs conséquences, fait ce qu’elle peut pour y échapper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français nous sont amis parce qu’ils sont Français, ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous : ils nous sont donnés par la nature. Ne laissons jamais mettre cette charrue avant ce boeuf. Ne laissons pas dire non plus que, en mettant devant ce qui doit y être, nous sacrifions ce qui suit, car ce qui suit n’est bien qu’en étant à sa place. Rien ne serait plus précieux que d’avoir des Français unis par des liens d’amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs. On fera plus pour l’amitié des Français en disant l’origine et les fortes raisons de leur communauté nationale qu’en leur imputant d’ores et déjà des sympathies théoriques, obligatoires. Les Français d’aujourd’hui s’étonneront si l’on commence par leur affirmer le caractère forcément amical de leurs relations civiques, car la vie sociale n’est aucunement une idylle, et les démentis à ce rêve, ne cessant de pleuvoir en fait, multiplieront les sujets de déception et d’irritation par lesquels l’amitié effective sera retardée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au contraire, l’étude de notre antique parenté française et de ses avantages accrus par dix siècles de collaboration graduelle réveillerait les sentiments par lesquels nos pères s’unirent, contre l’ennemi menaçant, autour du sceptre ami, de l’épée tutélaire, du patron et du défenseur couronne. Notre histoire montre qu’il est bien vrai que les États se fondèrent sur I’amitié, mais qu’il. est extrêmement faux qu’une fois fondés, les États ne tiennent que sur cette base. Car l’amitié eut des effets. Elle créa une hérédité. C’est ce principe héréditaire qui joue alors au premier plan. Ainsi nous le suggère le nom même de la ''patrie ; ainsi ''le crie plus haut encore le terme de ''nation, ''qui dit naissance ou ne dit rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi conçu dans sa moelle historique, dans son essence héréditaire, le patriotisme se rapproche de toutes les idées contre lesquelles la démocratie s’éleva de tout temps ; il fait disparaître les vieilles répugnances qui pourraient subsister contre la notion de souveraineté héritée. Quand on comprend qu’une patrie a pour fonction de résister aux orages du Temps, quand on conçoit la nation, comme Barrès, ainsi qu’« une chose éternelle », quand on sait que la France n’est pas '' une réunion d’individus qui votent, ''mais un ''corps'' ''de familles qui vivent, ''les objections de principe s’évanouissent et le sens historique réclame comme nécessité ou convenance ce qui semblait d’abord faire difficulté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n’est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s’agit d’envisager ou de pratiquer le patriotisme, c’est la question de son être même, c’est le problème de sa vie ou de sa mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour être juste (ou injuste), il faut tout d’abord qu’elle soit. Il est sophistique d’introduire le cas de la justice, de l’injustice ou de tout autre mode de la patrie au chapitre qui traite seulement de son ''être. ''Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu’ils sont vos père et mère indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la Patrie parce qu’elle est ''elle ''et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu’elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l’honorerez. Votre Patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté. La justice n’y perdra rien, la première condition d’une patrie juste, comme de toute patrie, étant d’exister, la seconde étant d’ailleurs de posséder cette indépendance de mouvement et cette liberté de l’action volontaire sans laquelle la justice n’est plus qu’un rêve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’égoïsme patriotique ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, le secours de l’homme est dû à tous les hommes. OEdipe et don Juan sont d’accord. Cependant, il me semble me souvenir qu’il est plutôt recommandé de secourir d’abord notre prochain et, comme le prochain, dans le langage sacré, proximus est un véritable superlatif, il. en ressort que c’est aux êtres humains les moins éloignés de nous que doit s’adresser la première charité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est ce égoïsme ? Non : nous y sortons de ''nous, ''de notre vrai ''nous, '' celui qui s’appelle moi. Il n’y a aucune trace d’égoïsme à prendre tout d’abord pour objet de nos soins les gens auprès de qui le sort nous fait vivre. C’est par un jeu mobile de métaphores que l’on dit : égoïsme national ou « égoïsme sacré ». Ces égoïsmes collectifs n’ont pas de sujet personnel unique, qui en soit comptable. Les critiques de l’égoïsme national ainsi libellées n’ont aucun objet. '' Celui qui sert sa patrie ne se sert pas, lui. Il se dévoue à autre chose que lui. ''Et c’est d’ailleurs à ce groupe tout proche, maison, rue, village, que s’applique un amour du prochain réel et fécond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a sans doute les Chinois et les Tibétains que j’honore et admire, mais ils sont un peu loin pour en tirer aucun profit. Commençons par donner un coup d’épaule à notre voisin Ucalégon, surtout s’il brûle, c’est un principe de morale élémentaire, la politique le ratifie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La nation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''L’idée ''de nation n’est pas une « nuée » comme le disent les hurluberlus anarchistes, elle est la représentation en termes abstraits d’une forte réalité. La nation est le plus vaste des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets. Brisez le, et vous dénudez l’individu. Il perdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Libre de sa nation, il ne le sera ni de la pénurie, ni de l’exploitation, ni de la mort violente. Nous concluons, conformément à la vérité naturelle, que tout ce qu’il est, tout ce qu’il a, tout ce qu’il aime est conditionné par l’existence de la nation : pour peu qu’il veuille se garder, il faut donc qu’il défende coûte que coûte sa nation. Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse. Les Allemands déifiant l’Allemagne parlent de son vieux Dieu, comme de Jéhovah, seul, infini et tout puissant. Une déesse France entre naturellement en rapport et composition avec les principes de vie internationale qui peuvent le limiter et l’équilibrer. En un mot, la nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c’est la plus forte, voilà tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Subsumant ''tous les autres grands intérêts communs et les tenant dans sa dépendance, il est parfaitement clair que, ''en cas de conflit, ''tous ces intérêts doivent lui céder, par définition : lui cédant, ils cèdent encore à ce qu’ils contiennent eux mêmes de plus général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nation passe avant tous les groupes de la nation. La défense du tout s’impose aux parties.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’ordre des réalités, il y a d’abord les nations. Les nations avant les classes. Les nations avant les affaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit des nations participe de leur inégalité. Il contient donc de l’identifique et du différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sentiment national varie évidemment de peuple à peuple ; il y a des formes de gouvernement qui le protègent et le fortifient, d’autres qui le relâchent et le dissolvent. Sous ces formes différentes, des traditions inégales de force et d’efficacité sont maintenues ou négligées ou renoncées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité de ces éléments est une des causes de la diversité de l’Europe, qui, elle même, réagit aussi sur les nations, par la variété de leurs cadres territoriaux, des besoins et des ambitions, et des satisfactions que ces ambitions ou ces besoins y reçoivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mots suffisent à le dire, on se met d’un parti, on naît d’une nation. On ne saurait trop répéter qu’il y a entre les deux termes la différence de l’Association à la Société.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui s’associent créent l’élément commun établi entre eux. Les membres d’une société commencent par en être. Ils peuvent y adhérer ensuite, se. révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur préexistait. Si leur volonté personnelle crée leur conduite à son égard, son existence à elle ne dépend de la leur que dans une faible mesure, et fort éloignée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour établir le caractère distinctif d’une nation quelconque, on peut se borner à considérer un unique moment de son histoire. Les qualités que l’on affirme d’un peuple doivent être des constantes, de manière à se révéler tout le long de sa vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’homme et sa nationalité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organes de large unification, les créateurs de grandes nationalités, ce ne sont pas les personnes, leur troupeau immense de petites volontés autonomes. Celles ci bornent leur champ à l’intérêt particulier de chacune d’elles et à celui, tout limitrophe, de la famille qui est le « prolongement , de soi. C’est tout ce que l’on peut demander au citoyen librement consulté. En histoire, tout le surcroît vient d’une race d’êtres bien différente, il vient de la petite poignée des chefs fondateurs, directeurs, organisateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils ont perfectionné une vie sociale supérieure à la vie individuelle. Ôtez, supprimez ces cadres améliorés par eux, détruisez leurs fondations, essayez de tout ramener à « l’individu », donnez tout au Nombre, enlevez tout à la Qualité et vous verrez naître des formations nouvelles qui vaudront juste ce que vaut la moyenne personnelle. L’Italie vaut mieux que les personnes composant le peuple italien, de même que la France vaut mieux que nos Français; mais c’est que ni notre France, ni l’Italie n’ont eu pour principe générateur le suffrage universel et le régime égalitaire. L’une et l’autre reposent sur des générations de maîtres, de héros et d’artistes, de demi dieux et de saints.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai que la nationalité n’est pas un phénomène de race. Il ne s’ensuit pas qu’elle soit le résultat artificiel d’un acte de volonté contractante. Sans doute, et avec une certaine liberté, nous adhérons à notre race, à notre nationalité, à notre nation, mais on adhère comme on consent, de la&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
façon la plus tacite, et l’adhésion est sollicitée, elle est emportée par une multitude de forces bienfaisantes, aimées et chéries contre lesquelles nous ne sommes même pas en garde et que nous subissons de tout cœur 9.999 fois sur 10.000.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre la Nature brute, celle qui est entendue au sens strict et direct, et l’artifice, juridique ou autre, issu de la volonté plus ou moins arbitraire de l’homme, il existe un intermédiaire que l’on pourrait appeler une seconde nature : la Société. La vie sociale fait essentiellement partie de la nature de l’homme, lequel ne peut absolument pas exister sans elle. La nationalité est une modalité de cet état naturel. On peut rappeler un fait social. Il n’est point aussi rigoureusement nécessaire pour l’homme que le besoin de vivre en commun. On ne peut pas échapper à ce besoin, ni à la société qui le satisfait, au lieu qu’on peut changer de nationalité et même profiter de la diversité des nations pour vivre plus ou moins en marge de toute nationalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nationalité dérive donc de la nature humaine définie et qualifiée par la société. Loin de figurer le simple voeu de notre volonté personnelle, elle correspond à une masse énorme de désirs, de passions, de besoins, d’aspirations, de coutumes, de moeurs, de manières d’être, de penser, de parler, qui va souvent jusqu’à modeler le physique et dans laquelle la conscience réfléchie et la volonté délibérée des personnes jouent un rôle qui peut être le premier, mais qui ne l’est pas toujours, ni le plus souvent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour sen convaincre, il suffit de considérer deux cas réduite à elle même, la formule juridique de ridée de nation se détruit, c’est le ubi ''bene, ibi patria : si ''la patrie est où l’on est bien, là où l’on est bien est aussi la patrie 1 Au contraire, dégagée d’ornements juridiques, l’idée de nationalité, telle que nous venons d’en montrer les composants naturels, sociaux, historiques, tient parfaitement debout ; on peut la décorer et la polir encore, pourtant le principal y est...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La double épreuve juge la valeur des conceptions en présence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le nationalisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut commencer par le commencement, il faut commencer par affirmer, enseigner, distribuer une doctrine positive, qui puisse intéresser ensemble les cerveaux et les cœurs. La discussion viendra ensuite. ''Commencez par poser l’idée de la France. ''Faites que vos contradicteurs à venir soient portés à donner la même importance que vous à l’indépendance française. Pour cela, développez la philosophie du nationalisme français. Motivez avec force les sentiments que vous voudriez enraciner parmi les esprits cultivés. Le meilleur moyen de prouver la valeur de l’idée de patrie, c’est de montrer de façon concrète ce que la nôtre vaut, ce que nous lui devons, comment elle nous enveloppe, nous soutient et nous prédestine de toute part. Notre histoire, bien analysée, peut égaler le plus émouvant des poèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Patriotisme et nationalisme : définitions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux mots, par leur passé et par leur étymologie comme par leur sens, ont des acceptions parfaitement distinctes. Patriotisme s’est toujours dit de la piété envers le sol national, la terre des ancêtres et, par extension naturelle, le territoire historique d’un peuple : la vertu qu’il désigne s’applique surtout à la défense du territoire contre l’Étranger. Comme le mot suppose une frontière déterminée, un État politique défini, il a quelque chose d’officiel et d’installé. Les intrigants et les flibustiers, comme disait Mistral, sont bien obligés de lui tirer le chapeau. Mais, si nécessaire que soit le patriotisme, loin de rendre inutile la vertu de nationalisme, il la provoque à la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nationalisme s’applique en effet, plutôt qu’à la Terre des Pères, aux Pères eux mêmes, à leur sang et à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nationalisme est la sauvegarde due à tous ces trésors qui peuvent être menacés sans qu’une armée étrangère ait passé la frontière, sans que le territoire soit physiquement envahi. Il défend la nation contre l’Étranger de l’intérieur. La même protection peut être due encore dans le cas d’une domination étrangère continuée dont la force consacrée par un droit écrit n’est pourtant pas devenue un droit réel, ainsi qu’il était arrivé, notamment, pour la Pologne, pour l’Irlande et, plus anciennement, pour l’Italie du temps de Mes Prisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce qu’un peuple impose doctrine ou méthode à un autre peuple, il ne s’ensuit pas du tout qu’il le rapproche d’une culture plus générale et plus voisine de l’universel. Cela peut arriver. Cela n’arrive pas toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le propre de l’esprit classique français est de s’enrichir par adaptation, par intussusception de toutes les grandes découvertes de l’humanité. Ainsi Rome, d’après Montesquieu, s’honora d’utiliser tous les engins de guerre, toutes les bonnes méthodes qu’elle put observer chez ses ennemis. Le Germanisme se renferme au contraire dans l’étroite prison d’un esprit national qui n’a d’humain que ses prétentions, car il est, en fait, très strictement circonscrit dans l’espace et dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a donc nationalisme et nationalisme ? Il y a donc autant de nationalismes que de nations ? Mais la même difficulté peut se poser pour le patriotisme aussitôt qu’il se distingue de la simple piété élémentaire du sol natal et de son clocher. Pas plus que les hommes, les patries ne sont égales ni les nations. L’esprit doit se garder en tout ceci du piège que lui tendent le vocabulaire de la démocratie internationale et celui des juristes inattentifs aux différences des matériaux de leurs déductions. Le vieux mot n’a pas cessé d’être vrai, qu’une science est d’abord une langue bien faite. On n’abolit pas les distinctions nécessaires quand on les néglige. L’abstraction légitime a des règles précises, on peut les ignorer, cela ne suffit pas pour les anéantir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le gouvernement de la France ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== De l’aristocratie ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’est pas faite pour vivre en démocratie. Ni la France, ni aucun pays. La démocratie est un « mensonge universel », le mot n’est pas de moi, il est de Pie IX. La démocratie est une maladie politique. On en sort ou en meurt. On ne vit pas en démocratie. Et ceux qui parlent de la &amp;quot; democracy » des pays anglais ne la connaissent pas. La démocratie anglaise est ce que nous appelons, en bon grec et en bon français, une aristocratie (république à trois têtes, Couronne, Lords, Communes, conversations, ''parlement '' entre ces trois têtes). L’Amérique est une ploutocratie. Il n’y a de démocratie vivante que dans les pays déchirés et blessés à mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais l’aristocratie n’est pas le bon remède en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui pense au régime aristocratique ou bourgeois est obligé de considérer tout d’abord qu’il n’y a pas de gouvernement des Grands, sans. rivalité entre les Grands. Les dissensions, les divisions, la haine des clans et des classes (à la gauloise) est le fléau constant des bourgeoisies, comme des aristocraties.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De braves gens leur disent : ''Mais unissez vous donc Mais cessez vos querelles de personnes !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et les plus grands appeleurs et crieurs d’union sont en même temps les plus grands communs diviseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, sans un pouvoir unique, non électif, soustrait par sa nature à ces divisions, tout régime semblable est condamné aux ballottements des républiques grecque, italienne, flamande, aux déchirements de la France pendant les absences et les minorités de la Guerre de Cent ans, pendant les affaiblissements du pouvoir royal au XVIe siècle et au XVIIe, pendant l’interrègne du XIXe et du XXe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce passé, que l’on peut trouver archaïque, est cependant explicatif : il rend raison de ce que nous voyons, il en apporte l’intelligence lumineuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Tour du Pin disait que l’autorité ne naissait pas spontanément de la masse. Elle lui est extérieure, bien qu’elle y soit très ardemment désirée et que rien n’y soit plus utile. Ni les princes d’Allemagne, ni les eupatrides d’Athènes, ni la chevalerie polonaise n’ont pu tirer de leurs Diètes et Conseils ce que la Diète et le Conseil ne contenaient pas. Plus les membres de ces assemblées avaient de valeur personnelle, mieux fonctionnait le ''quot capita tot sensus, '' et plus l’autorité appartenait aux éléments diviseurs. Il suffit de fermer les yeux du corps pour ouvrir cinq minutes les yeux de l’esprit : ces simples axiomes de vieille sagesse politique sont irrésistibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y résiste cependant parce qu’on subit plus ou moins l’illusion de trois ou quatre grandes aristocraties dont le succès remplit l’histoire du monde. Il y a Rome, il y a Carthage, il y a Venise, il y a, de nos jours, la République impériale des Anglais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette illusion est si forte que le grand Fustel de Coulanges lui même y a été pris. On ne se rend pas compte que, dans ces rares exemples de réussite aristocratique, la nature avait fait des frais de préparation inouïs. A Rome, à Carthage, à Venise, à Londres, un ''bien public d’une homogénéité parfaite'' (ici la Terre, ailleurs la Mer) permettait à l’union des bons citoyens de se faire spontanément dans tous les cas difficiles, dans tous les cas mortels. Partout où cette homogénéité n’existe pas, c’est à dire dans la plupart des cas, la République aristocratique est vouée à un échec rapide. Pour cette raison, elle a échoué à Athènes. Elle a échoué, échoue et échouera en France pour cette raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les conditions géographiques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos Gaulois contemporains de Jules César n’ont manqué ni de générosité ni de dévouement à la cause de leur pays. Eux qui donnaient leur vie, ils ont su rarement se faire une concession d’amour propre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A qui, à quoi, l’eussent ils d’ailleurs faite? Au bien public ? Mais le connaissaient ils ! Existait il pour eux ? C’est à tort que l’on parle d’une nation gauloise. La Gaule était une expression géographique, et son territoire occupé par des races aussi diverses que les Celtes et les Ligures, les Ibères et les Kymris. Ce territoire était lui même, ce qu’il est plus encore aujourd’hui, d’une extrême variété de cultures et d’exploitation. Les aristocraties qui, d’un territoire exigu, surent fonder de grands empires, possédaient une situation économique très homogène, Carthage et Venise faisaient uniformément du trafic, Rome du labour et du pâturage : de là une unité de vues profonde entre ceux qui représentaient l’intérêt économique commun. Ici, c’est le contraire : fédérations gauloises souffraient déjà de l’immense variété de l’effort économique français, tel que l’établit la variété de notre géographie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grande culture et petite culture, culture de la vigne et culture de la betterave ou des céréales, les intérêts sont déjà en antagonisme dans le seul domaine agricole ! Mais ajoutez les industries qui en procèdent et le commerce, qui est aussi très développé sur notre longue étendue de côtes que baignent trois mers, la disposition rayonnante des voies ferrées, la pente diverse des fleuves qui dicte son ordre aux canaux...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute élite ''morale '' qui, d’un pays ainsi construit, se dégagera par élection ou par sélection, pourra bien s’être recrutée par un comble de chance entre les éléments les plus représentatifs de la fortune nationale : plus ils exprimeront fidèlement la France, plus ils seront en guerre les uns contre les autres, non par étroitesse de cœur, mais par la diversité tyrannique de leurs points de vue respectifs les plus légitimes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la meilleure volonté du monde, ils travailleront à se neutraliser, à s’annuler les uns les autres, et enfin à ''se soustraire ''les uns des autres. Cette soustraction mutuelle, cet amoindrissement mutuel, tel sera leur commun et constant caractère. Ils ne pourront être ajoutés les uns aux autres, comme ils l’ont été autrefois, que par l’opération d’une force d’une autre essence, quoique fondée aussi sur la propriété propriété du commandement par une force représentative des intérêts, mais les dominant comme l’intérêt général domine l’intérêt particulier et de la même manière que la prospérité politique représente et domine la prospérité économique dans un État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De quelque façon qu’on la compose et si excellemment qu’on la recrute, nulle sélection, nulle coopération, nulle aristocratie française ne sentira et ne représentera exactement l’intérêt national de notre France au point de pouvoir la gouverner. Très bien faite, comme royaume, la France est un paradoxe géographique, un monstre européen, en régime républicain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La seule absence d’un pouvoir indépendant, assez fort pour faire converger nos intérêts trop variés nous voue à des luttes furieuses : chaque instant d’une vie pareille équivaut pour le pays à une blessure, qui la divise, qui l’épuise et la rapproche certainement de sa fin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’Empire, né de la Révolution ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Empire est un gouvernement d’opinion, il est démocratique, plébiscitaire, électif. Il est donc ''dépendant. ''On peut en conclure sans peine qu’il n’est pas ''indépendant.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui manque à l’Empire, c’est le nationalisme. La royauté est nationaliste, c’est un grand fait. L’Empire est extra national, c’est un autre fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans manquer de justice envers les gloires de l’Empire, les plus pures ont été très directement au rebours du profond intérêt français. Aucun Bourbon, aucun membre de la famille Capétienne n’eût, ''physiologiquement, ''réussi à concevoir ou à consentir la politique extérieure de Napoléon III, qui fut un rêve d’étudiant international.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On conteste qu’il soit juste d’assimiler l’Empire et la Démocratie. Cette assimilation n’est pas de moi, elle est d’abord des empereurs et de leur parti. Les pièces de monnaie portèrent « République française, Napoléon empereur ». L’Empire voulut quelquefois, non toujours, fonder l’hérédité ou la dynastie : il n’en procédait pas. Son principe était révolutionnaire, électif, démocratique, il invoquait la volonté populaire exprimée par le plébiscite et, en fait, les groupes qui l’avouaient et le soutenaient se confondaient avec ce parti «avancé » et ce parti libéral qui furent au me siècle le parti de la guerre. Il suffit de rappeler les dates de 1830, 1840, 1848, pour mettre au dessus du débat ce dernier point.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute, cette démocratie s’incarnait dans un homme, mais les meilleurs de nos théoriciens politiques ont enseigné, d’accord avec toute l’histoire ancienne et moderne, que la démocratie a plusieurs aspects : elle peut gouverner directement dans ses comices, ou déléguer un conseil et une assemblée, ou encore s’en remettre à un homme qui peut s’appeler Cléon ou Périclès, Gracchus ou Marius, certains Césars ou les Napoléons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On nomme démocratique un pouvoir qui procède ainsi du nombre dont il est l’élu, que ce pouvoir soit exercé par un ou par plusieurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au pôle opposé, il se trouve que le pouvoir héréditaire peut résider dans une seule famille et dans son chef, le Roi, ou se distribuer entre plusieurs familles composant Patriciat, Sénat, comme aux Républiques de Venise et de Rome.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est tout à fait arbitraire de scinder le Consulat de l’Empire, il est non moins fictif de couper, comme d’autres le pourraient faire, le Consulat ou l’Empire de la Révolution. Tout cela, émanant exactement du même principe, fait corps et doit être jugé en corps. Cela forme la masse des vingt cinq années de guerre et d’opérations diplomatiques qui se résument, du point de vue politique, du point de vue des résultats, dans les noms de Trafalgar, de Leipzig et de Waterloo ; si les traités de 1815 furent moins désastreux que ne l’a soutenu le libéralisme pendant un demi siècle, ce fut grâce à l’expérience diplomatique de la Restauration. A quelques hauteurs militaires et morales que se soient élevés nos drapeaux entre 1792 et 1815, il faut se rendre compte que la défaite en forme le dernier mot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Démocratie peut être l’Empire. L’Empire est une forme de la Démocratie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La République plébiscitaire ou parlementaire est un gouvernement sujet de l’opinion et qui tire son principe de l’élection. L’Empire plébiscitaire est un gouvernement sujet de l’opinion et qui tire son principe de l’élection : alors même qu’il a cru devenir héréditaire, il a cherché, à la première menace d’ébranlement, son point d’appui dans l’opinion dans l’élection, tant par les décrets de 1860 et par le plébiscite de mai 1870 que par l’Acte ''additionnel ''des Cent Jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il '' voulut ''être héréditaire, mais il ne se ''sentit ''point tel. La politique extérieure et intérieure de Napoléon III fut gouvernée par l’interne nécessité du plébiscite, dans le sens de plaire aux majorités ; ordre matériel, large escompte de l’avenir, esbroufes diplomatiques et militaires, tout cela s’est tenu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prince héréditaire doit tout d’abord être ''né ''tel et s’être habitué à concevoir en lui l’origine de sa puissance. Il a à la faire accepter. Il doit obtenir des ''assentiments. Il ''n’a pas à quêter de suffrage des ''volontés.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== De la dictature : dictateur et roi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grandes crises ne se dénouent pas sans dictature. Le dictateur est donc nécessaire. Est il suffisant ? L’histoire des grandes dictatures montre ce qu’il y a en elles d’heur et de malheur, le service qu’elles rendent, la pente qui les entraîne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut à la dictature des contrepoids. Non dans l’ordre de la liberté, cela serait contradictoire. Mais dans l’ordre de l’intérêt public. La dictature courte et collective, donc quasiment anonyme, ose tout et pour tout sauver, compromet tout, outre tout, abuse de tout. Elle devient rapidement tout aussi odieuse que la pire licence dans les régimes d’extrême anarchie. Les dictatures personnelles et viagères comportent plus de modération, parce qu’elles enferment une responsabilité directe et constante, parce que le souci de l’avenir ne peut pas leur être étranger. L’esprit humain est ainsi fait que l’empire des grands devoirs et l’expérience des grands pouvoirs l’instruisent à se mesurer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, un homme seul, c’est peu. Une vie d’homme, un cœur d’homme, une tête d’homme, tout cela est bien exposé, bien perméable à la balle, au couteau, à la maladie, à mainte aventure. La seule forme rationnelle et sensée de l’autorité d’un seul est celle qui repose dans une famille, de premier né en premier né, suivant une loi qui exclut la compétition, et c’est un pouvoir tellement naturel que, comportant la dictature et la détenant de façon virtuelle, le chef qui l’exerce ne s’appelle plus dictateur : il est roi (comprenons bien le mot : r''ex, ''directeur et conducteur, fonctionnaire de l’intelligence), et cette magistrature royale, combinant les deux idées du commandement et de l’hérédité, est une chose tellement souple qu’elle ne cesse pas d’être elle même lorsqu’elle varie avec le temps et affecte tantôt l’aspect paternel d’une simple présidence de ses Conseils ou des États de son peuple, tantôt l’appareil de la dictature directe, tantôt la dictature indirecte au moyen d’un ministre de premier plan. Comme il arrive pour les très grandes choses, l’institution est de beaucoup supérieure aux hommes. Sa valeur principale est d’utiliser complètement le passé au profit du présent et néanmoins de n’y pas sacrifier l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous tenons fermement pour ces deux termes de dictature et de royauté parce que, la dictature étant dans la nécessité et dans l’évidence des choses, si l’on écarte le Roi de cette fonction, pourtant inhérente à sa magistrature historique, elle sera remplie par des gens qui s’en feraient des titres à la faveur publique. On ne peut rien fonder chez nous en dehors de la royauté. Mais on peut avoir l’air de fonder quelque chose et ainsi vouer le pays à de nouveaux ébranlements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dictature royale offre en outre cet avantage de renouveler les titres de la monarchie nationale. Autant il convient de juger à leur valeur flottante et variable les fragiles papiers des Constitutions et des Chartes, autant il faut considérer ce qu’il leur arriva maintes fois de représenter. Avec ou sans papier, les dynasties se maintiennent en raison des services effectifs rendus à leur peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le nationalisme intégral : la monarchie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le nationalisme intégral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le patriote peut se croire républicain. Pourtant il aime mieux voir la force française s’unir et se multiplier devant les rivalités étrangères que de se diviser et de s’épuiser elle-même dans les conflits intérieurs. Quand il ne s’avoue point les muets sentiments de sa révolte généreuse au spectacle du déchirement chronique et systématique de la Cité, chaque fait de guerre intestine éveille en lui une horreur violente : ce qu’il évite de réprouver en général, il le blâme et le repousse en détail. Son républicanisme est un système auquel il peut croire, mais qu’il ne peut pas voir pratiquer sans souffrir. Il assigne à l’effet détesté des causes diverses : ce sont tantôt les hommes méchants (dont le Droit républicain lui enseigne à révérer l’égale valeur), tantôt des partis enragés (dent le même Droit valide les conflits et implique le gouvernement). Si bien qu’il est républicain sans consentir aux conséquences de la République ni à la condition de son fonctionnement. Il est vrai qu’il est patriote de la même manière. Il veut relever sa patrie sans en vouloir le moyen comme il veut garder la République sans en admettre les effets ordinaires et naturels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un nationaliste conscient de son rôle admet pour règle de méthode qu’un bon citoyen subordonne ses sentiments, ses intérêts et ses systèmes au bien de la Patrie. Il sait que la Patrie est la dernière condition de son bien être et du bien-être de ses concitoyens. Tout avantage personnel qui se solde par une perte pour la Patrie lui paraît un avantage trompeur et faux. Et tout problème politique qui n’est point résolu par rapport aux intérêts généraux de la Patrie lui semble un problème incomplètement résolu. Le nationalisme impose donc aux questions diverses qui sont agitées devant lui un commun dénominateur, qui n’est autre que l’intérêt de la nation. Comme pour ce Romain dont parlait Bossuet, l’amour de la Patrie passe en lui toute chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai vu sur l’Acropole, jonchant la terrasse où s’élève la façade orientale du Parthénon, les débris du petit temple que les Romains, maîtres du monde, avaient élevé en ce lieu à la déesse Rome, et j’avoue que la première idée de cet édifice m’avait para comme une espèce de profanation. En y songeant mieux, j’ai trouvé que le sacrilège avait son audace sublime. A la beauté la plus parfaite, au droit le plus sacré, Rome savait préférer le salut de Rome, la gloire des armes romaines et, non content de l’en absoudre, le genre humain ne cesse de lui en marquer sa reconnaissance. L’Angleterre contemporaine a donné des exemples de la même implacable vertu antique. Le nationalisme français tend à susciter parmi nous une égale religion de la déesse France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La monarchie héréditaire est en France la constitution naturelle, rationnelle, la seule constitution possible du pouvoir central. Sans roi, tout ce que veulent conserver les nationalistes s’affaiblira d’abord et périra ensuite nécessairement. Sans roi, tout ce qu’ils veulent réformer durera et s’aggravera ou, à peine détruit, reparaîtra sous des formes équivalentes. Condition de toute réforme, la monarchie en est aussi le complément normal et indispensable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Essentiellement, le royalisme correspond à tous les divers postulats du nationalisme : c’est pour cela qu’il s’est nommé lui même le NATIONALISME INTÉGRAL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La Monarchie ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au commencement de la royauté nationale, par delà le phénomène de protection et de patronage, il faut placer d’abord un fait aussi complet, aussi primordial, aussi digne de vénération et d’admiration que possible, le fait de force qui est aussi un fait d’amour, le fait de nature qui est aussi un acte de volonté : la paternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Rois de France ont été les Pères de la Patrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’admirable ouvrage royal, si on le refait méthodiquement, pourra supporter des pressions et des chocs autrement forts que les pauvres petits mécanismes constitutionnels que nous offrent, de ci de là, de modestes réformateurs. Sera t il à l’épreuve du temps qui ronge tout ? Résistera t il à jamais ? Ce sont des questions transcendantes. Il n’est pas bon de les poser aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Humainement, nationalement, nous ne sommes sûrs que d’une chose : la Monarchie reconstituerait une France mais sans la Monarchie la France périra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On démontre la nécessité de la Monarchie comme un théorème. La volonté de conserver notre patrie française une fois posée comme postulat, tout s’enchaîne, tout se déduit d’un mouvement inéluctable. La fantaisie, le choix lui même n’y ont aucune part : si vous avez résolu d’être patriote, vous serez obligatoirement royaliste. Mais si vous êtes ainsi conduit à la Monarchie, vous n’êtes pas libre d’obliquer vers le libéralisme, vers le démocratisme ou leurs succédanés. La raison le veut. Il faut la suivre et aller où elle conduit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le moindre mal, la possibilité du bien ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’étant pas les charlatans de la Monarchie, comme il y a des charlatans de la Démocratie, nous n’avons jamais enseigné que la Monarchie détourne par sa seule présence les maux dont la guerre civile ou la guerre étrangère, les épidémies physiques ou les pestes morales peuvent menacer les nations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce que nous disons, c’est que, dans les pays qui sont faits comme la France, la Monarchie héréditaire réunit non les meilleures, mais les seules conditions de défense contre ces fléaux. La Monarchie n’est pas incapable d’erreur, mais elle est mieux année que tout autre pouvoir pour la démêler, s’en garantir et en cas de malheur revenir à la vérité en procédant aux réparations nécessaires. Qu’une brusque évolution économique ou sociale, intellectuelle ou religieuse s’impose, la Monarchie peut y présider soit heureusement, soit avec un minimum de dégâts. Si, pris dans un cyclone comme l’histoire en a vu parfois déchaîner, on essuie quelque révolution brutale, le passage est moins rude, le renversement moins complet quand cela se produit sous un chef, sous un prince dont la succession, étant réglée d’avance, exclura tout conflit de compétiteurs. Ainsi, en Monarchie, les intérêts supérieurs, les plus étendus, les plus graves sont placés dans une atmosphère assez haute et assez sereine pour qu’on puisse espérer que l’ouragan n’y monte pas. Si, malgré tout, il y arrive, eh bien ! tant pis. Le genre humain, au maximum de la détresse, aura toujours eu le maximum de ses garanties. Dans ce malheur, immense, le fléau serait plus fréquent, plus complet et plus douloureux si le pouvoir suprême était placé plus bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même déchue, démoralisée, éperdue, la Monarchie emporte en elle même ''le sentiment '' et elle laisse après elle ''la notion ''d’une responsabilité, d’une mémoire, d’une prévision, toutes choses dont les Parlements démocratiques sont dépourvus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Monarchie royale confère à la politique les avantages de la personnalité humaine : conscience, mémoire, raison, volonté ; le régime républicain dissout ses desseins et ses actes dans une collectivité sans nom, sans honneur ni humanité. Dès lors, comme la Monarchie représente naturellement la capacité du plus grand bien et du moindre mal, la République signifie la possibilité permanente du pire mat du moindre bien. Quant aux éléments du mal et du bien, ce sont des données qui dépendent des circonstances et des hommes : nul régime ne crée les hommes ni leurs circonstances intellectuelles et morales. Manifestement la mise en œuvre républicaine gaspille et pervertit les admirables ressources d’esprit et de cœur qui lui sont fournies par la France. La Monarchie en a créé les conditions premières. Manifestement, elle créerait les conditions de leur Renaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, la République est le mal, oui le mal est inévitable en République. Et ce que nous disons de la Monarchie, c’est qu’elle est la possibilité du bien. Le bien public, impossible en République, est praticable en Monarchie; même dans une monarchie qui manque son but, le mal public reste beaucoup moins nuisible qu’en république, car il est sujet à finir, avec le mauvais ministre ou le mauvais roi, et le mal républicain étant inhérent à la République ne saurait finir qu’avec elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la monarchie française, l’autorité est indépendante, une, sans partage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la plupart des hommes du XIXe siècle et aujourd’hui, encore ''absolutisme '' est synonyme de ''despotisme, ''de pouvoir capricieux et illimité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est absolument inexact pouvoir ''absolu ''signifie exactement pouvoir ''indépendant ''la monarchie française était absolue dès lors qu’elle ne dépendait d’aucune autre autorité, ni impériale ni parlementaire, ni populaire : elle n’en était pas moins '' limitée, ''tempérée par une foule d’institutions sociales et politiques héréditaires ou corporatives, dont les pouvoirs propres l’empêchaient de sortir de son domaine et de sa ''fonction. ''Son droit confinait à une multitude de droits qui la soutenaient et l’équilibraient. L’ancienne France était « hérissée de libertés ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ni le vieux Guillaume, ni Victor Emmanuel, ni Louis XIV n’ont été des princes médiocres, et cependant l’historien politique ou le politique philosophe est tenté de leur préférer ce magnifique Louis XIII, qui permit au grand Cardinal son incomparable dictature fondatrice et réparatrice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La royauté est une institution telle que toute force nationale y est employée à sa valeur, presque sans déperdition, de manière à donner le maximum du rendement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une Prusse républicaine, il y eût de grandes chances pour que Bismark, Moltke et Roon se fissent la guerre ; la Prusse eût donc valu : ce que valait le parti de l’un de ces hommes, du vainqueur, ''moins ''ce que valait la somme de chacun des partis vaincus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la royauté, la Prusse a valu : Bismarck, plus Roon, plus Moltke, plus l’effet multiplicateur de leur bonne harmonie établie tant par la fonction que par, la haute valeur personnelle du roi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne songeons pas à restaurer en France une monarchie parlementaire. Elle est peut être à sa place en Belgique où elle peut remplir une fonction nationale supérieure et même en Angleterre dont elle ''tient ''l’Empire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour nous, les immenses bienfaits de la Restauration ne nous ont jamais aveuglés sur la part excessive que le régime parlementaire y donnait aux excès du système électif. Il faut revenir à un régime qui rétablisse la distinction entre le Gouvernement, chargé de gouverner, et la Représentation, chargée de représenter. Dans l’état présent des nations, les royaumes, les empires, les républiques se plaignent tous du gaspillage financier : ce gaspillage sort de la confusion générale du Parlement et du Souverain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La monarchie française, « traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée », c’est à dire la Monarchie représentative et corporative est seule en état de mettre fin à cet abus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La République a besoin de s’imposer aux consciences puisqu’elle repose sur des volontés. Elle a besoin de '' l’enthousiasme ''de ses sujets, qui sont ses électeurs et qui, nominalement, constitutionnellement, ont ses destinées dans leurs mains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au contraire, la Monarchie existe par sa propre force, ''sua mole stat. ''Elle n’a pas besoin de consulter à chaque instant un prétendu souverain électeur. Il lui suffit en somme d’être tolérée, supportée, et elle a toujours mieux et davantage, précisément parce que son principe ne l’oblige pas à harceler les gens, à aller les sommer constamment de la trouver belle. La République est une religion. La Monarchie est une famille. Celle ci n’a besoin que d’être trouvée acceptable. Celle là exige que l’on suive ses rites, ses dogmes, ses prêtres, ses partis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Hérédité et autorité ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les minorités, les régences forment la plaie des monarchies. Là est le défaut de ce mode de gouvernement qui n’est pas parfait, nul gouvernement ne l’étant, mais qui est le moins imparfait de tous. Néanmoins, son défaut peut être atténué par une bonne loi de succession (la loi de la Maison de France, par exemple), par l’esprit politique de la race régnante et aussi par la volonté, par le patriotisme, par la raison des citoyens, auxquels on demande, une fois ou deux chaque siècle, un effort sagement limité à quelques années. Les démocrates qui espèrent éviter ce fléau en proclamant la République ressemblent à Gribouille qui se noie dans la mer pour éviter d’être mouillé par l’eau du ciel : car proclamer la République, c’est précisément établir à demeure le mal qu’ils veulent éloigner. C’est ériger en institution permanente une période de danger et de crise, c’est rendre la Minorité perpétuelle, c’est offrir la Régence à l’universelle compétition !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec quel art sublime et de quelle pointe rapide Jacques Bainville a buriné cette élégante assimilation !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai, pour mon compte, toujours pris garde de séparer les réflexions sur l’hérédité politique et économique d’avec les généralisations vagues, aventureuses et captieuses sur la stricte hérédité physiologique. Une aristocratie peut être formée de sangs assez divers, et, ce nonobstant, accomplir toutes ses fonctions les plus hautes, si d’autres conditions s’y prêtent favorablement. Il y a au début de l’histoire de France une aristocratie franque, une aristocratie scandinave, une aristocratie gallo romaine : toutes les trois ont concouru à l’admirable système féodal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus tard, le phénomène s’est répété dans les mêmes conditions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est par l’hérédité ''professionnelle, ''qui n’était pas ''l’hérédité des rangs ni des dignités, ''que se forma cette sélection de familles, grâce à laquelle l’ancienne France a pu produire, d’âge en âge, pendant des siècles, un personnel si remarquable d’officiers, de juges, de diplomates, d’artisans, qui excellèrent en toutes sortes d’industries et de métiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui souhaitent l’autorité feraient sagement de sentir que l’autorité ne se fabrique pas de main d’homme, ni par voie d’élection, que l’autorité est ''née, '' que c’est un don du ciel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes éphémères n’ont pas à rechercher quel est celui d’entre eux qui est le plus apte à gouverner. C’est à l’ensemble des races françaises, ou bien plutôt à leur histoire de décider quelle est la famille chef.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux de ces grandes familles, après de bons services, furent frappées de déchéance : les fils des Charles ont remplacé les fils des Clovis, puis les fils des Robert ont succédé aux fils des Charles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de commune mesure entre l’œuvre mérovingienne ou carolingienne, et cette grande œuvre nationale de génération et de régénération à laquelle ont procédé en un succès constant, les Robertiniens appelés depuis Capétiens. Grâce peut être à leur admirable loi de succession, ces princes modèles ont construit la patrie ou l’ont reconstruite. Quand ils tombaient, l’État déclinait avec eux. Quand ils se relevaient, l’État remontait aussi. Cela s’est vu deux fois à la guerre de Cent ans (Charles V, Charles VII) ; cela s’est répété avec les guerres de religion et sous Henri IV... La Fronde et Louis XIV nous en ont ébauché le dernier exemple avant que l’anarchie révolutionnaire nous conduisît à Trafalgar, Leipzig, Waterloo, Sedan par une courbe descendante motivée par leur régicide ou par leur exit et dans laquelle le retour momentané de trois d’entre eux détermina le point de relèvement national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La famille qui, parmi ses ruines, s’arrogea le titre de IVe dynastie, a fait exactement la même faillite que l’anarchie révolutionnaire dont elle procédait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choix de l’histoire est bien net.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le roi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corruptible en tant qu’homme le Roi a comme roi un avantage immédiat et sensible à ne pas être corrompu : sa règle de sensibilité est de se montrer insensible à tout ce qui n’affecte que le particulier, son genre d’intérêt est d’être naturellement détaché des intérêts qui sollicitent au dessous de lui tous les autres : cet intérêt est de s’en rendre indépendant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Roi peut le méconnaître, il peut l’oublier. Mettons les choses au pire. Un esprit médiocre, un caractère faible l’exposent à l’erreur et à la méprise. Il n’importe pourtant! Sa valeur, la valeur d’un homme, est incomparablement supérieure à celle de la résultante mécanique des Forces, à l’expression d’une différence entre deux totaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi que vaillent son caractère ou son esprit, encore est il un caractère, un esprit, c’est une conscience, un cœur, une chair d’homme, et sa décision représentera de l’humanité, au lieu que le vote 5 contre 2 ou 4 contre 3 représente le conflit de 5 ou de 4 forces contre 2 ou 3 autres forces. Les forces peuvent être, en elles mêmes, pensantes, mais ''le vote qui les exprime ne pense ''pas : par lui même, il n’est pas ''une ''décision, ''un ''jugement, un acte cohérent et motivé tel que le développe et l’incarne le Pouvoir personnel d’une autorité consciente, nominative, responsable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce pouvoir juge en ''qualité. Il ''apprécie les témoignages au lieu de compter les témoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien ou mal, c’est ainsi qu’il procède, et ce procédé est supérieur en soi au procédé de l’addition et de la soustraction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant intérêt à savoir la vérité afin de rendre la justice, il encourage les uns, rassure les autres, et parfois n’en écoute qu’un, si un seul lui paraît digne d’être écouté. S’il y a lieu il le défend contre les embûches et les tentations des puissants. Ce discernement ''humain des ''valeurs intellectuelles et morales diffère, comme le jour de la nuit, du procédé aveugle et grossier des démocraties. L’idée de tout remettre à une espèce de combat singulier ou à une bataille générale des intérêts en cause est une ''régression ''qui répète, sous une forme neuve et beaucoup moins belle, ces duels judiciaires dont les prédécesseurs de saint Louis se montraient déjà indignés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seule, la barbarie peut faire confiance aux solutions des majorités et du nombre. La civilisation fait intervenir aussi souvent que possible le discernement de la vérité, le culte du droit. Mais cela. suppose que l’Un pris pour juge et pour chef se distingue des forces appelées à être arbitrées par lui. Le souverain n’est pas le sujet, le sujet n’est pas le souverain. En les mêlant, la démocratie brouille tout, complique tout, retarde tout et sa dégression ramène le monde aux plus bas étages de l’antique passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on compare les comparables : vices d’une assemblée aux vices d’un prince héréditaire, vertus d’une assemblée aux vertus d’un Roi, on s’aperçoit de graves différences. L’institution royale pallie ou combat les effets du mal, au lieu que l’institution républicaine les appuie et les amplifie. De même la Monarchie donne à la vertu des personnes royales un concours actif, permanent, au lieu que la Démocratie lasse, désespère, épuise ou corrompt, à toute force, ses meilleurs serviteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pire ''sanction ''de la « responsabilité » royale, c’est le régicide ou la déposition, ou la chute de la dynastie : encore peut elle être appliquée le plus iniquement du monde, comme, par exemple, à Henri IV ou à Louis XVI. Mais l’idée de cette sanction est assez forte pour élever au dessus d’elle-même la moyenne des rois. La conservation de leur vie, de leur gloire et de leur héritage se confond, dans la psychologie naturelle des rois, avec la conservation de l’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils sont intéressés à ce que l’État leur survive et, de fait, le nôtre n’a gravement succombé qu’une seule fois depuis 987 jusqu’à 1792. Mais depuis cent quarante quatre ans que le régime électif est officiellement établi parmi nous, ce ne sont que chutes, révolutions, désastres, glissements dont les responsabilités sont divisées tout à la fois dans l’étendue et dans la durée : divisées dans l’étendue, puisqu’elle se répartit entre les chefs élus, leur parlement et l’opinion de tout un peuple ; divisées dans la durée puisque, en tant que responsabilité ''politique, ''elle se limite aux personnes sans se répercuter dans leur descendance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un roi détrôné devient un exilé misérable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un républicain qui a perdu le pouvoir est un grand personnage qui ne perd jamais l’espérance d’y revenir et qui vit entouré d’une cour de parasites actifs et remuants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pourquoi si un roi est à la fois âpre et prudent au bien public, parce qu’il perdrait beaucoup à manquer de l’une et de l’autre de ces qualités, le républicain ne perd grand chose ni à tout risquer, ni à tout négliger: il peut même se dire en tombant qu’il saura toujours tout rattraper et réparer ''la prochaine fois !''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce prix là, on peut se permettre tout. Érostrate brûlait le temple d’Éphèse, mais il y rôtissait dedans. En régime républicain, on peut bouter le feu aux quatre coins de nos administrations, s’en tirer et recommencer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hé ! il n’est pas indifférent que le roi et les princes soient de bonnes gens et des gens capables !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les bons règnes, les grands règnes, les restaurations brillantes sont toujours liés à l’esprit de l’institution qui rend ces hautes valeurs humaines infiniment plus fréquentes et infiniment plus productives qu’en République, pour la raison qu’un prince, deux princes, dix princes sont plus faciles à éduquer que dix millions d’électeurs ou, même, que neuf à dix centaines de ces politiciens pour la plupart improvisés, qu’on appelle parlementaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais enfin, l’essentiel du mécanisme royal ne repose pas sur la valeur des personnes, et la valeur du règne ne résulte pas de cet unique élément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En République, tout tient à cela! En République, il ''faut ''la vertu, la vertu héroïque, la vertu stoïque. Ou il n’y a plus rien. Et le minimum de vertu exigible comporte une foi romaine gardée aux promesses dont on a comblé l’électeur !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors que tout y dépend des suffrages donnés par l’électeur à un programme, le régime s’écroule et se déshonore, s’il n’y a pas fidélité de l’élu au programme de son électeur, au moins &amp;quot; dans la moyenne des cas ». Il se passe dès lors, il doit se passer, dans un pays républicain comme le nôtre, ce qui, par exemple, se serait passé au Moyen Âge si les serments de fidélité et d’hommage, fondements moraux de la hiérarchie féodale, n’avaient pas eu pour garanties courantes et normales un certain tonus moral et religieux, un certain sens de l’honneur qui rendait le système viable. Le système s’est affaibli quand ces vertus se sont affaiblies pour faire place à des états d’esprit et de cœur différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moins peut on dire que la fidélité féodale a vécu, et a tenu durant plusieurs siècles ! Mais la vertu républicaine ? Même limitée à la seule fidélité aux engagements électoraux, elle a été niée, dès son berceau de 1792, au premier pas, quand les assemblées ont centralisé pour exécuter un programme décentralisateur, quand elles ont fait la guerre pour appliquer un programme pacifique, quand elles ont détruit la monarchie qu’elles avaient mandat de maintenir. Ces assemblées ont donc visé le pouvoir seul et la condition de ce pouvoir personnel au lieu d’exécuter le mandat de leurs commettants. Ces assemblées d’usurpateurs étaient donc le contraire de la « vertu ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette vertu républicaine n’a existé que dans les rêves d’un certain nombre de doctrinaires idéologues. La réalité les a toujours si bien annulés que les républicains de la Ill’ République, à peine vainqueurs électoraux de la réaction, n’eurent rien de plus pressé que de déclarer ''les temps héroïques bien révolus '' et de prononcer la déchéance des ''vieilles barbes.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par leur déchéance, l’institution a réalisé la déchéance de la Patrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils se mirent alors à gouverner entre eux pour leur usage et avantage, qu’aidaient, servaient, protégeaient confortablement les fictions et les réalités du régime. Mais ainsi fut précipitée la ruine de tout le reste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou nous abjurerons ces fables menteuses, démolirons ces réalités dangereuses, relèverons la vérité politique et rétablirons la monarchie nationale, ou nous avons de sûres et tristes chances de devoir nous dire avant peu les derniers des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Source ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Textus]]&lt;br /&gt;
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		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Discussion:Martin Heidegger</title>
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		<updated>2026-05-18T22:26:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;https://sens-public.org/articles/1278/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous demeurerons sur le front invisible de l’Allemagne spirituelle secrète. »&lt;br /&gt;
 Tome 94 9783465038153&lt;br /&gt;
155&lt;br /&gt;
Éd. Verlag Vittorio Klosterman&lt;br /&gt;
2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Anté-Christ doit comme tout anti- sortir du même sol que ce contre quoi il est anti-, ainsi pour le “Christ”. Il sort de la communauté juive. C’est dans toute la durée de l’Occident chrétien, c’est-à-dire de la métaphysique, le principe de la destruction. »&lt;br /&gt;
Tome 94 Éd. Verlag Vittorio Klosterman&lt;br /&gt;
2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des Juifs éparpillés, des demi-Juifs, sinon des ratés, des jésuites et des curetons déguisés en laïcs et quelques beaux-esprits. »&lt;br /&gt;
— Martin Heidegger, Lettre à Kurt Bauch, 7 février 1935  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le chêne lui-même disait qu’une telle croissance est seule à pouvoir fonder ce qui dure et porte des fruits ; que croître signifie : s’ouvrir à l’immensité du ciel, mais aussi pousser des racines dans l’obscurité de la terre ; que tout ce qui est vrai et authentique n’arrive à maturité que si l’homme est disponible à l’appel du ciel le plus haut, mais demeure en même temps sous la protection de la terre qui porte et produit. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Martin Heidegger, Questions III et IV (1990)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’antiquité qui détermine la parole d’Anaximandre appartient au matin de l’aurore de l’Hespérie (...) Si nous persistons si obstinément à penser la pensée des grecs comme les Grecs ont su la penser, ce n’est pas pour l’amour des Grecs ; c’est pour retrouver ce Même qui en des guises diverses concerne les Grecs et nous concerne historialement. C’est cela, qui porte l’aurore de la pensée dans le destin de l’hespérial. C’est conformément à ce destin que les Grecs deviennent seulement les Grecs, au sens historial. Le destin attend ce que devient sa semence ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Martin Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part (1950)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La révolution technologique nous impose une nécessaire conversion de la pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conversion de la pensée a besoin de l'aide de la tradition européenne et d'une nouvelle appropriation de celle-ci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pensée ne peut être transformée que par une pensée qui a la même origine et la même intonation »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pensée qui calcule | pensée qui médite&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L’ennemi peut s’être incrusté dans la racine la plus intérieure du Dasein d’un peuple, et s’opposer à l’essence propre de celui-ci, agir d’une manière qui lui est contraire. Le combat n’en est que plus âpre, et plus dur, et difficile, car l’échange de coups n’en constitue que la plus petite part ; il est souvent bien plus difficile et de plus longue haleine de repérer l’ennemi en tant que tel, de le conduire à se déployer, de ne pas se faire d’illusions sur son compte, de se maintenir prêt à l’attaque, de cultiver et d’accroître la disponibilité (Bereitschaft) constante et de fixer l’attaque à long terme, avec pour but l’extermination totale.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Martin Heiddeger, Gesamtausgabe, vol. 36/37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L’ennemi est celui-là, est tout un chacun dont émane une menace essentielle contre le Dasein du peuple et de ses membres pris isolément. L’ennemi n’a pas besoin d’être extérieur, et l’ennemi extérieur n’est même pas toujours le plus dangereux. Il peut même sembler qu’il n’y a pas d’ennemi du tout. C’est alors un impératif fondamental que de trouver l’ennemi, de le mettre en lumière ou même d’abord de le créer, afin qu’advienne ce faire front face à l’ennemi et que le Dasein ne s’émousse pas.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Martin Heidegger, Gesamtausgabe, vol. 36/37&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Russie et l’Amérique sont toutes deux, au point de vue métaphysique, la même chose&lt;br /&gt;
Heidegger&lt;br /&gt;
«L’humanité sur cette terre se trouve dans une situation dange­ reuse, écrivait déjà Martin Heidegger. Pourquoi ? Est-ce pour la seule raison qu’une troisième guerre mondiale peut éclater brus­ quement et qu’elle entraînerait la destruction complète de l’huma­ nité et la ruine de la terre ? Non pas. Un danger beaucoup plus grand menace les débuts de l’âge atomique - et précisément au cas où le risque d’une troisième guerre mondiale pourrait être écarté (..) (Ce danger, c’est) qu’un jour, la pensée calculante fût la seule à être admise et à s’exercer(..) Alors la plus étonnante et féconde vir­ tuosité du calcul qui invente et planifie s’accompagnerait.. d’indif­ férence envers la pensée méditante, c’est-à-dire d’une totale absence de pensée. Et alors ? Alors l’homme aurait nié et rejeté ce&lt;br /&gt;
qu’il possède de plus propre, à savoir qu’il est un être pensant» (Sérénité, in Questions III, Gallimard, 1966, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Être allemand : projeter devant soi la charge la plus intérieure de l’histoire de l’Occident et la prendre sur ses épaules. »&lt;br /&gt;
*Martin Heidegger, Réflexions VII&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Americanism,” he wrote in 1942, as the Holocaust was underway, is “the most dangerous shape of boundlessness, because it appears in the form of a democratic middle-class way of life mixed with Christianity, and all this in an atmosphere that lacks completely any sense of history.” “Americanism,” as he put it elsewhere, “is the still unfolding . . . metaphysical essence of the emerging monstrousness of modern times.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://jeanzin.fr/2018/02/07/le-nazi-heidegger-de-lexistence-a-letre-comme-patrie/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les Cahiers noirs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La démocratie serait la mort de l'Europe »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-  &amp;quot; Il ne s’agit de rien moins que de se rendre compte de l’urgence que représente l’élection devant laquelle nous nous trouvons, d’alimenter de nouveau notre vie intellectuelle allemande par le recrutement d’un personnel éducatif authentiquement autochtone et de la libérer définitivement de l’enjuivement croissant au sens large et étroit. » (Heidegger dans la lettre du 3 octobre 1929 au conseiller Stroecher pour lui recommander un candidat de philosophie à ses yeux valable, et qui puisse alléger le poids du judaïsme sur l’université de Fribourg où il venait d’être nommé depuis un an)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le psychiatre et littérateur en philosophie, Karl Jaspers (1883-1969) qui vivant en Suisse pendant la guerre marié à une juive, dénonça Heidegger aux autorités d’occupation alliées pour qu’il fût interdit d’enseignement, alors que le fils d’Heidegger était par ailleurs captif des Soviétiques et que la famine organisée par les alliés sous direction juive étranglait le pays, raconte que lui Jaspers, dans un conversation tenue en 1933, «  a parlé de la question juive et de l’absurdité pernicieuse des Sages de Sion – du livre des « Protocoles des Sages de Sion »- , à quoi il (Heidegger) a répondu : il y a une périlleuse alliance internationale des Juifs » (cf. Heidegger: Correspondance avec Karl Jaspers 1920-1964. Texte établi par Walter Biemel et Hans Samer, traduit de l'allemand par Claude-Nicolas Grimbert. (Gallimard) Paris 1996, p. 409, note 117)..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-  &amp;quot;  Le  &amp;quot; communisme &amp;quot;  (Heidegger entend désigner spécifiquement la création juive du marxisme corrélative du capitalisme financier juif, d’où les guillemets employés par Heidegger) est la constitution métaphysique des peuples dans la dernière phase de l'achèvement des temps modernes (…). La forme chrétienne et bourgeoise du  &amp;quot; bolchevisme &amp;quot;  anglais est la plus dangereuse. Sans l’anéantissement de celle-ci, l’époque moderne se maintient. La destruction définitive ne peut avoir toutefois que la forme de l'auto-anéantissement. » (Heidegger, Œuvres complètes, édition allemande dite MEGA, tome 69 (période 1939-1940) ,pp.208-209)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons ce « bolchevisme » actuel dans l’aide directe apportée aux plans « américains » par l’extrême gauche européenne, et le gauchisme qui est le vivier de la haine anti-islamique et anti- iranienne, pour ne pas dire anti-aryenne au sens d’une autodestruction des peuples de l’Europe par ce « christianisme bolchevisé », et l’on peut dire la même chose de la forme « islamique et bourgeoise » qui est mise en place par le judéo-système qui est destiné à s’anéantir, à la grâce de Dieu !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les juifs vivent avec leur don prononcé pour le calcul depuis longtemps déjà selon le principe “racial” raison pour laquelle ils s’opposent aussi avec la dernière véhémence à son application sans bornes. »&lt;br /&gt;
Sans oublier ces lignes, où il stigmatise « l’essentiel du processus historique dont l’Angleterre mène maintenant jusqu’au bout la partie au milieu de l’américanisme et du bolchevisme, ce qui inclut en même temps le judaïsme mondial. La question du rôle du judaïsme mondial n’est pas d’ordre racial, elle est au contraire la question métaphysique qui s’enquiert qui, purement et simplement libre de tout lien, peut assumer en tant que tâche historiale, de déraciner tout étant hors de l’être »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«No goal given to this humanity reaches what is essential. But the Americans take this state of nullity as the promise for their future, since they indeed nullify everything in the semblance of universal “happiness”. Americanism is the pinnacle of nihilism».&lt;br /&gt;
-Martin Heidegger, Black notebooks, trans. Richard Rojcewicz.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’absence de patrie devient un destin mondial. C’est pourquoi il est nécessaire de penser ce destin sur le plan de l’histoire de l’Etre. Ainsi ce que Marx, partant de Hegel, a reconnu en un sens important et essentiel comme étant l’aliénation de l’homme plonge ses racines dans l’absence de patrie de l’homme moderne. Cette absence de patrie se dénonce, et cela à partir du destin de l’Etre, sous les espèces de la métaphysique qui la renforce en même temps qu’elle la dissimule comme absence de patrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« l’essentiel du processus historique dont l’Angleterre mène maintenant jusqu’au bout la partie au milieu de l’américanisme et du bolchevisme, ce qui inclut en même temps le judaïsme mondial. La question du rôle du judaïsme mondial n’est pas d’ordre racial, elle est au contraire la question métaphysique qui s’enquiert qui, purement et simplement libre de tout lien, peut assumer en tant que tâche historiale, de déraciner tout étant hors de l’être »&lt;br /&gt;
Cahier noir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«No goal given to this humanity reaches what is essential. But the Americans take this state of nullity as the promise for their future, since they indeed nullify everything in the semblance of universal “happiness”. Americanism is the pinnacle of nihilism».&lt;br /&gt;
-Martin Heidegger, Black notebooks, trans. Richard Rojcewicz.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Paul_Feyerabend&amp;diff=46030</id>
		<title>Paul Feyerabend</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Paul_Feyerabend&amp;diff=46030"/>
		<updated>2026-05-18T15:51:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Paul Feyerabend|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il n’existe aucune raison “objective” pour préférer la science et le rationalisme occidental à d’autres traditions. [...] toutes les cultures ont des raisons “objectives” en leur faveur. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Adieu la Raison&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020300575&lt;br /&gt;
|page=338}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’approche théorique est, deuxièmement, ignorante. Par exemple, elle oublie que beaucoup des problèmes auxquels les pays du Tiers Monde sont confrontés aujourd’hui (la faim, la surpopulation, la déchéance spirituelle) ont surgi parce que des formes de vie écologiquement saines et spirituellement satisfaisantes ont été brisées et remplacées par les artifices de la civilisation occidentale. […] Les apôtres du progrès et de la civilisation ont détruit ce qu’ils n’avaient pas construit, et ridiculisé ce qu’ils ne comprenaient pas. Il faut avoir la vue bien courte pour croire qu’eux seuls détiennent maintenant les clés de la survie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Adieu la Raison&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020300575&lt;br /&gt;
|page=35-36}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène international, c’est « l’expansion régulière du “progrès” et du “développement” occidentaux, qui se confondent avec la diffusion du ''business'', de la science et de la technologie. [...] Ce qui est en train de s’imposer, de s’exporter et de s’imposer à nouveau, c’est un ensemble de conceptions et de pratiques uniformes qui ont le soutien intellectuel et politique d’institutions et de groupes puissants. Aujourd’hui les formes occidentales de la vie se retrouvent dans les coins les plus reculés du monde, et ont changé les habitudes de peuples qui, il y a quelques dizaines d’années, ignoraient encore tout de leur existence. Des différences culturelles disparaissent, des métiers indigènes, des coutumes, des institutions sont remplacés par les objets, les coutumes, les formes d’organisation de l’Occident. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Adieu la Raison&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020300575&lt;br /&gt;
|page=8-9}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La séparation de la Science et de l’État peut être notre seule chance de vaincre la barbarie forcenée de l’âge technico-scientifique et d’accéder à l’humanité dont nous sommes capables, sans l’avoir jamais pleinement réalisée. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=338}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ainsi, la science est beaucoup plus proche du mythe qu’une philosophie scientifique n’est prête à l’admettre. C’est l’une des nombreuses formes de pensée qui ont été développées par l’homme, mais pas forcément la meilleure. La science est indiscrète, bruyante, insolente ; elle n’est essentiellement supérieure qu’aux yeux de ceux qui ont opté pour une certaine idéologie, ou qui l’ont acceptée sans avoir jamais étudié ses avantages et ses limites. Et comme c’est à chaque individu d’accepter ou de rejeter des idéologies, il s’ensuit que la séparation de l’État et l’Église doit être complétée par la séparation de l’État et de la Science : la plus récente, la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses. Une telle séparation est sans doute notre chance d’atteindre l’humanité dont nous sommes capables, mais sans l’avoir jamais pleinement réalisée. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=332}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lakatos s’inquiète de la pollution intellectuelle. Je partage cette inquiétude. Des livres d’illettrés et d’incompétents inondent le marché ; un verbiage creux, aux termes bizarres et ésotériques prétend exprimer des vues profondes ; des “experts” sans cervelle, sans caractère, et sans le moindre tempérament intellectuel, stylistique et émotionnel nous parlent de nos “condition” et des moyens de l’améliorer ; et ils ne se contentent pas de nous faire des sermons, à nous, qui pourrions les démasquer, mais ils sont lâchés sur nos enfants, et libre de les entraîner dans les bas-fonds de leur propre misère intellectuelle. Ces “maîtres” utilisent les examens de la peur de l’échec pour façonner les cerveaux de nos enfants jusqu’à leur faire perdre tout parcelle d’imagination. C’est une situation désastreuse et difficilement remédiable. Mais je ne vois pas en quoi la méthodologie de Lakatos peut ici nous aider. En ce qui me concerne, je dirai que le premier problème et le plus pressant est de retirer l’éducation des mains des “éducateurs professionnels”. La contrainte des diplômes, des concours, des examens réguliers, doit disparaître, et nous devons aussi séparer l’enseignement de la préparation à un métier particulier. J’admets que dans les affaires, les religions, les professions spéciales telles que la science ou la prostitution, on puisse avoir le droit de demander que les participants et / ou les praticiens se conforment à des normes qu’on juge importantes de façon à pouvoir garantir leur compétence. J’admets aussi que cela implique la nécessité de types spéciaux d’éducation préparant un homme ou une femme aux “examens” correspondants. Les normes enseignés ne doivent pas nécessairement être rationnelles ou raisonnables, quoi que cela veuille dire, même si elles sont habituellement présentées comme telles. Il suffit qu’elles soient acceptées par les groupes auxquels on veut se joindre, que ce soit par exemple la Science, ou les Affaires, ou la Religion une et véritable. Après tout, dans une démocratie, la “raison” a tout autant le droit d’être entendue ou de s’exprimer que la “déraison”, surtout si l’on considère que la “raison” d’un homme est la folie d’un autre. Mais il faut à tout prix éviter ceci : on ne doit pas permettre aux normes particulières définissant des domaines particuliers et des professions particulières de s’insinuer dans l’éducation générale, et de constituer les qualités définissant l’“honnête homme”. Une éducation générale devrait préparer un citoyen à choisir entre les normes, ou à trouver son chemin dans une société dont les groupes fonctionnent selon des normes diverses, mais il ne doit sous aucune condition plier son esprit à se conformer aux normes d’un groupe particulier. On présentera les normes, on les discutera, les enfants seront encouragés à acquérir une compétence dans les sujets les plus importants, mais seulement comme on acquiert une compétence dans un jeu, c’est-à-dire sans engagement sérieux et sans enlever à l’esprit sa capacité de jouer tout aussi bien à d’autres jeux. Ayant été préparé de cette manière, un jeune pourrait décider de consacrer le reste de sa vie à une profession particulière, et désormais commencer à la prendre au sérieux. Cet “engagement” serait alors le résultat d’une décision consciente, basée sur une connaissance assez complète des voies différentes et non sur une conclusion ''a priori''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’ensuit, naturellement, que nous devons empêcher les scientifiques de prendre en main l’éducation, c’est-à-dire d’enseigner comme “fait” et comme “seule véritable méthode” ce qui, par hasard, se trouve être le mythe du jour. L’accord avec la science, la décision de travailler selon les canons de la science, devrait être le résultat de l’examen et du choix, et non pas d’une manière particulière d’élever les enfants. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=240-241}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Une telle présentation rééquilibrée des faits devrait au total nous convaincre qu’il est plus que temps d’ajouter la séparation de l’État et de la Science à la séparation maintenant tout à fait courante de l’Église et de l’État. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=239}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les associations libres dans lesquelles chacun agit selon ce qui convient le mieux à ses talents remplacent les institutions pétrifiées d’aujourd’hui ; aucune fonction ne doit être autorisée à se fixer [...]. L’enseignement doit être basé sur la curiosité et non sur l’obéissance, le rôle de l’enseignant est d’accentuer cette curiosité, et non de s’en remettre à des méthodes fixes. La spontanéité doit régner en maîtresse dans la pensée (perception) comme dans l’action. Cela dit, l’une des particularités remarquables de l’anarchisme politique — qui suit le siècle des Lumières — est sa foi en la “raison naturelle”, et son respect pour la science. Ce respect est rarement la démarche opportuniste qui reconnaît un allié et le complimente pour lui faire plaisir. Le plus souvent, il est basé sur la conviction sincère que la science pure et sans mélange donne une image véritable de l’homme et du monde, et produit des armes idéologiques puissantes dans la lutte contre les impostures de l’ordre présent. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=205-206}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La science étant donnée, le rationnel ne peut pas être universel ; et l’irrationnel ne peut pas être exclu. Ce caractère particulier du développement de la science est un argument très fort en faveur d’une épistémologie anarchiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais '''la science n’est pas sacro-sainte'''. Les restrictions qu’elle impose (et de telles restrictions sont nombreuses, bien qu’il ne soit pas facile d’en faire la liste) ne sont pas nécessaire pour avoir sur le monde des vues générales, cohérentes et adéquates. '''Il y a les mythes, les dogmes de la théologie, la métaphysique, et de nombreux autres moyens de construire une conception du monde.''' Il est clair qu’un échange fructueux entre la science et de telles conceptions non scientifiques du monde aura encore plus besoin d’anarchisme que la science elle-même. Ainsi l’anarchisme n’est-il pas seulement une possibilité, mais une nécessité, à la fois pour le progrès interne de la science et pour le développement de la culture en général. Et la Raison, pour finir, rejoint tous ces monstres abstraits — l’Obligation, le Devoir, la Moralité, la Vérité —, et leurs prédécesseurs plus concrets — les Dieux — qui ont jadis servi à intimider les hommes et à restreindre un développement heureux et libre ; elle dépérit... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=196-197}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ces “déviations”, ces “erreurs”, sont les conditions du progrès. Elles permettent à la connaissance de survivre dans le monde complexe et difficile que nous habitons, elles ''nous'' permettent de rester des agents libres et heureux. Sans “chaos”, point de savoir. Sans une destitution fréquente de la raison, pas de progrès.''' Les idées qui aujourd’hui forment la base même de la science n’existent que parce qu’il y a eu des préjugés, de la vanité, de la passion ; parce que ceux-là se sont opposés à la raison ; et parce qu’on les a laissés agir à leur guise. Nous devons conclure donc que même à l’intérieur de la science, la raison ne peut pas, et ne doit pas, avoir une portée universelle ; qu’elle doit souvent être outrepassée, ou éliminée, en faveur d’autres instances. Il n’y a pas une règle qui reste valide dans toutes les circonstances, et pas une seule instance à laquelle on puisse toujours faire appel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=196}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On en conclura qu’il est souhaitable de laisser les inclinations aller à l’encontre de la raison ''dans n’importe quelles circonstances'', car la science peut en tirer profit. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=170}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Feyerabend, Paul}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fichier:Milton_Friedman_3.jpg&amp;diff=46029</id>
		<title>Fichier:Milton Friedman 3.jpg</title>
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		<updated>2026-05-18T13:53:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : Europa7 a téléversé une nouvelle version de Fichier:Milton Friedman 3.jpg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Paul_Feyerabend&amp;diff=46028</id>
		<title>Paul Feyerabend</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Paul_Feyerabend&amp;diff=46028"/>
		<updated>2026-05-18T13:36:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Paul Feyerabend|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il n’existe aucune raison “objective” pour préférer la science et le rationalisme occidental à d’autres traditions. [...] toutes les cultures ont des raisons “objectives” en leur faveur. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Adieu la Raison&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020300575&lt;br /&gt;
|page=338}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène international, c’est « l’expansion régulière du “progrès” et du “développement” occidentaux, qui se confondent avec la diffusion du ''business'', de la science et de la technologie. [...] Ce qui est en train de s’imposer, de s’exporter et de s’imposer à nouveau, c’est un ensemble de conceptions et de pratiques uniformes qui ont le soutien intellectuel et politique d’institutions et de groupes puissants. Aujourd’hui les formes occidentales de la vie se retrouvent dans les coins les plus reculés du monde, et ont changé les habitudes de peuples qui, il y a quelques dizaines d’années, ignoraient encore tout de leur existence. Des différences culturelles disparaissent, des métiers indigènes, des coutumes, des institutions sont remplacés par les objets, les coutumes, les formes d’organisation de l’Occident. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Adieu la Raison&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020300575&lt;br /&gt;
|page=8-9}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La séparation de la Science et de l’État peut être notre seule chance de vaincre la barbarie forcenée de l’âge technico-scientifique et d’accéder à l’humanité dont nous sommes capables, sans l’avoir jamais pleinement réalisée. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=338}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ainsi, la science est beaucoup plus proche du mythe qu’une philosophie scientifique n’est prête à l’admettre. C’est l’une des nombreuses formes de pensée qui ont été développées par l’homme, mais pas forcément la meilleure. La science est indiscrète, bruyante, insolente ; elle n’est essentiellement supérieure qu’aux yeux de ceux qui ont opté pour une certaine idéologie, ou qui l’ont acceptée sans avoir jamais étudié ses avantages et ses limites. Et comme c’est à chaque individu d’accepter ou de rejeter des idéologies, il s’ensuit que la séparation de l’État et l’Église doit être complétée par la séparation de l’État et de la Science : la plus récente, la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses. Une telle séparation est sans doute notre chance d’atteindre l’humanité dont nous sommes capables, mais sans l’avoir jamais pleinement réalisée. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=332}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lakatos s’inquiète de la pollution intellectuelle. Je partage cette inquiétude. Des livres d’illettrés et d’incompétents inondent le marché ; un verbiage creux, aux termes bizarres et ésotériques prétend exprimer des vues profondes ; des “experts” sans cervelle, sans caractère, et sans le moindre tempérament intellectuel, stylistique et émotionnel nous parlent de nos “condition” et des moyens de l’améliorer ; et ils ne se contentent pas de nous faire des sermons, à nous, qui pourrions les démasquer, mais ils sont lâchés sur nos enfants, et libre de les entraîner dans les bas-fonds de leur propre misère intellectuelle. Ces “maîtres” utilisent les examens de la peur de l’échec pour façonner les cerveaux de nos enfants jusqu’à leur faire perdre tout parcelle d’imagination. C’est une situation désastreuse et difficilement remédiable. Mais je ne vois pas en quoi la méthodologie de Lakatos peut ici nous aider. En ce qui me concerne, je dirai que le premier problème et le plus pressant est de retirer l’éducation des mains des “éducateurs professionnels”. La contrainte des diplômes, des concours, des examens réguliers, doit disparaître, et nous devons aussi séparer l’enseignement de la préparation à un métier particulier. J’admets que dans les affaires, les religions, les professions spéciales telles que la science ou la prostitution, on puisse avoir le droit de demander que les participants et / ou les praticiens se conforment à des normes qu’on juge importantes de façon à pouvoir garantir leur compétence. J’admets aussi que cela implique la nécessité de types spéciaux d’éducation préparant un homme ou une femme aux “examens” correspondants. Les normes enseignés ne doivent pas nécessairement être rationnelles ou raisonnables, quoi que cela veuille dire, même si elles sont habituellement présentées comme telles. Il suffit qu’elles soient acceptées par les groupes auxquels on veut se joindre, que ce soit par exemple la Science, ou les Affaires, ou la Religion une et véritable. Après tout, dans une démocratie, la “raison” a tout autant le droit d’être entendue ou de s’exprimer que la “déraison”, surtout si l’on considère que la “raison” d’un homme est la folie d’un autre. Mais il faut à tout prix éviter ceci : on ne doit pas permettre aux normes particulières définissant des domaines particuliers et des professions particulières de s’insinuer dans l’éducation générale, et de constituer les qualités définissant l’“honnête homme”. Une éducation générale devrait préparer un citoyen à choisir entre les normes, ou à trouver son chemin dans une société dont les groupes fonctionnent selon des normes diverses, mais il ne doit sous aucune condition plier son esprit à se conformer aux normes d’un groupe particulier. On présentera les normes, on les discutera, les enfants seront encouragés à acquérir une compétence dans les sujets les plus importants, mais seulement comme on acquiert une compétence dans un jeu, c’est-à-dire sans engagement sérieux et sans enlever à l’esprit sa capacité de jouer tout aussi bien à d’autres jeux. Ayant été préparé de cette manière, un jeune pourrait décider de consacrer le reste de sa vie à une profession particulière, et désormais commencer à la prendre au sérieux. Cet “engagement” serait alors le résultat d’une décision consciente, basée sur une connaissance assez complète des voies différentes et non sur une conclusion ''a priori''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’ensuit, naturellement, que nous devons empêcher les scientifiques de prendre en main l’éducation, c’est-à-dire d’enseigner comme “fait” et comme “seule véritable méthode” ce qui, par hasard, se trouve être le mythe du jour. L’accord avec la science, la décision de travailler selon les canons de la science, devrait être le résultat de l’examen et du choix, et non pas d’une manière particulière d’élever les enfants. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=240-241}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Une telle présentation rééquilibrée des faits devrait au total nous convaincre qu’il est plus que temps d’ajouter la séparation de l’État et de la Science à la séparation maintenant tout à fait courante de l’Église et de l’État. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=239}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les associations libres dans lesquelles chacun agit selon ce qui convient le mieux à ses talents remplacent les institutions pétrifiées d’aujourd’hui ; aucune fonction ne doit être autorisée à se fixer [...]. L’enseignement doit être basé sur la curiosité et non sur l’obéissance, le rôle de l’enseignant est d’accentuer cette curiosité, et non de s’en remettre à des méthodes fixes. La spontanéité doit régner en maîtresse dans la pensée (perception) comme dans l’action. Cela dit, l’une des particularités remarquables de l’anarchisme politique — qui suit le siècle des Lumières — est sa foi en la “raison naturelle”, et son respect pour la science. Ce respect est rarement la démarche opportuniste qui reconnaît un allié et le complimente pour lui faire plaisir. Le plus souvent, il est basé sur la conviction sincère que la science pure et sans mélange donne une image véritable de l’homme et du monde, et produit des armes idéologiques puissantes dans la lutte contre les impostures de l’ordre présent. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=205-206}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La science étant donnée, le rationnel ne peut pas être universel ; et l’irrationnel ne peut pas être exclu. Ce caractère particulier du développement de la science est un argument très fort en faveur d’une épistémologie anarchiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais '''la science n’est pas sacro-sainte'''. Les restrictions qu’elle impose (et de telles restrictions sont nombreuses, bien qu’il ne soit pas facile d’en faire la liste) ne sont pas nécessaire pour avoir sur le monde des vues générales, cohérentes et adéquates. '''Il y a les mythes, les dogmes de la théologie, la métaphysique, et de nombreux autres moyens de construire une conception du monde.''' Il est clair qu’un échange fructueux entre la science et de telles conceptions non scientifiques du monde aura encore plus besoin d’anarchisme que la science elle-même. Ainsi l’anarchisme n’est-il pas seulement une possibilité, mais une nécessité, à la fois pour le progrès interne de la science et pour le développement de la culture en général. Et la Raison, pour finir, rejoint tous ces monstres abstraits — l’Obligation, le Devoir, la Moralité, la Vérité —, et leurs prédécesseurs plus concrets — les Dieux — qui ont jadis servi à intimider les hommes et à restreindre un développement heureux et libre ; elle dépérit... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=196-197}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ces “déviations”, ces “erreurs”, sont les conditions du progrès. Elles permettent à la connaissance de survivre dans le monde complexe et difficile que nous habitons, elles ''nous'' permettent de rester des agents libres et heureux. Sans “chaos”, point de savoir. Sans une destitution fréquente de la raison, pas de progrès.''' Les idées qui aujourd’hui forment la base même de la science n’existent que parce qu’il y a eu des préjugés, de la vanité, de la passion ; parce que ceux-là se sont opposés à la raison ; et parce qu’on les a laissés agir à leur guise. Nous devons conclure donc que même à l’intérieur de la science, la raison ne peut pas, et ne doit pas, avoir une portée universelle ; qu’elle doit souvent être outrepassée, ou éliminée, en faveur d’autres instances. Il n’y a pas une règle qui reste valide dans toutes les circonstances, et pas une seule instance à laquelle on puisse toujours faire appel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=196}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On en conclura qu’il est souhaitable de laisser les inclinations aller à l’encontre de la raison ''dans n’importe quelles circonstances'', car la science peut en tirer profit. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Paul Feyerabend&lt;br /&gt;
|titre=Contre la méthode&lt;br /&gt;
|année d'origine=1975&lt;br /&gt;
|traducteur=Baudoin Jurdant et Agnès Schlumberger&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|collection=Points Sciences&lt;br /&gt;
|année=1988&lt;br /&gt;
|ISBN=9782020099950&lt;br /&gt;
|page=170}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Feyerabend, Paul}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fichier:Citations_-_Libertas.png&amp;diff=46027</id>
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		<updated>2026-05-18T12:29:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46026</id>
		<title>Arthur Moeller van den Bruck</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46026"/>
		<updated>2026-05-11T22:50:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Arthur Moeller van den Bruck 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les races sont la cause première de l’histoire. Les nations, en revanche, en sont la réalisation. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute sommes-nous entrés dans une époque de luttes raciales et la décision qui en résultera en définitive aura trait à la maîtrise du monde. Mais la forme sous laquelle se déroule cette lutte de races est toujours celle des luttes de nationalités. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple incarne une idée particulière qui est un tout indivisible et lui appartient, comme il est lui-même un tout indivisible qui s’appartient. Il est né avec cette idée. C’est avec cette idée qu’il est sorti du sein maternel de la race et de la terre pour se jeter dans son espace historique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous avons besoin en Allemagne de la spiritualité inconditionnelle des Russes. Nous en avons besoin comme d’un contre-poids à un occidentalisme aux influences duquel nous avons été nous aussi exposés et qui nous a conduits nous aussi là où nous sommes arrivés aujourd’hui. Après avoir si longtemps regardé du côté de l’Ouest, jusqu’à en tomber dans sa dépendance, nous regardons maintenant du côté de l’Est, en cherchant l’indépendance. Mais nous ne la trouverons pas à l’Est. Nous ne la trouverons jamais qu’en nous-mêmes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La Russie, l’Ouest et nous&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1er octobre 1933, posthume&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=« Russland, der Westen und wir », ''Der Nahe Osten'', 1er octobre 1933&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’animal, dans l’homme, s’approche en rampant ; l’Afrique obscurcit l’Europe. Nous devons être les gardiens postés sur le seuil des valeurs.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=325}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a qu’un seul Reich comme il n’y a qu’une seule Église.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le conservateur, dans la lutte qu’il entreprend aujourd’hui contre le libéral, ne fait que poursuivre consciemment la bataille engagée au début de notre âge, à ce moment où les lumières commençaient à obscurcir le monde.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=297}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’ennemi commun du conservateur et du révolutionnaire est le libéral. C’est ainsi et non autrement qu’il vit dans le sentiment révolutionnaire comme dans la conscience conservatrice. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La question est seulement de savoir si le conservateur devra triompher de la révolution, ou si le révolutionnaire trouvera de lui-même le chemin du conservatisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=293}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La pensée conservatrice voit dans tous les rapports humains le retour vers ce qui est éternel, non pas le retour des choses qui ont déjà été, mais le retour de ce qui est permanent en elles.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cet éternel doit toujours être recréé spirituellement dans le temporel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut que chaque peuple prépare sa révolution. Chaque révolution possède une tradition qui vit dans l’esprit du peuple, qui la fait. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=262}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous avons beau fouiller l’histoire de tous les temps et de tous les peuples, nous ne pouvons y constater aucun progrès. [...] Depuis que les hommes ont conçu l’idée de “progrès”, ils n’ont réalisé que la “régression”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=259}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le réactionnaire [...] croit que nous n’avons qu’à renouveler les formes anciennes pour que toutes choses redeviennent “comme elles étaient”.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=223}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La démocratie est « la participation d’un peuple à son destin.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=184}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme commença par créer une fausse notion de la liberté. Il finit par instaurer une fausse notion de la liberté dont il se servit, même quand il ne défendit plus la liberté, mais seulement ses privilèges. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=140}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme moderne commence là, où l’individu s’échappe des liens médiévaux.''' L’homme libéral dira plus tard : là où il parvint à s’en libérer. Mais la pensée libérale est ici comme partout une illusion, car ces liens médiévaux étaient des accomplissements. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=138}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme a miné des civilisations. Il a détruit des religions. Il a ruiné des patries.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les peuples primitifs ne connaissaient pas le libéralisme. Pour eux, le monde était une expérience unique qu’un homme se partageait avec un autre homme. Intuitivement, ils comprenaient l’existence, comme une lutte dans laquelle tous les membres d’un groupe devaient s’affirmer contre tous ceux qui le menaçaient. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134-135}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme a existé de tous temps. Il est basé sur le désir qu’ont tous les hommes d’avoir une personnalité, même s’ils n’en ont point. '''Chaque homme qui ne se sent plus membre d’une communauté est, d’une façon ou d’une autre, un libéral.''' Son domaine est l’amour-propre. Le conservateur, seul, est altruiste. Le conservateur défend une cause qui ne meurt pas avec lui. Tandis que l’amour-propre du libéral, lui fait accepter cette formule : après moi le déluge. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce libéralisme sans nationalités, sans discipline et sans scrupules, qui se justifia par l’intellectualisme, trouva finalement, comme moyen le plus efficace de faire des affaires, cette guerre mondiale et monstrueuse. Le libéralisme devenu nationalisme se servit des conflits entre les peuples, comme d’un moyen d’intrigues pour réaliser ses buts politiques. Il utilisa des idéaux pour pousser les peuples à leur destruction. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=133}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme prétend entreprendre tout ce qu’il fait pour le peuple. Mais, en réalité, il élimine le peuple et le remplace par un je. '''Le libéralisme est l’expression d’une société qui n’est plus une communauté.''' Le libéral ne saisit pas le sens profond qui est à la base de toute société. Le libéralisme ne possède pas d’homme supérieurs, qui soient aptes à créer des valeurs élaborées dans le peuple et à les rendre à ce peuple, pourvues de formes. Le libéralisme est l’expression d’une société, composée des parties les plus basses du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libéralisme n’exprime pas une société organisée, mais une société déjà dissoute. Il creuse un abîme effroyable, entre les différents membres d’une même nation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le socialisme suppose un homme qui sache voir et non un homme qui, comme tous les Occidentaux ne connaisse que la méthode inductive. Nous ne voulons pas accentuer les contrastes. Nous voulons, qu’ils se complètent. Le socialisme, c’est pour nous : l’enracinement, la hiérarchie, l’organisation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=113}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque peuple a son propre socialisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il n’y a pas de justice pour les hommes, si auparavant, il n’existe pas de justice pour les peuples.''' Les hommes ne peuvent vivre que lorsque leurs nations le peuvent. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=60}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Pour nous, actuellement, le présent n’existe pas, le passé est comme arraché de nous, et nous allons entrer en plein inconnu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=32}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous voulons gagner la révolution.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=31}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Ein russischer Seemann ist ein Widerspruch in sich''', wie es ein russischer Unternehmer ist — Das Meer will den Russen nicht.“&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=de&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
:« Un marin russe est une contradiction en soi, tout comme un entrepreneur russe — La mer ne veut pas des Russes. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après avoir si longtemps regardé vers l’Occident, au point de tomber sous sa dépendance, l’Allemagne doit se tourner vers la spiritualité russe et y chercher l’indépendance. Nous devons cependant veiller à ce que l’Est ne devienne pas un danger : apprenons à le connaître tout en gardant nos distances. Attendons d’avoir retrouvé notre souveraineté intellectuelle avant de pouvoir nous enrichir de l’esprit russe. En attendant, nous partageons le même sort que la Russie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur de la contribution=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Einführung in die Ausgabe&lt;br /&gt;
|titre = Sämtliche Werke&lt;br /&gt;
|auteur=Fjodor Michailowitsch Dostojewski&lt;br /&gt;
|traducteur=E. K. Rahsin&lt;br /&gt;
|éditeur=R. Piper &amp;amp; Co.&lt;br /&gt;
|année=1922&lt;br /&gt;
|tome=1&lt;br /&gt;
|page=VI}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme n’a pas le moindre point commun avec la liberté [...]. Sa liberté n’est que la liberté pour l’individu de devenir un homme moyen.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Die Deutschen&lt;br /&gt;
|traducteur=Alain de Benoist&lt;br /&gt;
|année d'origine=1904-1910&lt;br /&gt;
|éditeur=Bruns&lt;br /&gt;
|année=1904-1910&lt;br /&gt;
|volume=5&lt;br /&gt;
|page=33}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck 2|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Moeller van den Bruck, Arthur}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Georges_Sorel&amp;diff=46025</id>
		<title>Georges Sorel</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Georges_Sorel&amp;diff=46025"/>
		<updated>2026-05-11T21:19:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Georges Sorel|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les aventures du fascisme sont peut-être à l’heure actuelle le phénomène le plus original de l’Italie ; elles me semblent dépasser de beaucoup les combinaisons des politiciens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Georges Sorel, Lettre à Benedetto Croce, 26 août 1921&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''l’Église a plus profité des efforts qui tendaient à la séparer du monde que des alliances conclues entre les papes et les princes.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=La Décomposition du marxisme&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=461}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On considérera désormais toute union comme devant normalement se dissoudre le jour où les feux érotiques sont éteints ; on soupçonnera les unions durables de se maintenir seulement pour des raisons d’intérêt, en dépit de désaccords secrets ; on ne sera plus persuadé que '''la destinée de l’homme est d’ennoblir l’union sexuelle par le sacrifice des instincts à un devoir.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=376}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Cette transformation est surtout instructive quand on la rapproche des transformations produites par le capitalisme moderne. L’expérience paraît montrer que les abus de pouvoir commis au profit d’une aristocratie héréditaire sont, en général, moins dangereux pour le sentiment juridique d’un peuple que ne sont les abus provoqués par un régime ploutocratique ; il est absolument certain que rien n’est aussi propre à ruiner le respect du droit que le spectacle de méfaits commis, avec la complicité des tribunaux, par des aventuriers devenus assez riches pour pouvoir acheter les hommes d’État. L’effronterie des financiers américains constitue un idéal pour tous nos spéculateurs de Bourse ; l’orientation actuelle des classes riches est un sujet d’effroi pour les personnes qui croient à l’importance des sentiments juridiques. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=374}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Lors donc que beaucoup de nos plus fins et de nos plus aristocrates écrivains montrent tant de zèle pour vanter les bienfaits de l’enseignement populaire, il ne faut pas admirer leur amour pour les humbles, mais la grande perspicacité avec laquelle ils comprennent l’art de se créer une clientèle. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=292}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La démocratie ayant pour objet la disparition des sentiments de classe et le mélange de tous les citoyens dans une société qui renfermerait des forces capables de pousser chaque individu intelligent à un rang supérieur à celui qu’il occupait par sa naissance, elle aurait partie gagnée si les travailleurs les plus énergiques avaient pour idéal de ressembler aux bourgeois, étaient heureux de recevoir leurs leçons et demandaient aux gens en réputation de leur fournir des idées. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=292}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour nos démocrates, comme pour les beaux esprits cartésiens, le progrès ne consiste point dans l’accumulation de moyens techniques, ni même de connaissances scientifiques, mais dans l’ornement de l’esprit qui, débarrassé des préjugés, sûr de lui-même et confiant dans l’avenir, s’est fait une philosophie assurant le bonheur à tous les gens qui possèdent les moyens de vivre largement. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=258}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le progrès sera toujours un élément essentiel du grand courant qui ira jusqu’à la démocratie moderne, parce que la doctrine du progrès permet de jouir en toute tranquillité des biens d’aujourd’hui, sans se soucier des difficultés de demain.''' Elle avait plu à l’ancienne société de nobles désœuvrés ; elle plaira toujours aux politiciens que la démocratie hisse au pouvoir et qui, menacés d’une chute prochaine, veulent faire profiter leurs amis de tous les avantages que procure l’État. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=257}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La théorie du progrès a été reçue comme un dogme à l’époque où la bourgeoisie était la classe conquérante ; on devra donc la regarder comme étant une doctrine bourgeoise''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Les Illusions du progrès&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|section=Avant-propos (juillet 1908)&lt;br /&gt;
|page=235}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] les héroïques efforts des prolétaires russes méritent que l’histoire les récompense, en amenant le triomphe des institutions pour la défense desquelles tant de sacrifices sont consentis par les masses ouvrières et paysannes de Russie. L’histoire, suivant Renan, a récompensé les vertus quiritaires en donnant à Rome l’Empire méditerranéen ; en dépit des innombrables abus de la conquête, les légions accomplissaient ce qu’il nomme “l’œuvre de Dieu” ; si nous sommes reconnaissants aux soldats romains d’avoir remplacé des civilisations avortées, déviées ou impuissantes par une civilisation dont nous sommes encore les élèves pour le droit, la littérature et les monuments, combien l’avenir ne devra-t-il pas être reconnaissant aux soldats russes du socialisme ! De quel faible poids seront pour les historiens les critiques des rhéteurs que la démocratie charge de dénoncer les excès des ''bolcheviks'' ! De nouvelles Carthages ne doivent pas l’emporter sur ce qui est maintenant la Rome du prolétariat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et voici enfin ce que je me permets d’ajouter pour mon compte personnel : maudites soient les démocraties ploutocratiques qui affament la Russie ; je ne suis qu’un vieillard dont l’existence est à la merci de minimes accidents ; mais '''puissè-je, avant de descendre dans la tombe, voir humilier les orgueilleuses démocraties bourgeoises, aujourd’hui cyniquement triomphantes !''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|section=Appendice III Pour Lénine&lt;br /&gt;
|page=230}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est précisément lorsqu’ils n’eurent plus de patrie que les Juifs arrivèrent à donner à leur religion une existence définitive ; pendant le temps de l’indépendance nationale, ils avaient été trop portés à un syncrétisme odieux aux prophètes ; ils devinrent fanatiquement adorateurs de Iahvé quand ils furent soumis aux païens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|section=Appendice I Unité et multiplicité&lt;br /&gt;
|page=213}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''C’est à la violence que le socialisme doit les hautes valeurs morales par lesquelles il apporte le salut au monde moderne.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=196}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le sublime est mort dans la bourgeoisie et celle-ci est donc condamnée à ne plus avoir de morale.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=179}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La démocratie électorale ressemble beaucoup au monde de la Bourse''' ; dans un cas comme dans l’autre il faut opérer sur la naïveté des masses, acheter le concours de la grande presse, et ''aider le hasard'' par une infinité de ruses ; il n’y a pas grande différence entre un financier qui introduit sur le marché des affaires retentissantes qui sombreront dans quelques années, et le politicien qui promet à ses concitoyens une infinité de réformes qu’il ne sait comment faire aboutir et qui se traduiront seulement par un amoncellement de papiers parlementaires. Les uns et les autres n’entendent rien à la production et ils s’arrangent cependant pour s’imposer à elle, la mal diriger et l’exploiter sans la moindre vergogne : ils sont éblouis par les merveilles de l’industrie moderne et ils estiment, les uns et les autres, que le monde regorge assez de richesses pour qu’on puisse le voler largement, sans trop faire crier les producteurs ; tondre le contribuable sans qu’il se révolte, voilà tout l’art du grand homme d’État et du grand financier. Démocrates et gens d’affaires ont une science toute particulière pour faire approuver leurs filouteries par des assemblées délibérantes ; le régime parlementaire est aussi truqué que les réunions d’actionnaires. C’est probablement en raison des affinités psychologiques profondes résultant de ces manières d’opérer, que les uns et les autres s’entendent si parfaitement : '''la démocratie est le pays de Cocagne rêvé par les financiers sans scrupules'''. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=173-174}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les socialistes ont longtemps eu de grands préjugés contre la morale, en raison de ces institutions catholiques que de grands industriels établissaient chez eux ; il leur semblait que la morale n’était, dans notre société capitaliste, qu’un moyen d’assurer la docilité des travailleurs maintenus dans l’effroi que crée la superstition. La littérature dont raffole la bourgeoisie depuis longtemps décrit des mœurs si déraisonnables, ou même si scandaleuses, qu’il est difficile de croire que les classes riches puissent être sincères quand elles parlent de moraliser le peuple. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=172}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ces hommes étant engagés dans une guerre qui devait se terminer par leur triomphe ou par leur esclavage, le sentiment du sublime devait naître tout naturellement des conditions de la lutte. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=164}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le christianisme ''théorique'' n’a jamais été une religion appropriée aux gens du monde ; les docteurs de la vie spirituelle ont toujours raisonné sur des personnes qui peuvent se soustraire aux conditions de la vie commune.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=162}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Peu à peu la nouvelle économie a créé une nouvelle indulgence extraordinaire pour tous les délits de ruse dans les pays de haut capitalisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les pays où subsiste encore aujourd’hui l’ancienne économie familiale, parcimonieuse et ennemie de la spéculation, l’appréciation relative des actes de brutalité et des actes de ruse n’a pas suivi la même évolution qu’en Amérique, qu’en Angleterre, qu’en France ; c’est ainsi que l’Allemagne a conservé beaucoup d’usages de l’ancien temps et qu’elle ne ressent point la même horreur que nous pour les punitions brutales ; celles-ci ne lui semblent point, comme à nous, propres aux classes les plus dangereuses. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=149-150}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la force a pour objet d’imposer l’organisation d’un certain ordre social dans lequel une minorité gouverne, tandis que la violence tend à la destruction de cet ordre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=133}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les ''Intellectuels'' ne sont pas, comme on le dit souvent, les hommes qui pensent ; ce sont les gens qui ''font profession de penser'' et qui prélèvent un ''salaire aristocratique'' en raison de la noblesse de cette profession.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=126}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il faut juger les mythes comme des moyens d’agir sur le présent''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=97}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Aux yeux de la bourgeoisie contemporaine, tout est admirable qui écarte l’idée de violences. Nos bourgeois désirent mourir en paix ; — après eux le déluge.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=79}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous pouvons, par analogie, nous représenter ce qui résulterait d’une révolution donnant aujourd’hui le pouvoir à nos socialistes officiels : les institutions demeurant à peu près ce qu’elles sont aujourd’hui, toute l’idéologie bourgeoise serait conservée ; l’État bourgeois dominerait avec tous ses anciens abus ; la décadence économique s’accentuerait si elle était commencée. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=72}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Saluons les révolutionnaires comme les Grecs saluèrent les héros spartiates qui défendirent les Thermopyles et contribuèrent à maintenir la lumière dans le monde antique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=74}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Non seulement la violence prolétarienne peut assurer la révolution future, mais encore elle semble être le seul moyen dont disposent les nations européennes, abruties par l’humanitarisme, pour retrouver leur ancienne énergie.''' [...] La violence prolétarienne, exercée comme une manifestation pure et simple du sentiment de lutte de classe, apparaît ainsi comme une chose très belle et très héroïque ; elle est au service des intérêts primordiaux de la civilisation ; elle n’est peut-être pas la méthode la plus appropriée pour obtenir des avantages matériels immédiats, mais elle peut sauver le monde de la barbarie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=69-74}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''le rôle de la violence nous apparaît comme singulièrement grand dans l’histoire''' ; car elle peut opérer, d’une manière indirecte, sur les bourgeois, pour les rappeler au sentiment de leur classe. [Les violences] ne peuvent avoir de valeur historique '''que si elles sont l’''expression brutale et claire de la lutte de classe''''' : il ne faut pas que la bourgeoisie puisse s’imaginer qu’avec de l’habileté, de la science sociale ou de grands sentiments, elle pourrait trouver meilleur accueil auprès du prolétariat. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|page=68}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''On peut indéfiniment parler de révoltes sans provoquer jamais aucun mouvement révolutionnaire, tant qu’il n’y a pas de mythes acceptés par les masses''' ; [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|section=Lettre à Daniel Halévy (15 juillet 1907)&lt;br /&gt;
|page=31}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] toutes les perturbations révolutionnaires du XIXe siècle se sont terminées par un renforcement de l’État. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Réflexions sur la violence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1908&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250441&lt;br /&gt;
|section=Lettre à Daniel Halévy (15 juillet 1907)&lt;br /&gt;
|page=24}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On peut affirmer que la démocratie constitue un danger pour l’avenir du prolétariat, dès qu’elle occupe le premier rang dans les préoccupations ouvrières ; car la démocratie mêle les classes et par suite tend à faire considérer les ''idées de métier'' comme étant indignes d’occuper l’homme éclairé. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Introduction à l’économie moderne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1903&lt;br /&gt;
|éditeur=Kontre Kulture&lt;br /&gt;
|année=2015&lt;br /&gt;
|ISBN=9782367250328&lt;br /&gt;
|page=81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''De tous les gouvernements, le plus mauvais est celui où la richesse et les capacités se partagent le pouvoir. Les préjugés de la plupart de nos historiens contre la noblesse leur ont fait fermer les yeux sur les vices des constitutions ploutocratiques. Dans ce régime, l’orgueil de la race n’existe plus''' : il faut arriver et, une fois la timbale décrochée, peu de gens s’occupent des moyens employés. Le succès justifie tout ; pas une idée morale ; c’est l’idéal des Anglais. Le vice de ce gouvernement repose sur l’application du principe de l’échange : les hommes ne comptent pas ; il n’y a que des valeurs en présence. La prédominance des idées économiques a donc non seulement pour effet d’obscurcir la loi morale, mais aussi de corrompre les principes politiques. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Georges Sorel&lt;br /&gt;
|titre=Le Procès de Socrate&lt;br /&gt;
|année d'origine=1889&lt;br /&gt;
|éditeur=Félix Alcan&lt;br /&gt;
|année=1889&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Affiliation|https://kontrekulture.com/produit/textes-choisis-3-livres-de-sorel/&amp;amp;#63;asv&amp;amp;#61;7|https://cdn.kontrekulture.com/wp-content/uploads/20200626231212/textes-choisis-3-300x300.png}}&lt;br /&gt;
{{Affiliation|https://kontrekulture.com/produit/introduction-a-leconomie-moderne/&amp;amp;#63;asv&amp;amp;#61;7|https://cdn.kontrekulture.com/wp-content/uploads/20200626231218/introduction-a-l-economie-moderne-300x300.png}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Sorel, Georges}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Fichier:Milton_Friedman_3.jpg&amp;diff=46024</id>
		<title>Fichier:Milton Friedman 3.jpg</title>
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		<updated>2026-05-11T21:18:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46023</id>
		<title>Milton Friedman</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46023"/>
		<updated>2026-05-11T21:18:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Milton Friedman|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
“'''I believe it was a mistake for Europe to have adopted the euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''The euro was adopted for political reasons not economic ones.'''&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
:« '''Je crois que c’était une erreur pour l’Europe d’avoir adopté l’euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:'''L’euro a été adopté pour des raisons politiques et non pour des raisons économiques.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 3|}}&lt;br /&gt;
“Consider Social Security. The young have always contributed to the support of the old. Earlier, the young helped their own parents out of a sense of love and duty. They now contribute to the support of someone else’s parents out of compulsion and fear. The voluntary transfers strengthened the bonds of the family; the compulsory transfers weaken those bonds.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Bright Promises, Dismal Performance: An Economist’s Protest&lt;br /&gt;
|année d'origine=1983&lt;br /&gt;
|éditeur=Mariner Books&lt;br /&gt;
|collection=Harvest/HBJ Book&lt;br /&gt;
|année=1983&lt;br /&gt;
|ISBN=9780151141524&lt;br /&gt;
|page=98&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les jeunes ont toujours contribué au maintien des plus âgés. Avant, le jeune aidait ses propres parents par amour et devoir. Maintenant, il contribue à maintenir les parents d’autrui par obligation et peur. Le transfert volontaire renforçait les liens familiaux ; le transfert obligatoire affaiblit ces liens. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“A society that puts equality [...] ahead of freedom will end up with neither equality nor freedom.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] a society that puts freedom first will [...] end up with both greater freedom and great equality.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=148&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Une société qui place l’égalité [...] ''avant'' la liberté finira par n’avoir ni égalité ni liberté. [...] une société qui place la liberté avant toutes choses finira par obtenir, sans l’avoir cherché, davantage d’égalité en même temps que davantage de liberté. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The ''price system'' is the mechanism that performs this task without central direction, without requiring people ''to speak to one another or to like one another''. When you buy your pencil or your daily bread, you don't know whether the pencil was made or the wheat was grown by a white man or a black man, by a Chinese or an Indian. As a result, the price system enables people to cooperate peacefully in one phase of their life while each one goes about his own business in respect of everything else.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
:« Le système des prix est le mécanisme qui accomplit cette tâche sans direction centrale, sans exiger que les gens se parlent ou se plaisent. Quand vous achetez votre crayon ou votre pain quotidien, vous ne savez pas si le crayon a été fabriqué, ou si le blé a été semé, par un Blanc ou un Noir, un Chinois ou un Indien. En conséquence, le système des prix permet à des gens de coopérer pacifiquement pendant une phase de leur vie, tout en suivant chacun son chemin pour tout le reste. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout au long des siècles, les Juifs ont défendu la cause de la liberté individuelle dans l’activité économique contre l’opinion dominante de l’époque. L’individu ne devrait pas être entravé par des réglementations de toutes sortes. '''Je pense que la religion juive a les mêmes idées principales que le capitalisme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, « Le Capitalisme et les Juifs », Université de Chicago, 15 octobre 1978&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“I never characterize myself as a conservative economist. As I understand the English language, conservative means conserving, keeping things as they are. I don’t want to keep things as they are. The true conservatives today are the people who are in favor of ever bigger government. The people who call themselves liberals today — the New Dealers — they are the true conservatives, because they want to keep going on the same path we’re going on. I would like to dismantle that. I call myself a liberal in the true sense of liberal, in the sense in which it means of and pertaining to freedom.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“One of the great mistakes is to judge policies and programs by their intentions rather than their results.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
:« L’une des plus grandes erreurs possibles et de juger une politique ou des programmes sur leurs intentions et non sur leurs résultats. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman, entretien avec Richard Heffner, ''The Open Mind'', 7 décembre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le pouvoir concentré n’est pas moins dangereux parce que ceux qui le créent ont de bonnes intentions. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours des années 1920 et 1930, les intellectuels américains se persuadèrent dans leur immense majorité que le capitalisme était un système imparfait et contraire au bien-être économique, donc à la liberté. Ils mirent leurs espoirs dans un accroissement du contrôle exercé par les autorités politiques sur les affaires économiques. Cette conversion des intellectuel — s’il ne fait pas de doute qu’elle fut très accélérée par la création en Russie d’une société communiste et par les brillantes espérances que celle-ci fit naître — ne s’opéra pas par la référence à une société collectiviste existante. Elle découla plutôt de la comparaison entre l’état présent des affaires, avec toutes ses injustices et tous ses défauts, et leur état hypothétique. C’était comparer le réel à l’idéal. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=289}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cœur de la philosophie libérale, il y a la croyance dans la dignité de l’individu, dans sa liberté d’utiliser au maximum et selon ses propres lumières ses capacités et les occasions qui se présentent à lui, à cette seule condition qu’il ne compromette pas, ce faisant, la liberté qu’ont les autres individus de faire la même chose. Cela implique en un sens la croyance en l’égalité des hommes ; en un autre sens, dans leur inégalité. Chaque homme a un droit égal à la liberté. C’est précisément parce que les hommes sont différents — parce que tel homme voudra faire de sa liberté tout autre chose que tel autre et, par là même, pourra peut-être faire plus pour la société — que c'est un droit important et fondamental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un recours contre cette pauvreté — et le plus désirable à plus d’un titre — est la charité privée. Il vaut la peine de noter qu’entre le milieu et la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, l’apogée du laissez-faire vit une extraordinaire prolifération d’organisations et d’institutions charitables privées. '''L’un de coûts principaux de l’extension des activités sociales des pouvoirs publics a été le déclin correspondant des activités charitables privées.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nationalisation signifie que le gros des &amp;quot;experts&amp;quot;, soit deviennent des employés du système nationalisé soit sont des universitaires étroitement liés à ce système. Il est inévitable qu’ils en viennent à être favorables à son expansion, non pas, je m’empresse de l’ajouter, par un étroit intérêt personnel, mais parce qu’ils opèrent dans un cadre où ils prennent l’administration gouvernementale pour une chose acquise et qu’ils sont rompus à ses usages. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“To paraphrase Clemenceau, money is much too serious a matter to be left to the Central Bankers.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Pour parler à la manière de Clemenceau, la monnaie est une question trop sérieuse pour être confiée à des banquiers centraux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The existence of a free market does not of course eliminate the need for government. On the contrary, government is essential both as a forum for determining the &amp;quot;rule of the game&amp;quot; and as an umpire to interpret and enforce the rules decided on.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=15&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« L’existence d’un marché libre n’élimine évidemment pas le besoin d’un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les “règles du jeu” et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=43}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The great advances of civilization, whether in architecture or painting, in science or in literature, in industry or agriculture, have never come from centralized government.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=3&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les grands progrès de la civilisation — que ce soit en architecture ou en peinture, en sciences ou en littérature, dans l’industrie ou dans l’agriculture — n’ont jamais été le fait du centralisme. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=28}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 2|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Gary Becker|[[Milton Friedman]] et [[Gary Becker]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Friedrich Hayek|[[Milton Friedman]] et [[Friedrich Hayek]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|James Tobin, Milton Friedman, Franco Modigliani et Paul Samuelson|James Tobin, [[Milton Friedman]], Franco Modigliani et Paul Samuelson}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Friedman, Milton}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Milton Friedman</title>
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		<updated>2026-05-11T21:17:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Milton Friedman|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
“'''I believe it was a mistake for Europe to have adopted the euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''The euro was adopted for political reasons not economic ones.'''&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
:« '''Je crois que c’était une erreur pour l’Europe d’avoir adopté l’euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:'''L’euro a été adopté pour des raisons politiques et non pour des raisons économiques.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 2|}}&lt;br /&gt;
“Consider Social Security. The young have always contributed to the support of the old. Earlier, the young helped their own parents out of a sense of love and duty. They now contribute to the support of someone else’s parents out of compulsion and fear. The voluntary transfers strengthened the bonds of the family; the compulsory transfers weaken those bonds.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Bright Promises, Dismal Performance: An Economist’s Protest&lt;br /&gt;
|année d'origine=1983&lt;br /&gt;
|éditeur=Mariner Books&lt;br /&gt;
|collection=Harvest/HBJ Book&lt;br /&gt;
|année=1983&lt;br /&gt;
|ISBN=9780151141524&lt;br /&gt;
|page=98&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les jeunes ont toujours contribué au maintien des plus âgés. Avant, le jeune aidait ses propres parents par amour et devoir. Maintenant, il contribue à maintenir les parents d’autrui par obligation et peur. Le transfert volontaire renforçait les liens familiaux ; le transfert obligatoire affaiblit ces liens. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“A society that puts equality [...] ahead of freedom will end up with neither equality nor freedom.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] a society that puts freedom first will [...] end up with both greater freedom and great equality.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=148&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Une société qui place l’égalité [...] ''avant'' la liberté finira par n’avoir ni égalité ni liberté. [...] une société qui place la liberté avant toutes choses finira par obtenir, sans l’avoir cherché, davantage d’égalité en même temps que davantage de liberté. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The ''price system'' is the mechanism that performs this task without central direction, without requiring people ''to speak to one another or to like one another''. When you buy your pencil or your daily bread, you don't know whether the pencil was made or the wheat was grown by a white man or a black man, by a Chinese or an Indian. As a result, the price system enables people to cooperate peacefully in one phase of their life while each one goes about his own business in respect of everything else.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
:« Le système des prix est le mécanisme qui accomplit cette tâche sans direction centrale, sans exiger que les gens se parlent ou se plaisent. Quand vous achetez votre crayon ou votre pain quotidien, vous ne savez pas si le crayon a été fabriqué, ou si le blé a été semé, par un Blanc ou un Noir, un Chinois ou un Indien. En conséquence, le système des prix permet à des gens de coopérer pacifiquement pendant une phase de leur vie, tout en suivant chacun son chemin pour tout le reste. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout au long des siècles, les Juifs ont défendu la cause de la liberté individuelle dans l’activité économique contre l’opinion dominante de l’époque. L’individu ne devrait pas être entravé par des réglementations de toutes sortes. '''Je pense que la religion juive a les mêmes idées principales que le capitalisme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, « Le Capitalisme et les Juifs », Université de Chicago, 15 octobre 1978&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“I never characterize myself as a conservative economist. As I understand the English language, conservative means conserving, keeping things as they are. I don’t want to keep things as they are. The true conservatives today are the people who are in favor of ever bigger government. The people who call themselves liberals today — the New Dealers — they are the true conservatives, because they want to keep going on the same path we’re going on. I would like to dismantle that. I call myself a liberal in the true sense of liberal, in the sense in which it means of and pertaining to freedom.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“One of the great mistakes is to judge policies and programs by their intentions rather than their results.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
:« L’une des plus grandes erreurs possibles et de juger une politique ou des programmes sur leurs intentions et non sur leurs résultats. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman, entretien avec Richard Heffner, ''The Open Mind'', 7 décembre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le pouvoir concentré n’est pas moins dangereux parce que ceux qui le créent ont de bonnes intentions. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours des années 1920 et 1930, les intellectuels américains se persuadèrent dans leur immense majorité que le capitalisme était un système imparfait et contraire au bien-être économique, donc à la liberté. Ils mirent leurs espoirs dans un accroissement du contrôle exercé par les autorités politiques sur les affaires économiques. Cette conversion des intellectuel — s’il ne fait pas de doute qu’elle fut très accélérée par la création en Russie d’une société communiste et par les brillantes espérances que celle-ci fit naître — ne s’opéra pas par la référence à une société collectiviste existante. Elle découla plutôt de la comparaison entre l’état présent des affaires, avec toutes ses injustices et tous ses défauts, et leur état hypothétique. C’était comparer le réel à l’idéal. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=289}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cœur de la philosophie libérale, il y a la croyance dans la dignité de l’individu, dans sa liberté d’utiliser au maximum et selon ses propres lumières ses capacités et les occasions qui se présentent à lui, à cette seule condition qu’il ne compromette pas, ce faisant, la liberté qu’ont les autres individus de faire la même chose. Cela implique en un sens la croyance en l’égalité des hommes ; en un autre sens, dans leur inégalité. Chaque homme a un droit égal à la liberté. C’est précisément parce que les hommes sont différents — parce que tel homme voudra faire de sa liberté tout autre chose que tel autre et, par là même, pourra peut-être faire plus pour la société — que c'est un droit important et fondamental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un recours contre cette pauvreté — et le plus désirable à plus d’un titre — est la charité privée. Il vaut la peine de noter qu’entre le milieu et la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, l’apogée du laissez-faire vit une extraordinaire prolifération d’organisations et d’institutions charitables privées. '''L’un de coûts principaux de l’extension des activités sociales des pouvoirs publics a été le déclin correspondant des activités charitables privées.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nationalisation signifie que le gros des &amp;quot;experts&amp;quot;, soit deviennent des employés du système nationalisé soit sont des universitaires étroitement liés à ce système. Il est inévitable qu’ils en viennent à être favorables à son expansion, non pas, je m’empresse de l’ajouter, par un étroit intérêt personnel, mais parce qu’ils opèrent dans un cadre où ils prennent l’administration gouvernementale pour une chose acquise et qu’ils sont rompus à ses usages. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“To paraphrase Clemenceau, money is much too serious a matter to be left to the Central Bankers.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Pour parler à la manière de Clemenceau, la monnaie est une question trop sérieuse pour être confiée à des banquiers centraux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The existence of a free market does not of course eliminate the need for government. On the contrary, government is essential both as a forum for determining the &amp;quot;rule of the game&amp;quot; and as an umpire to interpret and enforce the rules decided on.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=15&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« L’existence d’un marché libre n’élimine évidemment pas le besoin d’un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les “règles du jeu” et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=43}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The great advances of civilization, whether in architecture or painting, in science or in literature, in industry or agriculture, have never come from centralized government.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=3&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les grands progrès de la civilisation — que ce soit en architecture ou en peinture, en sciences ou en littérature, dans l’industrie ou dans l’agriculture — n’ont jamais été le fait du centralisme. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=28}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 2|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Gary Becker|[[Milton Friedman]] et [[Gary Becker]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Friedrich Hayek|[[Milton Friedman]] et [[Friedrich Hayek]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|James Tobin, Milton Friedman, Franco Modigliani et Paul Samuelson|James Tobin, [[Milton Friedman]], Franco Modigliani et Paul Samuelson}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Friedman, Milton}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46021</id>
		<title>Milton Friedman</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46021"/>
		<updated>2026-05-11T20:58:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Milton Friedman|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
“'''I believe it was a mistake for Europe to have adopted the euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''The euro was adopted for political reasons not economic ones.'''&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
:« '''Je crois que c’était une erreur pour l’Europe d’avoir adopté l’euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:'''L’euro a été adopté pour des raisons politiques et non pour des raisons économiques.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Consider Social Security. The young have always contributed to the support of the old. Earlier, the young helped their own parents out of a sense of love and duty. They now contribute to the support of someone else’s parents out of compulsion and fear. The voluntary transfers strengthened the bonds of the family; the compulsory transfers weaken those bonds.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Bright Promises, Dismal Performance: An Economist’s Protest&lt;br /&gt;
|année d'origine=1983&lt;br /&gt;
|éditeur=Mariner Books&lt;br /&gt;
|collection=Harvest/HBJ Book&lt;br /&gt;
|année=1983&lt;br /&gt;
|ISBN=9780151141524&lt;br /&gt;
|page=98&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les jeunes ont toujours contribué au maintien des plus âgés. Avant, le jeune aidait ses propres parents par amour et devoir. Maintenant, il contribue à maintenir les parents d’autrui par obligation et peur. Le transfert volontaire renforçait les liens familiaux ; le transfert obligatoire affaiblit ces liens. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“A society that puts equality [...] ahead of freedom will end up with neither equality nor freedom.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] a society that puts freedom first will [...] end up with both greater freedom and great equality.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=148&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Une société qui place l’égalité [...] ''avant'' la liberté finira par n’avoir ni égalité ni liberté. [...] une société qui place la liberté avant toutes choses finira par obtenir, sans l’avoir cherché, davantage d’égalité en même temps que davantage de liberté. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The ''price system'' is the mechanism that performs this task without central direction, without requiring people ''to speak to one another or to like one another''. When you buy your pencil or your daily bread, you don't know whether the pencil was made or the wheat was grown by a white man or a black man, by a Chinese or an Indian. As a result, the price system enables people to cooperate peacefully in one phase of their life while each one goes about his own business in respect of everything else.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
:« Le système des prix est le mécanisme qui accomplit cette tâche sans direction centrale, sans exiger que les gens se parlent ou se plaisent. Quand vous achetez votre crayon ou votre pain quotidien, vous ne savez pas si le crayon a été fabriqué, ou si le blé a été semé, par un Blanc ou un Noir, un Chinois ou un Indien. En conséquence, le système des prix permet à des gens de coopérer pacifiquement pendant une phase de leur vie, tout en suivant chacun son chemin pour tout le reste. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout au long des siècles, les Juifs ont défendu la cause de la liberté individuelle dans l’activité économique contre l’opinion dominante de l’époque. L’individu ne devrait pas être entravé par des réglementations de toutes sortes. '''Je pense que la religion juive a les mêmes idées principales que le capitalisme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, « Le Capitalisme et les Juifs », Université de Chicago, 15 octobre 1978&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“I never characterize myself as a conservative economist. As I understand the English language, conservative means conserving, keeping things as they are. I don’t want to keep things as they are. The true conservatives today are the people who are in favor of ever bigger government. The people who call themselves liberals today — the New Dealers — they are the true conservatives, because they want to keep going on the same path we’re going on. I would like to dismantle that. I call myself a liberal in the true sense of liberal, in the sense in which it means of and pertaining to freedom.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“One of the great mistakes is to judge policies and programs by their intentions rather than their results.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
:« L’une des plus grandes erreurs possibles et de juger une politique ou des programmes sur leurs intentions et non sur leurs résultats. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman, entretien avec Richard Heffner, ''The Open Mind'', 7 décembre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le pouvoir concentré n’est pas moins dangereux parce que ceux qui le créent ont de bonnes intentions. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours des années 1920 et 1930, les intellectuels américains se persuadèrent dans leur immense majorité que le capitalisme était un système imparfait et contraire au bien-être économique, donc à la liberté. Ils mirent leurs espoirs dans un accroissement du contrôle exercé par les autorités politiques sur les affaires économiques. Cette conversion des intellectuel — s’il ne fait pas de doute qu’elle fut très accélérée par la création en Russie d’une société communiste et par les brillantes espérances que celle-ci fit naître — ne s’opéra pas par la référence à une société collectiviste existante. Elle découla plutôt de la comparaison entre l’état présent des affaires, avec toutes ses injustices et tous ses défauts, et leur état hypothétique. C’était comparer le réel à l’idéal. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=289}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cœur de la philosophie libérale, il y a la croyance dans la dignité de l’individu, dans sa liberté d’utiliser au maximum et selon ses propres lumières ses capacités et les occasions qui se présentent à lui, à cette seule condition qu’il ne compromette pas, ce faisant, la liberté qu’ont les autres individus de faire la même chose. Cela implique en un sens la croyance en l’égalité des hommes ; en un autre sens, dans leur inégalité. Chaque homme a un droit égal à la liberté. C’est précisément parce que les hommes sont différents — parce que tel homme voudra faire de sa liberté tout autre chose que tel autre et, par là même, pourra peut-être faire plus pour la société — que c'est un droit important et fondamental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un recours contre cette pauvreté — et le plus désirable à plus d’un titre — est la charité privée. Il vaut la peine de noter qu’entre le milieu et la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, l’apogée du laissez-faire vit une extraordinaire prolifération d’organisations et d’institutions charitables privées. '''L’un de coûts principaux de l’extension des activités sociales des pouvoirs publics a été le déclin correspondant des activités charitables privées.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nationalisation signifie que le gros des &amp;quot;experts&amp;quot;, soit deviennent des employés du système nationalisé soit sont des universitaires étroitement liés à ce système. Il est inévitable qu’ils en viennent à être favorables à son expansion, non pas, je m’empresse de l’ajouter, par un étroit intérêt personnel, mais parce qu’ils opèrent dans un cadre où ils prennent l’administration gouvernementale pour une chose acquise et qu’ils sont rompus à ses usages. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“To paraphrase Clemenceau, money is much too serious a matter to be left to the Central Bankers.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Pour parler à la manière de Clemenceau, la monnaie est une question trop sérieuse pour être confiée à des banquiers centraux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The existence of a free market does not of course eliminate the need for government. On the contrary, government is essential both as a forum for determining the &amp;quot;rule of the game&amp;quot; and as an umpire to interpret and enforce the rules decided on.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=15&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« L’existence d’un marché libre n’élimine évidemment pas le besoin d’un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les “règles du jeu” et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=43}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The great advances of civilization, whether in architecture or painting, in science or in literature, in industry or agriculture, have never come from centralized government.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=3&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les grands progrès de la civilisation — que ce soit en architecture ou en peinture, en sciences ou en littérature, dans l’industrie ou dans l’agriculture — n’ont jamais été le fait du centralisme. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=28}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 2|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Gary Becker|[[Milton Friedman]] et [[Gary Becker]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Friedrich Hayek|[[Milton Friedman]] et [[Friedrich Hayek]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|James Tobin, Milton Friedman, Franco Modigliani et Paul Samuelson|James Tobin, [[Milton Friedman]], Franco Modigliani et Paul Samuelson}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Friedman, Milton}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46020</id>
		<title>Milton Friedman</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Milton_Friedman&amp;diff=46020"/>
		<updated>2026-05-11T20:57:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Milton Friedman|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
“'''I believe it was a mistake for Europe to have adopted the euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''The euro was adopted for political reasons not economic ones.'''&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
:« '''Je crois que c’était une erreur pour l’Europe d’avoir adopté l’euro.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’euro a été adopté pour des raisons politiques et non pour des raisons économiques.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Milton Friedman Assesses the Monetarist Legacy and the Recent Performance of Central Banks&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Pringle&lt;br /&gt;
|publication=Central Banking&lt;br /&gt;
|volume=XIII&lt;br /&gt;
|date=août 2002}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Consider Social Security. The young have always contributed to the support of the old. Earlier, the young helped their own parents out of a sense of love and duty. They now contribute to the support of someone else’s parents out of compulsion and fear. The voluntary transfers strengthened the bonds of the family; the compulsory transfers weaken those bonds.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Bright Promises, Dismal Performance: An Economist’s Protest&lt;br /&gt;
|année d'origine=1983&lt;br /&gt;
|éditeur=Mariner Books&lt;br /&gt;
|collection=Harvest/HBJ Book&lt;br /&gt;
|année=1983&lt;br /&gt;
|ISBN=9780151141524&lt;br /&gt;
|page=98&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les jeunes ont toujours contribué au maintien des plus âgés. Avant, le jeune aidait ses propres parents par amour et devoir. Maintenant, il contribue à maintenir les parents d’autrui par obligation et peur. Le transfert volontaire renforçait les liens familiaux ; le transfert obligatoire affaiblit ces liens. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“A society that puts equality [...] ahead of freedom will end up with neither equality nor freedom.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] a society that puts freedom first will [...] end up with both greater freedom and great equality.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=148&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Une société qui place l’égalité [...] ''avant'' la liberté finira par n’avoir ni égalité ni liberté. [...] une société qui place la liberté avant toutes choses finira par obtenir, sans l’avoir cherché, davantage d’égalité en même temps que davantage de liberté. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The ''price system'' is the mechanism that performs this task without central direction, without requiring people ''to speak to one another or to like one another''. When you buy your pencil or your daily bread, you don't know whether the pencil was made or the wheat was grown by a white man or a black man, by a Chinese or an Indian. As a result, the price system enables people to cooperate peacefully in one phase of their life while each one goes about his own business in respect of everything else.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Free to Choose&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin Harcourt&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|ISBN=9780156334600&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
:« Le système des prix est le mécanisme qui accomplit cette tâche sans direction centrale, sans exiger que les gens se parlent ou se plaisent. Quand vous achetez votre crayon ou votre pain quotidien, vous ne savez pas si le crayon a été fabriqué, ou si le blé a été semé, par un Blanc ou un Noir, un Chinois ou un Indien. En conséquence, le système des prix permet à des gens de coopérer pacifiquement pendant une phase de leur vie, tout en suivant chacun son chemin pour tout le reste. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman et Rose Friedman&lt;br /&gt;
|titre=La Liberté du choix&lt;br /&gt;
|année d'origine=1980&lt;br /&gt;
|traducteur=Guy Casaril&lt;br /&gt;
|éditeur=Belfond&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|ISBN=9782714413437&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout au long des siècles, les Juifs ont défendu la cause de la liberté individuelle dans l’activité économique contre l’opinion dominante de l’époque. L’individu ne devrait pas être entravé par des réglementations de toutes sortes. '''Je pense que la religion juive a les mêmes idées principales que le capitalisme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, « Le Capitalisme et les Juifs », Université de Chicago, 15 octobre 1978&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“I never characterize myself as a conservative economist. As I understand the English language, conservative means conserving, keeping things as they are. I don’t want to keep things as they are. The true conservatives today are the people who are in favor of ever bigger government. The people who call themselves liberals today — the New Dealers — they are the true conservatives, because they want to keep going on the same path we’re going on. I would like to dismantle that. I call myself a liberal in the true sense of liberal, in the sense in which it means of and pertaining to freedom.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“One of the great mistakes is to judge policies and programs by their intentions rather than their results.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Milton Friedman, interview with Richard Heffner, ''The Open Mind'', December 7, 1975&lt;br /&gt;
:« L’une des plus grandes erreurs possibles et de juger une politique ou des programmes sur leurs intentions et non sur leurs résultats. »&lt;br /&gt;
:— Milton Friedman, entretien avec Richard Heffner, ''The Open Mind'', 7 décembre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le pouvoir concentré n’est pas moins dangereux parce que ceux qui le créent ont de bonnes intentions. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cours des années 1920 et 1930, les intellectuels américains se persuadèrent dans leur immense majorité que le capitalisme était un système imparfait et contraire au bien-être économique, donc à la liberté. Ils mirent leurs espoirs dans un accroissement du contrôle exercé par les autorités politiques sur les affaires économiques. Cette conversion des intellectuel — s’il ne fait pas de doute qu’elle fut très accélérée par la création en Russie d’une société communiste et par les brillantes espérances que celle-ci fit naître — ne s’opéra pas par la référence à une société collectiviste existante. Elle découla plutôt de la comparaison entre l’état présent des affaires, avec toutes ses injustices et tous ses défauts, et leur état hypothétique. C’était comparer le réel à l’idéal. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=289}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au cœur de la philosophie libérale, il y a la croyance dans la dignité de l’individu, dans sa liberté d’utiliser au maximum et selon ses propres lumières ses capacités et les occasions qui se présentent à lui, à cette seule condition qu’il ne compromette pas, ce faisant, la liberté qu’ont les autres individus de faire la même chose. Cela implique en un sens la croyance en l’égalité des hommes ; en un autre sens, dans leur inégalité. Chaque homme a un droit égal à la liberté. C’est précisément parce que les hommes sont différents — parce que tel homme voudra faire de sa liberté tout autre chose que tel autre et, par là même, pourra peut-être faire plus pour la société — que c'est un droit important et fondamental. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
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|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=287}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un recours contre cette pauvreté — et le plus désirable à plus d’un titre — est la charité privée. Il vaut la peine de noter qu’entre le milieu et la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, l’apogée du laissez-faire vit une extraordinaire prolifération d’organisations et d’institutions charitables privées. '''L’un de coûts principaux de l’extension des activités sociales des pouvoirs publics a été le déclin correspondant des activités charitables privées.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=281}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nationalisation signifie que le gros des &amp;quot;experts&amp;quot;, soit deviennent des employés du système nationalisé soit sont des universitaires étroitement liés à ce système. Il est inévitable qu’ils en viennent à être favorables à son expansion, non pas, je m’empresse de l’ajouter, par un étroit intérêt personnel, mais parce qu’ils opèrent dans un cadre où ils prennent l’administration gouvernementale pour une chose acquise et qu’ils sont rompus à ses usages. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=274}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“To paraphrase Clemenceau, money is much too serious a matter to be left to the Central Bankers.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Pour parler à la manière de Clemenceau, la monnaie est une question trop sérieuse pour être confiée à des banquiers centraux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The existence of a free market does not of course eliminate the need for government. On the contrary, government is essential both as a forum for determining the &amp;quot;rule of the game&amp;quot; and as an umpire to interpret and enforce the rules decided on.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=15&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« L’existence d’un marché libre n’élimine évidemment pas le besoin d’un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les “règles du jeu” et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=43}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The great advances of civilization, whether in architecture or painting, in science or in literature, in industry or agriculture, have never come from centralized government.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalism and Freedom&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226264219&lt;br /&gt;
|page=3&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Les grands progrès de la civilisation — que ce soit en architecture ou en peinture, en sciences ou en littérature, dans l’industrie ou dans l’agriculture — n’ont jamais été le fait du centralisme. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Milton Friedman&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme et Liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|traducteur=A. M. Charno&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Champs Essais&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782081358850&lt;br /&gt;
|page=28}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman 2|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Gary Becker|[[Milton Friedman]] et [[Gary Becker]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|Milton Friedman et Friedrich Hayek|[[Milton Friedman]] et [[Friedrich Hayek]]}}&lt;br /&gt;
{{Center|James Tobin, Milton Friedman, Franco Modigliani et Paul Samuelson|James Tobin, [[Milton Friedman]], Franco Modigliani et Paul Samuelson}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Friedman, Milton}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Discussion:Ernst_Niekisch&amp;diff=46019</id>
		<title>Discussion:Ernst Niekisch</title>
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		<updated>2026-05-11T15:58:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« La Russie n’a pas besoin de nous pour une alliance temporaire, mais pour une alliance éternelle [...]. C’est à ces deux grands peuples, le russe et le nôtre [l’allemand], qu’il appartient de changer la face du monde. »&lt;br /&gt;
*La source de cette citation dans l'article redirige vers la préface de l'ouvrage « Hitler, une fatalité allemande et Autres écrits nationaux-bolcheviks » d'Ernst Niekisch (préfacé par Alain de Benoist) mais ne s'y trouve pas. Peut-être une source dans « Auffassung Dostojewskis im Vorkriegsdeutschland », III, 3, 1934, p. 343-382 de Leo Löwenthal.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Discussion:Ernst Niekisch</title>
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		<updated>2026-05-11T15:58:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« La Russie n’a pas besoin de nous pour une alliance temporaire, mais pour une alliance éternelle [...]. C’est à ces deux grands peuples, le russe et le nôtre [l’allemand], qu’il appartient de changer la face du monde. »&lt;br /&gt;
*La source de cette citation dans l'article redirige vers la préface de l'ouvrage « Hitler, une fatalité allemande et Autres écrits nationaux-bolcheviks » d'Ernst Niekisch (préfacé par Alain de Benoist) mais ne s'y trouve pas&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être une source dans « Auffassung Dostojewskis im Vorkriegsdeutschland », III, 3, 1934, p. 343-382 de Leo Löwenthal&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-05-11T15:43:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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		<title>Rainer Maria Rilke</title>
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		<updated>2026-05-11T15:38:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : Page créée avec « {{Image|Rainer Maria Rilke|}} == Citations ==  « '''L’homme russe m’a montré à travers tant et tant d’exemples comment même un servage et une épreuve minant... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Rainer Maria Rilke|}}&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’homme russe m’a montré à travers tant et tant d’exemples comment même un servage et une épreuve minant constamment toutes les forces de résistance n’aboutissaient pas inéluctablement à la ruine de l’âme.''' Il se trouve là, pour l’âme slave, un état de soumission si parfait que, même dans sa pression la plus pesante, il crée un jeu, un emplacement libre secret, une quatrième dimension de son être dans laquelle, même dans des circonstances si affligeantes qu’elles soient, commence pour elle une nouvelle liberté infinie et véritablement indépendante. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Rainer Maria Rilke, Lettre à Casar von Sedlakowitz, trad. Alain de Benoist, novembre 1920&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Rentrer en soi-même et, des heures durant, ne rencontrer personne — voilà ce qu’il faut pouvoir atteindre.''' Être solitaire comme, enfant, on était solitaire quand les adultes allaient et venaient, tressés à des choses qui semblaient importantes et grandes parce que les grands avaient l’air si affairé, et qu’on ne comprenait rien à ce qu’il faisaient. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si un jour on se rend compte que leurs occupations sont mesquines, leurs professions sclérosées, et qu’elles n’ont plus de lien avec la vie, pourquoi alors ne pas continuer, tel un enfant, à les regarder comme une chose étrangère depuis la profondeur du monde propre, depuis la vaste solitude propre qui est par elle-même travail, et grade, et profession ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Rainer Maria Rilke&lt;br /&gt;
|titre=Lettres à un jeune poète&lt;br /&gt;
|année d'origine=1903&lt;br /&gt;
|traducteur=Hans Hartje et Claude Mouchard&lt;br /&gt;
|éditeur=Le Livre de Poche&lt;br /&gt;
|collection=Littérature &amp;amp; Documents&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|ISBN=9782253055396&lt;br /&gt;
|page=56}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Rilke, Rainer Maria}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Citations&amp;diff=46015</id>
		<title>Citations</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Citations&amp;diff=46015"/>
		<updated>2026-05-11T15:37:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« Le contrôle des médias qui façonnent l’opinion est quasi monolithique. Tous les médias sous contrôle — télévision, radio, journaux, magazines, livres, films — parlent d’une seule et même voix, chacun renforçant l’autre. En dépit d’une variété apparente, il n’existe pas de réelle divergence de vues, pas de source alternative pour des faits ou des idées accessible à la grande masse des gens et qui pourrait leur permettre de se forger des opinions en conflit avec celles des maîtres des médias. On leur présente une seule et unique conception du monde — un monde dans lequel toutes les voix proclament l’égalité des races, la nature infaillible du récit juif de l’“Holocauste”, la méchanceté qu’il y a à essayer de contenir le flot d’étrangers non blancs qui se déverse à travers nos frontières, le danger qu’il y a à permettre aux citoyens de détenir et de porter des armes, l’équivalence morale de toutes les orientations sexuelles, et les attraits d’une société “pluraliste” et cosmopolite plutôt qu’une société homogène et blanche. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=William Luther Pierce&lt;br /&gt;
|titre=Fierté blanche&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=Akribeia&lt;br /&gt;
|année=&lt;br /&gt;
|section=Qui dirige l’amérique ?&lt;br /&gt;
|page=172-173}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Anatole France, ''L’Humanité'', 18 juillet 1922&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous devenons les colonies de sa vie, de son mode de vie, les esclaves d’une idée qui nous est, à nous Européens, profondément étrangère : la mécanisation de l’existence. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=24}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''l’arôme délicat de ce que les cultures ont de singulier se volatilise de plus en plus, les couleurs s’estompent avec une rapidité sans précédent et, sous la couche de vernis craquelé, affleure le piston  couleur acier de l’activité mécanique, la machine du monde moderne.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=8-9}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] une impression tenace s’est imprimée dans mon esprit : une horreur silencieuse devant la monotonie du monde. Les modes de vie finissent par se ressembler, à tous se conformer à un schéma culturel homogène.  Les coutumes propres à chaque peuple disparaissent, les costumes s’uniformisent, les mœurs prennent un caractère de plus en plus  international. Les pays semblent, pour ainsi dire, ne plus se distinguer les uns des autres, les hommes s’activent et vivent selon un modèle unique, tandis que les villes paraissent toutes identiques. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stefan Zweig&lt;br /&gt;
|titre=L’Uniformisation du monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1er février 1925&lt;br /&gt;
|traducteur=Francis Douville Vigeant&lt;br /&gt;
|éditeur=Allia&lt;br /&gt;
|année=2025&lt;br /&gt;
|section=Berliner Börsen-Courier &lt;br /&gt;
|page=7-8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La race blanche est le cancer de l’Histoire humaine.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Susan Sontag, ''Partisan Review'', hiver 1967, p. 57&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il ne s’agit pas de dépasser l’Occident dans la direction que lui-même a indiquée, mais de proposer de nouvelles règles de jeu et de nouvelles priorités civilisationnelles. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses rapport avec l’Occident, la Russie doit mener une politique eurasiste, en soulignant par tous les moyens son originalité civilisationnelle et en se défendant à l’aide de formes spéciales de filtres socio-culturels, transparents pour l’information touchant aux moyens technique (au sens large, incluant l’ingénierie sociale), mais opaques ou semi-opaques pour l’informations capable d’influer directement sur la sphère axiologique, sur le système de morale et de valeurs. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexandre Panarine, ''La Russie dans le processus civilisationnel (entre l’atlantisme et l’eurasisme)'' (1994)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe est notre maison commune »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mikhaïl Gorbatchev&lt;br /&gt;
|titre=Perestroïka : vues neuves sur notre pays et le monde&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean Bonnefoy et William Desmond&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1987&lt;br /&gt;
|page=286}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les réformes de Pierre [le Grand] n’ont toujours pas atteint leur but. Nous sommes devenus des Européens, mais nous sommes restés nous-mêmes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Boris Eltsine&lt;br /&gt;
|titre=Sur le fil du rasoir : Mémoires&lt;br /&gt;
|année d'origine=1994&lt;br /&gt;
|traducteur=Bernadette du Crest&lt;br /&gt;
|éditeur=Albin Michel&lt;br /&gt;
|année=1994&lt;br /&gt;
|page=243}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ''la Russie n’est ni en Europe ni en Asie (elle est en Russie)'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Malraux, ''Les Conquérants'' (1928, postface de 1948)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La civilisation européenne cause ainsi une inimaginable dévastation de l’âme des peuples européanisés ; elle les rend stériles du point de vue spirituel et indifférents et cyniques du point de vue moral. L’avidité démesuré pour les biens terrestres et l’arrogance pécheresse sont des attributs inévitables de cette civilisation. Elle avance inexorablement vers une nouvelle Tour de Babel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La tour de Babel et la confusion des langues&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=123-124}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’européanisation est donc un mal absolu pour tout peuple non romano-germanique [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la culture qui doit, selon les cosmopolites, dominer le monde et éliminer toutes les autres, est bien celle de la même entité ethnographico-anthropologique que celle dont la suprématie est le but du chauvin. Il n’y a ici aucune différence de principe. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Troubetskoï&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|titre=N.S. Troubetzkoy : L’Europe et l’humanité&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1920&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Sériot&lt;br /&gt;
|éditeur=Mardaga&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782804721091&lt;br /&gt;
|page=48}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans la panoplie des moyens tactiques utilisés par la réaction impérialiste, la propagande du cosmopolitisme bourgeois occupe une place de premier plan. Sous la bannière du cosmopolitisme, l’impérialisme américain s’efforce par tous les moyens d’établir sa domination mondiale. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cosmopolitisme a atteint son plus grand développement sous le capitalisme, en tant qu’enveloppe idéologique masquant la politique de la bourgeoisie dirigée vers la conquête de territoires étrangers, de nouvelles colonies et marchés. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gueorgui Frantsov, « Le cosmopolitisme est l’arme idéologique des réactionnaires américains », ''Pravda'', 7 avril 1949, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révolution « est nôtre, authentiquement russe, elle est tout entière dans notre psychologie, dans notre passé, et rien de comparable ne peut exister et n’existera en Occident, même s’il s’y produisait une révolution sociale, en apparence copiée sur la nôtre. Et même s’il se trouve mathématiquement prouvé que quatre vingt-dix pour cent des révolutionnaires sont des allogènes, principalement des Juifs, ce qu’on tente parfois de démontrer maintenant avec un succès relatif, cel ne dément nullement le caractère purement russe du mouvement. Si des mains “étrangères” s’y appliquent, son âme, ses “tripes” sont, qu’on le veuille ou non, foncièrement russes, elles sont celles de l’intelligentsia, réfractées à travers le psychisme du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce ne sont pas des allogènes révolutionnaires qui dirigent la révolution russe, mais c’est la révolution russe qui dirige les allogènes révolutionnaires qui communient extérieurement ou intérieurement avec “l’âme russe” dans son état actuel... »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nikolaï Oustrialov&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Patriotica&lt;br /&gt;
|titre=Changement de Jalons&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1921&lt;br /&gt;
|année d'origine=2005&lt;br /&gt;
|traducteur=Yves-Marie Cosson&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|page=70}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« De même que des vaccinations préventives protègent des épidémies (varioles, diphtérie, choléra) ou les atténuent, de même la Russie, qui était socialement le pays le plus sain des pays européens, accomplit en ce moment un exploit sacrificiel en prenant sur elle la maladie exemplaire de la révolution sociale afin, une fois guérie, de développer une immunité et de prévenir la crise mortelle de cette maladie en Europe. Cette crise, vraisemblablement, éclatera très vite en Europe, elle sera terrible, mais grâce à la Russie, la culture européenne réussira peut-être à la traverser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’est produit avec la Russie ce qui s’est produit avec les saints catholiques, qui vivaient la passion du Christ avec une telle plénitude de fois qu’ils étaient jugés dignes de recevoir les stigmates de la crucifixion sur leurs mains et leurs pieds. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vérité, toute la Russie est un Buisson ardent qui brûle sans se consumer à travers tous les siècles de son martyre historique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maximilian Volochine, ''La Russie crucifiée'' (17 mai 1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les travailleurs ont une patrie''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— ''Pravda'', 7 août 1934&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Que cela vous plaise ou non, l’histoire est de notre côté. '''Nous vous enterrerons.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Phrase prononcée devant des diplomates américains à l’ambassade de Pologne à Moscou&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikita Khrouchtchev, Moscou, 18 novembre 1956&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''Au fond de l’âme, nous méprisons l’Occident,'''&lt;br /&gt;
'''Mais en quête de dieux, nous lui chipons'''&lt;br /&gt;
'''Ses Hegel et ses Marx [...]'''&lt;br /&gt;
'''Pour décapiter nos propres dieux. [...]'''&lt;br /&gt;
Tout Russe recuit dans le chaudron&lt;br /&gt;
Du système russe, est un homme&lt;br /&gt;
À côté de n’importe quel Européen »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maximilian Volochine, « Russie », 6 février 1924, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tôt ou tard se produira un choc entre l’Europe et la révolution russe, non pas entre tel ou tel peuple européen, mais bien entre l’Europe entière et la révolution — ou l’anarchie russe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les événements de notre révolution sont connus en Europe jusqu’aux plus petits détails, mais leur sens intime échappe. L’Europe voit le corps, elle ne voit pas l’âme de la révolution russe. Cette âme, l’âme du peuple russe, demeure une éternelle énigme pour l’Europe. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la littérature russe, surtout dans ses deux principales sommités, Tolstoï et Dostoiewsky, ce principe fondamental de l’âme russe, la volonté mystique, vous avait été en partie révélé, mais seulement en partie. Pour le comprendre entièrement c’est peu de nous lire, il faut nous vivre. Cela est difficile et redoutable, je le répète, plus redoutable que vous ne pensez. Nous sommes votre danger, votre plaie, l’aiguillon de Satan ou de Dieu enfoncé dans votre chair. Nous vous ferons souffrir ; mais en fin de compte pour votre plus grand bien, car nous nous sommes nécessaires l’un à l’autre comme la main gauche à la main droite. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révolution russe n’est pas seulement politique, elle est religieuse. Voilà ce que comprend très difficilement l’Europe, pour qui la religion est depuis longtemps chose politique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Dimitri Merejkovski, Zinaïda Hippius et Dimitri Philosophoff&lt;br /&gt;
|titre=Le Tsar et la Révolution&lt;br /&gt;
|année d'origine=1907&lt;br /&gt;
|traducteur=&lt;br /&gt;
|éditeur=Mercure de France&lt;br /&gt;
|année=1907&lt;br /&gt;
|page=10-11}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le coup porté au christianisme par la prise de Constantinople a eu apparemment pour conséquence que l’Occident a renié le christianisme, dans ses hautes couches et même dans sa pensée''', ce qui s’est manifesté par une modification du mode de vie, qui est devenue urbain par excellence ; chutant de plus en plus bas, l’Occident s’est mis à prêcher en guise de lumières un obscurantisme et un fatalisme absolus, car on ne saurait s’appeler lumières la reconnaissance ou la conscience de la nature comme matière aveugle, et soi-même comme partie de cette matière, son fruit involontaire, si cette conscience ne conduit pas a donner à cette force aveugle une direction en accord avec la raison et avec un sentiment de parenté filiale ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Fiodorov, ''De la fraternité, ou de la parenté et des causes de l’état non fraternel et non familial, c’est-à-dire non pacifique du monde, et des moyens de rétablir la parenté'' (1906), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe tient la Russie pour son ennemi ; mais dès que cet ennemi, ces Touraniens imaginaires (du reste, nous ne méprisons pas cette parenté) périront, l’Europe verra chez elle de véritables Touraniens. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Fiodorov, ''De la fraternité, ou de la parenté et des causes de l’état non fraternel et non familial, c’est-à-dire non pacifique du monde, et des moyens de rétablir la parenté'' (1906), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous, Russes, nous avons deux âmes : l’une, du mongol nomade, rêveur, mystique, paresseux, qui est persuadé que “le Destin est le juge de toutes choses”, que “tu es sur la terre, mais que le Destin est au-dessus de toi”, que “ tu n’iras pas contre le Destin” ; et à côté de cette âme impuissante vit l’âme du Slave, qui peut lancer des flammes belles et claires, mais qui ne brûle pas longtemps, qui s’éteint vite, et a peu de force pour se défendre contre les poisons qui circulent en elle et qui paralysent ses forces. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maxime Gorki, « Deux âmes », ''Letopis'', décembre 1915, trad. André Pierre et Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''notre peuple, malgré son ignorance, est beaucoup plus près du socialisme que les peuples de l’Ouest, pourtant plus instruits que lui.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tkatchev, Lettre à [[Friedrich Engels]], 1874&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque dollar émis au-delà de la quantité d’or et d’argent de nos chambres fortes a une valeur nulle et représente une tromperie dont quelqu’un fait les frais.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=John Adams&lt;br /&gt;
|titre=Écrits politiques et philosophiques&lt;br /&gt;
|année d'origine=&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Goffinon&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses universitaires de Caen&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Tôt ou tard, que nous le voulions ou non, la lutte avec l’Europe (ou du moins avec sa majeure partie) est inévitable du fait de la question d’Orient, c’est-à-dire de la liberté et de l’indépendance des Slaves, de la possession de Constantinople''' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Danilevski, ''La Russie et l’Europe'' (1869), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À cette maladie, qui a infecté la Russie voilà déjà un siècle et demi en s’étendant et en s’enracinant de plus en plus et qui n’a que récemment montré quelques signes de rémission, conviendrait le mieux, me semble-t-il, le nom de ''prétention à l’européanisation'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Danilevski, ''La Russie et l’Europe'' (1869), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’influence de l’Europe nous détache constamment de notre sol. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Strakhov, ''La lutte contre l'occident dans notre littérature'' (1882)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous avons la campagne, qui a presque disparu en Occident, et que c’est dans notre campagne que se trouve le gage de notre force, le germe de notre développement organique original. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Ignorance des fondements de la vie russe par nos réformateurs », ''Den'', 13 mars 1865, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Oui, c’est à Moscou, à Moscou que toute la Russie appelle maintenant sont tsar... Il est temps de rentrer à la maison ! Il est temps d’en finir avec la période pétersbourgeoise de l’histoire russe, avec toutes ces traditions sanglantes de révolutions de palais, de trahisons, de sédition des XVIIIe et XIXe siècles ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Pétersbourg et Moscou », ''Den'', 29 septembre 1862, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il incombe à Moscou la haute tâche de reconquérir par la pensée et la conscience ce que la vie a perdu et de ranimer l’esprit national russe dans la société coupée du peuple. Il suffit de dire que Moscou et la Russie profonde sont une même chose, vivent d’une même vie, battent d’un même cœur, et cela suffit à définir la signification de Moscou et son rapport à Pétersbourg. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Aksakov, « Pétersbourg et Moscou », ''Den'', 29 septembre 1862, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui l’Occident s’est donné la peine de nous avertir que, non-seulement il ne nous considérait pas comme des siens, malgré nos constants efforts pour nous assimiler à lui, mais qu’il nous tenait même pour ses ennemis, et qui plus est, pour ennemis de la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Viazemski, ''Lettre d’un vétéran russe de l’année 1812 sur la question d’Orient'' (1854-1855)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il est devenu clair pour le peuple russe que qu’il n’y a de véritable liberté que là où souffle l’esprit de Dieu. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Constantin Aksakov, ''La révolution de Pierre le Grand'' (1850), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chaque Russe a le droit de dire, sans trop de présomption, qu’il appartient à la nation du monde qui a devant elle l’avenir le plus puissant et le plus prospère, que la partie du monde dont il est citoyen n’est ni l’Europe, ni l’Asie, mais la grande Russie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nicolas de Gerebtzoff, ''Essai sur l’histoire de la civilisation en Russie'' (1858), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Orient orthodoxe se réunira avec l’Occident régénéré par l’intermédiaire du vieux-catholicisme. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n’affirme pas que la société occidentale est condamnée à périr, mais si elle doit se sauver, elle ne le fera qu’en remplaçant ses idéaux par les nôtres, c’est-à-dire remplacera ses fondements juridiques par des fondement éthiques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexandre Kireïev, ''Résumé de la doctrine slavophile'' (1896), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] à l’Occident la cause de la religion est à jamais perdue. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Iouri Samarine, Lettre à François Mauguin, septembre 1840&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Comme il est évident que dans le mouvement actuel irrésistible de l’occident vers l’orient, la Russie seule — comme tenante en soi tant l’élément européen occidental que l’élément oriental — puisse faire l’intermède sans lequel le choc ne pourrait être que destructif — Il me semble que l’Église Russe a actuellement et relativement dans l’occident une mission semblable médiatrice à remplir contre la pétrification de ce Christianisme dans l’église romaine et sa dissolution dans les églises protestantes et il me semble que cette dernière mission soit plus liée à la première qu’on ne pense communément. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Franz Xaver von Baader, « Mission de l’Église russe relativement à la décadence du Christianisme dans l’Occident », Lettre à Sergueï Ouvarov, 22 mars 1841&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Vains efforts ! Non, vous ne leur ferez pas entendre raison !&lt;br /&gt;
Plus ils sont libéraux, plus ils sont vils !&lt;br /&gt;
La civilisation est pour eux un fétiche,&lt;br /&gt;
Mais son idée leur est inaccessible ;&lt;br /&gt;
Vous aurez beau vous courber devant elle, messieurs,&lt;br /&gt;
Vous n’obtiendrez pas la reconnaissance de l’Europe :&lt;br /&gt;
À ses yeux vous serez toujours&lt;br /&gt;
Non les serviteurs des lumières, mais des serfs. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Poésie de 1867 (1868), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« La Russie ne se comprend pas par l’intelligence&lt;br /&gt;
Ni ne se comprend à l’aune commune&lt;br /&gt;
Elle possède un statut propre&lt;br /&gt;
La Russie, on ne peut que croire en elle. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Poèmes, trad. Sophie Benech&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Occident s’en va, tout croule, tout s’abîme dans une conflagration générale, l’Europe de Charlemagne aussi bien que l’Europe des traités de 1815 ; la papauté de Rome et toutes les royautés de l’Occident ; le Catholicisme et le Protestantisme ; la fois depuis longtemps perdue et la raison réduite à l’absurde ; l’ordre désormais impossible, la liberté désormais impossible, et sur toutes ces ruines amoncelées par elle, la civilisation se suicidant de ses propres mains... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, ''La Russie et la Révolution'' (1848), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis longtemps il n’y a plus en Europe que deux puissances réelles : “la Révolution et la Russie”. — Ces deux puissances sont maintenant en présence, et demain peut-être elles seront aux prises. Entre l’une et l’autre il n’y a ni traité, ni transaction possibles. La vie de l’une est la mort de l’autre. De l’issue de la lutte engagée entre elles, la plus grande des luttes dont le monde ait été témoin, dépend pour des siècles tout l’avenir politique et religieux de l’humanité. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Russie est avant tout l’empire chrétien ; le peuple russe est chrétien non seulement par l’orthodoxie de ses croyances, mais encore par quelque chose de plus intime encore que la croyance. Il l’est par cette faculté de renoncement et de sacrifice qui fait comme le fond de sa nature morale. La Révolution est avant tout anti-chrétienne. L’esprit anti-chrétien est l’âme de la Révolution ; c’est là son caractère propre, essentiel. Les formes qu’elle a successivement revêtues, les mots d’ordre qu’elle a tour à tour adoptés, tout, jusqu’à ses violences et des crimes, n’a été qu’accessoire ou accidentel ; mais ce qui ne l’est pas, c’est le principe anti-chrétien qui l’anime [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, ''La Russie et la Révolution'' (1848), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si nous pouvions maintenant protéger notre esprit par une muraille de Chine, interdire tous les livres et revues sans exception, interrompre toutes nos relations avec l’Occident, nous pourrions écarter de nous cette infection pour de nombreux siècles encore... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ievdokia Rostoptchina, Lettre à Vladimir Odoïevski, 15 janvier 1848, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour nous faire remarquer, il nous a fallu nous étendre du détroit de Behring jusqu’à l’Oder. Une fois, un grand homme voulut nous civiliser et, pour nous donner l’avant-goût des lumières, il nous jeta le manteau de la civilisation : nous ramassâmes le manteau, mais nous ne touchâmes point à la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tchaadaïev, ''Lettres philosophiques adressées à une dame'' (1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« C’est que nous n’avons jamais marché avec les autres peuples ; nous n’appartenons à aucune des grandes familles du genre humain ; nous ne sommes ni de l’Occident ni de l’Orient, et nous n’avons les traditions ni de l’un ni de l’autre. Placés comme en dehors des temps, l’éducation universelle du genre humain ne nous a pas atteints. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Piotr Tchaadaïev, ''Lettres philosophiques adressées à une dame'' (1920)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est vraiment dans une situation bizarre. À gauche, l’Europe, Circé infatigable, murmure à ses oreilles des paroles séductrices ; à droite, l’Orient, vieillard taciturne, lui dicte son immuable loi. Qui écoutera-t-elle ? Vers qui se tournera-t-elle ? Quelle les écoute tous deux, qu’elle ne se tourne vers aucun, qu’elle marche en avant. Quelle écoute, car l’expérience d’autrui, les misères d’autrui, les leçons d’autrui, vous affermissent dans le vrai. Toute conviction est sainte en Orient ; en Occident il n’y en a plus. Le sentiment gouverne l’Orient ; l’Occident est dominé par l’idée. Que la Russie fonde ces deux principes comme les rayons du soleil se fondent dans l’azur. L’Orient méprise la vanité, les soucis de la vie ; l’Occident se perd dans leur tumulte perpétuel. Ne peut-on trouver le lerme moyen ? Le progrès peut s’allier à des règles certaines. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Vladimir Sollogoub, ''Tarantas'' (1845), trad. Eugène Moreau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai toujours aimé la Russie, mais après avoir visité l’Europe pourrie, j’adore ma patrie. L’Europe tremble devant nous comme une feuille ; j’espère que bientôt elle nous vénérera. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Lettre à Ivan Kireïevski, 22 décembre 1831, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La France et l’Allemagne ont été la scène de deux événements grandioses, auxquels conduit toute l’histoire de l’Occident moderne, ou plus justement, de deux maladies critiques équivalentes : la Réforme en Allemagne, la révolution en France ; même maladie, mais sous deux formes différentes. Toutes deux sont la conséquence inévitable du développement de l’Occident, qui a adopté la dualité des principes [politique et religieux] et qui érigé cette discorde en norme de vie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Philarète Chasles, « Revue de littérature anglaise », ''Revue des deux Mondes'', 1er novembre 1840&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À présent, il y a en Russie cent portes qui sont grand ouvertes sur l’Occident, et la civilisation européenne des différents siècles, des différents peuples y pénètre comme l’Atlantique. On a beau les fermer, ces vagues obstinées passeront par les fentes et l’éroderont. Pierre Premier a percé les premières portes, larges, énormes, Catherine II a percé les suivantes, mais à un moment malheureux, lorsque les vagues de la civilisation européenne étaient pleines du sang de la révolution et du dépôt putride de l’humanité croupissante, à un moment où il aurait fallu les fermer. Il est étrange que Pierre le Grand, qui avait prévu et prédit la révolution française, n’ait pas pensé à des écluses quand il a creusé des canaux de l’Europe vers la Russie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Journal, 1830, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Russes entrent les derniers sur la scène de l’Europe pour tout achever [...]. Maintenant, on pourrait ainsi tranformer en conte l’histoire de l’Europe : Europe avait cinq filles : l’Italie, l’Allemagne, la France, l’Angleterre et la Russie. L’Italie prit les arts, l’Allemagne la science, la France la politique dans le sens le plus élevé, l’Angleterre le commerce, les machines, bref, la vie pratique. La Russie, benjamine de son père Asie, au caractère souple, aux forces fraîches, rassemblera en un tout les dons de ses sœurs, les assimilera et les perfectionnera. La Russie cumulera tout l’être de l’humanité européenne. [...] Les Russes doivent réconcilier toutes ces oppositions : leur philosophie doit unir l’idéalisme des Allemands avec l’empirisme des Français et des Anglais. Dans la vie politique, les Russes authentiques doivent concilier le désir raisonnable, patient de liberté avec la soumission au pouvoir suprême. Dans l’art, ils doivent concilier le classique avec le romantique. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Stepan Chevyriov, Journal, 1830, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour accéder au plein développement harmonieux des principes universels fondamentaux, il a manqué à l’Occident, malgré toute sa grandeur, un second Pierre [le Grand], qui lui eût infusé la sève fraîche, puissante, de l’Orient slave ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vladimir Odoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|traducteur=Marion Graf&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Occident est moribond !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] ce n’est pas seulement le corps que nous devons sauver, c’est aussi l’âme de l’Europe !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes placés à la frontière de deux mondes : passé et future ; nous sommes neufs et frais ; nous sommes innocents des crimes de la vieille Europe ; sous nos yeux se déroule son drame singulier, mystérieux, dont le dénouement est peut-être celé dans les profondeurs de l’esprit russe ; nous n’en sommes que les témoins. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vladimir Odoïevski&lt;br /&gt;
|titre=Les Nuits russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|traducteur=Marion Graf&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Âge d’Homme&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce n’est pas sans une sorte de mélancolie que j’ai pris congé de cet Occident pourri et qui est si propre et si confortable, pour rentrer dans cette saleté pleine d’avenir de notre chère patrie. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Fiodor Tiouttchev, Lettre à Ernestina Pfeffel, 2/14 septembre 1853&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je ne crois pas à l’amour pour le peuple de celui qui n’a pas le sentiment de la famille, et celui qui est étranger à son peuple n’a point d’amour pour l’humanité. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[L’élément national] est le principe universel, revêtu des formes vivantes du peuple. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Servir l’élément national est au plus haut point servir la cause universelle. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexeï Khomiakov, « Conversation dans les environs de Moscou », 1856&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Oh, comme il m’est triste de voir une nuée sombre&lt;br /&gt;
Recouvrir le lointain Occident, pays des saintes merveilles :&lt;br /&gt;
Les astres d’antan s’éteignent en pâlissant,&lt;br /&gt;
Les meilleures étoiles tombent des cieux.&lt;br /&gt;
Mais comme était magnifique ce majestueux Occident !&lt;br /&gt;
Combien de temps le monde entier, agenouillé&lt;br /&gt;
Et merveilleusement illuminé de sa haute gloire&lt;br /&gt;
S’est tenu devant lui sans voix, humble et silencieux.&lt;br /&gt;
Là-bas, nos yeux rencontraient le soleil de la sagesse,&lt;br /&gt;
Les comètes d’impétueuses batailles erraient dans les cieux,&lt;br /&gt;
Et doucement, comme la lune, la reine des nuits d’été,&lt;br /&gt;
L’amour brillait là-bas dans sa beauté innocente.&lt;br /&gt;
Là-bas, les inspirations se mêlaient en vifs arcs-en-ciel&lt;br /&gt;
Et le feu vivant de la foi déversait des torrents de lumière !...&lt;br /&gt;
Oh ! Jamais depuis les premiers jours de la création,&lt;br /&gt;
La terre n’avait vu briller sur elle tant d’astres de feu !&lt;br /&gt;
Hélas ! le temps a passé et un linceul de mort&lt;br /&gt;
Recouvre tout l’Occident. Une profonde obscurité y règnera...&lt;br /&gt;
Entends la voix du destin, relève-toi et rayonne,&lt;br /&gt;
Réveille-toi, Orient somnolent ! »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alexeï Khomiakov, « Un rêve [L’Occident et l’Orient] », 1835&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le christianisme a pénétré dans les esprits des peuples occidentaux par l’enseignement de la seule Église romaine ; en Russie, il s’est allumé aux lumières de l’Église orthodoxe tout entière. La théologie en Occident prit le caractère d’une abstraction ratiocinante ; dans le monde orthodoxe elle conserva l’intégrité intérieure de l’esprit. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Du caractère de la culture européenne et de ses rapports avec la culture russe », ''Collection de Moscou'', 1852, trad. François Rouleau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il reste dans la vie de l’Occident quelques vivantes vérités, plus ou moins épargnées par la destruction générale de toutes les convictions particulières, et bien ! ces vérités ne sont pas européennes, car elles se trouvent en contradiction avec tous les résultats de la civilisation de l’Europe ; — ce sont les restes conservés des principes chrétiens, qui, par conséquent, appartiennent moins à l’Occident qu’à nous-mêmes qui avons reçu le Christianisme dans sa forme la plus pure [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Aperçu sur l’état actuel de la littérature », ''Moscovite'', janvier-mars 1845, trad. François Rouleau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La couronne de la civilisation européenne a servi de berceau à notre culture, qui est née dans les autres pays terminaient déjà la course de leur déveolppement intellectuel, et nous commençons là où ils se sont arrêtés. Telle une sœur cadette dans une grande famille unie, la Russie est riche de l’expérience des plus âgés avant de faire son entrée dans le monde. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ivan Kireïevski, « Revue de la littérature russe de l’année 1829 », janvier 1830&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’anarchie, faisant le tour du monde, vint frapper à la salle du festin des puissances ; elle amenait avec elle l’usurpation ou la république, et donnait à choisir aux vieilles monarchies [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, pour la première fois, l’Europe consentit à ouvrir les yeux, — la Russie lui apparut comme son seul soutien, son seul appui ; il n’y avait qu’elle pour rétablir son équilibre, pour étayer ses fondements, que la propagande révolutionnaire sapait chaque jour [...]. Aujourd’hui l’Europe prend ses passe-ports pour Pétersbourg et Moscou ; Rome et son sublime passé n’ont plus cours ; on va chercher l’avenir sur les bords de la Neva. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Paul de Julvécourt, ''La Balalayka. Chants populaires russes et autres morceaux de poésie'' (1837)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Europe elle-même sent profondément son impuissance ; ses meilleurs esprits attendent quelque immense bouleversement de tout le monde civilisé [...]. L’Occident n’aime pas le monde slave, il ne le connaît pas, ne le comprend pas ; sa langue, qui s’est formée de manière originale, lui est étrangère, de même que le système politique russe [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Kraïevski, « Pensée sur la Russie », ''L’Invalide russe'', 9 janvier 1837&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie doit se mettre à la tête de la propagande des idées divines, comme la France est le chef de la propagande des idées sataniques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Oui, la mission de la Russie est de ramener à la vraie civilisation cette Europe qui ne sait ce qu’elle doit penser du peuple russe. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il ne reste plus qu’un peuple, un peuple que sa force matérielle a rendu l’arbitre des destinées du monde politique ; un peuple que les nations d’Occident contemplent avec effroi, en lui demandant d’une voix troublée pourquoi il est là, ce qu’il veut de la vieille Europe ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Antique société européenne, tu l’apprendras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le peuple russe est plus fort encore de sa force morale que de sa force matérielle. En lui sont tous les germes de jeunesse et de longévité ; c’est une forêt primitive que la main de l’homme n’a point profanée. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Élim Mestscherski, ''Mémoire d’Élim Mestscherski à son père'', 1831&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Au milieu de tous ces troubles qui agitent l’Europe, et de toutes ces doctrines qui ébranlent l’édifice social, il n’y a que la Russie qui reste forte et intacte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Croyez-moi, Messieurs, c’est un vrai bonheur d’appartenir à ce pays et de jouir de sa protection. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nicolas Ier, Discours à Varsovie, 10 octobre 1835&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ce rapprochement [avec l’Europe] était nécessaire non pour elle [la Russie], contrairement à ce qu’on pense d’habitude, mais pour l’Europe elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Pour surpasser l’Europe, au lieu de s’en rapprocher, la Russie s’en est éloignée'' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, « Le destin de la Russie », ''Raduga'', 1833&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La philosophie du Christ [...] ne s’afflige pas du fait que la période tatare ait éloigné la Russie de l’Europe. Elle ''s’en réjouit'', car elle voit que ''ses oppresseurs, les Tatars, l’ont sauvée de l’Europe''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[...] le joug tatar et l’éloignement de l’Europe occidentale ont peut-être été de grands bienfaits pour la Russie, car ils ont conservé chez elle la pureté de la foi chrétienne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, « Le destin de la Russie », ''Raduga'', 1833&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] ce même esprit, qui de nos jours, tenant en ses mains les traités philosophiques et les chartes constitutionnelles, a établi son trône en Occident et veut être l’égal du Seigneur. [...] À bas les trônes, à bas les autels, vive la mort et l’enfer ! vocifère-t-on déjà dans plusieurs pays de l’Europe. Le prince des ténèbres lui-même s’approche visiblement de nous ; le rideau qui le cache devient de plus en plus ténu, et bientôt, sans doute, tombera tout à fait. Cet assaut, le dernier peut-être qu’il mène contre nous, est le plus terrible, car c’est un assaut spirituel. [...] '''Heureuse serait la Russie si on pouvait la protéger de l’Europe''' [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Mikhaïl Magnitski, Projet de censure, 1820, trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous sommes devenus citoyens du monde en cessant d’être, sous bien des rapports, des citoyens russes. C’est la faute à Pierre [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Nikolaï Karamzine, ''Mémoire sur la Russie ancienne et moderne sous les rapports politique et social'' (1811), trad. Michel Niqueux&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;«Словно молоты громовые&lt;br /&gt;
Или воды гневных морей,&lt;br /&gt;
Золотое сердце России&lt;br /&gt;
Мерно бьется в груди моей.»&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Николай Гумилёв, «Наступление» (1914)&lt;br /&gt;
:&amp;lt;poem&amp;gt;« Comme les pilons du tonnerre&lt;br /&gt;
Ou les eaux des mers démontées,&lt;br /&gt;
Le cœur en or de la Russie &lt;br /&gt;
Bat lentement dans ma poitrine. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Nikolaï Goumilev, « Offensive » (1914)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Alors que la conquête des Amériques se fera contre les autochtones et souvent au prix de leur disparition, l’expansion russe ne cause pas les mêmes ravages démographiques. Les recherches contemporaines estiment le plus souvent qu’à l’aube du XVIIe siècle le nombre d’autochtones devait être proche de trois cent mille dans cette partie du monde. En 1900, ils sont huit cent mille à être recensés dans la Sibérie des tsars, alors que durant la même période le nombre d’Indiens d’Amérique du Nord est passé de trois millions à trois cent mille. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Éric Hoesli&lt;br /&gt;
|titre=L’épopée sibérienne&lt;br /&gt;
|année d'origine=2018&lt;br /&gt;
|éditeur=Les Éditions des Syrtes/Éditions Paulsen&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour l’Europe, cette sorte de communisme agraire est peut-être le trait le plus digne de remarque, comme le plus étrange, de la Russie contemporaine. Dans un siècle de théories et de systèmes, comme le nôtre, une telle étude offre aux peuples, inquiets de leur état social et tourmentés d’un vague malaise, d’intéressantes et inappréciables leçons. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anatole Leroy-Beaulieu&lt;br /&gt;
|titre=L’empire des tsars et les Russes&lt;br /&gt;
|année d'origine=1890&lt;br /&gt;
|éditeur=Robert Laffont&lt;br /&gt;
|collection=Bouquins&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie garde encore la grande ressource, la grande force des âges passés, l’unité des sentimens, l’unanimité des âmes et des volontés. Le peuple le plus nombreux de la chrétienté en est le moins divisé ; en ce sens on peut dire que le vaste empire russe possède encore aujourd’hui une force morale supérieure à sa force matérielle. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=La Russie et les Russes&lt;br /&gt;
|auteur=Anatole Leroy-Beaulieu&lt;br /&gt;
|publication=Revue des Deux Mondes&lt;br /&gt;
|date=mai 1877&lt;br /&gt;
|tome=21&lt;br /&gt;
|page=751}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La plus sûre caractérisation de la tradition philosophique européenne est qu’elle consiste en une série de notes au bas des pages de Platon. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alfred North Whitehead&lt;br /&gt;
|titre=Procès et réalité&lt;br /&gt;
|année d'origine=1929&lt;br /&gt;
|traducteur=Daniel Charles, Maurice Élie, Michel Fuchs, Jean-Luc Gautero, Dominique Janicaud, Robert Sasso, Arnaud Villani&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Est-ce que notre État, notre pays existe encore ? » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Marie-France Garaud, « Ce soir (ou jamais !) », ''France 2'', 20 mai 2016&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le sionisme est une tentative pour rompre l’encerclement des malheurs de la fatalité judaïque, mais cette tentative conduira inexorablement à la perte des Juifs en tant que peuple. Ce sera le résultat mathématique de l’anéantissement du mythe de Jérusalem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sionisme, consacrera-t-il le suicide d’Israël ? Il pourrait bien en être ainsi. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nae Ionescu&lt;br /&gt;
|titre=La Question juive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1934&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Bardonnet&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Roumaine Antitotalitaire&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|page=54}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« De même que l’Ancien Testament engageait Dieu par rapport à Israël, de même le Nouveau Testament l’engage envers tous les peuples de la Terre. Selon le Nouveau Testament, tous ceux qui acceptent la bonne nouvelle, qui obéissent à la nouvelle loi, deviennent, par cela même, élus. Le choix est entre salut et damnation. Ou bien les Juifs reconnaissent que le Messie est déjà venu par l’Incarnation christique et ils cessent, dès, d’être un peuple élu (sous peine du plus lourd péché — le péché d’orgueil), ou bien ils contestent l’authenticité du Christ-Messie et alors ils refusent leur fonction même de peuple élu, voire le fait d’être l’instrument de Dieu pour le salut du monde — auquel cas ils pêchent non seulement contre leur mission mais aussi contre Dieu lui-même. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Nae Ionescu&lt;br /&gt;
|titre=La Question juive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1934&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Bardonnet&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Roumaine Antitotalitaire&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|page=45-46}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le marxisme meurt à l’Est parce qu’il s’est réalisé à l’Ouest. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Le marxisme meurt à l’Est parce qu’il s’est réalisé à l’Ouest&lt;br /&gt;
|auteur=Augusto Del Noce&lt;br /&gt;
|publication=Krisis&lt;br /&gt;
|date=octobre 1990&lt;br /&gt;
|numéro=6&lt;br /&gt;
|page=124}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, dans notre démocratie, on ne désire pas l’enfant : on redoute sa venue, on la retarde et on l’empêche par une série de pratiques sur lesquelles je n’ai pas besoin de m’étendre. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Observez un peu nos modernes : moroses et débiles jouisseurs, ils ont une haine presque maladive pour les petits. Au restaurant, en wagon, il faut voir les airs crispés que prennent les voisins d’une famille normale. Les rires de l’enfant, ses cris, ses caprices, ses pleurs, sa turbulence naturelle horripilent nos contemporains en troublant leur repos et leur béate digestion. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Albert Vincent&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La famille chez Proudhon et dans la démocratie&lt;br /&gt;
|titre=Cahiers du Cercle Proudhon&lt;br /&gt;
|année de la contribution=&lt;br /&gt;
|éditeur=Avatar&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|section=Cahier III-IV&lt;br /&gt;
|page=216}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie n’est pas un pays qu’on peut réellement conquérir, c’est-à-dire  occuper ; du moins cela ne peut être fait ni par les forces des États européens modernes, ni par les 500 000 personnes que Bonaparte a amenées pour cela. Un tel pays ne peut être vaincu que par sa propre faiblesse et ses conflits internes. Atteindre ces points faibles de la vie politique n’est possible que par un choc qui pénétrerait jusqu’au cœur du pays. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Carl von Clausewitz, ''La Campagne de 1812 en Russie'' (2005)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous vivons dans les ruines du futur.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Maurice G. Dantec, ''Le Théâtre des opérations'' (2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie voit dans l’Europe une proie qui lui sera livrée tôt ou tard par nos dissensions [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Empire de Russie est le pays de la terre où les hommes sont le plus malheureux, parce qu’ils y souffrent à la fois des inconvénients de la barbarie et de ceux de la civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Russes sont chargés de traduire la civilisation européenne aux Asiatiques. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] un nouvel empire romain couve en Russie sous les cendres de l’empire grec. La peur seule n’inspire pas tant de patience. Non, croyez-en mon instinct, il est une passion que les Russes comprennent comme aucun peuple ne l’a comprise depuis les Romains : c’est l’ambition. L’ambition leur fait sacrifier tout [...]. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout ce que je puis vous dire, c’est que depuis que je suis en Russie, je vois en noir l’avenir de l’Europe. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Cet empire colossal que je vois se lever tout à coup devant moi à l’orient de l’Europe, de cette Europe où les sociétés souffrent de l’appauvrissement de toute autorité reconnue, me fait l’effet d’une résurrection.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Astolphe de Custine, ''La Russie en 1839'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’imagination a‑t‑elle déserté l’esprit des voyageurs modernes, n’ont-ils plus assez d’inspiration pour inventer des traverses à leurs chemins de vie ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Sylvain Tesson, ''Petit traité sur l’immensité du monde'' (2005)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est la profondeur, le socle de notre péninsule occidentale et européenne. [...]. L’idée de l’Eurasie semble évidente quand on regarde un atlas, et je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas trouvé sa traduction politique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=&lt;br /&gt;
|auteur=Sylvain Tesson&lt;br /&gt;
|publication=Éléments&lt;br /&gt;
|numéro=171&lt;br /&gt;
|date=avril 2018&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a un système de valeurs avec lesquelles on ne peut pas transiger, et ce sont les valeurs dont nous nous réclamons. Et si ces valeurs sont assez bonnes pour notre peuple, elles doivent aussi être assez bonnes pour les autres. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— ''Washington Post'', 19 novembre 2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous, Américains, sommes en quelque sorte le peuple élu, privilégié, l’Israël de notre temps. Nous portons l’Arche des libertés du monde […]. Dieu nous a accordé, en guise d’héritage futur, les vastes domaines des païens politiques [...]. Le reste du monde sera bientôt dans notre sillage. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Herman Melville&lt;br /&gt;
|titre=Vareuse-Blanche&lt;br /&gt;
|année d'origine=1850&lt;br /&gt;
|éditeur=Bentley&lt;br /&gt;
|année=1850&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous sommes en train de devenir rapidement une nation de croisés humanitaires. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Irving Babbitt&lt;br /&gt;
|titre=Democracy and Leadership&lt;br /&gt;
|année d'origine=1924&lt;br /&gt;
|éditeur=Houghton Mifflin&lt;br /&gt;
|année=1924&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’Occident n’existe pas. Il n’est d’ailleurs qu’une création sémantique des États-Unis pour surévaluer la communauté d’intérêts transatlantique, justifier leur leadership en Europe''' et assimiler toute dissonance, au mieux à une compromission douteuse, au pire à une trahison. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=“L’Occident” n’est qu’une création des États-Unis pour justifier leur leadership en Europe&lt;br /&gt;
|auteur=Raphaël Chauvancy&lt;br /&gt;
|publication=Marianne&lt;br /&gt;
|date=30 juin 2022&lt;br /&gt;
|url=https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/loccident-nest-quune-creation-des-etats-unis-pour-justifier-leur-leadership-en-europe}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis huit ans, il y a eu des tentatives pour détruire ce qui existe dans le Donbass. Et dans le Donbass il y a le rejet, un rejet fondamental des prétendues valeurs qui sont aujourd’hui proposées par ceux qui revendiquent le pouvoir mondial. '''Aujourd’hui, il existe un test d’allégeance à ce pouvoir, une sorte de laissez-passer dans ce monde “heureux”, ce monde de la consommation excessive, ce monde d’apparente “liberté”. Et savez-vous quel est ce test ? C’est la ''Gay Pride''.''' Ces nombreuses exigences d’organisation de la ''Gay Pride'' sont un test d’allégeance envers ce monde très puissant. C’est pourquoi ce qu’il se passe aujourd’hui dans la sphère des relations internationales n’a pas seulement une importance politique. Il s’agit de quelque chose d’autre et de bien plus important que le politique. Il s’agit du Salut de l’Homme. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cyrille de Moscou, [http://www.patriarchia.ru/db/text/5906442.html Sermon à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou], 6 mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Russie est sans doute une terre plus favorable que les pays d’Europe de l’Est. Elle a retrouvé, sous la direction de Vladimir Poutine, une véritable orientation politique claire, et, dans une optique racialiste, on peut affirmer qu’elle a pris la place que les États-Unis avaient occupée jusqu’en 1945 environ : elle est aujourd’hui le plus grand réservoir au monde d’hommes et de femmes de race blanche qui n’ont pas honte d’être ce qu’ils sont et qui ne sont pas rongés de l’intérieur par l’ethnomasochisme. '''La Russie peut et doit être soutenue par les Européens identitaires païens aussi bien que les chrétiens.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne fait aucun doute que les Russes, parce qu’ils sont entrés plus tard sur la scène de la grande histoire, sont les seuls Blancs à avoir conservé en eux suffisamment de “barbarie”, de “sauvagerie” native — non pas au sens des innombrables viols commis par l’Armée rouge en Allemagne en 1944-1945, mais au sens de la “grande santé” nietzschéenne — pour écrire demain l’histoire du monde. Ils sont, avec les Allemands, le peuple européen qui a enduré le plus d’épreuves au XXe siècle, mais avec une grosse différence : ils apparaissent beaucoup moins fatigués. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les peuples sains et sûrs d’eux-mêmes, ils préservent de façon naturelle et spontanée leur mode de vie et leurs coutumes, sans prosélytisme mais également sans se soucier le moins du monde de ce que l’étranger peut en penser. Sous la prétendue “dictature poutinienne”, les Russes sont en fait beaucoup moins normés et beaucoup plus imprévisibles que les “bisounours” occidentaux, qui se rapprochent dangereusement des systèmes non vivants en ce qu’ils sont toujours plus “sous contrôle”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes ces raisons font que, plus que jamais, “le soleil se lève à l’Est” pour les nationalistes européens. C’est désormais le mythe eurosibérien, le mythe de la Sibérie “nouvelle frontière” d’une race blanche régénérée, du “nouveau peuple blanc” (Greg Johnson), qui doit nourrir leur combat et leur rêve de demain ou d’après-demain. Dans un avenir totalement imprévisible, l’immense Russie sera peut-être la base arrière à partir de laquelle lancer la reconquête en vue de bâtir un empire qui s’étendrait de Dublin à Vladivostok et qui, par le détroit de Behring, serait tout proche du Pacific Northwest cher aux nationalistes blancs des États-Unis. Il y a là, malgré les exhalaisons putrides de l’hyperclasse mondialiste qui n’est que l’hyperpourriture, malgré les convulsionnaires d’Allah et tous ceux déjà mûrs pour la soumission, un mythe mobilisateur qui mérite qu’on lutte et, s’il le faut, qu’on meure pour lui ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Philippe Baillet&lt;br /&gt;
|titre=L’autre tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical&lt;br /&gt;
|année d'origine=2016&lt;br /&gt;
|éditeur=Akribeia&lt;br /&gt;
|année=2016&lt;br /&gt;
|ISBN=9782913612617&lt;br /&gt;
|page=450-453}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le bolchevisme est à l’ouest.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gandalf le Blanc, ''Démocratie Participative'', 1er mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ce qui nous opprime, c’est le système occidental cosmopolite.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Hervé Ryssen, ''YouTube'', 27 février 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ceux qui aiment vraiment le peuple Ukrainien devraient se demander s’il sera mieux respecté et protégé durant ce siècle s’il :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1- Entre dans l’UE et l’OTAN ?&lt;br /&gt;
2- Devient neutre (trait d’union entre Russie et Europe) ?&lt;br /&gt;
3- Intègre la Fédération de Russie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que l’option “réservoir à domestiques, putes et gros bras pour oligarques israéliens” c’est terminé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Que souhaitez vous sincèrement à ce grand peuple ? Le même destin que le nôtre ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réfléchissez et vous saurez quoi penser de l’actualité. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Laurent Ozon, ''Telegram'', 1er mars 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après vous avoir persuadé qu’on ne pouvait naître sans assistance hôspitalière, vivre en bonne santé sans médicaments, faire pousser des plantes sans intrants chimiques, faire fonctionner une économie sans immigration massive, être libre sans journalisme, éduquer ses gosses sans éducation Nationale, vivre en sécurité sans flics et assurances, etc. On finira par nous persuader qu’on ne peut pas faire de gosses sans FIV, se déplacer sans pass, régler ses problèmes sans assistance psychologique, etc. La souveraineté profonde est l’enjeu de ce siècle. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Laurent Ozon, ''Telegram'', 11 septembre 2022&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ils marchèrent longuement, sur une seule route, l’âme chevillée au corps. '''Ils marchèrent jusqu’au jour où ils rencontrèrent un Nègre. Ce jour-là, ils comprirent qu’ils étaient de retour chez eux.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Antoine Blondin&lt;br /&gt;
|titre=L’Europe buissonnière&lt;br /&gt;
|année d'origine=1949&lt;br /&gt;
|éditeur=Le Livre de Poche&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|page=435}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les USA ont un intérêt vital à ce que l’Europe abandonne le nucléaire car l’idée d’indépendance énergétique de l’Europe leur est insupportable.''' Dès lors, priver leurs concurrents de toute compétence nucléaire civile, est décisif puisque c’est simultanément leur interdire (et d’abord à la France) de pouvoir produire du combustible militaire, ce qui signifie leur retirer évidemment toute possibilité de dissuasion indépendante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 1994, Haroun Tazieff avait dénoncé la thèse officielle d’un ''trou légendaire'' dans la couche d’ozone. La menace climatique comme la menace islamiste n’ayant là pour attribution que d’unifier par l’angoisse les spectateurs aliénés derrière le gouvernement mondial de l’indistinction spectaculaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont les mêmes prédicateurs qui dans les années soixante-dix tenaient le discours d’un refroidissement global de la Terre qui aujourd’hui et avec le même aplomb, d’autant plus prétentieux qu’il est vide de tout raisonnement, plaident pour le dogme du réchauffement global en vue d’aboutir à la concentration des matières premières planétaires dans la dépendance des multinationales américaines, promotrices forcenées d’une ''gouvernance globale'' pour le développement durable de la marchandise. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Francis Cousin&lt;br /&gt;
|titre=Critique de la société de l’indistinction&lt;br /&gt;
|année d'origine=2007&lt;br /&gt;
|éditeur=Culture &amp;amp; Racines&lt;br /&gt;
|année=2021&lt;br /&gt;
|ISBN=9782491861247&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’inanité sanitaire, désormais démontrée, du confinement général contre le Covid confirme assez que la visée de ces interventions “non pharmaceutiques” est centralement politique.''' Si bien que leur intensité mesure moins le caractère désespéré de la situation épidémique que l’état de discrédit des institutions — quasi inexistantes en Suède, modérées en Allemagne, extrêmes en France ou en Italie. Le ministre belge de la Santé ne cachait pas, en novembre 2020, que la fermeture des commerces “non essentiels” ne visait qu’à “faire un électrochoc”. Le “pass sanitaire”, lui aussi, est tout sauf sanitaire. C’est un pass policier permettant de trier la population entre dociles et rebelles et d’assurer à terme son traçage volontaire. C’est un pass comportemental grâce auquel on peut forcer chacun à tout et n’importe quoi sous la menace de le lui retirer. C’est un pass financier visant à faire un grand pas dans le sens de l’identité numérique individuelle sans quoi toutes les données produites par les interactions électroniques, par tous les capteurs et objets connectés dont la 5G promet de saturer notre quotidien, sont presque sans valeur puisque sans support. Or le marché des objets connectés représente une manne estimée à 1 500 milliards à l’horizon 2025. En ce sens, le but de la vaccination est bien le pass, et non l’inverse. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anonyme&lt;br /&gt;
|titre=Manifeste conspirationniste&lt;br /&gt;
|année d'origine=2022&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|année=2022&lt;br /&gt;
|ISBN=9782021495669&lt;br /&gt;
|page=80-81}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La communication a toujours été de guerre. Elle est née dans ce cadre-là, elle n’a jamais servi qu’à cela, particulièrement en “temps de paix”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Anonyme&lt;br /&gt;
|titre=Manifeste conspirationniste&lt;br /&gt;
|année d'origine=2022&lt;br /&gt;
|éditeur=Seuil&lt;br /&gt;
|année=2022&lt;br /&gt;
|ISBN=9782021495669&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le véritable patriotisme n’est pas l’amour du sol, c’est l’amour du passé''', c’est le respect pour les générations qui nous ont précédés. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=De la manière d’écrire l’histoire en France et en Allemagne depuis cinquante ans&lt;br /&gt;
|auteur=Numa Denis Fustel de Coulanges&lt;br /&gt;
|publication=Revue des Deux Mondes&lt;br /&gt;
|date=1er septembre 1872&lt;br /&gt;
|numéro=101&lt;br /&gt;
|page=244}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Mein geheimster Gedanke ist, daß das alte Europa am Anfang seines Endes ist.''' Ich werde — entschlossen, mit ihm unterzugehen — meine Pflicht zu tun wissen. Das neue Europa ist andererseits noch im Werden; zwischen Anfang und Ende wird es ein Chaos geben.“&lt;br /&gt;
:— {{de}} Klemens Wenzel Lothar von Metternich, Brief an Karl Robert von Nesselrode, 1. September 1830&lt;br /&gt;
:« '''Ma pensée la plus secrète''', au reste, '''est celle que la vieille Europe est au commencement de la fin.''' Décidé à périr avec elle, je saurai faire mon devoir, et ce mot n’est pas seulement le mien ; c’est également celui de l’Empereur. La nouvelle Europe n’est, d’un autre côté, pas encore à son commencement ; entre la fin et le commencement se trouvera un chaos. »&lt;br /&gt;
:— {{fr}} Klemens Wenzel von Metternich, Lettre à Charles Robert de Nesselrode, 1er septembre 1830&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''C’est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Anouilh&lt;br /&gt;
|titre=Antigone&lt;br /&gt;
|année d'origine=1944&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de la Table ronde&lt;br /&gt;
|année=2002&lt;br /&gt;
|ISBN=9782710300250&lt;br /&gt;
|page=29}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous sommes des révolutionnaires, socialistes qui avons rompu avec une social-démocratie enjuivée, nationalistes qui avons rompu avec un nationalisme trop étriqué.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Darnand&lt;br /&gt;
|publication=Devenir. Journal de combat de la communauté européenne&lt;br /&gt;
|date=Février 1944&lt;br /&gt;
|numéro=1&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous ne recherchons que l’homme. Nous n’avons pas besoin d’autres mondes. Nous avons besoin de miroirs.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme est parti à la découverte d’autres mondes, d’autres civilisations, sans avoir entièrement exploré ses propres abîmes, son labyrinthe de couloirs obscurs et de chambres secrètes, sans avoir percé le mystère des portes qu’il a lui-même condamnées. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stanisław Lem&lt;br /&gt;
|titre=Solaris&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Michel Jasienko&lt;br /&gt;
|année d'origine=1961&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio SF&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070422395&lt;br /&gt;
|page=116-248}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À peine sortis des massacres de la Commune, rappelons à ceux qui seraient tentés de l’oublier, que la gauche versaillaise, non moins que la droite, a commandé le massacre de Paris, et que l’armée des massacreurs a reçu les félicitations des uns comme celles des autres. '''Versaillais de droite et Versaillais de gauche doivent être égaux devant la haine du peuple''' : car contre lui toujours radicaux et jésuites sont d’accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne peut donc y avoir d’erreur, et tout compromis, toute alliance avec les radicaux doivent réputés trahison. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Le groupe ''La Commune révolutionnaire'' : Aberlen, Berton, Breuillé, Carné, Jean Clement, F. Cournet, Ch. Dacosta, Delles, A. Dérouilla, E. Eudes, H. Gausseron, E. Gois, A. Goullé, E. Granger, A. Huguenot, E. Jouanin, Lebrun, Léonce, Luillier, P. Mallet, Marguerittes, Constant-Martin, A. Moreau, H. Mortier, A. Oldrini, Pichon, A. Poirier, Rysto, B. Sachs, Solignac, Ed. Vaillant, Varlet. Viard, « Aux Communeux », Londres, juin 1874&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les Sémites, c’est l’ombre dans le tableau de la civilisation, le mauvais génie de la terre. Tous leurs cadeaux sont des pestes. Combattre l’esprit et les idées sémitiques est la tâche de la race indo-aryenne. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gustave Tridon&lt;br /&gt;
|titre=Du Molochisme juif&lt;br /&gt;
|année d'origine=1884, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Édouard Maheu&lt;br /&gt;
|année=1884&lt;br /&gt;
|page=5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet esprit de la Franc-Maçonnerie, « c’est l’esprit du Judaïsme dans ses croyances les plus fondamentales ; ce sont ses idées ; c’est son langage ; c’est presque son organisation. Lorsque j’aborde le sanctuaire où s’accomplissent les travaux de l’ordre maçonnique, j’entends partout retentir les noms de Salomon et les souvenirs d’Israël. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=La Franc-Maçonnerie et le Judaïsme&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Cohen&lt;br /&gt;
|publication=La Vérité israélite&lt;br /&gt;
|date=1861&lt;br /&gt;
|tome=V&lt;br /&gt;
|page=74&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La société post-covid est une extension du secteur socio-professionnel tertiaire à toute l’existence''', avec ses emplois de bureau en espace climatisé, son télétravail largement répandu et ses faibles dépenses caloriques et énergétiques. C’est le monde morbide et dégénéré du bobo, du geek et du no-life, végane, anti-spéciste, cosmopolite, LGBT, masqué, confiné, vacciné et heureux de l’être. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Entretien avec Monika Berchvok&lt;br /&gt;
|auteur=Lucien Cerise&lt;br /&gt;
|publication=Rivarol&lt;br /&gt;
|date=27 janvier 2021&lt;br /&gt;
|url=https://rivarol.com/version-papier-1-an-d-archive/1327-rivarol-n3448-du-2122020-papier.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« ''Malo periculosam libertatem quam quietum servitium''. ['''Je préfère les dangers de la liberté au repos de la servitude.'''] »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Rafał Leszczyński cité par son fils Stanisław Leszczyński&lt;br /&gt;
|titre=La Voix libre du citoyen, ou Observations sur le gouvernement de Pologne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1749&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre-Joseph de Solignac&lt;br /&gt;
|éditeur=&lt;br /&gt;
|année=1749&lt;br /&gt;
|page=135}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Les temps modernes ont eu pour tâche la réalisation et l’humanisation de Dieu — la transformation et la résolution de la théologie en anthropologie.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ludwig Feuerbach&lt;br /&gt;
|titre=Manifestes philosophiques : Textes choisis&lt;br /&gt;
|année d'origine=1839-1845&lt;br /&gt;
|traducteur=Louis Althusser&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses universitaires de France&lt;br /&gt;
|année=1960&lt;br /&gt;
|page=128}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On aspirera sous une autre forme à éliminer l’âme, la vie de l’âme. Et le temps viendra, dans un avenir peut-être pas très lointain, où lors d’un Congrès comme celui qui s’est tenu en 1912, on verra se développer encore tout autre chose, où de tout autres tendances feront leur apparition, où l'on dira : parler d’esprit et d’âme, c’est pathologique ; seuls sont bien portants les gens qui ne parlent que du corps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On considérera comme un symptôme pathologique le fait qu’un être humain se développe de façon telle qu’il en vienne à penser qu’il existe un esprit ou une âme. Ces gens seront des malades, et l’on trouvera, soyez-en sûrs, le remède qui agira sur ce mal. Dans le passé, on a éliminé l’esprit. On éliminera l’âme au moyen d’un médicament. En partant d’une “saine vue des choses”, '''on trouvera un vaccin grâce auquel l’organisme sera traité dès la prime jeunesse autant que possible''', si possible dès la naissance même, afin que ce corps n’en vienne pas à penser qu’il existe une âme et un esprit. — Les deux courants, les deux conceptions du monde s’opposeront radicalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’une réfléchira à la manière d’élaborer des concepts et des représentations qui soient à la mesure de la réalité véritable, de la réalité d’âme et d’esprit. Les autres, les successeurs des actuels matérialistes, chercheront le vaccin qui rendra les corps “sains”, c’est-à-dire constitués de telle façon qu’ils ne parleront plus de ces sottises que sont l’âme et l’esprit, mais, parce qu’ils seront “sains”, des forces mécaniques et chimiques qui, à partir de la nébuleuse cosmique, ont constitué les planètes et le soleil. On obtiendra ce résultat en manipulant les corps. '''On confiera aux médecins matérialistes le soin de débarrasser l’humanité des âmes.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Rudolf Steiner&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Cinquième conférence à Dornach&lt;br /&gt;
|année de la contribution=7 octobre 1917&lt;br /&gt;
|titre=La Chute des esprits des ténèbres&lt;br /&gt;
|traducteur=Henriette Bideau&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions Triades&lt;br /&gt;
|année=1995&lt;br /&gt;
|page=104-105}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] la Restauration a anobli le banquier et a donné la citoyenneté parisienne à Rothschild que Napoléon avait fait arrêter. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Gabriele Adinolfi, ''Méridiens Zéro'', « Rencontre avec Gabriele Adinolfi », 20 juin 2010&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ces deux mots, laisser faire et laisser passer, étant deux sources continuelles d’actions, seraient donc pour nous deux sources continuelles de richesses.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vincent de Gournay&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Réflexions sur la contrebande&lt;br /&gt;
|année de la contribution=septembre 1753&lt;br /&gt;
|titre=Mémoires et lettres de Vincent de Gournay&lt;br /&gt;
|éditeur=Kinokuniya&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|page=34}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“[...] the State is an inherently illegitimate institution of organized aggression, of organized and regularized crime against the persons and properties of its subjects. Rather than necessary to society, it is a profoundly antisocial institution which lives parasitically off of the productive activities of private citizens.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=The Ethics of Liberty&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|éditeur=New York University Press&lt;br /&gt;
|année=1998&lt;br /&gt;
|ISBN=9780814775066&lt;br /&gt;
|section=part III, section 24&lt;br /&gt;
|page=187}}&lt;br /&gt;
:« [...] l’État est une institution fondamentalement illégitime qui se fonde sur l’agression systématisée, le crime organisé et banalisé contre la personne et la propriété de ses sujets. Loin d’être nécessaire à la société, c’est une institution profondément ''anti''-sociale qui parasite les activités productives des citoyens honnêtes. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=L’Éthique de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|traducteur=François Guillaumat et Pierre Lemieux&lt;br /&gt;
|éditeur=Belles Lettres&lt;br /&gt;
|collection=Laissez faire&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|ISBN=9782251410005&lt;br /&gt;
|chapitre=23&lt;br /&gt;
|page=248&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“These theorists have not given full attention to the fact that the world has always lived in an “international anarchy,” with no one government, or compulsory monopoly of decision-making, ''between'' various countries. And yet, international relations between ''private citizens'' of different countries have generally functioned quite smoothly, despite the lack of a single government over them.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=The Ethics of Liberty&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|éditeur=New York University Press&lt;br /&gt;
|année=1998&lt;br /&gt;
|ISBN=9780814775066&lt;br /&gt;
|section=part III, section 23&lt;br /&gt;
|page=181}}&lt;br /&gt;
:« On n’a pas assez réfléchi sur le fait que le monde a toujours existé dans un état d’''anarchie internationale'', sans gouvernement commun, sans monopole coercitif de la décision ''au-dessus'' des divers Etats. Pourtant, les relations internationales entre leurs ''citoyens privés'' ont généralement fonctionné assez correctement malgré cette absence d’un gouvernement unique au-dessus d’eux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Murray Rothbard&lt;br /&gt;
|titre=L’Éthique de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1982&lt;br /&gt;
|traducteur=François Guillaumat et Pierre Lemieux&lt;br /&gt;
|éditeur=Belles Lettres&lt;br /&gt;
|collection=Laissez faire&lt;br /&gt;
|année=1991&lt;br /&gt;
|ISBN=9782251410005&lt;br /&gt;
|chapitre=23&lt;br /&gt;
|page=239&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la puissance importe plus que la richesse''' ; mais pourquoi cela ? Parce que la puissance est pour un pays une force qui procure de nouveaux moyens de production, parce que les forces productives résident dans l’arbre sur lequel croissent les richesses, et que l’arbre qui porte le fruit a plus de prix que le fruit lui-même. La puissance importe plus que la richesse, parce qu’à l’aide de la puissance un pays non-seulement acquiert de nouveaux moyens de production, mais s’assure la possession des anciens et la jouissance des richesses déjà acquises, et parce que le contraire de la puissance ou la faiblesse livre aux mains des puissants tout ce que nous possédons, nos richesses, et de plus nos forces productives, notre civilisation, notre liberté, jusqu’à notre indépendance nationale [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Friedrich List&lt;br /&gt;
|titre=Système national d’économie politique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1841&lt;br /&gt;
|traducteur=Henri Richelot&lt;br /&gt;
|éditeur=Capelle&lt;br /&gt;
|année=1857&lt;br /&gt;
|page=153&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''Left to its own trajectory, within a few years, global civilization will be a postmodern surveillance dystopia, from which escape for all but the most skilled individuals will be impossible.''' In fact, we may already be there.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Julian Assange, ''Cypherpunks'' (2012)&lt;br /&gt;
:« '''À moins d’un changement de cap, la civilisation mondiale sera devenue d’ici à quelques années une dystopie de surveillance postmoderne, à laquelle seuls les plus habiles auront une chance de se soustraire.''' »&lt;br /&gt;
:— Julian Assange, ''Menace sur nos libertés'' (2013)&lt;br /&gt;
{{Center|Julian Assange|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il faut déjà cesser de déléguer à des personnes qui servent manifestement d’autres communautés le monopole de représenter publiquement et médiatiquement notre courant de pensée, notre culture, notre patrimoine, notre civilisation. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alain Escada, Conférence à la 12ème journée de Synthèse Nationale, 14 octobre 2018&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seul possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l’histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Renaud Camus&lt;br /&gt;
|titre=Le Grand Remplacement&lt;br /&gt;
|année d'origine=2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Reinharc&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|ISBN=9782358690317&lt;br /&gt;
|page=Quatrième de couverture}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« J’ai toujours lu que le monde — terre et eau — était sphérique, et les autorités et les expériences que Ptolémée et tous les autres ont décrites sur ce point prouvent et enseignent cela aussi bien par les éclipses de Lune que par les autres démonstrations qu’ils font depuis l’Orient jusqu’à l’Occident, et par l’élévation du pôle, du nord au midi. A ce moment, je trouvai, comme je l’ai dit, une telle dissemblance à ces vues que je réexaminai cette idée du monde et trouvai qu’il n’était pas rond de la manière qu’on le décrit, mais de la forme d’une poire qui serait toute très ronde, sauf à l’endroit où se trouve la queue qui est le point plus élevé ; ou bien encore, comme une balle très ronde sur un point de laquelle serait posé comme un téton de femme, et que la partie de ce mamelon fût la plus élevée et la plus voisine du ciel, et située sous la ligne équinoxiale en cette mer Océane, à la fin de l’Orient. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ptolémée et les autres savants qui écrivirent des choses de ce monde crurent qu’il était sphérique, estimant que cet hémisphère était rond comme celui où ils se trouvaient, dont le centre est dans l’île d’Arin située sous la ligne équinoxiale, entre le golfe Arabique et le golfe Persique, avec la circonférence qui passe au ponant par le cap Saint-Vincent au Portugal, et à l’orient par Cangara et par les Seras. Pour cet hémisphère, je ne trouve aucune difficulté à ce qu’il soit d’une rondeur sphérique comme ils le disent. Mais pour cet autre, je soutiens qu’il est comme serait la moitié d’une poire bien ronde qui aurait l’extrémité élevée comme je l’ai dit, ou comme serait un téton de femme sur une pelote ronde. Ainsi donc ni Ptolémée ni les autres qui écrivirent à propos du monde, n’eurent connaissance de cette moitié qui était alors très ignorée. Ils établirent leur jugement à partir seulement de l’hémisphère où ils se trouvaient, qui est d’une rondeur sphérique comme je l’ai dit plus haut. Maintenant que Vos Altesses ont fait naviguer, chercher et découvrir cet autre hémisphère, il se révèle à l’évidence. [...] L’Écriture sainte témoigne que Notre Seigneur fit le Paradis terrestre, qu’il y mit l’arbre de vie et que de là sort une source d’où naissent en ce monde quatre fleuves principaux : le Gange aux Indes, le Tigre et l’Euphrate en Asie lesquels séparent les montagnes forment la Mésopotamie et coulent ensuite en Perse, et le Nil qui naît en Éthiopie et se jette dans la mer à Alexandrie. Je ne trouve pas ni n’ai jamais trouvé un écrit des Latins ou des Grecs qui, d’une manière certaine, dise en quel point de ce monde est le Paradis Terrestre. [...] je suis convaincu que là est le Paradis terrestre, où personne ne peut arriver si ce n’est par la volonté divine. Je crois que cette terre dont Vos Altesses ont ordonné maintenant la découverte sera immense et qu’il y en aura beaucoup d’autres dans le Midi dont on n’a jamais eu connaissances. je ne conçois pas que le Paradis terrestre ait la forme d’une montagne abrupte, comme les écrits à son propos nous le montrent, mais bien qu’il est sur ce sommet, en ce point que j’ai dit, qui figure le mamelon de la poire, où l’on s’élève, peu à peu, par une pente prise de très loin. Je crois que personne ne pourrait atteindre ce sommet, ainsi que je l’ai dit, que cette eau peut venir de là, bien que ce soit loin, et qu’elle va se jeter là d’où je viens où elle forme un lac. Ce sont là de grands indices du Paradis terrestre, car la situation est conforme à l’opinion qu’en ont lesdits saints et savants théologiens. Et les signes sont très sûrs eux-mêmes, car je n’ai jamais lu, ni ouï dire, que pareille quantité d’eau douce fût ainsi à l’intérieur de l’eau salée et voisinant avec elle. De même vient à l’appui de cela la très douce température. Et si ce n’est pas du Paradis que cette eau descend, ce me paraît une plus grande merveille encore parce que je ne crois pas que l’on connaisse au monde fleuve si grand et si profond. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Christophe Colomb&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Lettre aux Rois Catholiques sur le troisième voyage aux Indes (1498)&lt;br /&gt;
|titre=La découverte de l’Amérique&lt;br /&gt;
|traducteur=Michel Lequenne et Soledad Estorach&lt;br /&gt;
|éditeur=La Découverte&lt;br /&gt;
|année=1984&lt;br /&gt;
|tome=1&lt;br /&gt;
|page=123-156}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je suis las des musées, — cimetières des arts.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre|&lt;br /&gt;
|auteur=Alphonse de Lamartine&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Voyage en Orient&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Lamartine&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1835&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette, Pagnerre, Furne&lt;br /&gt;
|année=1856-1857&lt;br /&gt;
|tome=7&lt;br /&gt;
|section=Athènes (18 août 1832)&lt;br /&gt;
|page=95}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Je reçois encore des menaces de mort tous les jours.''' Le sexe interracial a du mal à être accepté. Pour certaines personnes, c’est sûrement tabou. Mais ce n’est pas grave. On a tellement de fans à côté de ça qui nous aiment et nous soutiennent. Je préfère me concentrer là-dessus. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Rencontre avec le «Spielberg du porno»&lt;br /&gt;
|auteur=Greg Lansky [Grégory Aouizerate]&lt;br /&gt;
|publication=HuffPost Québec&lt;br /&gt;
|date=1er février 2019&lt;br /&gt;
|url=https://quebec.huffingtonpost.ca/2019/02/01/rencontre-avec-le-spielberg-du-porno_a_23658922&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nature ne connaît ni différents États ni divers souverains, ne s’embarrassant pas non plus s’ils sont amis ou ennemis, ni s’ils se font la guerre, pourvu qu’ils ne la lui déclarent pas. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pierre Le Pesant de Boisguilbert&lt;br /&gt;
|titre=Dissertation sur la nature des richesses&lt;br /&gt;
|année d'origine=1707&lt;br /&gt;
|éditeur=Institut Coppet&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|chapitre=5&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''On ne naît pas femme : on le devient.''' Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un ''Autre''. En tant qu’il existe pour soi l’enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d’abord le rayonnement d’une subjectivité, l’instrument qui effectue la compréhen­sion du monde : c’est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu’ils appréhendent l’univers. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Simone de Beauvoir&lt;br /&gt;
|titre=Le Deuxième Sexe&lt;br /&gt;
|année d'origine=1949&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2014&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070323524&lt;br /&gt;
|tome=II&lt;br /&gt;
|page=13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Expliquez-moi, de grâce, pourquoi il est ridicule de croire à Dieu, tandis qu’il n’est pas ridicule de croire à l’humanité''' ; pourquoi il est stupide de croire au règne céleste, tandis qu’il est intelligent de croire aux utopies terrestres ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Alexandre Herzen&lt;br /&gt;
|titre=De l’autre rive&lt;br /&gt;
|année d'origine=1850&lt;br /&gt;
|traducteur=Alexandre Alexandrovitch Herzen&lt;br /&gt;
|éditeur=Slatkine&lt;br /&gt;
|année=1980&lt;br /&gt;
|page=155}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;lt;...&amp;gt; '''два убо Рима падоша, а третий стоит, а четвертому не быти.'''»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Филофей Псковский, Письмо Василию III, 1510-1511&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:« '''La première et la deuxième Rome [Constantinople] sont tombées, la Troisième est debout, de quatrième il n’y en aura point.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Philothée de Pskov, Lettre à Vassili III, 1510-1511&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La Nation bourgeoise se meurt et la Nation socialiste croît. L’idée nationale a cessé d’être un moyen de puissance aux mains de la bourgeoisie contre le prolétariat et se retourne contre celle-ci. La grande dialectique de l’Histoire fait de l’idée nationale un moyen de puissance du prolétariat contre la bourgeoisie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Heinrich Laufenberg cité par Louis Dupeux&lt;br /&gt;
|titre=National Bolchevisme&lt;br /&gt;
|année d'origine=1979&lt;br /&gt;
|traducteur=Louis Dupeux&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Honoré Champion&lt;br /&gt;
|année=1979&lt;br /&gt;
|volume=1&lt;br /&gt;
|page=121&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Die nationalsozialistische Bewegung Großdeutschlands hat seit ihrer Entstehung den Kampf gegen das Weltjudentum auf ihre Fahnen geschrieben, Sie hat deshalb schon immer mit besonderer Sympathie den Kampf der Freiheitsliebenden Araber, vor allem in Palästina gegen die jüdischen Eindringlinge verfolgt.''' Die Erkenntnis dieses Feindes und der gemeinsame Kampf gegen ihn bilden die feste Grundlage des natürlichen Bündnisses zwischen dem nationalsozialistischen Großdeutschland und den freiheitsliebenden Mohammedanern der ganzen Welt. In diesem Sinne übermittle ich Ihnen am Jahrestag der unseligen Balfour-Deklaration meine herzlichsten Grüße und Wünsche für die glückliche Durchführung Ihres Kampfes bis zum Endsieg.“&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Heinrich Himmler, Telegramm an den Großmufti von Jerusalem, Mohammed Amin al-Husseini, 2. November 1943&lt;br /&gt;
:« '''Depuis le début, le mouvement national-socialiste de la grande Allemagne est un étendard dans la lutte contre la juiverie mondiale. Notre mouvement suit de très près la bataille des Arabes pour leur indépendance, en particulier en Palestine contre les envahisseurs juifs.''' La reconnaissance commune de l’ennemi et la lutte ensemble contre lui est ce qui fonde la base solide de la relation entre les nationaux-socialistes de la Grande Allemagne et les musulmans du monde épris de liberté. En ce jour malheureux de l’anniversaire de la déclaration Balfour, je suis heureux de vous transmettre mes vœux chaleureux pour la poursuite de votre combat jusqu’à la grande victoire. »&lt;br /&gt;
:— Heinrich Himmler, télégramme au grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini, 2 novembre 1943&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Cette guerre n’a pas le Kosovo pour enjeu mais l’Europe toute entière. Vous voyez l’arbre mais non la forêt. La forêt, c’est la domination américaine en Europe.''' Nous, nous ne voulons pas que cette domination s’étende aussi au Kosovo. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Entretien avec Zivadin Jovanovic : les États-Unis bombardent l’Europe !&lt;br /&gt;
|auteur=Renato Farina&lt;br /&gt;
|publication=Il Giornale&lt;br /&gt;
|date=12 avril 1999&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stéphane Mallarmé&lt;br /&gt;
|titre=Poésies&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Brise Marine&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1865&lt;br /&gt;
|éditeur=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1914&lt;br /&gt;
|page=43&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La nation, qui enferme les riches et les pauvres dans un réseau de solidarités, est pour les privilégiés une gêne de tous les instants. Elle est la condition d’existence d’institutions comme la Sécurité sociale qui est, en pratique, un système de redistribution nationale, incompréhensible sans l’hypothèse d’une communauté d’individus solidaires et égaux. '''L’antinationalisme est, pour des classes supérieures qui veulent se débarrasser de leurs obligations, fonctionnel, efficace et discret.''' Il tend à délégitimer l’égalitarisme interne à la société, en activant le projet parfaitement honorable d’un dépassement du nationalisme et des phénomènes d’agressivité entre peuples. [...] '''Les classes supérieures françaises semblent caractérisées, en cette fin de XXe siècle, par une véritable horreur de la nation en tant que telle, qui n’évoque plus, pour elles, que la guerre et le racisme anti-immigrés.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Emmanuel Todd&lt;br /&gt;
|titre=L’Illusion économique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=153-154&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le Paris des bac +5 (ou plus vraisemblablement +2) s’est enflammé pour la défense des droits des immigrés, après s’être ému des problèmes des sans-papiers, mais il n’arrive toujours pas à s’intéresser au peuple des provinces, torturé par une politique européenne et économique qui n’en finit pas de faire monter le taux de chômage.''' [...] Partout l’émergence d’une strate culturelle supérieure, comprenant en gros 20 % de la population, semble briser l’homogénéité de la nation et rendre possible une solidarité supranationale des privilégiés. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Emmanuel Todd&lt;br /&gt;
|titre=L’Illusion économique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1999&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tous les arts ont produit des merveilles ; l’art de gouverner n’a produit que des monstres [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Louis Antoine de Saint-Just &lt;br /&gt;
|titre=Œuvres de Saint-Just represéntant du peuple à la Convention nationale&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Discours sur la constitution à donner à la France&lt;br /&gt;
|année de la contribution=24 avril 1793&lt;br /&gt;
|éditeur=Prévot&lt;br /&gt;
|année=1834&lt;br /&gt;
|page=69&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Après vous avoir déclaré, Monsieur, combien je suis docile à l’autorité de la religion, je dois vous avouer combien je suis indocile à toute autorité de philosophie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Fénelon&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Fénelon, archevêque de Cambrai&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Lettres sur la religion&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1718&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Talbot&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Leroux et Jouby&lt;br /&gt;
|année=1851&lt;br /&gt;
|volume=1&lt;br /&gt;
|section=Lettre IV&lt;br /&gt;
|page=124&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Un temps viendra, dans le cours des siècles, où l’Océan élargira la ceinture du globe, pour découvrir à l’homme une terre immense et inconnue ; la mer nous révélera de nouveaux mondes, et Thulé ne sera plus la borne de l’univers. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Sénèque le Jeune&lt;br /&gt;
|titre=Médée&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Greslou&lt;br /&gt;
|éditeur=Charles-Louis-Fleury Panckoucke&lt;br /&gt;
|année=1834&lt;br /&gt;
|tome=2&lt;br /&gt;
|page=273&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« N’y allez pas. Penser contre son temps, c’est de l’héroïsme. Mais le dire, c’est de la folie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Eugène Ionesco&lt;br /&gt;
|titre=Tueur sans gages&lt;br /&gt;
|année d'origine=1959&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070365760&lt;br /&gt;
|page=165&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Sed quid turba Remi ? sequitur fortunam, ut semper, et odit damnatos. [...] Iam pridem, ex quo suffragia nulli uendimus, effudit curas ; nam qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, '''panem et circenses'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Juvénal, ''Satires'', X, 77–81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La souveraineté du peuple est une hérésie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Charles Maignen&lt;br /&gt;
|titre=La Souveraineté du peuple est une hérésie. À propos d’une brochure du R. P. Maumus.&lt;br /&gt;
|année d'origine=1892&lt;br /&gt;
|éditeur=A. Roger et F. Cernoviz&lt;br /&gt;
|année=1892&lt;br /&gt;
|page=55&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Ne vois-tu pas que les établissements humains les plus antiques et les plus sages, les États et les nations, sont aussi les plus religieux, que les époques les plus éclairées sont celles de la plus grande piété ?''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Xénophon&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Xénophon&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Mémoires sur Socrate&lt;br /&gt;
|traducteur=Eugène Talbot&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1859&lt;br /&gt;
|livre=I&lt;br /&gt;
|chapitre=4&lt;br /&gt;
|page=24&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Vouloir donner à de telles lois [les droits de l’homme] un caractère d’universalité et d’immutabilité serait imposer à la liberté de l’homme le joug le plus absurde. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Charles-Louis de Haller&lt;br /&gt;
|traducteur=Charles-Louis de Haller&lt;br /&gt;
|titre=Restauration de la science politique [Restauration der Staatswissenschaften]&lt;br /&gt;
|année d'origine=1816–1834&lt;br /&gt;
|éditeur=Rusand&lt;br /&gt;
|année=1824&lt;br /&gt;
|tome=1&lt;br /&gt;
|page=208}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“But Catholic wisdom, sustained by the precepts of natural and divine law, provides with especial care for public and private tranquility in its doctrines and teachings regarding the duty of government and the distribution of the goods which are necessary for life and use. For, while the socialists would destroy the &amp;quot;right&amp;quot; of property, alleging it to be a human invention altogether opposed to the inborn equality of man, and, claiming a community of goods, argue that poverty should not be peaceably endured, and that the property and privileges of the rich may be rightly invaded, the Church, with much greater wisdom and good sense, recognizes the inequality among men, who are born with different powers of body and mind, inequality in actual possession, also, and holds that the right of property and of ownership, which springs from nature itself, must not be touched and stands inviolate. For she knows that stealing and robbery were forbidden in so special a manner by God, the Author and Defender of right, that He would not allow man even to desire what belonged to another, and that thieves and despoilers, no less than adulterers and idolaters, are shut out from the Kingdom of Heaven.”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|titre=Quod Apostolici Muneris&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=28 décembre 1878&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://w2.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_28121878_quod-apostolici-muneris.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Quant à la tranquillité publique et domestique, la sagesse catholique, appuyée sur les préceptes de la loi divine et naturelle, y pourvoit très prudemment par les idées qu’elle adopte et qu’elle enseigne sur le droit de propriété et sur le partage des biens qui sont acquis pour la nécessité et l’utilité de la vie. Car, tandis que les socialistes présentent le droit de propriété comme étant une invention humaine, répugnant à l’égalité naturelle entre les hommes, tandis que, prêchant la communauté des biens, ils proclament qu’on ne saurait supporter patiemment la pauvreté et qu’on peut impunément violer les possessions et les droits des riches, l’Église reconnaît beaucoup plus utilement et sagement que l’inégalité existe entre les hommes naturellement dissemblables par les forces du corps et de l’esprit, et que cette inégalité existe même dans la possession des biens ; elle ordonne, en outre, que le droit de propriété et de domaine, provenant de la nature même, soit maintenu intact et inviolable dans les mains de qui le possède ; car elle sait que le vol et la rapine ont été condamnés par Dieu, l’auteur et le gardien de tout droit, au point qu’il n’est même pas permis de convoiter le bien d’autrui, et que les voleurs et les larrons sont exclus, comme les adultères et les idolâtres, du royaume des cieux. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Quod Apostolici Muneris&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=28 décembre 1878&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://w2.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_28121878_quod-apostolici-muneris.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The Fathers of the field had been pretty confusing: John von Neumann speculated about computers and the human brain in analogies sufficiently wild to be worthy of a medieval thinker and Alan M. Turing thought about criteria to settle '''the question of whether Machines Can Think''', a question of which we now know that it '''is about as relevant as the question of whether Submarines Can Swim.'''”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=The threats to computing science, EWD898&lt;br /&gt;
|auteur=Edsger Dijkstra&lt;br /&gt;
|publication=ACM South Central Regional Conference&lt;br /&gt;
|date=1984&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|url=https://www.cs.utexas.edu/users/EWD/transcriptions/EWD08xx/EWD898.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« '''[...] la question de savoir si les machines peuvent penser [...] est à peu près aussi pertinente que celle de savoir si les sous-marins peuvent nager.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=The threats to computing science, EWD898&lt;br /&gt;
|auteur=Edsger Dijkstra&lt;br /&gt;
|publication=ACM South Central Regional Conference&lt;br /&gt;
|date=1984&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|url=https://www.cs.utexas.edu/users/EWD/transcriptions/EWD08xx/EWD898.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“In old days men had the rack. Now they have the press. That is an improvement certainly. But still it is very bad, and wrong, and demoralising. Somebody — was it [[Edmund Burke|Burke]]? — called journalism the fourth estate. That was true at the time, no doubt. But at the present moment it really is the only estate. It has eaten up the other three. The Lords Temporal say nothing, the Lords Spiritual have nothing to say, and the House of Commons has nothing to say and says it. '''We are dominated by Journalism.''''''”&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|titre=The Soul of Man under Socialism&lt;br /&gt;
|auteur=Oscar Wilde&lt;br /&gt;
|publication=The Fortnightly Review. New Series.&lt;br /&gt;
|date=February 1891&lt;br /&gt;
|volume=49 (Old Series: Volume 55)&lt;br /&gt;
|numéro=290&lt;br /&gt;
|page=292-319&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
:« Au temps jadis, on avait le chevalet de torture. Aujourd’hui on a la presse. Assurément c’est un progrès. Mais c’est encore chose mauvaise, nuisible, démoralisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:Quelqu’un — était-ce [[Edmund Burke|Burke]], — a dit que la presse est le quatrième État. Évidemment c’était vrai alors. Mais à l’heure actuelle, c’est en réalité le seul État, il a mangé les trois autres. Les lords temporels ne disent rien, les lords ecclésiastiques n’ont rien à dire. La Chambre des Communes n’a rien à dire, et elle le dit ; '''nous sommes dominés par le journalisme.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Le Portrait de Monsieur W. H.&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=L’Âme humaine sous le régime socialiste&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1891&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Savine&lt;br /&gt;
|auteur=Oscar Wilde&lt;br /&gt;
|éditeur=Stock&lt;br /&gt;
|année=1906&lt;br /&gt;
|page=304-305&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À qui veut régénérer une société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines. La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d’où est née la société. Aussi, s’écarter de la fin, c’est aller à la mort ; y revenir, c’est reprendre vie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Rerum Novarum, Lettre encyclique de sa sainteté le pape Léon XIII&lt;br /&gt;
|auteur=Léon XIII&lt;br /&gt;
|publication=Le Vatican&lt;br /&gt;
|date=1891&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=https://w2.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut donc bien se garder d’attribuer aux lois physiques les maux qui sont la juste et inévitable punition de la violation de l’ordre même de ces lois, instituées pour opérer le bien. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=François Quesnay&lt;br /&gt;
|titre=Journal de l’agriculture, du commerce et des finances&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1765&lt;br /&gt;
|éditeur=Knapen&lt;br /&gt;
|année=1765&lt;br /&gt;
|tome=II&lt;br /&gt;
|page=17&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous savons, sans qu’on nous le dise, que le Perse a des forces mille fois plus importantes que les nôtres. Cependant, la liberté nous est si chère que nous nous défendrons comme nous pourrons. [...] Les Lacédémoniens ont eu peur que nous ne traitions avec les Barbares, et leur crainte est fort naturelle, mais c’est, semble-t-il, bassement mettre en doute la noblesse d’Athènes, quand vous la connaissez bien, quand vous savez qu’il n’y a pas au monde assez d’or, une terre assez extraordinaire par sa richesse et sa beauté, pour que nous consentions à ce prix à nous ranger du côté du Perse et à réduire la Grèce en esclavage. Il existe de nombreuses raisons graves pour nous en empêcher, quand nous voudrions le faire, et la première et la plus grave, ce sont les images et les demeures de nos dieux, incendiées, gisant à terre, qui exigent de nous une vengeance éclatante plutôt qu’un accord avec l’auteur de ce crime ; ensuite, il y a le monde grec, uni par la langue et par le sang, les sanctuaires et les sacrifices qui nous sont communs, nos mœurs qui sont les mêmes, et cela, des Athéniens ne sauraient le trahir. Sachez donc, si par hasard vous ne le saviez pas encore, qu’aussi longtemps qu’il y aura sur terre un Athénien, nous ne pactiserons pas avec Xerxès. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hérodote&lt;br /&gt;
|titre=L’Enquête&lt;br /&gt;
|traducteur=Andrée Barguet&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|livre=VIII&lt;br /&gt;
|page=143-144}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Die ganzen Zahlen hat der liebe Gott gemacht, alles andere ist Menschenwerk.'''“&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=de&lt;br /&gt;
|auteur=Leopold Kronecker zitiert bei Heinrich Weber&lt;br /&gt;
|titre=Leopold Kronecker&lt;br /&gt;
|année d'origine=1891–1892&lt;br /&gt;
|éditeur=Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung&lt;br /&gt;
|année=1891–1892&lt;br /&gt;
|volume=2&lt;br /&gt;
|page=19}}&lt;br /&gt;
:« '''Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l’œuvre de l’homme.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Leopold Kronecker cité par Heinrich Weber&lt;br /&gt;
|titre=Leopold Kronecker&lt;br /&gt;
|année d'origine=1891–1892&lt;br /&gt;
|éditeur=Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung&lt;br /&gt;
|année=1891–1892&lt;br /&gt;
|volume=2&lt;br /&gt;
|page=19}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=L’homme et le fantôme&lt;br /&gt;
|auteur=André Malraux&lt;br /&gt;
|publication=L’Express&lt;br /&gt;
|numéro=104&lt;br /&gt;
|date=21 mai 1955&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“The monopolization of money and banking is the ultimate pillar on which the modern state rests. In fact, it has probably become the most cherished instrument for increasing state income. For nowhere else can the state make the connection between redistribution-expen- diture and exploitation-return more directly, quickly and securely than by monopolizing money and banking. And nowhere else are the state’s schemes less clearly understood than here.”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Hans-Hermann Hoppe&lt;br /&gt;
|titre=The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy&lt;br /&gt;
|année d'origine=1993&lt;br /&gt;
|éditeur=Ludwig von Mises Institute&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|ISBN=9780945466406&lt;br /&gt;
|page=89}}&lt;br /&gt;
:« La monopolisation de la monnaie et de la banque est le dernier pilier sur lequel repose l’État moderne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:—{{fr}} Hans-Hermann Hoppe, ''The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy'' (1993)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''notre siècle, qui se croit destiné à changer les lois en tout genre''' [...]. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean le Rond D’Alembert&lt;br /&gt;
|titre=Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Discours préliminaire de l’Encyclopédie&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1751&lt;br /&gt;
|éditeur=Le Breton, Durand, Briasson, Michel-Antoine David&lt;br /&gt;
|année=1751&lt;br /&gt;
|tome=I&lt;br /&gt;
|page=xxi&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«'''Мы не будем шарлатанить и станем заявлять прямо, что на этом свете ничего не разберешь. Всё знают и всё понимают только дураки да шарлатаны.'''»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{ru}}Антон Чехов, Письмо Ивану Щеглову, 9 июня 1888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:« '''Nous ne ferons pas les charlatans et nous déclarerons tout simplement qu’il n’y a rien à comprendre dans ce monde. Ceux qui savent et comprennent tout ne sont que des sots et des charlatans.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{fr}}Anton Tchekhov, Lettre à Ivan Chtchéglov, 9 juin 1888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s’en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, sœurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n’admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon cœur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l’as créé avec magnificence, c’est toi que j’invoque : '''montre-moi un homme qui soit bon !'''... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d’étonnement : on meurt à moins. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Comte de Lautréamont&lt;br /&gt;
|titre=Les Chants de Maldoror&lt;br /&gt;
|année d'origine=1869&lt;br /&gt;
|éditeur=Wittmann&lt;br /&gt;
|année=1874&lt;br /&gt;
|page=11&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''France, mère des arts, des armes et des loix''',&lt;br /&gt;
Tu m’as nourri long temps du laict de ta mammelle,&lt;br /&gt;
Ores, comme un aigneau qui sa nourrice appelle,&lt;br /&gt;
Je remplis de ton nom les antres et les bois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si tu m’as pour enfant advoué quelquefois,&lt;br /&gt;
Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle ?&lt;br /&gt;
France, France, respons à ma triste querelle :&lt;br /&gt;
Mais nul, sinon Écho, ne respond à ma voix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,&lt;br /&gt;
Je sens venir l’hyver, de qui la froide haleine&lt;br /&gt;
D’une tremblante horreur fait herisser ma peau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Las, tes autres aigneaux n’ont faute de pasture,&lt;br /&gt;
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :&lt;br /&gt;
Si ne suis-je pourtant le pire du troppeau. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Joachim du Bellay, ''Les Regrets'' (1558), IX&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« '''Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage''',&lt;br /&gt;
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,&lt;br /&gt;
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,&lt;br /&gt;
Vivre entre ses parents le reste de son aage ! »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Joachim du Bellay, ''Les Regrets'' (1558), XXXI&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,&lt;br /&gt;
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,&lt;br /&gt;
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin&lt;br /&gt;
De toute passion vigoureuse et profonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre cervelle est vide autant que votre sein,&lt;br /&gt;
Et vous avez souillé ce misérable monde&lt;br /&gt;
D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,&lt;br /&gt;
Que la mort germe seule en cette boue immonde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin'''&lt;br /&gt;
Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,&lt;br /&gt;
Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,&lt;br /&gt;
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,&lt;br /&gt;
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Leconte de Lisle&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres de Leconte de Lisle&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Poèmes barbares&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1862&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Alphonse Lemerre&lt;br /&gt;
|année=1889&lt;br /&gt;
|section=« Aux modernes »&lt;br /&gt;
|page=356&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''It is no coincidence that the century of total war coincided with the century of central banking.'''”&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Ron Paul&lt;br /&gt;
|titre=End the Fed&lt;br /&gt;
|année d'origine=2009&lt;br /&gt;
|éditeur=Grand Central Publishing&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9780446549196&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
:« '''Ce n’est pas un hasard si le siècle de la guerre totale a coïncidé avec le siècle des banques centrales.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Ron Paul&lt;br /&gt;
|titre=End the Fed&lt;br /&gt;
|année d'origine=2009&lt;br /&gt;
|éditeur=Grand Central Publishing&lt;br /&gt;
|année=2009&lt;br /&gt;
|ISBN=9780446549196&lt;br /&gt;
|page=63}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La LICRA, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Marc-Édouard Nabe, « Apostrophes », ''Antenne 2'', 15 février 1985&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation''', les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle — tous éléments créés par l’initiative capitaliste. [...] L’histoire de l’équipement productif d’énergie, depuis la roue hydraulique jusqu’à la turbine moderne, ou l’histoire des transports, depuis la diligence jusqu’à l’avion. L’ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l’atelier artisanal et la manufacture jusqu’aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d’autres exemples du même processus de mutation industrielle — si l’on me passe cette expression biologique — qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, '''en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de '''Destruction Créatrice''' constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c’est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s’y adapter.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Joseph Schumpeter&lt;br /&gt;
|titre=Capitalisme, socialisme, démocratie&lt;br /&gt;
|année d'origine=1942&lt;br /&gt;
|traducteur=Gaël Fain&lt;br /&gt;
|éditeur=Payot&lt;br /&gt;
|année=1951&lt;br /&gt;
|page=163-164}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La franc-maçonnerie est une fabrique de juifs synthétiques.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Serge de Beketch, Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?, 27 mars 1998&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a dans la promptitude à raisonner une sorte de volupté qui est encore une volupté de l’amour-propre, de la chair et du monde. On ne voit point d’homme, s’il est capable d’y réussir, qui n’éprouve de la complaisance pour les jeux subtils de la dialectique : c’est qu’ils démontrent son habileté et lui promettent une victoire. Il a moins de goût pour la vérité, dont l’évidence l’humilie. Que pour l’argument, dont l’invention le flatte. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Louis Lavelle&lt;br /&gt;
|titre=La Conscience de soi&lt;br /&gt;
|année d'origine=1933&lt;br /&gt;
|éditeur=Christian de Bartillat&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|chapitre=II&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’État n’a aucune justification morale ni scientifique, mais [...] constitue le pur produit de l’émergence de la violence dans les sociétés humaines.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pascal Salin&lt;br /&gt;
|titre=Libéralisme&lt;br /&gt;
|année d'origine=2000&lt;br /&gt;
|éditeur=Odile Jacob&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|ISBN=9782738108098&lt;br /&gt;
|page=517}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice''' ; elle doit protéger cette nouveauté et l’introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hannah Arendt&lt;br /&gt;
|titre=La Crise de la culture&lt;br /&gt;
|année d'origine=1961&lt;br /&gt;
|traducteur=Patrick Lévy&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070325030&lt;br /&gt;
|page=241}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ?''' Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Johann Gottfried von Herder&lt;br /&gt;
|titre=Histoire et Culture&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2000&lt;br /&gt;
|page=65-66}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Sommes-nous le dépotoir du monde ? Par toutes nos routes d’accès, transformées en grands collecteurs, coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est l’immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l’affreuse misère andalouse, de la semence d’Abraham et du bitume de Judée ; c’est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux. Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollacks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d’armes, pistoleros en détresse, espions, usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils arrivent de tous les côtés, sans relâche, sur les océans, par-dessous les montagnes, à pleins trains, à pleins paquebots. Ils arrivent et on les attend. De &amp;quot;gauche&amp;quot; ou de &amp;quot;droite&amp;quot;, ils ont toujours des amis. Révolution et coups d’État en offrent l’incessant prétexte. Sous couleur de droit d’asile, on laisse entrer pêle-mêle et sans la moindre précaution réfugiés politiques et condamnés de droit commun - tous d’accord au moins sur un point : le droit qu’ils s’arrogent de nous traiter en pays conquis. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri Béraud&lt;br /&gt;
|titre=Gringoire : Écrits 1928-1937&lt;br /&gt;
|année d'origine=7 août 1936&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Paris&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|ISBN 9782851621030&lt;br /&gt;
|page=328}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’univers n’est pas infini dans l’espace, mais que l’espace n’a pas pour autant de frontières. La gravité est si forte que l’espace est refermé sur lui-même, le rendant plutôt semblable à la surface de la Terre. Si quelqu’un avance dans une certaine direction à la surface de la Terre, il ne se heurtera jamais à une barrière infranchissable ni ne tombera du bord ; il finira par revenir à son point de départ. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Stephen Hawking&lt;br /&gt;
|titre=Une brève histoire du temps&lt;br /&gt;
|année d'origine=1988&lt;br /&gt;
|traducteur=Isabelle Naddeo-Souriau&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1989&lt;br /&gt;
|ISBN 9782080812386&lt;br /&gt;
|page=36}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Court est le temps qui t’est laissé. Vis comme sur une montagne. Car il n’importe en rien de vivre ici ou là, si partout tu te conduis dans le monde comme dans une cité.''' Que les hommes voient et observent un homme qui vit avec la nature en véritable conformité. S’ils ne le souffrent pas, qu’ils te tuent ! Cela vaut mieux que de vivre comme eux. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Marc Aurèle&lt;br /&gt;
|titre=Pensées pour moi-même&lt;br /&gt;
|traducteur=Mario Meunier&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1984&lt;br /&gt;
|ISBN 9782080700162&lt;br /&gt;
|section=XV&lt;br /&gt;
|page=147}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La grande question qui se pose ici est de savoir pourquoi les Arabes, qui n’étaient certainement pas plus nombreux que les Germains, n’ont pas été absorbés comme eux par les populations de ces régions de civilisation supérieure dont ils se sont emparés ? Tout est là. Il n’est qu’une réponse et elle est d’ordre moral. Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au christianisme de l’Empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C’est cela et cela seul qui les rend inassimilables. Car pour le reste, ils n’ont pas plus de préventions que les Germains contre la civilisation de ceux qu’ils ont conquis. Au contraire, ils se l’assimilent avec une étonnante rapidité ; en science, ils se mettent à l’école des Grecs ; en art, à celle des Grecs et des Perses. Ils ne sont même pas fanatiques, du moins au début, et n’entendent pas convertir leurs sujets. Mais ils veulent les faire obéir au seul dieu, Allah, à son prophète Mahomet et, puisqu’il était Arabe, à l’Arabie. Leur religion universelle est en même temps nationale. Ils sont les serviteurs de Dieu. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Islam signifie résignation ou soumission à Dieu et Musulman veut dire soumis. Allah est un et il est logique dès lors que tous ses serviteurs aient pour devoir de l’imposer aux incroyants, aux infidèles. Ce qu’ils se proposent, ce n’est pas, comme on l’a dit, leur conversion, mais leur sujétion. C’est cela qu’ils apportent avec eux. Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles leur seront utiles. Ils y sont poussés d’ailleurs, par leurs propres conquêtes. Pour gouverner l’Empire qu’ils ont fondé, ils ne peuvent plus s’appuyer sur leurs institutions tribales ; de même les Germains n’ont pu imposer les leurs à l’Empire romain. La différence est que partout où ils sont, ils dominent. Les vaincus sont leurs sujets, payent seuls l’impôt, sont hors de la communauté des croyants. La barrière est infranchissable ; aucune fusion ne peut se faire entre les populations conquises et les Musulmans. Quel contraste formidable avec un Théodoric qui se met au service de ses vaincus et cherche à s’assimiler à eux !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les Germains, le vainqueur ira au vaincu spontanément. Chez les Arabes c’est le contraire, c’est le vaincu qui ira au vainqueur et il n’y pourra aller qu’en servant, comme lui, Allah, en lisant, comme lui, le Coran, donc en apprenant la langue qui est la langue sainte en même temps que la langue maîtresse. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri Pirenne&lt;br /&gt;
|titre=Mahomet et Charlemagne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1937&lt;br /&gt;
|éditeur=Presses Universitaires de France&lt;br /&gt;
|année=1992&lt;br /&gt;
|page=109-110}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Louis Pauwels, « Le Monome des zombies », ''Figaro Magazine'', 6 décembre 1986&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous proposons donc de ranger sous le nom de ''complexe de Prométhée'' toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gaston Bachelard&lt;br /&gt;
|titre=La Psychanalyse du feu&lt;br /&gt;
|année d'origine=1938&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio essais&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|ISBN 9782070323258&lt;br /&gt;
|page=30}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gaston Bachelard&lt;br /&gt;
|titre=La Psychanalyse du feu&lt;br /&gt;
|année d'origine=1938&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio essais&lt;br /&gt;
|année=1985&lt;br /&gt;
|ISBN 9782070323258&lt;br /&gt;
|page=187}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il n’y avait pas eu l’Allemagne, nous vivrions aujourd’hui sous la domination des Rouges. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Philip K. Dick&lt;br /&gt;
|titre=Le Maître du Haut Château&lt;br /&gt;
|année d'origine=1962&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Parsons&lt;br /&gt;
|collection=J’ai Lu&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Même si tu es vaincu, même si tu meurs, même si l’on t’a rayé de la carte, même si l’on ne prononce plus ton nom, mon peuple, tu ressusciteras. Tu ressusciteras aussi longtemps que tu auras gardé au fond de ta conscience ton type fondamental dont les racines puisent une nouvelle et plus forte sève dans les os sacrés des morts. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Gonzague de Reynold&lt;br /&gt;
|titre=Expérience de la Suisse&lt;br /&gt;
|année d'origine=1970&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Nuithonie&lt;br /&gt;
|année=1970&lt;br /&gt;
|page=264}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La loi naturelle, est en définitive le seul rempart valide contre l’arbitraire du pouvoir ou des tromperies de la manipulation idéologique.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première préoccupation de tous — et particulièrement pour qui a la responsabilité publique, est donc d’aider au progrès de la conscience morale. Tel est le progrès fondamental et sans ce progrès, tous les autres progrès ne sont pas de vrais progrès. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{fr}} Benoît XVI, Discours au Congrès international sur la Loi morale naturelle, Université du Latran, 12 février 2007&lt;br /&gt;
:“'''Natural law is, definitively, the only valid bulwark against the arbitrary power or the deception of ideological manipulation.''' [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:The first duty for all, and particularly for those with public responsibility, must therefore be to promote the maturation of the moral conscience. This is the fundamental progress without which all other progress proves non-authentic.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:— {{en}} Benedict XVI, Address to the participants of the International Congress on Natural Moral Law, Pontifical Lateran University, February 12, 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la société est toujours gouvernée par un petit nombre d’hommes, par une ''élite'', alors même qu’elle semble avoir une constitution absolument démocratique''' ; c’est ce qu’on a reconnu depuis les temps les plus reculés. Dans la démocratie athénienne il y avait les démagogues, c’est-à-dire les “conducteurs du peuple”, et Aristophane, dans ses ''Chevaliers'', nous les montre se rendant maîtres du peuple privé de bon sens. De nos jours la démocratie française, anglaise, des État-Unis, etc., sont en fait, gouvernés par un petit nombre de politiciens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Vilfredo Pareto&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Manuel d’économie politique&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1906&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes&lt;br /&gt;
|traducteur=Giovanni Busino&lt;br /&gt;
|éditeur=Librairie Droz&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|tome=VII&lt;br /&gt;
|page=422-423}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous naissons tous fous. Quelques uns le demeurent.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Samuel Beckett&lt;br /&gt;
|titre=En attendant Godot&lt;br /&gt;
|année d'origine=1948&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Minuit&lt;br /&gt;
|année=1952&lt;br /&gt;
|ISBN=9782707301482&lt;br /&gt;
|page=113&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Théophile Gautier, « Malaga », in ''Voyage en Espagne'' (1843)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois''', laquelle leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ayn Rand&lt;br /&gt;
|titre=La Grève&lt;br /&gt;
|année d'origine=1957&lt;br /&gt;
|traducteur=Sophie Bastide-Foltz&lt;br /&gt;
|éditeur=Les Belles Lettres&lt;br /&gt;
|année=2017&lt;br /&gt;
|section=troisième partie, chap. VII&lt;br /&gt;
|page=&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La marine marchande qui étonne le plus par ses progrès, est celle des États-Unis, qui n’ont point de colonies. '''Les vraies colonies d’un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde.''' Tout peuple commerçant doit désirer qu’ils soient tous indépendants, pour qu’ils deviennent tous plus industrieux et plus riches ; car plus ils sont nombreux et productifs, et plus ils présentent d’occasions et de facilités pour des échanges. Ces peuples alors deviennent pour vous des amis utiles, et qui ne vous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d’entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où l’on sera honteux de tant de sottise, et où les colonies n’auront plus d’autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens des peuples. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean-Baptiste Say&lt;br /&gt;
|titre=Traité d’économie politique&lt;br /&gt;
|année d'origine=1803&lt;br /&gt;
|éditeur=O. Zeller&lt;br /&gt;
|année=1841&lt;br /&gt;
|page=233&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais la bourgeoisie d’aujourd’hui est plus intelligente que celle d’hier car elle a compris qu’il fallait rester dans le brouillage de classes, et officiellement le concept de classes n’existe pas. '''La nouvelle bourgeoisie n’assume pas sa position de classe. Elle est excellente dans la promotion de la société ou de la ville ouverte, alors que ce sont les gens qui sont le plus dans les stratégies d’évitement, de renforcement de position de classe, mais avec un discours d’ouverture.''' Et quand le peuple conteste ce modèle, on l’ostracise. C’est pour cela que je dis que l’antifascisme est devenu une arme de classe, car cette arme n’est utilisée que par la bourgeoisie. Ce n’est pas un hasard si les antifascistes dans les manifestations sont des enfants de la bourgeoisie. Et tout cela dit un mépris de classe. Parce que personne ne va être pour le racisme et pour le fascisme. En réalité, derrière tout cela, il s’agit d’ostraciser le peuple lui-même, les classes populaires. C’est aussi une façon de délégitimer leur diagnostic, parce qu’en réalité, le “populisme”, c’est le diagnostic des gens d’en bas, et la bourgeoisie s’en démarque en se voyant en défenseur de la démocratie. »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Christophe Guilluy : “La France d’en haut s’est structurée autour d’Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d’en bas, lui, est complètement dispersé”&lt;br /&gt;
|auteur=Christophe Guilluy&lt;br /&gt;
|publication=Atlantico&lt;br /&gt;
|date=23 Septembre 2017&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-france-en-haut-est-structuree-autour-emmanuel-macron-pour-proteger-interets-monde-en-bas-lui-est-completement-3172492.html&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On a existé pendant dix ans et puis l’un des membres a écrit à Sarkozy pour lui demander de reconstruire la Bastille en lui disant que, quand elle avait été démolie, l’ordre ancien l’avait été également, le bonheur et la raison aussi. La brèche s’était ouverte sur la cruauté en plus de la volonté de renouvellement et, avec le temps, cette volonté s’est amenuisée tandis que les émanations du chaos se sont renforcées. '''Il fallait donc restaurer la Bastille pour juguler la destruction de la Terre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Sergueï Nossov : « À l’époque, à Saint-Pétersbourg, il y avait autant de chiens que de poètes ! »&lt;br /&gt;
|auteur=Sergueï Nossov&lt;br /&gt;
|publication=Le Courrier de Russie&lt;br /&gt;
|date=21 avril 2016&lt;br /&gt;
|page=url&lt;br /&gt;
|url=https://www.lecourrierderussie.com/culture/2016/04/serguei-nossov-vie-raisonnable/&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La majorité ne fait pas la vérité, c’est la vérité qui doit faire la majorité.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mgr Lefebvre&lt;br /&gt;
|titre=Ils l’ont découronné&lt;br /&gt;
|année d'origine=1987&lt;br /&gt;
|éditeur=Fideliter/Clovis&lt;br /&gt;
|année=1987&lt;br /&gt;
|page=91}}&lt;br /&gt;
{{Center|Mgr Lefebvre|}}&lt;br /&gt;
« En général, l’enfant présente à l’état passager des caractères mentaux qui se retrouvent à l’état fixe dans les civilisations primitives, à peu près comme l’embryon humain présente à l’état passager des caractères physiques qui se trouvent à l’état fixe dans des classes d’animaux inférieurs. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Hippolyte Taine&lt;br /&gt;
|titre=De l’intelligence&lt;br /&gt;
|année d'origine=1870&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1870&lt;br /&gt;
|page=373}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Some socialists seem to believe that people should be numbers in a state computer. We believe they should be individuals. We’re all unequal. No one, thank heavens, is quite like anyone else, however much the socialists may pretend otherwise. And we believe that everyone has the right to be unequal. But to us, every human being is equally important. A man’s right to work as he will, to spend what he earns, to own property, to have the state as servant and not as master, they’re the essence of a free economy and on that freedom all our other freedoms depend.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} Margaret Thatcher, Speech to the Conservative Party Conference, 10 October, 1975&lt;br /&gt;
:« Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des nombres dans un ordinateur de l’État. Nous croyons qu’ils devraient être des individus. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, ne ressemble à personne. Nous pensons que chacun a le droit d’être inégal même si, pour nous, chaque être humain est également important. Le droit d’un homme de travailler comme il l’entend, de dépenser ce qu’il gagne, de disposer de biens, d’avoir dans l’État un serviteur et non un maître, voilà l’essence d’une économie libre. Et de cette liberté, toutes les libertés dépendent. »&lt;br /&gt;
:— {{fr}} Margaret Thatcher, Discours à la conférence du parti conservateur, 10 Octobre 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« La guerre n’est rien d’autre que la continuation des relations politiques avec l’appoint d’autres moyens. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Carl von Clausewitz&lt;br /&gt;
|titre=De la Guerre&lt;br /&gt;
|année d'origine=1832&lt;br /&gt;
|traducteur=Pierre Naville&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de Minuit&lt;br /&gt;
|année=1955&lt;br /&gt;
|section=IIIe partie&lt;br /&gt;
|page=703}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''You know what the fellow said — in Italy, for thirty years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland, they had brotherly love, they had five hundred years of democracy and peace — and what did that produce? The cuckoo clock.''' So long Holly.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} ''The Third Man'' (1949), Harry Lime [Orson Welles]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il embrassa la mer d’un regard et se rendit compte de l’infinie solitude où il se trouvait.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Ernest Hemingway&lt;br /&gt;
|titre=Le Vieil Homme et la Mer&lt;br /&gt;
|année d'origine=1952&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean Dutourd&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1972&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070360079&lt;br /&gt;
|page=69}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;poem&amp;gt;« Que dites-vous ?... C’est inutile ?... Je le sais !&lt;br /&gt;
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !&lt;br /&gt;
'''Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !''' »&amp;lt;/poem&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Edmond Rostand&lt;br /&gt;
|titre=Cyrano de Bergerac&lt;br /&gt;
|année d'origine=1897&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|ISBN=9782080700315&lt;br /&gt;
|section=acte V, scène 6&lt;br /&gt;
|page=417}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“'''Let your boat of life be light, packed with only what you need - a homely home and simple pleasures, one or two friends, worth the name, someone to love and someone to love you, a cat, a dog, and a pipe or two, enough to eat and enough to wear, and a little more than enough to drink; for thirst is a dangerous thing.'''”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— {{en}} Jerome K. Jerome, ''Three Men in a Boat'' (1889), Chapter 3&lt;br /&gt;
:« '''Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose dangereuse.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Jerome K. Jerome&lt;br /&gt;
|titre=Trois hommes dans un bateau&lt;br /&gt;
|année d'origine=1889&lt;br /&gt;
|traducteur=Déodat Serval, révisée par André Topia&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|collection=Garnier Flammarion&lt;br /&gt;
|année=1990&lt;br /&gt;
|page=76}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s’éclairer sans se corrompre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Restif de La Bretonne&lt;br /&gt;
|titre=Le Pornographe&lt;br /&gt;
|année d'origine=1770&lt;br /&gt;
|éditeur=J. Nourse/Gosse &amp;amp; Pinet&lt;br /&gt;
|année=1770&lt;br /&gt;
|page=302}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les mêmes qui pleurent le maïs modifié marient l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, veulent donner à l’enfant des parents du même sexe, accepter que le fœtus soit créé ici, porté là-bas, nourri ailleurs, qu’il naisse en pipette ou qu’il soit introduit dans l’utérus d’une vieille folle qui veut encore sentir son ventre, tout cela n’a pas d’importance. Mais que personne ne touche aux légumes ! »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Pasquin&lt;br /&gt;
|titre=Pasquin concentré non sucré&lt;br /&gt;
|année d'origine=2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Éditions de l’Homme Nouveau&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|ISBN=9782915988376&lt;br /&gt;
|section=Tas de betteraves !&lt;br /&gt;
|page=71}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J’ai d’ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. '''Allons chercher l’ennemi : si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi'''. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Harangue prononcée à ses hommes&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Henri de la Rochejaquelein cité par Louis-Gabriel Michaud&lt;br /&gt;
|titre=Biographie universelle, ancienne et moderne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1824&lt;br /&gt;
|éditeur=Michaud&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|tome=38&lt;br /&gt;
|section=« Rochejaquelein (Henri de la) »&lt;br /&gt;
|page=317-325}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=René Char&lt;br /&gt;
|titre=Fureur et mystère&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1948&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=1967&lt;br /&gt;
|section=« Feuillets d’Hypnos »&lt;br /&gt;
|page=98}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’Islam, un des malheurs du monde, un Judaïsme pour les brutes et qui ramasse tout ce qu’Israël imagina de moins spirituel et de plus inhumain, l’Islam est l’égout de la Bible avec des relents d’hérésie chrétienne et le fatras du paganisme arabe, une coulée de boue sur le visage de l’espèce humaine et l’on préfère le néant à ce qu’il nous apporte (ou, si l’on veut, le Communisme, lequel ne lui fera pas grâce et lui ressemble trop pour l’épargner longtemps). Un musulman est toujours une brute, au moins par de certains côtés, sa foi l’oblige à l’arrogance, il mêle à la présomption l’humilité qu’il rend démonstrative et ses rigueurs l’attachent à la complaisance la moins sujette à la mesure. Religion — dit Levi-Strauss — religion de corps de garde (le règlement, les revues de détail et pas de femmes, enfin la bougrerie avec un peu de cuistrerie et l’étalage le plus sale de nos besoins les plus grossiers), vivant dans un chaos perpétuel et rétablissant l’ordre à coups de hache, sans foyer, cité ni patrie, niant le monde qu’elle déifie en ne le sachant pas. L’Islam est une foi qui n’apprenant jamais, refuse de comprendre et qui revient de tout en ne s’acheminant à rien, et ses fidèles sont des mules qui tournent dans le cercle, les yeux bandés et n’avançant d’un pas. Ses peuples ? Le fumier de l’avenir, à moins qu’ils ne se rendent communistes et n’aillent baiser le tombeau du Juif Lénine sous les icônes du Juif Marx. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Albert Caraco, ''Journal d’une année'' (1957)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un cendrier a pour moi autant de valeur que la Piéta de Michel-Ange''' [...]. Je veux renouer avec cet art facile, immédiat et amusant que tout le monde comprend. L’esthétique est pour moi un grand facteur discriminant pour les gens. Ils pensent que l’art est au-dessus d’eux, et cela je n’aime pas. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jeff Koons, ''Le Figaro'', 6 octobre 2014&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mon travail est contre la critique. Il combat la nécessité d’une fonction critique de l’art et cherche à abolir le jugement, afin que l’on puisse regarder le monde et l’accepter dans sa totalité. Il s’agit de l’accepter pour ce qu’il est. Si l’on fait cela, on efface toute forme de ségrégation et de création de hiérarchies. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jeff Koons, entretien avec Bernard Blistène, Dossier de presse de l’exposition Jeff Koons, la rétrospective, 26 novembre 2014 – 27 avril 2015, Centre Georges Pompidou, p. 11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] il ne peut exister de culture de I’interrogation seule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— André Malraux, « Un humanisme universel », ''Liberté de l’esprit'', nº 11-12, juin-juillet 1950&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''''Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protégera un peu plus le trésor du monde.'''''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Taxez-moi de romantisme. Qu’importe ! Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le romancero du Cid ou le visage hugolien de “l’enfant grec”. C’est le tombeau des Invalides ou le grand aigle de Schœnbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la porte de Brandebourg, devenu le poste frontière de l’Europe mutilée. '''Pour ces pierres, ces aigles et ces croix ; pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères ; pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un plus grand passé, lecteurs, la lutte ne sera jamais vaine.''' Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles de l’Est, tu symbolises notre esprit de résistance. '''Et toi, Alexandre, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l'''Europe impériale...''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean de Brem&lt;br /&gt;
|titre=Le Testament d’un Européen &lt;br /&gt;
|année d'origine=1964, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Dualpha&lt;br /&gt;
|section=Introduction à l’histoire de l’Europe&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=16}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« ''Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. '''Chacun de nous est le dernier des Européens'''. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurai pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume : le Testament d’un Européen.'' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean de Brem&lt;br /&gt;
|titre=Le Testament d’un Européen &lt;br /&gt;
|année d'origine=1964, posthume&lt;br /&gt;
|éditeur=Dualpha&lt;br /&gt;
|section=Introduction à l’histoire de l’Europe&lt;br /&gt;
|année=2018&lt;br /&gt;
|page=7-8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« S’il est vrai, comme nous l’avons observé pour la droite orléaniste et le bonapartisme, que la droite est en général formée de traditions de gauche qui sont passées à droite, le moment ne serait pas venu en 1954 ou plus tard, d’enregistrer le passage à droite de nouvelles tendances ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jules Monnerot&lt;br /&gt;
|titre=Inquisitions&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1974&lt;br /&gt;
|éditeur=José Corti&lt;br /&gt;
|année=1974&lt;br /&gt;
|section=La droite, la gauche et la logique de monsieur Rémond&lt;br /&gt;
|page=51}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Un jour, le gauchisme s’en prendra, dans son désir d’effacer les structures, aux espèces et le malentendu au sujet de la protection de la nature sera éclairci.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|titre=Vertu de l’isolation&lt;br /&gt;
|auteur=Robert Hainard&lt;br /&gt;
|publication=CoÉvolution&lt;br /&gt;
|numéro=8-9&lt;br /&gt;
|date=printemps-été 1982&lt;br /&gt;
|page=21-23&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''L’art contemporain est une « vidange généralisée des valeurs. »'''&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=De Immundo&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2004&lt;br /&gt;
|éditeur=Galilée&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|page=40}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le temps du dégoût a remplacé l’âge du goût. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=De Immundo&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2004&lt;br /&gt;
|éditeur=Galilée&lt;br /&gt;
|année=2004&lt;br /&gt;
|section=« Présentation »&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] l’Église autant que l’État ne semblent plus agir que mus par la haine de la Beauté. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=L’Hiver de la culture&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2011&lt;br /&gt;
|éditeur=Flammarion&lt;br /&gt;
|année=2011&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Aujourd’hui, les politiques, qui ont la charge disent-ils de “faire l’Europe”, ne semblent chez eux nulle part. Souvent peu cultivés, peu lettrés, indifférents à ce que fut ce passé, soucieux plutôt d’en effacer la trace, acharnés à dénier un héritage qui leur paraît être un fardeau, ils sont les inventeurs à Bruxelles et à Strasbourg d’une nouvelle Babel, bruissante des milliers de traducteurs que leurs discours supposent. Mais celle-ci, privée d’espoir, est plus proche du cône imaginé par Dante, qui s’enfonçait dans la Terre au fond duquel Lucifer s’ennuie, que de l’édifice orgueilleux dépeint par Bruegel et quelques autres qui, du moins, s’élevait vers les cieux, et vers Dieu. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=Lait noir de l’aube&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2007&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|année=2007&lt;br /&gt;
|section=« Printemps, La Chine », novembre 2006&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''vient le moment où des nations autres, des religions, des croyances, des langues différentes, plus vigoureuses, plus sûres d’elles-mêmes, font la vidange et prennent la place.''' Soutiers, boueux, balayeurs, hommes des peine et femmes de ménage, tous chargés du soin des vieilles sociétés d’Occident, déposeront bientôt le corps affaibli dont ils ont la charge. Un pays qui n’est plus conscient ni fier de ses propres idéaux finit seulement par appeler pluralisme ou tolérance ce qui n’est qu’impuissance. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Jean Clair&lt;br /&gt;
|titre=Journal atrabilaire&lt;br /&gt;
|année d'origine= 2006&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=L’Un et l’Autre&lt;br /&gt;
|année=2006&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
From a “purely race-biological standpoint,” it was a shame to have the two best “German peoples” of the world at war with each other while all the “nonwhite, black, yellow, Jewish and mixed races” stood by, rubbing their hands with glee.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l’Allemagne&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=en&lt;br /&gt;
|auteur=Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt&lt;br /&gt;
|titre=Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226080901&lt;br /&gt;
|page=276}}&lt;br /&gt;
:« Du pur point de vue biologique de la race, c’est un désastre de voir les deux meilleurs peuples germaniques du monde se faire la guerre pendant que les races non blanches, noire, jaune, Juive et mélangées restent là en se frottant les mains. »&lt;br /&gt;
:— Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l’Allemagne&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|auteur=Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt&lt;br /&gt;
|titre=Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology&lt;br /&gt;
|éditeur=University of Chicago Press&lt;br /&gt;
|année=2005&lt;br /&gt;
|ISBN=9780226080901&lt;br /&gt;
|page=276}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi...''' Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds... Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur... »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— François-Athanase de Charette de La Contrie, harangue prononcée à ses hommes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le monde n’a été créé qu’en vue d’Israël, voilà pourquoi la terre entière est un lieu qui lui sied. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Juda Loew ben Bezalel, ''Netzah’ Israel'' [L’Éternité d’Israël] (1599), chap. 24, p. 122&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Entre les forces de la tradition et celles de l’avancée permanente, de la mise à l’écart, de la destruction, il y aura la guerre.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Botho Strauss&lt;br /&gt;
|titre=Le Soulèvement contre le monde secondaire&lt;br /&gt;
|année d'origine=1990&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Arche&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782851813701&lt;br /&gt;
|page=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Être de droite, non par conviction bon marché, pour des visées vulgaires, mais de tout son être, c’est céder à la puissance supérieure d’un souvenir, qui s’empare de l’''être humain'', et pas tant du citoyen, qui l’isole et l’ébranle au milieu des rapports modernes et éclairés où il mène son existence habituelle.''' Cette pénétration n’a pas besoin de la mascarade abominable et ridicule d’une imitation servile, ni qu’on aille fouiller la brocante de l’histoire du malheur. Il s’agit d’un acte de soulèvement autre : soulèvement contre la domination totalitaire du présent qui veut ravir à l’individu et extirper de son champ toute présence d’un passé inexpliqué, d’un devenir historique, d’un temps mythique. À la différence de l’imagination de gauche qui parodie l’histoire du Salut, l’imagination de droite ne se brosse pas le tableau d’un royaume à venir, elle n’a pas besoin d’utopie, mais elle cherche le rattachement à la longue durée, celle que rien n’ébranle, elle est selon son essence souvenir de ce qui gît au fond de nous, et dans cette mesure elle est une initiation religieuse ou protopolitique. Elle est toujours et existentiellement une imagination de la Perte et non de la Promesse (terrestre). C’est donc une imagination de poète, depuis Homère jusqu’à Hölderlin. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Botho Strauss&lt;br /&gt;
|titre=Le Soulèvement contre le monde secondaire&lt;br /&gt;
|année d'origine=1990&lt;br /&gt;
|éditeur=L’Arche&lt;br /&gt;
|année=1996&lt;br /&gt;
|ISBN=9782851813701&lt;br /&gt;
|page=69-70}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Jamais on n’a autant discuté des tableaux et jamais ceux-ci n’ont eu aussi peu d’influence sur l’âme et l’esprit de l’homme, sur la société, l’économie et l’État ; et il en est ainsi non seulement des œuvres modernes, mais de tous les tableaux en général. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Max Picard&lt;br /&gt;
|titre=De la désintégration des formes dans l’art moderne&lt;br /&gt;
|année d'origine=1954&lt;br /&gt;
|traducteur=Tony Faivre&lt;br /&gt;
|éditeur=E. Vitte&lt;br /&gt;
|année=1960&lt;br /&gt;
|page=26}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust n’ont eu besoin de l’appui de l’État pour écrire ce qu’ils ont écrit, ni l’œuvre d’un Wajda, d’un Tadeusz Kantor ou d’un Grotowski n’a résulté des subventions culturelles du socialisme. Et ces six créateurs, bien qu’ils ne soient pas faciles et qu’ils exigent de leurs lecteurs ou spectateurs un effort intellectuel, ont trouvé un public qui pour les six est allé en s’élargissant, comme les cercles concentriques. Une société doit avoir l’art et la littérature qu’elle mérite : ceux qu’elle est capable de produire et ceux qu’elle est prête à payer. Et il est bon que les citoyens assument aussi dans ce domaine leurs propres responsabilités sans y renoncer devant les fonctionnaires, pour éclairés qu’ils soient. [...] Cela ne signifie évidemment pas que l’État n’ait aucune responsabilité culturelle. Il en a une, l’éducation. [...] mais en matière d’éducation non plus l’État ne doit pas seul avoir voix au chapitre. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Mario Vargas Llosa&lt;br /&gt;
|titre=Les enjeux de la liberté&lt;br /&gt;
|année d'origine=1991&lt;br /&gt;
|traducteur=Albert Bensoussan&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Hors Série&lt;br /&gt;
|année=1997&lt;br /&gt;
|ISBN=9782070745562&lt;br /&gt;
|page=40}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jean Mermoz, ''Mes vols'' (1937), éd. Flammarion, chap. 1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Plaise à Dieu que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles. Plaise à Dieu que le peuple espagnol, si riche en qualités dignes d’être aimées, trouve dans la paix, la Patrie, le Pain et la Justice [...]. Que notre Seigneur accepte ma mort en sacrifice pour compenser en partie ce qu’il y a eu d’égoïsme et de vain dans ma vie. Je pardonne de toute mon âme à tous ceux qui ont pu me faire du tort ou m’offenser, sans aucune exception et je prie que tous ceux auxquels je dois la réparation d’un dommage grand ou petit me pardonnent [...]. Je veux être enterré conformément au rite de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, que je pratique, en terre bénite et sous la protection de la Croix. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=José Antonio Primo de Rivera&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Testamento (18 novembre 1936)&lt;br /&gt;
|titre=Escritos y Discursos. Obras Completas (1922-1936)&lt;br /&gt;
|traducteur=Arnaud Imatz&lt;br /&gt;
|éditeur=Instituto de Estudios Políticos&lt;br /&gt;
|année=1976&lt;br /&gt;
|page=1097}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« À travers la volonté générale, le peuple-roi coïncide désormais mythiquement avec le pouvoir ; cette croyance est la matrice du totalitarisme. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=François Furet&lt;br /&gt;
|titre=Penser la Révolution française&lt;br /&gt;
|année d'origine= 1978&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=La Nouvelle Revue française&lt;br /&gt;
|année=1978&lt;br /&gt;
|page=232}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On prétend que les filles de nos jours mûrissent plus vite qu’autrefois. Physiologiquement, c’est vrai. Mais, en un autre sens, elles sont au contraire en retard sur leurs aînées. Moralement, elles restent enfants plus longtemps. Il suffit pour s’en convaincre de voir la façon dont elles s’habillent et se coiffent. Leurs cheveux flottants, leurs minijupes, leurs nuisettes, leurs shorts sont comme le symbole de leur adoration pour l’enfance. Elles ne veulent pas devenir adultes, elles refusent d’assumer les responsabilités inhérentes à l’âge adulte. Et cependant, comme toutes les enfants, elles souhaitent qu’on les prenne pour des grandes personnes, elles souhaitent être libres d’accomplir ce qu’elles croient être des actes d’adultes. C’est cette attitude qui, parfois, conduit au drame. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Agatha Christie, ''Némésis'' (1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« On multiplie partout les manifestations sportives, hein ? Vraiment, quel signe de décadence ! Le genre de spectacle qu’il faudrait montrer aux gens, on ne le leur fait jamais voir ; ce qu’il faudrait leur montrer, ce sont les exécutions capitales. Pourquoi ne sont-elles pas publiques ? »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Yukio Mishima&lt;br /&gt;
|titre=Le Pavillon d’Or&lt;br /&gt;
|année d'origine=1956&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1975&lt;br /&gt;
|page=168}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;[...] '''corruptissima republica plurimae leges.'''&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Cornelius Tacitus, ''Annales'', III, 27&lt;br /&gt;
:« [...] '''et jamais les lois ne furent plus multipliées que lorsque l’État fut le plus corrompu.''' »&lt;br /&gt;
:{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Tacite&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=Annales&lt;br /&gt;
|titre=Œuvres complètes de Tacite&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Burnouf&lt;br /&gt;
|éditeur=Hachette&lt;br /&gt;
|année=1872&lt;br /&gt;
|page=110}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il restait au moins à chaque corps, à chaque communauté de citoyens le droit d’administrer ses propres affaires ; droit que nous ne disons pas qui fusse partie de la constitution primitive du royaume, car il remonte bien plus haut : c’est le droit naturel, c’est le droit de la raison. Cependant il a été aussi enlevé a vos sujets, sire, et nous ne craindrons pas de dire que l’administration est tombée à cet égard dans des excès qu’on peut nommer puérils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis que des ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point laisser convoquer d’assemblée nationale, on en est venu, de conséquences en conséquences, jusqu’à déclarer nulles les délibérations des habitants d’un village quand elles ne sont pas autorisées par l’intendant ; en sorte que si cette communauté a une dépense à faire, quelque légère qu’elle soit, il faut prendre l’attache du subdélégué de l’intendant, par conséquent suivre le plan qu’il a adopté, employer les ouvriers qu’il favorise, les payer suivant son arbitrage ; et si la communauté a un procès à soutenir, il faut aussi qu’elle se fasse autoriser par l’intendant ; il faut que la cause de la communauté soit plaidée à ce premier tribunal avant d’être portée à la justice ; et si l’avis de l’intendant est contraire aux habitants, ou si leur adversaire a du crédit à l’intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, sire, par quels moyens on a travaillé à étouffer en France tout esprit municipal, à éteindre, si on le pouvait, jusqu’aux sentiments de citoyens ; on a, pour ainsi dire, interdit à la nation entière, et on lui a donné des tuteurs. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes&lt;br /&gt;
|titre=Mémoires pour servir à l’histoire du droit public de la France en matière d’impôts&lt;br /&gt;
|année d'origine=1779&lt;br /&gt;
|éditeur=Bruxelles&lt;br /&gt;
|année=1779&lt;br /&gt;
|page=654}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Car, hélas ! tout s’en va. Depuis seulement que j’existe il s’est fait plus de mouvement dans les idées et dans les coutumes de mon village, qu’il ne s’en était vu durant des siècles avant la révolution.''' Déjà la moitié des cérémonies celtiques, païennes ou moyen âge, que j’ai vues encore en pleine vigueur dans mon enfance, se sont effacées. Encore un ou deux ans peut-être, et les chemins de fer passeront leur niveau sur nos vallées profondes, emportant, avec la rapidité de la foudre, nos antiques traditions et nos merveilleuses légendes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=George Sand&lt;br /&gt;
|titre=La Mare au diable&lt;br /&gt;
|année d'origine=1846&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|page=154}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Dans la lettre à Jaubert elle affirme : “Nous parlons ici le berrichon pur et le français le plus primitif.” Elle le redit en 1846 dans son article de ''L’Éclaireur'' : “C’est dans la Vallée-Noire qu’on parle le vrai, le pur berrichon, qui est le vrai français de Rabelais.” Dans ''Les Noces de campagne'' elle complète l’idée en assurant : “Le Berry est resté stationnaire et je crois qu’après la Bretagne et quelques provinces de l’extrême midi de la France, c’est le pays le plus ''conservé'' qui se puisse trouver à l’heure qu’il est.” En 1844 avaient paru les trois premiers volumes de l'''Histoire du Berry'' de Raynal qui lui ont appris qu’on retrouvait dans le Berry des traces de la civilisation gauloise. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=George Sand&lt;br /&gt;
|titre=La Mare au diable&lt;br /&gt;
|année d'origine=1846&lt;br /&gt;
|éditeur=Gallimard&lt;br /&gt;
|collection=Folio&lt;br /&gt;
|année=1999&lt;br /&gt;
|section=Notice&lt;br /&gt;
|page=221-222}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''la contraception, qui est faire l’amour sans faire l’enfant, la fécondation extracorporelle, qui est faire l’enfant sans faire l’amour, l’avortement, qui est défaire l’enfant, et la pornographie, qui est défaire l’amour, ne sont pas conformes à la dignité naturelle de l’homme.''' »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jérôme Lejeune, « Existe-t-il une morale naturelle ? », in Actes du Congrès international de théologie morale sur « Humanæ Vitæ : vingt ans plus tard », Académie pontificale des sciences, Rome, 9-12 novembre 1988&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46014</id>
		<title>Arthur Moeller van den Bruck</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46014"/>
		<updated>2026-05-11T12:48:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Arthur Moeller van den Bruck 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les races sont la cause première de l’histoire. Les nations, en revanche, en sont la réalisation. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute sommes-nous entrés dans une époque de luttes raciales et la décision qui en résultera en définitive aura trait à la maîtrise du monde. Mais la forme sous laquelle se déroule cette lutte de races est toujours celle des luttes de nationalités. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple incarne une idée particulière qui est un tout indivisible et lui appartient, comme il est lui-même un tout indivisible qui s’appartient. Il est né avec cette idée. C’est avec cette idée qu’il est sorti du sein maternel de la race et de la terre pour se jeter dans son espace historique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous avons besoin en Allemagne de la spiritualité inconditionnelle des Russes. Nous en avons besoin comme d’un contre-poids à un occidentalisme aux influences duquel nous avons été nous aussi exposés et qui nous a conduits nous aussi là où nous sommes arrivés aujourd’hui. Après avoir si longtemps regardé du côté de l’Ouest, jusqu’à en tomber dans sa dépendance, nous regardons maintenant du côté de l’Est, en cherchant l’indépendance. Mais nous ne la trouverons pas à l’Est. Nous ne la trouverons jamais qu’en nous-mêmes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La Russie, l’Ouest et nous&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1er octobre 1933, posthume&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=« Russland, der Westen und wir », ''Der Nahe Osten'', 1er octobre 1933&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’animal, dans l’homme, s’approche en rampant ; l’Afrique obscurcit l’Europe. Nous devons être les gardiens postés sur le seuil des valeurs.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=325}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a qu’un seul Reich comme il n’y a qu’une seule Église.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le conservateur, dans la lutte qu’il entreprend aujourd’hui contre le libéral, ne fait que poursuivre consciemment la bataille engagée au début de notre âge, à ce moment où les lumières commençaient à obscurcir le monde.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=297}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’ennemi commun du conservateur et du révolutionnaire est le libéral. C’est ainsi et non autrement qu’il vit dans le sentiment révolutionnaire comme dans la conscience conservatrice. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La question est seulement de savoir si le conservateur devra triompher de la révolution, ou si le révolutionnaire trouvera de lui-même le chemin du conservatisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=293}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La pensée conservatrice voit dans tous les rapports humains le retour vers ce qui est éternel, non pas le retour des choses qui ont déjà été, mais le retour de ce qui est permanent en elles.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cet éternel doit toujours être recréé spirituellement dans le temporel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut que chaque peuple prépare sa révolution. Chaque révolution possède une tradition qui vit dans l’esprit du peuple, qui la fait. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=262}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous avons beau fouiller l’histoire de tous les temps et de tous les peuples, nous ne pouvons y constater aucun progrès. [...] Depuis que les hommes ont conçu l’idée de “progrès”, ils n’ont réalisé que la “régression”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=259}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le réactionnaire [...] croit que nous n’avons qu’à renouveler les formes anciennes pour que toutes choses redeviennent “comme elles étaient”.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=223}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La démocratie est « la participation d’un peuple à son destin.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=184}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme commença par créer une fausse notion de la liberté. Il finit par instaurer une fausse notion de la liberté dont il se servit, même quand il ne défendit plus la liberté, mais seulement ses privilèges. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=140}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme moderne commence là, où l’individu s’échappe des liens médiévaux.''' L’homme libéral dira plus tard : là où il parvint à s’en libérer. Mais la pensée libérale est ici comme partout une illusion, car ces liens médiévaux étaient des accomplissements. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=138}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme a miné des civilisations. Il a détruit des religions. Il a ruiné des patries.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les peuples primitifs ne connaissaient pas le libéralisme. Pour eux, le monde était une expérience unique qu’un homme se partageait avec un autre homme. Intuitivement, ils comprenaient l’existence, comme une lutte dans laquelle tous les membres d’un groupe devaient s’affirmer contre tous ceux qui le menaçaient. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134-135}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme a existé de tous temps. Il est basé sur le désir qu’ont tous les hommes d’avoir une personnalité, même s’ils n’en ont point. '''Chaque homme qui ne se sent plus membre d’une communauté est, d’une façon ou d’une autre, un libéral.''' Son domaine est l’amour-propre. Le conservateur, seul, est altruiste. Le conservateur défend une cause qui ne meurt pas avec lui. Tandis que l’amour-propre du libéral, lui fait accepter cette formule : après moi le déluge. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce libéralisme sans nationalités, sans discipline et sans scrupules, qui se justifia par l’intellectualisme, trouva finalement, comme moyen le plus efficace de faire des affaires, cette guerre mondiale et monstrueuse. Le libéralisme devenu nationalisme se servit des conflits entre les peuples, comme d’un moyen d’intrigues pour réaliser ses buts politiques. Il utilisa des idéaux pour pousser les peuples à leur destruction. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=133}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme prétend entreprendre tout ce qu’il fait pour le peuple. Mais, en réalité, il élimine le peuple et le remplace par un je. '''Le libéralisme est l’expression d’une société qui n’est plus une communauté.''' Le libéral ne saisit pas le sens profond qui est à la base de toute société. Le libéralisme ne possède pas d’homme supérieurs, qui soient aptes à créer des valeurs élaborées dans le peuple et à les rendre à ce peuple, pourvues de formes. Le libéralisme est l’expression d’une société, composée des parties les plus basses du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libéralisme n’exprime pas une société organisée, mais une société déjà dissoute. Il creuse un abîme effroyable, entre les différents membres d’une même nation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le socialisme suppose un homme qui sache voir et non un homme qui, comme tous les Occidentaux ne connaisse que la méthode inductive. Nous ne voulons pas accentuer les contrastes. Nous voulons, qu’ils se complètent. Le socialisme, c’est pour nous : l’enracinement, la hiérarchie, l’organisation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=113}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque peuple a son propre socialisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il n’y a pas de justice pour les hommes, si auparavant, il n’existe pas de justice pour les peuples.''' Les hommes ne peuvent vivre que lorsque leurs nations le peuvent. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=60}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Pour nous, actuellement, le présent n’existe pas, le passé est comme arraché de nous, et nous allons entrer en plein inconnu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=32}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous voulons gagner la révolution.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=31}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Ein russischer Seemann ist ein Widerspruch in sich''', wie es ein russischer Unternehmer ist — Das Meer will den Russen nicht.“&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=de&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
:« Un marin russe est une contradiction en soi, tout comme un entrepreneur russe — La mer ne veut pas des Russes. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme n’a pas le moindre point commun avec la liberté [...]. Sa liberté n’est que la liberté pour l’individu de devenir un homme moyen.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Die Deutschen&lt;br /&gt;
|traducteur=Alain de Benoist&lt;br /&gt;
|année d'origine=1904-1910&lt;br /&gt;
|éditeur=Bruns&lt;br /&gt;
|année=1904-1910&lt;br /&gt;
|volume=5&lt;br /&gt;
|page=33}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck 2|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Moeller van den Bruck, Arthur}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46013</id>
		<title>Arthur Moeller van den Bruck</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://libertas.co/index.php?title=Arthur_Moeller_van_den_Bruck&amp;diff=46013"/>
		<updated>2026-05-11T12:08:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Europa7 : /* Citations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Image|Arthur Moeller van den Bruck 3|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les races sont la cause première de l’histoire. Les nations, en revanche, en sont la réalisation. [...]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute sommes-nous entrés dans une époque de luttes raciales et la décision qui en résultera en définitive aura trait à la maîtrise du monde. Mais la forme sous laquelle se déroule cette lutte de races est toujours celle des luttes de nationalités. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Tout peuple incarne une idée particulière qui est un tout indivisible et lui appartient, comme il est lui-même un tout indivisible qui s’appartient. Il est né avec cette idée. C’est avec cette idée qu’il est sorti du sein maternel de la race et de la terre pour se jeter dans son espace historique. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=De la grandeur d’un peuple&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1933, posthume&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=''Das Ewige Reich'', « Der Politische Mensch »&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous avons besoin en Allemagne de la spiritualité inconditionnelle des Russes. Nous en avons besoin comme d’un contre-poids à un occidentalisme aux influences duquel nous avons été nous aussi exposés et qui nous a conduits nous aussi là où nous sommes arrivés aujourd’hui. Après avoir si longtemps regardé du côté de l’Ouest, jusqu’à en tomber dans sa dépendance, nous regardons maintenant du côté de l’Est, en cherchant l’indépendance. Mais nous ne la trouverons pas à l’Est. Nous ne la trouverons jamais qu’en nous-mêmes. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre de la contribution=La Russie, l’Ouest et nous&lt;br /&gt;
|année de la contribution=1er octobre 1933, posthume&lt;br /&gt;
|titre=La Révolution des peuples jeunes&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Paul Allard&lt;br /&gt;
|éditeur=Pardès&lt;br /&gt;
|année=1993&lt;br /&gt;
|section=« Russland, der Westen und wir », ''Der Nahe Osten'', 1er octobre 1933&lt;br /&gt;
|page=240}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''L’animal, dans l’homme, s’approche en rampant ; l’Afrique obscurcit l’Europe. Nous devons être les gardiens postés sur le seuil des valeurs.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=325}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Il n’y a qu’un seul Reich comme il n’y a qu’une seule Église.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=324}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le conservateur, dans la lutte qu’il entreprend aujourd’hui contre le libéral, ne fait que poursuivre consciemment la bataille engagée au début de notre âge, à ce moment où les lumières commençaient à obscurcir le monde.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=297}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’ennemi commun du conservateur et du révolutionnaire est le libéral. C’est ainsi et non autrement qu’il vit dans le sentiment révolutionnaire comme dans la conscience conservatrice. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=296}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La question est seulement de savoir si le conservateur devra triompher de la révolution, ou si le révolutionnaire trouvera de lui-même le chemin du conservatisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=293}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''La pensée conservatrice voit dans tous les rapports humains le retour vers ce qui est éternel, non pas le retour des choses qui ont déjà été, mais le retour de ce qui est permanent en elles.''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais cet éternel doit toujours être recréé spirituellement dans le temporel. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=275}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Il faut que chaque peuple prépare sa révolution. Chaque révolution possède une tradition qui vit dans l’esprit du peuple, qui la fait. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=262}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] nous avons beau fouiller l’histoire de tous les temps et de tous les peuples, nous ne pouvons y constater aucun progrès. [...] Depuis que les hommes ont conçu l’idée de “progrès”, ils n’ont réalisé que la “régression”. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=259}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le réactionnaire [...] croit que nous n’avons qu’à renouveler les formes anciennes pour que toutes choses redeviennent “comme elles étaient”.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=223}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La démocratie est « la participation d’un peuple à son destin.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=184}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme commença par créer une fausse notion de la liberté. Il finit par instaurer une fausse notion de la liberté dont il se servit, même quand il ne défendit plus la liberté, mais seulement ses privilèges. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=140}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme moderne commence là, où l’individu s’échappe des liens médiévaux.''' L’homme libéral dira plus tard : là où il parvint à s’en libérer. Mais la pensée libérale est ici comme partout une illusion, car ces liens médiévaux étaient des accomplissements. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=138}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme a miné des civilisations. Il a détruit des religions. Il a ruiné des patries.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les peuples primitifs ne connaissaient pas le libéralisme. Pour eux, le monde était une expérience unique qu’un homme se partageait avec un autre homme. Intuitivement, ils comprenaient l’existence, comme une lutte dans laquelle tous les membres d’un groupe devaient s’affirmer contre tous ceux qui le menaçaient. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134-135}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme a existé de tous temps. Il est basé sur le désir qu’ont tous les hommes d’avoir une personnalité, même s’ils n’en ont point. '''Chaque homme qui ne se sent plus membre d’une communauté est, d’une façon ou d’une autre, un libéral.''' Son domaine est l’amour-propre. Le conservateur, seul, est altruiste. Le conservateur défend une cause qui ne meurt pas avec lui. Tandis que l’amour-propre du libéral, lui fait accepter cette formule : après moi le déluge. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=134}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce libéralisme sans nationalités, sans discipline et sans scrupules, qui se justifia par l’intellectualisme, trouva finalement, comme moyen le plus efficace de faire des affaires, cette guerre mondiale et monstrueuse. Le libéralisme devenu nationalisme se servit des conflits entre les peuples, comme d’un moyen d’intrigues pour réaliser ses buts politiques. Il utilisa des idéaux pour pousser les peuples à leur destruction. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=133}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le libéralisme prétend entreprendre tout ce qu’il fait pour le peuple. Mais, en réalité, il élimine le peuple et le remplace par un je. '''Le libéralisme est l’expression d’une société qui n’est plus une communauté.''' Le libéral ne saisit pas le sens profond qui est à la base de toute société. Le libéralisme ne possède pas d’homme supérieurs, qui soient aptes à créer des valeurs élaborées dans le peuple et à les rendre à ce peuple, pourvues de formes. Le libéralisme est l’expression d’une société, composée des parties les plus basses du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libéralisme n’exprime pas une société organisée, mais une société déjà dissoute. Il creuse un abîme effroyable, entre les différents membres d’une même nation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=132}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le socialisme suppose un homme qui sache voir et non un homme qui, comme tous les Occidentaux ne connaisse que la méthode inductive. Nous ne voulons pas accentuer les contrastes. Nous voulons, qu’ils se complètent. Le socialisme, c’est pour nous : l’enracinement, la hiérarchie, l’organisation. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=113}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Chaque peuple a son propre socialisme.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=62}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [...] '''il n’y a pas de justice pour les hommes, si auparavant, il n’existe pas de justice pour les peuples.''' Les hommes ne peuvent vivre que lorsque leurs nations le peuvent. »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=60}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Pour nous, actuellement, le présent n’existe pas, le passé est comme arraché de nous, et nous allons entrer en plein inconnu.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=32}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Nous voulons gagner la révolution.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Le Troisième Reich&lt;br /&gt;
|traducteur=Jean-Louis Lénault&lt;br /&gt;
|année d'origine=1923&lt;br /&gt;
|éditeur=Nouvelles Éditions latines&lt;br /&gt;
|année=1981&lt;br /&gt;
|ISBN=9782723301282&lt;br /&gt;
|page=31}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
„'''Ein russischer Seemann ist ein Widerspruch in sich''', wie es ein russischer Unternehmer ist — Das Meer will den Russen nicht.“&lt;br /&gt;
{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=de&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
:« Un marin russe est une contradiction en soi, tout comme un entrepreneur russe — La mer ne veut pas des Russes. »&lt;br /&gt;
:{{Réf Article&lt;br /&gt;
|langue=fr&lt;br /&gt;
|titre=Das Baltikum&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|publication=Der Deutsche Krieg&lt;br /&gt;
|date=1915&lt;br /&gt;
|volume=II&lt;br /&gt;
|numéro=59}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« '''Le libéralisme n'a pas le moindre point commun avec la liberté [...]. Sa liberté n’est que la liberté pour l’individu de devenir un homme moyen.''' »&lt;br /&gt;
{{Réf Livre&lt;br /&gt;
|auteur=Arthur Moeller van den Bruck&lt;br /&gt;
|titre=Die Deutschen&lt;br /&gt;
|traducteur=Alain de Benoist&lt;br /&gt;
|année d'origine=1904-1910&lt;br /&gt;
|éditeur=Bruns&lt;br /&gt;
|année=1904-1910&lt;br /&gt;
|volume=5&lt;br /&gt;
|page=33}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck|}}&lt;br /&gt;
{{Center|Arthur Moeller van den Bruck 2|}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Moeller van den Bruck, Arthur}}&lt;br /&gt;
[[Category:Auctores]]&lt;br /&gt;
{{Footer}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Europa7</name></author>
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